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Full text of "Dictionnaire béarnais ancien et moderne"

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DICTIONNAIRE 

BÉARNAIS 

ANCIEN ET MODERNE 



EXEMPLAIRE 



DE 



M. LE Docteur COGOMBLES 

Maire de Bruges 



'1P..V . 



DICTIONNAIRE 



BÉARNAIS 




ANCIEN ET MODERNE 






PAR 



V. LESPY ET P. RAYMOND yj^iv^ 



(( L'étude des patoiffA .^ut éclwrer 
riiisloire des autres idion^BSÎTito>;latiDS.'^. 

J.-J. AMPÈRE. '^ ^J\/Q 1 ■■■ 



TOME SECOND 








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C\MArv>-'J 



MONTPELLIER 

IMPRIMERIE CENTRALE DU MIDI 

(lIAMKMN FRKUES) 

1887 



V^Otlavsej^i 



AU PAYS DE BÉÀRN 

Lu de souns hilhotz 
Qui l'aymen lou mey. 

V. LESPY. 



1^C 



DICTIONNAIRE 



BÉARNAIS 



ANCIEN ET MODERNE 







Li, au commencement et dans le corps 
des mots, produit la même articulation 
qu'en français : Lauda, louer ; liga, lier ; 
haïe, valoir; calou, clialeur. 

Il se prononcent toujours comme dans 
« parallèle, corollaire.» Les mots tels que 
drolle, droullot, drôle, petit drôle ; callat, 
cailleteau; rebelle, rebelle; rolle ou rollou, 
rôle, doivent être prononcés drol-le, droul- 
lot, cal-lat, rehel-le, rol-le, rol-lou. 

La double l des primitifs latins est l sim- 
ple dans les dérivés béarnais: Angèle,An- 
i^mWe. damisèle, demoiselle ; es/«/c, étoile. 
Lat. « anguilla, domicella, stella.» Il ne 
faut qu'une l aux mots tels que: Femèle. 
femelle ; escudèle, écuclle ; hole. folle; eu- 
yole, cage; irole, châtaigne rôtie. Le nom 
' d'une commune (vallée d'Ossau) a aujour- 
d'hui la double l: Bielle, du lat. « villa.» 
Anciennement, ce mot et ses composés 
étaient toujours écrits avec la consonne 
simple: Biele, V'iele-Segure, etc. 

Ih produisent l'articulation de II dans 
les mots français « famille, mouillage » : 
Moulhè, femme mariée ; couw^elh, conseil ; 
liilh. fils; milh, millet; luoulha, mouiller. 
On voit que Ih, tiennent lieu de /(, lU, des 
primitifs latins : <( Mulicr, consilium, filius, 
milium, moUiare (fait de mollis).» 
TOME II 




LA 

Ihjhe, à la fin des mots, remplacent l«s 
finales latines en « ulus, ula, uîum-**/ : 
Ahellie, abeille; aurelhe, oreille; h'ielh, 
vieux; cahilhe. cheville; grauUie. gre- 
nouille ; Jiounilh, entonnoir ; tioulh, pres- 
soir. Lat. «apicula, auricula, vetulus, cla- 
vicula, ranuncula, fundibulum, torciilum. » 
— Cf. Gram. iéarn., 2e édit., p. 81-4. 

L, pronom de la 3» personne, ancienne- 
ment pour lo, le, lui (à lui, à elle); plur. 
Is pour /o.s'^les, leur (à eux, à elles) : No l 
musira (no lo 7nustra), n. Il ne le montra 
pas. Que no Is ajuden (que no los ajuden). 
IB. Qu'on ne les aide point. Autc pay no l 
dura (no lo dura) ni pot dar. M. B. Elle ne 
lui donnera ni peut donner un autre i)ère. 
Denguna contradiction no Is es {no los es) 
estade feyte. ba.r. Aucune opposition ne 
leur a été faite. 

LA, article fém. la; plur. las, les : La 
raeniori, la mémoire ; las cansous, les chan- 
sons. La devant un prénom : La lilhe 
(Barétons), Geneviève. Ana la Magdalrna 
ans disiplcs. H. S. Madeleine alla vers les 
disciples. La capère de In Madclrne. ART. 
La cîiapelle de Ste-Madeleine. — La. de- 
vant un nom de saint, suppose l'ellipse des 
mots hèste de, fête de : La Scnl-Bizcntz. 
NAV. La (fête de) Saint-'Viaconl. — Cf. 

l 



6 LAA 

KAYNOUARD, Lex., IV, p. I. — La, las, pro- 
nom personnel, complément direct : Vi 
Versahe... e cohescya la. H. s. (David) aper- 
çut Bethsabëe, et il la convoita. A7m Saul 
sercar (cercar) las saumes... no las troha. IB. 
Saiïl alla chercher les ânesses ; il ne les 
trouva pas. — , pronom démonstratif, celle, 
celles : La terre cl'Aspe, la terre d'Aspe; 
la de Barétons, celle de Baretous. Las 
mountanhes d'Ossau, les montagnes d'Os- 
sau; las de Bigorre, celles de Bigorre. 
La mayzoo de Annas, la de Cayphas. h. s. 
La maison d'Anne, celle de Caïphe. La 
praubote eslheba soun ame A la qui sap 
noustes doulous.v. bat. La pauvi'ette éleva 
son âme vers Celle qui sait nos douleurs. 
La, pour lo, le, dans la un, l'un: Tro- 
ban los adromitz, la ung, maas bar rades, 
e l'autre, maas ubertes. F. b. Ils les trou- 
vèrent (ils trouvèrent les deux enfants) 
endormis, l'un, les mains fermées, l'autre, 
les mains ouvertes. — Ch. Cr. alb., édit. 
p. MEYER, (( laûs, pour lo us.» 

LA, là : Gitar le terre sa e la. L. o. Je- 
ter la terre çà et là. En la, de ce côté-là. 
De haut en la. Ps. D'en haut. D'aquiu en 
la. De ce point-là, depuis lors, ensuite. 
D'are-en-la, dorénavant. — Voy. Enta. 
LA ; voy. Lère . 

LAA, Lane, laine : Lou bestiaa de laa. 
Les bêtes à luine. Lous peadgers...d^ Ossau, 
Aspe, Barétons. . noufaran pagar aucun 
peadge ni exigiran res deus viures,fromad- 
ges, laas,peigs de bestiars,qui loiis pastours 
passen e reijassen, tant anant estibar a las 
montanhes que descendent dequer es. p. R. 
Les péagers d'Ossau, d'Aspe et de Bare- 
tous, ne feront payer aucun péage et n'exi- 
geront rien pour les vivres, fromages, lai- 
nes, peaux de bêtes, que les pasteurs font 
passer et repasser, tant en allant (avec 
leurs troupeaux) passer l'été sur les mon- 
tagnes, qu'en descendant d'icelles. Dus 
parelhs d'estalhans per estalhur la lane. 
ARCH. Deux paires de ciseaux pour cou- 
per la laine. Lana grosse, laine grosse; 
lana prima, laine fine. P. R.— Daraulhe 
sens era laa. prov. Donner la brebis sans 
la laine. «■ Donner et retenir ne vaut.» — 
Corde de laa. PR. B. Corde de laine. Se 
dit d'un homme sans cai-actère. — Escar- 
pia la laa, démêler, peigner la laine. — , 
« donner une peignée », battre, prendre 
aux cheveux. — Fii coum ue laa de porc. 
PR. B. Fin comme une laine (soie) de porc. 
Se dit à propos de malices grossières, de 
« finesses cousues avec du fil blanc. 
LAA, LAAR; voy. Lar. 
LAAUSE (pronom lakuse, h muette), 
fém., flocon blanc attaché aux tisons, cen- 



LAB 

dre volante. — Magre coum ue laause. 
prov. Maigre comme une cendre volante. 
LAAUT, Laut (pron. lahut, h muette), 
lanifère, qui a une toison : Arramatz la- 
autz. PS. Troupeaux lanifères (troupeaux 
de brebis et de moutons). ios^ras motoos 
I e las olhas laudes. IB. Les gras moulons 
I et les brebis aux belles toisons, 
j __ LABA, LAUA (Vic-Bilh), Labar, 
, Juauar, laver : Ana a la pissine e laba-s. 
! II. s. Il alla à la piscine (de Siloë) et se 
i lava. — Lava-m, Diu eternau. De mon 
\ inauheit iniq e détestable. PS. Lave-moi (pu- 
I rifie-moi). Dieu éternel, démon inique et 
! détestable péché. — Labe-t, labe-t, courbas. 
James blanc nou bâcleras, prov. Lave-toi, 
lave-toi, corbeau, jamais blanc tu ne de- 
viendras. — Dab toute l'aygue deu Gabe e 
deu Gabas, Nou s'en labaré jms. prov. Avec 
toute l'eau du Gave et du Gabas, il ne s'en 
laverait pas. Voy. Gabe. — L'ue maa que 
labe Faute, E las dues la care. pr. h. L'une 
main lave l'autre et les deux (lavent) le 
visage. Dans UAYN.,Lex., iv, p. 140: «Ab 
una man lav'om l'autra. Et, ambas, los 
huelhs e la cara.» amaniku des escas. 

LABADÉ, Labader, Lauader, la- 
voir : No anassen lauar a las fontz ni en 
autre lauader ont los besins lauassen. M. B. 
Qu'ils n'allassent pas (il était interdit aux 
Cagots d'aller) laver aux fontaines et au- 
tre lavoir où les «voisins» laveraient. — , 
synonyme de abeuradé, abreuvoir: Que lo 
i bestiaa y agossa abeuradé o labadé. F. h. 
Que le bétail y eût abreuvoir ou lavoir. 
Dans D.-c. k lavatorium; locus ubi equi 
lavantur et adaquantur.» — , batte, petit 
blanc sur lequel les blanchisseuses bat- 
tent le linge. — Voy. Batadé, Taulot. 

LABADOU, fém. Labadoure, anc. la- 
badore, laveur, laveuse: Lauan\_t'] bugade 
baxere ab las autres lauadores. M. B. La- 
vant lessive ou vaisselle avec les autres 
laveuses. 

LABADURE, lavure ; labadures, eaux 
grasses ; ce qui reste dans la lavure. — De 
l'homme qui lésine, on dit qu'il a l'habi- 
tude de goarda la labadure deu toupi ta ha 
lou poutudge deu l'endoiimua, garder la 
lavure du pot pour faire le potage du len- 
demain. 

LABAMENT. action de laver: Lou 
labament deus pèes. Le lavement des pieds. 
— Moab sera lo cautèe de mon lavament. 
PS. Moab sera le bassin de mon ablution 
(le bassin où je me laverai). — , clystère. 
LABANDÈRE, LABANDÈYRE, 
lavandière : Labandeijre de la regine. AR( h. 
Lavandière de la reine. 

LABAQUI, dans couT. s., défriche- 



LAB 

ment, pièce de terre défrichée : Far luha- 
quis. . . en los lierems communs. Faire des 
défrichements dans les « vacants » com- 
munaux. — Basque, «labaki, » 

LABASSA, daller, paver avec des 
dalles, lahdjises; voy. Labasse,2. 

LiABASSADErvoy. le suivant. 

L.ABASSE, lavasse, pluie subite et 
abondante. 

LABASSE, cadette, pierre.— Cf. d.-c. 
« lavia; lausa. » 

LABASSÈRE, carrière de lobasses. — 
Cf. D.-c. « lavaria. )> 

LABATORI, masc, lotion, ablution. 

Labatori, piscine : En lahatori deSi- 
loe. u. s. Dans la piscine de Siloë. — D.-c. 
« lavatorium. » 

LABE (Barétons), lavage ?iV«^>er labe 
ni per cure, Si nou bié de nature. PROV. Ni 
par lavage ni par fourbissure, si ça ne 
vient pas de nature. — Proverbe hindou : 
<( On a beau laver le charbon, il ne blan- 
ciiira pas. » 

LABE-GAP (lave-tête), masc, sévère 
réprimande. — On dit en fr. « laver la tête 
à quelqu'un », le réprimander fortement. 

LiABE-MAA (lave-main), lavabo: Très 
taules e l'armari, lo lave-maa. arch. Trois 
tables et l'armoire, le lavabo. Dus bassins 
d'argent sobredauratz, lave-mans. IB. Deux 
bassins d'argent dorés, lavabos. 

LABETZ, LASBETZ (de la betz, la 
fois ; las betz, les fois), alors : Lavetzfon 
vencutz los Philistes. n.s. Alors les Phi- 
listins furent vaincus. La cort de Bearn se 
amassa lasbetz a Pau, F. B. La cour de 
Béarn s'assembla alors à Pau. On dit aussi 
Alabetz, Alasbetz. 

Labil (du lat. « labilis », glissant), 
qui passe vite, dure peu: Las memoris son 
labils. ARCU. Les souvenirs passent vite. 

Labit, tombé : Lo jorn ère déjà labit. 
ARCH. Le jour était déjà tombé. — rayn. 
n'a que « labansa », décadence, ruine. — 
DansvtLLON(Pomr?s attribuées à) , « labit», 
décadence. Dialogue de Messieurs de Mal- 
hpaye et de Baillevent. 

LiABOU, Labour, Labor, fém., la- 
bourage ; terrain cultivé, culture ; labour: 
Terres de labou. akch. b. Terres de labou- 
rage (terres labourables). An jjergul las 
bestiars e las labours. ARCil. M. Ils ont 
jierdu le bétail et les cultures. Far las 
labors. IB. Faire les labours. Bestiar dc- 
jmfata lu labor. F. B. Bétail destiné au 
labourage. 

LABOURA. Laborar; voy. Laura. 

LABOURADGE, Labouratyc, Labo- 
radge, labourage : Bcsliaa dedicat au 
laboradge. F. H. Bétail destiné au labou- 



LAD 7 

rage. — L'om pren hoarïas en laboradge . 
IB. On prend des métairies en labourage 
(à ferme). 

LABOURA DIS, Laboradis, labou- 
rable. Vinhes, terres lavoradisses epratz. 
ART. Vignes, terres labourables et pré.*:. 

LABOURADOU, Labouredou (Or- 
thez, Bay . ), Laborador ; voy. Lauradou. 

LABOURATYE ; même signification 
que Labouradge. 

LAC, lac. Lacuete, dim.; voy. ce mot. 

LAÇA, masc, gaule, avec laquelle on 
bat certains arbres pour en faire tomber 
les fruits ; longue perche dont on se sert 
pour ramoner. 

LAÇA ; même signification que Leca. 

LACARRAA (Ossau), masc, éten- 
due de roches dénudées. 

LACARRE (Ossau), croupe de roche 
dénudée. 

LACARRS (Aspe); voy. Laça, 1. 

LACAY, Laqua]/, laquais : Tùiso d'u 
gran moussu m'auffri d' entra laquai/, v. 
Il m'offrit d'entrer (comme) laquais chez 
un grand monsieur. — , estafier. Le sei- 
gneur de Coarraze avait fait venir du pays 
de Lavedan cinq individus pour mettre à 
mort Menjoulet, un de ses vassaux: Los 
laquai/s gaffan la brida deu rocii, e dicon 
a Menyolet: <( Falh que mories! » bar. 
Les estafiers saisirent la bride du cheval, 
etdirentàMenjoulet : « Il faut que tu meu- 
res ! » 

LACHA ; voy. Laxa. 

LACHE, état de celui qui se laisse al- 
ler; nonchalance, paresse excessive. On 
dit aussi lachesse, fém. 

LACHEPRIN, Lachepren ( Bay . ), 
longue perche munie d'un croc de fer, 
garnie d'un crochet, gaffe. On trouve leche- 
pren ; même signif. 

LACHESSE; voy. Lâche. — Voy. 
LaicJiessc . 

LACHETAT, lâcheté: Aquelz pccca- 
doos ... En maas an tostem\_ps'\ laclietal. 
PS. Ces pécheurs (ces méchants) ont tou- 
jours dans les mains la méchanceté (sont 
toujours prêts à faire le mal). Sa fore a 
bolut En sa gran lachetat. IB. Il a mis sa 
foi'ce en sa grande malice. 

LACUETE, fém., dim. de Lac (petit 
lac), réservoir creusé par les pasteurs sur 
la montagne pour Tabreuvage do leurs 
troupeaux. 

LAD ; même signification que Lat, 2. 

LADE ; voy. Lat, I. 

Ladonques, alors, n. s. 

Ladrarie; voy. Ladrerie, 1. 

LADRE, ladre, lépreux : Los ladres 
110 podtn jiobla. . . en autre part que a las 



8 



LAG 



maysons qui los son deputadasper lorsdo- 
micilis. F. h. Les lépreux ne peuvent ha- 
biter autre part que dans les maisons qui 
leur sont assignées pour leur domicile. — 
Care de ladre, face de ladre. En 1384, 
Guillaume d'Araux eut à répondre devant 
la justice de cette insulte qu'il avait adres- 
sée à Gaillard de Cazaux. arch. 

LADRE, subst., petit bouton blanc ou 
bleuâtre qui se trouve dans les chairs du 
porc atteint de l'affection appelée ladre- 
rie. — , adj., en parlant du porc: U porc 
ladre, un porc atteint de ladrerie. 

Ladrerie, Ladrarie, maison de lé- 
preux: Réparations de ladreries, s. J. Ré- 
parations aux maisons de lépreux. En 
cascumt, ladraria no deu demora que un la- 
dre solet ab sa familia. F. H. Dans cha- 
que maison de lépreux ne doit demeurer 
qu'un lépreux seul avec sa famille. 

LADRERIE, ladrerie, afi'ection qui 
atteint l'espèce porcine. — Voy. Ladre, 
subst., qui s'emploie au pluriel, plus fré- 
quemment, au même sens que Ladrerie. 

LAÈ, Laèr, Lanèr, marchand de 
laine: Lous laès de... Oloron. v. r. Les 
marchands de laine (de la ville) d'Oloron. 
Los laers e A'«^je?'s. arch. Les marchands 
de laine et les drapiers. Louer e draper 
de Luc. IB. Marchand de laine et drapier 
de Lncq-de-Béarn. 

LAÈRE (Oloron), laveuse de laine : 
Que sèy qu'hahetz lou hieu. Bous autes 
cousturères ; Mey la sta de hou peu, Le- 
chatz drin las laères. nav. Je sais que vous 
avez le fil, vous autres couturières ; mais, 
pour être de bon poil, laissez un peu les 
laveuses de laine. (Vous, couturières, vous 
avez la langue bien pendue; mais, pour 
être de bonnes luronnes, il n'y a que les 
laveuses de laine). — Lengue de laère. 
D. B. Langue de laveuse de laine. Se dit 
à Oloron. Les femmes employées au la- 
vage des laines, dont il se fait un grand 
commerce dans cette ville, ne sont pas 
plus retenues dans leur langage que cel- 
les qu'on appelle ailleurs les femmes de 
la halle, « les poissardes. » 

LAGA (Biarritz), masc, pieuvre. 

LAGANHE, Lagagne, chassie, hu- 
meur qui s'attache sur le bord des pau- 
pières : La laganhe au corn de l'oelh. A. 
SAC. La chassie au coin de l'œil. — Esp. 
« lagana. » 

LAGANHE, Lagagne, insecte, sorte 
de tique :. Passe la pus, passe Varanhe ; 
Mes lou pedoulh e la laganhe! Passe la 
puce, passe l'araignée ; mais le pou et la 
tique (c'est trop) ! — Voy. Lagas. 

LAGANHOÛS , Lagagnous , chas - 



LAM 

sieux : Ha lous oeUis trop laganhous en- 
tous hahé clas. lett. orth. Il a les yeux 
trop chassieux pour les avoir clairs. — 
Bos dansa, herouyine? — Pas dab tu, la- 
ganhous. PR. B. Veux-tu danser, joliette? 

— Pas avec toi, chassieux. 
LAGAS, LAPAS, masc, tique, pou 

qui s'attache à la peau des bêtes. — U 
lagas, un importun, qui est à charge, dont 
on ne peut se débarrasser. 

LAGOT, masc, Lague,îém. (Mont.), 
flaque. — Goûte e goûte que hè lagot. PR. 
H. Goutte à goutte (cela) fait flaque.. — 
En fr. (c Goutte à goutte on emplit la cuve.» 
GAB. MEURIER. — Barun dera lue seque 
ra lague. PROv. Halo de la lune sèche la 
flaque. — Voy. Baran. 

LAGOUTA, troubler l'eau. On dit 
aussi Lagoideya. 

LAGUE ; voy. Lagot. 

LAGUENS(Vic-Bilh), LAHENS, là 
dedans, dedans. 

LAHORE, là dehors, dehors. — , au 
loin, bien loin. 

LAHUSE; voy. Laause. 

Lahut; voy. Laut. 

laïc, Layc, Lee, laïque: Los abatz 
laicxs deu lac de Juranssoo. arch. Les 
abbés laïques du lieu de Jurançon. Que 
lec plagasse o murtisse clerc... F. b. (S'il 
arrivait) qu'un laïque blessât ou tuât un 
clerc. Cort de legs e de clergs. l. o. Cour 
de la'ïques et de clercs. — Esp. « lego. » 

— Voy. Layc. 

Laichesse, Laischessa, abandonne- 
ment; avec le verbe far, faire, far lai- 
chesse ou laischessa de son corps, faire 
abandonnement de son corps ; se dit d'uae 
femme qui se livre, mène une vie déréglée: 
Si lo caas ère que Amadine fes laischessa 
de son cors, e Bernât ac pode proar . . . m. 
b. Si le cas était (s'il arrivait) que Ama- 
dine fit abandonnement de son corps, et 
si Bernard (son mari) le pouvait prouver... 
Dans le même texte, laichesse. 

Laixar; voy. Laxa, Lexa. 

LAMBRE, LAMBRET;voy. Lam- 
pret. 

LAMBRE JA , Lambreya ; voy. Es- 
lambregueja. 

Lambrost, 

LAMBROUST, outil de sabotier, 
sorte de rouanne : Ung lambrost per cu- 
rar los esclops. âRCH. Une rouanne pour 
évider les sabots. 

LAMBRUSCAYRE ; voy. Lambrus- 
què. 

LAMBRUSQUE, lambruche , vigne 
sauvage. — Bii de lambrusques, vin de 
lambruches ; très-petit vin, vin de mau- 



LAM 



LAN 



vaise qualité ; on dit aussi bii lambrusquet, 
ou simplement lamhmsquet. 

LAMBRUSQUÈ, lieu où poussent 
des vignes sauvages. On dit aussi, au 
fém., ue lamhrusquère. 

L, AMBRUSQUÈ, Lambrusca7jre (qui 
va par les lieux où poussent les vignes 
sauvages), errant, vagabond, qui n'a ni feu, 
ni lieu. 

LAMBRUSQUET ; même significa- 
tion que bii de lambrusques ; \oy . Lam- 
brusque. 

LAMBRUSQUEYA, aller par les 
lieux où poussent les vignes sauvages, 
vagabonder; vivre de lambrusques. 

LAMESQUE, glaise. — Esp. « lama», 
limon, boue. 

LAMPA, avaler, boire. 

LAMPADE, quantité de liquide ava- 
lée d'un trait : Bebem dues lampades Dou 
barricot de carnabal. P. c.\pbielh. Bu- 
vons deux bons coups de vin du petit ba- 
ril de carnaval. — , aspiration de fumée 
de cigare ou de cigarette. 

Lampée, Lamper, marguillier, par- 
ticulièrement celui qui était chai'gé du 
luminaii'e : Obrcrs e lampers de las (jlisies. 
M. B. Fabriciens et marguilliers des égli- I 
ses, L'ostnu deu lamper. dén. La maison 
du marguillier. 

LAMPE Y A, briller : A sous oelhs, 
coum lambretz, lampeyen Lances e dartz 
deu lier lou mey stigglat. LAC. A ses yeux, 
comme des éclairs, brillent lances et 
dards du fer le plus étincelant. — It, 
(' lanniegglàre. » 

LAMPOEYNÈ, Lampouynè, lambin. 
— Sobriquet des habitants de Simacourbe: 
Lampoeynès de Simacourbe. D. B. On leur 
reproche d'abuser du précepte qu'il est si 
utile de suivre en plus d'une circonstance : 
« Hâtez-vous lentement. » — Lampoeynè, 
lambin, n'est pas sans analogie avec le 
verbe fr. du langage rustique, employé 
par Rabelais, « lantiponer », hésiter, bar- 
guigner. 

LAMPOEYNEJA, Lampouyneya, 
lambiner. 

LAMPOEYNIS, Lamjiouynis, masc, 
lenteur, maïKpic d'activité . 

Lampreda, 

LAMPRÉRE, lamproie: Quoaie pas- 
tis de saurno o lamprcdas. ARC'H. Quatre 
pâtés de saumon ou de lamproies. 

LAMPRET ; même signification que 
Eslambrec. 

LAMPUR (Aspe), boue qui provient 
du dégel, de la fonte de la neige. 

LAMPURREYA, verbe (pii signifie 
qu'il y a dégel, fonte de neige produisant 
de la bouc. 



LAN (Oloron), ouvert; voy. Lian. 
Dans \eDict., à la suite des œuvres de 
Goudelin, « de lan en lan », ouvert tout à 
fait. 

LAN; voy. Lère. 

LANCE, Lansa, lance: Astes de 
lances, p.r. Hampes de lances. Totz los 
homis de Luc. . . ayen espade e pabees e 
lance deu loue de xviii pèes. art. Que tous 
les hommes de Lucq-de-Béarn aient (cha- 
cun) épée et bouclier et lance de dix-huit 
pieds de long. Avec le verbe da, donner, 
da ab la lance, percer avec la lance : De 
lo ab la lansa per lo costal. H. s. (Un des 
soldats ) lui donna avec la lance par le 
côté (lui perça le côté d'un coup de lance). 

LANCE YA, lanciner. 

LANDAU, masc, étendue de landes : 
Lo landau deu Gert. dict. L'étendue des 
landes du « Gert. » — Voy. Gert. 

LANDE, LANDRÈ, chenet. — Fr. 
«- landier », gros chenet de fer servant à 
la cuisine. 

Lane ; voy. Laa, 1 . 

LANE, lande : Lous de la lane ou de 
las lanes. Les (gens du département) des 
Landes. Lou gnm Sent de la lane. v.bat. 
Le grand Saint des Landes (saint Vincent 
de Paul). — Las lanes. F. B. Ce nom s'ap- 
pliquait au ressort d'une notairie qui com- 
prenait dix-sept communes et dont le chef- 
lieu était Eslourenties-Dabant. dict. — 
Lane deu bouc, lande du bouc : Lane deu 
bouc lou loc es aperat. n. past. Le lieu 
(du sabbat des sorciers) est appelé lande 
du bouc. — Lane, terrain plat, uni;])lainc, 

Lanèr; voy. Laè. 

LANE YA, devenir laineux ; se dit des 
brebis, des moutons, lorsque la laine, après 
la tonte, leur repousse. 

LANGOU, Lengou, langueur. 

LANGOUROUS,Lm7ow?ws, lan- 
goureux : N'aymi pax la fadou d'aquelz 
pècxs langourous . MiiY. Je n'aime pas la 
fadeur de ces sots langoureux. 

LANGOUROUSAMENT, Lcngou- 
rousament, langoureusement. 

LANGUI, Leiigui, languir: Losfidius 
qui langucxin en aqucsta rita. PS. A. Les 
fidèles qui languissent dans cette vie. — 
Enquins bicis lengucri. IM. (Vous savez) 
dans quels vices je languis (je croupis). 
— Vov. Alcnqui. 

LANGUlbOUS, languissant. 

LANGUIT (alangui), qui est à jeun, 
fjiii a Soif, qui a besoin de manger. — 
Cabelhs lunguitz. N. PAST. Des épis des- 
séchés. — Voy. Alengui. 

Lanier, lanicr, espèce de faucon : Aus- 
iou. fnucou...,lanier. P. B. Autour, faucon, 
lanier. 



10 



LAN 



LANIU (Vic-Bilh), de lune, lande ; se 
dit d'un terrain sans consistance : Terres 
lanibes, terres légères. 

LAN LA! LAN LÈRE! Voy. Lève. 

LANOUS (de laa, lane, laine), qui a 
de la laine, beaucoup de laine, laineux. 

LANS, action de lancer, de jetei-, jet: 
Ana loenh deus autes, cum iinlans dejjeyre. 
H. s. 11 alla loin des autres, comme (à la 
distance d') un jet de pierre. 

Lansa ; voy. Lance. 

LANSA, lancer. — Lansa lou graa , 
vanneries grains ; on les lance en l'air ])ar 
pelletées : Aigres que lo milhfo ...Valide 
lansatsusla era. bar. Après que le millet 
fut battu et vanné sur l'aire. 

LANS ADE, fém. , coup de lance ; esta- 
filade : Lo halhan une gran lansade au tre- 
bes de son bras. bar. Ils lui donnèrent une 
grande estafilade au bras. 

LANSADE, Lansate (Aspe); voy. Es- 
lansade, Eslansat. 

LANSADE RE, Lansatere (Aspe). 
pelle creuse, dont on se sert pour vanner 
les grains. — Voy. Lansa, 2. 

LANSADERE, Lansatere (Aspe), 
navette, instrument de tisserand. — Êsp. 
« lanzadera. » 

LANSADOU, qui lance, qui jette. — , 
qui vanne les grains. — Voy. Lansa, 2. 

Lansot, officier public: ^ayZes. beguès, 
lansotz... F. Past. Des bayles,des viguiers, 
(d'autres) officiers publics. 

LANT(Aspe, Barétons, Ogeu), espèce 
de brancard, de civière, pour transporter 
les morts au cimetière. — , catafalque? : 
Dejus la borde sic feijt lo lant cubert de 
bons draps d'aur, e a l'entorn sien las armes 
de Moss. en grans escussons... h. a. Sous 
le dais (dans l'église des Frères-Prêcheurs) 
soit fait le catafalque recouvert de beaux 
draps d'or, entouré de grands écussons 
aux armes de Mgr. — Voy. Borde, 2. — 
Cf. D.-c. « lettrin »... tabulutum quoddam 
seu tumulus honorarius...: « Les marre- 
gliers. .., par manière de représentation, 
mirent et estendirent un drap d'or ou poile 
bordé de noir sur un lettrin assis sur la 
fosse dudit feu Jacques. » 

LANTERNAYRE ; voy. Lantcrniè. 

LANTERNE, lanterne : Une lanièrne 
defoelhe de ferre-hlanque. arch. Une lan- 
terne de feuille de fer-blanc. Viencon ab 
liitz de lanternes. H. s. Ils vinrent à la lu- 
mière de lanternes. — Lous oelhs hèn lan- 
ternes y candeles. Les yeux font lanternes 
et chandelles. Se dit lorsqu'un coup vio- 
lent que l'on a reçu a fait voir les étoiles, 
mille blucttes »: Los oelhs lou hnsèn lan- 
ternes y candeles. v.Egl. Les yeux lui fai- 
saient lanternes et chandelles. 



LAR 

LANTERNEYA , lanterner , être ir- 
résolu ; perdre le temps, baguenauder. 

LANTERNIÉ , Lanternayre, lanter- 
nier. — , homme irrésolu. — , qui perd 
son temps à des riens, qui baguenaude. 

LANUSQUET, homme des Landes: 
Lous Lanusquetz, les Landais. — On dit 
proverbialement : Magre.. ., praube couin 
a Lanusqvet. . . ]\Iaigre. . ., pauvre comme 
un homme des Landes. 

LAPAS ; même signification que La- 
gas. 

LAPASSE, bardane ; arctium lappa . 

— Esp. « lampazo. » 

LAPIDA, Lapidar, lapider: Tregon 
la fora de la ciutat... e lapidan la. h. s. Ils 
l'entraînèrent hors de la ville et la lapi- 
dèrent. 

LAQUAY; voy. Lacay . 

La que (pour la hore que), aussitôt 
que : Prometo paguar la que la obre sere 
acabade. art. Il promit de payer aussitôt 
que l'œuvre serait achevée. 

LAQUE -PLAT ; voy. Leque-plat. 

LAQUOAU , laquelle ; au plur. las- 
quoaus, lesquelles. — Voy. Quoau. 

Lar, Laa, Laar, fém., foyer, âtre : 
Osfau en que ave la lar caute. dén. Maison 
où il y avait le foyer chaud (où la braise 
était encore chaude au foyer). Un ostau en 
que lia laa caute. IB. Une maison où il y 
a foyer chaud. Laar. F. B.— Voy. Larè. 

— On appelait laa, lar (bay.), la maison 
principale, le manoir: dans le partage des 
biens patrimoniaux entre enfants, cette 
maison revenait de droit à l'aîné, au chef 
de famille. AUeiiation de laa no sera vala- 
ble en deguna sorta sents necessitatz cone- 
gudas... F. e. Aliénation de la maison du 
chef de famille ne sera en aucune sorte 
valable sans (s'il n'y a pas eu pour l'alié- 
ner) des nécessités reconnues (par les ju- 
rats , par la cour). — Voy. Cap-casau, 
Cap-maysou . 

LARD, lard : Lou cambalhou e lard, e 
tout l'aute carnadge. N. past. Le jambon 
et le lard, et toute l'autre viande. — Asso 
qu'ey lard de gouye. Ceci est lard de ser- 
vante. Se dit du lard à peine cuit ; celui 
que la servante a mis au pot, en surplus, 
pour la satisfaction de son appétit, et 
qu'elle a eu hâte d'en retirer craignant 
que sa supercherie ne fût découverte. — 
Mey de lard que de mesture. Plus de lard 
que de « méture »; en fr. «plus de beurre 
que de pain. » — De boste lard qu'èm las 
de n'esta que la coutie {coutye). nav. Nous 
sommes las de n'être que la couenne de 
votre lard. 

LARDA, larder : Larden lous capous. 



LAR 

N. PAST. (Les cuisiniers) lardent les cha- 
pons. 

L.ARDADERE; même signif. que En- 
lardadere. 

LARDÉ ; dans les locutions : Ditymis 
lardé, jeudi gras ; dimars lardé, mardi 
gras. 

LARDOU, lardon. 

LAR DO US, de la nature du lard, 
graisseux, luisant de graisse. 

LARE ; voy. Lère. 

LARÉ, foyer, âtre : Yanete assegude 
au larè. peï. Jeanne assise au (coin duj 
foyer. La pèyre dm larè. ID. La pierre (la 
dalle) du foyer. Voy. Lar. — Pour signi- 
fier que Ton se trouve chez soi plus à l'aise 
que partout ailleurs, on dit proverbiale- 
ment: Cane, casete, Que-m caulil la camete; 
Aus autz larès, Nou-m pouix cauha Zowx 
pèes. Chez moi, mon petit chez moi, je 
me chauffe la jambe; aux autres foyers, 
je ne me puis chauffer les pieds. Dans le 
Rouergue: « 01 sieu houstal, L'ouon met 
un pè sus cado cominal ; A l 'houstal d'un 
âltre, Un ginoul touoco l'altre. » vayss. 
A sa maison, on met un pied sur chaque 
chenet ; à la maison d'un autre, un genou 
touche l'autre. — Cf. Gram. héarn., 2" édit., 
p. 507-8. — Voy. Desbroumbe-Larè. 

LARG; voy. Large. 

LARGA, élargir, mettre en liberté. 
— Voy. A larfja. 

LARGANGE(Baretous;; s'emploie au 
sens du mot fr. « marge », signifiant lati- 
tude pour agir, long terme, loisir. 

LARGE, Larye; LARG, large. — A 
jmnt larg. (Coudre) à longs points. 

LARGESSE, Laryesse, largesse. — 
Ha largesse de souncoos, faire largesse de 
son corps, mener mauvaise vie, se dit 
d'une femme : Si la molher, après la mort 
de son marit, fe largesse de son coos — , 

no la jwdin tore los bées deu marit F. B. 

Si la femme, après la mort de son mari, 
fait largesse de son corps (mène mauvaise 
vie).., on ne peut lui retirer les biens du 
mari (on ne peut lui enlever la jouissance 
des biens qui doivent retourner à ses en- 
fants). 

LARJOU, Larynu; Laryor, largein-. 

LARMADE, Lcrmade, fém., blancs 
d'œufs battus. — On en fait une sorte do 
cataplasme adoucissant: Au loc de la lar- 
made applica.... Incii caut qu nuque 2^egv ci. 
V. Egl.Xn lieu du cataplasme adoucissinit 
fait de blancs d'œufs, appliquer un cui- 
tère bien chaud (brûlant). — Dans le Bul- 
letin de la Société des se, Irit. et arts do 
Pau, 1880, p. 202, ou n'a rien compris à 
ce texte ; des mots la lannade, on a fait 



LAS 



11 



Vala.rmade,ei l'on a traduit la^ douleur !!» 

LARME, Lerme, fém., blanc d'œuf. 

LARME, larme : Quoant de larmes me 
costen aquetz adius! desp. Combien de 
larmes me coûtent ces adieux ! Larmes y 
moue. — Voy. J/oMC. 

LARME, larmier ; moulure de la partie 
supérieure de la corniche, carrée, sail- 
lante et pendante, dont le dessous est 
creusé en forme de petit canal, afin que 
les eaux de pluie, amenées par le toit, qui 
couleraient le long des moulures de l'en- 
tablement, puis le long des murs ou des 
colonnes, se trouvent, faute de pouvoir 
remonter dans la cavité du canal du lar- 
mier, arrêtées et forcées de tomber en 
gouttes à une distance convenable du pied 
de l'édifice: Lo larme qui sera part def- 
fentz p)er guoardar las aygues. art. Le lar- 
mier qui sera en dedans pour garder les 
eaux. 

LARRA, glisser, tomber : Qui s'es- 
taque a la créature que larrara dab ère. 
IM. Qui s'attache à la créature tombera 
avec elle. 

Larronici, larcin : Murtres e larrouis- 
sis. F. Egl. Meurtres et larcins. — Voy. 
Layrounici. 

LARYE ; vov. Large. 

LARYESSE, LARYOU : même si- 
gnification que Largesse, Larjou. 

LAS ; voy. La, 1. 

LAS, LASSoiJ, Lasson?, lacs, la- 
cet : Prener perdix ab las. p. r. Prendre 
des perdrix avec des lacets. 2ow se cuta 
un cmte ans las prene. Quis'i jiren. ch. I'r. 
Tel s'imagine prendre un autre aux lacs, 
qui s'y prend. « Tel, comme dit iSIerlin, 
cuide engeigner autrui, Qui souvent s'en- 
geigne lui-même. » la fontaine. — Las 
courredé ou courredis. nœud coulant. — 
Nulhs hom... prenque fazna saidiadge ab 
lasson [lasso'û) . f.b. Que nul homme ne 
]U'enne faisan sauvage avec lacs. Los qui 
de-m perde enterprenin, Lassoiis ienin.ps. 
Ceux qui entreprennent de me perdre, ten- 
dent des lacs. 

LASÉ : même signification que Lésé. 

LASQUOAUS ; voy. Laquoau. 

LASSÈRE, ])artie de montagne cou- 
verte de pi(^ri'es et de quartiers de roches. 

Lasson ?, 

LASSOU; voy. Las. 

LASSUS, Lassuus, là-haut. — Diu 
de lassuus. PS. (Dieu do là-haut), Dieu du 
ciol. 

LASTOIJ, ma se, fétuque, graminée. 
— , herbe plateet longue (Mont.), qui peml 
par toufTos dans los ravins, aux parois des 
goulTres et sur les cimes escarpées, o. 



12 



LAU 



LAU 



LAT, masc; LADE, fém., plateau 
dans les montagnes, c. — , flanc de mon- 
tagne. ID. 

LAT, Lad, étendu, large : Corn una 
rondela espesse e lacla. Ps. Gomme une 
rondelle (bouclier) épaisse et large. De 
lonc e de lad. l. o. En long et en large. 

LATA, latter, garnir de lattes, 

LATADE, (coup de latte), coup de 
gaule, gaulade ; action de gauler, gaulage. 

LATADGE, Latatye, lattis, ouvrage 
de lattes. 

Latanis, litanies. — , Rogations : In- 
vocarn lous sancts au temps de las latanis. 
F. Egl. Nous invoquons les saints au 
temps des Rogations. 

LATAYRE, qui fait des lattes.— So- 
briquet des gens de Lourdios : Latayres de 
Lourdios. D. B. Les gens de ce village font 
des lattes. Pour se procurer le bois néces- 
saire à leur industrie, ils n'ont pas eu tou- 
jours, dit-on, des rapports parfaitement 
réguliers avec l'administration des forêts. 

LATE, latte : Aredge (arrèdge) e late. 
ART. Bardeaux et lattes (pour le toit). 
Losa e lata. IB. Ardoises et lattes. — , me- 
sure agraire, fraction de la perche : Las 
\ jornades an xii lathes (lates) de perche de 
lat. AKCH. Les cinq journaux (de terre) ont 
douze « lattes» de perche de largeur. — , 
gaule, houssine. — (Le mot « gaulette » 
est usité dans nos possessions de l'île de 
la Réunion comme terme de petite mesure 
agraire). — Ha late (faire latte), s'étendre 
de tout son long, être couché; se dit des 
paresseux. — En fr. « faire la planche )>, 
nager sur le dos. 

ÏjATETE, dim. de late. —, branchette 
de bruyère engluée pour prendre des oi- 
seaux, gluau. — Les autres dim. de late 
sont latine, latote. Aug., latasse. 

LATII, LETII, latin: Tu parles déjà 
lou latii de cousine, n. past. Tu parles déjà 
le latin de cuisine. Lo grec e lo letiï son 
jjrophete parlassa. SAL. Que son prophète 
parlât le grec et le latin. 

LATIGUES (Espoey), chatouilles. 

LATROUNICI, Latronici, vol, lar- 
cin: Lous qui an... participât au latrou- 
nici... CAT. Ceux qui ont participé au vol 
(sont obligés de restituer). 

LATOUN, Laton, Leton, laiton : Es- 
plingues en laton. arch. Epingles de laiton. 
Per cargiie de leton, dus diners morlaas. 
p. R. Pour charge de laiton (on paye, droit 
d'entrée) deux deniers de Morlaas. 

Lau, terre vague, lande. 

Lauc; voy. Loc. 

Laud, décision d'arbitres : Los arbitres 
dcben pronuncia lor laud... en presencia de 



partidas. F. h. Les arbitres doivent pro- 
noncer leur décision en présence des par- 
ties. — Port, «laudo.» — d.-c. « laudum ; 
statutum, decretum.» 

LAUD, consentement, approbation : 
Nou-t darèy pas moun laud. Je ne te don- 
nerai pas mon consentement. Son laud y 
pansa. ARCH. 11 y apposa son approbation. 

— D.-C. « laudum ; consensus, approba- 
tio. » 

LAUDA, Laudar, louer : Santa Ma- 
ria laucla Nostre Seuhor.. . h. s. Sainte Ma- 
rie loua Notre-Seigneur. — , vanter : Hom 
los lauda ung prodom cavaler. F. B. On leur 
vanta un prud'homme chevalier. — , approu- 
ver :ZaMC?a«[<] la sentencie. s. B. Approu- 
vant la sentence. — Laudasseya. ne faire 
que louer, louer avec excès, flagorner. 

LAUDABLE, louable : Lo nom deDiu 
imbocat cum es de bone e laudable costuma. 
s. B. Le nom de Dieu invoqué, comme c'est 
de bonne et louable coutume. 

LAUDADOU, Laudador, qui loue, 
qui vante; louangeur. 

Laudament, approbation : Loquoau 
laudament e autreyamentfe. ARCH. Approba- 
tion et consentement qu'il fit (qu'il donna). 

Laudami, droit d'approuver une vente 
d'héritage censier : Beservan[t] a la senho- 
rie sa superioritat, laudami. .. ARCH. Ré- 
servant à la seigneurie sa supériorité, le 
droit d'approuver.. . — Voy. Laudîmi. 

LAUDASSEYA ; voy. Lauda. 

Laudation ; dans les textes anc, des 
H.-Pyr., approbation, 

LAUDÈRE ; voy. Pèyre. 

LAUDETAYRE, Lauzetaire (Yic- 
Bilh), chasseur d'alouettes. 

LAUDETE, Lauzete (Vic-Bilh), 
alouette: L'esbatouse lavdete, Abant l'es-- 
guit deu die, En saludant l'aubete, Gour- 
gueye soun amou. lam. L'alouette folâtre, 
avant le point du jour, en saluant la pre-' 
mière lueur de l'aube, fredonne son amour. 

— Que haré cade las laudetes. 11 ferait tom- 
ber les alouettes (toutes rôties, probable- 
ment). Se dit pour signifier: il obtiendrait 
des choses impossibles. — Cent esparbès 
nou-y gaharen pas ue laudete. PR. B. Cent 
éperviers n'y prendraient pas une alouette. 
En fr.: « Là où il n'y a rien, le roi perd 
ses droits.» — En 1788, une ordonnance 
royale ayant suspendu le Parlement, il y 
eut à Pau quelques troubles. Des troupes 
y furent enyoyées. Elles étaient comman- 
dées parM. le comte d'Esparbès. En jouant 
sur ce nom, on avait fait une chanson 
qui commençait ainsi : Cent Esparbès Ne 
gaheren pas ue laudete, Quoand las hauren 
au ras deus pèes. Cent éperviers ne pren- 



LAU 

draient pas une alouette, quand ils en au- 
raient sous les pieds. Cf. dugenne. Pano- 
ramahisL, etc., de Pau, 2* édit., p. 206-10. 

Laudimi, Laudisme(lod), approba- 
tion, consentement donné par le seigneur 
pour la vente d'un héritage censier; prix 
de l'approbation, du consentement que 
donnait le seigneur au changement de 
main : Prometon haver Vautrey e laudimi 
de Moss. l'abat, arch. Ils promirent d'a- 
voir le consentement et l'approbation de 
Mgr. Vâhhé. Laudisme de lavendition,qui 
se fara per lo seuhor. F. H. Approbation 
de la vente, qui se fera (sera donnée) par 
le seigneur. Laudum delà vendition. coût. 
s. Consentement de la vente. — C'est « ce 
que les Coutumes appellent, en matière de 
fief. Quint et Requint, Laudimia, du la t. 
laudare, louer, a^iprouver. » boutaric. 
Traité des droits seign. — Voy. Laudami. 
L.AUDOU,Laudoo,Laudor, louange: 
Laudous a Diu. PS. Louanges à Dieu 
Laudor sia a Diu. H. s. Louange soit à 
Dieu. — Dans un texte, arch., ^awr/o?-, ap- 
probation. 

Laudum; même signification queiau- 
dimi. 

LAUGÈ, Lamjè ; voy. Leujè. 

LAUQUETE, petit poisson, loche.— 
Pris comme terme de comparaison : Non 
baupasue lauqiiete. (Cela) ne vaut pas une 
loche. 

LAUQUETE, pêcheur de loches. — 
Sobriquet des habitants de la commune 
d'Idron: Lauquetès d'idroa . D.B. 

LAURA, LABOURA, Laborar, la- 
bourer: Camps lauratz. Champs labouiés 
Las estibes Umnules. N . LAB. Les terres (où 
l'on sèmera du blé) labourées. Boeus qui 
labouren au camp. N. past. Bœufs qui la- 
bourent aux champs. Si no an assex de 
terra per lubora, lo senhor losen deu bulha. 
F. H. S'ils n'ont pas assez de terre à la- 
bourer, le seigneur leur en doit donner. 
laborar e seiniar. bar. Labourer et semer. 

— Qui nou ha ni boca ni aret, nou laure 
quoand boii. PROV. Qui n'a ni bœuf ni char- 
rue, ne laboure quand il veut. En citant ce 
jiroverbe, c. a mis ])ar erreur carret, cha- 
riot, au lieu de aret, charrue. 

LAURADE, fém., labour, labourage. 

— Voy. Labouradi/e, Labouratye. 
LAURADÉ, champ qu'on laboure. — , 

terre cpii peut être ou doit être laboui'ée. 

Laurader, masc, charrue? Y ave en 
l'ostautres lanruders. arch. Il y avait dans 
la maison trois charrues ? 

LAURADIS; même signification que 
Labounidi.-i. 

LAURADOU, Lauradoo, Laura- 



LAU 



13 



dor, Laborador, Labouradou,\&honTe\iT; 
Labouredou, Lauredou (Orthez) : Laura- 
dous, artisaas.F.Egl. Des laboureurs, des 
artisans. Sourdat lauredou, que seinies u 
mayne poutoat pou sourelh. SEi. Soldat la- 
boureur, tu ensemences (tu cultives) un 
domaine baisé par le soleil. Simples lau- 
radoos. F. h. Desimpies laboureurs. Lau- 
radors de sons camps. H. s. (Le roi fera 
de vos fils des) laboureurs de ses champs. 
Labouradou. n. past. Manestraus e lubo- 
radors. bah. Artisans et laboureurs. 

Lauranse, labourage : Cascnm besii 
âge xxv jornades de terre per lauranse . 
ARCH . Que chaque voisin ait vingt-cinq ar- 
pents de terre pour labourage. Instrumentz 
de laurance. Instruments de labourage. — 
RAYN., « lauransa », terre labourable, 
champs. 

LAURAT, participe passé de laura. 
labourer. — , subst., champ labouré. Lous 
lauratz, les terres cultivées. 

Laurat, masc, céréale, bay. 

LAURA YRE; même signification que 
Lauradou, Labouradou. 

LAURÉ, Laurer, laurier: Un lau- 
ree qui a forsa ramadge. PS. Un laurier 
qui a force rameaux, tlng petit coffret de 
fuste de laurer. Un petit coffret de bois de 
laurier. 

LAUREDOU; voy. Lauradou. 

LAURERINE, viorne lauriforme, 
laurier-tin. J. beugeret. 

LAURET, nom de bœuf (doré, bai 
clair). -N. PAST. — Dans le Poitou, « Do- 
ret. » B. DESPKRiERs, Glossairc des Nouv. 
Réc. et Joyeux Devis; Pari?, Jouaust, 1874. 

Laus, abandonné, vacant; se dit des 
maisons et des terres : Ilostaus lans, ter- 
res lausses. dén'. <■< Ces maisons vides, os- 
tau8 laus, étaient de deux sortes : celles 
qui étaient réellement sans maîtres, et 
celles qui, bien que vacantes, avaient des 
jjropriétaires légaux (des j>rims, héritiers 
par droit de naissance) qui, pour une rai- 
son quelconque, ne voulaient pas y de- 
meurer. P.RAYMOND, Introducl. ofiN., p. X. 

LAUSA (vers les H.-Pyi'O ; même si- 
gnification (jue Lauda. 

Laussetat, maison abandonnée, do- 
maine abandonné : 0.'<lau cadut en hntrr- 
tat. K.NQ. Maison tomljée en abandon (mai- 
son abandonnée). Aperlins.. en fugs ru- 
berts ho en laussctaz. i.. o. Appartenan- 
ces... en maisons habitées ou en maisons 
abandonnées. Unelnui^sctiid.\x\. Une mai- 
son al)andonnée. Lo casau .. es lausedat. 
O.S. Lo domaine de... est un domaine 
abandonne. 

Laut (pron. Luhut ; h umctte), luth : 



14 



LAY 



Nosies lavfz e harpas clpsconladas Aus 
snnlx habempenudas. . . Pf^. Nous avons 
suspendu aux saules nos luths et nos har- 
pes sans cordes. — rayn. « laut, lahut. » 

LiAUYÈ ; voy. Leujè. Dim.. lauyemu; 
voj. Esqinroil, 1. 

LAUYERAMENT ; voy . Leiijèra - 
ment. 

LiAUZENQUÈ, médisant : La gent 
lausenquem e trufequa. PS. La gent mé- 
disante et moqueuse. — , flatteur. — , 
musard. — BATN., Lex., (t Lauzengier », 
médisant. 

LAUZENQUEYA, médire. — , flatter. 
— , « musarder. » 

LAUZÈRP, LAUZÈRT, lézard vert: 
Oun per malhur lauzèrp s'estaque, Coum u 
M rouy que lèxe taque. N. LAB. Où par 
malheur lézard s'attache, comme un fer 
rouge il laisse tache. Berdz coum lau- 
zèrtz. LF.TT. ouTH. Vorts comme lézards. 

IiAUZETAYRE; voy. Laudetayre. 

LAUZETE ; même signification que 
Laudete. 

LAXA, Lâcha, Laxar,Liaixar, lais- 
ser, quitter, abandonner: Laxa son ma- 
rit. ENQ. Elle a abandonné son mari — , 
se soustraire à : An laxat la questalitat, 
IB.Ils se sont soustraits à la « questalité » 
(au servage). —, relaxer, mettre en li- 
berté : A i) fidance de dret lo deu laxsar 
(laxar). F. o. (Si le vicomte veut arrêter 
quelqu'un de.s « voisins » ou autre, voya- 
o-eur), il le doit relâcher moyennant cau- 
tion de droit. — , se dit en parlant de ce 
qui a été à quelqu'un, et qui subsiste après 
sa mort : Laxa dues filhes. enq. (A sa 
mort), elle a laissé deux filles. — , léguer. 

— Voy. Lexa. 

Laxe, dans un texte de 1334, arch.; 
même signification que Lèxe. 

Layar ? : Asso es a layar, que au sen- 
hor totz sons honiis... lo deh'in ajudar de 
sons adversaris. F. B. Ceci est de droit, 
que tous ses hommes doivent être en aide 
au seigneur contre ses adversaires (trad. 
Mazure et Hatoulet, p. 16). — Dans le 
ms. fARCu.), il y a, en un seul mot, alayar? 

— Un autre ms. (arch.) des F. B. porte 
au même article: -4s<?o no es alexar . . . 
Faut-il lire asso no es a laxar, ceci n'est 
pas à omettre? Singulière formule, et pour 
ce temps-là, xiii^ s., et. pour la 'chose 
qu'elle prescrit: l'obligation pour le vas- 
sal de venir en aide au seigneur. 

LAYC, Inique : Si lo layc domana au 
clerc, lo clerc se esdisera sa maa e sa hoque. 
F. B. Si le. laïque réclame au clerc, le 
clerc se justifiera (par .serment) de main 
et de bouche. — Voy. Laie. 



LE 

LAYRA, aboyer: Lou caa que s'ha- 
risse, que layre. NAv. Le chien se hérisse, 
il aboie. — Goeytatz-pe de l'homi qui-s care, 
Coum deu caa qui nou layre. PROV. Gar- 
dez-vous de l'homme qui se tait, comme 
du chien qui n'aboie pas. — Quauqu'arré 
y -ha, quoand lou caa layre. PR . B . 11 y a 
quelque chose, quand le chien aboie. « Ja- 
mais bon chien n'aboyé à faulte. » oudix, 
Curiosités fr . — Qui dah caas ba, Apren 
de layra. PROv. Qui avec des chiens va, 
apprend à aboyer. En fr. : « On apprend 
à hurler avec les loups. » — Esp. « la- 
drar. » 

LAYRADOU, aboyeur.— Esp. « la- 
drador. » 

LAYRET, aboiement, jappement. 

Layroci, vol, larcin : Se sonfeytz lay- 
rocis, pilhatoris. ARCH. Se sont faits (il y 
a eu) vols, pillages. 

LAYROU, Layron, Layroo, larron: 
Toutz layroos e raubadoos de camys sian 
penutz. F. H. Que tous larrons et voleurs 
de chemins soient pendus. Layrons do- 
mestics. P. R. Larrons qui volent dans 
les maisons . Layroos famoos o qui des- 
rauban en glisia, hospitau... o causa sa- 
grada- F. H. Larrons insignes ou qui vo- 
lent dans église, hôpital, ou (volent) ob- 
jet sacré. Sus pêne d'estar dits rebelles e 
desohediens a Diu e au rey, e estar punits 
com lairons publies; 1586. p. r. (Ceux 
qui doivent dîmes et prémices sont tenus 
de les payer exactement), sous peine d'être 
dits rebelles et désobéissants à Dieu et 
au roi, et d'être punis comme voleurs. 

LAYROUNICI, larcin, chose déro- 
bée. 

LAYSfOloron) ; se dit d'amis qui sont 
étroitement unis. 

Laze (Sent), Saint-Lazare : L'osfau 
deus malaus de sent Laze. dém. La mai- 
son des malades de saint Lazare (la ma- 
ladrerie) . 

LE, LES (dans quelques localités de 
l'arr. d'Orthez ; Bay.), article féminin, la, 
les : Le case, la demeure, la maison ; les 
daunes, les maîtresses de maison. Se imt 
diser a le barre, bat. Se peut dire (on le 
peut dire en plaidant) à la barre. Les 
causes de linhadge. IB. Les choses de li- 
gnage (les biens patrimoniaux) Le hie en 
jus. es. La voie (le chemin) au-dessous. 
— , pronom féminin, la, les : Nou poudi... 
darriga-le. F. Past. (L'épée était telle- 
ment couverte de rouille, que) je ne pou- 
vais l'arracher (du fourreau) . Jidius ago 
unefilhe... marida le ab Pompius. H. s. 
Jules eut une fille... il la maria avec 
Pompée. La tengo entroo fo temps de me- 



LEO 

ter le faut. h. a. Il la tint (il tint la ban- 
nière).] usqu 'à ce qu'il fût temps de la met- 
tre haut (de la suspendre). — Cf. Gram. 
béarn., 2e édit., p. 18; 294-95. 

LiEA, traîner, transporter sur la Jée ; 
voy ce mot. 

LEBA, Lebar ; vov. Lheba. 

LÉBE, fém.; LEBET (Mont.), liè- 
vre: La lèhe ha hroiiMa loa cese. N. i.AB. 
Le lièvre va brouter les petits-pois. Trobi 
lou renard e lou loup e la lèbe; Trobi lou 
renard e lou loup dansa. PR. B. Je trouve 
le renard et le loup et le lièvre ; je trouve 
le renard et le loup danser ("qui dansaient). 
Perqué la lèbe a lou pnt henut. IB., Conte. 
Pourquoi le lièvre a la lèvre fendue. — 
Que hè coum la lèbe, que-s perd la memori 
en courre, prov, 11 fait comme le lièvre : 
il se perd (il perd) la mémoire en courant. 
On dit en fr., e c'est une mémoire de liè- 
vre qui se perd en courant. Une personne 
à qui une chose en fait facilement oublier 
une autre.» BEScriERELLE,Z)<'ci. — Nou ga- 
hen pas dues lèhes en u yas. prov. On ne 
prend pas deux lièvres en un gîte. — «On 
ue peut pas prendre deux mères au même 
nid. » Trad. des Prov. fribourqeois ,• lîn- 
mania, vi, p. 103. — Qu'ey demoure au 
tusc hère de lèbes, Faute d'esta cassades. 
PR. B. Il reste au fourré beaucoup de liè- 
vres, faute d'avoir été chassés. On le dit 
des filles qui n'ont pas été recherchées en 
mariage ; c'est aussi l'expression de la dé- 
fiance, d'un soupçon, à l'égard de certai- 
nes « vertus . » — • Casse-lèbe (chasse-liè- 
vre), jeu d'enfants. 

LEBEUAU; caa leherau, chien lévrier. 
On dit aussi caa lebrèe. 

LEBET ; voy. Lèbe. 

Lebièe, lévrier : Bayletz de lebiees. u. 
Valets de lévrieis (des chiens de Gaston- 
Phœbus). — Voy. Lebrè. — r.\yn. «lebrier.» 

LEBRAUT, levraut. Lebrautou, d'un., 
levreteau : Que credè f/aha la lèbe, que 
tjaha lou lebrautou. CH. p. Il croyait pren- 
dre le lièvre, il prit le levreteau. 

LEBRAUTA. mettre bas; se dit de la 
liase, femelle du lièvre. 

LEBRAUTADE, |»ortée de la femelle 
du lit'vie. 

LEBRÉ, LEBRÈRE, lévrier, le- 
vrette: En forme de moustiis, de lebrès, 
de lebrères. N, past. (Les sorciers) en 
forme de mâtins, de lévriers, de levi-ettes. 
— Cad, lebrè, chien lévrier. — Voy. Lehe- 
rau, L''.hièe. — Qu'ni lebrè ! Quel lévrier! 
Se dit par moquerie d'un individu grand. 
maigre, efflanqué. 

Lee, Lrq ; vov. Laie. 

LECA, LACÀ (Bay.), lécher: Quc-u 



LED 



15 



hy... leca uemaneie Manque, v. bat. 11 le 
vit lécher une menotte blanche. — Quoand 
la baque leque, L'endoumaa arré nou seque . 
PROV. Quand la vache lèche, le lendemain 
rien ne sèche. Le suintement des murs, 
des parois, où lèche la vache, est un in- 
dice de pluie prochaine — Leca-sen lous 
potz. PB. B. S'en lécher les lèvres. Savou- 
rer une chose, en jouir avec délectation. 
En fr. « On s'en lèche les doigts », cela 
est excellent à manger. — Henri IV écri- 
vait à Saint-Geniès, juill. 1585: « Je tra- 
vaille plus qu'il n'est croyable à préparer 
des sauces à nos ennemis, que je m'as- 
sure qu'ils ne s'en lécheront point les lip- 
pes. » — Leca-s lous arditz, lou bee (lit- 
tér., se lécher l'argent, le bien), dépenser, 
dissiper en bombance, manger son argent, 
son bien. — Hoey a trucxs de maas, Dou- 
maa leca-s. prov. Aujourd'hui à coups de 
mains (se battre), demain se lécher (s'em- 
brasser, se donner des baisers). Querelles 
de ménage. Lou qui cour que leque, Lou 
qui s'esta que-s seque. pr. n. En fr , xv^ 
s., « qui va il lèche, qui repose il sèche.» 
Dans Prov. ciel Vilain, « ki vait lèche, ki 
siet sèche.» l. r. de lincy, Prov. 

LECADE, action de lécher, trace de 
ce qui a été léché, ce qui reste à lécher. 

LECADOU, lécheur, gourmand. On 
dit aussi Lecayre. 

LEGADURE; môme signification que 
Lecade . 

LECASSINE, fém., espèce de cham- 
pignon, mérule chanterelle. A. manescau. 
Canfarellus cibarius. — Lorsqu'on en fait 
un mets, il ue faut pas lui ménager la 
graisse; aussi dit-on proverbialement : 
Gourmand coum ue lecassine. 

Lecayre ; même signification que Lc- 
cadou . 

LECHA, LÈCHE: voy. Le.ra, Lèxe. 

LÈCHE-M-ESTA : nième significa- 
tion que Lèxe-rn-esta. 

LECHEPREN : voy. Locheprin. 

LÈCHES ; voy. Lèxes. 

LECHIBA, Lexiba, laver avec ibi le- 
ch'ni, l(>ssiver. 

LECHIU, LEXIU, masc, ean de les- 
sive : Hira au leanu. Mettre (du linge) à 
la lessive. Dans quelques textes, on trouve 
lessiu . 

Lectionari. qui confient les leçons : 
Un bcfi lihe mi.'<sal e lotionari. ARCH. Un 
beau livre missel et qui contient les le- 
çons. ("Leçon, terme de liturgie) . 

LECTOU, Lectoo , lecteur: Amir. 
lertoo. rs., Arrrtixsrmint. Ami lecteur. 

LÉD, LÈE, laid. Ledot. <lim. Lcdai^. 
aug.: Lèdmumubccut.rR. u. Laid comme 



16 



LEG 



un lippu. Voy. Becut. — Que hau mey 
canta dab ue lècle que ploura dah ne he- 
rorje. PROV. Il vaut mieux chanter avec 
une laide que pleurer avec une jolie. — 
Lèd couni lou pecat deu dibées. PROV. Laid 
comme le péché du vendredi. Ce qu'il y a 
de plus affreux. — « Qui bout lessive le 
vendredi fait cuire le sang de Notre-Sau- 
veur. » SAUVÉ, Prov. de la Basse-Breta- 
gne. — Ther lo goeyt totes noeytz, fret o 
caut, heg o lee. bar. Tenir (faire) le guet 
toutes les nuits (quelque temps qu'il fasse), 
froid ou chaud, beau ou laid (mauvais). 
Au fém., lède, lèse (Vic-Bilh). Cayèques 
trop lèdes ta peca. lett. orth. Des chouet- 
tes (certaines femmes) trop laides pour 
(pouvoir) pécher. — Loc Ue, dans l. e., 
mauvais lieu. — Canta lèd (chanter laid), 
chanter mal, chanter de mauvaises chan- 
sons. Parla lèd (parler laid), parler mal, 
tenir de mauvais propos, dire de vilaines 
choses. 

Ledesse, vilenie, injure: Ledesses qui 
poden ofender lo senlior. arch. Des vile- 
nies qui peuvent offenser le seigneur. — , 
ordures : Totes ledesses qui podin engen- 
drar corruption. IB. Toutes ordures qui 
peuvent engendrer corruption . 

Ledesse, fressure: Los Meus (higues), 
corades e totes autres ledesses. arch. Les 
foies, « Corées « et toutes autres fressu- 
res. — Lèuges (Mont.), poumons. — Cf. 
R\.TN., Lex.. IV, « leu », poumon; « le- 
vada », mou. poumon. — d. c. « levata », 
entrailles, viscères. 

Ledir, léser : Es ledit e en son dret 
diminuit. F. B. Il est lésé et diminué en 
son droit. — , offenser. — Voy. Lésa. 

LEDO'D, laideur. 

L.ÉE (Monein), LÉ A, fém., sorte de 
traîneau pour les transports dans les bois, 
dans les lieux en pente. Voy. Eslées. — 
Cf. D.-c. « lezia; carri species.» 

LÈE ; voy. Lèd. 

LËES ; même signification que Lée. 
Eslées . 

Leg; voy. Lee. 

Lega ; même signif. que Lègue. 

LEGA, Legar, léguer : Lexe e lègue 
aus prauhes de la glisie de Pau la some 
de quoate escutz. art. Il laisse et lègue 
aux pauvres de l'église de Pau la somme 
de quatre écus. 

LEGAT, don par testament: Lexes e 
legatz. art. Legs et dons par testament. 
— D.-c. « legatum; prœsertim dicebant 
quod in usus pios testamento donatur.» 

LEGE, Leye; Léger, lire: Aprene de 
leye, apprendre à lire. Lege hens lous 
pergams. v. Past. Lire dans les parche- 



LÈG 

mins. Legouy, legu, m. b., je lus. Legut, 
leyut, lu. — Voy. Legi. 

LEGENDE, "^ légende : Fe lo sautiri 
e gran légende de Diu a nostre doctrina. 
H. s. (David) a fait le psautier et grande 
légende sur Dieu pour notre instruction 
(il a composé les psaumes où se lisent 
tant d'enseignements divins). 
Léger; voy. Leyer. 
Léger, Legir, choisir. LTieyt, au lieu 
de legut. legit, choisi : Lo que Nostre Se- 
nhor a Iheyt. H. s. (Samuel dit, en mon- 
trant Saiil : Voici) celui que Notre-Sei- 
gneur a choisi. Homi Iheyt. ib. Homme 
choisi (homme d'élite). — Voy. Eslegc, 
Eslegi . 

LEGI, Legip, lire: L'amourous sab 
legi dens l'oelh de la pastoure. mey. L'a- 
moureux sait lire dans l'œil de la bergère. 
Tremetut a la^ escoles per aprener de le- 
gir e escriher. art. Envoyé à l'école pour 
apprendre à lire et à écrire. Lous arrèstz 
seran legitz. P. R. Les arrêts seront lus. 
Llieyt, au lieu de legit, legut, leyut, lu: 
Lheyt lodit mandament. f. b. Lu ledit 
mandement. — Voy. Lege. 

LEGIBLE, lisible: Carte., .sane, le- 
gihle. arch. Charte (titre) en bon état, 
lisible. 

LEGIDO'D, lecteur. Legidor, F. b. 
Legir ; voy. Léger, Legi. 
Légiste (de legir, lire), qui apprend à 
lire, qui lit couramment. Les enfants 
d'une école de Pau, en 1573, étaient divi- 
sés en petitz, légistes e gramarïens. Ré- 
tribution scolaire: Los petitz, oeyt arditz 
chacun mees..., los légistes detz arditz, los 
gramariens dotze arditz. sér. Les petits, 
huit liards chaque mois ; ceux qui lisent 
couramment, dix liards ; ceux qui appren- 
nent la grammaire, douze liards. 

LEGITIME, Legitim, légitime, qui 
est selon la loi. — , juste, équitable, rai- 
sonnable. — . subs., la légitime, portion 
que la loi assure aux enfants sur les 
biens du père et de la mère. — Dans F. n., 
Jllz legitim, fils légitime. 

LEGNE, LEGNÈ ; voy. Lenhe, Lenhc. 
LEGNÈRE ; même signification que 
Lenlière. 

LEGOA, Legoar, blesser, offenser, 
outrager; de « Isedere? » mazure et ha- 
TOULET . — Cf. Esp. « llagar » ; blesser, 
faire une plaie. 

Legoe ; voy. Lègue, Lègue. 
LÈGRE; voy. Alègre. 
Lègue, Legoe, blessure; offense, ou- 
trage? Voy. Legoa. — Cf. Esp. « llaga »; 
blessure, plaie. 
LÉG'UE, Legoe, Lega, lieue : E di- 



LEN 

gatz-me, moussu, s' eycoumpten hère lègues? 
Y.Past. Dites-moi, monsieur, si (d'ici làj on 
y compte beaucoup de lieues? L'estendude 
de dues lègues, p. r. L'étendue (la distance) 
de deux lieues. Dequi quasi a dues leguoes. 
ARCH. Quasi à deux lieues de là. 

LEGUM, LEGUME, légume : Dab 
hort tribalh legums aporte lou cassau. n. 
PAST. Avec force travail le jardin produit 
des légumes. 

LEGUMASSÈ, grand mangeur de 
légumes. 

LEGUM A Y RE, qui aime les légu- 
mes, qui cultive les légumes. Sobriquet 
des gens de la commune de Gélos : Lous 
legumayres de Gelos. d. b. Autrefois, les 
approvisionnements du marché de Pau 
venaient de leurs potagers. 

Leial, Leialmentz ; voy. Leyau, Le- 
yauinentz. 

Leine, Leinhe; même signification 
que Lenhe. 

Leit ; voy. Lheyt. 

Leixar ; même signification que Lexa. 

LEJAU, LEJÀUMENTZ; voy. 
Leyau, Ley<iumentz. 

L'EMBÈS, l'envers, côté opposé à 
l'endroit. L'emhès (pour lou emhès), bien 
que précédé de l'article, s'emploie avec 
un autre article ; on dit lou l'emhès, le l'en- 
vers, deu l'emhès, pour de lou l'embès, de 
le (du) l'envers. — Lous puncs (puntz) de la 
fee... expliqua deu l'embès. F. Egl. Expli- 
quer de l'envers ( en sens contraire ) les 
points de la foi. — Voy. Embès. 

LEMEQUEYA ; voy. Limineya. 

LEMINÈ. LEMINEYA; même si- 
gnification que Liminè, Limineya. 

LEMINIS ; voy. Liminis . 

LEN (Bay.), haleine : Ne senten taaplan 
Coin le sou len douce., ariel. (Jasmins et 
roses J ne sentent si bien (si bon) que sa 
douce haleine. — Vov. ffaleue. 

LENCOU (Bay.),"'langue. 

L'ENDEDIE, le lendemain : L'ende- 
diej'e locar sas trompes e insturmentz.H. s. 
Le lendemain, il fit sonner ses trompes et 
(tous ses) instruments. 

L'endejorn, le lendemain : L'ende- 
jorn, qui ère disapte. BAR. Le lendemain, 
qui était samedi. 

L'ENDEMAA; même signification 
que les deux précédents : Uendema debcu 
sacr/ficar l'unlicg. u. s. Le lendemain, ils 
devaient immoler l'agneau. 

L'ENDEMATII, L'endemaytH, le 
lendemain matin : L'endematii, au sorelh 
cxit... II. s. Le lendemain matin, au soleil 
levé (au lever du soleil), 

L'EN-DE-SER, le lendemain soir. 



LEN 



17 



LENDI ; voy. Lèni. 

LENDIE, lentille, 'tache de rousseur 
sur la peau. 

LENDIOUS, qui a des taches de rous- 
seur sur la peau. 

L'endomaa, 

L'ENDOUMAA, L'endoman, le 
lendemain : L'endomaa sefasen las honors 
de Afoss. le. Comte. H. a. Le lendemain so 
faisaient les honneurs de Mgr le Comte 
(le lendemain on faisait le service funèbre 
en l'honneur d'Archambaud, comte de 
Foix, souverain de Béarn). No-n saubas- 
sen ree ab de Vendoma. H. s. Qu'ils n'en 
gardassent rien pour le lendemain. 

LENGADGE, Lengatye, Lengoadge, 
langage : Deu coo soulet ma carte ey lou 
lengatye. sup. Du cœur seul ma lettre est 
le langage. Si tau lengoadge io teng. PS. 
Si je tiens tel langage. — , idiome ; Taa 
loungiemps qui,soUs mountz y per las arri- 
bères, Nouste lengatje es parlara. Tas can- 
sous, Navarrot, seran toustemps nabères; 
De toun coo, de toun noum, cadu se broum- 
bara. v.L. (Inscription sur le tombeau du 
chansonnier d'Oloron, X. Navarrot). Aus.«i 
longtemps que, sur les monts et dans ks 
plaines, notre langage se parlera, tes chan- 
sons, Navarrot, seront toujours nouvelles; 
de ton cœur, de ton nom, chacun se sou- 
viendra. — , au plur., propos: Dixo per 
daban lo judge los medixes lengadges, bar. 
Il dit devant le juge les mêmes propos. 

LENGASSË, Lengoassè, qui a longue 
langue, qui a la langue bien affilée, grand 
parleur. — Lat. « hnguax? — Cf. villon, 
Bull, des femmes de Paris: a Quoy qu'on 
tient belles lengagières Florentines, Ve- 
niciennes.... Piemontoises, Savoysiennes, 
11 n'est bon bec que de Paris. » — Mon- 
taigne, Essais, III, 5 :« Un homme langua- 
gier comme je suis. » — regnier, Sat. xiv : 
« L'autre fut un langard révélant les se- 
crets. » — Voy. Lengassut. — Dans j.-g. 
d'astros (édit. princeps), lengouassè, qui 
parle une langue, un idiome. — Voy. Rev. 
de Gascogne, y\\n 1884, p. 2'Jl. 

LENGASSEYA, Lengoasseya (faire 
mouvoir fréquemment la langue), bavar- 
der. 

LENGASSUT, Lengoassut ((pii a trop 
de langue), l)avard, indiscret. On dit aussi 
Lciigiit. — \'()y. Lrngassè. 

LENGAT'Y'E ; même signification que 
Lcngadgc . 

LENGOA, languéyer; voy. Lcngurju. 

LENGOADGE : vy. Lengadge. 

LENGOASSADE,"coup de langue: 
Btt soubent coelheri dus mile lengnassades. 
N. PAST. Bien souvent je recueillerais (je 
recevrais) deux mille coups de langue. 



18 



LEN 



LENGOASSÈ, LENGOASSEYA ; 

vi)}'. Lenyassè, Lengasseya. 

IjENGOASSUT ; même signification 
(jne Leiifjassut. 

Lengoe ; même signification que Len- 
iiiie . 

LENGOU, LENGOUROUS; voj. 
Lamjoa, Lamjourous. 

LENGOUROUSAMENT ; voy. Lan- 
(jiiurasament. 

L.ENGUE, iençue; LOENGUE(Ba- 
fetous), langue. LeiKjuete, lenguhie, len- 
<jote, dim. Leiigasse, lengoasse, aug. Que la 
lengiie stesse... carude. bar. Que la langue 
.se tînt coite. — Lengue d'aucat. pr. b. 
Langue d'oison. Personne qui est impor- 
tune par son bruyant bavardage. — Lengue 
de perrec (langue de loquej, l'individu 
qu'on appelle « une mauvaise langue », 
(pli déchu-e le prochain. — La lengue n'a 
jias os, Mes qu'en hè coupa de gros. pr.h. 
l^a langue n'a pas d'os, mais elle en fait 
couper de gros. En fr.: « La langue n'a 
grain ny d'os, et rompt l'échiue et le dos.» 
Uecueil de grdther.» — Lengue de qua- 
tourze. PR. E. Langue de quatorze: « ca- 
quet-bon-bec. » Cette langue est deux fois 
plus vaillante que celle d'un de ces avo- 
cats qui étaient jadis appelés << Orateurs 
de sept heures. » Dans l'argot du peuple : 
<< Mille-langues », personne bavarde, in- 
discrète. A. DELVAU, Langue verte. — 
Lengue-trabatÇentv&vé quant à la langue), 
bi'gue, celui qui balbutie ou ne peut parler 
sous le coup d'une émotion, d'un trouble. 
— Lengue memhrant. F.B., lengue mem- 
hrade, arch., de vive voix. — Lengue,\a.a- 
gue, idiome . Lenguefrancese, langue fran- 
çaise. Lengue bearnese, l'idiome béarnais; 
la langue de Despourrins, le poëte d'Ac- 
cous : Ta lengue, noiiste muy, badude a la 
viountanhe, ii'agrade, qu'ha l'eslou d'ue 
herde campanhe, Qu'ayme las flous, lousou, 
Ivu cèu blu plaa stellat, Y lou Gabe oun 
cent cops soun frount s'ey miralhat. nav. 
Ta langue, notre mère, née à la monta- 
gne, nous agrée ; elle a la fleur (la fraî- 
cheur) d'une verte campagne : elle aime 
l(,'s fleurs, le soleil, le ciel bleu bien étoile, 
et le Gave où cent fois son front s'est 
miré. Lengoa bernesa. sal. Langue béar- 
naise. — Auguns romius e autres g ente de 
(-utranges lenguoes. ARCH. Quelques pèle- 
rins et autres gens de langues (nations) 
étrangères. 

LENGUE-BIRA-S (de bira, tourner) ; 
se dit lorsque la langue fourche: Nou s'ey 
lengue-bïrat. La langue ne lui a pas four- 
ché. 

LENGUE-DE-BAQUE (langue de 



LEN 

vache), plante, scolopendre. — En fr. « lan- 
gue de bœuf, langue de cerf », comme en 
esp.« lenguade ciervo. » — « Langue de 
vache», lascabieusedes champs, la grande 
consoude en quelques parties de la France. >■ 

BESCHERIîLLE, Dict . 

LENGUEJA, Lengueya, langueyei". 
examiner la langue du porc pour voir s'il 
est atteint de ladrerie. 

LENGUE JAD OU, Lengueyadou, lan- 
gueyeur. On dit aussi Languejayre. 

LENGUE-PASSA ( langue-passer), 
médire. — Esp. « poner la lengua en al- 
guno » (mettre la langue sur quelqu'un\ 
donner des coups de langue, parler mal 
de quelqu'un. 

LENGUE-TRABAT ; voy. Lengue. 

Lenguoa, Lenguoe; même signif. que 
Lengue. 

Lenguoabosse, coup de langue, mé- 
disance, mauvais propos. Avec le verbe 
far, faire ; far lenguoabosse de, médire de, 
tenir de mauvais propos contre quelqu'un: 
N'i abe que fasen. ..lenguoabosse de taurey . 
H. s. Il y en avait (il y avait des gens, à 
l'avènement de Saùl)qui tenaient de mau- 
vais propos contre un tel roi. Lenguoa- 
bosse a bien ici le sens que nous lui don- 
nons ; ce qui le prouve, c'est la suite du 
texte : Saulfes cuma sort, Saiïl fit le sourd; 
dans la Bible, « dissimulabat se audire. » 
— Cf. dans raYNODard, Lex. iv, p . 46 : 
« Quascus s'en gaba e s'en ri, Gietalenga 
e fai bossi.» aimar de rocaficha. Ce que 
Raynouard a traduit ainsi: « Chacun s'en 
raille et s'en rit, tire la langue et fait la 
moue. » 

LiENGUT ; voy. Lengassut. 

LiENHAYREJ^ Legnayre, bûcheron; 
voy. le suivant. 

LiENHE, Legne, Leinhe, Leine, bûche, 
bois de chaufl^age : Ha lenhes, faire des 
bûches; couper dans la forêt du bois pour 
le chaufi'age. Lenhe de bigue (voy . Bigue), 
rondin. A quoant la lenhe? A combien (à 
quel prix est) le bois de chaufi'age? Lenha 
qui liomi nïfemna tregua a coch . F . b . Bois 
qu'homme ou femme emporte sur le cou. 
Lo bros carcat de leinhe. R. Le char chargé 
de bois. Unum broz de leine ; Xll^ siècle, 
es. Un char (une charretée) de bois. — 
Dans D -c. « une busche, que l'on nomme 
communément à Abbeville une laigne » ; 
au mot « Laignerium.» — Ana-s cerca la 
lenhe a Eysus,y noupassecauha.D.B.'S'en 
M lier chercher le bois à Eysus, et ne point 
se chauff'er. Prendre de la peine et n'en 
tirer aucun profit, — Esp. « leûa.» — Lat. 
<' lignum. )) 

LENHÈ, Legnè ; quatre chairetéesde 
bois de chaufi'age : sept stères environ. 



LEE 

LENHÈRE, Lefjnère, fém., bûcher, 
lieu uii l'on serre le bois à brûler. 

liENHOUS, Legnous, boisé, où il y a 
du bois dont on fait des lenhes. 

LÈNI, LENDI, lente : La Uni au cap 
deu nenè.'S.'Lkti. La lente à la tête de l'en- 
fançon. — Pruuhe count la Uni. PR. B. Pau- 
vre comme la lente. — «Dans l'argot mé- 
prisant des bourgeois, l'homme pauvre est 
traité de pouilleux. » A. delvau, Langue 
rerte. — rayn. « lende.» 

LENIO'QS, qui a des lentes. 

LENQUE ; voy. Lengue. 

LiÉP, lièvre mâle : BaUnt cassayre. . . 
Qu'anés gaha lou Up atijas. nav. Vaillant 
chasseur. .. tu allas prendre le lièvre au 
gîte. — , fém.: Haperassi Uhrautz? Bau- 
retz-hous bist la Up? N. PAST. Y a-t-il par 
ici des levrauts ?Auriez-vous vu le lièvre? 
Lèp doit être toujours du masc. 

LEQUEJA; voy. Lequeya. 

L.EQUE- PERES (lèche-poires); se 
dit de la gelée d'avril, funeste à la florai- 
son des poiriers (des arbres à fruit). 

L.EQUE-PLAT (lèche-plat), gour- 
mand, parasite. Luque-idat (Bay.) — It. 
<( leccatore.» — Dans Villon, « leschier», 
rechercher les bons morceaux, se livrer à 
la gourmandise : « Si ne crains avoir des- 
pendu. Par friander et par leschier. » 
Grand Test., xxiv. 

LEQUE-POURET (lèche-poulet), re- 
liefs de poulet, nav. 

LEQUE-T-L'OELH, lèche-toi-rœil, 
j)usse-t en ; employé comme substantif, 
décevance : Lou doit bee m'hauré trop e 
trop aclapat, Si du tau leque-t-l'oelh nou 
ubhabès counsoulat. lam. Le chagrin m'au- 
rait trop accablé, si d'une telle décevance 
tu no m'avais consolé. 

LEQUEYA, Lequeja (fréq. de leca), 
léehouner, lécher à diverses reprises. 

LERABOYS, cris. Voy. Lève. — , mu- 
sique discoi-dante : Toutz amasse.... en 
cantant, liasèn grans Urahoys. v. Egl. Tous 
ensemble (confondus péle-mélc) faisaient 
en chantant une musique fort discordante. 
— Dans le Bulletin de la Société des se, 
let. et arts de Pau (1880), on a prétendu 
que leraboys tient lieu de layrabuys, qui 
n'a jamais existé. — Voy. Baylère. 

LÈRE, mot de refrains de chansons : 
Lt:re, lan Ure, lan la! — , avec le verbe 
ha, faire; ha lères, chanter de gais refrains, 
lie joyeuses chansons. — Cf. kaynouard, 
'< leri », jovial, alerte. — Embiafère lan 
ît've, envoyer (quchpi'un) chanter ; s'en dé- 
barrasser, « l'envoyer promener.» — Lan 
la, avec lare, cris par lesquels on imite le 
son du cor de chasse : Eds sounen dab lou 



LES 



19 



corn : lan la, lare, lan ?«.' N. PAST. Ils son- 
nent du cor: « lan la, lare, lan la! » 

LÈRI, niais, imbécile ; s'ajoute aux 
noms Jan, Yan, Jean; Peyrot, Pierrot : 
Jan-lèri, Peyrot-Uri. — Dans F. Egl., le 
mot peyrot-lèri est employé comme nom 
commun : 2'ant de peyrotslèris, tant de 
nigauds. — Voy. Liri, 2. 

LERMADÈ, liERME ; voy. Lar- 
laade. Larme, 1. 

L.ES, voy. Le. 

LES, Lez (on prononce aussi Lès\ 
masc, laize : Linsoii de très les. Drap de 
lit de trois laizes. — Coumplit coum u 
coutïlhou de sept les. prov. Parfait comme 
une jupe de sept laizes. Voy. Coumplit. — 
Goayte-m u Us dou tou linsoii: SEi. Garde- 
moi une laize de ton drap de lit (garde- 
moi dans ton lit une place à côté de toi). 

LES. lisse, uni : Camiiles. PS. Chemin 
uni. Dans ¥.Egl., fém., lessc. — Yoy. Lis, 2. 

LES, lésé, à qui l'on a fait tort : Las 
partides Uses reparar. s. B. Indemniser les 
parties lésées. 

LESA, léser; \ oj. Ledir. 

LESCUÉS, de la commune de Les- 
cun; dans NAV., i>fsci<e'se, fille de Lescun. 

LESE, Lasé (Orthez); Léser, loisir, 
aise, commodité. Da-s lésés, se donner 
des loisirs, prendre ses aises. ^46 lou Usé 
deu meste. Avec la permission, selon le 
bon plaisir du maître. Dans r. o. lezer. — 
Lou bounDiu nou pague pas tout ser; Mes 



que pague a soun 



PROV. Le bon Dieu 



ne paye pas tout soir ; mais il paye à sou 
loisir."^ — « Encore bien que Dieu soit lent 
à punir, si est-ce qu'il n'est pas oublieux.» 
oiilENART, Prov. basq. — « Dieu punit 
tout quand il lui plaist. » E. estiKiNNIî, 
Précell. du l. fr. 

LESENE (Vic-Bilh) ; même significa- 
tion que Lesi. 

LESERAT, qui est de loisir, désœu- 
vré. — Leserade (Oloron); se dit d'une 
jeune personne hardie, efl'rontée. 

LESI. Lesie, Lisl, alêne, poinçon de 
fer (les cordonniers : Lou tirepèesou youlh, 
la lesie e loti caUinhou enter lous diytz. M. 
d'ortii. Le tire-pied sur le genou, l'alêne 
et le ligneul entre les doigts. 

Lesue, droit d'entrée : Lesna o iniradr. 
F. II. iVh//(S hom no deu dur Icsne de iie- 
gun blat qui porte en son coig F. B. Nul 
homme ne doit donner (payer) droit d'en- 
trée pour quelque (rnesure de) blé qu'il 
porte sur son cou. Lezna. F. o. — Dans 
u.-c. « lezna ; jus quoddam... de quibus- 
dam qua? extra villam in foro pacis toni- 
pore viMuiebantur.» 

LESQUE , lin, Huet, mince, dclicat: 



20 



LET 



Lesqiie ialhe. N. lab. Taille fine (de la 
demoiselle), le corselet delà libellule. — 
Cf. RAYN. «lesca », lèche, miuce tranche. 

LESSIU ; voY. Lechiu. 

LESSOU, LËTSOUN (Bay.), leçon. 

LiÈSTE , leste , agile : Leste coum u 
lehraut. pey. Leste comme un levraut. 
Gouyates d'Olourou Qu'han lou pèe leste y 
l'oelh frïpou . D. B. Jeunes filles d'Oloron 
ont le pied leste et l'œil fripon. 

LESTETAT, légèreté, agilité : De 
foutz lous sarriSj Nou n'y-ha nat Qui liaye 
sa lestetat. F. lab. De tous les isards, il n'y 
en a aucun qui ait son agilité. 

LET, aphérèse dChcdet, haleine : Pre7îe 
let.sKY. Prendre haleine. 

LET (Mont.); même signif. que Lèyt. 

LÈTE, fém., « vallon plus ou moins 
spacieux dans les dunes (dép. des Landes), 
couvert de plantes peu nombreuses, mais 
très-succulentes.» ii^fw. d'Aquit., iv, p. 495. 

LETIGUE (Mont.), fém., côté de l'é- 
table où sont attachées les vaches ; le sol 
est un peu surélevé et bordé d'une rigole 
où tombe la bouse ; le bétail y est ainsi 
fort proprement tenu. 

LETII; voy. Laiii. 

LETIS (Mont.), de Let, 2, crème de 
lait. 

LETOU, LÈYTOU ; même signifi- 
cation que Latoii . 

LETRAT, lettré, qui a du savoir; 
voy. AUetrat. 

LETRE : Esta-n a las letres. En être 
aux lettres de l'alphabet, apprendre à lire. 
— Qu'en sah de letre (il en sait de lettre) 
il est instruit. — Hahé heroye letre. (Avoir 
jolie lettre), avoir une jolie écriture. — 
Letres de moulle (lettres de moule), carac- 
tères d'imprimerie. — Ue letre, une lettre, 
une épître, une missive. Ane. letres, comme 
en lat. « litteras » : Porta Ur'ies las le- 
tras de la soe mort. H. s. Urie porta la 
lettre de sa mort (la lettre écrite par 
David pour que Joab fit tuer Urie) . — Le- 
tre dejusticie, mandat de justice: Nou ar- 
restaran lous marchands deu pays sens le- 
tre de justicie. P. r. (Les fei'miers de la 
douane) n'arrêteront pas les marchands 
du pays sans mandat de justice. — Letres 
reaus. COUT. s. Lettres-royaux. — Letres 
de licence ou doctorat. P. R Diplôme de 
licence ou de doctorat. — Enigme dont 
la letre,\3. lettre, épître, est le mot: Blan- 
que coum la nèu, Nègre coum la souye. 
Que parle sens lengue, Qu'enten, arrid e 
ploure, Sens aurelhes ni boiique ni oelhs? 
Blanche comme la neige, noire comme la 
suie, elle parle sans langue, elle entend, 
rit et pleure, sans oreilles, ni bouche, ni 
yeux? 



LEX 

LETREYA, apprendre à connaître 
les lettres, être à l'a l c, épeler. 

LETRINES, latrines : Que las letri- 
nes ne pudien. art. Que les latrines ne 
puent point. 

LETSOtJN ; voy. Lessou. 

LÈU, adv., vite : Passe lèu, passe vite. 
Siatz diligentz a ha lèu Jlicaa las maas... 
PS. Soyez diligents à faire vite claquer les 
mains . . . 

Leudari, tarif des droits de passage 
pour les marchandises, les droits de place 
dans les marchés , dans les halles : Sie 
feyte taule e leudari per que ung cascun 
sapie de que se deu pagar per 'peadge. arch. 
Qu'il soit fait un tableau et tarif des droits 
de passage pour que chacun sache de quoi 
se doit payer péage. — d.-c. « leuda- 
ri um. » 

LEUDE, fera., droit de passage pour 
les marchandises ; droit de place dans les 
marchés, dans les halles : Peadges e ten- 
des se paguin. . . arch. Que péages, droits 
de place, se payent (soient payés)... 

LEUDÈ, fermier des leudes; voy. le 
précédent. 

LÈUGE, Lèuye, liège. 

LEUGÈ, LAUGÈ, Leuyè, Lauyè, lé- 
ger. Leugeret, leugerin, leugerot, leugerou, 
dim. On dit aussi leuyeret, etc. , ou lauge- 
ret, lauyeret, ttc. — De loungues canabè- 
res... dab lurs hoelhes leugères. nav. De 
longs roseaux avec leurs feuilles légères. 
Leugères coum louiioup. sei. (Les jeunes 
filles) légères comme la balle (capsule de 
grain). Puje dret au cèu ta las brumes leu- 
gères. N. past. (La fumée) monte droit au 
ciel vers les vapeurs légères. — , agile : 
Habetz-bous bis lous tilholès, Quin soun 
brabes, harditz, leuyès? ch.bay. Avez-vous 
vu les «tilloliers», comme ils sont braves, 
hardis, agûesl Uesquiro... pimpant e lau- 
yerou.N. Lab. L'écureuil pimpant et léger. 
— , peu important, peu grave : Delïtz leu- 
gers. p. r. Simples délits. — , facile: To- 
tes causes son leugères a Diu. h. s. Toutes 
choses sont faciles à Dieu. 

LEUGÈREMENT, Laugèrement, lé- 
gèrement. On dit aussi Leuyèrement. 

LÈUGES; voy. Ledesse, 2. 

LÈUGUE (Mont.), lieue ; voy. Lègue. 

LE USE S, cendres volantes ; voy, 
Laauxe . 

LEUYÈREMENT ; voy. Leugère- 
ment. 

LEXA, Lécha, Leixar, Lixar, lais- 
ser, abandonner, s'éloigner: Lexasse lo 
casteg, bar. Qu'il abandonnât le château. 
Lixar son chibal. IB. Laisser son cheval. 
— Lexe e lègue uus praubes de la glisie 



LEY 

<Ir Pau la some de quoate escutz. art. Il 
laisse et lègue aax pauvres de l'église de 
Pau la somme de quatre écus. — Lexa 
prr sons testameiiters. IB. 11 laissa pour ses 
exécuteurs testamentaires. — Lexatz-me 
lia. NAV. Laissez-moifaire. Lèxe-Twc^roîinii. 
NOËL. Laisse-moi dormir. Lexaben se ben- 

/■ 9. s. Ils se laissaient vaincre. — Se 

ar de {se laisser de), renoncer à: Se 
■ ■ .al David de comeitsar aqueru obra. IB. 
David renonça à commencer cette œuvre 
(la construction du Temple). — Totz nego- 
r/'s laixatz. F. B. Toutes affaires laissées 
(toute affaire cessante). — Sirenno laxi. 
IB. Si je ne laisse (si je n'omets) rien, — 
Li.ra esta; vo)-. Esta. — Voy. Laxa. 

LÈXE, Lèche, fém., legs : Fe sas lexes 
iii.r.ï cuno se sec : lexa a Nostre Done de Sar- 
III ace tresjloriis; etc. ART. Il fit ses legs 
;iiasi qu'il suit: il légua à Notre-Dame 
il.' Sarrance trois florins ; etc. Lexefeyte. 
I . H. Legs fait. 

LÈXE-M-ESTA, Lèche-m-esta, em- 
ployé substantivement, un paresseux. — 
\'oy. Esta. 

LÈXE S, Lèches.! fém. plur., travail 
'liTon a laissé, travail inachevé. 

LEXIBA, LEXIU ; voy. Lechlba, 
Lechiu. 

LEY, loi : Que boulem lou trihalh, la 
piiiz, la llbertat; Que non lechefzpas ha peu 
fiiperaa, peu noble, Las leys ta si medlxs, 
(Duntre loup>raube poble. HAV. Nous vou-" 
Ions le travail, la paix, la liberté ; que 
vous ne laissiez pas faire par le prêtre, 
y.iv le noble, les lois pour eux-mêmes, 
contre le pauvre peuple. Lei/ romane, f.b. 
Loi romaine (le droit romain). — , amende: 
Dar ley au senhor. IB. Donner (payer) 
amende au seigneur. — , serment : Far ley 
(iii /ey.5, prêter serment; 23/-e7ier ley 0x1 leys, 
prendre (recevoir) serment: Si augune 
pç.rsone deu far leys oprener en torn del'au- 
t(ir... IB. Si quelque personne doit prê- 
ter ou recevoir serment auprès de l'autel... 
— , blessure (voy. Plague leyau), plaie 
majeure: No encorren aucune emmende de 
ley ne dej)aroent. coût. s. (Des enfants 
qui se blessent l'un l'autre en jouant) n'en- 
courent aucune amende pour plaie ma- 
jeure ou pour contusion. Dou visitar las 
plagues per si medix. . . si son leis ou pa- 
roens. ib. (L'officier de justice) doit exa- 
miner les blessures lui-même (pour s'as- 
surer) si elles sont plaies majeures ou con- 
tusions. — , aloi: Las moiiedes de. . . Na- 
varre e Bearn seran fabricades au medich 
protalhe (talli) e ley ou p)lus avantadjous 
que aqueres deu royaume de France, p. R. 
Les monnaies de Navarre et Béarn seront 
Tome II 



LEY 



21 



fabriquées à la même taille et (au même) 
aloi, ou plus avantageux que celles du 
royaume de France. — , espèce, qualité: 
Fruut de boune ley, fruit de bonne espèce. 
Gentz d'aquere ley, gens de cette qualité. 
LEYAU, Lejau, Leial, loyal: Lo ves- 
compte deu jurar que-us sera bon senhor 
e leyau. F. b. Le vicomte doit jurer (aux 
gens d'Ossau) qu'il leur sera bon seigneur 
et loyal. — Mon coo net e leyau. PS. Mon 
cœur pur et sincère. — Leyaus juradors . 
F. B. Hommes probes appelés à jurer. 
[Leyaus mal traduit là par «légaux», dans 
l'édit. Mazure et Hatoulet). — Enfanizde 
leyau matrimoni. COUT. s. Enfants de lé- 
gitime mariage. Filh leyau. art. Fils lé- 
gitime. — Plaf/ue leyau; voy. Plague. 

LE Y AUMENTZ, Lejaumentz. Leial- 
mentz, loyalement; avec sincérité, avec 
probité : Juratz... qui fideumentz e leyau- 
mentz jmsquen las causes e contentions Jud- 
yar. F. B. Des jurats qui puissent fidèle- 
ment et loyalement juger les causes et 
contestations. (Mal traduit par « légale- 
ment », dans l'édit. Mazure et Hatoulet). 
LEYEDOU (Bay.), lecteur. Voy. Lec- 
toii, Legidou. 

LEYER, Léger dans ARCH. 0., témoin 
(littéralement « juratcur », qui atteste par 
serment). C'était, dans les lois des Francs, 
le « conjurateur » ou « co-jurant. y) Jura- 
dor, dans F. B . , est employé comme syno- 
nyme de leyer. 11 attestait en justice, sous 
serment^ la vérité de l'allégation d'une 
des parties. Je jure, disait-il : Per aquetz 
Santz, ver ditz, sa-m cuti, F. B., par ces 
Saints, (la partie dont je suis le témoin) 
dit vrai, ce me semble (littéralement : ce 
je me pense). — Les leyers étaient aussi 
appelés seguidors, seguidous, des suivants, 
des « aideurs », disent ailleurs certaines 
coutumes anciennes. — Leyer a été mal 
traduit par « témoin légal » et « témoin 
solvable » dans f. b., édit. Mazure et Ha- 
toulet. On ne saurait, dans ce cas, expli- 
quer le mot « légal » traduisant leyer (de 
ley, loi). Quant à « solvable ».on a dit, ce 
qui est vrai, que nul n'était admis à être 
leyer ou seguidor, s'il n'avait pas de quoi 
répondre de l'amende due au seigneur, 
la ley; voy. ce mot. Mais ley ne signifiait 
pas seulement amende; ou l'employait 
aussi pour signifier serment. C'est à ley, 
serment, qu'il faut rattacher leyer. Ce 
terme correspond ainsi parfaitement à 
ceux de « conjurateur » ou « co-jurant », 
usités dans d'autres lois. — Far ley ab 
leyers. F. B. Prêter serment avec des 00- 
jurants. — Cf. F. b., édit. Mazure et Ha- 
toulet, p. 47, 150-54. 



22 



LEY 



LHE 



LEYETIS (Aspe), graisse de rebut 
pour le graissage des chaussures, des 
courroies . 

LÉ YT, fém. , lait : Lou nené de la rèi/ne 
Jane Ilachucatlèyt de la paysane. N. lab. 
L'enfauçon de la reine Jeanne suça du 
lait de paysanne. Aiau h'ihèn de lèyt e de 
broyé de milh noustes pays-hous. BOR. Ainsi 
vivaient de lait et de pâte de farine de 
millet nos grands-pères (nos aïeu.\). Voy. 
Broge. Entrets en la terra mahente de leyt 
e de meu. H. s. Entrez dans la terre mou- 
vante de (où coulent) lait et miel. — 
Qu'han lèyt a la caudère. Ils ont du lait à 
la chaudière. Se dit provei'bialement 
(Mont.) des gens à qui le bien-être ne 
manque point. — Coum la lèyt à la cau- 
tère. Comme le lait à la chaudière. Chose 
qui va, monte, personne qui s'emporte 
« comme une soupe au lait. » — Lou hiï 
e la lèyt, Coum Dlu l'a lièyt. PE. H. Le vin 
et le lait, comme Dieu l'a fait (les a faits). 
Lait et vin ne sont bons que lorsqu'ils 
sont naturels. — Bièrge de très lèytz. p. 
Vierge de trois laits (fille-mère de plus 
d'un enfant). 

LÈYTA, donner du lait : Baque qui 
lèyte. Vache qui donne du lait (beaucoup 
de lait). 

LÈYTANCE, lait de chaux, l'eau où 
l'on a délayé de la chaux. 

LiÈYTASSÈ, qui aime le lait, qui se 
nourrit de lait; laitier, qui vend du lait. 

— Sobriquet des habitants de Bordes : 
Ley tassés de Bordes, d . b . La malice des 
gens de Pau où ils débitent leur marchan- 
dise, prétend « qu'un beau jour est plus 
pur que le fond de leur lait. » 

LÈYTÉ, qui donne du lait : Dues cra- 
bes lèytères. ARCH. Deux chèvres donnant 
du lait. — , même signif. que le précé- 
dent. — Cèu anherè, Cèu lèytè (Mont.) 
PROV. Ciel qui a des agneaux, ciel qui 
donne du lait (ciel moutonné, ciel plu- 
vieux). 

LÈYTEGET (Igon), réveil-matin, 
plante : euphorbia helioscopia. — Dans le 
Rouergue, c'est « lochuscle»; elle rend du 
suc blanc comme du lait, quand on la 
coupe. vAYSs. Dlct. 

LÈYTOU, petit-lait. 

LÈYTOU, même signification que Le- 
tou. 

LÈYTOUS, laiteux. 

LÉYTUGUE, laitue : Las cebes... lous 
pourretz... las lèytugues. N. past. Les oi- 
gnons, les poireaux, les laitues. 

L.ÉYTUGUETE, dim. de Lèytugue. 

— au plur., fleurs du tilleul. 
LÈYTZ, fém. plur., laitance de pois- 
son. 



LËZ; voy. Les, 4. 

LEZER, même signification que Lésé. 

LEZNA; voy. Lesne. 
LHEBA , Lhebar, Lebar , lever, 
Lheba-s, se lever: Lheba-s de dormir. H. 
s. (Il se leva de dormir); ne pouvant dor- 
mir, il se leva. — Lheba, enlever: Lhe- 
ba-ii los xxxta dîners. IB. Il en enleva (il 
enleva du Temple) les trente deniers. — , 
ôter : Lebes la maubestat deus pecatz. ib. 
Tu êtes l'iniquité des péchés. — , récolter : 
Lhebar los frutz. P. R. Récolter les fruits. 
Afrut Ihebat. IB. A fruit récolté (la ré- 
colte faite). — , percevoir: Lhebar salari. 
F. H. Percevoir salaire. — Lebe aquesf 
poble au loc quejo tedixu. H. s. Conduis 
ce peuple au lieu que je t'ai dit. — Leba 
totz los Judius per captius. iB. Il emmena 
tous les Juifs captifs. — Fassam sortz... 
Nostre Senhor Ihebara rey que vos mane. 
IB. Tirons au sort; Notre Seigneur fera 
sortir le roi qui vous commande (le roi qui 
doit vous commander). — Lhevar une ca- 
pera de muralhe. art. Construire une cha- 
pelle. — Eg se levere tôt so de Bear n. bar. 
11 se lèverait tout son (bien) de Béarn (il 
réaliserait tout ce qu'il possède en Béarn). 
— Lheba ue noubèle. Inventer une nou- 
velle. Dens toun cap la t'has Ihebade. F. 
Past. Dans ta tête tu l'as levée (tu as 
inventé cette chose). Lheba ue cause a... 
Imputer à quelqu'un une chose fausse. 

LHEBADE, levée, action de se lever. 
— , lever du soleil : Aus grans arrays de 
ta Ihebade, Toutes las boutz que-t dan l'au- 
bade. N. LAB. Aux grands rayons de ton 
lever, toutes les voix te donnent l'aubade. 
— , se dit de ce qui pousse, croît, s'élève : 
Arbe de gran Ihebade. Arbre de grande, 
de belle venue. — Lous Ossalees soun de 
gran Ihebade. CH. P. Les Ossalois sont de 
grande taille. (Mal traduit dans F. r.) — 
Dans le Dlct., à la suite des œuvres de 
Goudelin, « bosc lebat », bois de haute 
futaie. — Lhebade, enlèvement, saisie de 
bétail : Si Ihebade ou preses (de bestiars) 
sefasen... (dans un document publié par 
la Revue des Bass.-Pyr., avril-juin 1884, 
p. 138). Si enlèvement ou prise de bétail 
se faisait. Lo bestiar . . . pier aquere Ihebade 
sepergo. F. B. Le bétail s'est perdu par 
cet enlèvement (par suite de cette saisie). 

LHEBADÉ,Lhebader,qui doit être 
ou peut être levé. — , recouvrable, exigi- 
ble : Marc.v d'argent Ihevaders. M. B. Des 
marcs d'argent à recouvrer, exigibles. 

LHEBADIS; voy. Pount. 

LHEBADOU, Lhebador; même si- 
gnif. que Lhebadé. — En pêne de xxv 
marcx d'argent... Ihevadors sensnulhe mer- 



LHE 

cer. M. B. Sous peine de vingt-cinq marcs 
d'argent recouvrables sans (qu'il y ait à 
attendre) aucune grâce. — , subst. , per- 
cepteur -.Los Ihevadors deus impostz.\^cn. 
Les percepteurs des impôts. — , qui saisit, 
enlève du bétail : Extreniar lo hestlar aus 
Ihehadorse menadors. (Dans un document 
publié par la Rev. des Bass.-Pi/r., avril- 
juin 1884, p. 1.38). Reprendre le bétail à 
ceux qui l'ont enlevé et l'emmènent. 

LHEBADURE, fém., levain : Paa 
sens lliehadure. h. s. Pain sans levain. 

LHEBAMI (Bay.); même signif. que 
le précédent. 

Lhebet, niveau : A Ihehet de la caus- 
sade. ARcn. A niveau de la chaussée. — 
RATN. « livell. n 

LHET (Mont); même signification que 
Lkei/t, 1 . 

LHETE, Lhiete; LHETRE, liseron 
des champs; convolvulus arvensis. — « Cette 
plante, nuisible aux moissons, aux jeunes 
arbres et aux plantes potagères, croît 
dans les champs et dans les jardins... . 
Lorsque, sur une pièce de toile do lin, on 
voit des raies d'une couleur brune, c'est 
parce qu'il y avait parmi les tiges du lin 
des tiges de liseron, dont l'écorce fila- 
menteuse a produit les fils qui déparent 
l'ouvrage et qui ne blanchiront jamais. 
Aussi nos bonnes ménagères sont très- 
attentives à éplucher leur lin et à en sé- 
parer avec soin toutes les tiges du lise- 
ron )) .J. BERGERET. 

Lhèu, léger, qui ne pèse guère. — Greus 
Iheus. ARCH. (Dettes) lourdes ou légères 
(grandes ou petites), 

LHÈU, peut-être. Voy, Belheu, Bilhèu, 
Delhèu, DÙhèu, — prov. : Ta toute cause 
digues lhèu; En loc aquet moût n'esta lèd. 
En toute chose dis peut-être ; nulle part 
ce mot n'est laid (ne peut offusquer). — 
C'est le moyen de ne pas se compromet- 
tre ; il y a cependant des vérités qu'il 
estdu devoir de tout honnête homme d'af- 
firmer. 

LHEYE (Mont.), ccrémer^lelait.'Voy. 
Escrffila. 

LHEYE DÉ (Mont.) ; culhé Iheyedé, 
cuiller de bois dont on se sert pour écré- 
mer le lait. 

LHEYT, Leit, lit. Lheytet, Ihei/t'm, 
Iheytot, Ihrijtdu, dim. Lhctjtus, aug. Dcns 
moun Ihci/t, lou Jlaunhar. dromni/hou. . . 
PUY.Dans mon lit le doux sommeil (s'était 
, emparé de moi). Jazetn en un Iheyt.n. s. 
Nous'couchions dans un (m("'mc) lit. — 
Leit de hifirmitad. L. 0. Lit d'infirmité (lit 
de douleur). — , effets de lit : Prumeto ac- 
couirarde dors, Iheyt e taule Joane. arcii. 



LIB 



23 



Il promit de munir Jeanne de vêlements, 
d effets de lit et de linge de table. — , bois 
de lit : Jozepli abe affar un Iheyt ah de un 
hon homi. H. S. Joseph avait à faire un 
bois de lit pour un noble homme. 

Lheyt, participe passé des verbes ie^e, 
Leg't, lire ; Léger, Lerj'ir, choisir, 

L.HEYTE, Lhierjte, fém., choix : A 
lheyte...que combatera a cabaig eah armas, 
e a pee o ah lance o ah dart o ab eoteg. F. B. 
( Pour le combat judiciaire, l'offensé) a le 
choix de combattre achevai et avec armes, 
ou à pied avec lance et avec dard ou avec 
couteau. Livrar lalhieyte deu gremi. coVT. 
s. (Livrer le choix du troupeau), donner à 
choisir dans le troupeau. 

LHEYTERADE, fém., le contenu 
d'une Iheytère servant d'enveloppe : Ue 
Iheyterade de hee. Une charge de foin dans 
une Iheytère ; voy. ce mot, 2. 

LHEYTERAT, masc; mêmesignific. 
que le jirécédent. 

LHEYTÈRE, litière, fourrage, paille, 
où couchent les animaux. 

LHEYTÈRE, couverture, le plus sou- 
vent de très-grosse toile, pour les bes- 
tiaux : Dues Iheytères de gal'iffre. arch. 
Deux couvertures de grosse étoupe. Voy. 
Galifre. — Port. « liteiro », grosse toile. 

LHIEYTE; voy. Lheyte. 

Lil, lui, à lui, à elle :Meto li desohrenom 
Cezar. ii. s, Il lui mit de ( il lui donna le) 
surnom de César. Supplique a Madame 
que li placie... S. B. (Une pauvre femme) 
supi)lie Madame qu'il lui plaise... 

LIADERE; voy. Ligadere. 

LIAM, lien : A^ostes arreas estretasDe 
liams de tupreparatz. PS. Nos reins étroits 
(étreints) de liens par toi préparés. 

LjIAN(Orthez), ouvert, libre ; où il n'y 
a point de gêne, d'obstacle. — Voy. Lan. 

Liance, alliance, association: Percaw.se 
dequestes liances, arch. A cause de ces 
alliances. — Esp. « liauza. » 

Liar (robe de cheval), de poil mêlé : 
Dus roriis, l'un liar e l'aute saur. R. Deux 
chevaux, l'un de poil mêlé et l'autre saure. 
— RAYN. « liar », pommelé, gris, gris- 
pommelé. 

LIARÈ, terrain semé de lin. — D.-c. 
« linoi'ca; agcr lino consitus. » 

LIBE, Libre, Libri, livre. Liheret, 
liherin, liherot, Dhrol. dim. Lmis Uhes... 
couniiencnt soun histori. V. Egl. Les livres 
contenant son histoire. Lihos de cstudians. 
F. u. Livres d'étudiant<. Gardan Inus li- 
bres, n. s. Ils regarderont (ils consultè- 
rent) leurs livres. — , registre: Libre cni- 
suau. COUT. s. Registre ccnsicr. Scribcr (n 
lo libede la cort. F. n. Ecrire sur le régis- 



24 



LIB 



Lie 



tre de la cour. — L'ihe de rasons, livre de 
raison ; «journal, compte de famille, où se 
mêlaient aux détails des dépenses domes- 
tiques des notes sur la vie intime et sur 
les événements extérieurs. » L. couture ; 
Rev. de Gascogne, xxii, p. 433. Si lo ma- 
lau dits davant testimonis que lo contengut 
en son libe de rasons... es véritable. .. F. H. 
Si le malade dit devant témoins que le 
contenu de son livre de raison est véiita- 
ble. .. — Libe de seix soos, livre de six 
sous;petitlivre d'école, l'alphabet. —Libe- 
mîssau ; voy. Missau. — Libri de conjura- 
tion, s. B. Livre de conjuration ; formulaire 
d'exorcisme. 

LiIBE ; voy. Liie. 

LIBERALEMENT, libéralement.—, 
librement: Contracte feyt per met e forssa 
es convulidat si lo forssat per despuxs libé- 
ralement y consent. F, H. Contrat souscrit 
par crainte et violence est valide si le 
(contractant) violenté y consent ensuite 
librement. 

LIBERAIT, libéral. — , libre: Aye 
franc, lïberau e planer poder. arch. Qu'il 
ait franc, libre et plein pouvoir. — , subst., 
homme libre : Demanda es de l'estat de 
2)ersonas... qiiestaus o liberaus. F. H. La 
demande est de (est relative k) l'état des 
personnes... serfs ou hommes libres. 

LIBERAYRE, libraire : Isaac Des- 
haratz, liberaire deus Estais. Isaac Des- 
barats, (imprimeur) libraire des Etats de 
Béarn. — Voyez Ordonnances de Henri ii ; 
Pau, 1716. 

LIBÈRE; Tan de Libère, Jean de Li- 
bère (Jean de Nivelle); c'est le « Cadet 
Rousselle » de la chanson fr.« Cadet Rous- 
selle a trois garçons, L'un est voleur, l'au- 
tre est fripon, Le troisième est un peu 
ficelle (malin).» On chante en béarnais: 
Yan de Libère Tiabk ires chibaics, U dar- 
ranceTaute malau, L'aut nou p)oudè pourta 
la sère. pr.b. Jean de Libère avait trois 
chevaux , l'un boitant , l'autre malade, 
le troisième ne pouvait porter la selle. 
Yan de Libère habè u porc, Per la coude 
que-utienè hort ; Aquiu quhabè la touba- 
quère.iB. Jean de Libère avait un porc, 
par la queue il le tenait fort ; là, il avait 
la tabatière. — Cf. Rev. des l. rom., 1876; 
et MISTRAL, Z);r^., au mot«Boufarello.)> 

Libérer, lutrin lio libérer en loencor. 
ART. Le lutrin dans le choeur (de l'é- 
glise). 

Libert, affranchi : Ni los qucstaus ni 
las liberts contre lo senhor.L. E. Ni les 
questaux (serfs), ni les affranchis (ne peu- 
vent témoigner) contre le seigneur. 

LIBERTII, libertin, —, employé au 



sens que « libertin » avait en fr., au xvii^ 
s., esprit fort, incrédule : Arnegadous de 
Diu, lioniis chens deboutiou, Eds soun taa 
lïbertiis... N. PAST. Blasphémateurs de 
Dieu, hommes sans dévotion, ils sont si li- 
bertins. Com Ubertiis, la Gleise que con- 
damne... Aquets qui chens respect... Pro- 
phanen enjasand'un misteri sacrât. F. Egl. 
Comme libertins, l'Eglise condamne ceux 
qui, sans respect, profanent en jasant d'un 
mystère sacré. — Sobriquet des gens de 
Viellenave (cant de Garlin) : Libertiis de 
Bienelabe. 

LIBÈU, Libèl, demande en justice, 
requête, mémoire. Liheu contre Mossenhor 
de Coarrase. bar. Acte d'accusation contre 
Monseigneur de Coarraze. Lo libel acu- 
satori. s. B. Le réquisitoire. Libel apel- 
latori. s. J. Acte d'appel. — , libelle. 

LIBI (Bay.) ; même signification que 
Libe, 1. 

LIBOT , enfant qui est toujours en 
mouvement, un petit t urbulent 

LIBRA, Librar, ïwvev.Tots beesmo- 
bles e no mobles... sien librats. M. b. Que 
tous les biens meubles et non meubles 
soient livrés. 

Libre; \oj.Libe, Liure. 

LIBRE JE , LIBREYE, livrée.—, 
uniforme : Dus cents companlious balestees 
d'une livreye qui seran menais per quoate 
capitaynes. arch. Deux cents compagnons 
arbalétriers d'une livrée (de vêtements uni- 
formes) qui seront menés par quatre ca- 
pitaines. — , costume, habillement de cé- 
rémonie : Aus cossous hou mandat deprene 
la lirreje. F. Egl. 11 fut commandé aux 
jurats de prendre le costume ( de leur 
charge). 

Libri; voy. Libe, 1. 

LICENCE, Licencie, licence, permis- 
sion : Seys licencie de lor senhor . enq . 
Sans permission de leur seigneur. Perso- 
nes qui sentz.. licencie deus besins... volos- 
sen passar . arch. Des personnes qui, sans 
la permission des voisins, voudraient pas- . 
ser (par le chemin). — , licence, second 
grade dans une Faculté : Letres de licence 
ou doctorat. P. R. Diplômes de licence ou 
de doctoi-at. 

LICHÈ, LICHÈR, purin. 

LICHÈRE, Litchèrre, lèchefrite : Las 
cautères, y las lichères, y las ]}adères. NAV. 
Les chaudières et les lèchefrites et les poê- 
les. 

LICHÈRNE (Oloron), renouée, traî- 
nasse, plante couchée le long des chemins 
où les pourceaux la recherchent; c'est pour 
cela qu'on l'appelle aussi herbe de p)orc. 

Lie HOU, cochon, porc, pourceau: 



LIG 

Gras coum u lichou . prov. « Gras comme 
un porc. » Lichounet, dim. On dit aussi 
Litchou, Litclwunet. — Esp. « lechon. » 

LICHOU, amouille, premier lait fourni 
par une vache qui vient de vêler. 

Licorn, licorne : Exaltaras mon corn 
Cum lo de la licorn. PS. Tu élèveras ma 
corne comme celle delà licorne. (Le texte 
porte par erreur l'alicorn.) 

Licornat, faon de licorne: Liban e 
Ilermon s'en niautan Corn los licornatz qui 
stiutan. PS. (Les monts) Liban et Hermon 
se meuvent comme faons de licorne qui 
sautent. 

Lidge, Litge, lige : Affranquiment de 
homilidi/e. F. B. Affranchissementd'homme 
lige. ^onhomilïUje. ENQ. Sonhommelige. 

LiIETE, fém., liseron des haies ; con- 
rohmlus sepium . — Voy. Lhete, Lhiete. — 
On l'appelle aussi Coiicurous (Vic-Bilh). 

LIFRE, qui est de bonne mine, potelé. 
Dans le Dict., à la suite des œuvres de 
Goudelin, « lifre ». gras, embonpoint. 

LIFRET, garçon déluré. Lifrete, ]euQe 
fille délurée. 

LIGA. Ligar, lier, serrer avec un 
lion : A b unrj Uam e corda lo ligua., au cors. 
BAR. Avec un lien, avec une corde, il le lia 
au corps. — Liga la binhe, lier la vigne. 
— Voy. Ligadure. 

LI6ADÉ, masc, toute chose qui sert 
à lier. 

LIGADÉ, qui doit être ou peut être 
lié. 

LiIGADERE, Liadere, fém. ; mêmesi- 
gnif. que Ligadé, 1. 

LIGADOU, ouvrier liant les vignes ; 
fém., ligadoure. 

LIGADURE, action de lier, façon de 
lier, particulièrement de lier les vignes : 
Pagar la talhadure e ligadure.... totes las 
ohres necessaris a la binhe. arch. Payer la 
taille et le « liage », tous les travaux né- 
cessaires à la vigne. 

LIGAM, lien, attache : Affranquit de 
ligain. de scrvitut. ENQ. Affranchi d'attache 
de servitude. 

LIGAROU (Gélos), plante, arum, pied 
de veau, gouct. 

LIGAMI, lien, chaîne: TJiier enliga- 
misdefer. bay. Tenir dans des chaînes de 
fer. — , liaison, union, jonction de corps 
ensemble, nav. — , « collage », faux mé- 
nage. 

LIGASSA, lier ù plusieurs tours de 
lien, lier avec effort, lier mal. 

LIGASSE, bande pour serrer: Chic de 
mau, grau ligaxse. vu. il. Peu de mal, 
grande bande. Grand remède pour un pe- 
tit mal ; ou plus de peur que de mal. — , 



LîL 



25 



liens: Seratz en in fer... ligatz dab Ugasse 
de hoec. y. past. Vous serez en enfer liés 
avec des liens de feu. 

LIGASSEYA, aug. deLigassa. 

Ligaus, liens, fers: Deu los meter en 
ligaiis. F. B. (Si les otages ne peuvent don- 
ner caution, le vicomte) doit les faire met- 
tre aux fers. 

LIGNA, Lignadge ; voy. Linha, Li- 
nhadge . 

LIGNE, LIGNOU ; même signif. que 
Linhe. Linhou. 

LIGOT, très-petit troupeau: U ligot 
de crabes, quelques chèvres. 

LIGUE, fém., brin d'osier pour lier 
les vignes. 

LIGUE, morceau de dalle, de brique, 
employé en maçonnerie. 

LIGUE, ligue, — , union : Hèm bonne 
ligue. NAV. Faisons bonne union (soyons 
bien unis). — Pour signifier, en mauvaise 
part, « qui se ressemble s'assemble », on 
dit : Ligue ! Ligue ! Baxère de Ghalosse ! 
— - Vov. Baxère. 

LIGUÉ, masc; LIGUÈRE,fém., tra- 
vail pour lier les vignes (fin février, mars); 
ha lou ligué, ha la liguère, faire ce travail, 
pour lequel bien souvent on s'aide entre 
voisins ; le travail fini, il y ajoyeux repas. 

LIGUET, ruban de fil, de laine. — , ca- 
togan, nœud qui retrousse les cheveux der- 
rière la tête. 

LIGUETAYRE, fabricant, marchand 
de liguete; voy. ce mot. 

LÏGUETÈ, fém., tissu de fil ou de co- 
ton, étroit, mince, avec lequel on lie. Voy. 
Flouret. — (Vic-Bilh), ligament d'une ar- 
ticulation, tendon. 

LU, Lin, lin : Quoate libres defiu, que 
d'estope que de lii. R. Quatre livres de fil, 
soit d'étoupe, soit de lin. Quoate Uibalhes, 
dues de lin, dues d'estope. art. Quatre ser- 
viettes, deux de lin, deux d'étoupe. Drap 
de /ri (drap, toile de lin), linceul : Envohpan 
lo en drap de lii. H. s. Ils l'enveloppèrent 
d'un linceul (ils enveloppèrent d'un linceul 
le corps de Jésus). — LU barrât, lin fermé; 
c'est le nom du lin d'hiver, dont les cap- 
sules demeurent fermées au soleil. J. ber- 
ger kt. 

LILOY, image, gentil minois : Ans 
gougatotz toustemjys boste liloy Que ditz: ta 
bous nous autcs que-mjloucades. PEV. Aux 
jeunes garçons toujours votre gentil mi- 
nois dit : pour vous nous sommes enni- 
bannccs. — , portrait: Doste liloy que-nu hè 
r'haunou : Que y-ctz bcstit coum u senhou . 
NAV. Votre portrait nous fait beaucoup 
d'honneur: vous y êtes vêtu (représente) 
comme un seigneur. — (Hè r', contraction 



26 



LIM 



de hè hère, fait beaucoup) . — , colifichet, 
oripeau. 

LiIM, limon, vase: Ayguequihriule nha 
pas l'un. N. LAB. Eau qui coule rapidement 
n'a pas de limon. 

LIM, mucosité qui découle de la vulve 
de la vache, lorsqu'elle est en chaleur. 
— Voy. Linses. 

LIMAC, masc, limace, limaçon: Lou 
tahard deits limacx. Le tambour des lima- 
ces. — Voy. Tahard. 

LiIMAGA, détruire les limaces : Lous 
guitz limaquen. Les canards détruisent les 
limaces. — , poindre, piquer, percer (comme 
on perce une limace). — Limaqueya, fréq. 

LIMAGALHE, grand nombre de li- 
maces, les limaces. 

LIMACHOURD ; voy. Lîmassourd. 

LIMACOUS, où il y a des limaces, 
des traces de limaces, qui est comme la 
bave de la limace. On ait aussi Limassoits. 

LIMANDE (Mont.), armoire. — , sorte 
d'étagùre pour la vaisselle. — , tablette de 
cheminée. 

LIMAQUÈ, de limace, où il y a des 
limaces, — Brume limaquère, brouillard 
de limace; voy. Brume. — , qui détruit les 
limaces : Limaquès de SebinJiac. D. b. Les 
limaces sont très-communes dans toutes 
les localités de la vallée d'Ossau, à Sévi- 
gnac peut-être plus qu'ailleurs. De là le 
sobriquet des habitants, limaquès, destruc- 
teurs de limaces, ou lambins comme ces 
mollusques. — Yoj. Limaquei/a. 

LIMAQUÈRE, grande quantité de li- 
maces, les limaces. — , lieu où sont les li- 
maces en grand nombre . 

LIMAQUEYA; voy. Limaca.—, (al- 
ler comme une limace), lambiner. 

LIMARRÈRE, tramée de bave de li- 
mace. — , les limaces : Que purgue de bach 
en haut lou casaude la limarrère. N. lab. 
(Le crapaud) purge de haut en bas le jar- 
din de toutes les limaces. 

LIMASSOURD , Limachourd, sour- 
nois. — Ha lou lîmassourd. PR. B. Faire 
le sourd comme une limace. On lit dans 
un ouvrage de hourc. : «Voltaire a dit, au 
sujet de l'escargot et de la limace : je 
crois l'une et l'autre espèce sourdes, car, 
quelque bruit qu'on fasse autour d'elles, 
rien ne les alarme... Il n'est pas le pre- 
mier qui ait observé cette surdité ; les 
Béarnais ont une certaine expression qui 
le prouve. . . Ils appellent limachourd un 
homme rusé, qui feint de ne pas entendre. 
Le colimaçon se nomme Umac dans leur 
idiome, et limac-sourd veut dire colima- 
çon sourd ; de manière que l'on compare, 
en Béarn, la surdité apparente de cet 



LIN 

homme à la surdité réelle du colimaçon, 
11 fait le limassourd, prononcent les Béar- 
nais, pour dire : 11 feint la surdité du li- 
maçon, parce qu'il ne veut pas entendre.» 
Aventures de Messire Anselme ; Paris, Le- 
mierre, 1796. — En fr. « lime-sourde», 
sournois. A. delvau. Langue verte. Ce 
(( lime-sourde » et notre limassourd n'au- 
raient-ils pas une origine commune, se 
rapportant au « limaçon » plutôt qu'à la 
lime ? Dans ce cas, l'expression « faire la 
lime-sourde » aurait une autre significa- 
tion que celle qui lui a été donnée dans la 
Petite Encyclopédie des Proverbes : « Cher- 
cher, par des menées secrètes, à nuire à 
quelqu'un. » 

LIMASSOUS ; voy. Limacous. 

Limée, valet de chiens : Johano deu 
Poey ... es limée de Mass. lo comte, enq. 
Jeannot du Puy est valet de chiens de 
Mgr. le comte (Gaston-Phœbus), 

LIMEYA; La haque limeye, la vache 
est en chaleur ( de sa vulve découle la 
mucosité appelée Lim). 

LIMICHOURD (Bay,), même signi- 
fication que Limassourd . 

LIMINÈ, LIMIQUÈ(Bay.), délicat, 
difficile, « difficultueux » pour le manger, 
qui fait le délicat, le difficile. 

LIMINEYA , manger doucement , 
d'une façon minaudière. Limniasseî/a, aug. 
— , grignoter. 

LIMINIS, défaut de celui qui est trop 
difficile pour la nourriture. 

LIMIQUÈ ; voy Liminè. 

LIMIT,masc., limite, borne : Tu los li- 
mitz de la terre as pausatz. PS, Tu as posé 
les limites de la terre, 

LIMOU; voy. Li7n, 1, 

LIMOU, Limoo, limon, fruit : Carque 
de toronges, miugranes o limoos. P . r . 
Chargé de cédrats, de grenades ou de li- 
mons . 

LIMOURRE (Bay.), bave de limace: 
Bous bilèns limacxs le limourre. ariel. La 
bave des vilaines limaces , 

LIMPÈRRE, lisière, lopin de terre en 
long. 

LIMPRE, poli, luisant : Peyres ardo- 
nes e limj^'es en unriu. H. s. Pierres ron- 
des et polies (choisies) dans un torrent. — 
Limpret, propret : Las gouyatetes limpre- 
tes. PKY. Les fillettes proprettes. — Esp, 
« limpio », propre, net, 

LIMS (Gélos) ; même signification que 
Linses . 

Lin ; voy. LU. 

Linatge, lignée, famille, Linatges, en- 
fants : Totz sons linatges... de son cors en- 
gendrât::. ENQ. Tous les enfants de son 
corps engendrés. — Voy Linhadge. 



LIN 



LIN 



27 



LINCHÈR, Zri^c^èr (Baretous), lézard 

vert. 

LINCHÈRNOU (Aspe) ; même signi- 
fication que le précédent. 

LINDAT (Montant j, le dessous du 
moulin où tombe l'eau. 

L.INËE, lignée, race, famille. — Voy . 
Prosapie. 

LINGARRE, longue tranche de lard. 

LINGE, LINGE ; même signification 
que Linye, Linyè. 

LINGE, mince, fluet, élancé. 

LINHA, Lif/na, ligner, tracer des li- 
ijues droites sur une pièce de bois avec 
un cordon frotté de craie ou imbibé d'un 
liijuide colorant. 

LINHADGE, Lig7iadc/e, masc, li- 
irnage, lignée, race : Qu'es-ed de fhomi e 

iIp tout son lir/7iadf/e PS. Qu'est-il 

'iju'est-ce Que) de l'iiomme et de toute sa 
race. — Lo linhage qui ère pergut per lo 
(rduhi. H. S. La race humaine qui était 
perdue par le déluge. — , famille : Fassam 
sortz sober lo trip, e en cada linhage per 
raps. IB. Tirons au sort par tribu, et 
eu chaque famille par tête. — , enfants : 
Si ung homi... ha Vuihadge de la molher, 
inig dus . .. F. B. Si un homme a des en- 
r.îuts de sa femme, un ou deux (ou un plus 
Liiand nombre). — , produit: No heure pdus 
ilcquest linhage de vit. H. s. Je ne boirai 
I iliis de ce produit de la vigne. On dit aussi 
Liuhatye, Lignatije. — Voy. Limitge. 

LINHAGE ; voy. le précédent. 

Linhar, aligner. — , tirer une ligne de 
démarcation, dijlimiter : Linhar e cxter- 
rniar. arch. Délimiter et borner. 

LINHATYE, Ligmdye; même signifi- 
cation que Linhadge. 

LINHE, Ligne, ligne, — , ligne d'écri- 
ture : Los nofaris meteran en las copias 
quifaran de toutas escripturas vingt e sieis 
linhas en cascuua plana, e en cascuna linha 
cinq motz outra las dictions monosyllahas . 
F. u. Les notaires mettront dans les co- 
pies qu'ils feront de toutes les écritures 
vingt-six lignes à chaque page, et à cha- 
que ligne cinq mots, outre les mono.sylla- 
bes. — , cordeau pour ligner. — , ligne de 
pêcheur : Pesca chetz linhe. pnov. Pêcher 
sans ligne. Avoir des profits secrets, il- 
licites. — Nohle de drete linhe, soun pay 
qu'ère pescadou. PR. H. En fr. xvi^s., 
« Gentilhomme de droite ligne, son père 
était pêcheur, l. r. de lincy, Prov. 

Linhe (rangée de pieux), palissade : 
Barrar de linhe. F.B. Fermer avec une 
palissade. On disait au même sens, pau 
de linhe (pieu de rangée) : Barrar de hoo 
pau de linhe. arch . Fermer avec une bonne 



palissade. — Ce pau de linhe est le même 
que «pallinhat» dans Ch. cr. aZ&.,«pieux 
alignés », édit. p. meyer. 

LINHE-BATANTE, en droite ligne. 
Linhe-hatanta. linhe-hatent. ARCH. — Cette 
locution est tirée de ce qui se fait lors- 
qu'on trace des lignes sur le bois. — Voy. 
Linha . 

LINHOU, Lignou, Linhon, fil passé 
dans la pzre (peigne du métier à tisser). 

LINHOU, Lignou (voy. Callinhou), li- 
gneul. Ligno (Bay. ). — Lignons., iignos, 
cheveux rudes, mal peignés. Enfr. « des 
crins. » 

LINHOULADE, lignée, famille, ter- 
me de dénigrement. 

LINJA^ LINJAT; voy. Linya. 

Linot, petit morceau : No pode aver 
linot de carn de porcq. AitCH. Il ne pouvait 
avoir le moindre morceau de viande de 
porc. Voy. Carnaladge, i. — Linot est là 
peut-être, par erreur, au lieu de liscot. 
— Voy. ce mot. 

LINSES, fém.plur., hippomane, fluide 
muqueux qui découle de la vulve des ju- 
ments, lorsqu'elles sont en chaleur. — 
Voy. Lim, 2. 

Linsèu; vov. le suivant. 

LINSO, LINSOÙ, Linsol, drap de 
toile, linceul : No hestihe sino tin linseu. 
n. s. Il n'était couvert que d'un drap de 
toile. Lo linsol /omit per l'entarrament de 
la posoucre. s. B. Le linecul fourni pour 
l'enterrement de la sorcière. — , drap de 
lit : Dus linsoiis d'estope. arch. Deux draps 
de lit d'étoupe. Lous plecxs dou linso nou- 
hiau.'S. LAB. Les plis du drap de lit nup- 
tial. G^ort?/^e-??i u lès dou tou linsoii. SEi. 
Garde- moi une laize de ton drap de lit 
(garde-moi dans ton lit une place à côté 
de toi). 

LINSOULADE, fém., le contenu d'un 
linsoii servant d'enveloppe : Ue linsoulade 
d'arredalh. Une charge de regain dans un 
Unsoii. 

LINSOULAT, masc; même signifi- 
cation (jue le précédent. 

LINYA, Linja, pourvoir de linge. Li- 
nyat, linjat, qui a du linge, — , qui est bien 
nippé. 

LINYE, Linge, linge : Lou calùnet 
pire de linge. L'armoire pleine de linge. 
C'est l'orgueil de la bonne ménagère béar- 
naise. — Linye pausat, Marit arrctardal. 
rnov. Linge posé (préparé), mari retardé. 
Le trousseau fait, lo mariage mancpie. 

LINYÈ, Lj»7('', blanchisseur, qui l)lan- 
cliit le linge. Linyîre, Lingère, blanchis- 
seuse. — Sobriquet des gens de Bizauos : 
Linyès de Bizanos.v. B. 



28 



LIS 



LIU 



LiIOU, Leoo, Léon, lion : Hous deu 
Liou Qu'engiiiscahe hu mousquitou . F. lab. 
Monsieur du Lion (seigneur lion) excitait 
le moucheron. Lo leoo hami aura, E no 
trovara so quï-u eau. PS. Le lion aura faim 
et il ne trouvera pas ce qu'il lui faut. Cum 
te deliura Dm deu leoo e de l'oos? n. s. 
(Saiil demanda à David :} Comment Dieu 
te délivra-t-il du lion et de l'ours ? Léon, 
dans le même texte. 

LIOUSE, graine de lin. — Esp. « li- 
nueso. » — D.-c. « linosa. » 

LIQUET (Arthez), petit garçon de 
ferme. 

LIRA, tourner, rouler: Despuixs qu'a- 
quesle rnounde lire. nav. Depuis que ce 

monde tourne. Aus trahatèytz deu cèu 

quin liren las esteles.iJ). Au haut du ciel 
comment roulent les étoiles. — Voy. Tra- 
hatès. 

LIRI^ lis : Las bandes deus liris. x. 
PAST. Les plates-bandes des lis. Louliri 
reyau qiii-ns embaume tout l'ayre. v. bat. 
Le lis royal qui nous embaume tout l'air. 

LIRI, àlasuite du nom Ja/i, Fan, Jean: 
Jan-liri, Jean-niais; Yan-Uri, un nigaud. 
— Voy. Lèri. 

LIS, lisseron, liteau qui sert à former 
la (( lisse » d'un métier à tisser. 

LIS, lisse, uni : Lou peu lis coum l'au- 
Séi.NAV. Les cheveux lisses comme (les 
plumes de) l'oiseau. Peyre lise. F. Eyl. 
Pierre lisse. ia machèrelesse. ib. La joue 
lisse. — , adv. : Passa lis, passer, aller 
sans s'arrêter, sans être arrêté, comme ce 
qui glisse, coule, sur une surface polie. 
Lise-courneya, dans un noel, toucher lé- 
gèrement de la corne, effleurer avec la 
corne. 

LIS, terme du jeu de « pile ou face » 
que l"on joue avec deux gros sous lancés 
en l'air; s'ils tombent face dessus, care 
e care, on a gagné ; s'il n'y en a qu'un qui 
soit face dessus, on dit care e lis, coup 
nul; quand les deux pièces sont face 
dessous, on dit lis e lis, on a perdu. 

LISCAR (Ossau), se dit d'un homme 
de mince taille, élancé. 

LISCARRE (Ossau), bande de roche 
en pente, dénudée, glissante. 

LISCOT, LISCOU (Ossau), morceau, 
tranche : V liscot de lard. Un morceau de 
lard. Dans quelques localités (cant. de Mo- 
nein), le liscot de lard est la demi-flèche 
de lard. 

LISE (vers le Lavedan), étendue de 
terrain uni: Ue lise de hiaa, une étendue 
de prairie unie. 

LISE, masc, sorte de substance blan- 
châtre sur les viandes éventées. — , écume 



blanche sur le vin qui commence à tour- 
ner. 

LISERE, lisière : Los draps se deben 
mesura... perla esquia e no j^er la Usera. 
F. H. Les draps se doivent mesurer par le 
dos (sur le pli) et non par la lisière. 

LISI; voy. Lesi. 

LISTE, LISTRE, bande de papier, 
d'étoffe, etc . , bordure. — , litre, large bande 
noire autour dune église, aux obsèques d'un 
grand personnage, et sur laquelle on appli- 
que des armoiries. — , parcelle de terre 
étroite et longue, « langue de terre. » — , 
liste. — Que bas recebe foundz de la liste 
cibile. NAV. Tu vas recevoir des fonds de 
la liste civile. 

LISTRA, border, garnir de bandes. 

LISTRE ; voy . Liste . 

LISTRÉU, masc, bande de bois, li- 
teau, tringle de bois. 

LIT (Mont.), avalanche. Lit terrère, 
avalanche « terrestre », celle qui glisse 
dans les plis des montagnes. Lit boulatye, 
avalanche (c volage » : elle est formée de 
neiges meubles que le vent accumule et 
précipite des sommets ; elle bondit avec 
une vitesse terrible, c. — Voy. Eslita. — 
Esp. « alud. » 

LITCHAL(Aspe),fém.,?ifcAaZe, jeune 
mulet , jeune mule. Litchalet, litchalete, 
dim. — Esp. « léchai », de lait — ; mule 
ou mulet qui a quitté depuis peu la ma- 
melle. 

LITCHÈRRE; voy. Lichère. 

LITCHOU ; même signification qaeLi- 
chou, 1. 

LITERAT, letti'é, qui a du savoir : 
Anar considtar abgens literatz . arch. Aller 
consulter avec (prendre avis chez) des gens 
de savoir. 

LITGE; voy. Lidge. 

Litigar, contester, être en procès : No 
entenin a litigar suus los fermis. arch. Ils 
n'entendent point contester au sujet des 
bornes. Las partides litigantes. 0. H. Les 
parties, les personnes qui plaident, qui 
sont en procès. 

Litigioos, ligitieux, qui est en litige : 
Terradors enter lor litigioos. arch. Ter- 
rains qui sont en litige entre eux (entre 
ces gens). 

LIUPA, aboyer ; se dit des premiers 
aboiements d'une meute en chasse : La 
mute que-s tourneye, Liupant bèt drin. PEY. 
La meute tournoie, aboyant un peu. 

LIURA, Liurar, livrer. — , remettre 
par trahison: Que-m daratzsi lo bos liuri ? 
H. s. Que me donnerez-vous si je vous le 
livre (si je vous livre Jésus-Christ)? 

LIURAMENT, masc, livraison, ac- 



LOC 

tion de livrer la marchandise vendue, de 
mettre quelqu'un en possession d'un bien, 
d'une terre: Far la desjmlhe e livrament 
défunt e terre. couT. s. Faire la dépouille 
et livraison de bois et terre. Cela signifie 
déposséder (far la despidhe) celui dont le 
bien a été vendu par voie judiciaire et met- 
tre l'acquéreur en possession des immeu- 
bles (fuste lerre, ho\s et terre). 

LIURE, Libre, livre, poids : U x>aa de 
dètz Hures. Un pain de dix livres. Liure 
prime, ou la ivime, petite livre de 16 on- 
ces ; de 14, dans F. N. Liure carnicère , 
voy. Carnicère (28 onces) . En Navarre, 
elle était de 42 onces, ires Hures primes, 
F. N., trois petites livres. Quoate libres de 
fild'estope. r. Quatre livres de fil d'étoupe. 
— , monnaie. On dit encore bingt Hures, 
cent Hures, vingt livres, cent livres, au lieu 
de vingt francs, cent francs. La some de 
quoate livres torneses. s. B. La somme de 
quatre livres tournoises. Sus pêne de detz 
Hures carlines. F. n. Sous peine (d'une 
amende) de dix livres a carlines .» Voy. 
co, mot. Quinze libres de bons Morlaas. L. 
0. Quinze livres de bons « Morlans » ; 
(monnaie de Morlaas). 

Livrament ; voy. Liurament. 

Lixar ; voy. Lexa. 

Lixeguar, régler des différends, ren- 
dre des jugements: Quand Salamo comewu 
de lixeguar, viencon dahant luy ii aules 
femnas. H. s. Quand Salomon commença à 
rendre des jugements, vinrent devant lui 
deux mauvaises femmes. 

LO ; voy. Lou, 1. 

LOC, Log, lieu : En aquet loc char- 
mant... PUY. En ce lieu cliarmant... — 
Voy. Enloc. — , localité (ville ou village): 
Los locx de Bearn, Ortlies, Morlaas, Olo- 
ron... Assoo, Brudges, Juransson,.. ii. a. 
Les localités du Béarn, Orthez, Morlaas, 
Oloron. , Asson, Bruges, Jurançon. .. — , 
village: Entrabrnper Ins locx e ciutatz. 
H. s. Ils entraient dans les villages et dans 
les villes. Locx de Lna e de Mondran. 
DÉ.v. Les villages de Laa et de Mondran. 
— , domaine: Los locxlausde Burgarone. 
ENQ. Les domaines vacants de Burgai-onue. 
— , demeure, maison : Lo loc deu caperaa 
que no y avefoec. dén. Dans la maison du 
curé il n'y avait pas de feu. — Loc comu- 
nau. F. B. Lieu où Ion vit en communauté, 
couvent. — , place : Fassenfar loc a la gent 
qui viendran. ii. A. Qu'ils fassent faire 
place aux gens qui viendront. Hica tout a 
loc. Mettre tout en jjlace (comme celadoit 
être). — Mele-s l'estoumac a loc. (Se met- 
tre l'estomac à lieu), l)ien manger et bien 
boire. Esta a loc, être en bon état, se dit 



LOL 



29 



pour signifier avoir mangé et bu à son ap- 
pétit. — Dans quelques textes, on trouve 
lauc pour loc, lieu, domaine : Lo laiic d'A- 
cer. DiCT. Le domaine d'Asser. (Pour au 
substitué à o étymologique, cf. Grain, 
béarn., 2e édit., p. 24-5 et 503. 

LOC, fém. lociue, blet, blette; se dit 
desfruits trop mûrs, — Voy. Gohe, Glohe. 
Locator ; voy. Lougadou. 
LOCHE, insecte, la blatte : La loche 
au larè. N. lab. La blatte au foyer. 

Loctenent, lieutenant : L'emperadour, 
rey catolic,e son loctenent, lo prince d'Oran- 
ge; 1523. ARCH.L'empereur, roi catholique 
(Charles-Quint), et son lieutenant le prince 
d'Orange. Arnaud Guilhem de Bearn, 
fray bort e loc-tient del noble e pode>-os 
senhor. . . en Gaston; 1354. M. 0. Arnaud 
Guillaume de Béarn, frère bâtard et lieu- 
tenant du noble et puissant seigneur En 
Gaston Ç-Phœhus). Loctenente, aufém. :Za 
princesse régente,... loctenente générale, re- 
présentant lapersone deu rey. s.B. La prin- 
cesse régente, « lieutenant général », re- 
présentant la personne du roi. 

Loc-tient; même signification que le 
précédent. 

LODGE, Lodgis ; voy. Lotye, Lou- 
tyis. 

LODJA, LODJAMENT; voy. Lou- 
tya, Loutyameitt. 

LOECH, LOECHA; même signif. que 
Louch. Ijoucha. 

LOENGUE (Barétons); voy. Lengue. 
LOENH, Lueiih, LOUY (Mont), loin: 
Loenh io m'en hoegeri. PS. Je m'enfuirai 
loin. Loenh de case. Loin de chez soi. U 
tros loenh. ( Un morceau loin), à certaine 
distance, assez loin. U bèt tros loenh. 
(Un beau morceau loin), assez loin, fort 
loin. 

LOENHTAA, éloigné, reculé : Na- 
tioos prochanas, E las plus loenhtanas. rs. 
Les nations proches et les plus reculées(s 
réjouiront) . 

L O E Y R E ; même signification que 
Louyrc. 

LOG, Loguer; voy. Loc, Longue. 
Loguedor; voy. Lougadou. 
LOLE, llour .La lolè au soii clahcrade. 
LAC. La fl«;urau sol clouée. La hlcdfucèu, 
lalolc qui bole. ID. La fleur du ciel (de 
l'air), la fleur qui vole (le papillon). — 
Boun ser. la mie hère Loïc. DEsr. Bonsoir, 
ma belle « Lole » (ma belle fleur, ma belle 
maîtresse). — Dans une chanson de nav., 
L'après-soupa deu prcsbyteri. L'aprés-soii-^ 
por du i)rcsbytno Scd-f'ocl d'ahjou, Y 
d'aquestc lole sa bi-tii ha rcsou; .tèd-U-, Ma- 
riou. Assieds-toi ici avec moi, et de cette 



30 



LOU 



« dive bouteille » viens-çà me faire raison ; 
assieds-toi, Marion. 

LONG; même signification que Lounr/. 

Loncadementz, Loncat; voj.Loun- 
cadementz, Louncat. 

LiONCOU; voy. Loungou. 

Loo, ? gris sale (robe de cheval), IVen- 
dition d'un rocii Zoo. ARCH. Vente d'un 
cheval gris sale. — ioo proviendrait de 
lourd ; voy. ce mot, comme moo , qui se 
prononce mou (\oy. Balaguère), de moor, 
meurt; too, toor, lat. « turris », tour. 

Loquent (parlant), le témoin qui dé- 
pose : Luy loquen[t\, bar., le déposant; 
la loquente, IB., la déposante. 

Loquoau; voy. Louquoau. 

Lior; voy. Lur, 2. 

LORE; même signification que i^Zo?-f. 

Los; voy. Lou, 1. 

LOSE , Alose, Loze, ardoise : Loza e 
lata. ART . Ardoise et latte . 

Losquoaus; voy. Louquoau. 

Lot, pot, mesure de capacité, deux li- 
tres à peu près : Pipa de vin deu esta de 
tenguda de cent oey tante lotz.F.B. Pipe de 
vin doit être de contenance de 180 pots. 
Aujourd'hui la contenance de la barrique 
béarnaise est de 300 litres, vu lotz de Ini 
percoseuncap de sangla. bar. Sept pots 
de vin pour (faire) cuire une tète de san- 
glier. — Ane. fr. « lot. » — D.-c. « lot- 
tus. o 

Lot, terre détrempée : Escopn en terra, 
efe lot de la salive. B.. s. Il cracha à terre, 
et fit avec la salive de la terre détrempée. 
— , cendre mouillée : Lar carcade de lot. 
DÉN. L'âtre chargé (couvert) de cendre 
mouillée. Lot est synonyme de brase vio- 
//iafZeJ(dans le même texte), cendre mouil- 
lée. C'est par erreur que, dans l'exemple 
cité, lot a été traduit par pot, (( le foyer 
garni d'un pot »; publication de Paul 
Raymond, Ze 5éa)vi sous Gaston-Phcclms, 
Dén. e^c.,p. xi. — Lat. « lutum », limon, 
boue. 

LOTYE, Lodge, loge, — pavillon de 
Gaston-Phœbus dans les campements : 
Quoate fusters sien carcatz de far la lodge 
de Mossen, atau que caut ni bent ni ployé 
n'y entren.u. Que quatre charpentiers 
soient chargés de faire le pavillon de 
Mgr, de tellef açon que ni chaud, ni vent, 
ni pluie n'y pénètrent. — Voy. Alodge, 
loge, logement. 

LOU, plur. tous; lo, plur, los, article, 
le, les : Lou casau, le jardin; Zo«s pratz, 
les prés ; lo poble, le peuple; los hoinis de 
Israël, les hommes d'Israël. — , pronom 
delà Sepers., complément direct et indi- 
rect : Lou miassa, il le menaça ; lous di- 



LOU 

gou, il leur dit : Saluda lo e dixo lo. H, s. 
Il le salua et lui dit : Eg los dure socos. 
iB. 11 leur donnerait secours. Lou, lous, lo, 
los, compl. indir., des deux genres, comme 
en fr. « lui, leur », pour à lui, à elle, à 
eux, à elles. — , pronom démonstratif, ce- 
lui, celle: Lou castèt de Pau, lou de Coar- 
raze, le château de Pau, celui de Coarraze; 
los homis d'Aspe,los d'Ossau, les hommes 
d'Aspe, ceux A'Os,s,?i.\i. Auditzlou qui prè- 
gue. Ecoutez celui qui prie. Aqtiest es lo 
quiNostre SeuJior a Iheyt enter loj^oble. H. s. 
Voici celui que Notre Seigneur a choisi 
parmi le peuple. — io, le, cela : Los autes 
lo te an dut de mi? IB. Les autres te 
l'ont-ils dit de moi? — Lous, los, devant 
un nom de ville ou de pays : Lotis d'Or- 
tliez, les gens, lapopulation d'Orthez; lous 
deu Bic-Bilh, les gens du Vic-Bilh. Los 
de Jabes. H. s. Les habitants de Jabès. — 
Henri IV écrivait à M'"» de Gramont, 1585: 
« La crainte que j'ai que ceux de Saint- 
Sever y participassent me fait finir. » 

LOU, Lor, précédé de l'article {lou 
lou, lo lor), adj. possessif, leur. Lou lou hilh, 
leur fils; la loue hilhe, leur fille. Dans des 
textes anciens : Los lors delictes, leurs dé- 
lits; las lors pregaris, leurs prières. — , 
pron. possessif, lou lou, le leur; la loue, la, 
leur: Boste amie e lou lou,\oive ami et le 
leur. Noustes cansouse lasloues. Nos chan- 
sons et les leurs. 

LOU, dans la locution a lou, chez lui, 
chez elle, chez eux, chez elles. De lou, de 
chez lui, de chez elle, de chez eux, de chez 
elles. Et hoo sab mey a lou qu'et saye enso 
det hoo. LAC. Le fou (en) sait plus chez 
lui que le sage chez le fou. 

LOUBAT (Aspe), masc, petite meule 
de foin à moitié sec. 

LOUBAT, Loubet, louvat, louveteau. 

LOUBATA, Louhatoa, louveter, met- 
tre bas, en parlant de la louve. 

LOUBATADE, portée de la louve. 

LOUBATALHE, grand nombre de 
loups, les loups. 

LOUBATÈ, louvetier. — , chasseur 
de loups. Sobriquet des gens de Sauva- 
gnon : Loubatès dii Saubanhou. D. B. Ils 
sont au milieu des bois, dans un pays de 
loups : Saubanhou, pays de loups, pey. — 
Loupatè (Aspe) ; homme qui va dans les 
villages, de maison en maison, demandant 
qu'on lui donne quelque chose (argent ou 
provisions) pour avoir tué un loup, dont 
il montre la peau bourrée de paille. Les 
« quêteurs » de cette espèce ne sont pas 
tous des tueurs de loups. — Loubatè, es- 
pèce de sorcier que la croyance populaire 
fait vivre avec les loups, dont il partage 



LOU 

les rapines en retour des soins qu'il a, 
des peines qu'il se donne pour eux. «Ail- 
leurs, on montre des meneurs de loups; ce 
sont des sorciers qui ont fait un pacte avec 
les loups, les avertissent des battues di- 
rigées contre eux, et conduisent pendant 
les nuits cet étrange troupeau.» chérdel, 
Dkt. hist., etc. — U dot louhatè, un trou 
de loup, une fosse, trou creusé à plomb 
pour prendre les loups. 

LOUBATOA; voy. Louhata. 

LOUBATOU ; même signification que 
Louhat, 2 . 

LOUBE, Lobe, louve : Louhes aha- 
miades Au darrè deu prauhe moutou. pet. 
Louves affamées se jetant sur le pauvre 
mouton. — Co {coo) de louhe. F. Egl. (La 
reine au) cœur de louve. 

LiOUBÉRE, Loupère (Aspe), repaire, 
retraite de loups. 

LOUBET; voy. Louhat, 2. 

LOUBET, charbon de l'homme et des 
animaux, tumeur gangreneuse. — Lou 
mau deu loup, le mal du loup . A Naha- 
Ihes que-s goureix lou mau deu loup. D. B. 
A Navailles se guérit le mal du loup, 
(( Les paysans professent un culte super- 
stitieux pour une pierre que l'on conserve 
dans l'église de Navailles-Angos et qui 
porte en relief, sur une de ses faces, une 
tête d'homme grossièrement sculptée. 
Cette image passe pour la tête de saint 
Loup, et on lui attribue le pouvoir éty- 
mologique de guérir les loupes, ainsi que 
les goitres et les ulcères. On dit qu'elle 
était autrefois' placée au-dessus d'une fon- 
taine merveilleuse, et qui jaillissait près 
de l'église. » badé, Bullet. de la Soc'été 
des se, lett. et arts de Pau; 1843. 

LOUBETE, nom de brebis, celle 
dont le toison a la couleur du poil de loup, 
c. — On dit en fr. « un cheval louvet, une 
jument louvette. » 

LOUCATIOU, Location, location : 
Au temps de la location, coût. s. Au temps 
de la location, lorsque la location a eu 
lieu. 

LOUCH, Loech (Aspe), qui se détend, 
se desserre., Voy. Flouch-Èslouch. 

LOUCHA, Loecha (As|)c), détendre, 
desserrer., Voy. Floucha-Esloucha. 

LOUCHET, terme du jeu des osse- 
lets. 

LOUGA, Logar, louer, donner ou 
prendre à louage, en location. — , pren- 
dre à son service, pour dos travaux, 
moyennant salaire : Fusfèrs qu\ arjo a lo- 
t/ar. ARCll. Des charpentiers qu'il eut à 
prendre à son service moyennant salaire. 
— Fan executades e hrusladcs per un bour- 



LOU 



31 



reu qui lo senhor de Meritein se logua;.... 
la balha très escutzper far ladite exécution; 
1536. s. B. (Cinq femmes condamnées 
comme sorcières) furent exécutées et brû- 
lées par un bourreau que le seigneur de 
Meritein se loua (prit à son service); il 
lui donna trois écus pour faire cette exé- 
cution. — Loga-s, se louer, engager ses 
services moyennant salaire. 

LOUGADGE, Lougatye, Logadge, 
louage ; prix du louage, loyer. 

LOUGADOU Logador, loueur, qui 
donne à louage. On disait aussi locator, 
COUT s., et loguedor, bay. 

LOUGANÈ, Loganer, qui tient à 
loyer, en location, locataire. Voy. — Lou- 
gatar'i. 

LOU-GAROU, loup-garou, homme 
loup, sorcier travesti en loup, parcourant 
la nuit les villes et les campagnes. Pour 
échapper à la puissance de mal que des 
croyances superstitieuses attribuaient aux 
loups-garous, on employait les prières de 
l'Eglise. Brouxes e lou-garous Aus curés 
hèn minya capous. prov. Sorcières et 
loups-garous aux curés font manger des 
chapons ( les chapons donnés en paye- 
ment des prières). 

LOUGATARI, locataire. —Voy. Lou- 
ganè. 

LOUGATYE ; voy. Lougadge. 

LOUGUÈ, Loguee, Loguer, loyer : 
Sens paga louguè. N. LAB. Sans payer le 
loyer. Lo loguee de l'ostal de Nay sie pa- 
gat. ARCH. Que le loyer de la maison de 
Nay soit payé. — Loguer de bestie. F. B. 
Louage d'une bête, — Avocar per loguer 
comblent ib. (L'avocat est tenu de) plai- 
der pour un salaire convenable. — Las 
causes e las contentions judiar... e que 
desso loguer no-n 2>renquen. IB. (Les jurats 
doivent) juger les causes et les contesta- 
tions... et que pour cela ils ne prennent 
point de rétribution. — Loguer que aura 
suas vos. H. s. Les redevances que (le 
roi) exigera de vous. 

LOUM, Lom, masc, longe de porc, 
pièce coupée le long du dos. Voy. Om. — 
D.-c, au mot « Cresto », cite un exemple 
I)ris «in Consuetud. Mss. villa c?e Buzet, 
an. 1273 : Les senhors... de cascun porc, 
troi/a . . . 2>reneran les lorns, » les seigneurs 
j)rendront les longes de chaque porc, 
truie... — Esp. « lomo », lombes. 

LOUNCADEMENTZ. depuis long- 
temps, pour Inugtemps : Oistume per lor 
loncudcnicntz observade. F. B. Coutume [lar 
eux depuis longtemps observée. 

LOUNCAT, Loncat, depuis long- 
temps : Lo content que loncat ave estât en- 



32 



LOU 



ter los predecessors F. b. Le différend 

qui depuis longtemps avait existé entre 
les prédécesseurs (de Raymond de Mon- 
cade et les Ossalois). Loncal de temps ou 
de loncatde temps, IB. , même signification 
que loncat. On dit aujourd'hui louncat ha, 
il V a longtemps. 

LOUNG, Long, LONG (Vic-Bilh). 
long ; Umngue. longue. Jonque, fém. Loun- 
guet, longuet, lonquef, dira. Loungas, Ion- 
cas, aug. — Que se-m hè de loung . .. \\\ se 
me fait de long), il me tarde de. je suis 
impatient de. — Lat. «nihil mihi longius 
est... » — Ave\icootzde lonc. h. s. (Go- 
liath) avait six « coudées » de long (était 
haut de six «coudées »). — Au lonc de 
la carrera, bar. Le long de la rue. Dans 
IM., allonc, le long de ; contraction de a 
et lonc (à le long). — r\tn., Lex. iv, p. 
416 : Lonc la pastura, le long du pâtu- 
rage . 

LOUNGARÈC, qui se plaît au retar- 
dement. 

LOUNGAYNÈ, qui est long à faire 
une chose, lambin. 

LOUNGAYNE J A, Loungayneya, 
traîner en longueur. 

LOUNGAYNE JAYRE , Loungay- 
neyayre, qui a le défaut de traîner en lon- 
gueur. 

LOUNGÉYRE, Longèyre. fém. , 
linge long, assez étroit, suspendu dans 
les maisons des paysans à côté de l'évier, 
essuie-mains : Z,oî^^é'?/r6S e servietes. bae. 
Essuie-mains et serviettes. — Mal traduit 
par « nappe » dans le Vocabuîuire à la 
suite delà Gram. héarn.,2^ édit., et dans 
BAR., Glossaire. — Loungeyrou, Longey- 
roo, masc, dim. 

LOUNGOU, Longor. Loncou, lon- 
gueur: Oeyt canes em'ieye de longuor. art. 
Huit cannes et demie de longueur. Bï 
que-u harad arreeuraue honi entrou a me- 
dijs de loncou (loncou). L. o. Il vit que 
l'on récurnit le canal (du moulin) jusqu'à 
même|delongueur(daiis toute salongueur). 
— La loungou de la hïte. La durée de la 
vie. 

LOUNGTEMPS, Longtemps, long- 
temps : Taa hmngteiapjs qui soils mountz y 
per las arribères Nouste lengatje es par- 
lara... v. L. Aussi longtemps que sur les 
monts et dans les plaines notre langage se 
parlera. . . Loungtempsha. 11 va longtemps. 

LOUNGUE-MÈUSSE^; voy. Mèusse. 

LOUP, Lop, loup. Au hïroulet qulian 
gahat lou loup, La loube y tout. PR. B. 
Au piège on a pris le loup, la louve et tout 
(et les louveteaux). Crabes sauhagdes,san- 
glars, lops. ABCH. Chèvres sauvages, san- 



LOU 

gliers, loups. On dit proverbialement : .4m 
loup l'anhère. Au loup la jeune brebis. 
Que la jeune fille se gare du libertin. 

— En provençal, dans un sens plus géné- 
ral: « Fasès-vous fedo, loup vous man- 
jara », Armana prouv., 1864, p. 24. — 
« Que feda se fai, lou loup la mauja. » 
Rev. des l. rom., 1873, p. 230. —En fr. 
« Qui se fait brebis, le loup le ravit. » L. n. 
DE LiNCY, Prov. — En italien : « Chi pe- 
cora si fà, lilupo se la mangia. » pescetti. 

— Cf. Romania, vi, p . 80. — Loup deSent- 
Joan (Mont.). Loup de Saint-Jean. On 
donne ce nom au brouillard qui, certaines 
années, aux approches de la Saint-Jean, 
est très-nuisible aux fruits de la terre. — 
Tua et loup: pr. b. Tuer le loup. Faire ri- 
paille. En esp. (( coger un lobo », prendre 
un loup, est une locution qui s'emploie 
aussi, comme proverbe, pour signifier s'en- 
ivrer. Au sujet de l'origine de notre ex- 
pression tua et loup, on raconte que lesju- 
rats, les conseillers municipaux d'Ossau, 
ne se réunissaient jamais pour traiter des 
affaires communales, sans se livrer avant, 
pendant ou après la session, à quelque ré- 
jouissance inter pocula. La frairie était 
d'autant plus copieuse, qu'aucun d'eux 
n'avait à se préoccuper de ce que lui coû- 
terait son écot.Tout se payait sur les fonds 
de la communauté. Mais, ces dépenses 
n'étant pas au nombre de celles qui pus- 
sent être autorisées par les règlements et 
les lois, on les consignait au budget sous 

( la rubrique fallacieuse «d'indemnités ac- 
cordées pour destruction des loups. » Se- 
lon que l'indemnité était plus ou moins 
forte, on inscrivait qu'elle avait été « ac- 
cordée pour la destruction d'un loup, d'un 
ours ou d'une ourse. » De là les expres- 
sions graduées, peut-on dire, tua et loup, 
faire ripaille ; tua'r ous, faire grande ri- 
paille; tua'r eusse, faire une ripaille panta- 
gruélique. — Bente de louj), ventre de loup, 
se dit d'un affamé. « C'est une croyance 
populaire que les loups vivent de vent. 
Elle a dû naître des longues diètes forcées 
des loups, en certains lieux et certaines 
saisons, et de leur maigreur extrême : on 
n'a qu'à se rappeler la louve, symbob de 
l'avarice, dans le premier chant de la Di- 
vine Comédie. » L. couture, Rev. de Gas- 
cogne, xxv, p. 535. — Loup, morveau. — 
Tira lotis loups deu naz. prov. « Tirer les 
vers du nez. » 

LOUPATÈ ; voy. Loubatè. 

LOUPÈRE ; même signification que 
Loubère. 

LOUPIU, fém. loiipibe, se disent d'un 
bois, d'une montagne, où il y a des loups, 
que fréquentent les loups 



LOY 

LOU-QUE-BIBE, c le de quoi vivre. » 
— , le savoir-vivre : Qui parle coum u dhi 
que parle coum u liJ>e, Y la lenrjue deu cèu 
qu'enserjne lou-que-hibe. NAV. Qui parle 
comme un dieu parle comme un livre, et 
la langue du ciel enseigne le savoir-vivre. 

IjOXJ QUE J A, Louqueya, être trop mou, 
en parlant des fruits, devenir blet. — Voy. 
Loc,2. 

LOUQUOAU, Loquoau. lequel ; au 
plur. lousquoaus, losquoaus, lesquels. — 
Voy. Quoau. 

Lour ; voy. Lur, 2. 

LiOURA, fleurir, parer, orner de fleurs. 

— Qu'a hou renoum te lori. N. lab. Qu'un 
bon renom te fleurisse ( qu'un bon renom 
soit pour toi comme une couronne de 
fleurs). 

LOURD, sale, malpropre . Lourdas, 
aug. Cousine lourde, que harte de la hede. 
PBOV. Cuisine sale, on est dégoûté (rien 
que) de la voir. En substituant le mot 
cousine, cuisinier, à celui de cousine, cui- 
sine, et par un jeu de mots sur le nom de 
Lourdes et l'adjectif Zowrf/, lourde, s,d\e, la 
malice populaire daube les gens de la ville 
de Lourdes : Cousine de Lourde, que harte 
deu hede. pr. H. — Yoj.Loo. — It. « lordo.» 

— Lat. '( luridus. » 

LOURDE J A, Lourdeya, salir . — Voy . 
Enlourda. 

LOURDISE, LOURDUMI, saleté, 
malpropreté. Lourdises, Lourdumis, im- 
mondices. On dit aussi Lourdure, Lourdu- 
res. 

LOURI ; même signification que Es- 
louri . 

LOUROUNC ; voy . Eslourounc. 

LOUTYA, Loudja, Lodja, loger. — 
Voy. Aloudja. 

LOUT Y AMENT, Loudjament, Lodja- 
ment, logement. — Voy. Aloudjament. 

LOUTYIS, Lodr/is, logis, logement : 
Lodgis no se far a i)er forrees sens losju- 
ratz deu loc. F. n. Logement (des gens 
de guerre) ne sera fait par fourriers sans 
les jurats du lieu. 

LOUY; voy. Loenh. 

LOUYRE , Loeyre, Loyre, loutre : 
Pesse de luyres e gatz sauhadges. p. r. 
Peaux de loutres et de chats sauvages. » 

LOUZA, couvrir d'ardoises. Teyt lou- 
zat, toit ardoisé, couvert d'ardoises. 

LOUZA YRE , couvreur , qui couvre 
les mnisons avec des ardoises. — , qui ex- 
trait rai'doisc, qui vend des ardoises. 

LOUZÈ ; voy. Louzayre. 

LOUZËRE, ardoisière, carrière d'ar- 
doises. 

Loyre ; même signification que Louyre. 



LUG 



33 



LOYSIA, verveine des jardins, ver- 
veine odorante. 

LOZE ; voy. Lose. 

Ls; voy. L. 

Lude; même signification que Alude. 

LUDÈRE (Aspe), femme stérile. — 
Esp. (argot) « luda », femme. 

LUE, LIBE (Bay.), lune : La lue au 
cèu que s'ahance tout dous, E que luseixau 
miey de las esteles. pey. La lune au ciel 
avance tout doucement et luit au milieu 
des étoiles. Cla de lihe. lag. Clair de lune. 

— Baran dera lue seque va lague (Mont.). 
pRov. Halo de la lune sèche la flaque. — 
De quelqu'un qui est fantasque, on dit 
qu'ha la lue, il a la lune. — Badut quoand 
puyabe la lue. Sti. Né quand la lune mon- 
tait (avant la pleine lunel. Se dit de ce 
qui est de bonne venue, de celui qui croît, 
de celui qui prospère. — Nascut en mé- 
chante lue. c. Né dans une mauvaise lune 
(il n'a pas de chance, il a du malheur. — 
Tantquiey houne la lue. PR. B. Tantqu'est 
bonne la lune. Elxpression usitée pour si- 
gnifier : profitons de la circonstance, elle 
est favorable. Allusion à la prétendue in- 
fiuence de « l'astre des nuits » sur notre 
atmosphère. 

LUE, LUET, masc, petite lucarne : 
Sien f cites dues /enestres — e dessus luetz 
uuodus. ART. Soient faites deux fenêtres., 
et sur (le toit) une ou deux lucarnes. 

LUEG, lunatique, visionnaire, extra- 
vagant: M'arridi de toutz uquetz luècxs. 
viGN. Je me riais de tous ces visionnai- 
res. 

Luenh;voy. Loenh. 

LUET ; même siguif. que Lue. 

LUETZ (Ossau), éblouissements, étour- 
dis.senieuts. 

Luey ; voy. Luy. 

LUGAA ; même signification que Lu- 
graa. 

LUGARNEYA, briller: Et sonrelh 
lugarnci/ahc. n. PKLL. Le soleil brillait. 

— Voy. Luf/reya. 
LUGOIJ ; voy Lusou. 
LUGRAA, Lugna, masc, étoile deVé- 

nus, étoile du matin ; Lucifer, étoile du 
soir, Vesper : au plur., les étoiles: A lu 
noeyt lamey estiggUide Quey-ha menlts de 
lugraas peu cèu... sophie. La nuit la plus 
étincelante,il y amoins d'étoiles au oicl(que 
tu ne m'as fait verser de larmes). A' brdis.., 
per delà la Garonne, Lusi coum dus lugra.'t 
la palntey la courouneîw iî.\t. Vois-tu, par 
delà la G.ironno, briller comme deux étoi- 
les la palme et la cowvowwi'.Cocnhtatz-pc, 
courretz, anatz Segui lou lugraa qui ji'alirr. 
NOËL. Hàtez-vous, courez, allez suivre Vé- 



34 



LUR 



toile qui vous attire (qui vous guide). — 
Lnu lugraa deus amnux. mey. L'étoile des 
amours. Deus jxutous lou Jiujaa Qui ditz 
ausamourous oun eau ana... naV. L'étoile 
des pasteurs qui dit aux amoureux où il 
faut aller... — Dus liigmas, deux beaux 
yeux.— Dans le Rouergue, « lugard, lu- 
gar, luar. ,> — Ch. cr. alh., édit. P. 
MEYER, Glossaire, « lugans, luga », tra- 
duit par « l'aurore » suivi d'un ? ; « luga 
montaners », l'aurore qui apparaît sur la 
montagne. » — rayn. « lugart », l'étoile 
du matin. 

LUGREYA, briller (luire comme le 
lugraa). — Voy. Liigarneya. 

LUIS D'OR, Lus d'or, louis d'or. 

LUIT, masc, espèce de fauvette ; mo- 
tacilla trochilus. 

LUMINARI, masc, Lwninariejém., 
illumination, action d'illuminer: U grun 
luminari, une brillante illumination à l'oc- 
casion d'une fête. — , luminaire, ensemble 
des cierges dont on se sert dans les égli- 
ses : Los ca^ieraas seran tengutz fornir la 
luminarie. arch . Les curés seront tenus 
de fournir leluminaire.— Lagent qui vien- 
dran ab la luminarie e draps d'aur. h. A. 
Les gens qui viendront (aux honneurs funè- 
bres) avec des cierges et draps d'or (avec 
des draps rnortuaires).— , fabrique, biens 
d'une^ paroisse : Dues legs majours aplica- 
hles l'une a laparûde e l'autre au luminari 
de la gleise deu loc. p. k. Deux amendes 
majeures applicables l'une à la partie (lé- 
sée), l'autre à la fabrique de l'église de la 
\oG^.\\ié.Sera aplicadela leg, mieytataufisc 
deu senhor, miegtat a la luminaria de la 
glissia.. F. h. L'amende sera appliquée, 
moitié au fisc du seigneur, moitié à la fa- 
brique de l'église.— Cf. codt. s.: Detz-oeyt 
SOS morlaas de j^ene, la tercepart au rey, 
l'autre tercepart a la fabrique delagleyse... 
Dix-hnit sous de Morlaas d'amendej le tiers 
pour le roi, l'autre tiers pour la fabrique de 
l'église... — D.-c « luminare; ecclesia3 
fiscus, » 

LUPA, reluquer. 

LUPIE (Aspe), loupe, tumeur. 

LUQUET, brin de bois ou de mince 
carton soufré, allumette: Arderas coum u 
luqiiet. LAM. Tu brûleras comme une allu- 
mette. 

LUR, masc. , avalanche ; éboulement: 
A caas y agosse augus lurs e tombasse au- 
gunes pênes quy fermassen loscamis. arch. 
En cas qu'il y eût quelques éboulements 
et qu'il tombât quelques roches qui bar- 
rassent le chemin. —Voy. Eslur, Eslurru. 

LUR, Lour, Lor, adj., leur : Lur pay, 
lur may, leur père, leur mère. Las dami- 



LUS 

sèles, Lurs flous e lurs dentelés, nav. Les 
demoiselles, leurs fleurs et leurs dentel- 
les. En lour propi noum. p. R. En leur 
propre nom. Servir de lours mestiers. IB. 
Servir de leurs métiers . Lor clamor, lors 
rorages. H. s. Leur cri , leurs cœurs, — 
Lour, lor, pronom sujet : Maysons ond 
lour son lodjatz. P. R. Les maisons où ils 
sont logés. Si lor an vist... bar. Si eux 
(s'ils) ont vu.. . Aperatz lor ensemps. F. B. 
Eux ensemble appelés. — Lur, Lour, Lor, 
pronom complément indirect : Digatz-nous 
so qui lur habetz hèyt. Dites-nous ce que 
vous leur avez fait. Chascun de lour. P. R. 
Chacun d'eux. A lor aben dit. bar. On 
leur avait dit. En lo miey de lor.n. s. Au 
milieu d'eux. Sera ab lor. ib. Il sera avec 
eux. — Lur, Lotir, Lor, employés comme 
proQ., sont toujours écrits sans s, carac- 
téristique du pluriel. — Lor, compl. indi- 
rect, est toujours, en béarnais, précédé 
d'une préposition. Dans un extrait desF.B. 
(Recueil de textes, p. meyer, p. 182, 1. 3), 
on trouve lor autreyasse, leur octroyât. C'est 
une erreur. L'édition de MM. Mazure et 
Hatoulet, où M . Paul Meyer a pris ce pas- 
sage, porte, conformément au ms. que nous 
avons revu: los autreyasse. — Cf. Gram. 
béarn. {Lor), 2« édit., p. 296 et 285. 

LURDOUS, luisant de graisse, mal- 
propre. — Voy. Lourd. 

LUROU, luron : Mounenchous, Gays e 
lurous, Hayam causons E briulous. D. B. 
Gens de Monein, gais et lurons, ayons des 
chansons et des violons. 

LUSCOU, Lusque, louche, bigle. — 
(Aspe), myope. 

LUS D'OR; voy. Luis d'or. 

LUSEYA, inchoatif deZM.5i, luire, bril- 
ler: La flou luseye... Dab lou sourelh. 
ARiEL. La fleur brille avec le (aux rayons 
du) soleil. 

LUSI, luire, briller, reluire. Lou sou 
lusibe. Le soleil luisait. — Tout coutèt nau 
que talhe, E si nou talhe que luseix. prov. 
Tout couteau neuf taille, et s'il ne taille 
il reluit. — Liisent couinu calhet. Luisant 
comme un débitant de viande (agneau ou 
porc frais). Il ne reluit pas de propreté. — 
Quior maneye, la maa qu'eu ne luseix. pr, 
H. Qui or manie, la main lui en reluit. Se 
dit en mauvaise part : il a manié de l'or, 
« il n'a pas les mains nettes. » 

LUSIDE, lueur, clarté, le brillant de 
ce qui reluit. — , éclaircie, moment^où, par 
un mauvais jour, le soleil luit. — , légère 
apparence. 

LUSIOU (Aspe), aphérèse à'illusîou. 
Voy. ce mot. 

LUSOU, LUGOU (Orthez) ; même si- 
gnification que Luside. 



LUT 

LUSQUE ; voy. Liiscou. 

LUSQUÈ,,masc. LUSQUÈRE, fém., 
strabisme. — (Aspe), myopie. 

LUSQUETZ, masc. plur., spergula ar- 
vew.sv'.s, la spargonte des champs. J. ber- 

GERET. 

LUSQUEYA, loucher, avoir des yeux 
qui n'ont pas la même direction. — (Aspe), 
être myope, 

LUSTRADERE , pièce cintrée qui 
sert à lustrer (parer) la toile du tisserand. 

LUSTRE, louche, bigle. — Y oy. Lus- 
cou, Lusque. 

LUSTROU, Lustroo, lumière: Tu 
dus a ma latiipa lustroo. PS. Tu donnes à 
ma lampe lumière (tu fais luire malampe). 

— La lustroo que los eslamhrees hèn. ilî. 
La vive lumière que font les éclairs (les 
feux vifs des éclairs). 

Lute, lutte ; au plur., lûtes, particuliè- 
ment usité dans cette locution a las très 
que soun lûtes, pr. b. (Aux trois ce sont 
luttes). Une fois, deux fois, passe encore; 
mais h. la troisième, il faut que cela finisse. 

— Dans le Rouergue, « très cops sou lù- 
chos )>, à la troisième fois, gare; il y aura 
lutte. — « A très fes soun lucho. » Trois 
chutes finissent la lutte. Rev. des l. rom., 
sept. 1882, p. 134. 

LUTHERAA, luthérien, sectateur de 
Luth(!r. F. Ef/l. 

LUTZ, LUZ (Aspe), lumière : Deu sou 
la lutz que s'escureix. F. lab. La lumièi'c 
du soleil s'obscurcit. Ta lutz... l'estele. 
NAV. (Ils ont, la nuit,) pour lumière l'é- 
toile. Viencon ah lutz de lanternes. H. s. 
Ils vinrent à la lumière de lanternes. Fc- 
nestres barrades. . . i^cLuque lutz entre. H. A. 



LUZ 



35 



Fenêtres fermées .. . . que peu de lumière 
entre. — Ha lutz, faire lumière, porter de 
la lumière pour faire voir clair : Hètz-me 
lutz, faites-moi delà lumière, éclairez-moi. 
— Perde las lutz, perdre les lumières, ne 
savoir plus où l'on en est. — Datz-me lutz 
sus aco, donnez-moi lumière sur cela, ou- 
vrez-moi un avis, donnez-moi un bon con- 
seil. — Rende lutz de, rendre lumière de, 
se montrer: L'espade enmaa... rende lutz 
d'Jiomi qui bau. LAM. L'épée en main, il 
se montrait homme qui vaut (il montrait 
quïl serait un vaillant). — Bèrmi-de-lutz, 
ver de lumière, ver-luisant. 

Luua, dans PS., même signification que 
Lue. 

Luy, pronom, sujet, lui : Luy a dues... 
gernumes. maridades. ART . Lui a deux sœurs 
mariées. 

Luy, Luy s, Luey, pronom, complé- 
ment indirect, lui, elle: Bienco a luy la 
serbenta de l'ostau. H. s. La servante de 
la maison vint à lui (à saint Pierre). Do- 
ues e damiseles qui [sjeraii ajves luy deven 
estar totes nègres, h. a. Dames et demoi- 
selles qui seront auprès d'elle (la comtesse 
de Foix) doivent être vêtues de noir. Luys, 
fréquemment dans enq. Lo conis Simon 
muna lo hescoms de Soula qiieanas devant 
luey. CHARTE DE SOULE. Le comte Simon 
manda que le vicomte de Soûle allât (vînt) 
devant lui. 

LUZ ; woy.Lutz. 

LUZÈRP": voy. Lauzèrp. — Oelh de 
luzèrp, œil de lézard. Se dit proverbiale- 
ment pour signifier œil vif, au regard 
très-perçant. 



M 



M 

M se prononce comme n devant les la- 
biales 6,^9; — Einbia, envoyer; emplea, 
remplir; coumbit, festin ; imjiediment, em- 
pêchement. — On écrit coumte, biscoumte, 
comte, vicomte, et l'on prononce coi(«/f, bis- 
counte. 

Met b permutent dans les mots amusa, 
abusa, amuser, biroun, miroun, environ. 
Bani ! voyons ! se dit fréquemment mam ! 
On trouve eninèrs, enniersar, pour enibèrs, 
embersar. — Voy. ces mots. 

M (appuyé sur lo mot jirécédent), me, 
complément direct et indirect : Jou-m Jiidi 
entièrement en boute bountat, CAT. Je me fie 



M 

entièrement en votre bonté. You la-m rjoar- 
dabi sus la prude, desp. Je me la gardais 
dans la prairie. lo-ni souvent], rs. Je me 
souviens. Poii no-in lié mida seyoutida. IB. 
Aucune secousse ne me fait peu r. Voy. J/c,l. 

MA, adj. possessif, voy. Moun. 

MAA, Man (rarement), main. Ma- 
vetr, nianini\ manoir, dini. 3fancisi!r, aug. 
Toque nuui, touche main. Se dit lorsqu'un 
marché vient dêtie l'onclii : .Marcat hhjt, 
toque maa, marché fait, touche main. Kn 
1(1, nioa purtavr une yrani csjuidv. 11. A. Il 
portait à la main une grande épée. Pau- 
sadesa mandextrc sobcr rautan. m. B. Sa 



36 



M 



main droite posée sur l'autel. — On lit 
dans F. B. : « Les îj-ens de Béarn ouïrent 
faire l'éloge d'un chevalier en Catalogne, 
lequel avait eu de sa femme deux enfants 
d'une seule couche. Ils eurent conseil en- 
tre eux et ils dépêchèrent deux prud'hom- 
mes de la terre, qui demandassent l'un de 
ces enfants pour seigneur » ; e quant fou 
la, anan los heder, e troban los adromitz, 
la ung maas harrades,e l'autre maas liber- 
tés, e hiencon s'en ab lo qui ave las maas 
ubertes ; et quand ils furent là, ils allèrent 
les voir, et les trouvèrent endormis, l'un 
les mains fermées, l'autre les mains ou- 
vertes, et ils s'en revinrent avec celui qui 
avait les mains ouvertes. — Jurar samaa 
e sa boque, f.b. (jurer sa main et sa bou- 
che), c'était jurer, prêter serment, la main 
levée ou la main sur les saints Evangiles. 

— Deb'in dar ftdances lors maas que. .. IB. 
(Ils doivent donner garanties leurs mains 
que...), ils doivent garantir personnelle- 
ment que... — Se esdiserasa maa terce. IB. 
(11 se justifiera sa main tierce), il se jus- 
tifiera par son serment et celui de deux 
témoins. (Sa maa se/jta&e, sa main septième, 
se disait de celui qui prêtait serment avec 
six témoins, ses voisins. (C'est par inad- 
vertance que MM. Mazure et Hatoulet, 
F. B., p. 27. ont mis là « sept » voisins). 

— Fare drct enma maa. IB. (Je ferai droit 
en ma main;, j'auraijuridiction. — En u 
birat de maa. En un tour de main. A maa- 
rebès (à main de revers), coup de gauche 
à droite. — Las baques de Morlaas T'iren 
a toutes maas. D. B. Les vaches de Morlaas 
tirent à toutes mains, attelées à droite ou 
à gauche indifféremment. Se prend en mau- 
vaise part; des gens à tout faire, ou qui 
changent trop facilement d'avis et d'opi- 
nion. On s'exprime encore de cette manière 
en parlant des bêtes de bonne qualité, ou 
de celles que l'on veut faire passer pour 
telles. Tout cela se rapporte à Morlaas, 
parce que les habitants de cette ville ont 
eu la mauvaise réputation d'être peu scru- 
puleux et de trop s'entendre à faire valoir 
les bestiaux qu'ils vendaient. Voy. Maqui- 
nhou. — En fr. u se servir de quelqu'un à 
toutes mains » est une expression qui se 
prend dans le sens le plus défavorable : 
« Le cardinal Dubois avoit fait de Le 
Blanc, comme son secrétaire, pour ne pas 
dire son valet, l'avoit rendu assidu auprès 
de lui jusqu'à l'esclavage et s'en servoit 
à toutes mains. » saint-simon, Mém. — 
Ha-s-en las maas, (s'en faire les mains), 
abîmer de coups, briser, détruire. — Que-n 
ha bonne maa (il en a bonne main), il y 
excelle. 



MAC 

MAA; voy. Mar, 1. 

Maar ; voj. Marron. 

MAA-TIEN, poignée, partie d'un ob- 
jet par où on le prend pour le tenir avec 
la main. Lou maa-tien de l'eslayet. Le 
manche du fléau, 

Mabable ; voy. Mabedis. 

MA6E, MAÛE, Maber, Mauer, 
mouvoir, remuer, faire changer de place : 
La pèyre qui nous poudè mabe. La pierre 
qui ne se pouvait mouvoir (qui ne pouvait 
être remuée). Faze maber l'aygua. h. s. 
11 faisait mouvoir l'eau. Maben los caps. 
IB. Us branlaient la tête. — Terramabente 
de leyt e de meu. ib. Terre mouvante de 
i où coulent ) lait et miel. — , susciter : 
Los ha mogutplusors pleytesies efey tyrans 
domandes per dabant lo senescal de Bearn. 
Bar. 11 leur a suscité plusieurs procès et 
il a fait (contre eux) de grandes réclama- 
tions devant le sénéchal de Béarn. Lo dé- 
bat qui loncat de temps es estai magut. 
ARCH. Le débat qui depuis longtemps a 
été soulevé. Lo senhor los y ha mogutz 
question. F. b. Le seigneur leur y a sou- 
levé question (il leur a contesté, il a in- 
terrompu la possession qu'ils allèguent). 
— Le participe passé de mabe est mabut, 
qui devient magut par le changement de 
b en g ; voy. p. 77. Mogut, pour mobut, 
vient de mobe, qui est le même que mabe. 
RAYN., « mover » ; lat. « movere. » Les 
deux formes mohut et mogut se trouvent, 
au fém., mobude, mogude, dans Gir. de 
Rouss.; P. MEYER, Recueil, p. 45. — Ma- 
be-s, Maue-s, s'agiter : L'aygua, quant se 
mau. H. s. L'eau, quand elle s'agite. — 
Nos maura. PS. (La grande cité) ne sera 
pas ébranlée. (Maura pour mauera). — , 
s'éloigner, partir: Magonse dequi. H. s. 
Ils s'éloignèrent delà, ils partirent. 

MABEDIS, Maubedis, mouvant, qui 
se meut : Pèyre mabedisse n'amasse pas 
mousse, pr. h. Pierre qui se meutn'amasse 
pas de mousse. En fr., xvi^ s., « Pierre 
souvent remuée, De la mousse n'est velée 
(couverte). » G. meurier. — , mobilier : 
Cause maubedisse. bat. Chose mobilière, 
biens meubles. Dans le même texte, au 
même sens, cause mabable. — Voy. Moable. 

MABEDOU, Mabedor, quipeutêtre, 
qui doit être mu, remué. — Domandas ma- 
gudes e mabedores . arch. Questions sou- 
levées et à soulever (en justice). 

MACA, Macar, meurtrir, contusion- 
ner. Voy. Blaba. — Fruut macat ; \oj . 
le mot suivant. 

MACADURE, meurtrissure : Si nofe- 
rexs ny fe j^laga ny macadura, no pagara 
ley. F. H. Si (celui qui tire arme sur la voie 



MAC 



MAE 



37 



|)iil)liqtie) ne frappe otnn fait blessure (ou- 
verture des chaiis) ni meurtrissure^ il no 
|i:iyera point d'amende. — , se dit aussi de 
la partie détériorée d'un fruit par suite 
d'un choc, d'un coup. — , (le point j^àté), 
\c côté faible, le défaut. F. Pust. 

MACAQUE, laide femme, vieille laide 
Icmme, femme de mauvaise vie. -^ Esp. 
c macaca », guenon. 

MACHA, MACHCA (Bay.), mâcher: 
Ifastn bien tribalha loits cachaus, Quoand 
(il)èn tous houssis liens lagaute a marha-us. 
F. E(jl. Ils faisaient bien travailler les mo- 
laires, quand ils avaient les morceaux à la 
bouche pour les mâcher. — Dans le Bulle- 
tin de la Société des se, lett. et arts de 
l'au, on a fait de machaus (nuicJui-us) nu 
substantif, macJiau, qui n'existe pas en 
béarnais, et que l'on a traduit pai- <i ma- 
rlntlière, molaire (dent). » On n'a pas su 
voir, — le sens du texte l'indiquait fori clai - 
K'uient, — ■ que machaus (macha-us' est la 
'untraction de machalous, les mâcher. 

MACHANCETAT, méchanceté; ac- 
tion, parole méchante: Aquetz iiaysoas.. . 
((lameteninile machancetatz.'H. past. Ces 
paysans commettent mille méchancetés. 
On dit aussi mecliancetat, michancclat. 

MACHANT, méchant: Los maclKins 
s'en iranen hum. ps. A. Les méchants s'en 
iront en fumée (disparaîtront comme de la 
fumée). 

MACHANTARIE, 

MACHANTERIE, méchanceté; ac- 
tion, parole méchante: Aquetz tahcrnès... 
Coumetin en lour fèijt mile machantryirs . 
N, PAST. Ces cabaretiers commettent dans 
leur métier mille méchancetés. Lus ina- 
chuntarias deus ])ecca(lors . ps. Los iniqui- 
tés des pécheurs. On dit SLiissimcc/uinterie, 
mlchanfene. 

MACHCA; voy. :]facha. 

Machecolament, mâchecoulis ; dans 
un document, art., l'olatifaux travaux à 
exécuter au château de Pau en VMï). Las 
muralhes ablos machelis. AKCii. Les mu- 
railles avec les mâchecoulis. 

MACHE-HABES (mâche-fèves), Ijic- 
douilleur. k. Past. 

Machelis ; même signification (pie Ma- 
chrrolamnit. 

MACHERAA.MACHERADj]: voy. 
Ma.rrraa , .^faxrradc. 

MACHERAU. MACHÈRE; vny. 
Mii.rrrini., Ma.rîrr. 

MACHER OU (.\sp.-j, Mh-h^n-u, 
ch.'unpii^non. 

MACHINADEMENTZ, insidieus(- 
mcnt : Mac/iinailriin nt: s'm. Imji los dc- 
viorar ans rnarcatz. Aiii'u. Ils s'en \o\\[ 

TOME II 



insidieusement les attendre aux marchés. 

MACHQUEDURE (Bay.) ; voy. Mas- 
cudure, Jfasquedui-e. 

Macip, Macipe, garçon, fille : Macjp 
sterle. f.nq. Garçon cadet. Mariote, ma- 
rque sterle. m. Mariette, fille cadette. Ar- 
rauhar massipe. F. b. Enlever une mi- 
neure. Un masip qui cre disiple de Jhesu- 
Xr'ist, anahe ah luy. n. s. Un jeune homme 
qui était disciple de Jésus-Christ, allait 
avec lui. Masipes que anahcn a l'aiigua. 
IB. (Saûl et son compagnon rencontrè- 
rent des) jeunes filles qui allaient puiser 
de l'eau... Afassip no es de hetat (état) en- 
troo xiiiie an^, ni massipe enlroo dotze per 
hener fontz de terra. F. b. Garçon n'est 
pas en âge avant quatorze ans, et jouikî 
iille avant douze, \)onv vendre fonds de 
terre. — , serviteur, servante. — Jlacipr, 
concubine, prostituée : L'ostau de lus 
macipes; 1385 (Monein). dên. La maison 
des jjrostituées. 

MACORROU, homme de mauvaise 
vie. — Esp. <( maco », coquin, vaurien. 

MACOU, celui qui a la parole gros- 
sière, l'action violente, un butor, un brutal. 

MACULA, Macular, maculer. — , 
gâter, frelater : Quant troberan vin macu- 
lât en los serers (cerers). arcii. Quand ils 
trouveront du vin frelaté dans les celliers. 

Madier?, manche d'instrument, d'ou- 
til';:' : U)ig codre ab lo madier. akcii. Lu 
contre avec le manche ?. — Voy. Coudre. 

Madona, madame : Jfadona la rcina 
d'Auf/laferra; 125!J. arch. Madame la 
reine d'Angleterre. 

Madré, murrhe, matière minérale 
(fiuate do chaux), dont on faisait des v;i 
ses précieux : Un gobtu de madrr, redui. 
nb une pome sus lacidjerte. ariii. \' wt' 
coupe de murrhe, ronde, avec une pomme 
sur le couvercle. — Cf. n.c. « mazer. » 

MADU, Madur, mûr : Bèlz mrlnus 
madus. N. past. Beaux melons mùis. 
Miuluret, dim. Maduras, aug. La poumr 
e,y madurete. Que la eau amassa, en. V 
La pomme commence à être mûre, il la 
faut cueillir. — Dans un texte, aikii., 
mature délibération, (ai)rès) mùi-e delile- 
ration. 

MADURA, Madurar, mûrir : //"».■? 
roumoilz i/ii'hait iiuiilunit iiiaiitu cop d.'- 
sempui.rs qui souij hadut. I,K1T. ouTll. !.< s 
froments ont mûri maintes fois depuis (pie 
je suis n(''. \j'arrasini no pot madur. ir. . . 
II. s. Le laisiu n(^ |ieut mûrir. . 

MADURAYRE, (pii fait niûiir. ipii 
rend mûr : l/arrai/oH iiaidurai/rr. Les 
ravoiis (du soleil)(piimûinssont(les l'rnils). 

Maèste. Maestre; voy. Misic. 
3 



38 



MAG 



MAFOÈS , sobriquet des gens de la 
commune de Jasses : il leur vient de ce 
qu'à tout propos ils disent mafoè, ma foi. 
(Foi se dit/ee;en prononçant/oè, on « béar- 
nise » le mot français foi. 

MAGAGNA, être inquiet, hargneux. 
— , quereller, inquiéter, tourmenter. 

MAGAGNE, vice, défaut, tache, dé- 
fectuosité : La hemne qu'ey coum la casta- 
(jnc, Bère dehors edehens la magagne.VK. 
PI. La femme est comme la châtaigne, belle 
dehors et dedans le défaut. — « Femme et 
melon, A peine les cognoist-on .» — « Il 
n'y a femme, cheval ne vache, qui n'ait 
toujours quelque tache.» L. r. de lincy, 
Prov. — It. << magagna .» — Notre mar/a- 
gne signifie aussi discorde, querelle. Cf. 
D.-c. «magagna », avec une citation sui- 
vie de ces mots, « ubi rixam significare 
videtur.» — Quinèy magagnc ! Comme'] m 
du malheur ! 

MAGASII ; voy. Masaguii. 

MAGE ; voy. Ma7je. 

MAGESC, Mayesc, du mois de mai : 
Plouge magcsqne, pluie de mai. 

Magescayre, Majescayre, fermier du 
droit prélevé sur la vente du vin : Losju- 
ratz no 2>ode.ran estar majescayres ni teher- 
ners... F. r. Les jurais ne })ourront être 
fermiers du droit prélevé sur la vente du 
vin ni cabaretiers. Le majescayre était 
aussi débitant de vin : Johan de Casassus 
e consors, magescayres deu loc de Laruntz, 
sera[n] tengut[z] de probedir las hesins a 
pot, inchè, pinta epinto, depuixs las qitoate 
hores deu mati entra a las nau liores de 
brespe... arce. Jean de Casassus et con- 
sorts, fermiers du droit prélevé sur la 
vente du vin du lieu de Laruns, seront te- 
nus de pourvoir les «voisins» (les gens 
de la communauté) à pot, « pichet », pinte 
et chopine, depuis quatre heures du matin 
jusqu'à neuf heures du soir (et ceci, du 
l'^'" jour de mars prochain au jour de no- 
vembre suivant qui sera le jour commu- 
nément appelé mariera, la Toussaint). — 
Voy. Mayade. 

Magesque, Majesque, ferme du droit 
prélevé sur la vente du vin : Deffe')idut aus 
juratz d'estar partlcipans a las magesques 
e de tenir taverne ordinari. . . p. R. Il est 
défendu aux jurats d'être participants à 
la ferme du droit prélevé sur la vente du 
vin et de tenir cabaret ordinaire. — , lieu 
où le magescayre (voy. ce mot) débitait le 
vin (entrepôt) : Far bender en la mages- 
qua quoate barriques de bhi bielh qui es 
fois lo cJiny de ladite magesqua. arch . Faire 
vendre à « l'entrepôt » quatre barriques 
de vin vieux qui est (qui sont) dans le chai 
dudit « entrepôt .» — 'V^oy. Mayade. 



MAG 

Magistèe, Magister, maître, celui 
qui enseigne, maître d'école : Ccmselh jier 
e/egir magister de las escalas. SÉr. (R(;u- 
nion du) conseil pour choisir le maître 
d'école. Peyralet de Bachaba tieba ung via- 
gïster en samayson.lB. Pierre de Bachnl),! 
tenait (avait) dans sa maison un maîlic 
(pour instruire ses enfants). — Voy. J/aù.s- 
ter. 

MAGNI, terme injurieux, un Auver- 
gnat, ramoneur ou chaudronnier. — «M.i- 
gnin», chaudronnier ou ferblantier amlni- 
lant. MISTRAL, Dict. — Dans le Rouergin', 
« mognot » , étameur. vayss. , Dict. — 
« Maignans, vieux mot qui s'est conscrv»! 
dans quelques provinces de la France 
pour désigner les chaudronniers aml)u- 
lants. On écrivait aussi maîgnens .>■> ciii':- 
RDEL , Dict. lùst., etc. 

MAGNIFICA, louer, exalter, céh'- 
brer : Jlfagnifica sa liautessa PS. ( céléliivi 
sa hauteur), célébrer le Très-Haut. 

MAGNOTES, menottes que l'on met 
aux poignets d'un prisonnier. 

MAGNOUS, maniéré, affecté, minau- 
dier : Au tribalh qu'èren chic 7nagnoiiK. 
NAV. Au travail ils étaient peu « boudeurs . » 
— On dit en fr. d'un brave soldat qu' « il 
ne boude pas au feu .» 

MAGORRE ; voy. Sagorre. 

MAGRE, maigre. Magret, magrin, m<i' 
grot, 7nagrou, dim. Magrautet, magrnutin. 
magroutot, magroutou, superdim. Jlfagrat^, 
aug. — Magre coum u ardit ..., coiirn ii 
picaranh. PRov . Maigre comme un liard . . . , 
comme un pivert. Mey magre qiiu cent dr 
clans. Plus maigre qu'un cent de clous. 

MAGRÈRE ; voy. Magrou. 

MAGRÉS, masc. plur., les i)artios 
maigres du lard. 

MAGRÉS, masc. plur., terres maigres, 
stériles. 

MAGRESTII, maigrelet, un peumni- 
gre. jlfagrcstinat, un peu maigrelet. 

MAGREYA ; voy. Magri. 

MAGRET, nom d'un hameau, com- 
mune d'Orthez. Ce nom est employé dans 
quelques locutions : Bouhèmis de Magret. 
D. B. Bohémiens de Magret ; mendiants 
et gens mal famés, de tout sexe, qui peu- 
plaient ce hameau d'Orthez. Sans appar- 
tenir à la race des Bohèmes, ils en avaient 
presque tous les vices : de là le nom flé- 
trissant sous lequel on les désignait. — 
L'assemblade de Magret. IB. L'assemblée 
de Magret. Au lieu le plus écarté du ha- 
meau, loin de toute habitation, se tenaient, i 
dans les bois, des réunions clandestines 
de protestants qui, forcés do se cacher •■ 
pour célébrer les cérémonies de leur culte, 



MAJ 



MAL 



39 



xviir s., allaient dans les dénerts, comme 
i;ii (lisait alors, pour entendre la parole 
le lours pasteurs. A cette époque, et même 
il n'y a pas longtemps encore, non-seule- 
iiicnt à Orthez, mais aussi dans beaucoup 
il'aiitres localités du Béarn, quey deus de 
}f(iiiret, il est de ceux de Magret, se di- 
sait injurieusement à l'adresse d'un pro- 
testant : on le traitait d'arré-h'dh de Ma- 
gret, petit-fils (descendant d'un protestant) 
de Magret. 

MAGRI, maigrir. Il a pour inchoatif 
ii/'i,;/reya. 

M AGROU, maigreur. — Mafjrèrr, se 
'\\l de ce qui est décharné, stérile, pauvre; 

I tntde pénurie; acte de lésine.— iV')« y- 
li'i ([ue magrère ; en fr. populaire, « il n'y a 
[las gras. » 

MÀGUT ; voy. Mahe. 

MAHA, au lieu de Mulha. — Voy. ce 
mot. 

MAHERAA (de ma M ! pour mafee ! 
ma foi ! ) ; employé comme sobriquet des 
LTons du pays deBigorrc, qui disent à tout 
[iiupos ma hé ! — -, terme injurieux, rustre. 

MAHEREYA, dire ma hé ! ma foi ! 
à tout propos, par mauvaise habitude. — , 
parler comme un rustre. 

MAHEROIJ, terme usité au quadrille, 
pli d'hombre à quatre. Hahé maherou, cent 
.i\'iiren main des cartes de deux couleurs, 
l'une de trois atouts. 

MAHOU, fleur, espèce d'œillet. 

MAHOUMET, Mahomet. Dans quel- 

I I nos locutions proverbiales, c'est le diable: 
I ' iiurmand coutil 2)adère, que-s m'nijarc hm 
'■urnes de Mahoumet (Oloron). Gourmand 
comme la poêle ; il se mangerait (il man- 
gerait) les cornes du diable. Qu'ey de la 
pèt de Mahoumet. Il est de la peau du dia- 
ble. 

MAHUTRE, MAHUSTRË (Hay.), 
grossier, rustre. — Mahutilre arratalhc, 
A Kl KL. Rats repoussants. 

Malade ; voy. Mui/ade. 

Maiencque, Maiesque; même signi- 
fication que Maijadc. Voy. ce mot. 

Maiester (maître), écolâtre, chanoine 
chargé de la direction des écoles. L. 0. — 
Voy. Magistèe. 

Maior, Maiormentz ; voy. Mayou, 
Muyouramcniz. 

Mail*, Maire ; voy. May, 1 ; ^fayrc. 

Maitad; même signification ipie Min/- 
tut. 

Majescayre, Majesque ; voy. Ma- 
gencayrr, Magrsqnr. 
I Majorau, Majoritat ; \ny. Mityou- 
rau, Mayou ri lat . 

MAJOU, Major; même sigiiilicatioii 
que Mayou, Mayor. 



MAJOURANE ; voy. Mayourane. 

MAJOIJRESSE ; même signif . que 
ifayouresse. 

Mal ; voy. ]\[au. 

Malabey, maladie, dans F. B., édit. 
MAZDRE et HATOULET, p. 128. — Dans Ch. 
cr. alb., édit. P. meyer, « raalavetz. » 

M AL AC ARE ; voy. Male-care. 

MALACARÈ, masc. (mauvais air de 
visage), mauvaise humeur. 

MALACARO"US, de méchante mine: 
Arnaut malacarous que la seg. . . coude-floux 
e peu rous. SEi. Le chat à mine refrognée, 
({ueue fiexible et poil roux, la suit (suit la 
vieille femme). — , inquiet, acariâtre, mé- 
chant. — Sent-Yan hrahe e prous, Sent- 
Pierre malacarous. pr.b. Saint-Jean (est) 
bon et doux, Saint-Pierre acariâtre. II ré- 
sulte d'observations locales, qui datcntde 
loin, que le plus souvent il fait beau le 
jour de la Saint-Jean, et qu'il pleut ctgrêle 
le jour de la fête de Saint-Pierre. 

MALADISE; voy. Maudise. 

MALAGE !; môme signification que 
Malaye ! 

MÀLAMENTZ, Malament. mécham- 
ment : Me brassan malamen\t\ un lâche 
torn. PS. Ils me brassent (ils trament con- 
tre moi) méchamment un lâche tour. — , 
malheureusement, par malheur, nav. 

MALANDRÈ, abattement, état de ma- 
laise général : Goaritz ma mulaudie... 
(Ju'èy lou malandrè tout loïc die. i.\M. Gué- 
rissez ma maladie... J'ai l'abattement tout 
le jour. — , mollesse, manque de vigueur, 
indolence. On dit aussi il/afa;i<3. 

MALANDREYA, avoir le mulandrè, 
être abattu, languir. 

MALANDROUS, qui est dans im état 
d'abattement, de malaise, qui languit. — , 
mou, sans vigueur, indolent. On dit aussi 
}rulan('. 

MAL.ANÈ, subst. et adj. ;même signi- 
fication (pie Malandrè; ^^aktndrous . 

MALAIJ, Malaut, Malaud, malade: 
B'haliein hist mantu inalau Enta la darrirr 
auhergade lia lou darrè pinnet . sur. Nous 
avons vu maint malade pour le (poiu* aller 
au) dernier gîte faire le dernier saut. Taa 
bcroyes malaudes Qui parlrn des Icjn 
mouri. N.W. De si jolies malades qui par- 
lent de se laisser mourir. — La raru rs 
malaute pcr paordelaniort. II. S. La chair 
est infirme par peur de la mort. —, h'- 
preux : L'espiiau drus iwilaux. nfiN. L'hop:- 
tal des lépreux(à Sainte-Maric-d'Oloi-iinV 
L'ostau dcuK umUius de Srnt Lazr. m. I.a 
maison des (lé|ireux) malades de saint I/i- 
zare(Lc.^car). — Dansle Lot-ct-Garunni'. à 
Nérac, un emplacement en aval île la lîa'isc 



40 



MAL 



MAL 



s'appelle encore aujourd'hui lou camp dous 
malaus, le champ des lépreux. Voy. la 
Guirlande des Marguerites,]). 138; Nérac, 
Lud. Durey, 1876. — D'un malade dont 
l'état ne doit causer aucune inquiétude, on 
ditproverl)ialement: Malau de Scnt-Seber, 
L'aie 2)oudude e lou bèc sancé. Malade de 
Saint-Sever, l'aile coupée et le liée entier. 
MALAUDÈ ; même signification que 
Malaudis, subst. 

M ALAUDEYA,être maladif, être dans 
un état prolongé de maladie . 

MALAUDIE, maladie : D'aqu'm ba- 
doitn douions e malaudies . bor. De là na- 
quirent douleurs et maladies. 

MALAUDIS, maladif. —, subst., lou 
malaudis, l'état persistant de maladie. 

MALAUDOUS, Malaudoos, lan- 
guissant, qui est dans un état de faiblesse 
causé par la maladie: Lo Ihcyt on cru ma- 
laudoos. PS. Le lit où il était languissant. 
MALAYE ! MALAGE ! dans f. E<iL. 
[mal haye, mal âge, mal ait), malheur ! ex- 
pression de regret, de malédiction. Malaye 
la sèrp ! BOR. Maudit le serpent (qui vint 
tromper Eve !}. Alalaye ! quoand te bi trop 
charmante brunete... DRSP. Malheur! quand 
je te vis, trop charmante brunette. . . . — , 
subst. plur., regrets, malédictions. Quoaiit 
de maluyes. Combien de regrets, combien 
de malédictions. — Dans BAVN.,i/&r., iv, 
p. 127 : (' Mat aialjorns qu'amorsmifetz 
emprendre. » Mal ait le jour qu'amour me 
fit éprendre. — Cat. «Malhaja. » 

MALAYSE, malaise : Esta a ma- 
layse (être à malaise), n'être pas à l'aise. 
Ha a malayse (faire à malaise), être dans 
la gêne. 

Malbat; voy. Maubat. 
Mal-cadedor, mal-caduc : Malau deu 
mal-cadedor. Aucn.'Mala.de du mal-caduc. 
MALE, malle : Une grosse maie per 
portar la cosne e lo capsus de Alosscnhor . 
R. Une grosse malle pour porter la couette 
et l'oreiller de Mgr (Gaston-Phœbus). xî/a- 
lete, malote, dim. J/aZasse, aug, 

Malebotz, Malebutz, empêchement, 
opposition judiciaire : Si degun y a metut 
maie votzouimpedimeiit. COUT. s. Si quel- 
qu'un y a mis (a mis à la vente des biens) 
opposition ou empêchement. Mo.le Imdz 
no-iaudi. L. o. Il n'entendit pas (qu'on 
y mît) opposition. Dans le même texte, mala 
vudz, iitala vuz. 

MALEBOULENCE, Malebolence, 
mauvais vouloir, malveillance : Per ma- 
levolence. f.b. Par mauvais vouloir. On 
trouve aussi Malibolence. 

MALE-CARE, Malacare, mauvaise 
figure, mauvaise mine -.Entre dounc... y 



nouhés mcdacare . pey. Entre donc et ne 
fais point mauvaise mine; ( ici l'on s'a- 
muse) . 

MALE-COEYTE; voy. Coeyte. 

MALEDICTIOU, Maledictioo, ma 
lédiction : Coignade ed a de malcdiction 
Sa bouque. PS. Il a (le méchant a) sa 
bouche pleine de malédictions. 

MALEFEES, gens de mauvaise foi. 
Sobriquet des habitants de la commune 
de Monassut : Malefees de Monassut. D. b. 
11 y a là des légistes qui protestent con- 
tre le sobriquet, le code à la main (C civ, 
liv. III, tit. xx,ch.v, sect. m, art. 2268) : 
« La bonne foi est toujours présumée, cl 
c'est à celui qui allègue la mauvaise foi 
à la prouver. » Il faut reconnaître que 
cela serait aujourd'hui très-difficile relati- 
vement aux gens de Monassut. 

MALEFICI, méfait : Dar thianssers 
au senhor perlas maleficis e excès... F. b. 
Donner des gages au seigneur pour les 
méfaits et excès (commis ou qui seront 
commis). — , maléfice, sortilège. 

MALE-HÈYTE, Mala-Feyta, mau- 
vaise action, méfait. — , malfaçon. — Dans 
F. B., délit, dégât, dommage. 

MALENCOUNIE, Malenconie, mé- 
lancolie. — , tristesse, affliction : ilons 
oelhs embriimatz .s'en van de malenconia. rs. 
Mes yeux s'en vontobscurcis (s'obscurcis- 
sent) par l'affliction. — , ressentiment, 
haine : Que tote rencor e malenconie f os so- 
2nde. arch. m. Que toute rancune, haine, 
fût assoupie. 

MALENCOUNIOUS, mélancolique. 
— , triste. — , haineux. 

MALENCOUNTRE, Malencontre, 
masc, (mauvaise rencontre), heurt, choc. 
— , contre-temps, accident, malheur. 

MALE-PÈT (mauvaise peau); per- 
sonne méchante, endiablée. 

MALERO"DS ; voy Malhurous. 

MALEROUSAMENT ; voy. Malhn- 
rousament . 

MALES (fém. plur. de l'adj . mau, maie, 
méchant) forme avec les prépositions a 
de la locution adverbiale a de maies, mé- 
chamment. Ha a de maies. Faire mécham- 
ment, agir avec la volonté de faire mal. 

MALES, MALES, masc, méchan- 
ceté : Lor lengoa fausse e j^lea de malés. 
PS. Leur langue fausse et pleine de mé- 
chanceté. — , irritation, courrou.x : Bessa 
suus eds ton corrous e malès. IB. Verse (ré- 
pands)sur eux ton irritation, ton courroux. 
-;— , temps d'orage, orage : Aquet malees 
dessus Lesca, Comhet delutge gran, que 
fondou... F. Egl. Cet orage, comme un 
grand déluge, fondit sur Lescar. 



MAL 

MALESSE, malice, méchanceté : Evi- 
hrr totes inalesses e diffugis. F. B. Eviter 
li.utes malices et (tous) subterfuges. Per 
l'ur.^ (jrans malessas, i:>erfufjir ajustkie. IB. 
\'\v leur grande méchanceté, pour fuir la 
justice. — Faratz malesses . H. s. Vous fe- 
rez des iniquités. 

Malestancie, inimitié, haine : Per a- 
'j/irt contrast se segu'in e se son seguides 
iiKiftz, x>lagas e malestanciis enter ves'às. F. 
u. A. la suite de ce différend surviennent 
,r sont survenus meurtres, plaies et hai- 
i! - entre voisins. — (Mazure et Hatoulet 
,!it traduit malestanciis par mauvais pro- 
cédés.) 

MALESTRUG , Mau-astruc, mala- 
droit: Que nat cop malestruc nou-p trenque 
1,1 talhe. NAV. Qu'aucun coup maladroit 
110 vous rompe la taille. 
MALiETROTE, maltôte : Sarjaiu y 
/.s de maletrotes. F. Egl. Des sergents 
-eus de maltôte. (f. avait écrit sarjans, 
i.i'i/letrottes.) 

MAL.H, partie inférieure du dos, la 
Il 'irion lombaire : (Me) fretï plaa diuque 
n'issus lou malh.r. Past. Je me frott<j bien 
ias(pi'au-dessus des hanches. — Nuii boinj 
/ms risca de-m lia grillia lou malh. mey. 
le ue veux pas risquer de me faire griller 
hs reins. — Que-s mousqueye Ions lualhs 
e qu-'nrmugue... SEi. (Le bœuf) se chasse 
(avec la queue) les mouches dos flancs et 
rumine. 

MALH (flanc de montagne), montagne: 
Au soum deus malhs la nèu... A. M. La 
neige au sommet des montagnes... Malh- 
Abore, Malh-Rouy. dict. Ces montagnes 
appartiennent aux communes de Redous, 
do Lees-Athas et de Lescun. MalhAhore 
est la montagne des hêtres (hahoure, hê- 
tre) ; Malh-ilouy est le même mot que Tu- 
que-Rouge, qnï est, dans les H.-Pyr., <i une 
moutagne (iuque) où les bergers prennent 
une ocre qu'ils employent à marquer leurs 
moutons. » c. Le nom d'une de nos mon- 
tagnes du pays Basque, Mulgor, dans la 
commune de Larrau, send)le identi(|ue au 
Mulh-Rouy béarnais : uumbolo (Recher- 
ches, etc., ch. xvii) a relevé le radical eus- 
karien mal dans des mots signifiant « col- 
line » ou « roide, escarjié », et l'on sait 
que, dans la langue des Basques, yorrj si- 
gnifie rouge. 

MALH, gros marteau de forge, mail- 
let de fer : Rumpon las portes ah... malhs 
de. fer e ah i)ioles. M. o. Ils rompirent les 
portes avec des maillets de fer et avec des 
haclies. — , maillet de bois pour briser le 
hn. 
MALHA, Malhar, (faire des mailles), 



MAL 



41 



tresser, natter. On dit aussi Maha. — Voy. 
Amalha. 

MALHA, Malhar, battre pour en- 
foncer, enfoncer : Malhar los paus de la 
nasse, arch. Enfoncer les pieux du barrage. 
— , briser le lin. 

MALHADÉ, tronc sur lequel on brise 
le lin. 

MALHAT, maillé : Fune plaamalhade. 
H. P. Une fronde bien maillée. 

MALHE, maille. — (Barétons), un an- 
neau de la crémaillère. 

MALHEBA, Malhebar, donner, ob- 
tenir mainlevée. — Une femme avait été 
emprisonnée comme sorcière, 1393; on 
supplia Mgr le comte souverain de Béarn, 
donas a malhevar, s. B., qu'il accordât la 
mise en liberté (sous caution) de cette 
femme. 

MALHEBA, Malhebar, emprunter: 
Malhehara sens rende. PS. Il empruntera 
sans rendre. Malhebahe ^xf[a], hii, aur e 
(trgen\t\, dequedz ond trohahe que lo-n ho- 
lossen prestar. bak. (Gaston de Foix, ba- 
ron de Coarraze, était si dénué de ressour- 
ces qu') il empruntait à quiconque voulait 
lui prêter pain, vin, or et argent. 

MALHEBADOIJ, Malhebador , 
emprunteur: Bons malhebador s... seobli- 
guenab cartus publiques apagar. F. B. Bons 
emprunteurs s'obligent par actes publics 
à payer. 

MALHET (voy. 3Ialh, 1), déhanché, 
qui a un défaut à la hanche, qui boite à 
cause de ce défaut. 

MALHEUTE. mainlevée. — , mise en 
liberté (sous caution) d'une personne déte- 
nue en prison : En tant que sic stade doman- 
dade malheutedeu corps epersone de Ber- 
traiiete. s. B. En tant «pi'ait été demandée 
la mise en liberté du corps et personne 
de Bertranete (détenue comme accusée de 
sorcellerie; 1508). 

MALHEUTE, Mauliute, emprunt: 
Souher. . . de sas prop'is die'is e no d'autre 
mauliute. l. o. Payer (la dette) de ses 
propres deniers et non d'un autre emprunt 
(sans faire un nouvel emprunt). 

Malh-mautoo, hie, pièce de bois de 
trois ou quatre pieds de haut, ronde et fer- 
rée par les deux bouts : Rumpon las por- 
tes ab malhs 7nautoos e malhs de fer e ah 
piolcs. M. 0. Ils rompirent les portes avec 
des hies, des maillets de fer et avec des 
haches. 

MALH-MOUTOU, mouton, masse do 

fer ou grosse pièce <lc bois armée de fer. 

((u'on élève et qu'on laisse retomber sur 

des pi(Mix pour les enfoncer en terre. 

MALHOC, Malhuc, gros maillet do 



42 



MAM 



MAN 



bois dur, à manche court, dont se .servent 
les menuisiers, les charpentiers. — , instru- 
ment pour émotter. 

MALHOQUE, Mallmque, fém., es- 
pèce do maillet à long manche. 

MALHOQUE (Bay.), espèce de cpie- 
nouille brune et veloutée qui pousse à l'ex- 
trémité des joncs dans les marais. » lag. 

MALHOT, maillet, espèce de marteau 
de i)ois à deux têtes. 

MALHUG, MALHUQUE;voy. Ma- 
Ihor, 31((lhoque. 

MALHUCA, frapper à coup de mail- 
let. 

MALHUR (pron. Mahir), malheur. 

MAL.HURAU (pron. Malurau), mo- 
ment de malheur. — , qui présage du ma- 
lheur : Nau, malhurau. Neuf, (nombre) de 
malheur. Tout le contraire dulat. «numéro 
deus impare gaudet. » 

MALHUROUS (pron. Malarous), 
Malhuroos, malheureux : La haut sus 
la mountanlie, Uimstoumalhurous... DiiSP 
Là-haut sur la montagne, un pasteur ma- 
lheureux.. . Qui ans boos mau volera, Pé- 
rira malhuroos. PS. Qui aux bons voudra 
mal, périra malheureux. On dit aussi il/a- 
lerous. 

MALHUROUSAMENT (pron. Ma- 
lurousument), malheureusement. Malcmu- 
sanient, même signif. 

MALHUT [àeMalh, I), qui a les han- 
ches saillantes. 

Malibolence, Malibolent ;voy. il/rt- 
Icboulence, Mauhoulent. 

MALICI , malice, méchanceté, ini- 
quité. 

MALICIOUS, Malicioos, malicieux, 
méchant : La malicÀoos inr sa malici mo- 
rira. PS. Le méchant mourra par sa ma- 
lice. Dolositatz de tropes gentz malicioses . 
F. B. Tromperies de beaucoup de méchan- 
tes gens. 

MALICIOUSAMENTZ, Malicio- 
samentz, malicieusement, méchamment, 
avec violence. 

MALII, malin : Leuyère emalinecrearle. 
LAM. Légère et maligne créature. — Los 
malis. PS. Les méchants. — La inaJine, en 
parlant d'un mal, l'inflammation. 

MALINCOUNIE ; même signification 
que Malencounie. 

MALINGOUNIOUS; voy. Malencou- 
nious. 

MALINES(Aspe), las malines, large 
jiantalon de grosse toile que les ouvriers 
mettent par dessus un autre pantalon qu'ils 
ne veulent pas souiller en travaillant. 

MALLE, MALLÈRE; môme signi- 
fication que Marie, Marlère. 

MAM ; voy. Bedc, 3. 



MAMAA, maman. Manma-mi, Mami, 
bonne-maman, grand'mère. 

MAMAU, mot enfantin, mal, le plus 
souvent un « bobo. » 

MAMI ; voy. Jlfamaa, Jlfanum. 

MAMOU, grand'mère. Les enfants di- 
sent ]\faini, Majnourete, Mamourïne. 

MAMOURETE, MAMOURÏNE; 
voy. le précédent. 

M'AMOURETE, MAMOURÏNE , 
m'amour: lia m'amouretes ou m'aïuou- 
rines, faire des m'amours. 

MAMUDA, Maamudar, changer de 
main ; se dit de la transmission de la pro- 
priété d'un bien par vente, échange, etc.: 
Lo feaa no se pusque hener ni maamudar . 
AKCn. Que le pré ne se puisse vendre et 
que la propriété n'en soit pas transmise. 

MAMUDE, Maamude, changement 
demain, transmission de la propriété d'un 
bien. — , droit de mutation. 

MAN; voy. il/aa, 1. 

Man, Maut, mandement, commande- 
ment : Taritz jorns après que lo man sera 
feyt. F. B. (Qu'ils comparaissent) tant do 
jours après que le commandement aura 
été fait. — , convocation : Congregatz feus 
lor maison comune ati man de lor fedexor . 
S. B. Assemblés dans leur maison com- 
mune sur convocation de leur officier mu- 
nicipal. Zo messadge. . . qui losmantzaura 
feytz. F. B. Le messager qui aura fait les 
mandements ( convocations pour tenir 
cour). — Voy. Mandament. 

M AN A, Manar ; voy. Manda. 

MANADE , poignée. A manades, h 
poignées, à pleines mains. — Voy. Manat. 

Manador, subst. ; voy. Manadou. — , 
adj., qui peut être, qui doit être mandé : 
Ilost mandi leyaumentz, loquoau sie mana- 
dor per IX dies. F. B. (Que le seigneur) 
mande 1' « host » loyalement, lequel doit 
être mandé pour neuf jours. 

MANADOU, Manador, agent com- 
munal, agent dejurade;\oj. ce mot. 11 
faisait les convocations pour les assem- 
blées communales ou de «jurade »: Los 
juratz de Ossau manatz ^^e?" man de lor 
manador. ARCH. Il percevait une sotade, 
un salaire : La sotade deu manador. id. 

Manadure, convocation : Manadures 
de cort que sefen ...a la requeste deu pro- 
curayre deu rey. COUT. s. Convocations de 
cour qui se font à la requête du procureur 
du roi. 

Manament ; voy. Mandament. 

Mana obre ; voy. Manohre. 

MANAT, masc, poignée, autant que 
la main peut contenir. — Voy. Hfuiiade. 

Manau, arc à main : Granjoc deu ma- 



MAN 

nau. F. Past. Grand jeu de l'arc (exercice 
de force pour bander l'arme et d'adresse 
pour lancer la flèche). — rayn., « arc ma- 
nal .« 

MANAU, mendiant : Manaus d'Auhii, 
mendiants, vagabonds d'Aubin, disent mé- 
chamment les voisins des habitants de ce 
village. — Dans le Gers, «manarrou.» 

MANCA, manquer : Nou mancahi nat 
ser de trouba-m a tau hèste. P. Je ne man- 
quais aucun soir de me trouver à telle 
fête. Nou manquein de... Ne manquons 
pas de... — , réf., se tromper, être eu dé- 
faut, manquer le but. 

MANCAMENT, Manquement, man- 
quement : Aco hou manquament [manca- 
vient) d'u pèc, d'u auruguè. BOR. Cela fut 
manquement d'un sot, d'un évente. 

MANGANCE, fém., manque, défaut 
de, absence de. 

MANCHA, emmancher, mettre un man- 
che. 

MANCHE, Mangue, Manye, manche, 
partie du vêtement qui couvre le bras : 
Gonele de cordelhat d'Oloron... tintât en 
perxs ah sas manges goarmdes si bien aussi 
que h drap mérite, arcii. Vêtement de 
« cordelat» d'Oloron teint en pers, avec ses 
manches bien garnies, ainsi que le drap le 
comporte. — Part au sac, part a la man- 
che. PR. B. Part au sac, part à la manche. 
Un escamotage. Se dit de quelqu'un qui 
fraude, à son profit, en faisant pour au- 
trui les parts d'une chose. 

MANCHOU, Mange, Mange, manche, 
poignée d'un instrument, d'un outil. Ma- 
nye d'escouhe, manche de balai. AcahaJatz 
sus grans manges d'escouhe. picy. (Sorciers 
et sorcières) à cheval sur de grands mau- 
fhos de balai. — Dans villon, « chevau- 
chuur d'cscovettes», sorcier. 

MANDA, MANA, Mandar, Manar, 
mander, envoyer dire, faire savoir par Ict- 
Lic ou par message, enjoindre de venir : 
Biilem e vos mandant, que, de diïaus proxi- 
niar hient en \iu jnrns, siatz a Murlaas ah 
lotcslas gentz d'arntes. . . r. Nous voulons 
ot vous mandons que, de jeudi proche ve- 
nant en huit jours, vous soyez à Morlaas 
avec tous les hommes armés (que vous 
pourrez avoir). — Sa qui Diu ahe manat. 
H. s. Ce que Dieu avait ordonné. — Jfanda 
ausjuratz que lo j^rohedissen de las causes 
neeessaris. bar. Il ordonna aux jurats qu'ils 
1(! pourvussent des choses nécessaires. 
.\fanani vos que trametatz auguns de vostrcs 
juratz. K. B. Nous vous mandons (pievous 
envoyiez quchpies-ims de vos jiuaLs. Mos- 
seu, (laston.fe nuvndar cort niagor de Bearn. 
115. Mgr Gaston fuit convoquer la « cour 
majour » de Béarn. 



MAN 



43 



MANDAMENT, Manament, man- 
dement, ordre, convocation : Segoml la 
mandament de l'avesque o de son vicari. F. 
B. Selon le mandement de l'évèque ou de 
son vicaire. Cornpdi lo mamunent deu reg . 
H. s. Il accomplit l'ordre du roi. Ot7-e las 
rnandamentz, son tremetudes autes letres 
clauses. F. B. Outre les mandements (con- 
vocations pour tenir cour), sont transmises 
autres lettres closes. De manament de 
Monsenhor Gastoo. IB. De mandement de 
Mgr Gaston. 

MANDE, MANDE'COUMU, valet 
communal. 

MANDIA, MANDIANT ; voy. Men- 
dia, Mendiant. 

MANDICAYRE ; voy. Merulicuyre. 

MANDILHA (donner une frottée), 
battre. — Esp. « mandilar )>, essuyer le 
poil d'un cheval avec un torchon. — Port. 
« mandil », gros drap pour nettoyer. 

MANDILHADE, frottée, rossée que 
l'on administre à quelqu'un. 

MANDOURRE, femme qui a l'esprit 
obtus. — Dans le Dict. à la suite des œu- 
vres de Goudelin, (( moudourre », grosse 
tête, idiot. 

MANDUCA, manger ; se dit de ceux 
qui, en dehors des repas, cassent la croûte, 
croustillent fréquemment. 

MANDUCA YRE, qui casse la croûte, 
qui croustille fréquemment. 

MANE; se dit d'une femelle qui n'a 
pas, qui ne peut pas avoir des petits : 
Quoate... egoes, las dues prenhs e las autes 
dues mânes, arcu. Quatre juments, les 
deux pleines et les deux autres sans pe- 
tits. Parmi nous autz nou y-ha Jamey d'a- 
nesques mânes, nav. Parmi nous autics, il 
n'y a jamais de brebis stériles. — U ar- 
ramat de mânes. Un troupeau de brebis 
(pli ne sont plus aptes à produire et (pic 
l'on engraisse pour la boucherie. — Poit., 
« maniuhez », infécondité; « maniuho »•, 
stérile. 

MANEGAU, Maneyau, outil de for- 
geron. 

MANE J A , MANE JADE ; voy. Ma- 
ncya, Mnnrgaili'. 

MANE JADOU ; voy. Maneyadou. 

Manerie ; voy. Manière. 

Manescauc ; même significalion (jiie 
Marcclidl. 

MANESTRAU , artisan : Las gcniz 
de Coarrase, gcntz simples, maneslraus e 
lahnradors. BAR. Les gens de Coarrazc, 
simpltis gens, (tous) artisans ot laboureurs . 
Simples lauradoos o mrnestraiis {nianrs- 
Iraus). V. II. Simples laboureurs ou arti- 
sans. 



44 



MAN 



MAN 



MANESTRE ; se dit faniili.Memont 
au lieu de ineMresse, maîtresse, qui vit 
avec quelijirun dans uu commerce d'a- 
mour. 

MANESTRE, Manestrer, méuétrier. 
— , méuestrel : Un<j maneslrer, companhoo 
de Ilalhret. R. Un ménestrel comj)agnon 
d'Albret. 

MANEY, maniement :Z7sto de hou ma- 
ney . ¥àvq de bon maniement, être facile 
à manier. — , avoir un bon caractère. 

MANEYA, Maneju, manier. — Oun 
hariese inancye. Que s'engaha a las paretz. 
PU. H. Où farine se manie, il s'en prend 
aux parois. — « Qui entre dans un mou- 
lin, il convient de nécessité qu'il s'enfa- 
rine. » ii. i.e gay. — « Qui traite la poix, 
s'enibruuille les doigts. » L. r. dk li.ncv, 
Prov. 

MANEYADÈ, Manejadé, maniable, 
qui est aisé à manier. 

MANEYADOU, Manejadou, manieui-, 
qui a l'habitude de manier, qui sait ma- 
nier. 

Manèyre ; voy. Manière. 

Manganèu, Mangmnèu, mangonneau, 
engin de guerre qui servait à lancer des 
traits et des pierres : Las cahllhes de 
mauf/aneus. R. Les chevilles des mau- 
gonneaus. Pesé la corde deus mangu'meus 
un quintau e un coart. IB. Que la corde 
des mangonneaux pèse un quintal et un 
quart. 

MANGE ; voy. Manche, Manchou. 

MANGE- B'R O G E , Mangc-hroye , 
(Aspe), qui mange de la « broge » ; voy. ce 
mot. — , bredouilleur. — Voy. Manye- 
hroye. 

Manguinéu; même signification que 
Manganèu. 

MANIBÈU, baliveau. 

MANIÈRE, Manèyre, Manerie, 
manière. 

MANIFEST, manifeste : Que degun 
ne deffene la traydor manifest. F. B. Que 
personne ne défende le traître manifeste. 

MANIFESTA, Manifestar, mani- 
fester. — , déclarer, montrer des marchan- 
dises à la douane : Marchandises manifes- 
tades. P. R. Marchandises déclarées, ^[a- 
mfestar las marchandises. IB. Déclarer, 
montrer les marchandises. — , déclarer, 
faire connaître : No ago vergonha de ma- 
nifestar sou peccat dahanttotz. H. s. (Da- 
vid) n'eut pas honte de déclarer son pé- 
ché devant tous. —, révéler : A nos te 
vuin'ifestaras e no au mon? IB. (Seigneur, 
d'où vient que) tu te révéleras à nous et 
non au monde ? 

MANIFESTAMENTZ, ouvertement, 



publi((uement : Are hedem que paMes ma- 
nifesta ment':. H. s. Maintenant nous voyons 
que tu [larles ouvertement (s;ins parabo- 
les). Tostenips ey i^arlat iiumifesfai/ient:: e 
encenhat en las sinaguogas . IB. J'ai tou- 
jours parlé publiquement et enseigné dans 
les sinagogues. 

MANIGAT, découplé ( de corjis et 
d'esprit). 

MANIGLE, manique. — Moussu de 
la nianiglc, monsieur de la manique ; un 
Cordonnier. 

Manipoli, ligne, complot : Los besiis 
aven feyt manipoli, emprese. ARCH. Les 
voisins avaient fait ligue, entreprise ; (s'é- 
taient ligués pour entreprendre contre...). 
— Cf. dans villon. Trois. Rep., «mono- 
poles», cabales, com[ilots. — D.-c. « ma- 
niiioliura. » 

MANISTÈRI, MANISTRE; voy. 
Ministèri, Ministre , 

Manistrerie, ministrerie ; on dési- 
gnait })ar ce nom l'école de droit de Poi- 
tiers. On a cru que le nom de « ministre », 
(pasteur protestant) venait de « ministre- 
rie », parce que l'un des principaux pro- 
sélytes de la doctrine de Calvin fut un 
professeur de cette école : Dequet regen\t] 
sortit de sa manistrerie, Manistres a nomat 
la huganauterie Lous qui, com ed, se son 
mellatz de ha prediqs . F. Egl. De ce ré- 
gent sorti de sa d ministrerie», les hugue- 
nots ont nommés «ministres» ceux qui, 
comme lui, se sont mêlés de faire prêches. 
Cela semble fort douteux. Il n'est pas non 
plus probable que le nom de cministrerie", 
comme on l'a dit, ait été donné « aux éco- 
les de droit », parce que quelques profes- 
seurs « avaient pris la qualité de ministres 
de la nouvelle religion. » 

MANJATÈRE (Aspe) ; même signi- 
fication que Minyadere. 

MANJE-CROUSTES (Aspe); voy. 
Minge-croustes . 

MANJURIE (Aspe), vermine. — , pei-- 
sonne ou personnes qui vivent aux dépens 
d'autrui. — Voy Minyance. 

Man-mise, mainmise : Man-m,ise. . . 
suus la haronia de Coaraza. BAR. Main- 
mise de la baronnie de Coarraze. 

MANNE, manne : Lo désert de manne. 
H. s. Le désert (où le peuple d'Israël fut 
nourri) de la manne. 

MANOBRE, manœuvre, exercice : Ha 
la manobre, faire la manœuvre, l'exercice. 
— , prestation, corvée : Esta de manobre 
(être de manœuvre), faire ses prestations. 
En carreis ne en autres manobres no son 
ten'gutr: de anar. COUT. s. Us ne sont tenus 
d'aller aux charrois ni à d'autres corvées. 



MAN 

On trouve dans un texte, arch . , nuijia 
ohre. — , moyen employé pour réussir, in- 
trigue : Usa de mmiohres, user de manœu- 
vres, intriguer. 

MÂ.NOBRE, Manobrè, manœuvre, 
ouvrier qui travaille de ses mains, i)arti- 
culièrement celui qui aide les maçons : »S'«- 
laris e journades de monohrts e artisans, 
v. R. Salaires et journées de niauœ'uvres 
et artisans. 

Manobrer, fabricien laïque : Manuhrrr 
de l'ohre de Sancta Jlfaria de Baione. l. o. 
Fabricien laïque de la fabrique de Sainte- 
Marie de Bayonnc. 

MANOU, prénom de femme, Manon. 

— Manou de Coarraze. P. B. Manon do 
Coarraze. Injure à une femme; se dit à 
Oloron, par allusion sans doute à quel- 
(|ue « Phryné » qui serait venue de Coar- 
raze dans cette ville. 

MANOUBRÈ, journalier, ouvrier. — , 
(jui fait SOS prestations. 

MANQUE, manque : Ha bhigt soos 
de manque. (Faire vingt sous de manipie), 
[)ayer la somme due, moins vingt sous. — , 
faute, omission. — , défaut dans un tissu, 
dans une étoffe. 

MANQUEMENT ; vov. Matirninmt. 

MANSEN, MANSENG, MANSII 
(Vic-Bilh), variété do cépage, i-aisiii blanc. 

MANT ; voy. Man. 

MANT, maint: Mant oubvè, maint ou- 
vrier. Mantes bez [hetz), maintes l'ois. 

MANT A; même signification que 
Avutnta. 

MANTE, cape de couleur l)lanclic, 
l)rune ou grise, bar. — , mantelet; voy. 
Mantou. — , couverture de bête ; elle est 
de laine ou de toile de gi-osso étoupe. 

MANTENI, Mantenir, maintenir. 

— Voy. Manlicni'. 
MANTENIDOU (" maintenour »}, qui 

maintient, qui conserve dans lu même 
état. 

MANTENIMENT, maintien, con- 
servation . 

MANTÈT, Manteg ; voy. Mantou. 

MANTETE, fc\i\ . , mantc'let. 

MANTIENE, Manther, Mauthier, 
maintenir. J\fantieiu/<mij, »iaittcnt/oui/, je 
ina'\nt\nH.Mantiengut,manten'jul,nv.nnlii\n\. 

— Voy. Miintnù. 

MANTOU , MANTÈT , Manteg . 
manteau: U mantuu Ida de ccu. NAV. Un 
manteau bleu de ciel. Porfar inontou, bo- 
tes, espade. P. n. (11 était interdit aux Ca- 
gots de) porter manteau, bottes, épé(!. 
Son, mantel es brorut d'aiir riclidnrnx. l'S. 
Son manteau est l'iciiemcut l)rucb('( d'or. 
aSc desprvja un niantet. ii. s. Il se décou- 



MAQ 



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vritd'nn manteau. Madone. . . ab son man- 
teg, alcl rum lojorn qui Moss.fo sepelii. 
II. A . Madame portant son manteau comme 
le jour ou Mgr fut enseveli. J/tt^i*?, fém., 
mantelet de deuil: Sien feytes xx mantes 
nègres e capayrous de gros drap per aquegs 
qui yran après la dol. IB. Soient faits 
vingt maatelets noirs et des chaperons de 
gros drap pour ceux qui iront après le 
deuil (fjui suivront le deuil). 

M ANTOUBA ( Escurès), faire la quête 
(à l'église). 

MANTOULEYA-S. s'envelopper d'un 
manteau. — Voy. Amantoula. 

MANTU, MANTR'UN (Uay.), plus 
d'un, maint: B'habem bist vuintu malau... 
Ha loudarrè pinrnt. SUP. Nous avons bien 
vu maint malade faire le dernier saut. — , 
pron. : Deya que t'nyme mantu. pey. Déjà 
plus d'un t'aime, Mantus que mlian hère 
a ht boitque e chic au coo. IM. Plusieurs 
m'ont souvent à la bouche et peu dans le 
C(eur (je suis souvent dans la bouche de 
quelques-uns, etfort peudaus leur cœur). 
Quc-u n'hahèyt manlue [ïUui en a fait plus 
d'une), il lui a joué plus d'un tour. Man- 
tr'ibe (Bay.).— Mantu cop (maint coup), 
maintes fois. 

MANU AL. , Manau , manuel , (pie 
l'on fait avec les mains, que l'on manie 
facilement: Opération rnanuale. M. B. Opé- 
ration manuelle (chirurgie). — Voy. Ma- 
nau, arc à main. 

MANUGUET, (menuet ?), sorte de 
danse et de musique : Dansa lou passe-pèe, 
Jou manuguet. desp. Danser le passe-pied, 
le « manuguet. » Dans la vallée de Baré- 
tons, lorsque l'on fait charivari à (piel- 
(pi'un qui convole, on chante : Calhabari, 
uninuguet ! A Peyrot cent cops de huet, A 
Peyroutine tout autant ! Calhabari tout 
d'h((ugan ! Charivari, « manuguet ! » A 
PiciM-e cent coups de fouet, à l'errctte tout 
aut.int ! Cii;irivari toute cette année ! 

MANUTENCE, maintenue, acte qui 
coidiri]i(> la possession d'un bien. s. .i . 

MANYE ; voy. iManrhe, Manrlioa. 

MAQUE, macule, tache, souillure. — 
Ilalié inaque, avoir un défaut, une tache. 
— , mcurli-issure; voy. Macadure. 

MAQUE (vers la Chalosse), masc, 
mis('ral)lc, sans le sou. 

MAQUIGNOU, Maquinliou. macpii- 
guon. Los lial)itants de la commune de 
Ma/.ères-Lczous sont malicieusement tiai- 
tés de nuKpiignons, parce qu'ils se; livrent 
à l'industriiî de l'élève du cheval : Maqul- 
nlious de .Mazrrrs. n. is. — Que s'y abi-^r, 
Ion qui liayr. alias Dab lous niaquinhous de 
.Morbias iB. Qu'il i)renne garde, celui (pii 



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MAR 



MAR 



aura affaires avec les maquignons de Mor- 
laas. Ils sont pour la« finesse », très-pro- 
ches parents des Normands ; ceux-ci, dit 
lo proverbe, « à vendre des chevauxattra- 
peraient le diable.» Sans doute, ainsi que 
la fait remarquer M. Canel, dans son 
Blason pop. de la Normandie, <( beaucoup 
de personnes, sur la foi desquelles ou pour- 
rait se reposer delà manière la plus abso- 
lue pour quelque affaire que ce soit, sou- 
vent ne se font pas le moindre scrupule 
d'exploiter l'ignorance ou de trahir la con- 
fiance de celui qui leur achète un cheval. 
Suivant des us et coutumes religieusement 
transmis de génération en génération, le 
commerce de cet utile auxiliaire de l'homme 
paraît affranchi des règles ordinaires .» 
Mais, pour avoir mérité d'être, à ce sujet, 
pai-ticulicrement signalés par les dictons, 
il a bien fallu que Normands et gens de 
Morlaas aient été reconnus comme » passés 
maîtres en fait de tromperie » dans la 
vente des chevaux. 

MAR (Ji muette), Maa, mer : Nabiu 
hourroumheyut. . . per lou Jtigoitteix de la 
ijiar. IM. Navire ballotté par l'agitation de 
a mer. Jou hey.. lou sou qui touinhe sus 
la mar. n. past. Je vois le soleil qui tombe 
sur la mer. Despux Vmiamar entra l'aute. 
PS. (Il régnera)_depuis l'une mer jusqu'à 
l'autre . Cèu, terra, maa. ip,. Le ciel, là 
terre, la mer. 

MAR (Aspe) ; même signif. que Mar- 
rou. 

MARBRE, MARME, marbre: Qu'a 
jamey lou marbre c lou metau Fassen h'ihe 
sa glorï ! Qu'à jamais le marbre et le mé- 
tal (des statues de marbre et d'airain) fas- 
sent vivre sa gloire ! La porte sera de hon 
ehoneste marme. art. La porte sera de bon 
et beau marbre, ^farme o autre pcj/ra ho- 
nesta. ib. (La construction sera de) mar- 
bre ou autre pierre de bonne et belle qua- 
lité. On disait aassipèyre marme (pierre- 
marbre) . 

Marc, marc, poids : Lou marc sera deu 
pees de ocyt onces. P. ii. Le marc sera du 
poids de huit onces. 

MARC A, Merca, Marcar, marquer. 
— , au sens de imprimer avec un fer rouge 
un signe flétrissant ; voy. Baque , Flouca, 
Floura. — , prendre en gage : Nidhs liom 
no penheri ni marque ad autre en camii. f.b. 
Que nul homme ne saisisse ni prenne en 
gage (quoi que ce soit d') un autre sur le 
chemin. — Cf. D.-c. « Marchare », 2. 

Marcadau, de marché, où se tient le 
marché : en la place marcadau de Pau . 
ARcn Sur lajjlace du marché de Pau. Locs 
marcaduus. p. k. Localités où se tiennent 
des marchés. 



MARGADÉ , raarquoir , instrument 
avec lequel ou marque la place où doit être 
semé le maïs. 

M ARCADE, Marcader, fém. Mar- 
cadère , marchand, marchande, homme, 
femme, qui suivent les marchés pour ache- 
ter, pour vendre. 

Marcaderie, marchandise: OU, can- 
deles, cereeuutes marcader ies. arcii. Huile, 
chandelles, cire et autres marchandises. 
— Voy. Mercaderie . 

MARCADÈT, masc. ; dans certaines 
villes, nom de la place où se tient le mar- 
ché. 

MARCADEYA, Marcadeyar, mar- 
chander, demander le prix d'une chose et 
le débattre. — , trafiquer: Marcadeyar ah 
lors marcaderies. arch. Trafiquer avec leurs 
marchandises. 

MARCADEYADOU , marchandeur, 
qui est dans l'habitude de marchander. 
Marcadeyadoure, fém. 

MARCADEYA YRE, des deux gen- 
res, marchandeur, marchandeuse, à l'excès. 

MARCADIU, Mercadiu, place du mar- 
ché : Denz lo marcadiu de Navurrenx . 
arch. Sur la place du marché de Navar- 
renx. 

MARCANDIÈ, marchand : Bourges, 
marcamliès, mestleraus, oubrès. boPv. Bour- 
geois, marchands, artisans, ouvriers. 

MARCAT, Mercat, marché : Margali- 
det, poumpouse e hère Que s'aplegabe deu 
marcat. h. Marguerite, pimpante et belle, 
se retirait du marché. Miarafere e a mar- 
cat. arch. Mener à foire et à marché. 
Quand lo pohle es congregat au mercat. 
COUT. s. Quand la population est rassem- 
blée au marché. Establi qiiea Navurrencxs 
agos... marcat de xyejorns en xve, en lo 
die de dimercxs. f.b. (Mgr Gaston — 1 IcSS 
— ) établit qu'il y aurait à Navarrenx un 
marché de quinze en quinze jours, eu jour 
de mercredi. — , lieu où se tient le marche: 
Los decxs deu marcat. IB. Les limites du 
marché. — Plagues e bosses au marcat de 
Saubaterre. D. B. Plaies et bosses (les 
rixes) au marché de Sauveterre. — Lou 
marcat de Garris. IB. Le marché de Gar- 
ris (canton de Saint-Palais, arr. deMau- 
léon). Marché très-fréquenté ; on y allait 
de la basse Navarre, de la Soûle et du 
Béarn. L'expression lou marcat de Gar- 
ris est depuis longtemps proverbiale pour 
signifier une assemblée tumultueuse, une 
réunion où tout le monde parle et se re- 
mue avec bruit et confusion. On dit aussi, 
à Pau, au môme sens : Lou marcat de la 
place deu graa, le marché de la place du 
grain (le marché au grain). — Marcat mu- 



MAR 



MAR 



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datNouhaupasu gat.PRov. Marché changé 
(dont on a changé le jour) ne vaut pas 
un chat. — A Colognac (Gard) : « Fièiro 
retrasegudo Es miècho tengudo. » fes- 
QOET. Foire ajournée est à moitié tenue. 
— Voy. Hère, foire. — Ha inarcat, faire 
marché, convenir du prix d'une chose. 

MARCHAND, marchand. Marchan- 
dot, petit marchand. — Sourti-s'en hou 
marchand. S'en sortir bon marchand, se 
sortir bien d'une affaire. — Akirchand 
courtes Croumpe a quoate e hen a très. pr. iî. 
Marchand courtois achète à quatre et vend 
à trois. Ce marchand « courtois » est un 
imbécile ou un fripon. « Fol est le mar- 
chand qui déprise sa denrée. » L. R. de 
LINCY, Prov . — Riche marchand ou 
jyrauhe iwuralhè. pr. b. Riche marchand 
ou pauvre poulailler. Mot de l'ambitieux 
jouant son va-tout. «Roi ou rien. » — , 
qui est de bon débit : Cocrs de hoeus e ha- 
ques,hoos,marchantz. arcii. Cuirs de bœufs 
et vaches, bons, marchands. 

MARCHANTE MENTZ, en faisant 
marché : Si pode prohar que marchante- 
nientz afjos le cause crompat. B.\Y. Si (ce- 
lui à qui l'on réclamait une chose que l'on 
prétendait ne pas être sienne) j)ouvait 
prouver qu'il l'avait achetée en faisant 
marché ( à prix convenu avec un mar- 
chand). 

MARCHAPÉE, marchepied : Unçi ar- 
ralheyt ab lo marchapee tôt aulorn. ARCII. 
Un châlit avec le marchepied tout autour. 
MARCHAYRE, marcheur. [L'asou 
hotb marchur. LAC. L'âne bon marcheur. 
Marchar n'est que le mot fr. « marcheur» 
hèarnisé). 

MARCHES, pédalles d'un métier à 
tisser. 

MARCHUR ; voy. Marchayre. 
MARECHAL. Marescauc, muic- 
chal : Mararluds de cainjis. colonels... P. 
H. Maréchaux de camp, colonels... Mos- 
sen Juhan de Laidar, Mass. P. de Nava- 
Ihes serun inarescaucx de l'ost. k. Mgr Jean 
de Lantar, Mgr P. de Navailles seront 
maréchaux de l'armée. Denunciar a Afos- 
senhor o a soos manescaux. iB. Dénoncer à 
Mgr ( Gastoii-^hœbus ) ou à ses maré- 
chaux. 

MAREULES, grosses guêtres trico- 
tées. 

Mareyant, dans textes, bay , ma- 
lin ici', maiin. 

MARFANDI,MARFANDI S, mor- 
("nndro, se morfouilic, transir, rtrn transi : 
/•Jrt ffoardant Ions mdirrous, Si-h serctz 
inarfandide ? DESP. l']n gardant les petits 
agneaux, vous scrie/-vous morfondue".' Dr 



nwra dentz Vaijfiue plus de vi hores. ont. . . 
marfundi e ne renijo a jntnt de mort. bar. 
(La femme Arnaudine) resta dans l'eau 
plus de six heures, où elle fut transie et en 
vint à point de mort. — Vov. .)fourfoundi. 

MARGALIDE , MÀRGARIDE , 
marguerite, pâquerette. Marnaliditc, luar- 
garidete, dira. — Une cope daurade ah une 
margaride a la cuherte. arch. Une coupe 
dorée avec une marguerite sur le couver- 
cle. — Margalides, lobes sous le bec des 
poules, sous le cou des chèvres. 

MARGUILIÈ, Marguillier, mai - 
guillier : Jlfarguilliers renderan lour compte 
per davant Ions jurats. v. r. Marguilliers 
rendront leurs comptes par-devant les ju- 
rats. 

MARIDA, Marita (Aspe), Maridar, 
marier : Que y-hahè u hielhe Qui drou- 
mibe dah lou hau; Zoun, zoiin, zoun! Ma- 
ridem la hielhe, zoun, zoun, zoun! Mari- 
dem-la donne, pr. b. Il y avait une vieille 
qui dormait avec le forgeron; Zon, zon, 
zon ! Marions la vieille, zon, zon, zon! 
marions-la donc. Filh ou filhe de adge de 
maridar. COUT. s. Fils ou fille d'âge à être 
mariés. Tournas marida ou tourna a ma- 
rida-s, se l'emaiier. convoler : En cas Ma- 
ria. ..volosa [volossa) torwira se maridar. 
ART. Dans le cas où Marie voudrait con- 
voler. — Bail mey esta mau maridade Que 
hielhe criticade. pr. h. Il vaut mieux ôtro 
mal mariée que vieille critiquée. Bère may- 
imde, Prègue sent Yan Que, den.s l'anade, 
A toun galant Sis maridade. i. salles. 
Rev. des Bass.-Pyr., juillet 1884. Belle 
jeune fille, prie saint Jean que, dans l'an- 
née, tu sois mariée à ton galant. — Voy. 
Dequé. 

MARIDADE, Maritale (Aspe), nu- 
bile : Gouyate vairidadere, fille nubile, — 
qu'il faut marier. — Poume madurete, a- 
massadere, Jlfaynade grande, maridaderr . 
PROV. Pomme mûi'e doit être ciuùUio, fille 
grandette doit être mariée. — « Les filles 
et les pommes est une môme chose. » l. 
R. DE LINCY, Prov. 

MARIDADGE, Maridatye, mariage. 
— , dot : Deu niaridadgc que Mossrn Loys 
de Navarre... m'axie promet de dar pcr 
ma molher nustenips no prenguy ni recehuy 
arrey . arch. pp. Je n'ai eu aucun tem]is 
rien pris ni reçu de la dot que Mgr Louis 
de Navarre m'avait promise pour ma 
femme. — Au pruniè maridailge lou houn 
Diu ha, At segound que y-cinhic, At tèrs 
nau-y ha y nou y-einbie. puov. (Oloron). 
Au premier mariage, le bon Dieu va ; au 
deuxième, il y envoie ; au troisième, il ne 
va et n'y envoie. — « Il n'y a de (bonnes) 



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MAR 



MAR 



fiançailles qu'une fois : Celui qui se fiance 
à deux, à trois, Va brûler en enfer; Ce- 
lui qui se fiance à trois, à quatre, Le dia- 
ble l'emporte à tout jamais. » l.-f. sauvé, 
Prov. de la Bass .-Bretagne. — On dit 
proverbialement des mariages qui se font 
le jour de la Saint-Joseph : Jlaridatye de 
Seid-Yausèp, La pègue dab lou fèe. Ma- 
riage de la Saint-Joseph, la sotte avec le 
sot. — Marïdatye de yoen e yoene qu'ey 
de Diu, De yoen e hielhe qu'ey d'arré. De 
hielh e de yoene quey deu Diable, vu. n. 
Mariage déjeune homme avec jeune fille 
est de Dieu, de jeune homme avec vieille 
femme rien, de vieillard avec jeune fille 
est du Diable. 

MARIDADOU, au fém. maridadovre, 
marieur, marieuse, celui, celle qui aiment 
à s'entremettre jiour faire des mariages. 

MARÏDATYE; voy. Marldudg'e. 

MARIDAYRE, masc. et fém.; même 
signification que Maridadou. 

MARIE-BLANGUE^Marie-blanche), 
catharto alimoche ; cathartes percnoptenis, 
tëmm. <( Dans les Pyrénées, on Tajjpelle 
Marie blanche... Rien n'est gracieux 
comme cet oiseau blanc, lorsqu'il se ba- 
lance dans les teintes bleuâtres des pics. 
Mettez-le par terre d'un coup de fusil et 
regardez-le de près, il est hideux. Il a la 
tète et le devant du cou couvert d'une 
peau nue d'un jaune livide ; le bec grêle, 
les yeux stupides,les grandes pennes des 
ailes noires et tout le reste du corps d'un 
blanc pur. Sa longueur est do 75 centi- 
mètres ; son odeur insupportable rappelle 
celle du vautour. » c^*^. r. de bouille , 
Guide Jain. 

MARIE-BOL.E ; même signification 
(|ue Boule-Marie. — , une personne étour- 
die. 

MARIE-BRASOG, femme, jeune ou 
vieille, qui ne quitte pas le coin du feu, 
(pii est toujours sur les tisons, à remuer 
la cendre, hrase. pr. b. Les expressions 
« coue-tisous, coue-cene » (couve-tisons, 
couve- cendre), sont usitées en Gascogne. 

MARIE-CHOURRE, Marietchourre, 
fém., troglodyte, oiseau que le vulgaire 
confond ordinairement avec le roitelet. 
Marie Chourre e Yan Pinsaa Que boidèn 
ha nouées doumaa ; Mes n'hahèn nat boucii 
de paa, Tabee qu'at haboun a lexa. PR. B. 
« Marie ("bourre » et Jean Pinson vou- 
laient faire noces demain; mais ils n'a- 
vaient pas le moindre morceau de pain; 
aussi ils eurent à le laisser (ils eurent à 
renoncer à leur projet de mariage). — Ils 
furent plus sages que les gens qui ne crai- 
gnent pas de marier la faim avec la soif. 



— Vers le Lavedan, H.-Pyr., Marie 
Chourre e Yoau Pinsa Que bon hè nonces 
douma Sensémmiquo ni pa. c. Dans les 
Chants de la Haute-Garonne (Cenac-Mon- 
caut), Littér. pop.,\}. 377) : « La cardiuo 
e lou pinsan S'en bolen marida douman ; 
Qu'en bolen hè ue bèro hèsto, Mes de pan 
n'an briquo de reste... » ha chardojinerette 
et le pinson veulent se marier demain ; 
ils veulent faire une belle fête, mais de 
pain, ils n'ont pas le moindre reste. On 
trouve aussi ce chant populaire, cant po- 
imlari, dans V Armana prouvençau de 1879, 
p. 45 : « Lou Quinsard e l'Alauveto Se 
vouguèron marida ; Lou premié jour de si 
noço N'aguèron ren per manja... » 

MARIÈRE ; même signification que 
Mayroulère. 

MARIETCHOURRE ; voy. 2Iane- 
chourre. 

MARINE (Oloron), jeune brebis en- 
graissée pour la boucherie. 

MARIOUL.ETE, marionnette. 

MARIOULIN, masc, MARIOU- 
LINE, fém. ; se disent de l'individu qui 
a les goûts, les manières d'une femme. 

MARIOUTIN (Bay); même signifi- 
cation que le précédent. 

MARIT, mari: Lo marit no pot far au- 
cune vente ne aliénation. . . si lafeinne no y 
consent. couT. s. Le mari ne peut faire au- 
cune vente ni aliénation (des biens dotaux), 
si la femme n'y consent pas. Donation que 
lo marit afeitea sa molher. iB. Donation 
que le mari a faite à son épouse. Anar a 
marit, aller à mai'i, se marier (se disait de 
la femme qui allait dans la maison de 
l'homme avec qui elle avait contracté ma- 
riage) : Guiraute... es anade a marit (t 
Vostau de La Lanusse. enq. Giraude est 
allée à mari dans la maison de Lanusse — 
Si toun marit arribe per l'escale, Toun bou- 
cii jeté au brasè. PROV. Si ton mari arrive 
par l'escalier^ jette au feule morceau (juc 
tu manges. (Qu'il n'ait pas à te reprocher 
d'être gourmande). 

MARIT A, MARITATÉ; voy. Ma- 
rida , Maridadé . 

MARITAU, marital. 

MARLA, marner; répandre de la 
marne sur un champ: Terra marlada. F. h. 
Terre marnée. 

MARLAT,J/ar/e^, marneux. — ,subst.: 
U mariât, u marlet, un terrain marneux , 
où l'on a mis de la marne. Marladet, dim. 

— Mariât, marnage, action d'employer lu 
marne : Totz melhurers.. . en marlatze en- 
tertz. ARcn. Toutes améliorations (de la 
terre) enmarnages et travaux d'entretien. 

MARLE, MALLE (Orthez), Maria, 



MAR 



MAR 



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marne : Trege maria. F. n. Extraire de la 
marne. Aucamp qui marie porte, Deu mar- 
cat (Une s'emporte, prov. Qni porte do la 
marne au champ, du marché s'empoitr» de 
l'argent. La marie hè pourta l'a<iaUiade 
(Varyent. pr. b. La marne fait porter l'ai- 
guillade d'argent. Ces deux prov. se di- 
sent pour signifier que la bonne culture 
enrichit. C'est le mot du laboureur de La 
Fontaine: « Creusez, fouillez, bêchez... Le 
travail est un trésor. » 

MARLÈRE, MALLÉRE ^Orthez), 
marnière : S'ey pleat mey d'il dot de mar- 
lère. PEY. Plus d'un trou de marnière s'est 
rempli : Au ras d'ue mallère Chitade d'abe- 
rou, de saus... sei. Au bord d'une mar- 
nière, entourée de noisetiers, do saules. . 
La hount de las viarUres. La fontaine des 
inarnières.(Onlui attribue, à Pau, quelque 
vertu curative). 

MARLET ; voy. Mariât. 

MARLUS, merlus ; Lou marins sahit. 
V. Ecjl. — Per cargue de marins, harenx ou. 
chard'mes, dus dîners morlaas. p. R. (Droit 
d'entrée) pour charge de merlus, harengs 
ou sardines, deux deniers (de) Morlaas. 

M ARME; voy. Marbre. 

MARMUSIE (Malvoisie): Has-tu Ja- 
mes bebut de mielhe marums'ie ? N. pasi'. 
As-tu jamais bu de meilleur vin ? 

MARQUE, Aferque, ma.vqnQ. — , saisie 
par reprosaille ». Dans F. B. (Morlaas, 
art. 347), emparar marque, user de la sai- 
sie par roprésaillQ ; à la rubrique, merque. 

— Voy. Marca. 

Marque, quartier de commune, éloigné; 
hameau: La marque de Lospïeng. x>ici'. 
Loupien, quartier de Monein. Los hom'is... 
deputatz per cascunes de las marques fie .Mo- 
ncnh. ART. Les hommes députés par cha- 
cun des quartiers de Monein. 

Marraa; voy. Marron. 

MARRALHÉRE (Aspe), fém., i)en- 
cliant de montagne couvert de pierres, de 
débris de rochers. — Voy. Arralhcs. 

MARRANE, mauvaise humour, c:i- 
Itricc, opiniâtreté. — Dans l'idiome «leSaint- 
Gaudens (Haute-Garonne), « mai'ran », en- 
têté ; « mari'anoja », agir opiniâtrement. 

MARRASSÀA, couperet de bouclier. 

— I']s|). « marra », masse de fer. 
MARRAU, de mar, bélier; se dit de 

la l)rol)is en chaleur: Oillhe marrau . 

Marre ; voy. .Uarrou. 

MARRI, couvrii' la femelle en parlant 
du b(''lier, 7nar. — Voy. Marron. 

MARRIGUE (Kspoey), hnic.— Noms 
de l'amillo: Ijamarriguc, Lasmarrigucs. 

MARRITÈRE, chaleur, désir pour lo 
mâle : llabc la marritire, avoir la (être en) 



chaleur; se dit des brebis. — '^oy. Marri. 

MARROG.masc, partie saillante d'une 
pièi'o de l)ois. — Cf. Arrof. 

MARROU, MAR, Marro. Marre, 
Maar, bélier, mâle de la brebis : Li)U!< 
marrons e Ions taus. F. Efjl. Les béliers et 
les taureaux. — Cktp de marron. Tête de 
bélier, im bourru, un grossier, toujours 
prêt à frapper. — Tout so qui ey a la coin- 
qu'ey deu niarrou. PR. b. Tout ce qui est au 
bercail est du bélier. Voy. Cour, 2. — 
Sieis vingt aolhes e lo marro. couT. s. Six 
vingts brebis et le bélier. Le 8 avril 1585, 
Henri iv écrivait auxjurats de la vallée 
d'Ossau de lui procurer et d'envoyer dans 
sa métairie de Durance (Lot-et-Garonne) 
sieys marros e dus caas, six béliers et deux 
chiens, gram. C'arnaude oullies es que om 
deuprener xii oulheselo maar. F. B. (Pour 
une saisie de brebis, on doit prendre douze 
brebis et le bélier. — i^farraa, dans v.Egl ., 
incontinent, paillard : Un grau marraa. 
Qui marri las brecit". (Un grand Itélicrcjui 
couvrit les brebis) un grand paillaid (pii 
(lél)auL'ha ses ouailles. 

MARROUQUII,Maroquii,dans p. 
R.. maroquin. 

MARS, Martz, mars : Si heure ha de 
bères Jilhes, Mars que las y pilhe. pr. b. Si 
février a de belles filles (des fieurs), mars 
les lui enlève. Voy .//e«rè, février. — Feinte 
de Nostre Dama de Martz. akt. Fête de 
Notre-Dame de Mars. 

MARSELH; \oy. Marsesc. 

MARSELHA, Marsouleya; se dit du 
temps qu'il fait en mars. 

MARSESC, J/aj-.scW, du mois de mais: 
Pasques man^esqucs ou marselhes. Pâques 
au mois de mars. Lue martsesqne, lune i\o 
mars. 

Marsescade, Marsestade (.^).iedcvanoe 
payée au mois de mars ? Per miircestude 
vu d'ters. ARCil. Pour redevance du mois 
de mars sept deniers. 

MARSOULEYA; même signification 
que Marselha. 

MARTERA. martel(>r. batireà coups 
de marteau : Non-in marteret:: lou cap. Ne 
me rompez point la tète. — Cap vmrferat, 
qui a « martel en tête », — ou <pii a 
« un coup de marteau », qui est bizarre, 
mauiaipie. 

MARTERISA, martyriser, accabler 
de mauvais tiaitcments : .1 ixi martrrl.tal... 
lo fe )iieter an fonlzile la Inrr. l!.\it. f.Xpivs 
lavoir) ainsi martyrisé, il le fit nicltnî 
(jeter) au fond de la tour. — Voy. A/ar- 
fyrina. 

Marteror. 

MARTEROU. Marteroo, l.i Tuus- 



50 



MAR 



saint: Per m(irterou,k la Toussaint. C'est 
In terme ordinairement fixé pour le renou- 
vellement des baux, pour lentrée en ser- 
vice des domestiques. Entro au jorn de 
novembre... comunament aperat nmrtero. 
ARCH. Jusqu'au jour de novembre com- 
munément appelé la Toussaint. Per lou 
lermi de dus marteroos. iB. (Pour le terme 
de deux la Toussaint) pour deux ans. i^ei< 
a Pau l'endeman de Marteror. ch. d'orth. 
Fait à Pau le lendemain de la Toussaint 
(1270). 

MARTÈT, Marteg, marteau : Mmero 
hrasoquè, arronça-m au hujau Tons ptcz 
e tons martetz .1. G. Mmewv cendreux, jette- 
moi dans la cachette tes pics et tes mar- 
teaux. A cops de barre e a trucs de mur- 
trt. PS. A coups de barre et à coups de 
marteau. Un enyludi, dus barquUs, dus 
martcfjs. arch. Une enclume, deux souf- 
flets, deux marteaux. — Serres-Castèt Ha 
tout poudé dab lou martèt. D, b. Serres- 
Cas tet a tout pouvoir avec le marteau. 
« L'église de ce village possède un mar- 
teau qui a appartenu, dit-on, à saint Ju- 
lien, et qui a la vertu miraculeuse de gué- 
rir les maladies. Il y a une quarantaine 
d'années, l'église ayant été brûlée, la pré- 
cieuse relique fut transportée à Lescar . Le 
lendemain, on la trouva à la place où on 
la tenait d'habitude: elle y serait revenue 
de son propre mouvement. » pey. — De 
l'ancienne église de Serres-Castet il ne 
reste plus qu'une absidiole qui date cer- 
tainement des premières années du xi" 
siècle. Le marteau est déposé .sous cette 
voûte antique. 

MARTÈTCH (Aspe, Oss^u), Martèijt, 
j]Iarfè>/ch {Oi'thez) ; même signification que 
Martèt. 

MARTII (Martin), nom de bœuf ; on 
em\)\oic aussi ]lfartlnot, Martinou, dim. 

MARTIOLE, nom de vache. 

MARTOC (Barétons), écale verte de 
noix. 

MARTOURÈ; on appelle de ce nom 
un petit tertre sur lequel s'élevait le châ- 
teau d'Arudy. La procession s'y arrête, les 
jours des Rogations; on y allume aussi 
les feux de la Saint-Jean. — Ce nom de 
jlfartoui-è et l'espèce de consécration reli- 
gieuse du lieu qui le porte ont pu faire 
croire à des amateurs d'étymologie qu'il 
y avait eu là im « Montmartre » {monsmur- 
tiirum). — D'après J. quiciier.vt. Forma- 
tion fram^alse des anc . nomsde lieu, « Mont- 
martre est pour Montmercre (Mons Mer- 
curil. X) — « Dans j)lusieurs contrées, les 
mots martre et nitirtrois servent encore à 
indiquer la place dos exécutions. » ciik- 



MAS 

nUKhyDict. hist.deslnst., etc., de la France. 

MARTSESC: voy. Marsesc. 

M ARTYRI, martyre. Prener martyri, 
( prendre ), souffrir , subir le martyre : 
Aquestafo la prumera persona qui prenco 
martiri per Jhesu-Xrîst. H. s. Celle-ci fut 
la première personne qui subit le martyre 
pour Jésus-Christ. — ■ Même locution dans 
Ch. cr. alb., édit. p. meyer, p. 268. 

MARTYRIEMENT, martyre, tour- 
ments excessifs : Lo tengon en gran des- 
tresse e martyr tement. ARCH. M. Ils le tin- 
rent en grande détresse et tourments ex- 
cessifs, 

MARTYRISA, Martyrisar, mar- 
tyriser : Los infantz aquetz fon marti- 
risatz. H. s. Ces enfants furent massacrés. 
(Le massacre des Innocents). — Woy.Mar- 
terisa. 

Martz; voy. Mars. 

Mas, mais : Dix que Mass. l'ave afran- 
quit, mas no ac mustra. ENQ. Il dit que 
Mgr l'avait affranchi, mais il ne le mon- 
tra pas(il ne le prouva point). — Voy. ]\[es, 
]\[e.y. — Mas que, pourvu que. 

MASAGUII, au lieu de Magasii, ma- 
gasin. 

MASCADURE, fém., ce que l'on a à 
manger avec le pain. Du pain sans plus, 
du pain sec, se dit i^ci'^'^ sens mascadurc . 
Voy. Coumpanaye, Masquedure. — Dans 
l'idiome de St-Gaudens (Haute-Garonne), 
(( masca », mêler du pain à la pitance; 
« masco », pitance. 

MASCARA, tacher, salir. 

MASCAROUS, taché, malpropre. 

MASCLAU, de mâle, masculin, qui 
appartient, qui a rapport au mâle. — , vi- 
goureux, énergique. On dit aussi Masclc. 

MASCLE, mâle: Lo 2}rimogenii nirt.s- 
cle ou femèle... 001:1' . s. L'enfant premier- 
né, garçon ou fille... — Berdot de Case- 
nave... a V enfantz, il mascles. enq. Ber- 
dot de Casenave a cinq enfants, (dont) 
deux garçons. Mascle s'ajoutait aux mots 
filh, fils, et garsoo, garsou, garçon : Filh 
mascle. IB. Garsoos, Garsous 7nuscle^. BAU. 
— Lou bout deu mascle, le bout du raâU^; 
« il cazzo. » — Mascle, terme de menui- 
serie, planche à languette qui s'ajuste à 
la rainure d'une autre planche, qui est 
dite lafemèle. — Voy. Cardia. 

MASCLE ; voy. Masclau, Masclou. 

MASCLEYA, ressembler au mâle. — 
Tlemne qui mascleye, femme qui a la voix, 
des manières d'homme. 

MASCLOU, masculinité, caractère, 
qualité du mâle. — , virilité, force, vigueur. 
On dit ;îussi lou mascle. 

MASEDA, Masefa (Aspe), dompter. 



MAS 

reiulre traitablo, adoucir, en parlant des 
hommes. La ferhoii de, l'esprit qve lama- 
seùira. IM. La ferveur de l'esprit la domp- 
tera (domptera la chair). L'endurcit en 
sons vieil Es mazedat. PS. L'endurci dans 
ses vices (le méchant) est dompté. — Vov. 
Maset, 2. 

MASERÈ, Maserer, (de masct, bou- 
cherie), boucher. 

MASERES, ruines, décombre.s, restes 
d'une démolition : Unes maseres aperades 
1(1, glisie de Manssos. DICT. Des ruines appe- 
lées l'église de Mansos. DemoUn la horde to- 
tcdcment etisemps ah las mazeres qui cren de 
])eyre, e la fuste pican en plusors cesses per 
maneyre que no se podos recaptar ni apro- 
firytar en dejjune maneyre . ARCII. M. lis dé- 
molirent entièrement la grange, (brisant) 
ensemble les restes qui étaient de pierre, 
et ils rompirent le bois (de la charpente) 
on plusieurs morceaux, de manière qu'il ne 
put être recueilli ni servir d'aucune façon. 
— Dans F. B., édit. mazure et iiatoulf:t, 
For d'Ossau, art. 21, le mot maseras a été 
improprement traduit par « granges. » 
L'art. 22 montre très-clairement qu'il 
n'est là question que d'une maison démo- 
lie, et non d'une maison et de granges 
ruinées. 

Maset, Maseg, masc, bouchoi'ic : 
Bone car (carti) de maset. F. E(jl. Houne 
viande de boucherie. Drets qite arem en 
rade haque e en cade hiieu qui seran hrniiz 
en los mazeds. CH. d'oiîtit. Les di'oits que 
nous avons (apercevoir) pour chaque 
vache et chaque bœuf vendus dans les 
boucheries. 

MASET, dompté, rendu traital)l(! ; 
adouci, en parlant des hommes : lirstiar 
maset e députai a la lahor. f. iî. Bétail 
dompté et destiné au labourage. — Lat. 
« mansuetus. » — Roye masede (Montauf, 
rage mue, celle où le chien écume et ne 
mord pas. 

MASET A ; voy. Maseda. 

MASETADÉ, que l'on peut ou (jui doit 
être dompté, adouci. 

MASETADOU, au fém. naisetadourr, 
(jiii dompte, l'cml ti'aitable, qui adoucit. 

MASI, folle farine, celle qui est si fine 
que l'air l'enlève ; les meules, les murs 
des moulins en sont tout blancs. On s'en 
poudrait autrefois. 

Masoau, Mason, Masoo; iiic'mc si- 
gnilicaliou (iu(; M/iijsnaii. Mai/nan. 

MASQUEDURE(Oithezy; vov. M,ir/i- 
qnrdure ; Masiadure. 

MASSACANA, cloisonner. — Voy. 
le suivant. 

MASSACANAC, ma.sc., cloison faite 



MAT 



51 



avec des montants de chêne et des pier- 
res, espnnhes (Bedous); ailleurs on se sert 
de briques. 

Massoayre, Massoer ; même siguif. 
que Massuu. 

MASSOC, amas. 

MASSOU, Massoo, maçon : La pey- 
re... espudida per los massoos. ps. La piene 
rejetée par les maçons. GuHhem Arnaut 
de Sacaze a JMontaner massoer es. R. Guil- 
laume Arnaud de Sacaze est maçon àMon- 
taner. — Coussira massons ta ha souUcs. 
LETT. ORTH. Aller chercher (s'adresser à) 
des maçons pour faire des souliers. Se dit 
proverbialement pour signifier :demandei- 
à quelqu'un défaire ce qu'il ne sait point. 

MASTECA, MASTEGA, mâcliei : 
Mastecapreifaris, mâchonner des prièies. 
— Voy. Mastoulha. 

MÀSTEGAYRE, mâcheur: Lasmas- 
trf/ayres (Mont.), « les niâcheuses », los 
fileuses d'étoupe. 

MASTOULHA, mâchonner. —, mâ- 
chonner les mots, bredouiller. — Voy. Max- 
tcra. 

MASTRESSE ; voy. Meslresse. 

MASTROULHE, grosse laide femme, 
(une masse de ciiair). — En fr., « mas- 
toc », homme gras, gros, épais, lourd, a. 
DKLVAi', Lanrj. verte. 

MATA, Matar, frapper, tuer : La 
mourt t'Iiahè matai deu truc fatal, v. iîat. 
La mort t'avait frappé du coup fatal. Vien- 
con l'oos e lo leva e prcnen las aolhas. . .; 
jornatey los.u. s. Vinrent l'ours et le lion 
qui saisirent des brebis ; ( ils se dressè- 
rent fui'ieux contre moi); je les tuai. — , 
terme d'un jeu d'enfants, chixjuer la bille. 

MATA ; se dit des plantes, des arbres, 
pousser des jets : Ji<nnncnt<ii(i mate. Fro- 
ment qui croit, se multiplie, dont chaque 
tige porte plusieurs épis. — Ksp. (Mui- 
cie), «matoarse», croître, se multijdier, 
devenir épais, en jjarlant des blés. 

MATACHA (.\spe), mettre le fil on 
échevcau.— Voy Amatachu. 

MATACHADE, Matachate. réunion 
de plusieurs écheveaux. — It. .. niatas- 
sàta. » 

MATACHE, cchcveau, grand éi-li(>- 
veau. — , poignée d'épis. — It. <• malùssa ■•, 
(Jcbcvcau ; tas, amas. 

MATADE ; même signification «juc 
Mate. 

MATADE (do nuita . frapper), aciinn 
«le fr.ip|i('i', coup. 

MATADE (de matn, (uor), .MliaK-'ir. 
Mat,,hii (Wny .). 

MATAGOT, masc, citrouille mudiv 
— , boulotte, feninie petite et grosso. 



52 



MAT 



MATAS, épais buisson, hallier. 

MATA-SEUBE; voj. Mate-seuhc. 

MATCHEYA (Oloron , Aspe). faire le 
mulet, matchou, s'entêter, être entêté. 

MATCHOU (Oloron , Asi)e), mulet : 
Saute (le toun mulet, arriérait. De toiin yran 
matchou de Canfranc. NAV. Saute de des- 
sus ton mulet, muletier , de dessus ton 
grand mulet de Canfranc. 

MATE, fém., buisson. — , cépée, touffe 
de plusieurs tiges sortant d'une même sou- 
che. — , forte souche avec grande cépée. — 
Jlfatedesabiiia, assemblage de tiges d'osier. 
Pour signifier que, dans un amas de choses, 
dans une réunion de personnes, choses ou 
personnes ne sont pas également bonnes, 
on dit proverbialement : Qu'en y lut- de 
toutz en ue mate de sabius, il y eu a de tou- 
tes dans un assemblage de branches d'o- 
sier. — Arrimas a bonne mate. prov. (Sap- 
jiuyer à bonne souchej, faire un bon ma- 
l'iage. 

MATEDEY; voy. Mahulé. 

MATE-HAMI(mate-faim), mets gi-os- 
sier qui remplit, rassasie vite. 

MATE-PEDOULH(tue-pouxj ; terme 
injurieux, comme en fr. « pouilleux ». 

Matera, matras, trait : Une urJialestrc 
ah sept materas, arch. Une arbalète avec 
sept traits. — Dans le Rouergue, « mo- 
tràs », trait de grosse arbalète, flèche. 
" Mataris, d'après César, était un mot gau- 
lois signifiant javeline .))VAYSS., Dict. 

Materassine; voy. le précédent : Très 
materassiiies . arcii. Trois traits. — Voy. 
Matricimx. 

MATÉRI, Materie, matière. — , su- 
jet d'entretien, matière sur laquelle on 
parle, on écrit: Eyagut... de l'exaltaa 
mattri presta. PS. J'ai eu (incontineni) ma- 
tière prête pour l'exalter. En dehuten[t'] 
de la materi. bar. Eu débattant à ce sujet. 
AFaterie subyecte, affaire soumise (à des ju- 
ges) : Domandan e concludixen Ion 'pi'ocu- 
rayres aixi que... la materie subyecte es do- 
mandadoreconcludidor. lB.{Lcs jjrocureuis- 
généraux) demandent et concluent ain.<i 
({ue, dans l'affaire (qui vous est) soumise, 
il doit être demandé et conclu. 

MATERIAU, matériel. —, le matériel . 
— , les matériaux. 

MATE-SEUBE, Mata-seube, sorte de 
liane, plante sarmenteuse et grimpante. 
— Cf. HONX0R.\T, Dict., « maia-ceba » , 
'< maire-siouva », nom qu'on donne en géui'- 
ral à toutes les espèces de chèvre-feuille 
sauvages. 

MÀTETE, fém. (dim. de nude, petite 
tou/fc de tiges), jK.'i.it buisson. 

MATIADE, MATIAU(masc.). ma- 



MAT 

tinée: Ataii de la matiade que-s passen 
lotis moumentz. F. lab. Ainsi de ja mati- 
née se passent les moments. Per plouye 
deu maiiau Nou pèrgues loujournau. Pn.H. 
Pour pluie de la matinée nepenls j)oint la 
journée. Belhade de plasé, matiau dr pêne. 
iM. Veillée de plaisir, matinée de peine. 

— En lat. « Lœta vigilia serotina tiiste 
mane facit .» Une soirée dans les plaisirs 
est souvent suivie d'une matinée lemplie 
de chagrin. — On dit aussi Maytiade, 
Maytiau. 

MATIÈ, Maytiè, matinal, matineux : 
Matic coum Voubrè dou camp. N. lab. Ma- 
tineux comme l'ouvrier du champ (comme 
le laboureur). M'estangui p)cr entene Lous 
auserous matiès, de sou tout esi/ayatz. A. M. 
Je m'arrête pour entendre les petits oi- 
seaux matineux, de soleil tout égayés. 

— Voy. Maytiniè. 

MATIGA, apaiser, calmer, adoucir : 
Nou-t Jnques 2)as en tua grane coulure, Que 
tu medix 7iou-t pousques matiga. sent. N(> 
te mets pas en si grande colère, que tu ne 
puisses de toi-même te calmer. — Voy . 
Amatiga. 

MATII, May ta, mutin : Lheba-sde ma- 
tïi. Se lever matin. Losprocez d'importance 
seran metutz sus lo hureu de mufii. o ii 
Les procès d'importance seront mis sur le 
bureau le matin. Voy. Burèu. — De matii 
iras t'en. H. s. Au matin tu t'en iras. 

MATOLE, fém., assemblage arrondi 
de menues branches des haies, où l'on mot 
un piège pour prendre des oiseaux. — ]\[a- 
toles, terme de plaisanterie, épais favo- 
ris. 

MATOLE, fém., bâton à gros bout re- 
courbé, dont les enfants se servent au jeu 
appelé Tastourres. — Voy. ce mot 

MATOT, masc , touffe d'épines et d'.sr- 
bustes, petit buisson. 

MATOU, amas, pile : Matou de ron- 
ment, gerbe de blé. Matou de hciis. jiile de 
fougère. 

MATOU, gros bâton, une trique. 

MATRACA, sync. de matcraca (voy . 
Matera), percer de traits. — , accabler. — 
Fruut matracat, fruit frappé de cou|is de 
grêle. — Homi matracat, homme que le 
mal a frappé, qui manque de santé. 

Matrasiu, de trait: Baleste qui ère 
l'arme matrasiua. ARCH. L'arbalète qui 
était l'arme de trait. — Voy. Matera 

MATRE (Mont.), gros chat, un matou. 

Matricina, fém., matras, trait : Eds 
>icrun. . . Blasscds leu de la inatricimi. Deu 
qui domina. PS. Ils seront vite blessés du 
trait de celui qui domine. (Dieu les frap- 
pera de ses traits). — Voy. Materassine. 



MAU 

MATRIMONI, mariage : Dah lapri/i- 
resse Jeanne unit en matrimnni. F. Erjl. 
Avec la princesse Jeanne uni en mariage. 
Evfantz de leyau matrimoni. COUT. s. En- 
fants de légitime mai-iage. Sépara matri- 
;//o«i (séparer mariage), dissoudre le ma- 
riage: Per quoantes causes se j^ot sepurar 
matrimoni. F. b. Pour combien de causes 
se peut dissoudre mariage. 

MATRIMONI AU , Matrimonial , 
matrimonial: Partes e cninlicniensas malri 
montais, art. Pactes et conventions de 
mariage. Charta de conveimnsas mairlmo- 
niau.% F. H. Acte de conventions matrimo- 
niales (contrat de mariage). 
, MATROUNE, Matrone, matronne. 
— , sage-femme. — Voy. Mayroulère. 

MATROUNIÈRE^ cauiomille ; laa- 
trirnr'/a cltamnin'dla. 

MATRUCOU (Aspe), au îém.,matru- 
(jHfl, brutal, inti'aitable. 

MATRUQUÈ,masc., brutalité, dure- 
té, rudesse. 

MAU, subst., mal : Aro-nihè mau. Cela 
me fait mal, je souffi'e de cela (au physi- 
(jue ou au moral). Oun habetz mau? Où 
avez-vous mal, d'où soutfrez-vous? — lloe;/- 
te deu inau, lie hee. p.s. Détourne-toi du 
mal, fais (le) bien. — Clàr de mau, fjran 
Uf/asse. PROV. Peu do mal, grande l)ande. 
Gi'and remède pour un petit mal ; plus de 
jK'ur que de mal. — Jkni deu loup ; voy. 
Louhet. 

MAU, Mal, adj., mauvais, méchant : 
Mau cap, mauvaise tête ; maie intentiau, 
mauvaise intention. Mala administration 
V. lî. Mauvaise administration. J/it/H los 
Jiideus ah Jhesti-Xrist dus maus honiis. h. 
s. Les Juifs amenèrent avec Jésus-Chri-t 
deux mauvais hommes (deux malfaiteurs). 
Lewjoa rnula. vs Méchante langue. La 
(jent maie. IB. Les méchantes gens. Voy. 
Malacare, Male-care. — A malson(jrat. 
(à son mauvais gré) : A mal son f/rat lo 
fe ohliçiar... bar. Contre sou gré il le fit 
s'obliger à... — , irrité : Terrihlemen[t]era 
debenr/ut mau. rs. (LKternel) terriblement 
était devenu irrité. — Mua, <idv. De mau 
purlaa d'arres A ta lengoa lostcm\ ps\ de/en 
PS. Défends toujours à ta langue de mal 
parler de (piehpi'un. 

MAUABIS (As[)o), guimauve. — Hsp., 
«malvavisco. » — Lat. « bismalva. » 

MAU-APRES (mal-pris), mal gagné 
\inv 1(> contact. 

MAU-APRES, mal a[ipris, grossier, 
mal élevé. 

MAU-ASTRUC ; voy. Malcstruc. 

Maubadementz, méchamment : Los 
«IV apcralz fauxar'is, que rij are diit 7nau- 

TOMK ïl 



MAU 



5^ 




badementz. ARCii. Il les avait appelés faus- 
saires, (ce) quil avait dit méchamment. 

MAU-BADUT (mal-né), mal venu, 
mal conformé. — U mau-baduf, un sot. 
On dit aussi w mau-coat (un mal-couvé). 

MAU-BAIX 'mal-bas), mal-caduc. 

MAU-BARREY, masc. sing., dé- 
penses mal faites, pertes causées par l'i- 
gnorance ou par l'incurie de celui qui 
gère, qui administre. — , prodigalité, fol- 
les dépenses — , déchet, « coulage. » 

MAUBAT, mauvais : Lor maubat con- 
cepte meter a exequlion. bar. Mettre à exé- 
cution leur mauvais dessein. Jo... die que 
fo... maubade fempne eey feit gran adul- 
teri. M. B. Je déclare que je fus mauvaise 
fenmie et que j'ai fait grand adultère. 

^AU-BAYOULÀT, mal emmaillotté 
un bossu. La difformité lui viendrait du 
bayou, maillot, dont il aurait été mal enve- 
loppé. 

MAUBE, mauve. 

MAUBEDIS ; voy. Mahedis. 

MAUBÈS, mauvais. — Lou n 

(Osse), le diable. 

MAUBESETAT ; voy. Maubï 

MAU-BESIAT, gâté par des 
sauces à l'excès. 

MAUBESTAT, Maubesetat, 
vaiseté », méchanceté : Jo coneg lci^%^^ 
maubestat. H. s. Je connais ta méchancei<>/^. '. 
— La maubestat deus peccutz. IB. L'iniquité 
de>^ péchés . 

MAU-BIBE (mal-vivre), subst. : Lou 
luau-bibe, la difficulté à vivre, à subsis- 
ter, la misère. — , mauvaise vie, dérégie- 
mont. 

MAU-BIBENT (mal-vivant), qui vit 
dans la gône. — , qui mène une vie dé- 
l'églée. — Voou (jran mau au mau-riven[t\ 
rs. 11 veut grand mal au (il hait le) mé- 
chant. 

MAU-BIU (mal-vif), mal aux lèvres, 
aux gencives, inflammation. — On dit en 
fr. « plaie vive », signifiant plaie active, 
enflannnée. 

MAUBOULE, vouloir du mal à. — 
Mauboulé, subst., mauvais vouloir, mal- 
veillance. 

MAUBOULENT, Maubolent, 
malveillant: Sa srra. delnirat aus talcus 
De ."tons (jrans mauvolnm . PS. Il ne .ser.-i ^ 
point livré aux volontés (au gré) de se; 
grands ennemis. On dit aussi Matibulnit. 

MAUBOULUT, <• malvoiilu ». que 
l'on n .unie pas. ;i (pii l'on veut du mal. 

MAU-CAUT ( cliaud-mal ), fièvre 
chaude. 

MAU-COAT (mal-couvé). i' ninu cont; 
vov. Mau-hiidul . 



54 



MAU 



MAU 



MAU-COULOU (mauvaise- couleur), 
mauvaise teinte, mauvais teint. 

MAUCUTA, reprocher, accuser, im- 
puter : Lou loup que cerca d'argoeyt a 
Vankèyi; qu'où maucuta de troubla l'aygue 
oun boulé bebe. Voy. Journal dOrtJiez, P"^ 
sept. 1877. Le loup chercha querelle à 
l'agneau ; il l'accusa de troubler l'eau où 
il voulait boire. 

MAU-DAT (mal-donné) ; u mau-dat, 
un maléfice. 

MAU-DE-TERRE ( mal-de-terre ) , 
mal-caduc, épilepsie. — Dans Rabelais, 
Pant., prologue : Mau-de-terre bous bire! 
mal-caduc vous tourne (renverse)! 

MAUDISE,i/oZa*se, maudire : JJiesus 
maladisco la, e tantost Vomi cado mort. h. 
s. Jésus le maudit, et aussitôt cet homme 
tomba mort. Lous fructz malaâitz de las 
hérésies. F. Egl. Les fruits maudits des 
hérésies. A Vert-darrè so de maudit; Non 
preni que lou benedit. h.b. En arrière ce qui 
est maudit; je ne prends que ce qui est bé- 
nit. Ainsi parlent, dit-on, des superstitieux 
en se mettant à table ; ils craignent qu'il 
n'y ait quelque maléfice dans le repas qu'ils 
vont prendre. A l'endarrè so de maudit ; 
c'est le « vade rétro Satanas. » — Au mot 
Dise. voy. Dise mau. 
MAUE ; voy. Mabe. 
MAU-ENCARAT ; se dit de celui qui 
a male-care. Voy. ce mot. 

MAU-ESCADUT (mal-échu); même 
signification que Mau-badut et Mau-coat. 
MAU-ESTA (mal-être), être malheu- 
reux, dans la gêne. — , souffrir. — , subst., 
masc, misère, gêne, souffrance. 

MAU-ESTRUC ; même signification 
que Mal est rue. 
MAUFACTOU, Maufactor, 
MAUFAYTOU, 

Maufaytoo, Maufaytor, malfaiteur : 
Rompedors de patz e autres maufaytoos. 
ARCH. Gens qui rompent lapais et autres 
malfaiteurs. Lo beguer deu manaraumau- 
faytor a dret. F. B. Le viguier doit man- 
der le malfaiteur en justice. —Voy. Fort- 
fazedor. 
^MAU-FOUDRE (mauvais-foudre) : 
U mau-foudre (Aspe, Ossau). Un diable 
d'homme. 

MAUGOURDIN (Bay.); mot d'im- 
précation. 

MAUGOURNAYI! (Bay.); se dit au 
sens de : la peste soit ! 

MAUGRACIOUS, qui n'est pas gra- 
cieux, bourru. 

MAUGRAT, malgré. A maugrat ou 
eu maugrat de bous. Malgré vous. 

MAIJHA, méfaire, faire le mal, nuire. 
— Voy. Meinhfar. 



MAUHALA (Aspe) ; usité au sens des 
expressions : il n'y a pas lieu de s'en éton- 
ner, c'était à prévoir. 

MAUHASEC, malfaisant : Pousoères 
inauhaseques . N. past. Sorcières malfai- 
santes. No-m castigues de mas pecquas 
Mauhasequas. PS. Ne me châtie pas pour 
mes fautes malfaisantes (pour mes péchés 
pour le mal que j'ai fait). Jlau-hasec, 
subst. : Los mau-hasecs. ps. Les ouvriers 
d'iniquité. 

MAIJHASEDÉ, malin, qui est dis- 
posé, qui est enclin à faire du mal. Lou 
mauhasedé, le malin, l'esprit malia, le 
diable : Ausèytz dou mauhasedé. lett. 
oRTH. Oiseaux du diable. 

MAUHASENT, malin, malfaisant, 
nuisible : Lous oeUious proitbeditz de plaa 
mauhasente guinhade. lam. Les jolis yeux 
pourvus de bien malin regard (les jolis 
veux dont le regard fait tant de mal). 

MAUHÈT, MAUHÈYT, méfait: U 
mauhèyt nou irobe jamey mèste. PROV. Un 
méfait ne trouve jamais maître. « Tout 
mauvais cas est niable. » 

MAU-HUM (mauvaise fumée) ; on ap- 
pelle de ce nom une personne inquiète, in- 
supportable. 
Mauliute ; voy. Malheute, 2. 
MAUMETE (mettre en mauvais état), 
gâter, gâcher. — , brouiller, désunir des 
personnes. 

MAUMIA, Maumiar, malmener : 
Maumia lo, disent... h. s. Il le malmena, 
disant... 

MAUPALHÈ (Oloron), masc, mala- 
die des enfants à la mamelle ; pellicules 
blanches à la bouche. 

MAU-PARAT, danger, malheur im- 
minent : Calci... senti lou mau-piarat. F. 
Egl. Calvin pressentit le danger qui le me- 
naçait. 

MA'D-PARLA, mauvais propos, pro- 
pos déshonnête, médisance : Lous mau- 
parlas, les mauvais propos. 

MAU - PARLÉ ( mauvais parleur ), 
qui tient de mauvais propos, qui a un 
langage déshonnête, médisant: Lous mau- 
parlès... qui disen getipèris. F. Egl. Les 
mauvais parleurs qui disent des paro- 
les outrageantes. L'homi mau-parlèr. PS. 
L'homme médisant. — Cat. « La gent 
mau-parlera. » 

MAU-PRIM (Aspe), flux de ventre ; 
se dit particulièrement des vaches. 

MAUTA, Mautar, remuer . — Mauta 
lou coo, dans F. Egl., faire battre vive- 
ment le cœur. — Mauta-s, se remuer, 
bouger, sauter : Cascun d'edz. . . Per vive 
calera que-s maute. PS. 11 faudra que chacun 



MAY 

d'eux se remue pour vivre (qu'ils aillent 
de lieu en lieu pour trouver leur subsis- 
tance). Liban e Ilermon... s'en mauten. iB. 
Le Liban et Herraon en sautent. (La voix 
de l'Eternel fait sauter le Liban et Her- 
rnou comme des faons de licorne). 

MAU-TALENT , disposition à mal 
faii'e, mauvaise volonté, méchanceté. 

MAU-TEMPS (mauvais temps), de 
mauvais jours, l'adversité. 

MAUTRACTA, Maltractar, mal- 
traiter : A caas vos los maltractez, jo m'en 
prenere sus vos.B.KK. En cas (s'il arrivait) 
que vous les maltraitiez (mes sujets de 
Cuarraze), je m'en prendrai à vous. 

MAXERAA, Jfaclieraa, l'ensemble 
maxillaire. — Dans F. Egl., joue : Lous 
mâcheras esclats. Les joues enflées. 

MAXERADE, Macherade, coup sur 
la jmie, maxcre, soufflet : Lo muestebado 
irai e ha-u dur gran maxerade. H. s. Le 
maître devint irrité et va lui donner (lui 
donne) un grand soufflet. 

MAXERAU, Mâcherait (Aspe), partie 
tendre et blanchâtre sous l'écorce de l'ar- 
bre, aubier. 

MAXÈRE, Machcre, mâchoire, joue : 
Carn 2)rop la maxere. F. b. La chair près 
de la mâchoire. Romp las mâcheras ans 
leoos. PS. 11 rompt les mâchoires aux lions. 
Ha crouchi dus j'outous sus la muxère. 
Faire craquer deux baisers sur la joue. — 
RAYN. « maissela, maicliela. » — Ane. fi-. 
« maixelle. » — Lat. « maxilla. » 

MAY, MAYRE, Mair, mère : Tous 
pay e may Jiaunoureras. c.\T.Tos père et 
mèi'e tu honoreras. La Verges Maria, may 
de Jliesu-Xrist. ii. s. La Vierge Marie, 
mère de Jésus-Christ. — Mayre e hilhe de 
La Bastide, d. b. Mère et fille de La Has- 
tido.Dans lecantonde Salies, arrondis^se- 
nicntd'Orthez, à La Hastido-Villefranche, 
on désignait ainsi deux pierres d'inégale 
grandeur, sur chacune desquelles étaient 
gravés un dé et des ciseaux. « D'après une 
légende populaire, deux fournies, une 
mère et une fîUo, furent pétrifiées en pu- 
nition de leur téméraire curiosité, au temps 
où, tout près delà, aui'ait été détruite, par 
uu châtiment du Ciel, une localité du nom 
de Belle-Marcille. » Ilist. de La Bastide- 
Villefranche, par l'abbé LABAIgt. — Audi 
dizer a son pair e a sa mair. \.. o. Il a oui 
dire par son père et sa mèvc . Mayrete, ma 
yv'mc, mayrote, dim. — Era. may deras 
oidhes 7iey pasmourfe. La. mvve des brebis 
n'est pas morte. Se dit proverbialement, 
, parmi les pasteurs, de toute jierte qui est 
réparable. — Ifilh de la may, parent dcu 
pay.Fils de la mère, parent <lu père.Voy. 



MAY 55 

Hilh. — En fr., « ventre anoblit » se disait 
dans les contrées où la mère transmettait 
la noblesse aux enfants. — May de poupe 
(mère de mamelle), nourrice, femme qui 
allaite l'enfant d'une autre. — May deu 
soli (mère du sol), accoucheuse. — May, 
matrice; voy. Mayritz. — On appelle en- 
core may le lit d'un cours d'eau : Uaygue 
feyte.. . . retirar enta lamay efieu de Vaygue. 
ARCH. L'eau que l'on a fait rentrer jusque 

I dans le lit du courant. 

I MAY, mai, le mois des fleurs : Air la 

j que hè la flou, may cj^u'en ha l'haunou. Pii. 

! H. Avril fait la lieur, mai en a l'honneur. 
— Bourou d'abriu que p)lée lou harriu, Lou 
de may que plée lou chay. IB. Bourgeon 
d'avril remplit le baril, celui de mai rem- 
plit le chai. — Loung couin la hami de 
ntay.pn. B. Long comme la faim (du moi?) 
de mai. — « Long comme un jour sans 
pain. » — Voy. Hami. 

MAY, arbre que l'on plantait ancien- 
nement, le premier jour de mai, eu signe 
do réjouissance. — On appelle encore au- 
jourd'hui de ce nom l'arbre que l'on plante 
devant la demeure d'une personne que 
l'on veut honorer. 

May, privilège qu'avait le seigneur 
pour la vente de son vin et de son cidre 
durant le mois de mai : Lo srnhor ha son 
may de bener son vii epomade de son berger 
en lomees de may. F. b. Le seigneur a son 
mai (son jjrivilége de mai) de vendre son 
vin et cidre de son verger dans le mois de 
mai. — Voy. Mayadc, 2. 

MAYA, planter un arbre devant la 

I demeure de quelqu'un pour lui faire hon- 

! ncur. 

[ MAYADE, fém., honneur que l'on fait 
à quelqu'un en' plantant un arbre devant 
sa demeure. 

Mayade, Malade, redevance féodale 
(particulièrement de vin, de cidre) que le 
seigneur percevait en mai : Mo vi e ma 
poinada de mos debers ajustade. F. o. Mon 
vin et mon cidre de mes redevances re- 
cueilli. — , privilège qu'avait In seigneur 
pour la vente de son vin et de son ciiirc 
duiant le mois de mai; voy. May, 3. — , 
redevance féodale payée en argent au lieu 
et place des vins et cidres que l'on était 
primitivement tenu de donner au seigneui-, 
le mois de mai. — On lit dans mauca, 
llïst.de Béarn, i>. SIS-IC) : «Le droictquc 
le seigneur se réscrua de vendre ses vins 
et ses pomades ou cidres provonansdosos 
rentes ou deuoiis, jiar tout le mois de 
may, est considérable pour l'interpn'tnlion 
du terme de Maicsquc, dont les commu- 
nautés de Héarn i?c serucnt auiourd'lim 



56 



MAY 



(1640), lorsqu'elles font la déliurance de la 
Maiesque du vin à leurs fermiers. Car ce 
droict de vendre son vin priuativement à 
tout autre, pendant le mois de may, est un 
droict domanial apartenant au seigneur 
souuerain dans les terres qui lui sont im- 
médiatement subiectes, et aux autres sei- 
gneurs particuliers en leurs villages : qui 
est nommé dans les vieux titres Malade, 
Maiencque, et Maksque, prenant sa dé- 
nomination du mois de may; etnéantmoins 
on n'en void pas auiourd'hui la pratique 
(1040), d'autant que l'on a composé de ce 
droict auec les communautés quifontpour 
la plus grande partie une petite redeuauce 
annuelle en argent, que l'on appelle 
Malade. Toutesfois le nom de Maiesque 
est resté àcecontract que les communau- 
tés, dépourueuës de vin passent avec un 
vn fermier pour en faire le fournissement 
nécessaire, aux conditions qui sont arrê- 
tées entr'eux. Et d'autant qu'il y a dé- 
fense à tous autres de vendre du vin, ex- 
cepté celui deleurcreu, et que le fermier 
attirant à soi le droict de vendre seul du 
vin, exerce dans la communauté un mo- 
nopole, qui est vue chose défendue parles 
loix, ces contracts ne sont point valables 
si le Parlement n'en accorde la permis- 
sion. » — Lorsque marca dit que le sei- 
gneur s'était « réserué le droict de vendre 
(priuativement à tout autre) ses vins et 
ses pomades ou cidres provenans de ses 
rentes ou deuoirs, pendant tout le mois de 
may », il traduit en partie un article du 
F. 0. dont l'origine remonte à 1080, lequel 
article est ainsi conçu dans une transcrip- 
tion postérieure (1290) que Marca désigne 
particulièrement: M'artiencu aquest deber, 
que per tôt lo mees de may que vene ino v'i 
e ma pomada de 7nos debers ajustade, mes 
eu maior pretz que-us autres auramvenut en 
la medixe cmtat en l'entran de may. Je 
me suis réservé ce droit, que par tout le 
mois de mai je vendrai mon vin et mon 
cidre de mes redevances recueilli, mais au 
plus haut prix que les autres auront vendu 
dans la même ville à l'entrée de mai. Marca 
ne dit rien de cette dernière partie de l'ar- 
ticle du F. 0., mes au maior pretz que-us 
autres auran venut, etc., mais au plus haut 
prix que les autres auront vendu, etc. — 
Sur le vu de cet article, Marca affirme 
que le seigneur avait, jJrivativement à tout 
autre, le droit de vendre ses vins et ci- 
dres pendant le mois de mai. Comment 
le seigneur pouvait-il avoir ce droit, si les 
autres, comme l'indique le même article, 
vendaient leurs vins et cidres dès le com- 
mencement du mois de mai ? — May et 



MAY 

mayade ne nous semblent pas devoir signi- 
fier le droit exclusif appartenant au sei- 
gneur, en Béarn, de vendre le vin durant 
le mois de mai; nous croyons que, parées 
mots, il faut entendre seulement un pri- 
vilège résultant de certains avantages 
qu'e« Béarn le seigneur avait pour cette 
vente. — Dans une note, F, b., édit. Ma- 
zure et Hatoulet, il est dit, p. 126: 
«Dans le Nord et le Midi, la maïade était 
générale, tant pour la chose que pour le 
mot. » C'est là une assertion hasardée. 
Pour ce qui est du Midi, on ne trouve 
point maiade dans Raynouard. — Hon- 
norat se borne à dire : « Maiage, certaine 
redevance. » Mistral, Dict., n'a en vue 
que leBéarn, lorsqu'il définit la (t maiade, 
droit de vendre son vin pendant le mois 
de mai » ; il renvoie à <( maienco, droit 
exclusif qu'avaient certaines personnes de 
vendre leur vin pendant le mois de mai, 
en Béarn. » Si la «maïade » était générale 
dans le Nord, « tant pour la chose que 
pour le mot », on trouverait certainement 
et le mot et la chose relevés dans l'excel- 
lent ouvrage de M. Chéruel, Dict. histc- 
torique des Institutions, Mœurs et Coutumes 
de la France. Au mot « mai », il ne dit que 
ceci qui puisse avoir rapport à maiade : 
« Beaucoup de redevances se payaient 
fau le-- mai), et on les appelait, dans a 
basse latinité, Maiagium (voy. Du Can- 
ge). » Dans D.-c, il n'y a que cette dé- 
finition : « Maiagium, pra?stationis spe- 
cies, sic dicta quod mense maio exhibe- 
retur. » 

MAY-BOUNE, May-bone (môre- 
bonne,\ grand'mère : Cridabemay-houne.. 
Que lajoentutcalè trihallta dab bir/ou. F. 
Fast. Grand'mère criait qu'il fallait que 
la jeunesse travaillât avec vigueur. Succe- 
dis a sons pay e may, p)ay-bon ou may- 
bone. COUT. s. (Le premier-né) succède à 
ses père et mère, grand-père ou grand'- 
mère. 

MAYE, Maje, Mage, plus grand : Maye 
bounhur de da que de recebe. IM. Plus 
grand bonheur de donner que de recevoir." 
Autes 7nousques j -a qui hèn de majes maus. 
F. Egl. 11 y a d'autres mouches qui font 
de plus grand maux. Maye, plus grand, 
précédé de plus, signifie beaucoup plus 
grand : D' autes puncts déplus maje impor- 
tance. iB. (11 y a) d'autres points de beau- 
coup plus grande importance. — Judge 
mage de Begore. bar. Juge mage de Bi- 
gorre. — Lou mage, le plus grand, l'aîné. 
— Lous mayes, les grands (les personna- 
ges, les hommes élevés en dignité): La 
regine, l'abcsque e lous mages, F. Egl. La 



MAY 



MAY 



57 



leine, l'évêque et les grands. — Tu gran 
f i/ou maye. PR. B. Toi grand et moi plus 
yiand. Variante du prov. Tu Jwrt e you 
iney, toi fort et moi plus, qui se dit dans 
une querelle pour signifier : Tu es entêté, 
je le suis davantage. — Voy. Mayou. 

MAYEMENTZ , principalement , à 
plus forte raison, surtout. 

MAYERAU ; voy. Mayoumu. 

Mayesc ; vov. Marjesc. 

MAY-GRANE , MAYRANE (Or- 
thez), grand'mère: Pay-gruns e vcay-gra- 
nes. P.R. Grands-pères et grand'mères. 

MAYNADA, enfanter : Co7n a la hemne 
en rii(iynadan[t']. ps. (Ils ont eu tremble- 
ment et douleur) comme en a la femme en 
enfantant. 

MAYNADALHE, troupe d'enfants, 
les enfants, « la marmaille. » 

MAYNADAT, qui a des enfants :Lous 
Judius hahtn caperuas maridatz, E que 
hon en mespretz si n'èren maynadatz. F. 
Egl. Les Juifs avaient des prêtres mariés, 
etils étaient méprisés s'ils n'avaient poinr 
d'enfants. — Vov. Amaipiadat. 

MAYNADE, enfant (une fille). —, 
jeune fille : Jfaynade murïdadere, jeune 
fille nubile. Maynadete, rnaynad'ine, may ■ 
nadote, à\m. 3Iuynadasse,ang. Qiioandhey 
quauque maynadete... Soun pèefii, sa rauhe 
courtete, D'ainou que-m senti transpourtut. 
NAV. Quand je vois quelque charmante 
fillette, son pied fin, sa robe courte (court- 
vêtue), d'amour je me sens transporté. 

Maynade, maison, famille, gens, do- 
mestiques : Si no affes, te aucideram a tu 
e a ta maynade. n . s. Si tu ne le fais, 
nous te tuerons, toi et ta famille. Si uug 
homi logue ung hostau, e y aya estât ah sa 
molher e ah sa muynadu cum staganer . . . 
F. B. Si un homme loue une maison et qu'il 
y soit établi avec sa femme et sa famille 
comme locataire... — , race, lignée, des- 
cendants : Entro qu'ans vins e lor maynada 
lo ayay heit saber Taforsa e granpodee. 
PS. Jusqu'à ce qu'aux vivants et à leurs 
. descendantsj'aie faitsavoir(j'aieannoncé) 
^;a force et ta grande pnisrianco. 

MAYNADE, MAYNADIS, l'un et 
l'autre masc. sing. ; même signif . que 
Maynadalhe , j\[uynadère . 

MAYNADÈLE (Bay.), junc fille : 
Jloeyetz, hoeyetz le maynadide ! Si ère ho, 
Toutyour ère sera cruèle ; Qu'en seratz ho! 
aRiel. Fuyez, fuyez la jeune fille ! Si elle 
veut, toujours elle sera cruelle ; vous on 
serez fou. 

MAYNADÈRE, troupe d'enfants. La 
ntaynadrreAcs enfants. \o\. Maynadalhe, 
Maymidè . 



MAYNADERIE, fém.. enfantillage. 

MAYNADEYA, Maynadeja , faire 
l'enfant, se conduire en enfant. 

MAYNADGE ; voy. Maynat. 

MAYNADGEYA," Maynadgeja, mé- 
nager. — , faire un sage emploi des cho- 
ses : Lan s caperaas deben maynadgeja La 
sau de l'Escripture e nou la harreja. F. Egl. 
Les prêtres doivent ménagerie sel de l'E- 
criture et non le répandre. 

MAYNADIS: vov. Maynade. 

MAYNADISSE (Bay.), fém., enfan- 
tillage, espièglerie. 

MÀYNAGERIE, maison, ménage: 
TIemne, si hos que ta maynagerie Ane de 
dret... Nou blres l'oelh de l'entour de toun 
hee, E n'aties p>(is mey loenh que la garie. 
SENT. Femme, si tu veux que ton ménage 
aille droit (soit bien tenu), ne détourne 
pas les yeux de ton bien et ne va pas 
plus loin que la poule. — U Père que que- 
tabe per la maynajarie. D. B. Un Père (un 
moine) quêtait pour sa maison, 

MAYNAJARIE ; voy. le précédent . 

MAYNAT, JTaynadge, Maynatye, en- 
fant (garçon ou fille): Un maynat de la 
lèyt ostat. PS. Un enfant du lait ôté (sevré). 
Naustes maynadges. nav. Nos enfants. — 
De maynadge enla (à partir d'enfant), dès 
l'enfance. — , garçon, jeune garçon : Ila- 
betz maynatz ?... Quhahetz lou j}ribilèdge, 
Per la mieytat deu ijrètz, deus viete en u 
coulèdge. ID. Avez-vous des garçons ?. ., 
Vous avez le privilège, pour la moitié du 
prix, de les mettre dans un collège, ^f(^y- 
vadet, maynadin, maynxidot , maynadov , 
dim. Maynadus, aug. .Vaynadge, 7iuiynntye 
ont des dim. et aug. analogues. — May- 
nadge, maynatye, famille : Deus hilhs qu'as 
engendrât Tu-t céderas mayiuidge. PS. Des 
fils que tu as engendrés, tu te verras fa- 
mille (tu verras des enfants à tes enfants). 
— An agut a neurir tôt lor maynatye. 
Ancii. M. Ils ont euà nourrir toute leur fa- 
mille (leurs gens). 

MAYNE, masc, demeure. — , ferme, 
domaine : Sourdat lauredou, que seiniex n 
raayne poutoalpou sourelh. SEI. Soldat la- 
boureur, tu ensemences (tu cultives) un 
domaine baisé ])ar le soleil. 

MAYNÈU, meneau: La fr inesta aura 
dus nuiyneus. art. La fenêtre aura deux 
meneaux. 
Mayor. Major, Maior;voy. ^f(tyou. 
Mayoralie, rhargc de berger jirinci- 
]ial, de chef de I)ergers : Offin de mayora- 
lie. ARni. 0. 

Mayorameotz ; voy. ^^ayouramenf^. 

MAYOU, MAJOÛ, Mayco, plus 

grand, — Cour niajun. nav. La cour d'ap- 



58 



MAY 



MAY 



pel (de Pau). Cour mayour, p. r., Cort 
màior ou mayor, F. B., tribunal supérieur, 
cour souveraine. Voy. Cour, cort. — L'un 
des quartiers principaux de Bayonne est 
celui du Pount-Mayou, du grand pont (du 
pont plus grand que les autres). Mayor 
que tôt lo mon. H. s. Plus grand que le 
monde entier. Mayors dequeres ne f ara. 
iB.|De celles-là (de ces œuvres), il en fera 
de plus grandes. De a lor maiors franque- 
ses e melhors foers . F. o. Il leur donna de 
plus grandes franchises et de meilleurs 
fors. — Lo fray mayor. H. s. Le frère 
aîné. Lo mayoo ahe nom Joël. IB. L'aîné 
(des fils de Samuel) avait nom Joël. — 
Mayor de XIIII ans. F. B. (Plus grand de 
quatorze ans) garçon majeur. — Nomis 
deus mayors. h. s. Noms des principaux 
personnages. — Mayors en aqueres artz . 
IB. Supérieurs (très-savants) dans ces arts. 

— No eren pas de mayor sanc que nos. 
IB. Ils n'étaient pas de plus noble sang 
que nous. — Voy. Maye. 

MAYOURAMENTZ, Mayora- 
mentz, Maiormentz; même significa- 
tion que Mayementz. 

MAYOUkANE, Majorane, marjo- 
laine: De qu'ha lou nul la calle ?. — De 
flous de mayourane, de flous de yansemi. 
CH. P. De quoi la caille a-t-elle le nid ?. 

— De fleurs de marjolaine, de fleurs de 
jasmin. Sahïa e maiora7ia e totas honas 
gerbas. arch. Sauge et marjolaine et tou- 
tes bonnes herbes. — Vov. Gram . béarn . , 
2« édit., p. 118. 

MAYOURAU, Mayorau, majeur, 
le plus important, le plus considérable. — , 
majuscule: U tdiet mïnin sus ti i,mayou- 
rau. SEi . Un tout petit point sur un i (let- 
tre) majuscule. — , gardien chef des trou- 
peaux sur la montagne: Lo mayorau de In 
cabane. couT. s. Le chef des pasteurs de 
troupeaux réunis. Voy. Cabane pour la si- 
gnif.de ce mot. — Los majoraus deu senïior 
major. F. H. Les bergers-chefs du seigneur 
souverain. — Ta counexe et mayourau Dab 
et eau mlnja u sac de sau. (Ossau). prov. 
Pour (bien) connaître le berger chef, il 
faut avec lui manger un sac de sel. Pour 
bien connaître quelqu'un, il faut avoir 
longtemps vécu avec lui. — Mayourau, 
Mayerau, (Aspe) , chef de famille. —, le 
fils aîné. — Los mayoraus, les anciens : 
Los mayoraus de totz los linhar/es. ii. s. 
Les anciens de toutes les familles. 

MAYOURESSE, Majouresse, Mayo- 
resse, qualificatif de daune, maîtresse : 
Daune mayouresse, maîtresse souveraine . 
Dans L . . , c'est la daune maior e pode- 
rose dou tôt, la maîtresse de maison à qui 



tout appartient, qui a la pleine et entière 
disposition de tout. 

MAYOURITAT, Majoritat, majorité. 

MAYRAM. bétail : Bee se-m tarde de-p 
tourna hede, Boeus e baques, mayram amie. 
N. LAB. (Il se me tarde bien), qu'il me 
tarde de vous revoir, bœufs et vaches, bé- 
tail ami! U taure s'escartabe deu mayram. 
v. BAï. Un taureau s'écartait du bétail 
(de la troupe des bêtes qui paissaient). — , 
en mauvaise part, la famille, les enfants, 
les filles. — Aquet mayram que eau em- 
bia-n Taa lèu qui troben lou marchand . 
PROv. Ce « troupeau», il faut l'en envoyer 
(il faut s'en défaire) aussitôt que l'on 
trouve le marchand. En fr. xvi^ s., « C'est 
un fâcheux troupeau à garder que de sot- 
tes filles à marier. » G. meurier. — « Quand 
la fille est meure pour être mariée, la garde 
n'en est pas aisée. »oiiienart, Prov. bas- 
ques. — ]\Iayrani (Aspe), veau. Mayramet, 
dim. 

MAYRAM, merrain : Far fuste... may- 
ram. ARCH. Faire (couper) du bois... mer- 
rain. 

MAYRANE ; vov. May-grane. 

MAYRASTE, MAYRASTRE, ma- 
râtre: Nou y-lia ^jo.ç habut au 7nounde Qu'ue 
boune mayrastre ; Lou loup la s ha mînya- 
de. PR. B. 11 n"y a eu au monde qu'une bonne 
marâtre ; le loup se l'a mangée (l'a dévo- 
rée). — Trad. d'un proverbe basque : « La 
marâtre, quoique faite de miel, n'est pas 
bonne. » oihenart. — On dit en fr.: «Qui 
a marâtre, A le diable à l'âtre. » —Qui nou 
boii crede a boune may, Qa'haura a crede 
méchante mayraste. PR. H. Qui ne veut 
croire (obéir) à bonne mère, aura à croire 
(obéir) â méchante marâtre. 

MAYRE ; voy. May, 1 . 

MAYRE, Maire, maire : Debant lou 
mayre e lou noutari. N. lab. Devant le 
maire et le notaire. La sentencie deus mayre 
ejuratz. coût. s. La sentence du maire et 
des jurats. Lo mayre.. .ab vi scleuins eed 
setau pot far degut scleuinadge. bay. Le 
maire avec six échevins et lui septième 
peut faire dû échevinage (peut tenir con- 
seil régulier d'échevins). A le conegude 
dou maire e clous juratz. le. A l'enquête 
du maire et des jurats. Sotz-mayre. ib. 
Sous-maire, adjoint au maire. — Au lieu 
de mayre, qui est le vrai mot béarnais, on 
dit aujourd'hui communément mère, comma 
èr pour ayre, air. 

Mayretat, charge de maire, fonctions 
de maire. BAY. 

MAYRIE, marraine : Da hou tros au 
hilhou deu blat de la mayrie. nav. Don- 
ner au filleul bon morceau du pain de blé 



ME 

delà marraine. Etre prodigue du bien d'au- 
trui. En fr.,(( Du cuir d'autrui large cour- 
roie (d'ottre qiiir large curreie. » L. r. de 
iJNCY, Prov. — Lorsqu'une personne, par 
maladresse, a cassé quelque chose, on dit 
j)roverbialement : Que s'en ey Tièyte may- 
rie, elle s'en est faite marraine ; expres- 
sion qui a pour variante : Que s en ey 
hèyte lùlhole, elle s'en est faite filleule. 
Nous n'avons pu savoir pourquoi ces deux 
expressions ont l'étrange signification qui 
leur est donnée. 

MAYRITZ, matrice : Quoan lo me ços 
de la mayrïtz sortiba... PS. Quand mon 
corps sortait de la matrice (sortait du sein 
de ma mcre). — Voy. Jlay, 1. 

MAYROULÈRE. accoucheuse : Ma- 
trones e meyrouleres (/iiayroulères), avem 
visitade e regardade Mariete de Garigues 
que disiè que ère forsade. Jou. (Nous), ma- 
trones et accoucheuses, avons visité et 
examiné Mariette Garrigues, qui disait 
qu'elle avait été violée. 

MAYSOAU, Masoau, enclos autour 
de la maison ; synonyme àe Casalaa. — , 
de maison. — Voy. Cap-maynoau. 

Maysoer, chef de maison : Ab dus 
testimonis... e que sien maysoers. Liv. 
ROUGE d'ossau. (Que le demandeur jure) 
avec deux témoins qui soient chefs de 
maison. 

MAYSOU, Maysoo, Maison, mai- 
son : Ma viaysou n'ey prou haute enta tu. 
DESP. Ma maison n'est pas assez haute 
pour toi. La mayzoo de Annas ho (o) la 
de Cayphas H. s La maison d'Aune ou 
celle de Caïphe. Derfar. . . o son casteg o 
sa mayson. F. B. (Le seigneur peut ve- 
nir) détruire ou son château ou sa maison. 
On disait anciennement masoo, mason, 
mazon. De là, les noms de famille Boune- 
masou, La??ia30M, Konnomason, Lamazou. 
— Maysoete, maysouotr,m(iysnunete, may- 
sounotr, àïvn.Maysoasse, rnai/soimasse, aug. 

MAYTIADÉ,MAYTiAU; voy. Ma- 
tiadc, Matiau. 

MAYTIÈ, MAYTII; même signifi- 
cation (|ue Mutiè, Matii . 

MAYTINES, matines : Hora de fa- 
saa contant, o hora de may fines. F. n. 
Heure de coq chantant, ou heure de ma- 
tines. 

MAYTINIÈ, matinicr : Au soum deu 
Goursi Déjà bey lusi L'aube inaytiuicre . 
F. LAiî. Au sommet du Goursi, déjà je 
vois luire l'aube matiniùre. 

Mazon; môme signidcatinn qiu* .'/".'/- 
sou. 

ME, me, complément direct et indirect: 
La pou me prcii Quoand enteni taa grau 



MED 



59 



tapatye. noel. La peur me prend, quand 
j'entends si grand tapage. Quoantes lar- 
mes me costen aquetz adius! ch. p. Com- 
bien de larmes me coûtent ces adieux ! L'e 
s'élide devant une voyelle ou une h muette : 
Aquet mestiè m'agrade, aquet a moun hilh 
— eau, dans . F . Past. Ce métier m'agrée ; 
c'est celui qu'il faut à mon fils. Bous qui 
ni^habefz entenude, M'habeiz adyudade au- 
talèu. Vous qui m'avez entendue, vous 
m'avez aidée aussitôt. — Voy. M (appuyé 
sur le mot précédent). 

ME, MEY (Ortliez, Bay.), mien; rata, 
mie, meye, mienne : Asso qu'ey me, ceci 
est mien (ceci est à moi). Aqueste cause 
n'ey pas mie. Cette cho.se n'est pas mienne 
(n'est pas à moi). Me es lo vin. H. s. Mien 
est le vivant (l'enfant vivant est à moi). 
Précédés de l'article, lou me, lou mey, le 
mien, la mie, la meye, la mienne, signi- 
fient mon, ma : Lou me reyaume qu'ey la 
taule. NAV. Mon royaume est la talale. 
Lou mey uebout qui ha demourat sept ans 
aRoume. lett. ortii. Mon neveu qui a 
demeuré sept ans à Rome. La mia amou. 
F. LAB. Mon amour. Las m,ias maas. ID. 
Mes mains. On dit aussi (Ossau) la me, 
ma, las mes, mes : Qu'èy a pourta la me 
marmite. F. lab. J'ai à porter ma mar- 
mite. Las mes amigues. id. Mes amies. 

ME, plus. Voy. Mey. 

ME ; voy. Mèyt 

MÈC, bègue : B'ères mec? .îies mut.. . 
NAV. Tu étais bègue? sois muet. 

Mecanic, celui qui exerce un art mé- 
canique, un métier, p. R. — En fr. « mé- 
cani(pio », môme sens, 1559. Cf. d.-c, 
a mecanicus. » 

MECHANCETAT, Michancetat ; voy. 
Marhiniretal. 

MECHANT, Michant, méchant, mau- 
vais : }ferhant camii. Mauvai.s chemin. 
Lous michans. IM. Les méchants. Lou 
mechaut,\e vtiBXm, la diable. — Voy. i1/a- 
chant . 

MECHANTERIE, Michanteric ; voy. 
]\facJiaiil<rir . 

MÈCHE, Mètche, canard ; métis du 
canni'd m:nin et du canard do Rouen. 

MÈCHE ; voy. Mèsdie. 

MEDA, }reta, mettre en tas, amasser 
lo foin en petites moules. Voy. Ameki, 
Mcde. — Esp. (Galice), «mcdar », mettre 
i\i^!i g(M'I)Os on t;is. 

Médaille, maille, monnaie do valeur 
inférieure à celle du denier: Sinuguhomi 
d'aquesld riutat nuri biiiui e la bru, don 
(lier a mo veguer, e de pure, si-ti brn, une 
mcdalha. F. o. Si un homme de cette ville 
tue une vache et s'il la vend, qu'il donne 



60 



MED 



à mon viguier un denier, et de porc, s'il 
le vend, une maille. — , monnaie d'or : 
Don a ml DCCCc soos... e medalhe d'or. ib. 
Qu'il me donne 900 sous (de Morlaas) et 
(( médaille » d'or. 

MEDE, Mete, tas. — , petite meule de 
foin. — Lat. » Extruerefœnum iametas. » 
coLUMEi,i-E. Mettre le foin en meules. — 
Voy. Meda, Ameda. 

MEDECII, médecin : Lous medecus 
(ju'i purguen Vestouuinc. N. past. Les mé- 
decins qui purgent l'estomac. Médecine im- 
periques ordonnans médecines seran haiùtz 
p)er la prumere vegada efoetatz per la se- 
conde. r.R. Médecins empiriques ordonnant 
médecines seront bannis pour la première 
fois et fouettés pour la seconde. Maeste 
Thomaas de G'irone, noste hen amat mede- 
cii. Liv. ROUGE d'ossau. Maître Thomas 
deGironne, notre bien-aimé médecin (Ze^ 
fre de J^Iadele'tne, princesse de Viane^. 

MEDECINE, médecine, art de traiter 
les malades: La bonne cousine Héhade 
riiomi gras plus que la médecine, n. past. 
La bonne cuisine fait devenir l'homme i^ras 
jdusque la médecine. — , potion, remède : 
Es dejfenduta toutz Ipoticaves . . . de admi- 
nistra laedicina sens l'ordonnança de méde- 
cins conegulz. F. n. 11 est défendu aux 
apothicaires d'administrer médecine sans 
l'ordonnance de médecins connus. 

Medeix ; voy. Medix. 

MEDETE, dim. de Mede, tas. — ii/re 
maynadete Sus hère medete De palhe ou de 
hee. NOËL. Gentillette enfant sur un petit 
tas (sur une couchette) de paille ou do 
foin. 

Medge , Metge, Megge, médecin : 
jlfaeste Per de Saleffranque , medge de 
Morlaas. R. Maître Pierre de Salefran- 
(pie, médecin de Morlaas. L'ostau de meste 
Arnaut, lo metge. dén. La maison de maî- 
tre Arnaud, le médecin (Salies). Megges 
que la ahen desemparade, car nopode i/ua- 
rir. H. s. Les médecins l'avaient aban- 
donnée, parce qu'elle ne pouvait guérir. 

MEDICH; voy. Medix. 

MEDICINA, traiter, médicamcntcr, 
soigner. 

MEDIX, Medich, même, adj. et ad- 
verbe. J medixs.R. Eux-mêmes. Medi.rrs, 
inasc. etfém.: Los medixes lengadges. bah. 
Les mêmes propos. Homis de la médire 
viela. F. 0. Hommes de la même ville. 
Aquere médisse glizie. L. o. Cette même 
église. On dit aussi metix, metich. Dans 
ch.d'ortii., lo medeix dret, le même droit. 

Medjiar ; même signification que Me- 
i/iciiia, traiter. — Voy. Medge. 

Medot ; voy. Medout. 



MEL 

MEDOURE, fém.; même significa- 
tion que le suivant. 

MEDOUT, MEDOUTCH (Ossau , 
Aspe), Medot, masc, moeWe: Mon anime 
es rassasiada Com de medot e com degrex. 
PS. Mon âme est rassasiée comme de 
moelle et de graisse. Lou medoutch de la 
rée, La moelle épinière. — Medoutch de 
sahuc. Moelle de sureau. — , mie, la par- 
tie du pain qui est entre les croûtes : Paa 
coumunau lièytde medout e crouste. F. Egl. 
(Les huguenots prennent pour la commu- 
nion du) pain ordinaire fait de mie et de 
croûte. — Quey-ha medout. prov. 11 y a de 
la mie, il y a de la moelle Seditd'uneper- 
sonne rebondie, d'une personne riche. — 
Medout, du lat. « medulla», comme Bc- 
rfoM!!, bouleau, de d betula (betulla). » 

MEDOUTCHUT, qui a de la moelle. 
— , pain qui a beaucoup de raie. 

MÈE : voy. Bèe. 

MEES, mois: Coum las flouretas Pous ■ 
sen au mees d'abrlu. desp. Comme les 
fleurs poussent au mois d'avril. Mees de 
garbes, mois des gerbes, le mois de juil- 
let. Lou mees de la gatalhe, le mois des 
chats, le mois de février, où les chats 
« courent le guilledou. » 

MEFFIDÂ-S, se méfier. — Voy. Mes- 
chida-s. 

MEFFIDENGE, MEFFIDENT ; 
même signification que Meschidence, Mes- 
ch idèu . 

Megge ; voy. Medge. 

Meharie, traitement pour la guérison 
d'une maladie, d'une plaie : La meharie 
d'une plague qui ave au cap ; 1384. ARCH. 
Le traitement pour la guérison d'une 
plaie qu'il avait à la tête. — Voy. Medjiar. 

Meia, demie, moitié : Une maison... 
meia. L. o. On paj^ait pour une maison 
{une maison) six sous de cens et pour moi- 
tié de maison [meia) trois sous. 

Meinh far, méfaire : Meinhfar contre 
luy ni los sons. bar. Méfaire contre lui et 
les siens. — Vov. Mauha. 

MEINHS, MEINS; voy. Menhs. 

MEINSDISE, médire : "Nous nou de- 
hem jamésmensti ni meindise de personne . 
CAT. Nous ne devons jamais mentir ni 
médire de personne, 

MEINSDISENGE , médisance : La 
mensonge, la meinsdisence elous judjamens 
temeraris. CAT. Le mensonge, la médisance 
et les jugements téméraires. 

Meis; voy. Mes, 3. 

MELA; \'oy. Bêla, 2. 

MELA, recueillir lou mèu, le miel. — , 
emmieller, enduire de miel, adoucir avec 
du miel. 



MEM 



MEN 



61 



MELADE (miel), liqueur ou gâteau 
faits avec du miel : La lèyt ni la melade, 
ni lus sahous qui lous tlius han goustat. 
LAM. Le lait ni le miel, ni les saveurs i les 
choses d'un goût délicieux) que les dieux 
ont goûtées. — Esp. « melada », rôtie de 
miel. 

MELHE, terme de plaisanterie, maî- 
tresse, amante. 

MELHE, pour Mielhe ; voy. ce mot. 

MELHOU (Bay.), Melhor ; voy. Mie- 
l/iou. 

Meihura ; voy. Mielhura. 

Melhurament ; même signification 
que MieUiuriDi/enf. 

MELHURÈE, Meihurer, masc. 
amélioration. Voy. Mielhurèe. 

MELIC, aphérèse de oumelic, lat. « um- 
bilicus », ombilic,' nombril : De l'eschère 
cm nielic. n. lab. De laisselle au nombiil. 
— Cintas lou melic. Se ceindre le nom- 
bril : Cintatz-pe. . . lous melic xs, Doumaa 
quedisneran. nav. « Serrez-vous le ven- 
tre », nous dînerons demain. — Graia-s 
lou melic, iD., se gratter le nombril. Se 
dit d'un paresseux. — Ha au tnique-me- 
lic. « Faire la bête à deux dos. )> rabi;- 
r.Ais. " Habere rem cum muliere. » — An 
lieu de melic, on dit vers la Chalosse me- 
ric . 

Meliorar, améliorer, o. h. Voy. J/ie- 
I luira . 

MELIOU, dans n. past., milan, oiseau 
de proie, 

MELLA-S , se mêler , s'occuper de , 
s'ingérer: Lous qui... se son mellalz de 
ha prcdJcqs. F. Eçil. Ceux qui se sont mê- 
lés de faire des prêches. 

MELLAT, siibst.; \oy. ^ferlât. 

MÈLLE. MÈLLOU ; môme signifi- 
cation que Merle, Mi'.rlou. 

MELO AU, se dit de la citrouille, cw^Cj 
nn/e, qui a le goût du melon. 

MELOU, MEROUN (Hay.), melon: 
(^ue diseratz-hous de las riijes phmtades. 
Deus bètz vielous madus ? N. past. Que 
direz-vous des citrouilles plantées, des 
beaux melons mûrs ? Per ha jyoussa lous 
caus, lous merouns e le cu_>/e. laq. Poui- 
faire [lousscr les choux, les melons et la 
citi'ouille. 

MEMBRA ; voy. Moumhra. 

Membrade, Membrant; voy. Lrn- 
f/ite. ' 

MEMBRANCE ; mémo signifiL-atioii 
que Mnuiiihrance. 

MEMBRAT, membre : Plaameinhriit, 
bien mcinbié, (pli a des membres bien pro- 
portionnés. 

MEMBRUT, membru, trapu. 



MEMÈLE, MEMBRE, fém., fanon, 
peau qui pend sous la gorge du bœuf. — , 
toufle de poils au pli de la peau, à la par- 
tie inférieure du cou de certains animaux. 
— Esp. « marmella. » 

Memoratiu, « mémoratif », qui se 
souvient d'une chose. 

MEMORI, Memorie, mémoire, sou- 
venir : Perde la meniori en courre. Perdre 
la mémoire en courant ; voy. Lèbe ; mé- 
moire de lièvre. Ta-n perde la memori, 
AhaJe foiin secret, nav. Pour en perdre le 
souvenir, avale ton secret. Las memoris 
son lahUs. ARCH . Les souvenirs passent 
vite. — Dans les dépositions écrites, pour 
indiquer que les témoins ne pouvaient dé- 
poser que de ce qu'ils avaient vu ou en- 
tendu depuis 1 âge de quinze ans, on em- 
ployait la formule état de... âge de, me- 
morie de... souvenir de : Etat de cinquoanle 
ans, memorie de trente cinq ans. arch. b. 
Age de cinquante ans, mémoire de trente- 
cinq ans. — Memories, instructions pour 
la conduite d'une affaire: Memories a Mos- 
sen Arnaut-Guilhem, P. de Navalhes e 
Bernai de Luntz. r. Instructions à Mgr 
Arnaud Guillaume, à P. de Navailles ei. à 
Bernard de Luntz (chargés de s'assurer si 
tout avait été fait conformément aux or- 
dres de Gaston-Phœbuspoui'la «(montre», 
la revue des troupes à Morlaas ; 137()). 

MEMORIAU, mémorial. — , abrégé 
d'un acte de notaire. « Le notaire plaçait 
sur son cartulaire une note abrégée de 
l'acte {memoriau) ; il le complétait lors- 
qu'il en délivrait expédition aux parties 
contractantes. » F. B., édit. mazlhe et 
HATOUI.KT. p. 40. 

MENA, Menar, mener, conduire : Lo 
qui aura memit lodol. H. A. Celui qui aui'a 
conduit le deuil (qui aura été en tête du 
cortège funéraire). — , emmener : Menahe 
tôt los hoinis... capiius en Sirie. H. s. Il 
emmenait tous les hommes ( le peuple 
d'Israël) captifs en Syrie. — Procès mc- 
natz per davant las cours, r. R. Procès 
menés (soutenus) devant les cours. 

MENADGE,MENADGÈRE; voy. 
Meuatjie, Menati/crc . 

MENADOU, Menador, meneur. — , 
celui qui emmène : E.rtrrmnr lohesi'iar ans 
Ihehadors c men/idors. (Dans un document 
publié par la Jt'er. Jcs Ba.'<ses-P>/r., aviil- 
juin 1SS4, p. 13S). Kepreiiilre le bétail à 
(■(Nix (pli l'ont enl('V('' et remmènent. 

MENASSA. MENASSE; voy. 
.]/iti.'<sii , Miiis.'^e. 

MENATYE. Menadqe. ménage. 

MENATYÈRE. Mcnadfjère, ména- 
gère. La bonne luenatyère Que hé la hilhc 



62 



MEN 



laprumère. PR. B. La bonne ménagère 
fait (enfante) la fille la première. Elle veut 
assurer la continuité de la bonne tenue de 
la maison. — « Toute femme sage bâtit sa 
maison. » Prov. de Scdomon , xiv, i. — 
Dans le Rouergue, « Los bounos moyno- 
chityros Fou j^ossa los fillos los i^remièii- 
ros >K VAYSs. ,D>ct. « Les mères de famille 
qui gouvernent bien leur maison marient 
(font passer) les filles les premières (avant 
les garçons). » 

MENCH : vov. Menhs . 

MENDIA, MENDICA (c'est à tort 
que l'on prononce aujourd'hui la première 
syllabe comme en français, Mand'ia, Man- 
d'ica), mendier, demander l'aumône : Men- 
d'icar x>er las portes, arch. Demander l'au- 
mône de porte en porte. — Mcndicn u pe- 
tit emplec. lett. okth. Mendier un petit 
emploi. 

MENDIANT, MENDICANT, men- 
diant, qui demande l'aumône: Mendlcantz 
valides...., si son attentz, dehenhahe lofuet. 

F. H. Mendiants valides , s'ils sont pris, 

doivent avoir (être punis du) fouet. — Loc 
mendicant (lieu mendiant), maison d'un 
ordre mendiant: Cantar misses per loslocqs 
mendicans e en las aides glisies... arch. pp. 
( Deux cents florins laissés pour faire ) 
chanter des messes dans les maisons d'or- 
dres mendiantset dans les autres églises... 
(Pour la prononciation actuelle, J/aurf^aH^ 
Mandicant, voy. Mendia. 

MENDICÀYRE (et non Mandicayre, 
comme on prononce aujourd'hui), men- 
diant, mendiant importun : Toun hesii lou 
jMSserou, Lou mandicayre, lozt luyrou. N. 
LAB. Ton voisin le moineau, le mendiant 
importun, le larron. 

MENDRAS, masc, menthe sauvage. 
— , La superstition fait qu'on l'emploie 
pour la guérison des fièvres tierce, quarte.. 
On va, le matin, en chercher dans les 
champs. 11 faut en trouver sept pieds dé- 
pourvus de rejetons. On s'arrête devant 
chacun de ces pieds, et, se mettant à ge- 
noux, faisant le signe de la croix, on jette 
sur la plante cinq, sept ou neuf miettes 
de pain, et cinq, sept ou neuf grains de sel; 
on prononce ces paroles: Adiu, que-t sas 
ludi, mendras, Qu'èy lafrèhe, ta nou l'ha- 
pas ; Aci que-t pjurti paa e sau, Taa que-m 
f/oarexques lou me mau. Adieu, je te salue, 
menthe, j'ai la fièvre, tu ne l'as pas; ici 
je te porte pain et sel, pour que tu gué- 
risses mon mal. H. B. — Lat. k menthas- 
trum . » 

MENDRE, moindre. Mendret, men- 
drin, mendrot, mendrou, dim. Mendroutet, 
mendroutin, mendroutot, mendroutou, su- 



MEN 

perdim., très-chétif. — Mendre état (moin- 
dre âge), minorité, état d'une personne 
mineure. Los mendres de qriatorze ans . 
F. H. (Les moindres de quatorze ans), les 
mineurs. 

MENDRESQUE, mince lard sous le 
ventre du porc. 

Menge (?), moindre (?) : xiii concas de 
mil de la conca menge. Quatorze conques 
de millet de la conque moindre (petite 
mesure) ? 

Mengoe, Mingoe, diminution, déchet, 
perte : Fo a son dampnatge. ... la mengoe 
deuhii pluus de 20 se a tz. atic H. M. La perte 
du vin fut à son préjudice (lui causa un 
préjudice de) plus de 20 écus. Dans un 
texte, ARCH., mingoe. — Esp. « mengua.» 

MENHS , Meinhs , Meins , Mench , 
Mens, Menx, Menxs, moins. — Biene a 
menhs [venir à moins), déchoir, empirer. 
— Employé comme préfixe, il est négatif, 
ou donne un sens péjoratif : Menhs cone- 
che, méconnaître, menhs presar, mépriser. 
11 se réduit à mes. me, mis: — Mespresa, 
mépriser ; meffidas-s, se méfier ; miscap, 
« méchef », mal. 

Menhs-coneche ; voy. Mescounexe. 

Menhsconte : voy. Mescoumpte. 

MENHS-CREDÈNCE , impiété, in- 
crédulité. 

MENHS-CREDENT, mécréant, im- 
pie, mcvéà\x\e: Aquest menhs credent...apre- 
mera la nostre gent ! h. s. Ce mécréant 
(Goliath) opprimera-t-il notre nation ! 

Menhs presar ; même signification 
que Mespresa. 

Menhs prètz; voy. Mesprètz. 

MENIN ; voy. Minin. 

MENISTÈRI ; même signification que 
Ministèri. 

MENISTRE, Menister ; voy. Mi- 
nistre. 

MENIT, petit enfant : L'Amou qu'ey 
u p)etit menit. DESP. L'Amour est un tout 
petit enfant. 

Menor, moindre. — La menor partide 
(la moindre partie), la minorité da.ns une 
assemblée : La vots de la menor partide 
no es efficace. COUT. s. Le suffrage de la 
minorité est sans effet. — , mineur, qui 
n'a pas atteint l'âge de majorité : Lostii- 
tors in'enen los biens deus menors p)er in- 
ventari. IB. Les tuteurs ne prennent l'ad- 
ministration des biens des mineurs qu'a- 
près inventaire. Enfant ou enfante menor 
de quinze ans. IB. Garçon ou fille au-des- 
sous de quinze ans. — , de l'ordre des Mi- 
neurs : L'arrefector deus frais menors. F.o. 
Le réfectoire (du couvent) des Frères Mi- 
neurs. 



M EN 



MEN 



63 



Menoretat ; voy. M'mouretat. 

MENOURESSÉ; même signification 
que le suivant. 

MENOURETE, Menorete, nonne 
(ordre des Mineurs). 

MENS ; voy. Menhs, 

MENSHIDA-S, Meschïda-s, se mé- 
fier : Lou qui nous menshide d'arré, im. 
Celui qui ne se méfie de rien. 

MENSHIDENCE, MescUdence, mé- 
fiance. 

MENSHIDÈU, MescUdèu, méfiant : 
Que bous ètz riicscJiidèu, Yoan, de nou-ns 
boule crede! Noi^L.Que vous êtes méfiant, 
Jean, de ne vouloir pas nous croire. Lo'i 
qui ey meschidèu n'ey pas hidable. PR. H. 
A celui qui est méfiant on ne peut se fier 
(celui qui est méfiant n'est pas digne de 
confiance). 

MENSOUNGE, Mensounye, fém., 
mensonge: La rnensounge,lameinsdisencc, 
loufijudjameus tetneraris. CAT.he mensonge, 
la médisance, les jugements téméraires. 
Qui ditz mensoimyes a l'aboucat De men- 
sounyes qu'en ey pagat. PB. H. Qui dit des 
mensonges à l'avocat, de mensonges est 
payé. — En fr. xv* s., « L'on ne doit pas 
mentir à son conseil. » L. k. de lincy. 
— Beroge mensounge bau mey que mâ- 
chante bertat. prov. Joli mensonge (men- 
songe badin, sans conséquence) vaut 
mieux que méchante vérité. La mensonia 
frustatori Enter vous austes aura cous? ps. 
(Jusqu'à quand) le mensonge nuisible an- 
ra-til cours parmi vous autres? — En fr., 
le mot mensonge a été aussi du genre fém.; 

voy. RABELAIS, MONTAIGNE. 

MENSOUNGE. Mensounye, fém., co- 
peau varlope, planure. — , pellicule au 
bout du doigt, au pourtour de la racine de 
l'ongle. 

MENSOUNGE, Mensounye, menson- 
ger. — , menteur : En aquere fanùlhe . . . 
satin toutz mensounyès de puy en hilh. Li'/J'T. 
OKTii. Dans cette famille... ils sont tous 
menteurs de père en fils. Loa mensounye 
qua tau bertut, Quoand ditz la bertat non 
pot esta cregut. pr. ii. Le menteur a telle 
vertu, quand il dit la vérité il ne peutêti'c 
cru. En fr. xiii" s., « Cil qui ment volon- 
tiers ne fait point accroire. » L. n. de 
LINCY, Prov. — Lat. « Quicuraquc tiirpi 
fraude semel innotuit, Etiamsi vcrum di- 
cit amittit fidcin. » riiKURK. 

MENTABE, mentionner, l'appolor, 
citer. — , nommer : Quiii lou menlabin .^ 
Comment le nomme-t-on? — , renommer : 
Aquere rryne Yane Que l'histoire (l'histori), 
aboun dret, a mentabut la Granc. vion. 
Cette reine Jeanne que l'histoire, à bon 



droit, a renommée la Grande. Mentabut, 
mentagut, participe passé; voy. Mentant. 
— RAYN. (i mentaure. » 

MENTAGUDAMENT ; voy Mentau- 
dainentz. 

Mentant, témoin. F. b. On appelait 
de ce nom le témoin qui n'avait ni vu ni 
entendu le fait au moment où il s'accom- 
plissait; le mentant faisait mention de ce 
qu'il avait ouï dire sur le fait accompli. 

Mentaudamentz, dans une charte de 
Mifaget, 1287, arch.; voy. le suivant. 

MENTAUMENTZ , spécialement , 
pai'ticulièrement. — , nommément. 

Mentant (de mentabut, mentagut; voy. 
Mcntabe), mentionné, désigné : Los herms 
qui dejus son menfautz ; 1287. arch. Les 
terres incultes (les « vacants î) qui sont 
dessous désignées. 

MENTECAT (Aspe), qui n'a pas le 
bon sens, extravagant, sot. — , Esp., 
(i mentecato. » 

MENTI. Mentir, mentir : Lou qui-s 
care, que nou menteix. pr. h. Celui qui 
se tait ne ment pas. Menteixes, tu mens ; 
tu mentz. h. s. \ oy. Ai-remeuti. — D'un 
homme à qui le mensonge est familier, on 
dit proverbialement : Nou-s descausse pas 
ta menti. Il ne se déchausse pas pour 
mentir. — En fr., « Cet homme n'enrage 
pas pour mentir, n L R. DE LINCY, Pror. 

MENTIDAMENTZ , en mentant , 
faussement. 

MENTIDE, menterie. 

MENTIDOU, menteur. La mentidoure, 
la menteuse. 

MENTOU, menton : Clôt au vicntou, 
Beutat de garsou. pkov. Fossette au men- 
ton, beauté de garçon. Jfentou de taulcte. 
GAR. Menton proéminent et large; (il poui- 
rait servir de tablette, taulete. — En fr . 
le menton qui avance en pointe est un 
(f menton de galoche. » 

MENTRE, Mentre qui, pendant que : 
Maître lous ayroulctz lien Jlouri dus j)rin- 
temps. v. BAT. l'endant que les zéphirs 
firent fleurir deux printemps. .)fenlre qui 
droumitz. N. PASt. Pendant que vous dor- 
mez. 

MENUDET. plantain des Alpes. Très- 
coiniMun dans les vallées d'Aspe et d'Os- 
sau. u Les bergers qui fréquentent les 
hautes montagnes sont i)ersuadés que 
cette petite plante ([jlante menue, mrnu- 
<hi] donne une couleur jaune au beurre et 
au suif ; ce «jui paraît probable, puisque 
les étamiiies sont de cette couleur. » .i. 
BERGEKET. — . plantain graminifornu». 
« Les pasteurs confondent les deux plan- 
tes sous le nom de menudcl. » IP. 



64 



MER 



MER 



MENUSA, Menusar, menuiser : Ar- 
qualheyt {arcalheyt) de noguè menusat .arch. 
Châlit de noj'er menuisé. 

MENUS ARIE, menuiserie : Menusa- 
rie deu retable, aet. Menuiserie du réta- 
ble. 

MENUSAYRE, 

MENUSÈ, Menuser, menuisier : Ar- 
naut d'Oliver, deu loc d'Ossun, menuser. 
ART. Arnaud d'Oliver, du lieu d'Ossun, 
menuisier. Nadal Quere e maeste Berto- 
in'ia Jossas, menusayres. IB. Noël Quère 
et maître Barthélémy Jossas, menuisiers. 

MENUSERIE ; même signification 
que Jfemisai-ie. 

MENUT, menu. Menudet, menudin, 
7nenudot, dhn. Bestiaa menut, menu bétail: 
Bestiaa menut com son mouloos , aolhas, 
jjorcs, crahas, F. H. Menu bétail « comme 
sont » moutons, brebis, porcs ou chèvres. 

— Lo menut populari. PS. Le menu popu- 
laire (le peuple), — Los menutz pohles. 
BAY. Les petits peuples. Ploya menuda. 
PS. Pluie fine. — Au menut, au détail : 
Expausar vin ventahle au menut. F. h. 
Mettre du vin en vente au détail. — ]\[e- 
nut per menut, de point en point, exacte- 
ment, sans rien omettre. — J/emj^ précédé 
de l'adverbe soent forme la locution ad- 
verbiale soent e menut, très-souvent : A naue 
au malin soent e nienud. L. o. 11 allait au 
moulin très-fréquemment. — Esp. « a 
menudo », souvent, continuellemont. 

MENUTA, rendre menu : Menuia-s 
lous ard'ttz (ménager ses liards, son ar- 
gent ; voy. Ardït), user d'économie, dé- 
penser avec réserve. 

Menx, Menxs ; voy. Me.nhs. 

Menxs cap; même signification que 
Miscap). 

MÊQUE, mèche. — , roupie. 

MEQUEJA, Mequeya, de mèc, bègue, 
bégayer. 

MERBELHA-S, s'étonner. Voy. Mer- 
hilhar. 

MERBELHE, Merbilha, merveille. 

— Dur se merbilha, s'étonner : Sant Jean 
da n se merbilha. H. s. Saint Jean en fut 
étonné. 

MERBELHOUS ; voy. Merbilhous. 

Merbilhar, admirer : Merbilhem que 
aquest rey qui es tant entcnut. H. s. Admi- 
rons ce roi qui est si entendu (qui a tant 
de sagesse). — , s'étonner, être étonné, 
troublé : llerbilha que pode esser. ib. Il 
s'étonna de ce que cela pouvait être. Fon 
merbilhatz e no la ausan tocar. in. Ils fu- 
rent étonnés et n'osèrent le toucher. Quant 
Herodes audi asso,fo trop merhilhat. ib. 
Quand Hérode entendit cela, il fut fort 
troublé. — Voy. Merebilhar. 



Merbilhoos, 

MERBILHOUS, Merhelhous , mer- 
veilleux : Mantue Mstori merbelhouse Qui-s 
countabe de toutz coustatz. v. bat. Mainte 
histoire merveilleuse qui se contait de 
tous côtés. — , magnifique : Crobir ab 
merbilhoos cendat. h. s. Couvrir avec une 
magnifique étoffe de soie. 

MERCA, MERCADÉ ; même signif. 
que Marca, Marcadé . 

Mercaderie, affaire de marchand, tra- 
fic: Lors mercaderies.. . sonestades retur- 
dades en perdure de imssatz sieys mile scutz. 
ARCH. M. Leurs affaires de marchands ont 
été retardées, (ce qui les a mis) en perte 
de plus de six mille écus . — Voy . 3Iai-- 
caderie. 

MERCAT, MERCADIU; même si- 
gnification que Marcat, Marcadiu. 

MERCE, Mercer, mercier. — , dans 
DÉN., marchand. 

MERCEE, Mercer, merci, grâce, mi- 
séricorde : Aias mercee de mi. PS. Aie pi- 
tié de moi. Seys nulhe merser. M. b. Sans 
nulle grâce. 

Mercer-Diu (La), Dieu-merci, grâce 
à Dieu: Dixo que, la mercer-Diu e las bo- 
nes fjens de la vila de Pau, de lonc temps 
en sa, se ère retirât en la dita vila. arch. 
11 dit que, grâce à Dieu et aux bonnes 
gens de la ville de Pau, depuis longtemps 
il s'était retiré dans ladite ville. 

MERCÉS, merci, remerciment: Gran 
merrésdelascounsoulatious qui-m balhutz.. 
IM. Grand merci des consolations que vous 
me donnez... A Escoubès, Enta-p paya, 
que-b disin rnercés. D. B. A Escoubès, pour 
vous payer, on vous dit merci. Cette re- 
connaissance part d'un bon naturel, mais 
ne fait point que les gens, comme ceux 
du village d'Escoubès, qui n'ont que cette 
monnaie pour s'acquitter de leurs dettes, 
puissent être considérés comme de bons 
payeurs. Les Béarnais furent accusésjadis 
de payer ainsi du cœur plutôt que de la 
bourse : Gran mercés, Payue de Biarnes . 
PROV. Grand merci, paye de Béarnais. — 
Voy. Bearnes. 

MERCIA, Merciar, remercier: Très 
humblementz vous merciam. p. r. Nous 
vous remercions très-humblement. 

MERDALHE, fém.sing., excréments. 
— , tas de « merdaillons. » 

MERDALHOU , terme de mépris , 
marmot, marmouset, polisson. — « Mer- 
daillon, homme sans conséquence, mépri- 
prisable, poltron. » A. delvau. Lang . 
verte . 

MERDASSÈ, qui se tient dans les 
matières fécales, qui est toujours breneux. 



MER 



MÈR 



65 



MÈRDE, matière fécale. — Tros de 
mèrde, terme injurieux, morceau d'ordure. 
— • Qu'ey sensible coiiTti era mèrde det gat 
TKOv. Il est sensible (au sens de promjit, 
irascible) comme la merde du chat (qui 
est extrêmement sensible à l'odorat). On 
joue ici sur le mot « sensible. » c. — Que 
creix (crech) coum era mèrde at sou. 11 
croît comme la merde au soleil (pour dire: 
il décroît, il sî-che, il dépérit). ID. 

MERDÉ, Merdee : L'arr'm merdee . 
DICT, Le ruisseau qui sert d'égout. Mous- 
que merdère, mouche stercoraire. — , subst., 
amas de matières fécales. — , un homme à 
gros ventre, un ci sac à matière fé- 
cale. » 

MÈRDE-HÉR, mâchefer, scorie du 
fer lorsqu'on le forge. 

MERDOUS, merdeux, breneux, sali 
de matière fécale: Qui dah canalhe es r.ou- 
clie, Merdous que-s Ihèhe. pr. h. Qui se 
couche avec de la canaille, breneux se 
lève. Qui fréquente de mauvaises gens, 
s'en trouve mal. Variantes: Qui dah may- 
natz s'en ha coucha, Merdous que-s Ihèhe 
loti lendouma. Qui avec des enfants va se 
coucher, breneux se lève le matin. « On 
sort mal d'une affaire où l'on s'est associé 
avec des gens ineptes. » c. — Merdous, 
subst., synonyme de merdalhou ; voy. ce 
mot. Merdouset, mcrdousot, dim. 

MERDOUSALHE, merdaille, troupe 
importune de marmots . — , tas de marmou- 
sets, de petits garçons, de gens que Ton 
méjirise. 

MERDOUSAMENT, salement. 

Merebilhar-se , s'étonner: Merehi- 
Ihain nos per que no ahetz feite l'enforma- 
tion que nos vos aherii nuwdat far. dén. 
Lettr. de Gast.-Phœhus . Nous sommes 
étonne que vous n'ayez point faite l'infor- 
mation que nous vous avons (déjà) or- 
donné de faire. — Voy. Merbelhar. 

MERENT, qui mérite, digne (en bonne 
et en mauvaise part), délinquant, coupa- 
ble: Punir, corrcijir lo mcrent o merentz... 
en lus pênes corporuus e pecuniaus. F. 15. 
Punir, châtier le délinquant ou les délin- 
quants des peines corporelles et pécu- 
niaires. — Voy. Jlerdenf. 

MERIG (vers la Chalosse) ; même si- 
gnification ([ue Melic. 

Meri Emperi, haute justice: Nulh 
hom de Bcarn no pot meter peudge ni cos- 
tume en sa terre, sino que <nje meri e emperi 
(meri emperi). F. B. Nul homme de Béarn 
ne peut mettre péage ni coutume en sa 
terre, à moins qu'il n'ait haute justice. — 
D.-c, « imperiuni merum et mixtum », 
jus summum et médium, alta et média jus- 



titia ; (en fr.), mère e mixte emperez. » — 
Ailleurs, D.-c. dit: « Maire velMcre,\àem 
quod major. » Voy. « Merum examen. » 

Merir; voy. Mérita. 

MERIT, mérite : Los meritz delà cause. 
F. B. Les mérites (le mérite) de la cause . 
— ■ Voy. Meriti. 

MERITA, mériter : Soim aco lous re- 
buts Qui èy rnerifatz ! desp. Sont cela les 
rebuts que j'ai mérités; est-ce par là que 
j'ai mérité tes rebuts ! JReceho mort que no 
ahe meride. II. s. Il reçut la mort qu'il n'a- 
vait point méritée. 

MERITENT, méritant, digne (en 
bonne et en mauvaise part ; voy. Merent), 
coupable: Dequeg crim no ère méritante. 
M. B. Elle n'était point coupable de ce 
crime. 

MERITI, mérite, cat. Voy. Merit. 

MERLA(Bay.), mêler. — , réf., se mê- 
ler de : Nou-b merletz dous meys alias. Ne 
vous mêlez point de mes affaires . — Voy . 
J\rella-s. 

MERLADE, nichée de merles. — , se 
dit d'une famille de « moricauds. » 

MERLAT, MELLAT (Orthez), pe- 
tit du merle. Au fém.. merlate. 

MERLE, MÉLLE (Orthez), femelle 
du merle. — Fine mtrle, fine merlate, fine 
commère. 

MÈRLOU, MÉLLOU (Orthez),merje : 
Mèrlous y gays de la countrade... hees'è- 
renreunitz. nav. I\Ierles et geais do la 
contrée s'étaient bien réunis. — Blounde 
coum la coude deu mèrloti. prov. Blonde 
comme la queue du merle. Variante : 
Qu'ère darrè lou plèix quoand lou houn 
Diu halhahe la coulou aus mèrlous. Elle 
était derrière la haie quand le bon Dieu 
donnait la couleur aux merles. — Plumât 
coum u mèrlou. PR. B. Plumé comme un 
merle. Quelqu'un qui a tout perdu, que 
l'on a dépouillé, qui reste « nu comme un 
petit Saint-Jean. » On peut être, en béar- 
nais, « plumé comme un merle », sans 
avoir été, ainsi qu'on le dit en fr., « plumé 
comme un pigeon » : celui-ci est toujours 
« une dupe » ; il n'en est i»as de même de 
l'autre. — Fii mèrlou, fin merle, un ma- 
tois. 

MERMAMENT, masc, diminution, 
retranchement. 
Mermar, diminuer, retrancher -.Aquesta 
prcnco e trcgu de l'origimiu... secs que 
(trre no y ajuste ni mcrme. Liv. KOUGH 
u'ossAu. J'ai pris et tiré celle-ci (cette 
charte) de l'original sans que j'y aie (et je 
n'v ai) rien ajouté ni retranché. 

MEROUN; voy. Melon. 

MËRQUE ; même signification que 
Maripic. 



66 



MES 



MES 



Mes, moisson : Eus cultivatz ayan lierha 
e pastenc... ses danijmage de mes e de fe- 
nar. F. 0. Sur les terrains cultivés qu'ils 
aient herbe et pacage... sans dommage 
de moisson et de fenaison. — Dans rayn., 
« culhiranlasmes.n (Les autres) récolte- 
ront les moissons. 

MES; voj.Mete, meter, mettre. 

MES, MEY, ME,Meis, plus -.Mesgran 
(Vic-Bilh), plus grand. Cerque-m u mey 
hruhe houmi. nav. Cherche-moi un plus 
brave homme. Me de roument, me de hey 
(Bay.). Plus de froment, plus de foin. La 
mes halence. arch.' La plus-value. Stmé^' 
y an a estar de uny die. F. b. S'ils ont à y 
rester plus d'un jour. Loii Bearnes ey 
prauhe; si mey hahè, mey ahdaré. D. B. Le 
Béarnais est pauvre ; s'il avait davan- 
tage, il vous donnerait davantage. A es- 
tad en l'escominje meis dexxx ans. L. o. 
11 a été dans l'excommunication plus de 
iieate ans. 

MES, MEY, mais : Lou Bearnes qu'ey 
prauhe, mes nou cap-haxe .vi\o\ .\^Q Béar- 
nais est pauvre, mais il ne baisse pas (il 
n'a pas à baisser) la tête. — Mes que,\)0\\v\w 
que : Lous pastous soun Jturous mes que 
paguen la dèsme. N. past. Les pasteurs 
sont heurenx pourvu qu'ils payent la dîme. 

— Voy. 3/o.s. 

MESADE, durée d'un mois de travail. 

— La mesade, le mois d'école; la rétribu- 
tion scolaire. 

MÈSCHE, Mèche, Mètche, aphérèse de 
«dometge. » «ayn., domestique; se dit des 
animaux, et aussi des personnes que l'on 
a rendues dociles : Nade bèsti... ni sau- 
hadge ni mèche. F. Egl. Aucune bête, ni 
sauvage, ni domestique. Mèfches noubicis. 
iM. Novices dociles. — Arhles mesches e 
sauhadges. bar. Arbres fruitiers et (ar- 
bres) sauvages. 

MESGHIDA-S; voy. Menshida-s. 

MESCHIDENGE ; même significa- 
tion que Men^hidence. 

MESCHIDÈU; voy. MenshicUu. 

MESCLA, Meiclar, mêler : 2\ts oii- 
Ihes dab las mies nous denUen plus mes - 
cla. DESP. Tes brebis avec les miennes ne 
se dnignent plus mêler. — Mdh mesclat. 
ARCii. Millet mélangé. 

MESCLADIS, mélange; se dit de ce 
qui est mêlé, confondu, brouillé. 

MESCLAGNE; voy. Mesc.lanhe. 

MESCLAMENT, action de mêler, de 
mélanger. 

MESCLANHE, Meselagiie, fém., mé- 
lange, promiscuité. f7(2 ??iesc/a?i/ie, un pêle- 
mêle. 

IvïESCLE, mélange, étoffe : Drap de 



mescle. arch. Drap mélangé. Une fuca de 
mescla de Banheres. ib. Un capuchon de 
« mélange » de Bagnères. 

M.'ESCJ-i'E, a mescle, a mescles, ensem- 
ble, pêle-mêle : Canfan[t)a mescle. F. Egl. 
(Tous) chantant ensemble, confusément. 
La cansou de l'esquirete... Audidea mes- 
cles ., sou dia, Dab lous piu-pius de laparre 
E lou gri-gri de l'escharre. SEi . La chan- 
son de la sonnaille entendue, au point du 
jour, .se mêlant aux « piu-piu » de la mé- 
sange, au cri-cri de la taupe-grillon. 

MESCLEYA, en mauvaise part, fréq. 
de Mescla. 

MESCOUMPTE, Menhsconte, mé- 
compte, erreur de compte : Reniintian a 
tote exception de tôt menhsconte. AKcn. Ils 
renoncent à toute exception de toute er- 
reur de compte. 

MESCOIJNEXE, Menhs-coneche dans 
PS., méconnaître. 

Meseg, Mesel; voy. Meset. 

Meserarie, ladrerie, lèpre : Feridede 
meserarie. F. B. Frappée de ladrerie (per- 
sonne atteinte de lèpre). 

Meserer, atteint de ladrerie, se dit 
des bêtes, particulièrement des porcs : 
No scoryara nulhe best'ie meserere. arch . 
Il n'écorchera aucune bête atteinte de la- 
drerie. 

MESET, Meseg, Mesel, lépreux : La 
maysou deiis mesets ; dans F. B., Za inayson 
deus mesegs; dans f. o., la mayso deus me- 
zels. La maison des lépreux. — Porc me- 
seg. F. B,. Porc atteint de ladrerie. No 
volem que carn mesere sic henude en las 
carniceries. OH. d'orth. Nous ne voulons 
pas que viande de bête atteinte de ladrerie 
soit vendue dans les boucheries. 

MESLÈIJ; voy .Meylèu. 

MESOUT (vers le Gers); même signi- 
fication que Medout. 

MESPLiE, nèfle : De l'arrague a la 
mes})le, que troubaras qui-t neureixque: 
D'aquiu enla Que t'en eau cerca. pr. b. 
De la fraise à la nèfle, tu trouveras qui 
te nourrisse; de là en avant, il faut t'en 
chercher. Durant la belle saison jusqu'aux 
premiers froids, on a de quoi donner; il 
n'en va pas toujours de même pendant 
l'hiver. — Enigme dont le mot est la mes- 
ple, la nèfle : Qu'ha cinq aies e cinq 
os, E nou pot boida tau bas ? Elle a cinq 
ailes etcinq os, et elle ne peut voler vers 
le bois. — Dab lou temps la mesple que 
iiiadure. PR. h. Avec le temps la nèfle mû- 
rit. En fr. xvi" s., « Avec la paille et le 
temps meurissentlesnèfles et les glands. » 
G. MKURiER — yoy.Cure-mespiles. 

MÉSPLË, néflier : Bastou de mesplè. 



MES 

Bâton de néflier. Beau et solide bâton, le 
« makila » des Basques ; c'est une arme 
terrible entre les mains de celui qui sait 
« en jouer. » — Boukca la rée dah ue ser- 
biete de mesplè. pr. b. Essuyer le dos avec 
une serviette de néflier. Battre à coups de 
bâton se dit aussi, en fr. , dans le langage 
populaire : « Donner une frottée » à quel- 
qu'un, lui « frotter les reins » ; en anglais, 
« to rub a man down with an oaken to- 
wel », frotter avec une serviette de chêne. 
A. DULVAU, Lanfj . verte. 

MESPRESA, Menhs presar, mé- 
priser : Lo (jefjuoant menhs presa lo. h. s. 
Le géant le méprisa (Goliath méprisa Da- 
vid) ; on dit aujourd'hui lou inespresa. 

MESPRESADOU, Mesprisudou, Mes- 
presayre, qui méprise, contempteur : De 
IMijs e mays toutz lous mespresudous . F. 
E(jl. Tous ceux qui méprisent^ pères et 
mères. Los mesprisados de sa maiestat. PS. 
A. Ceux qui méprisent sa majesté. 

MESPRESIB AMENTZ, Me.s/Jrzsi J«- 
)iient, avec mépris, dune manière mépri- 
sante. PS. On y trouve aussi megprmva- 

MESPRESIU ; même signification 
que le suivant. 

MESPRESOUS, méprisant, dédai- 
gneux, contem[}teur. 

MESPRÈTZ, Menhs pretz, mépris : 
Lou mesjtrètz qui lié de moiuts appas, piy. 
I.e mépris qu'il fait de mes appas. En 
vienhs pretz de Diu c de la regine. arcii. 
M. En mépris de Dieu et de la reine. En 
meinlis pretz de lajustici. bar. Au mépris 
de la justice. 

MESPRISADOU ; voy. Mespresa- 
dou . 

Mesprisivament; voy. Mespresiha- 
mentz. 

Mesqui, Mesquin, messager : Qui 
recchera lo inesquin prr unior de mi, a mi 
me rccehera. II. s. Qui recevra le messa- 
ger par amour de moi, me recevra. (Dans 
lEvang. de S. J., xiii, 20 : « Si j'envoie 
quelqu'un, celui qui le reçoit, me reçoit). 
— Note inutile sur le mot mestjuin dans 
H. s., t. II, p. 2GG, ligne 2. — Petit mes- 
quii. DKN. Petit messager, petit servi- 
teur. — Dans l'anc. fr., « mcschin » signi- 
fie serviteur, et « meschine >», servante. 
Aujoiu'd'iuii en patois picard, « mekines >', 
les servantes. 

MESQUII, mesquin, chétif, fiiil)lc, 
mallieurcux, affligé, pitoyable : JDiu lotis 
niesquis rend consolatz. Ps. Dieu rend con- 
solés (console) les affiigés. Mesquine!, 
mcsquinot, mrsiiuincn, dim. 

MESSADGE, Messutye, message. 



MES 



67 



MESSADGE (Orthez), serviteur, do- 
mestique : Ai-res no y dernore, sino Pey- 
roo e sons messatges que s'i van ad ores 
dromir. dén. Personne n'y demeure (dans 
cette maison), mais Pierron et ses servi- 
teurs y vont dormir parfois. — , messa- 
ger : Jou sorti de gourri pas a pas lou hi- 
ladge;En taa grau pêne Ihèu nou-s bi Ja- 
mes messadge. F . Pasl. Je viens de par- 
courir pas à pas le village ; en si grande 
peinepeut-êtrejamais messagerne s'estvu. 

MESSADGE , Messadger , messa- 
ger : Quant viera lo mesagger qui treme- 
tere de mon Pay. il. s. Quand viendra le 
messager que j'enverrai de mon Père. Mes- 
sadgerot, dira. R. 

Messadger, Messadge, officier de 
justice dans le pays de Soûle : La cort 
députe lo messadger. COUT. s. La cour 
désigne le messager. Los messadges deben 
far los exécutions deus mandamens. IK. 
Les messagers doivent faire exécuter les 
mandements. 

Messadgerie ( voy. le précédent), di- 
vision du pays de Soûle où le «messager» 
exerçait ses fonctions ; il y avait dans ce 
pays trois « messageries » : Los inessad- 
ges..., cascun en sa messadgerie, son ten- 
gutz e deben mandar los ires Estatz a la 
cort. COUT. s. Les messagers, chacun dans 
sa circonscription, sont tenus de mander 
les trois Etats à la cour. — , fonction du 
« messager » : Los messadges dehen far 
sa g rament.... de bien e degudementfar c 
exercir l'offici de la messadgerie. iB. Les 
messagers doivent jurer de s'acquitter 
de tous les devoirs de leur fonction. 

MESSE ; voy. Misse. 

MESSE, MESSIE (Aspe), gardien 
des cultures. — Ane. fr. « messier. » Les 
messiers étaient nommés pour veiller à 
la garde des fruits avant la récolte. Ils 
étaient choisis par tous les habitants de 
la commune et responsables des délits 
commis dans l'étendue du pays soumis à 
leur surveillance, ciiéruel, Dict. des In- 
stitutions, etc. — D.-c. «Messerius », mes- 
sium custos. 

Messibe, moisson, temps de la mois- 
son : Las assembkides dcus Estatz scran 
convocades en temps commode, autre que 
messives e verenhes. P. R. Les assemblées 
des Etats seront convoquées en temps 
conmiode, autre qu'aux époques do la 
moisson et de la vendange. 

MESSIE, Messier : voy. Messe. 

Mession, moisson : Ecrias de messions 
rcrcii/ias. F. h. Fériés de moissons ou 
vendanges (vacances à l'époque des mois- 
sons ou dea vendanges). 



68 



MES 



MES 



MessioD, Messioo, dépense dentre- 
tien (nourriture) : Lo senhor deu caster/ lor 
(Jeu far la mession. F. B. (Quand le vi- 
comte de Béarn vient à ses gîtes en Os- 
saii, les Ossalois doivent entrera Castel- 
Gélos, et) le gouverneur du château doit 
leur faire la dépense (pourvoira leur en- 
tretien). — Pafjar las messions, ou las 
messioos, IB., payer les frais, les dépens ; 
défraver. 

MESSOUNGE, MESSOUNGÈ ; 
même signification que llensounye, Men- 
soungè. 

MÈSTE, Maeste, Maestre, maître: 
Lou hou mèste hè lou bon baylet. prov. Le 
bon maître fait le bon valet. Lou mèste 
(/eus anyous, lou rey deus arcanyous, Ano- 
cyt qu'ey haclut. noel. Le maître des an- 
ges, le roi des archanges, cette nuit est né. 
Maeste (l'escola. H. s. Maitre décole. — 
Titre donné à des personnes exerçant cer- 
taines professions (avocats, notaires, mé- 
decins, etc.) : Maeste F. Maurii e maeste 
G. Aramon de Beglauc, judges de Bearn. 
ART. Maître P. Maurin et maître G. Ray- 
mond de Belloc, juges de Béarn. Maeste 
Thomaas de Girone... medecii. Aucii. 
il.iitre Thomas de Gironne, médecin. — 
Maeste d'ohre (maitre d'œuvre), directeur 
des travaux : Maeste d'ohre deu senhor 
comte. ART. Directeur des travaux de Mgr. 
le comte. Maeste de faste, ënq. Maitre char- 
pentier. Maeste depèyre. ART. JNIaître ma- 
çon. Mèste de las monedes. P. R. Maître 
(directeur, fermier) des monnaies. Mèste 
de camus (maître de chemins), « maitre 
voyer » ( ingénieur des ponts et chaus- 
sées) : Mèste de camus se transpoi'tara, 
une begade l'an, seinx estar requerit, en 
lous locs per vis'itar lous candis e pontz. IB. 
Le maître voyer se transportera dans les 
localités, une fois l'an, sans être requis, 
pour examiner l'état des chemins et des 
ponts. Macstes de lu troye e de la bride. 
R. Maîtres de la « truie » et de la « bride » ; 
ceux qui dirigaient le service des machi- 
nes de guerre ainsi nommées. Mèste de bal. 
(Ossau), maître de bal, celui qui dirige la 
danse. — Mèste d'ahas, maitre d'affaires. 
Grands rnèstes d'ahas deXahus. D. B. Grands 
maîtres d'affaires de Nabas. Ou se moque 
par ce dicton des gens de la commune de 
Nabas, qui, toujours empressés, comme 
dit le Fabuliste, « S'introduisent dans les 
affaires, ¥a font partout les nécessaires.» 

MESTIÉ, Mestier, métier : Jou que-t 
boiiy (la inestiè, E si crede tu-m bos, tu se- 
ras jardiné. N. PAST. Je veux te donner 
un métier, et si tu veux me croire tu seras 
jaidinier. C'arta de homi que se afferme ub 



capdeg per uprener mesthier . F. B. Charte 
(acte notarié) d'homme qui se loue à un 
maître pour apprendre métier. — Mest'iè 
nou carque. pu. h. (Apprenez, apprenez a 
travailler) ; métier ne charge. — , besoin, 
nécessité : La teule qui sera mestier en lus 
ohres. ART. La tuile qui sera besoin (les 
tuiles nécessaires ) pour les travaux (à 
faire au château de Pau, 1375). — Mestiè 
(lu'ensenhe. pr. h. Besoin enseigne. — En 
fr. xiii'i s., « Li mestiers duit l'orne» (le 
besoin apprend à l'homme). L. r.de lincy, 
Prov. 

Mestier, maso., espèce: Tout mestier 
de bestiars. COUT. s. Toute espèce de bé- 
tail. 

MESTIERAU, qui exerce un métier: 
De hunii deu mouri lou qui n'esmestierau. 
N. PAST. De faim doit mourir celui qui n"a 
point de métier. Tôt mestierau o carpent'ier 
arch. Tout homme de métier ou charpen- 
tier. 

MESTIOU (Oloron), matière néces- 
saire pour faire une chose quelconque. — , 
s'emploie au sens du mot fr. « étofï'e »; au 
fig., moyens, ressources ; moyens, facul- 
tés naturelles. 

MESTRESSE. Mastresse, maîtresse. 
— Sa mustressa votz. s.\.L. Sa maîtresse 
voix. — , femme avec qui l'on vit dans un 
commerce d'amour. 

MESTREYA, faire le maître, com- 
mander : Mestreya en tout temps, gourman- 
deya lou puhle. dar. Faire le maître en 
tout temps, gourmander le peuple. 

MESTURE, masc, « méture », es- 
pèce de pain de farine de maïs que l'on 
t'ait cuire dans des terrines garnies inté- 
l'ieurement de feuilles de châtaignier ou de 
chou pour que la pâte n'adhère pas au.\ 
parois : Ta souns repas qu'habè drin de 
lard dab mesture. viGN. Pour ses repas, il 
avait un peu de lard avec de la « méture. » 
Mesturèt, masc . ,dim. — Lous Cagots de Bie- 
le.iegure, Si-us manque 2Jaa, Que ni'inyen 
mesture Autaa plaa. D. B. Les Cagots de 
Vielleségure, s'il leur manque du pain, 
mangent de la « méture » aussi bien. — 
L'appétit et la faim ne trouvent jamais 
mauvais pain. » L. R. DE LINCT, Prov. — 
« Quand on a faim, on ne choisit pas les 
mets. » PERNY, Prov. ch'inois. — Lou qui 
m'mye nfiesture Qu'ha la came dure, Lou 
qui minyepaa Qu'ha la came decaa. PR. B. 
Celui qui mange de la « méture » a la 
jambe dure, celui qui mange du pain a la 
jambe de chien.— Cap de mesture, tête de 
« méture »; voy. Cap, 1. — A Salies que 
hèn la mielhe mesture. A Salies, on fait la 
meilleure « méture. » Se dit proverbiale- 



MET 

ment pour signifier qu'à Salies on a la pré- 
tention de faire les choses mieux que par- 
tout ailleurs. — Que s'y enten coum u asou 
a hoelha mesturcCz. 11 s'entend à cela 
comme un âne à garnir de feuilles les ter- 
rines où l'on fait cuire « les métures. » 
En fr. « Il s'entend à cela comme à ra- 
mer des choux » ; — « Ung asne n'entend 
rien en musique. « h. r. de lincy, Prov. 

MESTUREYA (Aspe) ; se dit du pain 
qui ressemble à dela« méture. » — Voy. 
îfesture. 

MESURA, Mesurar, mesurer: Los 
draps se dehen mesura a canas, miejas ca- 
nas e paums . . . F. h. Les draps se doivent 
mesurer à cannes, demi-cannes et empans. 

MESURADOU, Mesurador, mesureur: 
Pesadors e mesuradors. ARCH. Peseurs et 
mesureurs (vérificateurs des poids et me- 
sures. 

MESURAYRE, mesureur; mauvais 
mesureur, mesureur trop exigeant. 

MESURE, mesure : Qui thlera fausse 

mesure, liure, cana dara au seuhor VI 

soos ntorlaas. F. B. Qui tiendra fausses 
mesures, livre, canne... payera au seigneur 
six sous morlaas. EntoutBearnno habera 
que un pees e una mesura, qui seram los de 
Morlaas. F. H. Dans tout le Béarn, il n'y 
aura qu'un poids et une mesure, qui seront 
ceux de Morlaas. (Les poids et mesures 
dont on se servait en Béarn devaient être 
tous étalonnés sur ceux de Morlaas.) — 
Ue mesure de blat, une mesure de blé : 25 
litres. — Mesure que dure, galop nou pot. 
PROV. Mesure dure, galop ne peut. <> Qui 
veut voyager loin, ménage sa monture » . 
— Cèus qui tornau d'una mesura. PS. Les 
cieux qui tournent d'un mouvement mesuré 
(d'un mouvement régulier) . 

MET, crainte, peur: La mourt nou-p 
haré pas grand met. IM. La mort ne vous 
ferait pas grande peur ; (vous ne crain- 
driez pas la mort). — Si hié d'Aulet, 
N'hayes met; Si bièd' Issaus,t Hè-t pèe des- 
caus. D. B. Si (le vent) vient d'Aulet, n'aie 
point de crainte; s'il vieut d'Isseaux, fais- 
toi pied déchaussé (déchausse-toi, fuis au 
plus vite). Aulet est un « écart » de la 
commune d'Accous (Aspe), et, du côté op- 
posé, Isseaux est une forêt sur la monta- 
gne aj)partenant à la commune d'Osse. 
Dès que le vent soufHe du côté d'Isseaux 
dans le vallon de Bedous, il faut se liàtcr 
de cesser les travaux des champs ; il est 
immédiatement suivi de pluie. — Lat. « me- 
tus. » 

MET AL AT ; voy. Metau. 

METALE (Ossau, Aspe), sonnaille. 

- Vnv /IT/j///)/ 



MET 



69 



— Voy. Metau. 



METALET; voy. le suivant. 
METAU, métal: Castanhine... haura 
l'esqulre de luetaa. F. R. « Castagnine >> 
(la vache favorite) aura la sonnaille de 
métal (de cuivre). Ue topie de metau deu 
pees de detz a dotze Hures, arch. Une mar- 
mite de fonte du poids de dix ou douze li- 
vres. — Lou metau, le pot de fer ou de 
fonte : La poure aumetau, la poule au pot. 
Metalet, dira. — J/etoZa<, masc, une potée. 
— Voy. Care-metau. — Metau (Ossau, 
Aspe), grande sonnaille au cou des bêtes 
à corne. Metale, dim. 

Metayrie; même signification queJ/e- 
terie. 

MÉTCHE ; voy. Mèche, Mèsche. 

METE ; voy Mede. 

METE, Meter, mettre, poser, placer. 
Meti f/ faible), je mets. J/e<j (i fort), con- 
traction de metebi (i faible), je mettais. 
Metouy, ^e mis; rnetou, il mit; anc. inetu, 
mete. Participe passé, mes, metut, mis : Abe 
mes. H. s. Il avait mis. i^o metud. IB. Il fut 
mis. Lofe meter aufontzde la torr. bak. 
Illefit mettre aufond de la tour. — Meta li 
de sobrenon Cezar. H. s. II lui mit de (il 
lui donna le) surnom de César. — La mia 
anima meteri jo per tu. IB. J'exposerais 
ma vie pour toi. — Mete trente escutz. arch. 
M. Engager trente écus dans un pari. — 
Meter faut. n. A. (Mettre haut), suspen- 
dre. — Meter. . . ampoleta d'oli per la cap 
enjuus. H. s. Verser une petite fiole d'huile 
sur la tête. — L'un baix, l'aute haut met. 
PS. Il al}aisse l'un, il élève l'autre. 

METERIE , Metayrie , métairie : 
Que-m hey paysaa, que boulouy meterie. 
NAV. Je me fis paysan, je voulus une mé- 
tairie. La metayrie noble de Tatze. dict. 
La métairie noble de Taste (comm. de 
Gan, cant. d. Pau-Ouest). 

Maternent, masc, action de mettre: 
Los actes de vendition e metenient de pos- 
session. F. H. Les actes de vente et de 
mise en possession. Metementde prcson, 
BAR. p]mprisonnement. 

METIX, Metich ; même signification 
que Medi.r . 

METOU, masc, dim. du subst. ^[ete, 
Jfed'\ tas. 

METOU, 3" pers. du sing, du passé 
d(}rmi d(^ .^fi'fi'. mettre. 

METOULIC (méticuleux), craintif : 
Descouratyat e metoulic dens irsprahe. IM. 
Découragé et craintif (manquant de cou- 
rage et saisi do peur) dans l'épreuve. 

METOULIU ; même signification que 
le pi't'ccdciit. 

METOUTCH (Aspe) ; môme significa- 
tion (juc Mciluut. 



?0 



MIA 



MÈU, masc. et fera., miel: Mey douce 
a la mie bouque que la mèu. iii . (Votre pa- 
role) plus douce que le miel à ma bouche. 
Lo meu doos Qui deus pientis goteïa. Ps. 
Le doux miel qui dégoutte des rayons. — 
A Sent-Miquèu, Pelé l'ahellie e taste lou 
mèu.PR. B. A la Saint- Michel, tue l'abeille 
et goûte le miel. Dès la fin de septembre, 
il faut extraire le miel des ruches. Lou 
mèu qu'ey héyt enta qu'eu lequen. pr. h. 
Le miel est fait pour qu'on le lèche. En 
fr. xiii« s., « Le miez fait pour c'en le 
leiche. » Mourte ey l'ahelhe qui dabe lou 
mèu. IB. Morte est Tabeille qui donnait le 
miel. On a tué «la poule aux œufs d'or». 
— On a perdu» la bonne vache à lait. » — 
Qui minye lieu Non pot escoupi mèu. ib. 
Qui mange du fiel ne peut cracher du miel. 

MEURANE : vov. Miugrane. 

MÈUSSE,rate: Qu'ha ue bèremèusse. 
PR. B. Il a une belle rate. Se dit du non- 
chalant, de celui qui « ne se foule pas la 
rate. » — Lounguemèusse, terme injurieux: 
Loungue-mèuftse, fouyrous. F. Past. Lon- 
gue-rate, foireux. 

MEY (Orthez, Bay.); voy. Me, mien. 

MEY ; même signification que Mes, 
pins. — Mey; voy. Mes, mais. 

Mey an: voy. Mieyan. 

MEYE (Orthez, Bay.); fém. de Mey, 
mien. 

MEYLÈU. Meslèu, plutôt.— Mey lèu, 
vies lèu, plus tôt. 

MEYRE, sensible, impressionnable au 
contact. 

MÈYT. MÈ, fém., pétrin: Debant la 
mèyt Hès jouga l'esquie. nav. Devant le 
pétrin tu fais jouer l'échiné. — Bère mèyt 
taprestimaynctyes. Beau pétrin pour pétrir 
des enfants. En lat. « Prfestanti corpore 
nympha,... qufe pulchra faciat te proie 
pareutem. » Virgile. — Voy. Meytoun. 

Meytaderie, société, association de 
personnes pour quelque affaire : En la- 
quoale meytaderie las parfides an mettut 
tan^J] l'un que l'aute. arcs. Association 
dans laquelle les associés (les parties) ont 
rais autant l'un que l'autre. — Voy. Miey- 
tadarie. 

MEYTAN; même signification que 
Mieytan. 

MEYTAT, moitié; voy. M'ieytat. 
MEYTOUN (Bay.), masc, petit pé- 
trin. — Voy. Mèyt. 

Mi, moi : Lo Pay est mayor quemi.B., s. 
Le Pore est plus grand que moi. Tic bieys 
a mi ah armes. IB. Tu viens à moi avec 
des armes. 

MIA, Miar, mener, conduire : Arnau- 
ton, vos on nosmiatz? H. A. Arnauton, où 



MIË 

nous menez-vous? Los Judeus mian Jesu- 
Xrist dabant Pilât . H. s. Les Juifs menèrent 
Jésus-Christ devant Pilate. Voy. Amia. 

— M'iarèy lou cap de danse. N. past. Je 
mènerai la tête de (je conduirai la) danse. 

— Mia goerre a, faire la guerre à : Los 
qui goerre a mon amna mian. ps. Ceux qui 
font la guerre à mon âme. 

MIADOU, Miador, meneur, au sens 
propre et au sens fig. 

MIALER; yoj.Mieler, 

MIASSA, Miassar, Menassa, mena- 
cer : Lo senhor lo fassa affidar ad aqueg 
qui lo miassa. F. B. Que le seigneur le 
fasse assurer par celui qui le menace. F. B. 
Lomenassat. ib. Le menacé, io menassa 
fort de otradyar pervie de feyt. bar. 111e 
menaça fort de « l'outrager » par voie de 
fait. 

MIASSE, Menasse, vaen^cQ : Las mias- 
ses qui het (hètz) parechin temeraris . F. Egl. 
Les menaces que vous faites paraissent 
téméraires. Yo me clami de miassas que 
om me fe. F. b. Je me plains de menaces 
que Ion me fait. Dans bar., menasses. 

MIAU, au lieu de mioii; voy. Muyoii. 

MI AU! même signification que Gnau! 

MIAULA, miauler. 

MIAULET, miaulement : La hielhe 
gâte de Piaulet, Douce de pâte e de miau- 
let... La vieille chatte de Piaulet, douce 
de patte et de miaulement. On dit aussi 
La bère gâte, etc. — Voy. Gaie. 

MIA^ÙSSAT (Aspe/; voy. Miussat. 

MIC : voy. Amie. 

MICASSÈ, qui aime les miques, qui 
s'en nourrit. — Voy. Mique. 

MICHEROU; même signification que 
3Iacherou. 

MICLAU; voy. Dic-Dac. 

MICOLE; même signification que Mi- 
que. 

MICUT; paa micut, pain qui n'est pas 
bien cuit : il est mou comme la mique. 

MIDUNE; voy. Dic-Dac. 

MIE, fém. de me, mien. 

MIE, 3^ pers. da singulier, prés, de 
l'indicatif, de mia, mener. 

Mieg; même signif. que Miey. 

MIEGH, Mieye, fém. del'adjectif méey; 
voy. à ce mot la locution a mieges. 

MIEJA, Mieya, diviser par le milieu, 
rniey. On dit aussi Esmieja, Esmieya. 

Mieler, Mialer, millier : c. mielers de 
teule per i an en kis teuleres de Montaner. 
art. Cent milliers de tuiles par an aux 
tuileries de Montaner. Cent mialers de 
teule. IB. 

MIELHE, meilleur, meilleure : Lou 
medhe tros, le meilleur morceau. Lou cèu 



MIE 

pe de miellie pasture. DRSP.Que le ciel 
vous donne meilleure pâture. — , adv., 
mieux :Jou dansi mielhe que Martii.i^.'PAST. 
Je danse mieux que Martin. On dit aussi 
Melhe. 

MIELHOU, Mielhor, meilleur: 
Ahroucan loii mielhou harricot. F .Past. Ils 
mirent en perce le meilleur baril . Fe seder 
Said.. en lo mielhor loc. H. S. 11 fit asseoir 
Saûl... à la meilleure place. Dans F. o., 
mielhor, meUhor. — Mielhou, adv., mieux. 

MIELHOURÉE ; voy. Mielhurèe. 

MIELHURA, Mieihurar, amélio- 
rer. On dit aussi melhura. — Voy. Ame- 
Ihura, MeUorar. 

MIELHURAMENT , Melhurament, 
masc. amélioration, 

MIELHURAU, MeJhurau, adj., qui 
produit, peut produire un mieux. — , Sub- 
stantif, mieux, un état meilleur. 

MIELHURÈE, il/e^/n<rèe, masc, amé- 
lioration : Obras e mielhurèes . . . qui lo 
crompador y haherafe>/t.F. h. Travaux et 
améliorations que l'acheteur y aura faits 
(aura faits à la propriété). — Mielhourèe de 
la mourt. Mieux trompeur qui précède la 
mort. 

MIEY,Mieg, fém. mïeye, miecje.àemv. 
U raiey pua, un demi-pain ; ue miege mes- 
ture, une demi « méture »; miege hore, demi- 
heure ; ue hore e mieye, une heure et de- 
mie. — Ni riiiey, ni mieye, précédés d'un 
substantif, sig-nifient, comme en fr., « ni 
demi, ni demie », sans rien absolument 
de la chose dont il s'agit : AUiu hiln sens 
tristesse ni mieye. s. g. Ainsi je vivais sans 
tristesse ni demie (sans la moindre tris- 
tesse, absolument sans tristesse). Dans 
MOLIÈRE, Sgan. 16 : « Sans respect ni de- 
mi » (sans aucun respect). — Lou miey, 
le milieu; au miey, au milieu ; Au miey 
deu €00 hère plague Icyau. s. G. Au mi- 
lieu du cœur une plaie profonde. — Riu 
en mieys, ruisseau au milieu, carrère en 
mieys, chemin, rue au mihcu, étaient em- 
ployés pour indiquer que le ruisseau, le 
chemin, séparaient deux champs, deux 
maisons, etc. : L'hostau la carrere en mieys 
deude Couder i ne. dkn. La maison séparée 
par le chemin de celle de Conderine. — 
Miey per miey, par moitié : A mieges de 
projieit. F. Egl.k moitié profit. A mieyes, 
coumlous cautères. PR.n. A moitié, comme 
les chaudronniers. Se dit àpropos d'un par- 
tage fait ou à faire en doux parts égales; 
on ne sait pas l)ien ])Our(pioi les chau- 
dronniers interviennent dans cette expres- 
sion. On prétend qu'ils exagéraient leprix 
de leur travail, et qu'on lin de compte ils le 
réduisaient à moitié. — A miey jenè, 



MIË 



71 



Miey palhè; A Miey heure, Miey graè, E 
lou 2^orc sancé. PR. B. A la mi-janvier, ini- 
« pailler» (la paille réduite de moitié) ; à la 
mi-février, mi-grenier (à moitié plein), et 
le porc entier ( la salaison conservée). 
Ainsi pourvus à cette époque de l'année, 
les gens de la campagne ont pour eux et 
pour leurs bêtes de quoi arriver aux mois 
où se renouvellent les provisions. — T)a.j/s 
le Lavedan (H.-Pyr.) : « Ta sent Bertran 
de zè, Miey graa, miey palhè, miey hee, 
Et porc entier, c. A la Saint-Bertrand de 
janvier, moitié grain, moitié « pailler », 
moitié foin, et le porc entier. — Dans les 
Basses-Alpes : « En mitan février, mitan 
grange, mitan grenier. » — It.: « Mezzo 
gennaio, mezzo pane et mezzo pagliaio.» 
Cî. Proverbes fribourgeois dans Romania, 
VI, p. 77 et 89. 

MIEYA; voy. Mieja. 

Mieyaa, séparation, ce qui sépare deux 
propriétés : Las mieyaas e tennis deus terra- 
dors. .\.RCH. Les séparations et limites des 
terrains. 

Mieyan, Meyan, subst. , moyen : Per 
quinhs... miey ans. BAR. Par quels moyens. 
Au mieyan de — IB., per meyan de que, 
ARcn., moyennant quoi. 

Mieyansaa, intermédiaire : Lo acort, 
Diu mieyansaa, es bengutahone conclusion. 
AKCii. L'accord, grâce à Dieu, est venu à 
bonne conclusion (a été bien conclu). 

Mieyansant, moyennant : M^ieyati- 
saii[t']juranient. s. J. Moyennant serment. 
Lat. << juramento medio. » 

MIÉYANSERIE, mitoyenneté. —, 
cloison, séparation faite dans une cham- 
bre : Une gnuardaroba en laquoale faran 
une micyanssarie de taules d'abet. art. Une 
garde-robe où l'on fera une cloison do 
planches de sapin. 

MIEYANSÈ (du milieu, qui tient lo 
milieu), moyen : L'aiye mieyansè. v. bat. 
Le moyen âge. — Lenhe mieyanscre, bû- 
che de moyenne grosseur. 

MIEY-blE, Mieydie, midi, sud : Pic 
de Mirydir (Ossau). Pic de Midi. 

MIEYE NOEYT, Miege noeyt, mi- 
nuit. 

MIEYES, .Uir(/es; voy. Miey. 

Miey-goadanh, moitié gain, moitié 
profit: Bestiar balhat a miey-goadanh. 
COUT. s. Bétail donné à moitié profit. 

Mieygoadanher qui est à moitié pro- 
fit : Br^tiar niirygoadanher. F. B. Bétail 
tenu à iiKMtié iirofit. 

Mieygoadanherie, cheptel : Bestiar 
dr /iiif'ygoadanhcrie. f'oUT.S. Bétail à chep- 
tel. 

MIEYIN, MIEYINE, jumeau, ju- 
melle. On dit aussi Mieyou, 



72 



MIL 



MIEY-JOUR, Miey-jorn, midi. —, 
midi, sud : Tu as créât la bise e lo miey- 
ioni. P3. Tu as créé la bise (l'Aquilon, le 
nord) et le raidi. 

MIE YOU ; voy. Mïeyin . 

Mieyserarie, condition moyenne, qua- 
lité moyenne : Cort temporau. .. o de mage, 
o de raendre, de mieyserarie. F. b. Cour 
temporelle (de quelque qualité qu'elle soit), 
ou haute, ou basse, ou moyenne. 

MIEYTADARIE, société, associa- 
tion où les profits sont à moitié. — Voy. 
Meytaderîe. 

MIEYTADÉ, colon partiaire. 

MIEYTADÉ, Mieytader, à parta- 
ger par moitié : Los acquetz... seran co- 
muns e mieytaders enter lor dus. art. Les 
acquêts seront communs et à partager 
par moitié entre les deux (entre les con- 
joints). 

MIEYTAN, au milieu : Badutsus drin 
de palhe miey tan deu pastouris . gar. (L'en- 
fant) né sur un peu de paille au milieu 
des bêtes. Sauteriquèye au mieytan de la 
prade. s. GA3. (Le chevreuil) sautille au 
milieu de la prairie. On dit aussi Mey- 
tan, mltan, au rneytan, au initan. 

MIEYTAT, MEYTAT, MITAT, 
moitié : Datz-m'en la mieytat. Donnez- 
m'en la moitié. Nopagahe los obres la mey- 
tat deu temps. b.\r. U ne payait point les 
ouvriers la moitié du temps. Son de mos- 
seiner Tahesque e dou capito per mïtadz. 
L. 0. Redevances qui sont de (appartien- 
nent à) Mgr 1 évèque et au chapitre par 
moitié. Maitad, dans le même texte : Pre- 
nen per maitadz la dezme. Ils prennent 
par moitié la dinie. 

MIEY-TAUSII, variété de chêne, 
moitié taussin, moitié chêne roure. palas- 
sou, Mém. pour servir à l'Hist. nat. des 
Pyrénées. 

MIGAS, pour Amigas; voy. Amie. 

MIGE-HABE (demi-fève), nom du 
roitelet (Ossau). 

MIGNARDISE, mignardise.— Dans 
PS., flatterie, fausseté : Ans i)otz no a 
l'homi que mignardisa. Aux lèvres l'homme 
n'a que flatterie (faussetés). 

MIGOT, MIGOTE, MIGOU ; pour 
amigot, amigote, amigou. — \o\. Ainic. 

MI GUE -. voy. Amie. 

MILE, Mille, Mlu, mille : Mile es- 
cutz, mille écus; dus mile ans, deux mille 
ans. La rextedegude deus v miliefloriis. 
AKCH. Le reste dû des cinq mille florins. 
Saul n'a mort miu, e David X milie. H. s. 
Saiil en a tué mille et David dix mille. 
— Mile!<, plur., s'emploie comme subst. 
et signifie des milliers : Quoantz de miles 



MIL 

coste aquere maysou ? Combien de milliers 
(de francs) coûte cette maison? Pour ex- 
primer que quelqu'un est très-riche, qu'il 
a beaucoup d'argent, on dit : Qu'ha hère 
de miles. 

MILESIME, fém., millésime : La mil- 
lésime (milesime) de las anneyes qui aven 
acostumat commensar... vingt-cinq de mars, 
se contera a l'advenir deu prunier jour de 
jener . p. R. Le millésime des années, 
qui d'ordinaire commençait le 25 mars, 
se comptera à l'avenir du premier jour de 
janvier (1572). — Ordonnance de la reine 
Jeanne. 

MILH, Amilh, mil, millet: Semîamilh, 
semer du millet. Lo milhfo . . . hatut e lan- 
sat sus la era. bar. Le millet fut battu et 
lancé (vanné) sur l'aire. Une jornade de 
terre laquoau deu semiar de amilh. arch. 
Un arpent de terre qu'il doit ensemencer 
de millet. — U graa de milh en bouque 
d'asou . PRov. Un grain de mil dans la bou- 
che d'un âne. « Une goutte d'eau dans 
l'Océan. » — « Rari nantes in gurgite 
vasto. » VIRGILE. — Qu'ha lou eu bou ta 
semia milh. PR. B. Il a le c. bon pour 
semer du millet. Se dit de quelqu'un qui 
a peur. « On lous auré barrât dab un cese 
lou c. » D'.\RQniER, La guerre des Lima- 
çons contre les habitants de Lectoure. On 
leur aurait fermé le c. avec un petit-pois. 
« Un gran de mil li taparié lou cueu. « 
Rev.des l. rom., vu, 1882, p. 31. — « On 
lui boucherait le c. d'un grain de millet. » 

L. R. DE LINCT, PrOV. 

MILHA, masc, MILHADE, fém., 
pâte de farine de millet : Harie ta-p ha 
rnilha. vign. (Je vous laisse de la) farine 
pour vous faire de la pâte de millet. Si 
bos coque ou milhade, You t'en darèy. 
DEsP . Si tu veux gâteau ou pâte de mil- 
let, je t'en donnerai. 

MILHAS, pâte de maïs torréfiée. 

MILHASA, récolter le millet : Per la 
sason de milhasa. s. B. Pendant la saison 
de récolter le (de la récolte du) millet. 

MILHASAA, champ de millet. 

Milhaso, Milhason, 

MILHASOU. récolte du millet: En 
aquere sasou de milhasous. arch. b. Dans 
cette saison de la récolte du millet. Sason 
de milhasos. ARCH. 

MILHÈ, millet: Aquiu nou y -ha ni 
roument ni milhè. pey. Là il n'y a ni fro- 
ment, ni millet. 

MILHÈ, Milher, adj., pour le mil- 
let: Dues moles, l'une milhère, l'autre bla- 
dère. arch. Deux meules (de moulin). Tune 
pour le millet, l'autre pour le blé (pour le 
froment). 



MlN 

MILHERA, récolter le millet: Que-t 

hallui.rf';i m'ilh quoand hayi milherat. n. 
PAST. Je te donnerai du millet quand j'en 
aurai fait la récolte. — Voy. Milhasu. 

MILHERI (Montant); même signifi- 
cation que le précédent. 

MILHERINE, espèce de poule de 
Carthage qui passe vers la fin de septem- 
bre ; on l'appelle aussi poide-miUière. 

MILHEROQtJE, fém., linot, linotte. 

MILHEROU, pinson. 

MILH-MOUROU ; même significa- 
tion que Blat-muiirou. 

MILHOC, maïs: Uhètsourelh d'estia 
bien ahoega tas planes . . . Que-y-hedes ? ar- 
rasivi, y roument, y milhoc ! NAV. (Vieil 
Oloron,) un beau soleil d"été vient embra- 
ser tes plaines. .. Qu'y vois-tu ? des rai- 
sins, et du froment et du maïs ! — Peic de 
milhoc; voy. Ppu. 

MILHOQUE, fém., le maïs sur pied 
ou le maïs récolté : (Juin ha la millioque? 
Comment va (en quel état est) le maïs ? 
La milhoque au graè. PEY. Le maïs au 
grenier. 

MILHOUCA, récolter le maïs. Fer 
milhoura (pendant récolter le maïs), aux 
jours de la récolte du maïs, 

MILHOUCAA, champ de maïs. 

MILHOUCUT; à la campagne, on 
fait du pain de farines de froment et de 
maïs mêlées; la pâte contient plus de fa- 
rine de maïs que de farine de froment ; 
s'il y en a trop, on dit que le pain, lou paa, 
est millioucut ; il a une mie compacte. 

MILHOUQUÈ, propre à la culture du 
maïs. — , pour le maïs : Moule milhonqucre. 
Meule pour (moudre) le maïs . — Ifourat 
milhouquè (Taron), locution obscène (trou 
pour l'éiù de maïs), le vagin. 

MILHOUQUÈRE , fém., le maïs; 
voy. MUIiiKjur. On dit pi'overbialement 
(Ossau) : BouJte halarjucre, madure milhou- 
quère. — \oj . Balayuère. 

Mille ; voy. Mile. 

Minador.Minedop, mineur : Peyrerst, 
fusfers, minadors e canoners. u. Ma^-ons, 
charpentiers, mineurs et canonnicrs. Pey- 
rers e miurdori^. ii;. I\Iaçons et mineurs. 

MINEROU, Minero, mineur : JAj- 
nero hranoqui', arroiiiu-iii au hujaii Tons 
jiirz e ioDH ntartelz. i. G. Mineur cen- 
dreux, jette-moi dans ta cachette tes pics 
et tes maiteaux. 

Mingar, diminuer; dans l. o. — Esp. 
« menmiar. » 

MINGE-BROGE ; vov. .]fn»/r-hn»/r. 

MINGE-CROUSTES (mange-crùù- 
tcs). un l'aiiieaMt, cchii (pie la fainéantise 
réduit à uemangerquc des croûtes, àfaire 



MIN 



73 



maigre chère. On dit aussi Minye-croustes. 

MINGEDOU (vers la Chalosse), man- 
geur. — Voy. Jfinyadou. 

MINGE-LARD, Minye-lard (mange- 
lard) ; un gourmand. 

MINGE-PASTE, mange-pâte, terme 
de mépris. 

MINGE-PIASTRES ; même signifi- 
cation que Jfinye-jjiastres. 

MINGERIE, « mangerie, grugerie », 
exaction: Foules e mingeries sefen,juus 
coiilour de justicy, per lous officiers e mi- 
nistres d'aquere. P. R. Vexations et « gru- 
geries » sont faites, sous couleur de justice 
(au nom de lajustice), par ses officiers et 
ses ministres. — Voy. Minyarie. 

Mingoe ; vov. Menqoe. 

MININ, MÈNIN,' très-petit. — Digl 
minin, le petit duigt. — Lou minin, la mi- 
nine, termes de tendresse, le petit, la pe- 
tite. Mininou, mininete, dim. On dit aussi 
men'ni, meninr, etc. 

MINISTÈRI, Menistèri, Jlanisttri , 
ministère. 

MINISTRANDE, dans F. Egl, femme 
de ministre (pasteur) protestant. 

MINISTRE , Menistre , Menister , 
ministre. — Los mes ministres e LasaUis. 
H. s. Mes serviteurs et mes sujets. — Zo 
rector d'Orthcs e menister de la Trinitat. 
n. A. Le recteur d'Orthez et le supérieur 
de la Trinité; 1414. — , ministre (pasteur) 
protestant. En ce sens, dans F. Egl.., ma- 
nistre est fréquemment employé au lieu de 
ministre. — Ministres de la justicy. o. U. 
Les magistrats. 

MINJA, MINJANCE ; voy. Minya, 
Minjiance. 

MINJADERE, MinJatere;\oy. Minya- 
dere . 

MINJARIE ; même signification que 
Mingeric, Minyarie . 

MINJOUTEJA; voy. Minyoutcya. 

MINOU. syncope de Mininou; \oy. Mi- 
nin. — , niinon. 

MINOUS, douillet. — , minaudicr, mi- 
nou.'iol, d'un. — Caresses minousctes. F. LAB. 
Les caresses du pajiillon. 

MINYA, Miiijii, Minyar, manger : 
Jfinycu) quauques irolrs. licbiain- hit gou- 
tfit (vuy. C'atMiu). Mangeons quehjues 
châtaignes rôties, buvons bon petit coup. 
Peu camii que mingcin quauquc aurai y 
garie. v. Past. Parle chemin nous man- 
geâmes quelque oie et (quelque) ])oulc. 
No uiynya paa ni hrguo aygua. u. s. 11 no 
mangea du pain ni but de l'eau. Miugane 
hegou amplenicntz a lor plasir. H. a. Ils 
mangèrent et burent amplement à leur 
plaisir. — , dépenser, dissiper: Que-s 



74 



MIN 



mînyarè Ions hees de 3rous de Gassiou. 
PROV. Il mangerait les biens de M. de Gas- 
sion. Se dit d'un grand dissipateur. Le 
marquisat de Gassion, créé en 1660, com- 
prenait de nombreux fiefs en Béarn et en 
Navarre. Que-s mim/aré Momas e Lareule. 
D. B. Il mangerait Momas et Larreule. 11 
mangerait plus de bien qu'il n'en a. Mo- 
mas devait être considéré comme un grand 
village ; en 1385, il comptait G9 feux. Lar- 
reule était une des trois principales ab- 
bayes du Béarn. Lou qui s'at minye en 
Jièrhe, Noii, pot pas habé louhee. pr. h. 
Celui qui se le mange en herbe, ne peut 
pas avoir le foin. — <( Qui tout le mange 
du soir, L'endemain ronge son pain noir. » 
G. MEURiER. — Minya dab lous Apostous. 
PR. B. Manger avec les apôtres. Manger 
avec les doigts. « Dans l'argot des voleurs, 
Apôtres a la même signification. « A. del- 
VAU, Lanfj. verte. 

MINYAA. Minyar, nourriture : S'en 
ha cerca lou iiiinyaa. 11 s'en va chercher la 
uoViVviinve. Bened'isco lo mymjar au pohle, 
H. s. Il a béni la nourriture du peuple. 
— , repas: Ajxa-elhan lo mynyar. IB. Ils 
apprêtèrent le repas. — Paa e trops autes 
mynyars. IB. Du pain et beaucoup d'au- 
tres vivres . 

M IN Y AD É , Minjadé, mangeable : 
Pouletz m'myadés. Poulets assez grands 
pour qu'on en puisse faire un mets. 

MINYADERE, Minjudcre, man- 
geoire, crèche, auge. — Lous pays que hèn 
restelièSj E lous hilhs mînyaderes. pr. h. 
Les pères font des râteliers et les fils des 
mangeoires. — En fr. « De père avare 
enfant prodigue. » — « De père gardien, 
fils garde rien. » 

MINYADOU, Mlnjadou, Jlingedou, 
mangeur, qui mange beaucoup. 2Iimadoo, 
dans PS. : Decum deus ffros tatirs 7nin\a- 
d'io. Mangeur de la chair des gros tau- 
reaux. — , un mange-tout. 

MINYADIJRE, Minjadure, mangeure: 
endroit mangé d'une étoffe, etc. 

MINYANCE, Mlnjance, vermine, toute 
sorte d'insectes malpropres, nuisibles et 
incommodes, tels que puces, punaises, 
etc. — , tout ce qui dévaste pour se nour- 
rir. 

MINYARIE, il/«/yar(^,mangerie, ac- 
tion de manger. — , exactions: So qui re- 
donde en très grande. . . minyarie deus 2^0- 
hles. ARCH. Ce qui tourne en très-grandes 
exactions des peuples. — Voy. 3Iingerie. 

MIN YE-BRO YE, Minqe-jroge ; même 
signification qne Maur/e-Broge. — Lou 
minye-broye, terme de ridicule ou de gros- 
sièreté, la bouche. 



MIQ 

MINYE-MOUSQUES, manche-mou- 
ches ; dénomination par laquelle on dési- 
gne un individu qui n'a que « les os et la 
peau. » 

Minye-paa (mange-pain); dans un 
texte, AKCH., Vestadge deu minye-paa e 
foec, l'étage du mange-pain et feu (l'étage 
où l'on prend les repas où est le feu). 

miNYE-'PîASTRBS, Minge-piastres 
(mange-piastres), liardeur, harpagon. 

MINYE-PLAA, Minge-jjlaa (mange- 
bien) : Yane de Minye-plaa. PEY. Jeanne 
de mange-bien. Une gaillarde de bon ap- 
pétit. 

MINYE-QUOAND-N'HAS, Minge- 
quannas (mange quand tu en as), un 
bohème, celui qui ne peut, et pour cause, 
faire ses repas à heure fixe. Jean de Afin- 
gequannas, lou houhèmi. nav. Jean de 
Mange-quand-tu en-as, le bohémien. 

MINYE-SENTZ, Minge-Sentz 
(mange-saints), très-dévot. — Minye-sentz 
e cague-diahles. pr. b. Celui qui se nour- 
rit de piété et « déverse » du fiel. Virgile 
a dit : « Tantœ-ne animis cœlestibus irœ ! 
c( Et l'auteur du Lutrin: « Tant de fiel 
entre-t-il dans l'âme des dévots ! » — 
Faire l'hypocrite se dit(Aspe) : Minja san- 
tons, Caqa dlablous. 

MINYE-TRAUGUENS, Mïnge-trau- 
gucns ; voy. Trauguen. 

MINYOUTEYA, Minjouteja, man- 
ger peu ; se dit de celui qui grignote, ou 
d'un malade, d'un convalescent qui ne 
prend que peu de nourriture. 

MIOLE ; miole de Voeu (Aspe), le jaune 
de l'œuf. — Voy. Muyou. 

MIORLE, femme maladroite, maus- 
sade ; on dit aussi gnorle. — Enfr., l'ad- 
jectif» gnolle » ou « gniole » signifie pa- 
resseux, niais. A. delvau, Lang verte. 

MIOT, minime, très-petit: Lou casau 
qu'ey plee de hestiotes. . .. a pâtes viiotes. 
N. lab. Le jardin est plein de petites bêtes 
(d'insectes) à pattes très-petites. — Voy. 
Aliut. menu. 

MIOU ; même signif. que Muyoil . 

MIQUE, miche, mets commun ; une 
boule de farine détrempée, cuite à l'eau; 
elle est de la grosseur d'une pomme or- 
dinaire : Quoand la hami ])ique, Qu'ey 
bonne lamique. PROV. Quand la faim pi- 
que, la miche est bonne. — « L'appétit et 
la faimnetrouvent jamais mauvais pain.» 
G. MEURIER. — Qu'en souy arregoulat coum 
de mique eslouride. PRov. J'en suis ras- 
sasié (dégoûté) comme de miche moisie. 
— Ploure-miques; voy. ce mot. 

MIQUÉU, (Bay.), terme injurieux. 

MIQUE YA, être comme une miche ; 



MIS 



MIS 



75 



se dit du pain qui est viicut, voy. ce mot. 

MIRA, regarder, considérer, exami- 
ner : Oè, sour'me, mire, mire ! SEi. ^'ois, 
petite sœur, regarde, regarde ! Mira e nou 
touca. Regarder sans toucher. 

MIRAGLE, miracle. — Se dar mtra- 
gle (se donner miracle), se disait ancien- 
nement pour signifier s'étonnei" : Las gens 
se daven trop gran mlragle ; 1399. arch. 
Les gens s'étonnaient fort. Se daheii gran 
miragle de la sciencie. H . s. Ils s'étonnaient 
fort de la science (de Jésus). 

MIRALH, miroir. Miralhet,miralhin, 
miralhot, miralhou, dim. 

MIRALHADE, action de se mirer. 
Avec le verbe dus, se donner : Da-s mira- 
îhades, se regarder souvent dans le miroir 

MIRALHA-S, se mirer : Miralha-s 
ha dehens l'ayguc argentade. s. gas. Il va 
se mirer dans l'onde argentée. 

MIRALHÈ, miroitier. — Dans Rabe- 
lais, Font., II, 30 : « myraillier.» 

MIRAMALOUS (Aspe), prophète de 
malheur 

MIRE, mire. Prene mire ( prendre 
mire), viser : Ton arc encordaras, E mira 
preneras. PS. Tu banderas ton arc et tu 
viseras (au visage de tes ennemis). — Frêne 
7n>re sus. . . Prendre exemple sur. 

MIRGALHA, moucheter, tacheter. 
JUirgalltat, moucheté, tacheté, vergeté. 
3[irgalhadet, dim. : Gatete inirgalhadele. 
Petite chatte joliment mouchetée. 

MIRGALHADURE, moucheture. 

MIROULEYA {lu pour l) ; voy. Bi- 
rou/p ;/(!.. 

MIROUN, Miron, Miro, environ : 
M'iroun quauque hingtene. v. Egl. l'^n- 
viron quelque vingtaine. Aquels qui las 
terres e las seuhas nheii en yidro.F. o.Ceux 
qui avaient les terres et les bois environ. 
— Les consonnes m et h permutant, on 
dit indifféremment miroun et hiroun; voy. 
ce mot. 

MISA, mettre au jeu. 

MISCAP , Menxs cap, mal, mal- 
heur : iM'iscai) (roj) lèu abhc. VR. B. Mal- 
heur trop tôt avise. Enfr. xiiio s., <( Trop 
tost vient qui maie nouvelle apj)orte. » L. 
E. DE LiNCY, Prou. — Los regs vlencon a 
menxs cap. H. s. Les rois vinrent à mal. 
Yler a menxs cap, venir à mal, est la cir- 
conlocution de «. mescabar », qui se trouve 
dans la Ch. cr. alh. et signifie éprouver 
un échec. » \\ meykk. — M'israp est le 
«meschef ou méchcf, mal, désorth'e, pour 
lequel nous n'avons pas d'éijuivalout, (pie 
nous perdons et que les Anglais ont con- 
servé, mischief. » LiTTRÊ, Ùist. de la lan- 
gue fr., I, p." 391. 



Mise AT (Oloron), subst., petit trou 
dans le tissu d'une étoffe. — , adj. : Drap 
m'ixcat, tele miscade, drap piqué, toile pi- 
quée (comme par des mites). 
MISCAYROLE, petite alouette.— Par 
le dimi miscayrouletes, un versificateur de 
la fin du siècle dernier désignait les muses: 
Deu 2}ar terre bearnes lasnau miscayrouletes 
Despuixs lou mees de may hahèn quitat lou 
soum. Du parterre (Parnasse) béarnais les 
neuf muses, depuis le mois de mai avaient 
quitté le sommet. Voy. Allégorie dans 
K Extrait de la relation de ce qui s'est 
passé à Pau à l'arrivée de M. le duc de 
GuicheetdeM. le comte de Gramont, son 
frère. Juillet 1768, de l'impr. P. Daumon, 
impr. du Roi ...forcé. » 

MISEREYÀ, subsister avec peine, 
vivoter misérablement. 

MISSALOT; voy. le suivant. 

MISSAU, Missal, missel : Un nrissau 
totnau. ARCii. Un missel tout neuf. Missal 
super altare; vers lOGO. c. s. Le missel 
sur l'autel. Missalot, dim. : Missalot de 
pargami. ART. Un petit missel de parche- 
min, — , précédé de libe, libre, livre : La 
drete suus lo libre missaue crotz. M. B.La 
(main) droite sur le missel et la croix. Far 
sagrament sus lo libre missal. COUT. S. 
Faire (prêter) serment sur le missel. 

MISSE, MESSE, messe : Misse de 
haut die (messe de haut jour) grand'messe. 
Lous diinenchcs messe audiras. cat. Les 
dimanches messe tu entendras. «Lou curé 
biu de la messe, De la j^ugnère biu Martii. 
NAV.Le curé vit de la messe, Martin (le 
meunier) vit delà mouture. Que s'a dit era 
misse, que la se minge, c. lia ditsa messe, 
il se la mange (il en mange le pi'ix) . En 
fr., d'après saint Paul : » Le prêtre vit de 
l'autel. » Au xni^ s., « Ki autel sert, 
d'autel doibt vivre. L. n. de li.ncy, Prov. 
— Lou curé nou dits pas dus caps la 
misse. PR. B. Le curé ne dit pas deux 
fois la messe. « Non bis in idem »; ou 
bien les personnes à qui l'on apjdiipio ce 
proverbe n'admettent point le « bis repe- 
tita placent. » — Que difz misse ha.re. IB. 
Il dit messe basse. Quelqu'un qui grom- 
melle; on l'entend murmurer comme le 
prêtre disant bas la messe. — Misse deu, 
diable, dans K. Egl.i messe du diable, la 
j cène, communion deshuguenots. — }[csse 
de sequcre, messe de sécheresse; messe .sc- 
cadere ou de Seut-Sequrt, messe qui doit 
faire sécher ou de « Saint-Sec »; misse se- 
catibe ( Orthoz ) ; c'était la messe que de 
pauvres esjirits superstitieux faisaient dire 
dans une mauvaise intention (pi'ils s'é- 
taient bien gardés de communiquer à qui 



76 



MOA 



que ce fût; ils en attendaient que Dieu fît 
sécher, dépérir, lapersonne ou les récoltes 
de leur ennemi. — Jlisse iVescouminge, 
messe d'excommunication, d'anathème; 
voy. Escoum'mge. — Esta de misse (être de 
messe), être catholique. Se dit à Osse 
(commune de protestants, vall. d'Aspe). 

Misse-Cantaa, Misse- Cardant, chan- 
tre, dignité dans les chapitres : Bernât 
d'Audaux, preste, misse-cantaa de Sainte- 
Marie. M. B. Bernard d'Audaux, prêtre, 
chantre de Sainte-Marie (Oloron). Ar- 
iiaut de Garuhe, misse cantan de la glizie 
de Baione. L. o. Arnaud de Garue, chantre 
de l'église de Bayonne. — Esp. «misacan- 
tano », prêtre qui dit la messe ou peut 
la dire; — nouveau prêtre qui dit sa pre- 
mière messe. 

MISSEYA, dire, célébrer la messe. 

MISSORI, Missorie, adj., missive: 
La thenor de une leLre missurie. AncB.. o. 
La teneur d'une lettre missive. — Manda- 
mentz missorïs en 2^ossession. s. J. Mande- 
ments envoyés pour mettre en possession. 
— , suhst.: 2I{ssori tremetude perlos juratz 
de Sauveterre au scindic Boeil. ARCH. Mis- 
sive transmise par les jurats de Sauveterre 
au syndic Boeil. 

MISTRAS, masc, pâte épaisse, pain 
grossier; mauvais pâté. 

MISTROULHE; même signification 
que Jfastroiilhe. 

MITAN; MITAT; voy. Mieytan, 
Mleytat. 

MITIGA, Mitigar, mitiger : Aqueg 
article mitigam e atrempam. arch. Nous 
mitigeons et tempérons cet article. 

IVEITRENE; voy. Dic-Dac. 

MIUDADGE, iraidaiye, masc, me- 
nuaille, tout ce qui reste; de jniut, menu. 

MIUDALHÈ, masc; même signifi- 
cation que le précédent, au sens péjoratif. 
On dit aussi Miudalhère. fém. 

MIUGRANE, Meurane (Orthez), 
grenade, fruit du grenadier : Cargue de 
touronges, miiigranes, limoos. P. r. Charge 
de cédrats, grenades, limons. Lous tous 
2wufins halhafz coumue meurane. SEi. Tes 
petites lèvres entr'ouvertes comme une 
grenade. 

MIURE (Ossau), granit. 

"MIUSS AT, Esmiussat (émietté), pain 
ou méture (voy. Mesture) émiettés dans un 
potage ou dans du lait. — Yoj. Miaussat. 

MIUT, menu -.Plouye mîude, pluie fine. 
Salade miude, salade de petites feuilles de 
chicorée, de doucette, de cerfeuil, et au- 
tres menues plantes. — Cunalhe miute. 
NAv. La «vile multitude. » —Yoj.Miot. 

Moable, Jlohahle, adj., meuble : Cau- 



MON 

ses sie sedentz o moahles. arch. Choses 
(biens), soit immeubles ou meubles. Pen- 
heres movahJes. F.B. Saisies meubles (de 
biens meubles). — Voy. Mahedis. 

Mod, humide : Hiu sec e hiu mod. L.o. 
(En le sec et en l'humide), terrain ferme 
et marais. — Hiu pour /« lo, en le. Veillet, 
chanoine de Bayonne, a traduit hiu sec e 
hiu mod par « filet sec et filet mouillé. » 

MODE, manière. D'aquere mode. De 
cette façon. A mode de. En guise de. — , 
mode, la mode, les modes : Diu-me-dau! 
h'han camhiat hère Las bielhes modes d'Os- 
sau ! Ta bede mode nahère Nou eau i^lus 
courre ta Pau. P. lab. A Dieu me donne 
(mon Dieu !) elles ont bien changé les 
vieilles modes d'Ossau ! Pour voir mode 
nouvelle, il ne faut plus courir à Pau. 

Moderadement, modérément, conve- 
nablement : Maridar filhs e filhes mode- 
radement. COUT. s. Marier fils et filles 
convenablement. 

Moey; voy. Moy. 

MOLE (Barétons), fém., moulin : Lo 
sag (sac) halhassen au molier a la porta 
de la mole. M. B.(ll était interdit aux Ca- 
gots d'entrer au moulin; il fallait qu') ils 
remissent leur sac au meunier à la porte 
du moulin. — , meule; voy. Moule. 

Moleste, vexation: A cause deus turhes, 
molestes e impedîmentz. arch. A cause des 
troubles, vexations et empêchements. 

Moliar; voy. Moidia. 

Molt; même signif. que Moût. 

Molunct (voy. Emoulument): Eeceher 
los fruutz, eixedes, molunctz. arch. Rece- 
voir les fruits, produits et revenus (du sol). 

Mon; voy. Moun, Mounde. 

Mondar-se, se laver, sejustifier : Per 
mondar si medixe cum... dequeg crim no 
ère meritente. M. b. Pour sejustifier elle- 
même, comme elle n'était pas coupable de 
ce crime. 

Mondulh , monticule : Ung mondtdh 
qui es passât lo candi gran qiù va de Les- 
car a Beyrie. DICT. (au mot Puyoo). Un 
monticule (un tumulus) qui est passé le 
grand chemin (au delà du grand chemin) 
qui va de Lescar à Bejaie. Los mondulhs 
qui son en lo camii Saliee quivaenta Mor- 
laas. JB. Les monticules qui sont près du 
chemin « Salier » qui va à Morlaas (deux 
tumuli dans la lande du Pont-Long, 
comm. de Pau). — MounduUi, Mondulh 
(Barétons), petite meule de foin dans les 
prés. On dit aussi 3Ioundoulh . — Avec les 
verbes ha, faire, habé, avoir, ha moun- 
doulh, Imbé moundoidh, prendre de l'em- 
bonpoint, avoir de l'embonpoint. 

Monedarie, monnaie, lieu où Ton bat 



IMON 

la monnaie, hôtel de la monnaie : Si au- 
gun aporte argent a la monedarie deu Sen- 
hor. .. F.B.Si quelqu'unapporte de l'argent 
à la M innaie du seigneur... 

MONENCHOU, Mounenchou, de Mo- 
nein : U hasaa mounenchou, cleque rouye. 
plaa drete, plume nègre, esperoat... sei. 
Un coq de Monein, crête rouge, bien 
droite, plume noire, éperonné. .. LousMou- 
nenchous. Les gens de Monein : Mounen- 
chous, Gags e Itirous, coum lous pug-hous, 
Hayam causons E hriulous. D. B. Gens de 
Monein, gais et lurons, comme nos grands- 
pères, ayons chansons et violons. 

MONENH, 2Iounenh, Monein, ch.-lieu 
de cant., arr. d'OIoron. — Saut de Mo- 
nenh. d. b. Saut de Monein. Une de ces 
danses que l'on appelle « sauts basques », 
parce qu'elles sont particulièrement en 
usage chez nos voisins. Les jeunes gens 
de Monein, en s'y livrant avec passion, y 
ont sans doute excellé, et c'est pour cela 
qu'elle a pris chez nous le nom de leur 
commune. You qu'ey dansât monenh, lous 
mellous lou chiulaben. sei. J'ai dansé Mo- 
nein, les merles le sifflaient (en sifflaient 
l'air), (c Le galoubet entonne Mouchicou 
ou Monein, et un quadrille se forme pour 
exécuter un saut basque. » F. iuvarès, 
Chans. et airs j)op. du Béarn. Dans ce 
recueil, 2" édit., p. 21, M. Rivarès a fait 
une description aussi vive que vraie du 
« Saut de Jfonenh. » 

Monester; voy. Mosfier. 

Monge; mèmesignification queJfounye. 

Mongerie, Mongie, i)i'ofession mo- 
nacale; office monacal, emploi, rangqu'on 
occupait en qualité de moine. Dans un 
texte, ARCii., mongie vacante, office mona- 
cal vacant ; voy. Abulhar. — Esp, « mon- 
gia . » 

Monial, monastique. — , appartenant 
au monasti";re : Ahhas dédit ad Bonifacium 
casai monial; 1110. c. s. L'abbé donna à 
Boniface un domaine rural api)artcnant au 
monastère. — Cf. u.-c. « monial » au mot 
« Moniacatio, » 

MONIMA; \oy .Moun/ma. 

Moniment ( monument ), sépulcre : 
Santz (jui dormihan en Diu, exin deusmo- 
nimeniz. ii. s. Des saints (jui s'étaient en- 
dormis en Dieu, sortirent des sépulcres. 

Maria Ma gdalena ana au moniment, e 

vi lo ubert. IB. Marie Madeleine alla au 
sépulcre, et lo vit ouvert. 

MONIMENT; même signification que 
Monniment. 

Monstre, Mostre, « montre », re- 
vue : Momtres e rehues. P. K. La mostre 
de totcs lasgentz d'armes, n. La « nioalre » 
de tous les hommes d'armes. 



MOR 



77 



MONTANERÉS , Montanerais , le 
pays de Montaner : A Montaner de Mon- 
tanerés, Sino dab la haquenonimye arrés. 
D.E. A Montaner du (pays) Montanerais, 
personne ne monte quavec la vache. U y 
avait dans cette localité, aux confins du 
Béarn et du pays de Bigorre, des fortifi- 
cations, dont il ne resteplus, sur un point 
très-élevé, qu'une tour carrée, solide et 
fière, comme celle du château de Pau. Elle 
date du xiV^ siècle. L'expression prover- 
biale signifie que la forteresse de Mon- 
taner n'était accessible qu'à ceux qui se 
présentaient en amis, c'est-à-dire avec 
l'enseigne de Béarn, la haque, la vache. 

Monyoya (mont-joie), tas de pierres, 
borne des chemins : La monyoya de Mi- 
repeixs. BAn. La « mont-joie » de Mire- 
peix. — « 11 y a beaucoup de dissertations 
sur l'étymologie de ce mot... 11 sera bon 
d'en rappeler une qui fait allusion à un 
usage du moyen âge. Les pèlerins en- 
tassaient des pierres dans certains lieux 
pour marquer la route ou indiquer les 
stations, et appelaient ces monceaux de 
pierres mont-joye (mons-gaudii); c'est ce 
que rapporte le cardinal Huguet de Saint- 
Cher : « Constituunt acervum lapidum et 
ponuut cruces , etdicitur mons gaudii.» 
Del- Rio raconte la même chose des \)h\e- 
rins qui se rendaient à Saint-Jacques en 
Galice : ((Lapidum congeries.. Galli Jfont- 
joyes vocant. » cijérlel, Dict. hist. des 
Institutions, etc. 

Moo, Moor; voy. J/bw. 

Morb, masc, maladie : Si no sah lo 
rici lo morb de la cause henude. F. B. 
S'il ne connaît pas le vice ou la maladie 
de la chose (la bête) vendue. 

Morboos, malade, atteint d'une affec- 
tion; /»(/77>ose,vîcio.sr malaude.v.B. (Bête) 
atteinte d'une aflcction, vicieuse ou ma- 
lade. 

MORE; voy. Mourou. 

More, retard : Son en more de pagar. 
ARCH. (Les sommes qu'ils) sont en retard 
de payer. — Lat. (( mora ». 

Moresque, pièce de monnaie (des Ara- 
bes d'I'.spagne)? Ï'/((V// t'H^)C7?/(, i 7nore.<i- 
que d'aur. AKCU.ll tient en gage une pièce 
d'or de la monnaie des Arabes d'Espa- 
gne ? 

Morèu, Mouriu, (( moreau », se dit de 
la robe du cheval : Rocii moj-eu.n. Cheval 
moreau. Faque morele. m. llaiiueuée (( mo- 
relle. »l)ans ccic\\.e, morele t, dim. — «Le 
bay, le fauve, le grison, le moreau, sont 
les chevaux les plus prisés. * o. DE ser- 

11 K s. 

Moriscos, Mouriscous, les ^laures 



78 



MOU 



MOU 



chassés d'Espagne par Philippe III : Per- 
metutaus Mourhquos.. . lopassadge per lo 
présent paysper se retirai' en las terres deu 
Turcq. ARCH. Permis aux Maures le pas- 
sage par le présent pays (de Béarn) pour 
se retirer dans les terres du Turc. 

Morlaa, Morlaas (du nom do Mor- 
laas, ancienne capitale du Béarn où l'on 
a frappé de la monnaie, du x<^ siècle jus- 
qu'à la fin du xV^} : Ung morlaa. F. b. Un 
« morlaa » ; ( denier de Morlaas, valant 
trois baquetes — voy. ce mot — c'est-à-dire 
un peu moins qu'unardit, unliard).Z)irters 
morlaas enq. Deniers de Morlaas. Sols 
morlaas. iB. Sous de Morlaas. Monede 
morlane. Monnaie de Morlaas. Elle avait 
cours dans tout le midi de la France. 

Morlaes; voy. Moiirkinés. 

Morlanau, de Morlaas : Paas morla- 
naus. ARi'H. Pains de Morlaas. 

MORNOU! (Bay.); mot de jurement 
burlesque : Per le mornou! « morbleu! « 

Moro; usité dans la locution Cabesse 
de moro. — Voy. Cabesse. 

Moss., Mossen, Mossenher, 

Mossenhor; voy. Mounsenliou. 

Mossur, monsieur. — Jlossur d'Oloron, 
Monsieur (l'évêque) à' OXovon: Mossur d'O- 
loron, loctenent général. . . per tenir losEs- 
tatz deu 28 de may 1656. p. R. Monsieur 
(l'èvèque) d'Oloron, lieutenant général... 
pour tenir les Etats du 28 mai 1656. 

Mostier , Monester, monastère : 
Monge deu mostier de Luc. M. B. Moine du 
monastère de Lucq. Vicari de l'ahadie e 
monester de Luc. ARCH. Vicaire de l'abbaye 
et monastère de Lucq-de-Béarn. 

Mostre; voy. Monstre. 

Mot, dans les locutions no diser mot, 
no responer mot, H. s., ne dire mot, ne ré- 
pondre mot. — No luy as refusât mot De so 
que sons x»otz fan request. PS. Tu ne lui 
as refusé mot de ce que ses lèvres t'ont 
requis (tu ne lui as point refusé ce qu'il a 
proféré de ses lèvres). — D'après M. Cha- 
baneau, ce mot serait le latin modum, qui 
était aussi naturellement désigné que ge- 
nus — voy. Gees — pour servir d'auxiliaire à 
la négation. Ci.Rev. des l. rom., juin 1876, 
p. 350; janvier 1877, p. 35. 

Mot; voy. 3fout. 

Mote, motte féodale. — .château (sur une 
motte féodale) : Si en los barris no se po- 
den defener, que los sien thiencutz de obrir 
lamo'ta; 1243. Liv. ROUGE d'ossau. S'ils 
ne peuvent se défendre dans leurs retran- 
chements, qu'ils soient tenus de leur ou- 
vrir le château. 

Motiu; voy. ^fouthi. 

MOU, Moo, Moor, 3^ pcrs. du sing., 



prés, indic. dellourî, morir, mourir : Lou 
bestiar... mou subitement, p. R. Le bétail 
(qui a bu de l'eau empoisonnée) meurt 
subitement. Mon amne... moo de set. PS. 
]Mon ânie meurt de soif. L'omi moor. F. B. 
L'homme meurt. 

MOUG, masc, morve, mucus nasal. 
— Se joint au mot larmes pour signifier 
les pleurs dont on a le visage baigné : 
Moue y larmes ,• larmes y moue. — , rou- 
pie. — , lumignon qu'on enlève en mou- 
chant une chandelle. — , bout de chan- 
delle. 

MOUCA, moucher: Mouqulrous que-s 
mouque. Que le morveux se mouche. 

Moucador, 

MOUCADOU, Mocadoo, mouchoir 
de poche : J/a Jiarde arrecatteg dehens u 
moucadou. p. Je serrai mes hardes dans 
un mouchoir. En ung moucador... ung 
petit canet de canabère. S. B. Dans un 
mouchoir, un petit tuyau de roseau. Xeys 
riiocadoos de tele. arcii. Six mouchoirs de 
toile. — Voy. Mouquedou, Mouchoèr. 

MOtrCARRAA (Aspe), masc, morve 
dos chevaux. 

MOUCASSEYA-S, se moucher fré- 
quemment. 

MOïJCHICA(Bay.), mordre, mordil- 
ler : Lou canhot... qu'où moucMcabe. LAG. 
Le petit chienle moi'dillait. — Voy. Mous- 
seca. 

MOIJCHICOU, MoucMcou, masc, es- 
pèce de danse, air de cette danse, a Mou- 
cMcou, saut deMonein. » palassou. Si l'ha- 
bètz bist desseu tucoii Dansa lou mouchi- 
coiï. DESP. Si vous l'aviez vu sur le ter- 
tre danser le « mouchicou. » — Voy. 
Moneiih. 

MOUCHOÈR, mouchoir; c'est le mot 
français béarnisé que l'on emploie fré- 
quemment aujourd'hui au lieu de Mouca- 
dou . — , mouchoir de cou. NAV. 

MOUD, MOUYT (Orthez), mou:.4w 
mouyt entre Vescasse. PROv. Au (sol) mou 
entre l 'échasse. Même prov. traduit du bas- 
que : « Dans une terre molle, il est facile 
de faire un grand trou. » Guide et Man. 
fr. -basque, Bay., 1861, p. 281. 

MOUDAGOUS ( de mod ; voy. ce 
mot), humide, boueux. — Sobriquet des 
habitants du village fangeux de Lanne- 
grasse : Moudacous de Lanegrasse . D. b. 

MOUDCHESE (Ossau), 'teigne. 

MOUDÈ, masc, humidité; se dit du 
sol, de la température. — , teigne; voy. le 
précédent. 

MOUDÈRE, humidité, moiteur, 

MOUDESSE, fém. sing., croûtes au 
cuir chevelu : maladie des enfants. 



MOU 

MOU FF LE, mou: Frmit moiiffle, 
fruit mou. Que sie moitffle ou nou Vaprirjue, 
Lou soumeUi iKuiue la fatigue, n. lab. 
Que lu couverture du lit soit molle ou 
non, le sommeil répare (les forces après) 
la fati,2:ue. 

MOÙFFLEYA, céder au toucher; de- 
venir mou, se dit du fruit. 

MOUGNOC, masc, toute chose ra- 
massée, mal arrondie, en trognon. — , 
petit paquet mal fait. — U mougnoc de 
hemme. Petite femme mal fagotée. 

MOUGNOUGA, faire un mougnoc; 
voy. ce mot. 

MOULADE. pièce de fer circulaire 
où passe le bout du timon pour être atta- 
ché au joug. 

MOUL AU, couche supérieure très- 
dure de la pierre d'Arros, dont on fait les 
meules de moulin. 

MOULE, Mole, meule de moulin : 
Lou claquet truque hort, la moule horom- 
lege. F. Egl. (Voy. Bourroumheya) . Le 
claquet frappe fort, la meule tournoie 
avec bruit. Dues moles, l'une milhère, l'au- 
tre Madère, arch. Deux meules, l'une 
pour le millet, Tautrc pour le froment. 

MOULE, Mouler, Moler, moudre : 
Anar inouïe lours granadges ondlous pla- 
seré. P. R. Aller moudre leurs grains où 
il leur plairait. ]\fouler lours granadges, 
dans le même texte. Blat moulut, ib. Blé 
moulu. Anar moler son gran. couT. s. 
Aller moudre son grain. — llahé finit de 
moule, avoir fini de moudre. Se dit pro- 
verbialement pour signifier être sur le 
point de moui'ir ou être mort. 

MOULE DÉ, Moleder, qui est à mou- 
dre, qui sert à inoudi-e. 

MOULENDE, Molende, mouture : 
Ana a la moulende. Aller faire moudre du 
grain. —, droit de mouture : Pr'ivar lous 
senhors... de lours dretzde moulende. p. r. 
Priver les seigneurs de leurs droits de 
mouture. 

MOULET, gésier. JEJ< sac la-n{la oun)se 
vwul so qui-s minje,{(ies,X, disait un paysan 
de la vallée de Barétons), le sac où se 
moud ce qui se mange. — Esp. « mol- 
Icga. » — Port. « moela. » 

MOULET, mollet. — Que-u prud lou 
monlrt. rudV. Le mollet lui démange. Se 
dit (le l'individu qui ne tient pas en place. 

MOULETE, omelette : La moidetede 
Pasqucs. L'omelette de Pâques. — "Voy. 
Pasqiie^. 

MOULHA; voy. Mulha. 

MOULHE, Mi'd/ie.tvaire-.En mulhent 
la troupete ... F. LAB. En trayant la petite 
troupe (de mes brebis) . 



MOU 



79 



MOULHÈ, Molher, femme mariée : 
La moidhè nou t'haye la causse, pr. b. 
Que la femme ne t'ait pas ( ne te prenne 
point) les chausses. Sois le maître chez 
toi ; que ta femme « ne porte pas la cu- 
lotte. » Prenera per molTier etper spoze... 
Amadine. m. b. 11 prendra Amadine pour 
femme et pour épouse. Donation que la 
inar'it afeite a sa molher. couT. s. Dona- 
tion que le mari a faite à sa femme. Anar 
a molher. enq. Aller à (prendre) femme, 
se marier. 

MOULHEDÉ, Mulhedè,m&%Q,., place 
où l'on trait le lait. il/ow//«eté (Aspe). 

MOULHEDOU, JTulhedou, celui qui 
trait le lait. Au fém. moidhedoure. 

MOULHERA-S, Molherar-se, se 
marier, prendre femme. Molherat, marié, 
qui a pris femme : Homi molherat. F. B. 
Homme marié. — raynouap.d, Lex., iv, 
p. 250 : « ilolherat; ce mot ne se disait 
que pour l'homme. » — En béarnais, il 
se disait aussi pour la femme : Es mo- 
lherat en l'ostau deMinbiele. enq. Il a pris 
femme en la maison de Minvielle. Sa 
sor es molherade a l'ostau de Bonloc. ib. 
Sa sœur est mariée dans la maison de 
Bonlieu . 

MOULHERIS, masc, réunion de 
femmes. Lou moulher'is, les femmes. — , 
adj., de femme, qui concerne les femmes. 

MOULHETÉ,; voy. Jloulhedé. 

Moulia, moulin : Lo moulia de Barada. 
DiCT. Le moulin de Baradat (comm. de 
Monein). — Cf. D.-c. « molarium, molen- 
dinum. « 

MOULIÈ, Molier, meunier : S'iule, 
mouUè, Vaygade arrihe. PB. B. Siffle, meu- 
nier, l'ondée arrive. — Se dit proverbiale- 
ment pour signifier : Soyez content, voici 
une bonne aubaine. — Lou mouliè d'Ousse; 
voy. Punhère. Le meunier ( de la com- 
mune) d'Ousse. L'ostau deu molier.... au 
mol'n.DÈN. La maison du meunier... au 
moulin. — Voy. Jfoulinè. 

MOULIÈRE, Molière, meunière. J/o- 
liigre (Bay.). Molicrs e moUcires, quent 
aiiauen au luolin. L. 0. Meuniers et meu- 
nières, quand ils allaient au moulin. — , 
hanneton (femelle) aux ailes grisâtres. — , 
adj., meulière : Pcyre moulière, pierre 
meulière. 

MOULIEROT; voy. Moidiot. 

MOULU, Molin, Molii, moulin: 
Aqtirre gran csclausr (Jiu dc/nns lou niou- 
lii tout aqurtturmen'J] cause. V. Egl. Cette 
grande éclusée qui, dans le moulin, cause 
tout ce tourment (tout ce grand mouve- 
ment;. Lexar son gran au molin per moler. 
COUT. S. Laisser son grain au moulin pour 



80 



MOU 



MOU 



(le faire) moudre. BalharVaygueau inolïï. 
BAR. Donner (lâcher) l'eau au moulin. 
Molbis bien mohns. F. H. Moulins moulant 
bien (de bons moulins). i/éste de moulin. 
p. R. Maître de moulin, possesseur de 
moulin. Il était interdit aux roturiers d'être 
possesseurs de moulins : ^foulins no seran 
construitz per ruraus. IB. Moulins ne se- 
ront construits par roturiers. 1543. — 
MouJil d'escoute-plou>/e. Moulin d'écoute- 
pluie. — Voy. Èsroute-plouije. 

MOULINÉ, Moliner, meunier. Silo 
gran. .. se perd au moVm, lo moliner deu 
pagar... couT. s. Si le grain se perd au 
moulin, le meunier doit payer. — , Adj.: 
Bai/ht inolinè. F. Egl.Yâlel de meunier, 
valet de moulin. 

MOULINET, Molinet, moulin à 
café, petite machine à manivelle pour mou- 
dre le café ; celle dont on se sert pour 
moudre les épices; Dus molinetz per seguo- 
iir especie. .^.rch.Dcux petites machines à 
manivelle pour secouer (moudre) épices. 
On l'appelle aussi Especière. 

MOULIOT , MOULIEROT , dans 
DICT., noms de moulins (Lembeye, Or- 
thez). — JlouUerot est aussi dim. deMou- 
liè, meunier. 

MOULLE, Molle, moule : Letres de 
vioulle. Lettres de moule, caractères d'im- 
primerie. Molle de fer per fa. .. p)erdiguos. 
ARCii.Uumoule de fer pour faire des grains 
du menu plomb. — Moulle, bouton de 
bois. 

MOULUE, Molue, morue : Carguede 
molue, cinq sos tournez, p. R. (Droit d'en- 
trée pourj charge de morue, cinq sous 
tournois. 

MOUMBRA, Mombrar (lat. « me- 
morare »), rappeler, faire ressouvenir. — , 
unipersonnel : Aco nou-m moumhre. Cela 
ne me revient pas à la mémoire; il ne me 
souvient pas de cela. De Diu nous mom- 
hraha. rs. Il nous souvenait de Dieu. 
Momhri-l de Mossenhor. bar. Qu'il te 
souvienne de Mgr. Memhra, Membrar, 
même signif. Memhre-t, SenJior, de mi, 
quant seras en lo ton règne. H. s. Qu'il te 
souvienne, Seigneur, de moi, quand tu 
seras en ton royaume. — Voy. Bremha-s, 
Broumha-s. 

MOUMBRANCÉ, Memhrance, sou- 
venir. 

MOUMENT, Moment, moment. Mou- 
menietj rnoumentin, moumentot, moumentou, 
dim. 

MOUN, Mon, adj. possessif, fém. ma, 
mon, ma: Mounpag, dans H. s. mon pag, 
mon père. 

MOUNAQUE, poupée. Mounaquete, 



mounaqu'ine, mounacote, dim. Mounacasse, 
aug. — Esp. « muiieca. » — Mounaques 
(Bay.), singeries: Un arlequin dous me 
hroys. . , . hesent les sous mounaques. laG . Un 
arlequin des phisjolis faisant ses singeries. 

MOUNARD, grand singe. — , un 
homme très-laid. En fr. « un sapajou.» 

MOUNARDEYA, grimacer. — , faire 
des niches. 

MOUNDAA, MOUNDANAU, mon- 
dain : Praube de hees moundaas, mes d'in- 
noucence ournade.v.BxT. (Jeune fille) pau- 
vre de biens mondains, mais parée d'in- 
nocence. 

MOUNDA-S; même signification que 
Jlondar-se. 

MOUNDE, Monde, Mon, monde : 
Ans dus boutz deu moi/ «r/e. Aux deux bouts 
du monde. Aus dus boutz deu mon s'aud 
son lengoadge. PS. Aux deux bouts du 
monde s'entend sa parole. Negune per- 
sane deu monde. M. B. Aucune personne au 
monde. Lo meregne no es dequest mon. H . s. 
Mon royaume n'est pas de ce monde. — 
Sabe lou bibe deu mounde. ( Savoir le vivre 
du monde ), avoir de l'expérience, 

MOUNDOULH; voy. Mondulh. —, 
tas : Que-s deboren eres-rnedixes. Ou mou- 
rena moundoulhs sarratz. N. lab. (Les sau- 
terelles, après avoir tout détruit dans les 
champs,) se dévorent elles-mêmes, ou 
meurent à tas pressés. 

MOUNE,fém., singe. — , guenon. 
Mounete, mounine, mounote, dim. JIou- 
nasse, aug. Moune cu-pelade . Singe, gue- 
non au derrière pelé. — Moune, laide 
femme. — , femme de mauvaise vie. — 
Prene la mounine, s'enivrer. — Esp. 
« mona », guenon ; — ivresse. — Enfr. 
« vin de singe », vin qui fait sauter et rire 
la personne qui a trop bu. 

MOUNEDA, Monedar, monnayer, 
fabriquer de la monnaie. 

MOUNEDADGE, Mounedatge, mon- 
nayage. 

MOUNEDARIE; voy. Monedarie. 

MOUNEDE, Monade, monnaie. On 
dit par moquerie : Ilabetz mounede d'u ar- 
dit ? NAV. Avez-vous de la monnaie d'un 
liard? Petite monede, com son baquetes, ar- 
ditz esols. p. R. Petite monnaie, comme 
sont « baquettes », liards et sous. Meste 
de las monedes . IB. Maître (directeur, fer- 
mier) des monnaies, — , lieu où l'on bat la 
monnaie : Reyaus... seran portatz a las 
monedes. IB . Réaux (rognés) seront por- 
tés à la Monn.iie (et mis à la fonte). Mo- 
nedajurada. F. N. Monnaie garantie. Le 
souverain jurait qu'il n'y aurait pas alté- 
ration de monnaies. 



MOÛ 

MOUNENCHOU , MOUNENH ; 

voy. Monenchou, Monenh. 

MOUNGE, Mounye, Monge, moine : 
Los mondes de Lareule. Les moines de 
Larreule. Dénomination par laquelle on 
désigne aujourd'hui les habitants de Lar- 
reule, en souvenir d'un monastère qui 
était jadis dans cette commune. Fray 
Arnaud de Navallies, monge. segrestaa de 
Luc. s. B. Frère Arnaud de Navailles, 
moine sacristain de Lucq-de-Béarn. — 
Ha coutil lous mounyes de Luc. Faire 
comme les moines de Lucq-de-Béarn. Ce 
dicton est expliqué dans un couplet: Que 
s'ama.s.saben, coum, mousquïlhs, près deu 
harricou, E peus dus caps que l'abroucahen, 
Enta-Il hahé mey lèude bou. SEi. Ils se 
réunissaient, comme des moucherons, près 
du baril, et par les deux bouts ils le met- 
taient en perce, pour en avoir plus vite 
du bon (pour avoir plus vite du bon vin). 
Mounge, coum abat, lou tourn de l'abadie 
que sab. PROV. Moine, comme abbé, sait 
le tour du monastère. Voy. Abadie. — 
Nonne se dit aussi Mounge, Mounye, anc. 
Monge, en prononçant l'e final comme un 
doux . 

MOUNGSRIE. Mouiiyerie ; même si- 
gnification que Moiigerie, moinerie, rao- 
nacaillc. 

MOUNGETAA, Mounyetaa, terrain 
où l'on a semé des haricots. 

MOUNGETE. Mounyete, fém,, hari- 
cot. Ou dit pioverbiah^ment de quelqu'un 
qui n'est pas riche : Qu'ha minyat mey de 
VKHtngetes que n'/ia descutz. 11 a mangé 
plus de haricots qu'il n'a d'écus. — Nou 
y-Jia i^oudé coum deu qui j^inlre las mou- 
nyetes pr. b. 11 n'est pouvoir que de Dieu 
(de celui qui peint les haricots). — « Il 
donne aux fleurs leur aimable peinture. <> 
KA.CINE. — Fin [)atois du canton de Fri- 
hourg: « Lêxen adî fère xi c'enmadze le 
xerije. » Laissons toujours faire celui qui 
met la queue aux cerises. Romania, vi, 
p. T^, ]). *.)(•). 

MOUNGUIR AUT; voy. Boule-Marie. 

MOIJNICHOU ; même signification 
que Monenchou. 

MOVNIMA, Monima (Ossc),ctre dans 
la tristesse par suite de l'absence d'une 
personne aimée. — Cf. Es[). « monâ », 
tristesse. 

MOUNIMENT , Monlmenl (Osso) , 
tristesse. — Voy. le précédent. 

MOUNINE, guenuche. — Voy. M(n(i}r. 

MOUNJOU, petit haricot fond. Un 
dit aussi Mninii/iui . 

MOUNSENHOU, Mossenhor, Mos- 
senlier, Moss., Mosscn, Monseigneur : A 



Mot 



8i 



la bieugude de Mounsenliou . A la venue de 
Monseigneur (de l'évêque). Los capiiay- 
nes... seruiran beii e leyaumentz Mosse- 
nhor. R. Les capitaines serviront bien et 
loyalement Monseigneur (Gast.-Phœb.). 
Mosegner (mossenher), coins d'A rmagnach. 
ARCH. Monseigneur, comte d'Armagnac. 
De mandament de Moss. lo comte, enq. De 
mandement de Mgr le comte (de Foix) . 
3fossen Arnauf-Guilhem de Bearn. R. 
Mgr Arnaud-Guillaume de Béarn. Mos- 
sen devant un nom de saint : L'autar de 
Mossen Sent Antoni de Nabarrencx. m. B. 
L'autel de Mgr Saint- Antoine de Navar- 
renx. — « Saint-Antoine était un hôpital 
de pèlerins, fondé dans la ville de Navar- 
renx ; il fut détruit vers le milieu du xvi"> 
siècle, lorsque l'on construisit les fortifi- 
cations de la ville. . . L'autel de cet hôpi- 
tal était spécialement consacré aux ser- 
ments qui touchaient aux adultères. ...» 
p. RAYMOND. Mœurs béarnaises . » 

MOUNT, Mont , mont, montagne. 
Gourri lous inountz, courir (par) les monts, 
aller par monts et par vaux. — Ancienne- 
ment, mont signifiait aussi bois. • — Esp. 
« monte », mont, — foret. 

MOUNTA, Montar, monter. —iJ/oî/7i- 
ta-s, se monter, former un total: A quoant 
se mounte f — A cent escufz. A combien 
(cela) se monte-t-il ? — A cent écus. 

MOUNTADE , Montade, montée. 
A2)rès la ntountade Bien la debarade. pr. 
u. Après la montée vient la descente. — 
En fr. « chaque mont a son vallon. » g. 

MKUKIKK. 

MOUNTADURE. Montadure dans 
un texte, arch., monture, bête sur la- 
quelle ou monte. 

MOUNTANCE, Montance, anc. fr. 
« montance », estimation, valeur d'une 
chose. — , contenance, étendue: Un iras 
de camp a la montance de cinq jornades . 
ARCii. Un morceau de champ (une pièce 
de terre) de la contenance de cinq arpents. 
— Cf. D.-c., au mot (( Moutanum. » Mon- 
tant de terre, modus agri. 

MOUNT ANE : voy. Mounlanhe. 

MOUNTANHA, garder les troupeaux 
sur la montagne pendant l'été: (Juoand 
lou pastoii mountanhabc. Quand le pasteur 
gardait son troui)eau sui- la montagne. 
Après habé nu.untanhat tout l'estiu. Après 
être resté tout l'été sur la montagne. 

MOUNTANHADE, la saison que les 
pasteurs jiassent sur la montagne avec 
leurs troui)caux : Ailirhatz, pastou , Lou 
1)01111 Diu pr lion Bonne inounlanhade ! 
F. LAB. Adieu, pasteur; que le bon Dieu 
vous donne bonne saison de montagne ! 



82 



Mou 



MOUNTANHE, MOTJNTANE, mon- 
tagne : La haut sus la mountanhe U jms- 
tou malhurous. DESP. Là haut sur la mon- 
tagne un pasteur malheureux. M'en bau 
a la mountane. N. past. Je m'en vais à la 
montagne. Mountanhete, mountine, dira. 
Aus praderotz qui sounx'i'cs de las moun- 
tanhetes. IB. Aux prés (charmants) qui sont 
près des chères montagnes. Aqueres inon- 
tines qui tant fautes son. CHAXS. attribuée 
à G.-PHŒBUS. Ces (chères) montagnes qui 
sont si hautes. — Dans ces deux exem- 
ples, les diminutifs expriment nonl'idée de 
petitesse, mais ce qui plaît, ce qui est 
aimé. Cf. v. lespy, Gram. béarn., 2^ édit., 
p. 242 et suiv. 

MOUNTANHE, Montanher, mon- 
tagnard : Los montanliès e totz autes de 
Bearn. arch. Les montagnards et tous 
autres (habitants) du Béarn. 

MOUNTANHOLE (de la montagne, 
qui vient de la montagne}, mau\'is, petite 
grive. — . fém. de Mountanlioii- 

MOUNTANHOÙ, MOUNT ANHOL, 
montagnard : Mountanhols Ossalees.F. lab. 
Montagnards ossalois (d'Ossau). 

MOUNTANHOUS, montagneux. — 
Mountanhous de Laruns. D. B. Sobriquet 
des gens de Laruns; ce bourg possède, 
dans le Haut-Ossau, plus de montagnes 
que n'en ont les autres communes de la 
vallée. 

MOUNTE-LIMAC (Osse), terme de 
mépris, chevauchear de limace. 

MOUNTINE; voy. Mountanhe. 

MOUNTURE, monture; voy. Moun- 
tadure. 

MOUNUMENT monument. —, cha- 
pelle décorée en forme de tombeau, le 
Jeudi-Saint. — Vov. Jfonimeiit, 1. 

MOUNYE, MOUNYERIE ; même 
signification que ^founge, Moungerie. 

MOUNYETAA : vov. Moungetaa. 

MOUNYETE, MOÙNYOU ; même 
signif. que Jfoungete, Mounjou. 

MOUQUE-CÙYOU (mouche-gourde), 
un trrand buveur. — Voy. Cuyou. 

MOUQUEDOU ( Orthez ), Moque- 
dor ; même signif. que Moucadou. 

MOUQUE-NAZ (mouche-nez) : 
Mouque-naz de Mongastou. D. B. Mouche- 
nez de Mongaston. On traitait les gens 
de cette localité comme en français, dans 
l'argot du peuple, on traite de « morveux » 
les hommes sans conséquence, a. delvau. 
Long, verte. 

MOUQUET, lumignon, petit bout de 
chandelle. 

MOUQUETES, mouchettes, instru- 
ment pour moucher les chandelles. 



MOU 

M^OUQUIRE, morve, humeur vis- 
queuse qui découle des narines. 

MOUQUIROUS, morveux. — Le 
vicomte d'Orthe, Adrien d'Aspi-emont, en 
querelle avec les jurats de Bayonne, les 
traitait de Mouquirous. Voy. Courrier 'de 
Bayonne, 30 septembre 1877. — Heure 
quha de bères gouyes, Martz que las hè 
mouquirouses . PR. b. (Lorsque) février 
a de belles filles, mars les rend moi'- 
veuses. — « Quand février n'est pas ri- 
goureux, mars écorche. » Prov. et Dict. 
agricoles de France.. — La limace (la bête 
baveuse), labè-'<ti mouquirouse. c. B. 

MOURACHE, fauvette à tête noire. 
— Voy. Maure, 2. 

MOURBIU ! {mourt de Diu, mort 
de Dieu), morbleu ! Bius-Artigues bau 
mey ta jou, pendent l'estiu, Que castètz y 
palays, quoand seren bètz, rnourbiu ! F. lab. 
(La montagne ) Bius-Artigues vaut mieux 
pour moi, pendant l'été, que châteaux et 
palais, fussent-ils beaux, morbleu ! 

MOURDACHES, Mordaches, sorte 
de tenailles, outil de forgeron, de tonne- 
lier: Parelh de mordaches per far toneigs. 
ARCH. Une paire de a tenailles » pour 
faire des tonneaux. — , pinces de bois 
pour ramasser les châtaignes enveloppées 
de la bogue. — Cf. « mordache », en fr. 

MOURDENT, mordant: Au gai lou 
cop d'ungle mourdent. N. lab. Au chat le 
coup d'ongle a:éré. — Aram mourdent 
([ui esnase. m. Forte odeur qui prend au 
nez. — (Orthez), se dit d'un outil bien 
acéré, bien affilé, d'un ouvrier bien ar- 
dent au travail. — Cf. Ch. cr. alb., édit. 
P. MEYER, « mordens », acharnés ? 

MOURDENTEMENT, vivement, 
avec vivacité, avec ardeur : Après qu'y 
arriba... en sauteriqueyant mourdenteiaent 
ue doutzene de carpautz. lett. orth. En- 
suite il y arriva en sautillant vivement 
une donzaine de crapauds. 

MOURDIC, fém., croc: Dus corns... 
en forme de mourdicxs. y. lab. Deux 
cornes en formes de crocs. — Minaut 
p'amuche las mourdicxs. id. Minaut vous 
montre ses crocs. 

M O U R E ; même signification que 
Amoure. 

MOURÈ, Amourè, mûrier, arbre : 
Noguè, l'amie deu poble e de sas indus 
tries... Que prétend qu'en plantant lou 
Pount-Loung de mourès, èns haré tous 
besti de sede coum curés. XAv. Nogué, 
l'ami du peuple et de ses industries, pré- 
tend qu'en plantant le Pont-Long de mû- 
riers, il nous ferait tous vêtir de soie 
comme les curés. 



MOÛ 

MOURÈ, Mourèu, mûrier, oiseau. 
Mourè-cap-7iegre, bec-fin à tête noire ; la 
fauvette à tête noire, palassou. Mourè- 
mousqidté (mûrier qui se nourrit de mou- 
cherons), gobe-mouches. 

MOURET, MOURETE, jeune gar- 
çon, jeune fille, dont le teint est un peu 
trop brun. — Eomis mouretz. pey. (Hom- 
me noirs), les diables. 

MOURET, nom de bœuf, de cheval, 
d'âne, dont le pelage roux tire sur le noir. 

MOURETE ; voy. Mouret, 1 . — , pe- 
tite cerise presque noire. 

MOURÈU ; voy. Morèv; Mourè, 2. 

MOUREULA, entrelacer dans une 
haie, sèp. la branche supérieure. — Voy. 
le suivant. 

MOURÈULE, branche entrelacée en 
long au-dessus de celles qui forment la 
haie appelée sèp. Vov. ce mot. 

MOURFOUNDI, morfondre: La 
B'tèryc, may de Dm, raoufroundide de red. 
GAR. La Vierge, mère de Dieu, morfon- 
due de froid. — Voy. Marfandi . 

MOURGACHÉS : même signification 
que Afourdaches. — Voy. Esmourgaches . 

MOURGANH, masc, action de 
rongei'. — , grognement, murmure sourd 
de celui qui témoigne du mécontente- 
ment. 

MOURGANHA, ronger. — , grogner, 
murmurer, témoigner du mécontente- 
ment. 

MOURGANHAYRE, qui ronge. —, 
qui grogne, qui grommelle. 

MOURGANHIS ; même signification 
que Jlfourf/anh. 

MOURGOUS; même signification que 
Mou'juiraus. 

M O U R I, Morir, mourir : Beroyes 
Tïiidaudrs, qui parlen des lécha mouri. 
NAV. De jolies malades, qui parlent de se 
laisser mourir. Falh que maries ! bar. 11 
faut que tu meures. E per que morire yo? 
IB. Et pourquoi mourrai-je ? — , avec le 
pronom .se: Lo Jîlh se niorira. H. s. Le 
fils mourra. Si negun s'en y morive. r. 
S'il en mourait quelqu'un. — , tuer: Said 
n' a mort miu. H. s. Saûl en a tué mille. 
Si yo ey un honù mort. F. n. Si jai tué un 
homme. Yo l'ey morte, ih. Je l'ai tuée. 

MOURICOT , Mouricou , Mourilhou, 
moiicaud : Que-t béni mouricou; si mou- 
ricou .sr; mou, carc'ou! i*ii. n. Je vous vends 
moiicaud ; si moricaud se meurt, charge- 
le. Jeu d'enfants: ils so passent de m;iin 
en main un fétu allumé; on désignant «■eliii 
qui l'a laiss ééteindre, tous disent: Qirc'ov! 
charge-le! Il se baisse, et les autres lui 
fout un fardeau de tout ce qu'ils ont 



MOU 



83 



sous la main. — Au jeu de cache-cache, 
les enfants se mettent en file, et celui qui 
est en tête dit : Part, part, Mourilhou ; 
Saute crabe, saute hou ; lou darrè que s en 
ane! IB. Pars, pars, moricaud; saute chè- 
vre, saute bon; que le dernier s'en aille! 
Vov. RABELAIS, édit. Louis Janet, Paris, 
182.3, t. III, p. .519. 

MOURILHOU ; voy. le précédent.—, 
négrillon. 

MOURILHOU, champignon, morille 
comestible. 

MOURIQUET; même signification 
que Mourinot. 

MO U R I S C O U . MOURISCOUS ; 
vov. Blat-mourou, Moriscos. 

MOURLANÉS, Morlanes , Mor- 
laes, de Morlaas: Lo cami morlnes. DicT. 
Le chemin de Morlaas (de Nay à Mor- 
laas). 

MOUROU, Morou, Maure: Alerte, 
alerte, amigous ! Lous ^Fourous soun près 
de nous. ..'en. p. Bull, de la Soc. des se., lett. 
et arts de Pau; 1843. Alerte, alerte, amis ! 
Les Maures sont près de nous. — , mulâtre; 
maure, more, fém.: Non sies d'aquetz qui 
espouseren ue more... sknt. Ne sois point 
de ceux qui épouseraient une mulâtresse 
(pourvu qu'elle eût de l'argent). 

MOURRAC (Ossau). masc, herbe 
qui a poussé près du cledat (parc de bre- 
bis) ; elle est plus drue qu'ailleurs, parce 
qu'elle est sur un terram engraissé. — 
Dans le Rouergue, » mourcho », jeune 
blé vigoureux qu'on laisse tondre aux 
agneaux, aux brebis. « Môurre ». vert, 
vigoureux, on parlant des blés en herbe. 
VAYS.S., Dict . 

MOURRAQUEJA (Oss.au), paître, 
faire |)aître le mourrac. Voy. ce mot. 

MOURRAU, Morrau, muselière : 
Los maserers los caas leixen anar desta- 
catz ...e sens marraus. arch. Les bouchers 
laissent aller les chiens détachés et sans 
muselières. 

MOURRE, museau, mufle. — , terme 
grossier, visage. 

MOURRES, fém. plur., babines. — , 
en parlant dos personnes, grosses lèvres. 
— Cad de mourrcs au hoec. CH. p. (L'ivro- 
gnesse) torche le visage au feu. 

MOURSOÈR (Lescun), mouchoir. 

MOURT , Mort , mort : Pregat-: per 
nous... adare e a l'hore de nou.tte nmurt. 
CAT. Priez pour nous maintenant et à 
l'heure de notre mort. Passar pieyar que 
mort. H. s. Souifrir pis que mort. Mort 
a /cite. R. (H a mort faite), il est mort. 
Far mort de, faire mort de, donner la mort 
à : Mort que feit auc de son nebot. l. o. La 



u 



MOU 



mort qu'il avait donnée à son neveu. — , 
meurtre : Los qui de la mort seran statz 
companhoos sien autahee traydors. F. b. 
Que ceux qui auront été complices du 
meurtre soient également traîtres. 

MOURT , Mort, participe passé du 
verbe Mouri, Morir. 

MOURT ALÈRE, mortalité en temps 
d'épidémie, d'épizootie. 

MOURTALHE, Mortalhe, carnage, 
tuerie : Qu'en houUn ha mourtalhe. lett. 
ORïH. Ils voulaient en faire carnage. Fen 
ne gran mortalhe. H. s. Ils en firent un 
grand carnage. — , mortalité : En cas de 
mortalhe de bestiars. COUT. s. En cas de 
mortalité de bétail. 

MOURTALITAT, Mortalitat, 
mortalité, condition de ce qui est sujet à 
la mort. 

MOURTAU, mortel : L'arquebuse lou 
da lou cop mourtau. s. G.vs. Le chasseur 
lui donne (donne au chevreuil) le coup 
mortel. Peccat mourtau ; tristesse mour- 
tau. CA.T. Péché mortel; tristesse mortelle. 

MOURTAUMENT, Mortaument, 
mortellement: JIortautnen[t] me haexin. 
PS. Ils me haïssent mortellement (à la 
mort) . 

MOURTÈ. Morter, mortier à piler: 
Unij morter ab son pialo. arch. Un mor- 
tier avec son pilon. 

MOURTÈ, Morter, mortier, mélange 
de chaux, de sable et d'eau. 

MOURTEMPS mourt temps, temps 
mort), morte saison. 

MOURTERA, appliquer le mortier, 
garnir de mortier. 

MOURTERIBA, répandre sur les 
champs des débris de démolitions. 

MOURTERIU, maso, sing., débris 
de démolitions. 

MOURTIU, mortel, sujet à la mort. 
— Lous mourtius, les morts : Enta qui 
ditz la misse ? — Taus mourtius . PR. B . 
Pour qui (le curé) dit-il la messe ? — Pour 
les morts. 

MOUS, masc, morsure; morceau, bou- 
chée. U mous de paa. Une bouchée de 
pain. — Esp. (Aragon), « Mueso », bou- 
chée, morceau emporté avec les dents, 
coup de dents. 

MOUS (abréviation de moussu, mon- 
sieur), nions. — Mous de Lous. d. b.Mou- 
sieur de Lons. On qualifie ainsi toute per- 
sonne « fière comme Artaban. » A la fin 
du siècle dernier, M. le marquis de Lons, 
en qualité de lieutenant de roi, représen- 
tait avix Etats de Béarn S. M. le roi de 
France et de Navarre. Pour signifier qu'un 
« viveur « dissiperait une fortune consi- 



MOU 

dérable, on dit proverbialement : Que-s 
minyaré lous bées de Mous de Gassiou. Il 
mangerait les biens de Monsieur de Gas- 
siou. — Voy. Minya. 

MOUSCADERE; voy. le suivant. 

MOUSC ALH, Mouscadere,{ém., Mous- 
què, masc. , chasse-mouches, émouchette. 

MOUSCALHA. émoucher. 

MOUSCALHE, grande quantité de 
mouches. La mouscalhe, les mouches. 

MOUSCALHOU, moucheron. — , ter- 
me de mépris à l'adresse de l'individu que 
l'on traite en fr. d"« avorton. » 

MOUSCASSÈ : Mouscassès de Sent- 
Haust. D. B. La commune de Saint-Faust, 
Sent-Haust, est traversée dans toute son 
étendue par une côte, dite de Mousquar 
(Mouscar). La dénomination de mouscas- 
sès, appliquée aux habitants de Saint- 
Faust, signifie donc riverains de la côte 
de Mousquar (Mouscar), et, par un jeu de 
mots railleur, les désigne comme pre- 
neurs de mouches, couverts de mouches. 

— Voy. Mousque. 

MO'USENE (Garlin), espèce de mil- 
let; setalia glauca. — , mélange de grains 
d'espèce inférieure dont la farine sert à 
nourrir les animaux domestiques. 

MOUSQUE, Mosque, Mosca, mou- 
che : Biratz-me las mousques . Détournez 
de moi les mouches (chassez-moi les mou- 
ches). — Ha la mousque dab la palhe. p. 
Faire la mouche avec la paille. Gratter 
légèrement avec le bout d'une paille com- 
me fait la mouche avec ses pattes. — Habé 
la mousque (avoir la mouche), être pris 
de vin. De l'homme que l'ivresse ne rend 
pas méchant, on dit « qu'il a la mouche bon- 
ne », qu'ha la mousque boune. — , étincelle, 
bluette. — Segui la mousque blue. Pour- 
suivre la mouche bleue. Se laisser aller 
à une illusion ; poursuivre une chimère. » 

— Que eau esta mousque ou barboii . PROV. 
Il faut être mouche ou cloporte. S'appli- 
que aux gens qui, à l'exemple de la chau- 
ve-souris du Fabuliste, disent : « Je suis 
oiseau, voyez mes ailes; je suis souris, vi- 
vent les rats ! » — Voy. Casse -mousques, 
Minye-mousques . 

MOUSQUE, même signif. que Mous- 
ca Ut . 

MOUSQUE-BÈRE, espèce de taon 
(femelle) : Quoaiul bed courre .souiis boeus 
dabant la mousque-bère. N. past. Quand 
il voit couru' ses bœufs devant le taon. 

— La mousque-bère, cette femelle du taon 
des bœufs est si redoutée, « que son vol 
bruyant inspire seul à ces animaux une 
frayeur qui les agite et les rend indo- 
ciles. » 



:mou 

MOUSQUE-CERÈRE ( mouche à 
cire, cfre), l'abeille, c. b. 

MOUSQUE-HISSE (Orthez}: c'est la 
viotiiique-hère. — Voy. Hissa. 

MOUSQUEJA: vov. Mousqueya. 

MOUSQUE-MÈRDÈRE ; voy. 
Mer (le . 

MOUSQUÈRE, fém.; même signifi- 
cation que Mouscalh . 

MOUSQUERE : c'est l'abri pour les 
bêtes sur la montagne, aux heures du 
jour où elles sont le plus tourmentées par 
les mouches. 

MOUSQUERINE (Bay.), fém., oiseau 
de la plus petite espèce. — , petit enfant 
maigrelet, très-chétif. 

MOUSQUET, mousquet: Hèn arde lou 
mousquet de la (juerre cibile. nav. Ils font 
« ardre » (partir) le mousquet de la guerre 
civile. 

MOUSQUETA.de, décharge do mous- 
quets, do fusils. 

MOUSQUETAT, Mosquetat, dans 
un texte, .\R(i[., moucheté. 

MOUSQUE-TAUHE, fém., taon. On 
dit aussi Mousque-tauque . 

M OU S Q U E T E JA ; voy. Mousque- 
ti'ija . 

'mOUSQUE-TERNITÈRE; mouche 
à vers. Le mot Tenvtire seul a la même 
signification. — Voy. Ternitz. 

MOUSQUETÈÙ, homme armé d'un 
mousquet, d'un fusil ; mousquetaire, sol- 
ilat armé de mousquet : f ^ moiisquetèu que 
l'ha blessât, ciï. r. Bull, de la Soc. des 
se, lett. et arts de Pau, 1843. Un mous- 
quetaire l'a blessé. 

MOUSQUETEYA, Mousqueteja, 
tirer des coups do mousquet, des coups 
de fusil. 

MOUSQUEYA, Mousqueja, chasser 
les mouches : (Jue-s mousqueye tous malJis. 
sEi. (Le bœuf) se chasse (avec la queue) 
les mouches des flancs. — , fustiger, v. 
Eql. 

MOUSQUILH, MOUSQUIT, mou- 
cheron. Au hit que-s 7tei/ue lou mous(/uilh. 
NAV. Au vin se noie le moucheron. .Uous- 
quitz (itroupdlz liens lovs chais (chays). f. 
Egl. Des moucherons attroupés dans les 
chais. Mousquilliot, mousquttot, mousqui- 
lliou^ mouxqu'i/ou, diin. 

MOUSQUILHÉRE, volée de mou- 
cherons, les moucherons. On dit aussi 
moiisquitère. 

MOUSQUILHOUS, qui sepicpic vite, 
se fàclie mal à pi-oj)os. Sobriquet des gens 
de la commune d'issor: ElzmousqnUhnus 
d'Issvr. D. B. On dirait eu fr. qu'ils pren- 
nent la mouche. » — Henri IV écrivait à 
TOME 11 



MOU 



85 



Saint-Geniès, 4 mai 1586 : « Vous avez 
pris la mouche en homme de la race des 
Gontaut. » Lett. mïss. — Le dicton Etz 
mousquilhous d'issor peut signifier aussi 
les moucherons d'issor ; expression de 
mépris. — Voy. Mousquilh, Mouscalhou. 

MOUSQUIT ; même signification que 
Mousquilh . 

MOUSQUITÈ, qui fait la chasse aux 
moucherons. — Voy. Mourè, 2 ; Beryerou. 

MOUSQUITE'JA ; voy. Mousquiteya. 

MOUSQUITÉRE ; même signif. que 
Mousquilhère. 

MOUSQUITEYA, Mousquiteja, faire 
lâchasse aux moucherons : U rnourè-mous- 
quïtè, 'proche d'ue arcasole, Mousqu'iteyahe. 
Un mûrier gobe-mouches, près d'un piège, 
faisait la chasse aux moucherons. 

MOUSQUIU; Ch'ibau m ousquiit, cabale 
mousquihe, cheval, jument que les mou- 
ches agitent, rendent indocile. — , en par- 
lant des personnes, susceptible. 

MOUSSA ; voy. Mousseca. 

MOUSSE (Osse) ; voy. Mousson. 

MOUSSEC, masc, morsure. — , mor- 
ceau, bouchée. — Voy. Mous, 1. 

MOUSSECA, Moussega, mordre. — , 
Moxsseca-s la lenfjue. nav. Se mordre la 
langue. On dit aussi Moussa. 

MOUSSECADE, Mousseyade, mor- 
sure. 

MOUSSEN, Mossen, abrév. de Moun- 
serdiou, Mossenhor . 

MOUSSEU, Moussoii, Moussuou, mon- 
sieur le : So que Jlfousseu régent, Quoand 
las mustres nous da, répète bèt soubeut. n. 
l'AST. Ce que Monsieur le régent, quand 
il nous donne les leçons, répète bien sou- 
vent. Moussoii curé, n'ey jtas aco bertat . 
PKY. Monsieur le curé, cela n'est pas (la) 
vérité. Per Moussuoil députât, Au scrutii 
que passabe a l'unaniuiitat. nav. Quanta 
Monsieur le député, il passait au scrutin 
à l'unanimité. 

MOUSSOU (Osse), jeune garçon; 
mousse, ieune fille. — Mousset, mousscte, 
dim. Moussas, moussasse, aug. — Esp. 
« mozo, moza- » 

MOUSSOU ; voy. Mousseu . 
MOUSSU, monsieur: A Diu me dau ! 
qmne galîrc D'csta moussu ta ha l'amou. ! 
N\v. A Dieu je me donne (mon Dion !) 
quelle galère d"étre monsieur pour faire 
l'amour. Mmissuret, moussumt. uionssur- 
dof, dim., freluquet, muscadin. — A la 
canq)agne, lou mous.tu. le monsieur, c'est 
le maître, jadis le seigneur. Nousie nwu.tsu 
quha troubat maye uioussu. PROV. Notre 
monsieur a trouve plus grand monsieur. 
Quelqu'un <> lui a rivé sou clou.» — « A cor- 

6 



86 



MOU 



saire, corsaire et demi. » — « Il n'y a si 
fin regnard Qui ne trouve plus finard. » 
G. MEVR\ER.— Yoj. Mossur. 

MOSSUOÙ ; voy. Mousseu. 

MOUSSURALHE,fém. sing., tas de 
gens dont chacun tranche du monsieur ; 
la moiissuralhe, les messieurs, en mauvaise 
part. 

MOUSSURE JA, Moussureya, faire le 
monsieur. Dans le langage des paysans, 
c'est faire le fier, ou prendre des habitu- 
des d'oisiveté et de recherche dans les 
vêtements. 

MOUST, moût, vin doux qui na pas 
fermenté : Quoand plan en aoust. Plan 
mèu emoust. PRov..(Voltoire). Quand il 
pleut en août, il pleut du miel et du moût. 

MOUSTARDE , Mostarde, mou- 
tarde : Barriquotz (harricotz) jjer tenir 
mostarde. arch. Des barils pour contenir 
de la moutarde. 

MOUSTE (Aspe), jointée : Ue mouste 
de Tournent. Une jointée de blé. — Cf. 
D.-c. « mosta; pensitalio pro molitura fru- 
meuti. » 

MOUSTIFLAUT, gros joufflu. JIuus- 
tiflaute, fém. 

MOUSTII, mâtin : Lou moust'n... lay- 
rabe. lam. Le mâtin aboyait. 

MOUSTIQUE, fém., moustique, cou- 
sin : Arrauyouse couru las moustiques, 
Que-vi gnaques... N. lab. Acharnée comme 
les moustiques, tu me mords . 

MOUSTOUS, Mostoos, juteux. — . 
mousseux : Bière moustouse . nav. Bière 
qui mousse. — Rocii griis mostoos. r. Che- 
val gris sale. 

MOUSTRA, Mostrar, Mustrar, 
montvev.Mostra 7ne la toe care. H. s. Montre- 
moi ta face. Jo t'ag mustrare. ib. Je te le 
montrerai. Dix que ave carte clefranquesse 
mas no la mustra. enq. Il dit qu'il avait 
un titre d'affranchissement, mais il ne le 
montra pas. 

MOUSTRE, monstre: Nègres coum 
dus moustres d'ihèr. v. BAT. Noirs comme 
deux monstres d'enfer. 

MOUSTROUS, monstrueux. — , exces- 
sif en grandeur et en grosseur, énorme 
de graisse. 

MOUT, MOT (Vic-Bilh), mot: Per 
p'at dise en dus moutz. bor. Pour vous le 
dire en deux mots. Toutz sons motzson es- 
prahatz au hornet. PS. Tous ses mots 
sont éprouvés au creuset (sa parole est 
affinée). 

Moût, Mot, Molt, adj., nombreux, 
plusieurs: Monts d'autres, l. o. Plusieurs 
autres. L'ahesque de moules de las terras... 
IB. L'évéque donna plusieurs terres. . . 



MUB 

Moltas pregarîes. arch. De nombreuses 
prières. Las gentz de la terre d'Ossau au- 
ren Me e occasion de cometer motz excès. 
F. B. Les gens de la terre d'Ossau au- 
raient voie et occasion de commettre plu- 
sieurs excès. — , adv., bien, très, beau- 
coup : Moût pauque cause, l. o. Une bien 
petite chose. Mot noble e naut... s. b. 
Très-noble et haut (seigneur). 

MOUTCH (Aspe, Ossau); même si- 
gnification que Moud. 

MOUTCHÈ (Aspe, Ossau), masc, 
mollesse, ce qui est mou. 

MOUTCHEYA, devenir mou. 

MOUTCHOURDIN (^Bay.), vieux 
garçon ; moutchourdine, vieille fille. 

MOUTIU, Motiu, motif : Per aquetz 
motius e rasons. F. Egl. Par ces motifs 
et raisons. Causes e motius. s. b. Causes 
et motifs. 

MOUTOADE, fém., troupeau de mou- 
tons, les moutons. 

MOUTOU, Moton, Motoo, Molto, 
mouton: Quoand baxen ta las arrihères Lus 
anesquetes, Ions moutous, nav. Lorsque 
descendent dans les plaines les brebiettes, 
les moutons. Carnau... de motoos. F. b. 
Saisie de moutons. Ung moton. bar. Un 
mouton. Pour la forme molto, voy. Cccls. 
— Au moutou, L'esquirou ; A Vaulhetc, 
L'esquirete. prov. Au mouton, la sonnette; 
à la petite brebis, la clochette. « A petit 
mercier, petit panier » ; — « Petit queu, 
petit pot et petit feu. » l. r. de lincy, 
Prov. En lat., « parvum parva décent. » 

MOUTOUNÈ, Motoner, moutonnier, 
de l'espèce du mouton : Bestiar aolhy, 
oelher e motoner. arch. Bétail de la race 
ovine, du genre des brebis, des moutons. 

MOUYEN, Moyen, moyen. 

MOUYENA, «moyenner», trouver 
moyen de, faire en sorte. 

MOUYENOUS, qui a moyen de. —, 
qui a des moyens, des ressources, qui est 
riche. 

MOUYNE, Moyne, moine ; dans r., 
las moynes, les moines. 

MOUYT; voy. Moud. 

Moy, Moey, muid : v moys de sîvade 
(cibade) . enq. Cinq muids d'avoine, xi 
moeis de pomade. arch. Onze muids de 
cidre . 

Moyade, dans un texte, arch., 1429, « 
muiée «, droit perçu par mesure de terre 
pour laquelle il fallait un muid de semence. 

MUBLA, meubler, garnir de meubles: 
Muhlant toun estoumac. nav. Remplis- 
sant ton estomac. 

MUBLE, Moble, adj. meuble: Terre 
muble, bées mobles, terre meuble, biens 



MUG 

meubles. — , subst. : Lous muhles, anc. 
los molles, les meubles. — Mohles de glei- 
se {fjleyse). F. Egl. Ornements d"église. 
— Ung IJieyt e mohles de taule, arch. Un 
lit garai et du linge de table. 

MUCHA ; même signif. que Muxa . 
MUD ; voy. Mut. 

MUDA, Mudar, changer, donner une 
autre forme, mettre une chose à la place 
d'une autre : Que chascu, a son sens, la 
poudousse muda. F. Egl. Que chacun, à son 
.•«ens, la pût changer (que chacun à sa 
façon pût interpréter la Sainte Ecriture). 
— , transporter d'un lieu dans un autre: 
S'en holo anar habitar a Sent-Pee-de- 
Gleyres e muda alguna partide de sons ahi- 
Ihementz. bar. (Le forgeron de Coarraze) 
voulut s'en aller habiter à Saint-Pée-de- 
Géyres et y transporta une partie de ses 
outils. Tu habes ta vigne mudada de 
l'Egypte. PS. Tu avais transporté ta vigne 
hors de l'Egypte. — La causa no sera mu- 
dada a autre jorn. s. j. La cause (à juger) 
ne sera pas renvoyée à un autre jour. — 
Marcat mudat nou bau pas u gat. prov. 
Marché changé (dont on a changé le jour) 
ne vaut pas un chat. Voy. Marcat. — 
Muda, muer, changer de poil, de plume, 
etc. — Voy. Coulou-muda, Pèt-inuda. 

MUDA-S, se mouvoir, changer de 
place, s'en aller : Lou Bearnes qu'ha tau 
coustume: Quoand ey plau que-s mude. 
PRov. Le Béarnais a telle coutume : 
Quand il est bien (quelque part), il chan- 
ge de place, il s'en va. Façon courtoise 
de dire aux gens : Je ne suis plus bien chez 
vous, je vais ailleurs. 

Mudance, Mudansa, Mude, fémin., 
changement : Los barons, gentius e autres 
de Bearn, a cascuna mudansa de senlior, 
son tengutz. . . far homenadge. . . F. u. Les 
barons, nobles et autres de Béarn, à cha- 
que changement de seigneur, sont tenus 
de faire hommage... A mude de se.nhor de 
Bearn un austor ; 1334. arcu. (Homma- 
ge d") un autour à changement du seigneur 
de Béarn. — Mude, mue des animaux. 

MUDEYA , Mudeja ; même significa- 
cation que Mdteya. 

MUFLES (Ôsse), fém. plur., s'em- 
ploie avec le verbe ha faire, ha a las )nu- 
jles, joncv aux osselets. 

MUGAA. tas déterre, rebord de fossé, 
de canal : Bern qui es assis aus mugaas 
de las arrolhcs deus m(dins. COUT. s. .\ul- 
ne qui est assis (est planté) aux reboi-ds 
dos canaux des moulins. — Voy. le sui- 
vant. 

MUGUE, fém., tas de terre séparant 
des champs, rebord de fossé couvert d'ar- 



MUL 



87 



bustes, d'arbres : Deu darrè de la mugue.. . 
Sort u gran tatay qui saute tau camii. nav. 
De denière le rebord du fossé sort un 
grand bohémien qui saute sur le chemin. 
— Voy. le précédent. — Esp. « muga », 
borne, limites. 

MU JETE, herbe des premiers jours 
du printemps : Lèu sourtiran serpouretz y 
mujetes. F. lab. Bientôt sortiront (pein- 
dront) serpolets et herbes tendres. 
MUJOÙ ; voy. Muyoii. 
MULAR, espèce de canard. 
MUL.ATA, mettre bas un mulet ou 
une mule. 

Mulctar, Multar, condamner à une 
amende : Multat per lojudge a une livre de 
Morlaas. s. j. Condamné par le juge à 
l'amende d'une livre de Morlaas. 
MULCTE, Multe, amende. 
MULATÉ, Mulater ; voy. ifuletè. 
MULE, mule: Mu/e, azoo^,egoe. F. B. 
Mule, âne, jument. Mulete, mulote, dim. 
Mu lasse, aug. 

MULET, mulet : Ung mulet griis per 
xxxjloriis. R. Un mulet gris pour trente 
ûov'ms. Muletin, muletot, muletou, dim. Mu- 
letas, aug. 

MULETADE , troupe de mules , de 
mulets. 

MULETÉ, muletier. — Lous muletès 
d'Angays. D. B. Les éleveurs de mules. 
L'élevage de ces animaux est une des in- 
dustries les plus i)roductives de la plaine 
de Nay, et particulièrement du village 
d'Angaïs. — Esta mulater ah Mass. enq. 
Il est muletier de Mgr. 

MULHA, Mulhar, mouiller: De touns 
peus, l'ounde limpide. En gouleyant, mulhe 
lou sou. v. BAT. L'eau hmpide tombant 
goutte à goutte de tes cheveux mouille 
le sol. Mulhat coum u guit dequeres gra- 
nes balaguères. lett. orth. Mouillé com- 
me un canard par ces grandes aver-ses. — 
Lo paa mulhat. il, s. Le pain trempé. 
Mulha-u en lo bit. iB. 11 le trempa dans le 
vin. Dans ray.n., « molhar, muelhar. » — 
Que pesque chetz moulha-s lous pèes. prov. 
Il pêche sans se mouiller les pieds. Se dit 
de celui qui a des profits illicites, qui ga- 
gne sans mettre au jeu. 

MULHATORI," Moulhalori, maso., 
mouillure, action de mouiller, état de ce 
qui est mouillé. 

MULHE ; voy. Moulin. 
MULHEDÉ.MULHETÉ ; vov. Mou- 
Ut ed,. 

MULHE DOU; même signification que 
Moulludan . 

MULTIPLICA, Multiplicar, mul- 
tiplier. — , croître en nombre. 



88 



MUS 



Multiplicament, produit, croît: La 
haque ah tôt lo multiplicament dequere . 
ARCH. La vache avec tout le croît d'icelle. 

MULTIPLICAT, multiplié.—, nom- 
breux : Lo meta en ijreson e l'y detenguo. . . 
2)er muUiplicatz jorns. BAR. 11 le mit eu pri- 
son et l'y détint pendant plusieurs jours. 
MuUiplicatz crededors. arch. De nombreux 
créanciers . 

MURDRE ; même signification que 
Pilaire, Murti. 

MURGUE, souris. Murguete, dim. Se- 
guide per u gat ne yoene murguete... lac. 
Une jeune souris poursuivie par un chat. 

MURGUET, souriceau. 

MURGUETALHE, grand nombre de 
souris. La murgiietalhe, les souris. 

MURGUETE, petite souris.— Voy. 
Mur guet. 

MURRALHE, mur, muraille. 

MURRALHA , maçonner un mur ; 
murer, entourer de murs; boucher une ou- 
verture avec de la maçonnerie. 

Marre, muraille : Far ahater la murre 
qui es au fonds de la v'inhe. ARCH. Faire 
abattre la muraille qui est au bas de la vi- 
gne. 

MURRET, petit mur. — , revêtement 
tenant lieu de plaque de cheminée. Voy. 
Cauhe-jKinse . — , banc de pierre à côté de 
la porte d'entrée d'une maison. 

MURTÈE, Murter, meurtrier: Qui 
aucid jurât, lo murtee deu morir. F. H. Qui 
tuejurat, le meurtrier doit mourir. Lomur- 
ter, IB. On disait aussi murtrer. ib. 

MURTI, meurtre : Ung liomi... aperabe 
ung autre de murti. F. b. Un homme aj)- 
pelait (accusait) un autre de meurtre. 

MURTRE ; même signification que le 
précédent. 

MURTRÈE, Murtrer ; voy. Murtèe. 
Au fém., murirère. Dans s. B. , ^wsoero.? e 
murtrerus, empoisonneuses et meurtrières 
(des sorcières]. Dans le texte imprimé, il 
y a, par erreur, ^w.soeroi e murtrerat. 

MURTRI, Murtrir, meurtrir. — , 
tuer: Vous toutz seratz murtritz . ps. Vous 
serez tous mis à mort, 

MUS, Muus, museau. Mus-gambilef. 
N. LAB. (Museau-gibelet), la taupe. — , air 
du visage, air de mauvaise humeur, mine, 
moue: Ha lou mus. Faire la mine, bou- 
der. Permetut nou-ns ey hrigalhe A taule 
de ha lou mus. lam. Il ne nous est pas per- 
mis de bouder à table. Da deu muus, Ps., 
faire des grimaces en signe de mépris. 
lia w mus de eu, c'est faire la plus laide 
des mines. Muset, musin, musot, musou, 
dim. Musas, aug. 

MUSC, musc : Coulou de musc, cou- 
leur brune. 



MUS 

MUSCADERE, fém. , espalier de rai- 
sin muscat. 
MUSCARDI, petit bonbon rond. 
MUSCLE, muscle, — , anc, épaule : 

Fq faut mes que totz los autes deu muscle 
en suus. ii. s. Il fut haut plus que tous les 
autres de l'épaule en sus (il les dépassait 
tous des épaules). — rayn., a traduit 
« Plus aut del muscle en amont que tots », 
par « plus haut de la tête en amont que 

tous. )) 

MUS-DE-LÈBE (museau de lièvre) : 
Paume de mus-de-lèbe, espèce de pomme 
allongée en museau de lièvre. — Dans le 
Rouergue, « môurre-de-lèbre. « vayss., 
Dicf. 

MUSEJA; même signification que 
Museya. 

MUSET (dim. de mus), museau. — , 
muselière ; voy. Musèu. 

MUSETA^ museler. 

MUSÈU, masc, muselière: loboiiia- 
rey a ma houque un museu. Ps. Je mettrai 
à ma bouche une muselière. 

MUSEYA, Museju, faire la mine, faire 
la moue. 

MUSICADOU, musicien. 

MUSICAYRE, adj., sonore, harmo- 
nieux : Lengue musicayre, langue sonore, 
harmonieuse. — , subst., musicien. — , mau- 
vais musicien. 

MUSIQUE, musique. Musiquete, mu- 
sicote, dim. Musicasse, aug. 

MUSIQUEYA, Musiqueja, faire de la 
musique. — , résonner comme une musi- 
que ; se dit du chant des oiseaux, du mur- 
mure de l'eau . — Musiqueya deu naz, (ré- 
sonner du nez), renifler. 

MUS-PRIM, museau, mine pincée; 
qui fait la petite bouche, qui a les lèvres 
pincées ; un dédaigneux, une dédaigneuse. 

MUSQUET, musc, parfum : Tons ves- 
timentz de musquet aulorejan. rs. Tes 
vêtements exhalent le parfum du musc. 

MUSQUETE , espèce de rose, rose 
muscade. 

MUS-SEC, museau, mine sèche; qui 
parle peu, a la parole sèche, est peu affa- 
ble. 

MUSTRA, Mustrar; voy. Moustra. 

MUSTRE, montre, étalage.—, appa- 
rences, dehors. — , échantillon, petite quan- 
tité d'une marchandise servant de montre. 
— , exposition : Ue mustre de tout so qu'y 
ha de mey beroy... de toutz lous pays dou 
mounde. lett. orth. Une exposition de 
tout ce qu'il y a de plus joli de tous les 
pays du monde. — , leçon, enseignement : 
Sa que mousseu régent, Quoand las mustres 
nous da, repète hèt souhent. n. past. Ce 



MUT 

que Monsieur le régent , quand il nous 
donne les leçons, répète bien souvent. 

MUT, Mud, muet: B'ères mèc ? Sies 
mut. NAv. Tu étais bègue ? Sois muet. La 
vestie muda parla. H. s. La bête muette 
parla. 

MUTA(Aspe) ;même signif. C[y\eMucla. 

MUTATIU, enclin au changement : 
Rassa decoo mutatiu. PS. Race au cœur 
changeant. 

MUTE, meute: Au debant... la mute 
que-s tourneye. pey. En avant (des chas- 
seurs) la meute tournoie . 

MUTE (Aspe), mue ; le moment de la 
mue. — Voy, Made à Mudance. 



MUY 



89 



MUTESSE, fém., mutisme. 

MUTEYA, Jluteja, faire le muet ; ne 
dire mot, garder le silence . On dit aussi 
mude)fa, niudeja. 

MÙUS ; voy. Mus. 

MUXA , Mucha ; Muxar , montrer : 
Muxe-iH so qui lias hèyt. Montre-moi ce que 
tu as fait. No los muxarelas hulhes.AUcn. 
Il ne montrerait pas les bulles. — , montrer, 
enseigner: Mucha lou catéchisme. F. Egl. 
Enseigner le catéchisme. — Voy. Aumxa 

M U Y O Ù , Mujou, M I O U (Aspe) , 
moyee. — , le jaune de l'œuf. Dansla vallée 
d'Aspe, on dit miou ou miau de Voeu. — 
Vov. Miole. 



N 



N 

N, à la fin des mots, après les voyelles 
a, e, i, ne se prononce pas comme dans 
les mots français « ban, bien, vin. » 

Dans les mots béarnais tels que dan, 
ils donnent : hen, vends, beroui/'m, joliet; 
la. finale 11 sonne, de même qu'en français, 
aux mots « faner, énumérer, ruiner », fan- 
er, éft-umérer, ridn-ev. 

La consonne n est muette dans les sub- 
stantifs carn, chair; coni, corne; hourn, 
four ; jorn, joui". 

n médiale des radicaux latins disparaît 
dans un assez grand nombre de dérivés 
Ijéarnais: Paa, hil, plee, etc., de << panem, 
vinum, plenus, etc. », pain, vin, plein, etc. 
On voit dans ces mots que la voyelle qui 
précède \'n des primitifs est doublée dans 
les dérivés après la chute de la consonne. 
Ce doublement de voyelle, significatif de 
la disparition de Vn, n'a pas lieu dans lue, 
prue, ue, lune, ])rune, une ; lat. » luna. pru- 
iiimi, una. » On écrit cependant diluus, 
lundi ; « lunîc dies. » 

Dans le corps de plusieurs de nos mots 
(jui ont n après la voyelle composée ou, 
cette consonne disparaît souvent : Brlu- 
hunayre, joueur de violon; cansounayre, 
ransounè, chansonnier; carhouiiayre, car- 
liounè, charbonnier; sounadou, sonneur; on 
(lit aussi sans n (en prononçant o comme 
ou) briuloayre, camoayre, rausoè, carhouy- 
re, carhoè, soadou. — Cf. Grain, béarn., 
2« édit., p. 80-1. 

N; voy. En, jjronom. 

N', négation non, ne, élidée. N'at dilz 
jKis. Il ne le dit pas. 

N', Na; voy. En, ena, particule em- 



NA. 

ployée pour désigner l'homme, la femme 
noble. 

Naas ; voy . Naz . 

NABAL, neuvième : Deic nahal jorn 
dejulh. ARCU. Du neuvième jour de juil- 
let. Aujourd'hui naubième. 

NABALESES, Nabarreses; on dit es- 
quères nabaleses ou nabarreses pour dé- 
signer les clochettes des mules qui mar- 
chent en tête d'un convoi venant de Na- 
varre, d'Espagne. 

NABANTE , nouante , quatre-vingt- 
dix : Pagar la some de nabante francvs . 
ART. Payer la somme de quatre-vingt-dix 
francs. Anncya m iiii" nabante e très. bar. 
L'an mil quatre cent quatre-vingt-treize. 

NABANTENE, fém., environ quatre- 
vingt-dix. 

NABANTEYA, avoir quatre-vingt- 
dix ans ; se dit de celui qui va être ou est 
nonagénaire. 

NABARRESES ; voy. Nabaleses. 

NABE, fém. de nau, nouveau, neuf. 
— , anc. subst., nouvelle: Los mcsadf/ees 
(niessadgees)... comensan a. rontar las na- 
bes . H. s. Les messagei's commencèrent 
(se mirent) à raconter les nouvelles. 

NABÈG : vov. X,i/'rt. 

NABENE, NAUENE ( Vic-Bilh ) , 
« neuvaino », nombre de neuf ou environ. 
— , ueuvaine, espace de neuf jours pen- 
dant lesquels on fait un acte de dévotion : 
Ere anat per far nahme a N -D de Sar- 
rance. Auril. U ('(ait alh; faire une neu- 
vaino à Nolro-Danic do S;irrance. 

NABERAA. Naverar, uovale. terre 
nouvellement défrichée : La desine deus 



90 



NAD 



naveraas deu casteg de Pardies. arch. 
La dîme des novales du château de Par- 
dies. Devers a Moss.. vi morlaas per un 
naverar. enq. Redevance à Monseigneur 
de six. sous morlaas pour une novale. 

NABERAMENTZ, nouvellement, ré- 
cemment: Hom'is naveramentz manatz pec 
armar. R. Les hommes récemment com- 
mandés pour (s') armer. Naueramentz (Vic- 
Bilh). — Voy. Noherameniz. 

Nabes, couteau : Lhehe nabes a un ju- 
rât en guise que l'aucit. F. b. Il lève le 
couteau sur un jurât de sorte qu'il le tue. 
— Esp. « navaja. » — Lat. « novacnla. » 
NABÈT, NAUÈT (Vic-Bilh), Nabeg, 
nouveau : So de nahèt (ce de nouveau). 
ce qui est nouveau. So de nahèt qrt'ey bèt. 
PB. H. Ce qui est nouveau est beau. — 
En vieux fr., « De novel semble bel. » l. 
R. DE LTNCT, Prov. — La rose nahere. 
DESP. La rose nouvelle (qui vient d'éclore). 
Cum naveg senhor en la terre d'Ossau en- 
irara. F. B. Quand le nouveau seigneur 
entrera dans la terre d'Ossau. Nahet Tes- 
tament; Testament Xabeg. H. s. Nouveau 
Testament. Voy. Nouhèu. — Goaratz 
aquet effant nahèt En ue estahle au loc d'u 
hètcastèt. noel. Voyez cet enfant nouveau 
(ce nouveau-né) dans une étable au lieu 
d'un beau château. — . adv., nouvellement: 
Auprès d'u gros pastou, députât per Os- 
sau, u senhou nahèt hèyt qu^ère segut a 
taule. P. Auprès d'un beaupasteur, député 
par Ossau, un seigneur nouvellement fait 
(un anobli de fraîche date) était assis à 
table. 

NABETE, Nauete (Vic-Bilh), navette 
de tisserand, puy. — Voy. Lansadere, 2. 
NABIU, navire : U nahiu sens gouhèr- 
ne hourrouraheyat t'aci, faquin. . .iM. Un 
navire sans gouvernail ballotté deçà et 
delà. . . Se sauhan dehens l'arche Qui da- 
hant lou deludge habèn hèyt en nahiu. F. 
Egl. Se sauvant dans l'arche qu'avant le 
déluge ils avaient fait en (forme de) na- 
vire. Rompndz son estatz en la sorta Que 
nav'ms per tempesta horta. PS. Ils ont été 
rompus comme des navires par la tempête 
violente. 

NACHE ; voy. Naxe . 
NACHENSE ; même signification que 
Naxense . 

NADA, Nata (Aspe, Baretous), nager: 
Nou eau pas amucha A hilh de guite de 
nada. PR. H. Il ne faut pas enseigner à 
nager à fils de cane (à caneton).— « Il ne 
faut pas enseigner les poissons à nager. » 

G. MEURIER, XVI® s. 

NADADÉ, Nataté, lieu où l'on peut 
nager. 



NAF 

NADADE, Natale, nagée, espace que 
l'on parcourt en nageant à chaque impul- 
sion donnée par le mouvement des bras 
et des jambes. 

NADADERE, Natatere, nageoire. 
NADADOU, Natatou, nageur. Naday- 
re, Natayre, qui nage par habitude, par 
goût. 

N AD A L E T , Natalet ( dim. de Na- 
dau, Natazi , Noël), masc, la semaine 
avant la fête de Noël. 

N A D A U , Natau (Aspe, Baretous), 
Noël : La noeyt de Nadau en Vestahle de 
Bethléem, cat. La nuit de Noël dans l'éta- 
ble de Bethléem. Hoey, moun Diu, quin 
grandie! Qu'ey hèste de Natau. H. peu,. 
Aujourd'hui, mon Dieu, quel grand jour ! 
C'est la fête de Noël. — Lou catsau de 
Nadau, la grosse bûche que l'on met au 
feu la nuit de Noël. Réunie autour du 
foyer, la famille chante : Ckintem Nadau, 
maynades; cantem Nadau au corn deu hoecf 
Mingem quauques iroles, Behiam hèt gou- 
tet! Chantons Noël, enfants; chantons 
Noël au coin du feu ! Mangeons quelques 
châtaignes rôties, buvons un bon petit 
coup. Eres iroles de Nadau. Les châtai- 
gnes rôties de Noël. Voy. Irole. — Na- 
dau-Nadalet, Noël et les jours qui pré- 
cèdent : Perqué l'array a Pasque, E la 
nègre ternpourre a Nadau-Nadcdet? SEi. 
Pourquoi le rayon (le soleil) à Pâques, 
et le temps noir aux jours de Noël ? — 
Nadau au sou, Pasques au tisou. pr. h. 
Noël au soleil, Pâques au tison. « Nouvè 
au jo, Pasco au fiô. >> Armana prouv . 
« A Noël au balcon, à Pâques au tison. » 
PLUQUET, Contes, etc., p. 124. — Nadau e 
Sent- Jan Peu miey que hèn l'an. pr. h. 
Noël et Saint-Jean par moitié font (divi- 
sent) l'an. En provençal: « Jan e Jan 
Parton l'an. » Armana prouv. Jean et Jean 
partagent l'an (Saint-Jean, évang., 27 
déc, Saint-Jeau-Baptiste, 24 juin). — En 
Chalosse, la veille de Noël, on allume des 
feux de joie, halhes. Des enfants, avec des 
torches au bout de grandes perches, cou- 
rent en criant : La halhe de Nadau ! La 
tripe au pau, Loup)orc au salin! Coaratye, 
besin ! Le feu de joie de la Noël I Le bou - 
din au pieu , le porc au saloir ! courage, 
voisin! — Voy. Ahum! Ahum ! 
NADAYRE ; voy. Nadadou. 
NADITZ; même signification que 
Naritz. 

NADIU; voy. Natiu. 
NAFFRA, Naflfrar, meurtrir, bles- 
ser : Han battit... naffrat un homi. ARCH. 
Ils ont battu, meurtri un homme. Lo naf- 
frat, le blessé : Lo naffrat mori-s. ib. Le 



NAS 

blessé mourut. — Naffrat (Mont.), carié. 
— Cat. « naffra. » — En fr. moyen âge, 
o nafrer », blesser; Scandinave, nafar, 
instrument tranchant. A. brachet, Dlct. 
étym., au mot « Navrer. » 

NAFFRE, meurtrissure, blessure. — 
(Mont.), carie. 

NAICADE, dans F. Egl. ; voy. Gna- 
cade. 

N A I X E R ; même signification que 
Naxe. 

NALH (vers l'Armagnac); voy. Nay . 

NAN, nain. C'est mettre bien bas les 
gens de petite taille que de les appeler 
tros de nan, tros de nane, tronçon de nain, 
tronçon de naine. Nanet, nanin, nanot, na- 
nou,dim. — Cahoulou nanet. n. lab. Très- 
petite tête. — Voy. Nenet. 

NANE (Osse), terme familier, mère. 

— Esp. « nana », femme mariée, mère. 
NANI, nenni. Se dit respectueusement 

au liau de nou, non. 

NAP, navet : Los naps e arrahes. F. n. 
Les navets et raves.— Lat. « napus. i> 

NAP, bourbillon, corps filamenteux , 
blanchâtre et tenace, qui existe au fond 
d'une tumeur, d'un furoncle. 

NARIQUEJA. Nariqueya, nasiller. 

— Voy. Nasiqueja. 

NARITZ, Naditz, Narh, Nadiz, na- 
rine : Qit'èy audit r/ran hrounitère Soii fou- 
bac elasnaritz. lam. .J'ai entendu grand 
bruit (beaucoup de couplets) sur lo tabac 
et les narines, /.ous oelhs, las aurelhes, las 
naditz. cat. Les yeux, les oreilles, les na- 
rines . De sas naritz salhiha ;/ran liumada. 
PS. De ses narines sortait une grande fu- 
mée. 

NARRA, Narrar, narrer, rapporter: 
Narrahen las Escr'iptures Sanctes. F. Ef/l. 
Les Saintes Ecritures rapportaient. T)i- 
xon, narran... ARCH. Us dirent, ils rap- 
portèrent... . 

NAS ; voy. Naz. 

NASCUT, participe passe du verbe 
Naxe, naître: La segonte... ère nascude. 
E.NQ. La seconde (fille) était née. 

NASITORT, nasitort, le cresson alé- 
nois. — Esp. " mastucrzo. » — Lat. « nas- 
turtium ; de nasus, torqueo. » quicheuat 
et DAVELDT, Dlct. lat. — « Nasus, no/, ; 
torquere, tordre ; parce que l'odeur de cette 
plante fait étcrnuer. » dhscherellk, 
Dict. 

NASPRE ; voy. Nespre. 

NASSE, nasse, petit filet poui- la pi"'- 
che ; il est de forme coni(pie, soutenu par 
de petits cerceaux d'osier. — , barrage de 
pêcherie : Traversai' lo Gohr d'inir ;/«s.se 
per servir a la pesque ; 1G44. p. r. Tra- 



NAT 



91 



verser le Gave d'un barrage pour servir à 
la pêche. Nassa quam faciitnt in fluminp; 
1200-12. c. 8. Le barrage qu'ils font à la 
rivière fie Gave d'Oloron). 

NAT, fém. nadej adj. et pronom, au- 
cun, aucune: Nat homi, aucun homme, 
7iade hemne, aucune femme. Nou-n y ha 
nat. lln'y en a aucun. Si la proposition 
où il est employé n'est pas négative, nat 
signifie quelque, quelqu'un, — Si mon 
Tiaurés hèyt nade ? lam. Si tu m'en aurais 
fait quelqu'une ? (m'aurais-tu joué quel- 
que tour ?) — « Nat est le mot latin na- 
tus qui a pris, par l'ellipse de la négation 
et par l'usage, une latitude de .significa- 
tion tout-à-fait singulière. A cette ques- 
tion : — Combien d'hommes y a-t-il dans 
cette maison? Le gascon qui répond : — 
A^«^, fait cette ellipse : Nou pas nat liome, 
(pas un homme) ; en latin : — Non ullus 
natus homo, ou, plus simplement, naius 
nemo.. Les Latins, en effet, par une sorte 
de pléonasme, employaient le participe 
passé 7ia<MS dans les phrases de ce genre. 
J'en donnerai pour exemple un vers de 
Plante. Theuropides, revenant d'un long 
voyage, s'étonne que sa maison soit fer- 
mée, et que personne ne lui réponde et 
ne vienne lui ouvrir la porte. Apercevant 
sur la place Tranion, l'un de ses esclaves, 
il lui fait ce reproche : « Foris ambulatis : 
natus nemo in œdibus servat. . . » Ce qui 
peut se traduire littéralement en gascon : 
Bous p)roumenatz dehoro, e nat home nou 
(louardo dens lamuysoun. » l. couture, 
Revue d'Aquitaine, i, p. 469. — Le vers 
suivant du Pocnie du Cid et la note qui 
l'accompagne, édit. Dnmas-Hinard, con- 
firment l'opinion de M. L. Couture: 
« Que a mio Cid Ruy Diaz que nadi hol' 
diessen posada », Que à mon Cid Kuy 
Diaz personne ne lui donnât asile. Ce qui 
est ainsi annoté : « Nous avons été amené 
à jienser que, dans le principe, le mot nadi 
avait dû être le pluriel d'un subs. latin al- 
téré : natl, les hommes nés. — Dans 
Villon, « homme né» est employé comme 
notre nat homi: « Car alors n'étoit homme 
né Qui tout le sien ne ni'eust donné. » 
NAT, participe passé du verbe Na.xe. 
naître : Enfans natz e a naxer. enq. En- 
fants nés et à naître. Sa prumcrenade a 
xv!i ans. Sa (fille) première née a dix-sept 
ans. 

Natatorie, piscine : En nquere nata- 

ttirie f(i t/eldt. H. S. 11 fut jeté dans cotte 

piscine (de Siloë). — P -C. « natatoria. » 

NAT AU; voy. Nadau. 

NATIBITAT. nativité : Apres la sue 

Natibitat, vicncon Los m reys Mages. H.s. 



92 



NAU 



Après sa Nativité, vinrent les trois rois 
Mages . 

NATIU, Nadiu, natif: Atigun no pot 
estar arhnetutenl'officy de jurât en loujire- 
sent pays, que nou sie filh natiu dequet. 
V. R. Nul ne peut être admis en l'office de 
jurât dans le présent pays, qu'il n'en soit 
natif. Bernât Pomarede, de Ponteac, nadiu 
de Ponssoo. arch. Bernard Pomarede, 
de Pontiac, natif de Ponson. 

NATRÉ (comme nature); se dit d'une 
ressemblance, d'un portrait. Un fils qui 
est la vive image de son père, est lou pay 
tout natre. 

NATURAL; voy. Naturau. 

NATURALEMENTZ ; voy. Natu- 
raumentz. 

NATURAU, naturel: Filh leyau e 
naturau. art. Fils né en légitime mariage 
(et non, comme en fr., « enfant naturel. », 
— , subst. , enfant, fils ou fille : Soos natu- 
ratissïenleyauso horcz.k^cn. Ses enfants 
qu'ils soient légitimes ou bâtards. — , pa- 
rents : Loc qui es son o 2>er son pay o j^er 
sa may o j)er sons naturaus . F. B. Le lieu 
qui est sien ou par son père ou par sa 
mère ou par ses (autres) parents. — Na- 
tural,Ancu. M., originaire de. — Jorn na- 
turau, ]o\iv naturel, par opposition aujour 
civil de vingt-quatre heures: Los tenguo 
fentz lo casteg lo termi de ung jorn natu- 
rau. bar. Il les tint (enfermés) dans le 
château pendant tout un jour (du matin au 
soir). 

NATURAUMENTZ, Naturalementz, 
naturellement. 

NATURE, nature : Dues natures. 
II. s. Deux natures (la nature divine, la 
nature humaine) . Diu holo reparar imture 
humana. IB. Dieu voulut régénérer la na- 
ture humaine. — Ni per labe ni per cure, 
Si nou bié de, nature, prov. Ni par la- 
vage ni par fourbissure, si ça ne vient 
pas de nature. Au sens du proverbe hin- 
dou : « On a beau laver le charbon, il ne 
blanchira pas. » 

NATUREL et l'adv. Naturèlemeniz se 
disent, en « béarnisant » le français, au 
lieu de Naturau, Naturaumentz . 

NAU, nef, navire : La nau sus maa 
sensgobern. arch. La nef (le navire) sur 
mer sans gouvernail. — , bateau, bac: La 
nau de Laas. dict. Le bac de Laas (sur 
le Gave d'Oloron). Los naulees dehen de- 
mora a las naus despux l'auba deu jorn 
entro Vauba de la noeyt. F. H. Les bate- 
liers doivent rester aux bacs depuis le 
.point du jour jusqu'au crépuscule du soir. 
— , nef d'église: Totes las frinestas, tant 
de la gran nau cum de las caperas, sercm 



NAU 

depeyra marme. art. Toutes les fenêtres, 
tant de la grande nef que des chapelles, 
seront de marbre . 

NAU, fém. iiabe, neuf, neuve : Bestit 
de nau, ou nau-hestit, vêtu de neuf (d'ha- 
bits neufs). Oun nou p)ot ha barriques na- 
bes Dab doèles bielhes. prov. On ne peut 
faire des barriques neuves avec de vieilles 
douves. Au sens de « vieille maison à ré- 
parer, c'est toujours à recommencer. )> 
G. MEURIER. Camii-nau, chemin-neuf; voy. 
Camii. — , nouveau: Que y-ha de nau? 
Quoi de nouveau? — Voy. Nabe, subst., 
nouvelle. — , inexpérimenté, niais, sot: 
Nau, coum u toupi de Garos. d. b. Neuf 
(sot) comme un pot de Garos. En fr. 
« Bête comme un pot. » — Languedocien : 
« Neci coum un toupi. » de sauvages. — 
Voy. Toupi. 

NAU, adj. num., neuf: A Hiaas, sept 
oelhetes e nau caas. d. b. A Féas, sept 
brebiettes et neuf chiens. Il y a dans cette 
commune des gens d'excessive précaution: 
ils ont neuf chiens pour la garde de sept 
petites brebis. Nau sols per lour salari. 
p. R. Neuf sous pour leur salaire. — , neu- 
vième : Feyt a Morlaas lo nau jour de 
mars. IB. Fait à Morlaas le neuvième jour 
de mars (1468). 

NAU-BESTIT ; voy. Nau, 2. 

NAUBIÈME ; voy. Nabal. 

NAULA, naviguer, aller sur l'eau; se 
dit d'un bateau (nuit), de ce qui va comme 
un bateau: La trotqye houleyante s'enanabe 
toute naulante. lac. La troupe (des cane- 
tons) folâtrant s'en allait sur l'eau. ," 

NÀULA, faire le bandage d'une roue. 
— Voy. le suivant. 

NAULE, bande de fer, pièce de ban- 
dage d'une roue. 

NAULADE , fém., transport sur un 
bac ; voy. nau, 1 : Per miulada de bestiaa 
menut. . . quoatc arditz. r. h. Pour trans- 
port sur le bac de menu bétail (on paye) 
quatre liards. 

NAUL.ADGE, Naulatye, naulage. — , 
passage sur un bac, payement pour le pas- 
sage : Reys d'armes, heraultz o trompetes, 
son francs de mauladges. F. h. Rois d'ar- 
mes, hérauts ou trompettes, sont exempts 
de péage sur les bacs. 

NAULÈ, Naulèe, Nauler, batelier : 
Demanda au naulè deu ha passa, gram. 
Il demanda au batelier de lui faire passer 
l'eau. A Gobe gros, si y-ha besonh dus 
naulees, quoate arditz. F. H. A Gave gros, 
s'il y a besoin (s'il faut) deux bateliers, 
(on paye) quatre liards. Dans dén., ému- 
ler et neuler . 

NAURI, NAURIDOU ; voy. Neuri, 
Neuridou . 



NAZ 



NAZ 



93 



NAURIGAT, NAURISSE ; voy. 

Neuriyat, Neurifise . 

NAUT, NAUTOU ; même significa- 
tion que Haut, Haulou. 

NAUT AT (nouveauté), primeur. — , 
chose rare offerte en présent. 

NAXE, Ndche, Naxer, Naixer, naî- 
tre : Enfans natz ea mixer, enq. Enfants 
nés et à naître. Aquest qui de tu naxerii. 
H. s. Celui qui de toi naîtra. Nascou, anc. 
nasco, il naquit. Jhesu-Xrïst nasco en Beth- 
lern. ib. J.-C. naquit à Bethléem. Nascut 
es hoey lo Salhador en la chitat de David. 
IB. Le Sauveur est né aujourd'hui en la 
cité de David. Api-es una o tropas fillias, 
si naix un filh mascle. F. B. Si un fils naît 
après une ou plusieurs filles... — (Dans 
un Noël on s'étonne que le Sauveur soit 
né dans une étable et non dans un ma- 
gnifique château tel que celui de Bidache. 
— Bidache, arrond. de Bayonne, était une 
souveraineté appartenant aux Gramont): 
Qui at hauréjamey dit, puixsque bous de- 
bètz nache, Que nliauretz pas chausit Lou 
castèt de Bidache \ noel. Qui l'aurait ja- 
mais dit, puisque vous deviez naître, que 
vous n'auriez pas choisi le château de Bi- 
dache! Dans J. -F. Samazeuil, iVote Je r/edu; 
voy. en Gascogne, on trouve cette variante 
des premiers vers: Jésus, souy eshausit, 
Quoaiul ahetz boulut natche, etc. Jésus, je 
suis ébahi, lorsque vous avez voulu naî- 
tre, etc. 

NAXENSE , Nachense , naissance. — 
Vov. Nexense. 

NAY, NAYS, foin tombé le long de la 
ligne qu'a suivie le faucheur : Perqu'ey 
tant dous l'araiii de l'herbe hens lou nay ? 
N. LAB. Pourquoi est-elle si douce la sen- 
teur de l'herbe dans le (( sillon de » foin 
fauché ■? — Voy. Nalh. — Cf. littré, 
<( Andain. » 

NAYA, NAYE ; môme signification 
que Nazeda, Nazede. 

NAZ, Nas, nez : La houque débat lou 
naz. La bouche sous le nez : Jhdjè couin 
toutz la bouque débat lou miz. Avoir comme 
tous la bouche sous le nez. Se dit |)rover- 
bialemeut pour signifier : être comme tout 
le monde. Nazct, nazin, nazot, nazou, dim. 
Nazas, aug. Deu ven[t\ de son naan. PS. 
Du vent de son nez (du souffie de ses 
narines). — Dou naz tau imt, Si iney ne 
pot; (Orthez). puov. Du nez jusqu'à la 
lèvre, si davantage il ne peut. « Mieux 
vaut peu que rien, » Nou-s Icxa manca 
deuimzau vienlou. Ne se laisser manquer 
du nez au menton (se faire respecter, no 
pas permettre le moindre manque de res- 
pect). — Que hè oumbre de-d-hore lou naz. 



Le nez fait ombre de bonne heure. Dans 
le langage des laboureurs, au sens de : 
le soleil descend vite, les journées sont 
courtes. Xas de courbas. Nez de corbeau ; 
« nez de bec-à-corbin. » Nas de gahus . 
Nez de hibou (vilain nez court). Nas de 
piquepout. Nez (enluminé) de vin ; voy. 
Piquepout; nez d'ivrogne, belle trogne. 
Nas de toubaquère. Nez de tabatière ; nez 
de fort volume ; un priseur qui bourre 
son nez de tabac. Naz Ihebat. Nez levé, 
un « nez au vent » ; se dit particulière- 
ment d'une personne hardie, imperti- 
nente. — Lou naz de l'esclop. Le nez (la 
pointe recourbée) du sabot ; lou naset, le 
bout de cette pointe. — Lou naz de Ra- 
bastens. Le nez de Rabastens. Par ces 
mots on désignait le fameux capitaine 
gascon, Biaise de Montluc. Au siège de 
Rabastens, il avait été blessé au nez d'un 
coup d'arquebuse qui l'avait « dévisagé. >> 
On lit dans Brantôme, Vie des Hommes 
illustres : « Au siège de La Rochelle 
(1573), un soldat gascon qui se ti'ouvoit 
dans la \^lle vint un jour sur les remparts 
et demanda s'il n'y avoit point là quel- 
qu'un de son païs à qui il pust parler. 
Le duc de Guise ayant envoyé le capitaine 
Bernet, gentil soldat parmi nos bandes, 
le Gascon lui demanda quels seigneurs et 
quels princes il y avoit là et si Monsieur 
de Monluc y estoit? L'autre luy répondit 
qu'ouy. Soudain il répliqua : Et lou naz 
de liabastain comment va ? L'autre luy 
répondit que bien, et qu'il estoit encore 
assez gaillard pour faire la guerre à tous 
les huguenots, comme il avoit fait. Ah ! 
dit l'autre, tousjours en son gascon, nous 
ne le craignons plus guère en son toure 
de luiz, car le bouhomme en portoit tou- 
jours un comme une demoiselle, quand il 
estoit aux champs, de peur du froid et du 
vent qu'il ne l'endomageast pas d'avan- 
tage. » — Grate-t lou luiz, gratte-toi le 
nez. Se dit aux gens qui prêtent à rire 
pour avoir été désappointés : Dominique, 
Minye inique; Si nou-nhas, Grate-t lou naz. 
Dominique, mange de la miche ; si tu n'en 
as point, gratte-toi le nez. 

NAZADE, uasarde, coup sur le nez, 
chiquenaude. — , déception, « un pied do 
nez. » 

NAZARÈT, usité dans le langage po- 
pulaire, avec le verbe ha, faire : Jfa na- 
sarrt, rejeter par le nez une partie de li- 
quide mal avalé, 

NAZEDA, .Xaya, passer un fil de for 
au l)oul du groin pour emix'cher le [lorc de 
fouger. 

NAZEDE, Noyc, fom., lo fil de for 



94 



NEB 



passé au bout du groin. Voy. le précédent. 
NAZETE, petite bande de fer dont on 
garnit la pointe du sabot, lou nas de l'es- 
clop. 

NAZICAYRE, nasillard. Pour se mo- 
quer de l'individu qui nasille, on le traite 
de mauvais musicien: Nazïcayre, musï- 
cayre. 

NAZIQUEJA, Nazlqueya, nasiller. 
— Voy. Nariqueja. 

Ne, pour na aphérèse de ena, fém. de 
la particule En, ena. 

NE (Aspe), pour ner. noir : Malh ne, 
mont noir. — Le Monné (Mont-né), H.-Pyr. 
(?). — Voy. Ner/re. 

NE; voy. En, pronom. 

NE ; voy. N'oit, Ni. 
NEAUMENHS , néanmoins ; dans 
p. R. , necnimeim. 

NEB A, neiger : Quoand nèbe, quand il 
neige ; nebabe, F. B., il neigeait. Per neba 
(par neiger), pendant la saison de la neige, 
pendant l'hiver. 

NEBADE, neige qui tombe, couche de 
neige. — , l'hiver: Après la gran nebude 
Lou beroy mees d'abriu Hèfounde la ge- 
lade. F. LAB. Après la grande couche de 
neige (après l'hiver), le joli mois d'avril 
fait fondre la gelée. — Ue nebade abantz 
Nadau Bère hemade e mes que bau. pr. h. 
Une couche de neige avant Noël vaut une 
« étendue de fumure » et davantage. 

NEBALHA, neiger peu et par mo- 
ments. dit aussi nebasseya. 

NEBALiHE, neige qui tombe en petite 
quantité et avec intermittence. 

NEBASSADE, neige qui tombe en 
grande quantité, épaisse couche de neige. 

NEBASSEYA; vov. Nebalha. 

NEBASSOUS, neig'eux : Temps nehas- 
sous, temps neigeux. 

NEBISCO"[JS ; même signification que 
le précédent. — Vov. Nebous. 

NEBOUDALHÉ, fém. sing., tas de 
neveux; neveux et nièces pleins de con- 
voitise, de (vrais diables) : Neboudalhe, 
Diahloutalhe. PROV. 

NEBOUDE, Nebode, nièce. 

NEBOUS, neigeux. Plomje nebouse, 
pluie chargée de neige. 

NEBOUT, Nebot, neveu : Neboutz e 
neboudes, Loups e loubes . prov. Neveux 
et nièces, loups et louves. Même proverbe 
dans le Rouergue. — Neboutz, nebotz, des- 
cendants, postérité : Retz las maliclcs deus 
pays en los filhs e ans nebotz entro tersa e 
coarta (quoarta) generatioo. H. s. Tu rends 
(tu punis) les iniquités des pères sur les 
enfants et sur leur prostérité jusqu'à la 
troisième et la quatrième génération. 



NEG 

Nec^ dans la locution a nec, par néga- 
tion, en niant : Responer a nec o a confès. 
F. B. Répondre par la négation ou par 
aveu (par non ou par oui). 

NECÈRE, nécessité, manque des cho- 
ses les plus néces^ires à la vie. Passa 
necère; être dans le besoin, être misérable. 
— Voy. Passa. 
NECEROUS, nécessiteux, misérable. 
NECESSARI, nécessaire: Causes 
qu'i-m soun absoludement necessarls. im. 
Des choses qui me sont absolument néces- 
saires. 

NECESSITAT, nécessité. —Passa 
nécessitât, être dans le besoin, être misé- 
rable : Saubatz. . . lo qui nécessitai passa . 
PS. Sauvez le misérable. -- Voy. Passa. 

NECESSITO"DS, nécessiteux.— Voy. 
Necerons. 

NÈCHE, NECHENSE ; voy. Nèxe, 
Nexense . 

NEGA, Negar, noyer :Abise-t-y, que-t 
neguï, si m'affrountes. gram. Prends-y 
garde, je te noie si tu me trompes. Lo 
seignour de Mïussens los cassa, en tua, en 
fe negar grand nombre feus lo Gabe. arch. 
Le seigneur de Miossens les chassa, en 
tua, en fit noyer grand nombre dans le 
Gave. — Que s'y ha negat uehemne. Une 
femme s'est noyée. Se dit proverbialement 
lorsqu'il pleut depuis longtemps. — Negat 
deplous. DESP.. Noyé de pleurs, fondant 
en larmes. — Nega la proube liens lou coyt. 
LETT. orte. Noyer la })Oussière dans le cou 
(la gorge). Boire après le travail. 

NEGA, Negar, nier: No pot esser ne- 
gat lo damnau senhor F. B. Le dommage 
ne peut être nié au seigneur. Negaa Dm 
es ço que son coop)ensa. PS. Nier Dieu est 
ce que son cœur pense (toutes les pensées 
du méchant sont qu'il n'y a point de Dieu). 

NEGABLE, niable. 

NEGADOU, celui qui nie. 

NEGAMENT, déni : Patz en dopte per 
negament de partide. F. b. Paix (mise) 
en doute par déni de partie. 

NEGATIOIJ, Négation, négation. 
— , reniement : Las négations qui sent Pee 
fe. H. s. Les reniements que saint Pierre fit. 

NEGLIGE, masc; même signification 
que Négligente. 

NEGLIGENCE, Negligencie, Negli- 
yence, négligence. 

NEGLIGENT, Negliyent, négligent. 
Negligentot, dim. Negligentas, aug. 

NEGLIGENTE, masc, l'habitude, 
le défaut, l'excès de la négligence. 

NEGLIGENTEMENTZ , Negliyen- 
tementz, négligemment. 

NEGLIGENTOUS, qui a l'habi- 



NEG 

tude, le défaut excessif de la négligence. 
NEGLIGENTOUSAMENTZ, avec 

excès de négligence. 

Negligir, 

NEGLIJA, Neglhja, négliger. 

NEGOCI, négoce.—, affaire: Totz ne- 
gocislaixafz. F. B. Toutes affaires laissées 
(toute affaire cessante). — , procès: Lo 
negoci qui s'a a jwhjar. iB. Le procès qui 
a à se juger (qui doit être jugé). — Nego- 
cis, affaires, embarras, tracas. 

NEGOUT (vers la Chalosse), au lieu 
de Nehout. — Voy. p. 77, g pour h. 

NEGRE, Nere, Ner, Ne, noir : L'ausèt 
de plaa méchant augure Qu'ey aquet nègre 
de courbas, nav. L'oiseau de bien mau- 
vais augure est ce noir corbeau. Arraslm 
nere, onnegre, raisin noir; cerises neres, ce- 
rises noires. — Drap ne (Aspe), drap noir. 

— La nègre tempourre a Nadau-Nadalet. 
SEi. Le temps noir aux jours de la Noël. 

— Dones e damiseles . . . deveti estur foies nè- 
gres. H. A. (Pour la cérémonie funèbre), 
"dames et demoiselles doivent être toutes 
noires (toutes vètr.cs de noir. — De Pegra- 
nere ent' Olourou, Que nou s'eg hèyt ue tau 
action, Ni d' Olourou ta Pegranere, Que 
nou s'y ha hèyt action taa nere. D. B. De 
Peyrenère jusqu'à Oloron, il ne s'est point 
fait une telle action; ni d'Oloron jusqu'à 
Peyrenère, il ne s'est fait une action aussi 
noire. A Peyrenère (pierre noire), tout 
près de la frontière d'Espagne, est une 
auberge de ce nom où des bandits ont 
commis plus d'un atroce méfait. — Voy. 
Ne, 2. 

NEGREYA, Nereya. tirer sur le noir, 
s'obscurcir. — , (obscurcir: Uè negreyala 
hère lutz dcu die. pey. 11 fait obscurcir la 
belle lumière du jour. 

NEGRILHOUS, Nerilhous, qui de- 
vient ou paraîtnoir ; qui commence à s'ob- 
scurcir. 

NEGROU, Nerou, Negroo, noirceur, 
obscurcissement. — , ténèbres: Mon Diu, 
tu hès clareia ma negroo ! ps. Mon Dieu, 
tu fais reluire mes ténèbres ! 

NEGROUS, Xerous, noirâtre. 

NEGU, Negun, nul: Negunjudgecn 
lacortno deuusar de malesse ; masjudyar 
segond Diu e hone conscience, e segqnd lo 
for e la costume de la terre. F. B. Nul juge 
en la cour ne doit user de ressentiment, 
mais juger selon Dieu et bonne conscience, 
et selon le for et la coutume du pays. — 
Amie de cadu. Amie dr negu. prov. (Dans 
PB. H., il y a, par erreur, degu au lieu do 
net/M). Ami de chacun, ami de nul. Ane. fr. 
« Amy de plusieurs, amy de nully. » g. 
MKURIER, xvi" s. — <' Qui sert commun, il 



NET 



95 



ne sert negun. » — Dans Molière : « L'ami 
du genre humain n'est point du tout mon 
Mt. » Mis. — H. ESTIENXE dit que « negun 
est des Espagnols. » Erreur: l'espagnol 
ninguno et notre negun viennent l'un et 
l'autre du latin « nec unus, » 

NEGUE-HOÙ, masc, petite barque. 
Dans le Tarn, « nego-fol », bateau de pê- 
cheur. GARY, Dict. Dans le Rouergue, 
« negofouôl », bachot, petite barque pour 
passer une rivière . « Ce mot signifie qui 
noie un fou, parce que, si l'on ne conduit 
pas un bachot prudemment, il chavire et 
noie l'imprudent qui ne sait pas le gouver- 
ner.» VAYSS., Dict. 

NÈN, fém. nène (Escot) , enfant qui 
vient de naître. Neneret, nènerete, dim. 

NENÉ, Nenc, petit enfant à la mamelli', 
enfançon, « bébé " : Lou nenè de la règne 
Jane Ha chucat lèytde la paysane. n. lab. 
L'enfançon de la reine Jeanne (d'Albret) 
suça du lait de paysanne. —, par déri- 
sion, un individu qui n'est pas beau, dans 
ce couplet populaire : Pierre de Laulh<\ 
Lou heroy maynatye, Pierre de Laidhè. 
Lou heroy nenè. Pierre de Laulhé, le joli 
garçon, Pierre de Laulhé, le joli « bébé. » 

NENERÈ, qui aime les petits enfants, 
leur chante des chansons, les fait sautei-. 
— Unenerè, en parlant d'un garçon, un 
Nicaise. 

NÉNERET; voy. Nen. 

NENET ; Diu nènet, le dieu enfant. — , 
Cupidon. 

NER; voy. Nègre. 

NÈRBI, nerf. 

NERBIOUS, nerveux, qui appartient 
aux nerfs. 

NERBUT, nerveux, musclé, vigou- 
reux : Lou bras... plaa nerhut. N. past. 
Le bras bien musclé. 

NERE, NERESSE ; même significa- 
tion que Ne'ive. Xegrau. 

NEREYA ; voy. Negreya. 

NERILHOU, masc, vescc à feuilles 
étroites. 

NERILHOUS ; voy. Ncgrilhous. 

NEROU. NEROUS ; même signifi- 
cation «pic Negrou, Xegrous. 

NËSCI, niais, imbécile. — , insensé: 
Si hoini nesci... aucit, no es (Mènent. F. B. Si 
un homme insensé tue, il n'est pas tenu 
(il n'est pas responsable). 

NESCUT (vers l'Armagnac); même 
signification que Nascut. 

NESQUE (Garlin), jeune fille. 

NE S PRE, Na.<prr, nèfle. — Esp. 
<( ncs|iora. » — Voy. Mrsjjle. 

NETE, Net, net, propre (oppose h 
sale) : Esta netc qu'ey la meytatde la san- 



96 



NEU 



NEU 



tat. D'' DEPAUL {Comice agricole de Mor- 
laas, 16 oct. 1882). Etre propre, c'est la 
moitié de la santé. — Carns bêles e neptes 
(netes). CH. d'orth. Viandes belles et 
nettes. — Ce qui, matériellement ou mo- 
ralement parlant, était ou devait être net, 
pur, sans aucun défaut, on le qualifiait de 
hèt, boo e nete, beau, bon, net : Maeste 
Pierrïs deu far Vobradge bel, boo e nete. 
ART. Maitre Pierris doit faire l'ouvrage 
sans aucune imperfection. Vos autes totz 
qui los coos habetz netz. Ps. Vous tous qui 
avez les cœurs purs. Jésus dit à ses dis- 
ciples : Vos etzja betz e netes per rasoo de 
mas j^alaures. H. s. Vous êtes déjà nets 
et purs à cause de mes paroles. 

NETEJA,Netejar, Neteya, nettoyer: 
Ana-m eu quauque loc neteya la camise. 
F. Past. M'en aller en quelque endroit 
nettoyer ma chemise. Esbrongar e neteyar 
lous cassons, arch. Ebrancher etnetttoyer 
les chênes. — , purifier : Deus maus. . . 
Neteya tonbaylet. ps. (Eternel,) purifie de 
ses fautes ton serviteur. — Neteya baxère. 
PROV. Nettoyer vaisselle. Manger de bon 
appétit ; ne rien laisser dans les assiet- 
tes. Le fr. à l'expression populaire « tor- 
cher un plat. » — Quoau es qui de la maa 
de la hossa-s neteia? ps. Quel est celui qui 
se nettoie (garantit son àme) de la main 
du sépulcre? — Sente Qwitèri d'Aubous. 
NeteyatS' nous! d. b. Sainte Quiterie d'Au- 
bous, nettoyez-nous ! L'eau de la fontaine 
de Sainte Quiterie, patronne de la com- 
mune d'Aubous, a fait, dit-on, i< des cures 
miraculeuses. » 

NETE JADE, Neteyade, fém., net- 
toyage. — , frottée, raclée. 

NETEJAMENT, Neteyament , net- 
toiement. — , pureté, purification. 

NETESSE, netteté. —, propreté. —, 
pureté. 

NÈU, neige : Lanèu, sus las pênes d'Os- 
sau, mantu cap bee s'ey desglarade. su?. 
La neige, sur les montagnes d'Ossau, 
plus d'une fois s'est détachée (s'est fon- 
due). U bèt palhat de nèu. Une épaisse 
couche de neige. Lanèu n ha pas hèyt pa- 
lliât. La neige n'a pas fait couche (neige 
tombée, neige fondue). — Lou bras blanc 
coum lanèu. N. past. Le bras blanc comme 
la neige. — Nèu deu conçut, c. Neige du 
coucou (neige qui tombe à la fin d'avril). 
— N^èu de heure n'ha pbe. prov. Neige de 
février n'a pied (ne tient pas). Variantes: 
Nèu de heure Nou hè paspèe. Neige de fé- 
vrier ne fait pas pied ; Nèu de heure. Si 
ha aie, na pas pèe. La neige de février, 
si elle a aile, n'a point pied. — a La neige 
qui tombe en février, la poule l'emporte 



avec son pied. » Prov. attribué aux Bass.- 
Pyr. dans les Prov. et dictons agricoles 
de France, p. 35. Voy. Tourrade. — Enigme 
dont le mot est la nèu, la neige : Daune 
de Nabalhes, Pertout hore sus et Gabe 
qu'esten tabalhes? Dame de Navailles, par- 
tout excepté sur le (cours du) Gave, étend 
des serviettes de table ? 

Neuler ; voy. Naulè. 

NEURI, Noyrir, nourrir : Quïn lous 
neuritz? — Couru nous, dab mesture. nav. 
Comment les nourrissez -vous (comment 
noumssez-vous vos enfants)? Comme nous, 
avec de la « méture. » Sera tengude neurir 
lors propris filh et filhe entro seran de adge 
chacun de se maridar. ART. Elle sera te- 
nue de nourrir (d'entretenir) leurs propres 
fils et fille, jusqu'à ce qu'ils soient chacun 
d'âge à se marier. — , allaiter : Henricou 
hou neurit per Jane de Lassensaa . Le pe- 
tit Henri fut allaité par Jeanne Lassen- 
saa. — , élever: Noyri lo Joade esconude- 
mentz. H. s. (Le grand prêtre) Joiada 
l'éleva secrètement. « Nourri, vous le sa- 
vez, sous le nom de Joas.» racine, Ath., 
IV, 3. — Neuri-s, se nourrir : Que-}) neu- 
ritz de l'arsenic deioplasé. serm. Vous vous 
nourrissez de l'arsenic du plaisir. — Nauri, 
Noiiri, Nouyri, se disent aussi fréquem- 
ment. 

NEURIDOU, Nauridou, Noilridou, 
nourrisseur, éleveur de bétail. 

NEURIGAT, petit d'animal à la mn- 
melle : La loube e sous neurigatz. La louve 
et ses petits. — , nourrisson: La loube, 
de Roume e lous sous neuigratz. sei. La 
louve de Rome et ses nourrissons (Ro- 
mulus et Remus). On dit aussi Naurigat, 
Nourigat. 

NEURIMENT, subsistance, nourri- 
ture et entretiep : No-t hassa crenhte, no, 
lo neurimen[t]. CH. pr. Que ne te fasse 
aucune crainte, non, la subsistance (sois 
sans crainte quant à la subsistance). 

NEURIS ; voy. Neurit. 

NEURISSADGE, Neurissutye, nour- 
rissage. — , allaitement d'un enfant. — , 
salaire de nourrice. On dit aussi Nauris- 
sadge, Noiirissadge . 

Neurissalhes, fém. plur., salaire de 
nourrice : Per las neurissalhes . . . enta la 
neurisse. arch. Pour le salaire dû à la 
nourrice. — Dans le texte neurisalhes, 
neurise . 

NEURISSATYE; voy. Neurissadge. 

NEURISSE, Naurisse, Noiirisse, nour- 
rice, femme qui allaite son enfant, femme 
qui allaite l'enfant d'une autre; voy. May- 
de-poupe. — Neurisse e lebrè Tienin tout 
u larè. Nourrice et lévrier tiennent tout 



NID 

un foyer. Impossible d'approcher d'un feu 
où se chauffent nourrice et chien. 

NEURISSÉ, nourricier, qui sert à la 
nutrition. — Pay ncurissè, père nourricier, 
mari d'une nourrice. On dit aussi nau- 
rissè, nour'issè. 

NEURIT, Neuris, nourrisson : Yanefe 
Lassensaa de soun neurit idaa fière. vign. 
Jeanne Lassensaa (nourrice d'Henri IV) 
bien fière de son nourrisson. Bee hragues, 
tu, Bearn, may-de-poupe besiade ! Bee hra- 
gues, qu'ey lou ton neuris. SEi. Tu es bien 
fière, toi, (terre de) Béarn, (ce vaillant) 
est ton nourrisson. — , petit d'animal à 
la mamelle : La laque e soun neur'it ou 
neuris. La vache et son veau. 

NEURITUT, nourriture : Deffence. . . 
de udininistrar (lucunc neuritut ans Bou- 
hemis, 1605. p. R. Défense de donner au- 
cune nourriture aux Bohémiens. 

Neutral, neutre; impartial : E>iser7iau- 
(rals... cum ajndges. arch. (Ils doivent) 
ôti'e impartiaux, comme il convient à des 
juges. 

NÉXE, Nèche (vers l'Armagnac); 
mémo signification que Naxe. 

NEXENSE, Nechense, naissance: Ptm 
qri'a dat la nechense Ad ïlenric, fanious 
rey. P. Pau adonnénaissance à Henri, fa- 
meux roi . Celebrem la nechense De nouste 
aymable Saubadou. noel. Célébrons la 
naissance de notre aimable Sauveur. On 
dit aussi naxense, nachense. 

NE YT, NEYTADE ; même significa- 
tion que Noeyt, Noeijtade. 

NEYTAilMENTZ (Mont), nuitam- 
ment. — Voy. Nocytaumentz. 

NI, ni. — , anciennement, et: Aura lo 
carc de far las baneres ni penoos ni cotes 
d'armes, h. a. Il aura la charge de faire 
les bannières et les pennons et les cottes 
d'armes. Ne pour ni s'employait aussi au 
môme sens. 

NID, nid : Oun a lou nid, la calle, Oun 
a lou nid ? CH. p. Où a le nid la caille, où 
a-t-clle le nid ? Maudit sie Vauserè Qui 
de ùnin nid lous te tiré ! NAV. (Pauvre hi- 
rondelle), maudit soit l'oiseleur qui de ton 
nid te les tira (qui t'enleva tes petits du 
nid) ! — Lous Amous... bee-y debin ha 
hirs nidz. II). Les Amours doivent y faire 
leurs nids — , nichée. — Nous uutz qui neu- 
rini taus nidz de feniantz. ID. Nous au- 
tres qui nourrissons telles nichées de fai- 
néants. Nidin, nidef, nidot, niduu, dim. 
Nidas, aug. — Clôt au menton, nidet... NAV. 
Fossette au menton, (charmant) jjetitnid... 

NIDA, nicher : Lous ausèyt: qui niden 
per aciu. lett. Ortii. Les oiseaux qui 
nichent par ici.— Voy. Nisera. 



NOB 



97 



NIDADE, nichée : La laudete. . . Au 
niiey de sa nidade. LAM. L'alouette au mi- 
lieu de sa nichée. 

NIDAU, masc, place où la poule va 
pondre d'habitude. — , œuf qu'on y laisse 
pour l'y attirer. — , le pins petit oiseau 
d'une nichée. — Esp., « nidal. /> 

NIDÉ, nid. — Nidè;mèiae signification 
que Nid au. 

NIENT, néant : Estar metut au nyent. 
ARCH. Etre mis à néant. — , rien : No-l fe- 
ron nient . IB. Ils ne le firent (ils n'en fi- 
rent) rien. 

NI ESTE (Vic-Bilh), fémin., genêt 
jaune. — Voy. Geste, Gnèste. 

NIN (aphérèse de minin; voy. ce mot), 
terme de tendresse maternelle, chère pe- 
tite progéniture : D'aquetz ninssoy la may. 
LAC. De ces chers petits je suis la mère, 
Ninet, ninou, dim. : Qu^ey so qui may nou 
hè ta sous ninous sauha ! ID. Qu'est-ce 
qu'une mère ne fait pas pour sauver sa 
chère progéniture ! — Ninou, Nincte, pré- 
noms de garçon, de fille. — Cf. Esp., 
« nifio. )) 

NINA, dormir; se dit particulièrement 
des enfants. — Voy. Anina. 

NINE, pupille de Vœû: Arré nou-m 
pot mey engourga la nine, lam. Rien ne 
peut plus remplir mes yeux de larmes. 
La nina liens l'oelh. ps. La pupille dans 
l'œil. — Esp., « niûa. » — Nine, bourgeon 
qui commence à se montrer, le bout d'une 
plante. 

NINOLE, poupée. 

NIOURE; vov. Niure. 

NISÉ (Vic-Bilh), ni^.— Nisè, adj., du 
nid. — Voy. Nidr, Nidè. 

NISERA, NISERADE (Vic-Bilh) ; 
mrme signification que Nida, Nidade. 

NIURE, A"<o(/?-e (Aspe), espî-ce d'«o- 
phite ou grùnstein ; ressemble à la ser- 
pentine, mais elle est plus dure. » palas- 
SOD, Observations pour servir à l'hist. na- 
turelle, etc. — Voy. Miure. 

No; voy. Nou. 

Nobel, Noèl, nouveau : Nobel règne. 
H. s. INouvclle royauté. Rey noel. IB. Nou- 
veau roi. — Voy. Noèle. 

Nobeletat, nouveauté, innovation : Es 
estade fcyte novcletat au pays e infcrit 
greuye. arch. Il a été fait innovation au 
pays et causé pri'judicc. — Voy. Nohctat. 

NOBERAMENTZ , nouvel lomout : 
Los herbadgees dcu srnhor mt'Jor no jiodeii 
far pc.ce bcstias en los terradors noberamcjitz 
affiusatz. V. \\. Les pasteurs du soigneur 
souverain neiiouvont faire paître le bétail 
sur les terrains nouTcllemont affiévés. — 
Voy. Nahcranicni2. 



98 



NOB 



NOBÈT, Novech {noh'cch), nouveau. 
De nohet. bar. De nouveau. Donar a no- 
vech fins. F. B. Donner à nouveau cens. 
Noèt, syncope de nohèt, se disait aus.si : 
Noet adbenement. arch. Nouvel avène- 
ment. 

Nobetat, nouveauté, innovation : Siq)- 
2)liquenau senhor mamlar cessar tais nohe- 
tatz. ARCH, Ils supplient le seigneur d'or- 
donner que cessent telles innovations. 
Cause de nobetat qui es a loi' grandementz 
gravatori. IB. Chose de nouveauté (inno- 
vation) qui leur est grandement préjudi- 
ciable. — Voy. Noheletut. 

NOBI, fiancé, fiancée; lounohi, la nohi 
signifient aussi le nouveau marié, l'épou- 
sée ; anciennement la nobi, le fiancé, le 
nouveau marié, la nobie ou la nobia, la 
fiancée, l'épousée. Lous nobis, les fiancés, 
les nouveau-mariés. — Lat. « nuptiis pro- 
ximus. » — On sait que, le jour de leurs 
noces, les femmes romaines s'enveloppaient 
de la tète aux pieds dans un grand voile : 
de là îiaiere, voiler, pour signifier marier, 
en parlant de la femme. Si en béarnais 
nobi se dit aussi bien de celle qui se ma- 
rie que de celui qui prend femme, c'est 
qu'en latin, pareillement, nubere a été em- 
ployé (St Jérôme, Tertullien) pour signifier 
contracter mariage, en parlant de l'homme. 
GRAM. — Lou'paadeu nobïquey de bren, 
Lou de la nobi de roument. CH. p. Le pain 
du fiancé est de son; celui de la fiancée, 
de froment. La dot de la mariée apporte 
l'aisance dans la maison du mari. « La 
fille n'est que pour enrichir les maisons 
estranges (étrangères), l. r. de lincy, 
Prov. — Coelh y hourcère dera nobi. Les 
deux quenouilles de l'épousée ; voy. Hour- 
cère. — Los senhors de Bisanos an dret de 
dromirablas nobias laprumere noeytde las 
sposaliciis. ARCH. Les seigneurs de Biza- 
nos ont droit de dormir avec les épousées 
la première nuit des épousailles. — Hi- 
que-t, la nobi, la maa soio cap, Ploure lou 
temps qui has tu tirât. CH. P. Epousée, 
mets-toi la main sur la tête, pleure le 
temps que tu as tiré (les beaux jours que 
tu a passés). Dans ms. d'aignan (Auch) : 
a Nobio, bouto la Vian sus cap; Diyuo : 
boun temps oun es anat ? La man sus cap 
lou 2>è sus hour, E dig adiu a tous bits 
jours. » Epousée, mets la main sur latête; 
dis: bon temps, où es-tu allé ? La main 
sur la tête, le pied sur le four, et dis adieu 
à tes beaux jours. 

Nobia, Nobie ; voy. le précédent. 

Nobilitat, dans un texte, arch., en 
parlant d'une terre dont la possession con- 
férait des droits de noblesse. 



NOE 

NOBIS; voy. N^obi. 

NOBLE, Nouble, noble: De noble im- 
punementz p)ren lou titre poumpous. PUY. 11 
prend impunément le titre pompeux de 
noble. Barons, nobles e autres gens deus 
Très Estais de noslre pays de Bearn. p.k. 
Barons, nobles et autres gens des Trois 
Etats de notre pays de Béarn . Hertadges 
nobles, coût. s. Biens nobles. — Aquetsa- 
crament taa sublime y taa nouble. im. Ce 
sacrement si haut et si digne. — Lexin are 
totz lors nobles draps, u. s. Qu'ils laissent 
(qu'ils ôtent) maintenant tous leurs beaux 
vêtements (tous leurs ornements). — Noble 
de drete linJie, soun pay qu'ère pescadou. 
PR. H. Enfr.xvi*s.: « 11 est gentilhomme 
de droite ligne, son père était pêcheur. » 

L. R. DE LINCT. 

NOBLEMENTZ, Noublementz, noble- 
ment. — , magnifiquement : Ana trop noble- 
mentz. . . preguar Diu. H. s. 11 alla très-ma- 
gnifiquement (vêtu) prier Dieu. 

Noblessa, terre noble : Vendition de 
noblessa no val si no esfeyta en maa deu 
senhor. F. H. Vente déterre noble ne vaut, 
si elle n'est faite en main du seigneur. 
Lous nobles dont las noblessas son cargades 
dequoauquefoec. P. R. Les nobles dont les 
terres nobles sont chargées de quelque 
feu (redevance pour fouage). — De qui se- 
ran las noblessas d'Israël f h. s. A qui se- 
ront les meilleurs biens d'Israël ? — Voy. 
Noublesse. 

NODE (vers les H.-Pyr. et l'Arma- 
gnac); même signification que Nogue et 
Notz. 

Noèl ; voy. Nobel. 

Noèle, fém. du précédent. — , subst., 
nouvelle: Que agos agut noeles de lor. bar. 
Qu'il eût eu des nouvelles d'eux. Que noe- 
las de la ost ? H. s. Quelles nouvelles 
(as -tu) de l'armée ? 

Noér, ?, moire, ?: Prometon balhar a 
Ysabe ime raube fine de noer de Partis ; 
1568. ART. Ils promirent de donner à Isa- 
belle une robe fine ( une belle robe ) de 
moire (?) de Paris. 

NOET, NOETATE (Aspe); même 
signification que Noeyt, Noeytade. 

NOÈT ; voy. Nobèt. 

NOEYT, NEYT (Mont.), nuit: A la 
noeyt la mey estigglade Que y-ha mens de 
lugraas peu cèu... SOPHIE. A la nuit la plus 
étiucelante il y a moins d'étoiles par le 
ciel... Quoand la noeyt ha tenut sas teles. 
NAV. Quand la nuit a tendu ses toiles (ses 
voiles). Dans F. Egl., noict. Dans F. o., 
aqui nut e dia aya jagut, qu'il eût gîté 
là une nuit et un jour. — Fripon coum 
era neyt. prov. Fripon (trompeur) comme 



NOE 



NOT 



99 



la nuit. c. — A bouque de noeyt. A bou- 
che de nuit (à l'entrée de la nuit). Cat. 
« boca de nit. » — De noeytz, de nuit, pen- 
dant la nuit, nuitamment : De noeytz e de 
dies. De nuit et de ^our. Ficgo Sedechies de 
noeytz. H. s. Sédécias s'échappa pendant 
la nuit. 

NOEYTADE, Neytade (Mont.), nui- 
tée. 

Noeytalmentz ; voy. Noeytaumentz , 

NOEYTAU, de la nuit : Hore noey- 
tau, heure de nuit. 

• NOEYTAUMENTZ , Noeytalmentz, 
nuitamment : Tremeto sas gentz noeytal- 
mentz a l'ostau de .. bar. Il envoya ses 
gens nuitamment à la maison de... 

NOEYTÉ, qui aime la nuit, les longues 
veillées . 

NOEYTE JA, se faire nuit. On dit 
aussi noeyteya. 

NOEYTIU, NOEYTOUS, de nuit, 
nocturne: Trihalh noeyt'm, travail de nuit. 
Ue troupe d'ausèytz noeytous . lett. orth. 
Une troupe d'oiseaux nocturnes. 

Nogarede ; voy. Nougarede. 

Noger ; voy. Noiiguè. 

NOGUE, grosse noix, noix dans son 
écale; brou, écale verte de la noix. — 
Voy. Aygue-de-nogue . 

Noguer, Nogueraa ; voy. Nouguè ; 
Nougueraa. 

Noguères; même signification que Nou- 
guères. 

Noict ; voy. Noeyt. 

No 1 , No Is ; voy. Nou. 

NOM, NOMA (Vic-Bilh) ; même si- 
gnification que Noum, Nouma. 

Nombre, employé au lieu de nomj voy. 

N0U7H. 

Nomiador , qui doit être nommé : 
Notarijits nomiador. m. b. Notaire sous- 
signé. — Voy. Nouminadou. 

Nomiar; même signif. que Nouma. 

Nomp; voy. Noum. 

None, noue : Ilora noua. F. B. Heure de 
none ; heure canoniale qui se récite après 
sexte. — Ilore none, ii. .s., neuvième heure. 

Noot ; voy . Noud. 

Norandementz, expressément. F. b. 
De norandcmrntz, IB. 

NORE, bru : Bère riche heretère hait ré 
houlut ta nore. P. (Mon père, qui était un 
avare,) aurait voulu pour bru belle riche 
héritière. La nore contre la soèrc. F. B. 
La bru (allant) contre labcUe-mère. Noure 
se dit aussi : May, sourtitz suoil pourtalè; 
Aci qu'habetz la boste noure. NAV. Mère, 
sortez sur le seuil ; ici vous avez votre 
bru. — A tu que-t die, lùlhe ; Enten-me, 
tu, nore. pr. ii. A toi je te dis, fille; en- 



tends-moi, toi, bru. C'est à la bru que s'a- 
dressent les reproches que le père fait à 
sa fille. « Ya tu dig, hilho, enten-tu, noro.» 
J.-G. d'a.stros. 

Noremenhs ; même signification que 
Neaumenhs . 

NOS (Bay.), notre : Lou nos mau. lag. 
Le nôtre (notre) mal, Checun qu'abem lous 
nos. iD. Nous avons, chacun, les nôtres 
(nos défauts). 

Nos: voy. Nous. 

NOSE;, Nozer; môme signification 
que Nuise. 

Nosse ; voy. Nouce. 

NOSTE ; voy. Nouste. 

Nostradge (corr. ^Lostadgc), mouture: 
Dei dur au nost abesque e au capito de 
Sancta Maria de Baiona VI conques de bon 
froment, nostradge (mostadge) nauet. l. o. 
Je dois donner à notre évéque et au cha- 
pitre de Sainte-Marie de Bayonne six con- 
ques de bon froment, mouture nouvelle 
(c.-à-d. six conques de froment prove- 
nant de la mouture faite dans l'année au 
moulin de Hombeity, que je tiens de l'évè- 
que et du chapitre à rente perpétuelle).— 
Cf. D.-c, (' mosta. » — Dans \o Recueil 
de textes gascons par luciiaire, le motnos- 
tradge du l. o. est traduit par « de notre 
pays. » 

Notadé ; dans un acte de 1471, m. b., 
noturi notade, notaire garde-notes. ? 

NOTE, note. — , les notes sur lesquel- 
les les notaires rédigeaient les actes (voy. 
le précédent et Memoriau) : Los notaris... 
pagatz delornota. F. H. Les notaires payés 
de « leurnote. » — Notes, chant, musique: 
Misse de Sent Johan ab notes, diague e sub- 
diague. ARCii. pp. Messe de Saint-Jean 
chantée en musique, avec diacre et sous- 
diacre . 

NOTICI, notice. — , connaissance: 
Tais feytz son vcngutz a lor notiri. s. j. 
Tels faits sont venus à leur connaissance. 
Las gentz... qui de luy han notiri. B.vn. 
Les gens qui de lui ont connaissance (qui 
le connaissent). 

NOTORI. notoire: Assoes notori.XiKR. 
Ceci est notoire. 

NOTORIMENT, notoirement: Cau- 
ses de récusation. . . notnrimrnt fausses. 
COUT. S. Causes de récusation notoirement 
fausses . 

NOTZ (Baretous, Bay.). noix: Noiz 
hens le sou bcrde pet. lao. Noix dans s.a 
verte peau (dans son ccalo verte). Lrsnc 
de blat.fai'c, notz. F. n. Droit d'entrée p«>ur 
blé. fèves, noix. — Da notz ou noulz, don- 
ner des noix, s'emploie pour signifier r<>- „•-*«», 
ietei' une demande. — Vov. Cuje. — « Darfv» \ n .t" «0^^ 

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^■«•■ensis 



100 



NOU 



NOU 



les Landes, jjourune demande en mariage, 
le prétendant accompagné de deux amis 
se présente chez la jeune fille; on passe 
la nuit à boire, à manger et à raconter des 
histoires plus ou moins merveilleuses. Au 
point du jour, lajeune fille sertie dessert. 
S'il y a un plat de noix, c'est le signe que 
la demande est rejetée. » chéruel, Dict. 
hisf., etc. — Voy. Oeu. 

NOTZÈ ( Bay. ) ; même signification 
que Nougiiè. 

NOU, NE (Orthez), No, non, ne: Fow non 
somj pas malau, you nou souy 'pas poiiruc. 
SUP. Je ne suis pas malade, je ne suis pas 
peureux. Souy hielh e ne sorti pas mey de 
case. LETT. oRTH. Je suis vieux et ne sors 
plus de la maison. Judyara... dreyturera- 
mentz e no los fara 2}''6Judici. F. B. (Le 
seigneur) jugera selon le droit et ne leur 
fera (ne fera aux barons) aucun préjudice. 

— Nou pas nou, négation renforcée : Lou 
Pay e lou Sent-Esprit se soun tabee hèytz 
homis ? — Nou pas nou. cat. Le Père et 
le Saint-Esprit se sont-ils faits hommes ? 

— Non, non. Goarde-m tabee lafee fedèle; 
At haras-tu ? Jou n'at sèy nou. F. lab. 
Garde-moi aussi la foi fidèle ; le feras-tu? 
Je ne le sais, non. 

NOÙ, NOij, diphthongue foi-mée de 
no lo, 710 lou, ne le, ne lui. Au \)\nv.,noils, 
no-us, ne les, ne leur. Anciennement, no l, 
no U. 

NOU-ARRÉ (lat. (( non rem », non 
une chose), rien, néant. U hèt nou-arrê, 
un rien, presque rien. 

NOU-B, ne vous. — Voy. Bous. 

NOUBELAYRE, nouvelliste; celui 
qui invente et débite des nouvelles. 

NOUBÈLE, Nobèle, nouvelle : Apre- 
netz-nous la nouhèle Qui pertout hè tant de 
hruut. NOËL. Apprenez-nous la nouvelle 
qui partout fait tant de bruit. Voy. — Noèle. 

NOUBEMBRE, Nobembre, novem- 
bre: Lo quinze de nobemhre. p. B. Le 15 
novembre ( 1547). 

NOUBÈT, nouveau ; dans p. R., nou- 
betz fermiers, nouveaux fermiers; nobetz 
fermiers, IB. — Voy. Nobèt, Nobel. 

NOUBÈU, nouveau. — Lou Noubèu. 
Le Nouveau Testament. — Voy. Nabèt. 

NOUBIAU, Nuptiau, Nuptial, nup- 
tial : Llieyt noubiau, lit nuptial. — Yas 
noubiau, couche nuptiale; dans lam., nid 
de l'oiseau. La misse nuptial, abch. La 
messe nuptiale. — Sèyue noubiau. — Voy. 
Sègue. — Noubiau, subst. masc, noce : 
Propris coum entaïc noubiau. lett. orth. 
Propres (parés) comme pour la noce. 

NOUBLE ; voy. Noble. 

NOUBLEMENTZ ; même significa- 
tion que Nobh'ïiientz . 



NOUBLESSE, Noblesse, noblesse.—, 
les nobles : Si bouletz deu Bearn counexe 
la nouhlesse, Estacatz-bous aus noums, 
lexatz la gentilhesse. puy. Si vous voulez 
connaître la noblesse (les nobles) du 
Béarn, attachez-vous aux noms ipropres), 
laissez la terre noble (ne faites pas atten- 
tion aux noms que les gens prennent de 
leurs terres). — Noublesse leyau, m., no- 
blesse de bon aloi. — Voy. Noblesse. 

NOUCE, Noupce, Noce, Nosse, noce : 
Lous coumpanhous de la nobi ta la nouce. 
NAV. Les compagnons de la fiancée pour 
la noce. En noupces ana Dub sa may, dab 
disciples. F. Ef/l. \l alla aux noces avec 
sa mère, avec des disciples. TornaJhesu- 
Xrist l'aygua en bit en las nosses. H. .s. 
Jésus-Christ changea l'eau en vin aux 
noces (de Cana). Qui ta nouces nou-m coum - 
bie, Lou présent que m'estaubie. pr. h. Qui 
aux noces ne me convie, m'économise le 
présent (le cadeau que j'aurai dû faire). 
Le mécontent qui parle ainsi aurait été 
capable d'accepter l'invitation sans faire 
le plus petit présent. — Qui ad aqueres 
nouces ba, Dequet p)aa que minye. IB. Qui 
à ces noces va, mange de ce pain. En fi"., 
« On ne va point aux noces sans manger. » 
11 faut accepter les conséquences d'une 
position. BESCHERELLE, Dlct. — « Le vin 
est tiré, il faut le boire. » — Die de nouce, 
Vendoumaa de bèt temps, pr. h. Jour de 
noce, lendemain de beau temps. « Aujour- 
d'huy marié, demain marri. » l. r. de 
LINCY, Prov. 

NOIJCEJA, Nouceya, faire noce, fes- 
tiner, se livrer à des réjouissances un jour 
de mariage. — , faire la noce, s'amuseï', 
mener une vie dissipée. 

NOUCE JADOU, Nouceyadov, qui 
aime à assister aux noces, aux festins et 
réjouissances des jours de noces. — , <i no- 
ceur », qui aime à se divertir, qui mène 
une vie dissipée. On dit aussi, en plus 
mauvaise part, noucejayre, nouceyayre . 

NOUD, Noot, nœud. Noudet, Noudin, 
noudot, dim. Noudas, aug. Noud de crabe 
(nœud de chèvre), nœud de tisserand ; 
dans le Rouergue, « nouét da pûillo », 
VATss., Dict., nœudartistement fait où les 
bouts sont croisés et ramenés. — , join- 
ture, articulation: Los nootz deus os. Ps. 
Les aiticulations des os. 

NOUDA, Nodar, nouer. Dans F. Eyl., 
noudat et nodat, noué. 

NOUDIGUES; voy. Noudilhes. 

NOUDIGUES {Nou digues), dans la 
locution proverbiale: Noudigues coeytes au 
hourn. pr. b. Des « ne-le-dis-pas » cuits 
au four; ou au sou, au soleil. On répond 



NOU 

ainsi à l'indiscret qui cherche à être in- 
formé de ce que l'on ne veut pas lui faire 
savoir. — Cf. esp., u nitos », mot par le- 
quel on répond à une demande indiscrète 
sur ce que nous avons mangé, sur ce que 
nous portons, etc. 

NOUDILHES, fém. plur. (suite de 
petits nœuds, mailles) ; particulièrement 
employé au fig. pour signifier certains 
moyens, certains artifices par lesquels on 
découvre une fraude ou toute autre action 
seciète. Au lieu de noudilhes, on trouve 
noudigues dans le couplet suivant dune 
chanson intitulée L'après- soiipa deu jn-es- 
hyttrï, L'après-souper du presbytère : ;S'om- 
hent, au toit Iheyt que-t liiquen noudigues. 
Ta sahé, la noeyt, si-u lecham tout hoeyt. 
NAV. Souvent à ton lit on met quelque ar- 
tifice pour savoir si, la nuit, nous le lais- 
sons tout vide. — Cf. esp., « uudillos », 
mailles qui forment la couture d'un bas 
tricoté. 

NOUDOUS, noueux, plein de nœuds, 

NOUGAREDE, Nogarede , fém. ; 
même signif. que Nougueraa. — Nom de 
famille, Nogarede. 

NOUGUE ; même signif. que Nogiie. 

N O U G U È, Noguer, noyer, arbre : 
Ahaniz que nou hoelhe lou nouguè. sac. 
Avant que ne pousse feuilles le noyer. Far 
seccar. .. noguer, poiner, castanher. COUT. s. 
Faire sécher noyer, pommier, châtaignier. 
Nager dans c. s. — Lo noguer de Lixarre. 
Le noyer de Licharre. « Lieu d'assemblée 
judiciaire sous un noyer », dict. ; la cort 
de Lixarre, coût, s., la cour de Licharre. 
KUe avait pour ressort tout le pays de 
Soûle. 

NOUGUERAA, Nogueraa, lieu planté 
de noyers. 

NOUGUERES, Noguères, fém. plur.; 
même signif. (pie le précédent. 

NOUM, Nom, Nounii, Nojni, nom : 
Digatz hoste noum. Dites votre nom. Lou 
nouiiii deu heaii, le nom du voisin. Ago 
nom liotz. H. s. Il eut nom Hooz. Meteii 
en scriut totz los rociis e amers de qui se- 
ran...nomi per nniiii. R. (Qu'ils mettent en 
écrit à qui appartiemlront tous les che- 
vaux et armures, nom par nom. Aiicrar 
son nomi, appeler de son nom : »SV/vi ape- 
rat son vomi Ifeiinnanuel. II. s. (Son nom 
sei'a ajjpelé), il sera appelé de son nom 
lùiuiKuiucl. On trouve dans le même toxt(î 
nom/) et nom lire. 

NOUMA, Nomar, Nomiar, nomnier: 
(Juin se nouinahe? ConinuMit se nommait- 
il ? Liif! 2>ersones qui vos mustrara e no- 
iniiint. V. n. Los personnes (]u'il voii.=î 
montrera et nommera. — Nous nomen 

TOME II 



NOU 



101 



casse -mousques. F. Egl. (Lorsque les hu- 
guenots voient que nous, catholiques, nous 
faisons des signes de croix), ils nous trai- 
tent de chasse-mouches. — Voy. Casse- 
mousques. 

NOUMADEMENT, Xomadement, 
nommément. Ou dit aussi noumadament, 
nomadaiumt . 

NOUMBRA , Nombrar , norabrer , 
compter : Bous autz qui nouuibratz tanl- 
pier-taat, Dens lou liheret d'aqueste un. De 
quinze a d'ctz-e-oeyt rnerquetes. lam. Vous 
autres qui comptez à peine, dans le livre 
de cette année, de quinze à dix-huit pe- 
tites marques (vous autres, jeunes demoi- 
selles, qui avez à peine quinze ou dix-huit 
ansj. Pecune no nomhrade, no contade. k. b. 
Pécune nonnombrée, nou comptée (somme 
non payée argent comptant). 

NOÙMBRE, Nombre, nombre. 

NOUMBROUS, nombreux: Lous 
noumhrous eneniicxs qui... biencn houiie 
sus nous. NAv. Les nombreux ennemis qui 
venaient fondre sur nous. 

NOUMEN (Aspe), nom.— Voy. Nom, 
Xoui/i, Xou/iti. 

NOUMENTA, Nomentar, désigner 
nominativement: Mort un de us conseillées, 
los superrivens... nomenturanau senhor très 
liersonadges los plus capables. . . F. H. Un 
des conseillers mort (à la mort d'un con- 
seiller), les survivants désigneront nomi- 
nativement au seigneur trois personnes 
les i>lus capables, (afin qu'il nonnne l'une 
d'elles en remplacement du défunt \ 

NOUMENTADOU, Nomentador, 
(pli doit être désigné : Detz homis nomen- 
tadoursper las gentz de Moidautjurassen... 
ARCH. M. Que dix hommes qui seraient 
nominativement désignés par les gens de 
Montant j urassent. 

NOUMI : même siirnif. que Xoi(m. 

NOUMINADOU. Nomiuador, qui 
doit être nonnné. — \'uv. Nnmiadnr. 

NOUMINATIOU, Nomination, no- 
mination, action de nommer à un emploi : 
Tal nomination tremeteran vers lo srnlior, 
qui y prouredira a son plaser. F. u. Cette 
nomination (à faire) .sera ti'ansmise au 
soigneur, (pii y pourvoira à son plaisir. 

NOU-N (])our nous-en], nous-on : 
:\ncm-nnu-n a ioustmt. Allons-nous-en .1 
1.1 lu.iison. — Voy. Nous. 

NOU-N (pour nou, négation, m pro- 
nom : .\'(tn-n liouy jms. Jo n'en veux pas. 
NOUNOU, masc, mot du langage dos 
nourrices, dos enfants : lia nounou, faire 
dodo. Alla a nounou, aller à dodo. — Lan- 
guedocien, « nono. » hk SAUvAtiKs, Dirf. 
I — Cf. esp., » hacer la iiuita », faire dodo. 
l 7 



102 



NOU 



— Xoitnou, fém., mot enfantin : la nou- 
nou, la nourrice. 

NOU-NS, NOU-NSE (pour nou, né- 
gation; nous, pronom), ne nous. — Voy. 
iVo(/s . 

NOU-P, ne vous ; voy. Bovs. 

Noupce, Noupces ; même signification 
que Xouce . 

NOUQUÈ (Aspe) ; voy. Nouguè. 

NOURE ; même signif. que Nore. 

NOUS, Nos, nous : Qubifruut dehem- 
no^is tira d'aqucsfe lessou? cat. Quel fruit 
devons-nous tirer de cette leçon ? Lous 
noumbrous enemicxs qui, couni la mar pre- 
goune, Bienèn houne sus nous. nav. Les 
nombreux ennemis qui, comme la mer pro- 
fonde, venaient fondre sur nous. Nos nos 
on abiencuz ah los... 2»'oho/ncs d'Ortkess, 
e kl ab nos. CH. d'orth. Nous nous som- 
mes entendus (nous avons fait convention) 
avec les prud'hommes d'Orthez, et eux 
avec nous. — Nous, complément placé de- 
vant le verbe, perd les deux lettres mé- 
dianes, ou ; la première et la dernière let- 
tre rapprochées, ns, s'unissent au mot qui 
les précède ; celui-ci, le plus souvent, est 
un monosyllabe : Bertat trop adourable, 
Tournatz, bietz dissipa lou trouble qui-ns 
acable! PUY. Vérité très-adorable, reve- 
nez, venez dissiper le trouble qui nous ac- 
cable ! gran Diu, tu-ns has esprabatz ! PS. 
grand Dieu, tu nous as éprouvés ! — 
Au lieu de ns pour nous, on emploie aussi 
nse, ense, ens {nse, ense, particulièrement 
vers les Hautes-Pyrénées et l'Armagnac) : 
So qui-nse dise. Ce qu'il nous disait. Toutz 
lous reys qui labetz ens guusen ha la guerre. 
nav. Tous les rois qui alors osèrent nous 
faire la guerre. Nous, complément d'un 
verbe à l'impératif, se change en se, qui 
s'appuie sur le verbe : Abancern-se, courrem 
biste. NOËL. Avançons-nous, courons vite. 
Mênae transformation de nous en se dans 
le provençal : « Despachen-se, Gatouno, 
mete-me ma courouno. » j. eod.aiamlle. 
Dépêchons-nous, Gaton, mets-moi ma cou- 
ronne. Fondeville a conservé nous après 
un impératif; voy. nou-n. — Le pronom 
nous, complément d'un verbe à l'infinitif, 
peut être représenté par la dernière lettre 
seule, s, qui s'appuie sur le verbe : Que-ns 
bouloum amassas, p. Nous voulûmes nous 
unir. {Ns et s font là pléonasme). On lit 
dans Fondeville, ce qui est plus correct : 
Abant que separa-ns, avant de nous sé- 
parer. 

NOU-S, pour nou-ns. ne nous : Nou-s 
(nou-ns) digou la bertat. Il ne nous dit 
pas la vérité. 

NOIJ-S, pour nou-se, ne se ; Que nou-s 
saube. Qu'il ne se sauve pas. 



NOU 

NOU-S'ESTA (ne pas s'arrêter): A 
non s'esta, pk. b., s'emploie pour désigner 
une maison où les gens sont très-actifs, 
où l'on travaille sans cesse. 

NOUSTE, Noste, 

NOUSTRE, Nostre, notre: Nouste 
2My, notre père; nouste mag, notre mère. 
Noste besii, notre voisin; noste case, notre 
demeure. Noustres predecessours, senhors 
de Bearn. p. r. Nos prédécesseurs, sei- 
gneurs de Béarn. Segont nostre ordenance. 
K. Conformément à notre ordonnance. Lou 
nouste, la nouste, même signification : Lou 
nouste casau, notre jardin; la nouste binlie, 
notre vigne. — , pronom : Aquere maysou 
qu'ey mey grane que la nouste. Cette mai- 
son est plus grande que la nôtre. Une femme 
parlant de son mari, dit: lou nouste, le nô- 
tre ; locution correspondante à celle qui 
est usitée en Provence, noste home, nolvo 
homme. — A nouste, chez moi, chez nou.«: 
Sa-biefz a nouste. Ça venez chez moi, chez 
nous. Per nouste, chez nous, dans notre 
ville, dans notre village, « dans nos can- 
tons )) : En y-ha de beroye yent per nouste? 
LETT. ORTH. Y en a-t-il du joli monde chez 
nous ? 

NOU-T, ne te : Nou-t eau pas cranhe 
que... Il ne te faut pas craindre (tu n'a pas 
à craindre que...). — "Vov. Te. 

NOIJTABLE, Notable, notable : Per- 
sanes notables. F. b. Personnes notables. 
— Los chantres... que sien ben notables, en. 
manière que la misse sie bensolempne. H. a. 
Que les chantres soient de choix, afin que 
la messe soit bien solennelle. 

NOUTARI, Notari, notaire : Nou re- 
ceberan aucun en Vexercicy de notari que nou 
sie habitant deu piresent p)ays. p. R. On ne 
recevra aucun pour l'exercice de notaire 
qui ne soit habitant du présent pays. No- 
tari notadé; voy. Notadé. On appelait no- 
tari rendant le notaire qui avait pris son 
office à ferme [rende, rente). II y avait des 
notaires de plusieurs ordres : Notaris deu 
Conselh,de la Crampecriminale,delas cours 
deu Senechal e pedanes. p. r. Notaires du 
Conseil, de la Chambre criminelle, des 
cours du Sénéchal et des tribunaux infé- 
rieurs. Ceux-ci étaient appelés notaris pe- 
dans; voy. ce mot.— Le savoir des notai- 
res devait être bien médiocre, si l'on en 
juge par cette expression proverbiale usi- 
tée dans la vallée d'Ossau pour signifier 
qu'un jeune homme n'apprend pas grand"- 
chose: Qu'en sabera prou ta sfa noutari. Il 
en saura assez pour être notaire. Noutari 
de Lahontaa. D. B. Notaire de Lahontan 
(cant. de Salies, arr. d'Orthez). Son père 
« l'ayant faict instruire à écrire dans quel- 



NUB 



NUU 



103 



que ville voisine, en rendit en fin un beau 
notaire de village. » montaig-nk, Essais, 
liv. II, ch. 37. Noutaride Lahontaa se dit 
;iu sens du prov. fr. « Avocats de Valence, 
Longues robes et courte science. « 

NOUTARIAT, Notariat, charge de 
notaire : Far residencïe ati capdulh e y te- 
nir las liesses e papers de son notariat. . . 
p. R. Faire résidence au chef-lieu et y te- 
nir les pièces et papiers de sa charge de 
notaire. — , circonscription où le notaire 
exerçait sa charge : En chascun notariat 
nou y aura que un notari principal. . . IB. 11 
n'y aura par circonscription qu'un notaire 
principal. — Voy. Coadjutor, Cof/itor. 

NOUTARIÉ, Notarié, « notairie », 
circonscription où le notaire exerçait sa 
charge. — , fonction de notaire : Charge au- 
cune no sera balhade ans notaris rendans 
pendent lou temps de tours notariés. P. R. 
Aucune charge (de guerre) ne sera impo- 
sée aux notaires fermiers pendant le temps 
de leurs fonctions de notaires. Notariés 
^)«/rtne.s\ Charges de notaire près des juri- 
dictions inférieures. 

NOUTZ : même signif . que Nofz. 

NOUYRI . NOUYRISSE; voy. Neuri. 
Neurisse. 

NOUYRITUT ; voy. Neuritut. 

NOX (vers les Landes) ; même signifi- 
cation que Notz. 

Nozer; \oj. Nuise. 

NS (voy. Nou.'<) , nous : Toustemps se- 
ram huroussi sahem que-ns escoutes ■ GAR. 
Toujours nous serons heureux si nous sa- 
vons que tu nous écoutes. Bee seri malhu- 
rouse si-ns eaJè sépara ! Dicsp. Que je se- 
rais malheureuse s'il fallait nous sé{)arer ! 
aS'j ta medixs no-ns c/uides . H. s. Si toi- 
même ne nous guides. 

NSE ; voy . A^ou.t. 

NTA ; même signif. que Enta . 

NUATJE, Nuatye, nuage : Bedz-tu... 
acera.... Aquet nuatye neyre? lag. Vois- 
tu venir au loin ce nuage noir. 

NUBLE, nuée : Petites nuhles au iniey 
dou (jran snu. lett. ortii. Petites nuées 
au milieu du (ciel qu'éclaire le) grand so- 
leil. Vi debarar Nostre Sodtor en la nubla. 



H. s.(Moïse) vit descendre Notre Seigneur 
dans la nuée. 

NUD, nu: Nudz couru lou qui hud. îi. 
PASï. (Ils étaient) nus comme (l'enfant) 
qui naît. Lo manda que se despulhasse tote 
nude. BAR. Il lui commanda de se dépouil- 
ler (de se mettre) toute nue. Troba un 
homï mort en la vie tôt nuut ; e ago-n com- 
passio e soterralo. h. s. Il trouva sur le 
chemin un homme mort tout nu ; il en eut 
compassion et l'ensevelit. 

NUDITAT, nudité. 

NUISE, Nuise, Nose ; Nozer, nuire : 
Nous défend. .. deu nuise, cat. Il nous dé- 
fend de lui nuire (de nuire au prochain). 
Injuris ditz, e de nose a talen[f\ . PS. Il dit 
des injures, et il a désir de nuire. No deu 
nozer lor testimoniadge. F. B. Leur témoi- 
gnage ne doit point nuire. 

NUÎSENGE, anc. fr. nuisance; tort, 
dommage, préjudice. On dit aussi nusimeid 
masc. 

NUL, NULH, fém. nule, nulhe, nul, 
nulle. 

Numerar, compter, paj-er : La pecu- 
nie noeontadeni nurnerade. F.B. La somme 
non comptée ni payée. 

NUMERATIOU, Numération, nu- 
mération. — , action de compter une somme, 
payement: Lo marit en sperancude aver la 
numération de la p)ecunie dotal. F. B. Le 
mari dans l'espérance d'avoir payement de 
la somme dotale (espérant que la dot lui 
sera comptée). 

Nuptial, Nuptiau, Nupties ; même 
signification que Noidtiau, Notice. 

Nuse; vov. Nuise. 

NUSIBLE, nuisible. 

NUSIMENT (Aspe); même significa- 
tiuii (pic Nui.'^cnre. 

Nustemps, on aucun temps, jamais : 
lùire scnliausque nustemps fon vistz.ïl. s. 
Je ferai des « signes » qui n'ont été vus 
en aucun temps. Nustemps no aura fi i, IB. 
(Son règne) n'aura jamais fin. 

Nut; \oy .Noeyt. 

Nuut ; même signification ([ue Nud. 
Vov. ce mot. 







O final est fort dans les mots .sn, CG;asso, 
cecr,aco,aqucro, cela. On écrit avec oo. qui 



se prononcent comme o seul : Coo, cœur ; 
soo, sou, monnaie. On écrivaitancienncnicnl 



104 







coos pour corps, et Ton prononçait comme 
aujourd'hui, v fort, cos. — Voy. ci- des- 
sons 00 sonnant ou. 

Au commencement et dans le corps des 
mots, sonne comme ïo français : Bosc, 
bois, forêt; horde, grange; hroc, épine; 
coste; côte; csclop, sabot ; mïlhoc, maïs \oh, 
besoin; oi/T, œn\re\orh, aveugle; ^jeroçue, 
dépouille de maïs; ^jor/f, porte: pof, lèvre, 
baiser. Dans tous ces mots, l'accent toni- 
que porte sur ïo. 

L"o se change en ou; il s'affaiblit par 
conséquent dans les mots dérivés, quand 
la syllabe suivante prend l'accent tonique. 
Ainsi de horde, grange, on îaXt emhourda : 
mettre en grange. Même changement dans 
Bosc, bois, forêt; housquèj bûcheron; hj'oc, 
épine; embroucaf, percé d'une épine; es- 
clop, sabot ; escloupè, sabotier ; milhoc, 
mais ; milhoucaa, champ dema'ïs; ohre, œu- 
vre; ouhrè, ouviier ; 2^orte, porte ; pourtau, 
portail ; pot, lèvre, hsimer \ poutoUj petite 
lèvre, tendre baiser. 

De radicaux latins où l'o figure, le béar- 
nais a fait des mots qui prennent la diph- 
thongue au (prononcez a-ou; a fort, ou 
faible) : Auc'ide , tuer; auffici , office, 
auheri, oifrir; daune, maîtresse de mai- 
son ; dityaus, ^eadi; nau , neuf; saum, 
somme (sommeil); sauneya, songer. En la- 
tin : « Occidere, officium, offerre, domina, 
dies Jovis, novem, sommus, somniare. » 
Nous avons encore Jiaunouàe « honorem», 
honneur; audou , aalou de « odorem , 
olorem », odeur; haugan de «hoc anno », 
cette année; aup'iidou Ae « opinionem », 
opinion; etc. — Dans ces mots et dans 
ceux qui sont de formation analogue, l'o 
des primitifs latins n'est pas toujours au 
en béarnais; il est représenté aussi par la 
voyelle composée owet parla diphthongue 
«/("(prononcez o-ou;o fort, oî( faible) : nous 
avons haunou et hniinou, honneuv; hau- 
noura, hounoura et ho'nnoura, honorer ; 
oupin'iouei oupïniou, opinion; auffici, ouf- 
fîc'i. et oUffici, office. — Olourou, Olo- 
ron, ancien Oloroo, Ossalees, de la vallée 
d'Ossau ; Ossau, vallée d'Ossau ; pro- 
noncez Aidourou, Avssalees. Avssau. — 
Même prononciation en catalan : « el pue- 
blo tiende a cambiar en au alguna o inicial; 
aufici de ofici. » mil.\ y fontanals, Estu- 
dios de lenrjua caialana, p. 4; Barcelone, 
C. Verdaguer, 1875. 

Anciennement, o se prononçait généra- 
lement ou. Nous avons countrari, con- 
traire ; louga, louer (une maison) ; inouri, 
mourir ; nou, non ; jtersoime, personne ; 
ploura, pleurer; souna, sonner. Formes 
piimitives : Conirari, logar, morïr, no, 



OA 

ptersone, plorar, sonar. Lat. « Contrarius, 
locare, mori, non, persona, plorare, so- 
nare . » 

Les deux o se prononçaient ou dans 
coos, cours, le cours ; coo, cours, impéra- 
tif du verbe courir ; 77*00, il meiu't ; too, 
tour, la tour. Ces mots sont aujourd'hui 
I cous, cou, mou,tou. 

' Les mots terminés anciennement par la 

I syllabe on, par un 0, ou par deux o, 

i comme possession, p)ortio, leoo, possession, 

poition, lion, s'écrivaient indifféremment 

I de l'une ou de l'autre de ces trois ma- 

j nières; mais, quelle que fût la finale, elle 

n'avait qu'une seule et même prononcia- 

I tion ; on, o, 00 se prononçaient ou, comme 

I l'indique l'orthographe actuelle de ces 

I mots : poussessiou, pourt'wu, leou. 

I devant les voyelles a, e, sonne ou ; 

ainsi l'on écrit boeu, bœuf; oelh, œil; 

goarda, garder; coarrou, couard, et Ion 

dit houeu, ouelli, gouarda,couarrou. 

La voyelle composée ou a le même son 
qu'en français ; Bouhou, taupe; houssalou. 
frelon; calait, chaleur; carbou, charbon ; 
coula, aloze; couronnât, couronné; mous- 
que, mouche ; pastou, pasteur. — Cette 
voyelle composée a un son très-peu sen- 
sible à la fin de plusieurs mots : Anyou, 
ange; beudou ; veuf; asou, âne ; marron, 
bélier; mèrlou , merle; mielhou, meil- 
leur; etc. 

o devant u surmonté d'un tréma, oii, 
forme la diphthongue o-ou (prononcez 
fort, ou faible) : Boiï, il veut ; cablrou, 
chevreuil; esquiroû, écureuil; hdhou, fil- 
leul; soie, sol. On a, sans le tréma sur r«, 
et en prononçant ou comme en français : 
Bon, cabiroïc, esquiroû, hilhou, sou, qui 
signifient : Bon, chevron, grelot, fils chéri, 
soleil. 

suivi d'y conserve le son fort qui lui 
est propre ; dans heroy, joli ; toye, jeune 
fille, on prononce oy comme en français 
dans « govave ( go-ia-ve ). — Cf. Gram. 
béurn., 2<="'édit., p. 21-9, 43-9. 

0, oui, ne se dit aujourd'hui qu'en ré- 
pondant aux personnes que l'on tutoie : 
Ebienes? — 0. Viens-tu? — Oui. De- 
munan si ère aqui la iwopheta. . . Dixon 
ères : 0, 0, anatz tantost e trobar l'atz (tro- 
haratz h). H. s. (Saùl et l'enfant qui était 
avec lui) demandèrent (à des jeunes filles) 
si le prophète était là. Oui, oui, dirent- 
elles ; allez vite et vous le trouverez. — 
Voy. Ho. 

O; voy. Ou, 2. 

OALHARD, aphérèse de Goalhard. — 
Voy. ce mot. 

Oarar(pour Goarar) ; oara, garder 



OBE 



OBR 



105 



est usité aujourd'hui dans l'idioroe de l'ar- 
rondissement de Saint-Gaudens (H.-Gar.). 

OARATZ, Oerafz; voy. Goare, Goa- 
ratz . 

OARDATZ (Mont.), voyez, regardez; 
T^onv goardatz Ae Goarda. 

OATZ, syncope de Oaratz ou. de Oerafz. 
— Voy. Oè. 

OAU! voy. Boau! 

OB, Op, besoin : T'n-e d'aqui tout so qui 
auerasop. i.g. Tire de là tout ce que tu 
auras besoin (ce dont tu auras besoin). 
Quoun ère oh. PS. Quand besoin était 
(quand il était nécessaire). A sons ohs. H. s. 
Pour ses besoins, pour son usage. Beno 
per ohs de sa hita cura fessa j)aubre. F. B. 
Il vendit (la terre) pour les besoins de 
sa vie (pour subvenir à son existence), 
comme il était jiauvre. Avec le verbe far, 
îaivo.far ohs necessaris a la 2)ersone, pour- 
voir aux besoins, à l'onti'etien d'une per- 
sonne : Es prest de far sons ohs necessaris 
a sajJ^rsone. bay. (Le mari) est prêt à 
pourvoir à l'entretien (de sa femme), aux 
choses nécessaires pour l'entretien de sa 
personne, 

OBARDE (Orthez) ; même significa- 
tion que Auharde. 

Ob de, pour : Drap herf... oh deiis cas- 
sedors. r. Du drap vert fiour (rhabillcment) 
des chasseurs. Dans le même texte, ohs 
de; même siiruification. — Voy. Ah de. 

OBEDIENCE ; voy. Auhedience. 

OBEDI, Obedir; môme signification 
qno AuhedL Avec un complément direct: 
Oliedir las pi-rgaries. L. 0. .\ccéder, se ren- 
dre aux prières de quehju'un. 

OBEE, OBIO (de o hee, o hee o), oui 
liicn, oui bien oui. — Voy. Au hee, au heeo. 
Du disait aussi, fréquemment, oidno; CAT. 
r/ostl'affirmation renforcée, etnon, comme 
l'a prétendu le P. Mirasson, barnabite, 
l'affirmation « plus respectueuse » que 
colle qui est exjirimée par o seul. Noxis 
drhem aver en hourrou tous juramens, nous 
counfenfa de dise ohio, nou jms non. CAT. 
Nous devons avoir en horreur les jure- 
monts, nous contenter de dire oui, non. — 
Le P. Mirasson raconte que, le roi et la 
ivine do Navarre, Antoine de Bourbon et 
Jeanne d'Albret, se trouvant à la cour 
d'Henri II avec leur enfant, âgé de cinq 
ans, le roi de France demanda à l'enfant 
s'il voulait être son fils. 11 répondit, se 
tournant vers son père : Aqtirl es lou sei- 
(jiie paï, c'est lui (pii est monsieur mon 
p"'i'e. Henri H répliqua : l'uisipie vous no 
voulez pas être mou fils, voulez-vous être 
niDU gendre? Ohé, répondit aussitêjt l'en- 
fant. « 11 savoit dès lors ce que c'étoit 



qu'un gendre. Ohé ou Ohio est plus res- 
pectueux que tout seul, quoique l'un et 
l'autre veuillent dire oui. » Ilist. des 
Troubles du Béarn, p. 138. — Bien que 
le P. Mirasson l'affirme, et sans vouloir 
diminuer en rien la précocité d'intelli- 
gence d'Henri IV, il est peu croyable que 
le fils d'Antoine de Bourbon et cîe Jeanne 
d'Albret sût, à cinq ans, ce que c'était qu'un 
gendre. 

Obiar, ?, résister à, ?: Quant lo cors 
es trop hecxat (hexal) permalaxidie, la mort 
no pot ohiar. ARCH. Quand le corps est 
trop tourmenté par la maladie, il ne peut 
résister à la mort. — Lat. « obiare. » 

Objecte, objection : Las objectes, dans 
un texte, arch., les objections. 

Obli, Oblie, « oubliage », redevance 
féodale ; des pains nommés « oublies » 
étaient présentés, certains jours, aux sei- 
gneurs par les vassaux : De totz los de- 
vers, fins, ohlis, âge lo senhor de Bearn la 
mieijtat ; 1.308. ARCii. De toutes les rede- 
vances, cens, « oubliages », que le sei- 
gneur de Béarn ait la moitié. Afranquit 
de... oblies. auberc/ades ; 1372. iB. affran- 
chi d'<( oubliages », d'albergues. — Voy. 
Anberf/ade. — D.-C. « oblia. » 

Obliau, « d'oubliage, d'oublié » : Xpaas 
obliaus per la Sent-.^farfii. ENQ. (Hede- 
v.mce de) dix pains « d'oubliage » pour la 
Saint-Martin. — d.-c. « ]ianis oblialis. » 

Oblic, ol)ligation : Garentir Jidance ni 
oblicfeytz per mi. v. B. (Il n'est pas tenu 
de) garanHr engagement ni obligation faits 
])ar moi. Quent l'ohligat pendent loblir 
aura aliénât totz sons hej/s. . . BAY. Quand 
l'obligé, pendant l'obligation (pendant 
qu'il est obligé ), aura aliéné tous ses 
biens. . . 

Oblie ; voy. Obli. 

Obliganse, obligation, engagement : 
Que totes cortz teinjioraus de Bearn. . . re- 
din justicie a part ides .segond las obli ganse s 
e renxnciatioiis de las carias, v. n. Que 
toutes les cours temporelles de Méarn ren- 
dent justice aux parties selon les obliga- 
tions et renonciations (mentionnées) dans 
les titres. 

Obrader ; voy. Obredrr. 

Obradge, Obrar; même signification 
(pie ( hihrati/e, Oubra. 

OBRE, leiivre, ouvrage, travail : Ln 
rap-iiKieste de las nhres de Moss. en Mn- 
thia, vomie de Fugs. ART. Le maître d'oeu- 
vres (l'architecte ) de Mgr en Mathieu, 
comte de Foix. Las ohres dru rasteg de 
Nara/lirs. m. Les travaux du château de 
Navailles. linlhar en liobra (obra) la râ- 
pera de Nostra-Dama. IB. Doaner en cru- 



106 



OCT 



vre (donner à constiuire) la chapelle de 
Notre-Dame. Far obre de peyre et de mas- 
sonarie. IB. Faire des travaux de pierre 
et de maçonnerie. — Las hones obres. ca.t. 
Les bonnes œuvres (aumônes, etc.). Nos- 
très maies obras. H. s. Nos mauvaises ac- 
tions. — Soey, noii doumaa, eau habé 
l'obre en maa. prov. Aujourd'hui, non de- 
main, il faut avoir l'œuvre en main. Ne 
dites pas : « A demain les affaires. » — 
Obi-e, œuvre, fabrique, conseil qui admi- 
nistre le revenu d'une église. 

Obreder, Ohrader , Obredei, « ou- 
vroir», atelier, boutique ■.L'ohreder de Giiï- 
lliem, barber, dén. La boutique de Guil- 
laume, barbier. Lo dïssapte devant lojorn 
de las honors no obren, ni se ohrien les 
obraders. h. a. Que le samedi, avant le 
jour des honneurs (funèbres), ne travail- 
lent et ne s'ouvj'ent les ateliers. Ohredei, 
dans L. 0. 

Obre mane, dans enq., manœuvre, 
corvée. 

Obrer ; voy. Oubrè, 2. 

Obrer ; on disait aussi obrer de lafa- 
/>nc«, fabricien : Los obrers de la glisia 
jiarrochiala de Saint- Laurens, de Pontac. 
ART. Les fabricieus de l'église paroissiale 
de Saint-Laurent, de Pontac. 

Obrerie, œuvre, travail ; œuvre ser- 
vile, corvée de serf : Débet sarclar, segar, 
e tote obrerie. c. S. Il doit sarcler, scier 
(les blés) et toute corvée de serf. « Omne 
opus servile. » IB. 

Obrir ; voy. Aubri, Oubri, Ourbi. 

OBS; voy. Ob. 

Obs de ; même signification que Ob de, 
Ab de. 

Obsèquij office des morts : Diguen au 
cor dcus Frays Prcdicadors lo obseqiù so- 
lempniaumentz per la anime deMoss. H. a. 
Que (des prêtres) disent dans le chœur 
des Frères Prêcheurs l'office des morts 
solennellement pour (le repos de) l'âme 
de Mgr. 

Obstant, nonobstant; voy. le suivant. 

Obstar^ faire obstacle, empêcher : No 
obste lo prumer article... arch. Le premier 
article n'empêche pas... Gentilhome ne 
pot star bénéficiât obstan[t] la^ provisions 
de la cort de Borne, ib. Gentilhomme ne 
peut être bénéficier nonobstant les provi- 
sions de la cour de Rome. 

Occorre, Occorrer, survenir: Pe- 
7-iUts.. . qui poden occorre dejorn enjorn. 
AiiCH. Des périls qui peuvent survenir de 
jour en jour. 

OCTÀBE, Octavas, octave, la hui- 
taine après une fête religieuse : Lo dimartz 
aprob las octavas de la Assention de Nostre- 



OEL 

Done. F. B. Le mardi après l'octave de 
l'Ascension de Notre-Dame (l'Assomption). 

OCTOBRE, October, octobre: Lo 
tertz jorn d'octobre. .. R. Le troisième jour 
d'octobre (1385). Lo xxixjorn d'october... 
art. Le 29 octobre (1375). — Voy. Utor. 

OGUPA, OCJJ'PATiO'U •,Yoy.Aucupa, 
Aucupadou. 

Odi, haine : Conceber en odï, concevoir 
de la haine, prendre en haine : Ha conce- 
hut en hodi {odi) totz los hubitantz deu loc. 
bar. (Le seigneur de Coarraze) a pris en 
haine tous les habitants de la localité. 

OE, vois ; oatz, voyez: Oè,sourine, mire, 
mire !.. . SEi. Vois, petite sœur, regarde, 
regarde !... ^ — Voy. Goare, Goaratz. 

OEBERÈ, Oeoerè, ovaire : L'insouciente 
berdause,... Oun Veuprenembeye, que pause 
Lou trésor de soun oeberè. n. lab. La fe- 
melle insouciante du bruant dépose, où 
l'envie lui en prend, le trésor de son ovaire. 

OEBERÈRE, Oeoerère, fém.; même 
signifie, que le précédent. — , adj , garie 
oeberère, poule bonne pondeuse. 

OELH, œil. Goeîh, vers la Chalosse et 
les H.-Pyr. Oelhet, oelhin, oelhot, oelhou, 
dim. Oelhas, aug. Cla coum l'oelh de la ga- 
rie. Clair comme l'œil de la poule. Los 
dus oelJis lor sortin deu, cap . PS. Les deux 
yeux leur sortent de la tête. Comensan se 
a guoardar oelh e oelh. H. s. (Les disci- 
ples) commencèrent à se regarder œil à œil 
(l'un l'autre). Que sic dens lou coo so qui 
'pareix a l'oelh. m. Qu'il soit dans le cœur 
ce qu'il paraît à l'œil (le même au dedans 
qu'il parait au dehors). — Oelh de hic [voy. 
Hic), œil fixe, mauvais œil. Oelh-couc 
(œil couché), œil couvert ; se dit de l'œil 
à peine ouvert, que la paupière couvre : 
Uhoeu..., oelh-couc, pèyt-ahastat. sEi. 
Un bœuf (gras), œil couvert, ne tenant 
plus dans sa peau; un bœuf àpleine peau. 
Oelh-gay, œil vairon : Rocii, oelh-gay . R . 
Un cheval, œil vairon. — Qu'ha pâtes a 
l'oelh. Il a des pattes à l'œil ; c'est un sor- 
cier, une sorcière. On dit aussi crêpant a 
l'oelh^ crapaud à l'œil. Ces locutions pro- 
verbiales viennent de la croyance super- 
stitieuse d'après laquelle sorciers et sorciè- 
res, outre des marques du démon sur le 
corps, auraient eu à l'œil celles d'une patte 
de crapaud. « Un chirurgien de Bayonne 
était fort expert à les découvrir. » J. ui- 
zouard, Des rapports de l'homme avec le 
démon. — Oelh, source, l'endroit d'où sort 
un cours d'eau : L'oelh deu Nées. La source 
duNeez. Goelh de VArros. Source de l'Ar- 
ros (H.-Pyr. ) — Voy. Leque-t Voelh. 
Uelh. 

OELHADE, œillade, coup d'œil, re- 



OEU 

gard : B'ey tendre l'oelhade Qui tu me das! 
F. LAB. Qu'il est tendre le regard que tu 
me donnes ! 

Oelhade (Mont.), redevance d'une bre- 
bis, oeUio . 

OELH-D"AUSÈT (œil-d'oiseau). — 
(Baretous), myosotis. — (Vic-Bilh), mâche, 
doucette. — Prue de oelh-d'auzèt, prune de 
toute petite espèce. 

OELHE, brebis. Oelhete, oelhine, oe- 
Ihote, dira . A Hiaas, Sept oelhetes y nau 
caas ; Cade oelhete, soun esquirete . . . d. b. 
A Féaas, sept brebiettes et neuf chiens ; 
chaque brebiette, sa sonnaille. . . Il y a dans 
ce village d'excessives précautions; on sait 
que « le trop en cela ne fut jamais perdu.» 

— Voy. Aolhe, Aulhe, Oulhe, Olilhe. 
OELHÉ, Oelher (de oellie, brebis), de 

l'espèce àeshveh'is -.Bestîaraolhy, oelher e 
motoner. ARCif. Bêtes de la race ovine, de 
l'espèce des brebis et des moutons. 

OELHÈ (de oelh, œil), dent oelhère, 
dent oeillère. 

OELH-PEGUI, verrue de la pire es- 
pèce. 

OELHUT, qui a des veux ; se dit du 
pain, du fromage, du bouillon, où il y a 
des vides, des trous, des marques dégraisse. 

OEOERÈ, OEOERÈRE ; môme si- 
gnification que Oeherè, Oeberère. 

OERATZ, OÈRE ; voy. Goare, Goa- 
ratz . 

OEU (voy. Goeu), œuf: Oeus, poutadr/e 
niprues. F. Pai^t. (Je ne pus prendre) œufs, 
potage ni prunes. Los dretz de oeus. arch. 
Les droits (redevances) d'œufs. Nulhshom 
110 puni oeus d'austor ni d'esparver. F. B. 
Que nul homme ne vole œufs d'autour ni 
d'épervier. (Ou sait que ces oiseaux ser- 
vaient aux grandes chasses des seigneurs). 

— Au ardit f/u'ry Voeu, Mrs que eau ha- 
hc-u. PRov. L'œuf est à (ne coûte qu') un 
liard, mais il faut l'avoir (le liard, pour 
acheter l'œuf). A qui n'a pas le sou qu'im- 
porte le bon marché. — L'oeu pascau qu'ey 

ala padère. N. lab. L'œuf pascal (l'ome- 
lette de Pâques) est à la poêle. Oeus dah 
pus. Des œufs avec (des tranches de) sau- 
cisson. C'est l'omelette que l'on mange le 
jour de F'âques. — Sent Auton'i de Padoue 
Qui n'ha oeus r/«e s'en coue. l'Rov. Saint An- 
toine de Padoue qui n'a pas d'œufs s'en 
couve (cnfait<'ouver). En provençal: «Sant 
Antoni duerbloucuôu i galino. » îiistral, 
Dicl. — Nou eau pas hica tmitz Ions oeus 
débat la medixe clouque. Piiov. Il ne faut 
jias mettre tous les œufs sous la même poule. 
On dit en fr. que le sage « ne met pas tous 
ses œufs dans un panier. » — Da oeus, 
donner (servir) des œufs. Dans la Cha- 



OLI 



107 



losse et vers ce pays, si l'on sert un plat 
d'œufs dans le repas donné à l'occasion 
d'une demande en mariage que l'on se pro- 
pose de faire, c'est le signe que la demande 
ne sera pas agréée. — Voy. Notz. 

OEYT, huit: Oeyt ard'itz, huit liards. 
Dètz-e-ueyt, dix- huit. 

Oeytal. Oeytau, huitième : Lo oeytcd 
de may; 1595. P. R. Le huitième (jour) de 
mai. On dit aujourd'hui, plus fréquemment, 
oeytième. 

OEYTANTE, octante, quatre-vingts. 
En oeytnnte-nau, en 89. 

OEYTAU; même signification que Oey-^ 
tal. 

OEYTENAT, masc. ; voy. le sui- 
vant. 

OEYTENE, huitaine, espace de huit 
jours : Mandatz de oeitene en oeitene. cour. 
s. Mandés de huitaine en huitaine (tous 
les huits jours). — , nombre de huit envi- 
ron. 

OEYTIÈME ; voy. Oeytal. 

Offender, Offense;\oj .Au fensa,Auf- 
fense. 

OfFerente ; même signification que 
Auherenfe. 

Offerlr, Offerte ; voy. Auheri, Auf- 
ferte. 

Offerture, offrande, sacrifice : La saur 
de la niia ofertura. H. s. Le sang de mon 
sacrifice. — D.-c. « offertura. » 

OFFICI, Auffici, office. —, charge: 
Officl de notari . P. r. Charge de notaire. — , 
métier : Que açjossen a bihre ah lor ofjîci de 
cimrpanterie. M. B. Que (les Cagots) eus- 
sent à vivre de leur métier de charpentiers. 
— , prières de l'église : Passe au galop touiz 
lous aufficis. NAV. (Curé,) passe au galop 
tous les offices. Per audir lo dirlnau ofjîci. 
ARCH. Pourentendie l'office divin. 

Officiai, Officiau, officiai, juge d'é- 
glise : Convorar darant la cor de Mossc- 
nhor Vofficial d'Olornn. s. B. Appeler de- 
vant la cour de Mgr l'official d'Oloron. 
La cort de l'offirinn de Lascar. ARCll. La 
cour do l'official de Lescar. 

OFFICIÉ, Aufficiè; vov. Oufficiè. 

OLHE, brebis. "Voy. Okhe. 

Olhimi, masc. sing.,lcs l)rebis, la race 
ovine: Lor baijueris.... lor olhimi. ps. 
Leurs troupeaux de vaches, leurs brebis. 

OLI, masc, huile: Une ain/tole de (di . 
n. s. Une fiole d'huile. — Cfl'iK y son 
crcsme. v. Eijl. Les (saintes) huiles et le 
saint chrême. — OH de loye. ps. Huile de 
joie. C'est l'iiuilc de l'oint du Seigneur. <> — 
Olii vin : }foun Diu, aqurste bmm olj ! Qulc 
f/oute eu bau u so ; Arreynulnjou m'en bol'i... 
(Unejoyeuso commère chante au cabaret:) 



108 



ONC 



Mon Dieu, cettebonne huile! Chaque goutte 
vaut un sou; moi, je veux m'en rassasier... 

— Cf. J.-G. d'astros, l'Automne. — Un- 
ta-s (lah oU de cherment. pr. b. S'oindre 
d'huile de sarment. Boire au moment du 
départ ; prendre dos forces avant de se 
mettre au travail. Eu fr., « Faire jambes 
de vin. » L. joubert. xvi" s. — « Qui boit 
bon vin, il fait bien sa besongne. » OL. bas- 
SELiN. — En provençal,» ôli de souco, » 
huile de cep de vigne: « A mau de cor, 
oli de souco. » Arm.prouv.— OU d'agland 
(huile de glandj, la graisse. — Tout oli 
sus aygue. prov. Tout huile sureau. Se 
dit de quelqu'un à qui tout réussit, dont 
la fortune hausse. 'Variante: Que ha coum 
l'oli sus l'ajKiue. Il va comme l'huile sur 
l'eau. — « Voler esse l'euli. » Vouloir être 
rhuile ; vouloir toujours avoir le dessus. 
Annales de la Société des lett. des Alpes- 
Alarit. — Même image dans un prov. fr. 
de sens différent : « L'huyle comme aussi 
vérité, Retournent toujours en sommité. » 
L. B. DE LINCY. — Lous en^npautitz d'oïl. 
D. B. Sobriquet des habitants de la com- 
mune d'Auga. — Voy. Empipauti . 

Olibet, lieu planté d'oliviers : Fon a 
month Olibet. h. s. Ils allèrent au mont 
des Oliviers. — d -c. <( Olivatus, olive- 
tum.» 

Olier, servant pour l'huile : Fonllh de 
coyreoUer. ARCH. Un entonnoir de cuivre 
pour l'huile. 

Olier, potier : Den las a un camp cVun 
olier. B.. s. Ils les donnèrent pour (ils ache- 
tèrent avec les trente deniers de Judas) le 
champ d'un potier. 

Oltre, pour otre ; même signification 
(jue Outre. 

Om, aujourd'hui Loum ; voy. ce mot. 

Om; voy. Oum, 1. 

Om, Uom ; voy. Oun, I . 

Omenadge ; même signification que 
Homenadge . 

On ; voy. Oun, 2. 

On, ils eurent, du verbe habé, avoir ; 
voy. Oun, 3. 

One, « One, oncques », jamais: One 
meis. L. 0. Jamais plus. — Voy. Hanc, Ane. 

Once, subdivision de mesure de lon- 
gueur: Dues taches... que ayen sengles onces 
deu dit pogar de lonc. F. b. Deux clous 
qui aient chacun une once (la cinquième 
j)artie) du pouce de long. — , subdivision 
de la canne, ancienne mesure de longueur 
de huit empans (1 mètre 856) : ^.s' Jaonça 
la cinqual part de tin 2>aum de cana. F. h. 
L'once est la cinquième partie d'un empan 
de canne (environ vingt-cinq centimètres). 

— Once, poids ; voy. Ounce. 



ORB 

Onguent, onguent, essence parfumée: 
D'oiif/uens de prètz as hèyt ma testa grassa. 
PS. Tu as fait ma tête grasse (tu as oint 
ma tote) de parfums précieux. — Voj\ 
Engoent. 

Onor, Honor ; même signification que 
Haunou. 

Ont, où; voy. Oun, 2. 

Ont, pronom conjonctif, complément 
indivect: La ferre 07it pesseyat aura. F. b. 
(Pour bois qu'homme ou femme emporte 
sur son dos, on fera payer 4 deniers et 
l'on saisira) la hache dont on aura coupé 
(avec laquelle on aura coupé le bois). 

Oos ; voy. Ours. 

OP ; même signification que Ob. 

O PLAA, affirmation renforcée ■,oplaa, 
oui certes, oui, oui. 

OPINIOU, Opinioo; même signif. que 
Aupïniou, Oupimou . 

Oppremude, oppression, action d'oj)- 
])rimer , vexation : Las oppremudes per 
los officiers, arcii. Les vexations par les 
officiers. — Voy. Apreme. 

Opprimir, opprimer. L'opprimit. PS. 
L'opprimé. — Voy. Ouprima. 

OPS, plur. deo^^; voy. Ob. 

OQUE, se dit (Barétons) ^o\xv Auque, 
oie. — It. « oca. » -=— Lat. « auca. » 

Or, or : D^or te darèy croutz y didau. 
F. LAB. Je te donnerai une croix et un dé 
d'or. Voy. Aur. — Que y-lia tem2)s ta paga 
l'or mey que non pèse. prov. Il y a du 
temps pour payer l'or plus qu'il ne pèse. 
— En fr., « Je ne ferai cela ni pour or, ni 
pour argent. » Rien ne pourrait me dé- 
terminer à faire cette action. 

Or, Hor, où. — , employé pour un pro- 
nom conjonctif, complément indirect : La 
mayzoo or ère Venfant. h. s. La maison où 
(dans laquelle) était l'enfant. Tôt lo poble 
bede asso de lors portes hor estahan. id. 
Tout le peuple voyait ceci de leurs portes 
où (devant lesquelles) ils se tenaient. La 
beude or estaben. ib. La veuve où (chez 
laquelle) ils logeaient. Si anave en senior 
or morisse. F. b. S'il allait en pèlerinage 
où il mourût. — Voy. Oure. 

Or, donc : Or te disem. H. s. Nous te 
disons donc. Or te pregui. IB. Je te prie 
donc . 

Oratioo ; voy. Auresou. 

ORATORI, oratoire. 

ORB, aveugle; Beden[t\ hèn lous or bs, 
en audinït], hèn lous sourdz. F. Egl. Voyant, 
ils font les aveugles ; en entendant, ils font 
les sourds. — Orbe, ancien nom d'une rue 
de Bayonne (jadis une impasse) ; aujour- 
d'hui (( la rue Gambetta » : Uarrue Orbe. 
L. 0. La rue Orbe. — d.-c. « orbus vicus; 



ORD 

carriera orba; cul-de-sac. » — En fr., 
« mur orbe », celui qui n'est percé ni de 
portes, ni de fenêtres. 

Orbat, aveuglé. — , effacé ; document 
orirt/, document, titre. effacé : Los docu- 
ments son orbatz e bonament no se podin 
legir. ARCH. Les documents sont effacés 
et ils ne se peuvent facilement lire. 

Orbir ; voy. Ourbi . 

Orde, appel de gens pour poursuivre 
ou repousser des ennemis ou des voleurs. 
— D.-c. « Orda (Ordea), convocatio homi- 
num ad hostes vcl latrones insequendos 
vel propulsnndos. » — L'appel était fait 
au son des cloches. De là, même lorsqu'il 
ne s'agissait pas de « sonner l'alarme », 
l'expression far orde, sonner les cloches 
à coups précipités, pour une cérémonie fu- 
nèbre, pour une convocation d'assemblée: 
(Jue la noeyt davant deujorn de las Jio- 
nors, ... las senys (srnhs) de Sent-P. d'Or- 
tes toquin un toc ben lonc, e après que fas- 
sen orde a Sent-P. et au Castet entro a 
luieye noeyt. H. A. Que la nuit, avant le 
jour des honneurs funèbres, les cloches 
de Saint-Pierre d'Orthez sonnent bien len- 
tement, et ensuite qu'elles sonnent à 
toute volée à Saint-Pierre et au Château 
jusqu'à minuit. Dans le pays de Soûle, 
la convocation de l'assemblée des trois 
Etats était faite dans chaque paroisse nb 
lo/uessenh d'ordre (d'orde), avec battement 
piécipité de chiche d'appel. C'est pour 
cela qu'on appelait cette assemblée cort 
d'ordre (d'orde). coiiT. s. — Dans G. DE 
CA[,ANSO.\ : « Del temple... Fai los cas- 
cavels ordir. » Du temple fais carillonner 
les cloches, bayn., Lex. iv, rattache ce 
mot « ordir » à « ordir », ourdir. Ne se 
rapporte-t-ilpas plutôt au mot orde, dont 
il est ici question? — On lit dans marca, 
J/ist. de Béarn, p. 500 : « Ce terme Ordea 
ou i)ien Orde est interprété... pour vne 
soudaine et prompte poursuite, que l'on 
f.iit contre la course dos ennemis. Cette 
diction a esté conservée parmi le vulgaire 
pour signifier l'assemblée qui se faitauec 
le son du bafroi, et mérite d'cstre expli- 
(piée en considération de son antiquité. 
Car Ordea, ou Vuardea, est vn terme Got- 
thique employé p;u' le Roi Eruigius dans 
les Loix Vuisigottliiques, et est aussi 
vsinpé dans les Capitulaires, sans qu'il 
suit ('xi)liqué assés exactement dans les 
(ilo<s:iires de Pitlioii, et de Lindenljroch, 
qui se contentent de prendre Vuardea pour 
la (îarde en général. Et néaiitmoins con- 
sidérant de près l'ordonnance d'Eruigius, 
un liouucra que cette diction signifie la 
gurilc, et la leuée que l'on fait dans les 



ORD 



109 



Villes et Communautés, pour empescher 
les désordres, tumultes, et souleuemens 
inopinés, qui arriueut sur les lieux, tandis 
que les autres bourgeois sont occupés 
dans les armées du Roi. Car les Rois Vui- 
sigoths, et mesme les François n'vsoient 
de cette précaution en la leuée des gens 
de guerre, qu'ils faisoient dans les Pro- 
vinces, que pour empescher les desseins 
des factieux, ou des voleurs; ils ne de- 
nuoient pas entièrement les bourgs et les 
communautés des hommes de seruice, mais 
plustost laissoient quelque Chef dans les 
lieux plus propres, pour en conuoquer l'as- 
semblée, qui se nommoit Ouurde ou bien 
Orde. » 

Orde ; voy. Ourdi, 1 . 

Orden, ordonnateur, exécuteur testa- 
mentaire : S' es obliyat ans ordens e testa- 
menters. ARCH. Il s'est engagé envers les 
ordonnateurs et exécuteurs testamentai- 
l'es. On trouve aussi ordenh, ordieng, or- 
drner. 

ORDENA, Ordenar, ordonner, com- 
mander : Segont que Diu abe ordenat. 
H. s. (Samuel fit) ainsi que Dieu avait or- 
donné. — , arranger, régler, déterminer : 
Ordenat es que y ar/os deytoradores. II. A. 
11 fut déterminé qu'(aux honneurs funè- 
bres d'Archambaud) il y aurait des pleu- 
reuses. Ordenade es per tu la lutz. Ps, Par 
toi a été réglée la lumière, (tu as fait le 
jour et la nuit), — , disposer de son bien, 
faire des dispositions testamentaires, Ung 
home greumentx... ordena lengoe membrant. 
F. B, L^n homme gravement malade fait 
des dis[iositions testamentaires do vive 
voix . 

ORDENADEMENTZ, en ordre, avec 
oi'dro, 

Ordenader , (pii doit être ordonné, 
réglé : Las causes en la cort ordenaderes . 
F, B. Les choses qui en la cour doivent 
être ordonnées. 

Ordenador ; même signification que 
OurddunadoH . 

Ordenance : voy. Ordominre. 

Ordener, ordonnateur. — , témoin de 
testament oial ; exécuteur testamentaire. 
— Voy. Orden. 

Ordenerèe ; même signification que 
le précédent ; dans un texte, arch., los 
hordencrecs . 

Ordenh; voy. Orden. 

Ordi ; même signif. <|U0 Ourdi, 1 . 

Ordi, Ordie, disposition testamentaire, 
testament : A'i; ha jwdrr de far ordi sriitz 
la voluntal de son- mari t. K. H. (('ette 
femme) n'a pas pouvuir de faire lostanient 
sans la volonté de son mari. Si dues ordies 



110 



ORT 



son deung homi, la darrere val... ib. S'il y 
a deux testaments d'un homme, le dernier 
vaut. . . 

Ordieng; voy. Orden. 

Ordinatioo, ordonnance, arrêté : Or- 
dinatioosreyaus, arch. Ordonnances roya- 
les. — , ordination; vov. Ourdhiafiou. 

ORDOGNÈ ; voy. ' OurdounU . 

ORDONANCE, Ordounance, Orde- 
tumce, ordonnance, règlement : Ordenance 
(le las honors de JIoss. Archamhaud . H. A. 
Ordonnance des honneurs funèbres de 
Mgr Archamband. — , prescription de mé- 
decin : Ordonnança de médecins. F. H- 
Ordonnance de médecins. — , règlement, 
acte émané de l'autorité : Segont l'orde- 
nance de Mossenhor. r. Conformément à 
l'ordonnance de Monseigneur ( Gaston- 
Phœbus). 

Ordyre, ordure : Totes autes ordyres 
agen aportar au Gahe. arch. Qu'Usaient 
à porter au Gave toutes autres ordures. 

ORE; voy. Hore . 

Orgii, orge : Aqîii a un enfant que ha 
\ paas d'orgiï e duspeyxs. H. s. Il y a là 
un enfant qui a cinq pains d'orge et deux 
poissons . — Voy . Hoerdi. 

ORG"UENS, masc, orgues : Laiula 
D'iu dah orgens (orguens), harpes... F. 
Egl. Louer Dieu sur les orgues, les har- 
pes. Laudalz losuus los orguens .vs.houez- 
le sur les orgues. 

ORGUIS ; même signification que le 
précédent. 

Orgulh, violence, voie de fait. — Voy. 
Ourgidh. 

ORP, charbon des graminées, charbu- 
cle, nielle des blés : Lous graas... car- 
gafz d^orp. F. Egl. Les grains chargés de 
charbon, de nielle. 

ORPHAtiII, Orphe, orphelin : Des- 
suus tu l'orphalii se rejmuse.vs. L'orphelin 
sur toi se repose. lo no vos lexare or- 
phes, car viere a vos. H. s. Je ne vous lais- 
serai pas orphelins, car je viendrai à vous. 
Infant orphe de pay. F.B. Enfant orphelin 
de père. 

ORRE;voy. Horre. 

ORREDÀ ; voy. liorreda. 

ORREDESSE, Orredissie; même 
signification que Horrcdps>ie. 

Orsau; voy. Ossait. 

Ort ; voy. JIort,2. — , terrain clos, cul- 
tivé : Los seisdousortz dons calonges.Ju. o. 
Le cens des terrains cultivés appartenant 
aux chanoines. Dans ces ortz, il y avait 
des maisons, des vergers, des vignobles, 
un hôpital. L'e.spitau de Sanf Esperit, l'hô- 
pital de Saint-Esprit, est dans Vort de 
Sant Esperit. On ne peut donc traduire, 



OSP 

comme dans les Etted. hist.sur la ville de 
Bayo7ine, ii, p. 219, <> le jardin de l'hôpital 
de Saint-Esprit », en donnant au mot 
« jardin » la signification trop restreinte 
qu'il ne saurait avoir dans ce texte. — 
D.-c. « Orta, hortus rusticus, viridarium, 
locus arboribns fructiferis consitus, fossis 
vel sepibus clausus. » 

Ortalumies; voy. Horlalumies. 

Orte, mesure agraire : m ortes de terre 
qui son totes ad un thient; 1334. arch. 
Trois « ortes » de terre qui sont d'une même 
continuité. Agossa vernit uneorthe e mieye 
de terre, ib. Qu'il eût vendu une « orte » 
et demie de terre. — Cf. d.-c « ortaliata. » 

Ortolaa; même signification que Ilor- 
tolaa. 

OS, oseille : Las leytugues e l'os, las 
cujes.y. PAST. Les laitues et l'oseille, les 
citrouilles. 

OS, os : Bordères e Lagos Que-s coupen 
lous o.s.D. B. Bordères et Lagos se rompent 
les os. Ce dicton rappelle les rixes vio- 
lentes qui ont eu lieu très-souvent entre 
les jeunes gens de ces communes voisines. 
Foredan me los pees e las maas, e contan 
me los hos (os). H. s. Ils m'ont j)ercé les 
pieds et les mains, et ils ont compté mes 
os . — Lous de Lichos curen lous os d. b. 
Les (gens) de Lichos rongent les os. Allu- 
sion aux Cagots qui se trouvaient dans 
cette commune. Le Cagot devait «(ronger 
les os », puisqu'un autre dicton en avait 
fait lou cousii germaa de nouste caa, le 
cousin germain de notre chien. — A you 
la carn, a tu lous os. PROV. A moi la 
viande, à toi les os. « Le compère Loriot 
gobe les cerises et laisse les noyaux. » — 
Os de la rée. nav. Os des reins, le bas de 
l'épine dorsale. OsBertrand, le coccyx : 
L'os Bertrand rouiput. jou. Le coccyx 
rompu. — Laura dah l'os Bertrand. pr. b. 
Labourer avec le coccyx. Se dit pour si- 
gnifier être enterré depuis longtemps. — 
L'os binatè (de bii, vin). Les buveurs appel- 
lent ainsi le cartilage thyroïde « la pomme 
d'Adam », qu'ils humectent souvent plus 
qu'il ne faut. gram. — Os^ noyau de fruit: 
Os de prexec, noyau de pavie, os de mes- 
ple (voy. mesple), noyau de nèfle. — Coo 
d'os de prexec. ser-^i. Cœur de noyau de 
pavie, cœur dur, insen.sible. — \oy.Osse. 

Os, ouverture, ?: Far une fcnestre e très 
os. . . en la capere . . , aus Menors de Mor- 
laas.AUT. Faire une fenêtre et trois (pe- 
tites) ouvertures? dans une chapelle de 
l'église des Cordeliers de Morlaas. — Lat. 
« ostium. »? 

Ospital, Hospitau; même signification 
que Espitau. 



oss 

OSQUE, hoche, coche faite sur une 
taille pour tenir le compte du pain, de la 
viande, etc., que Ton prend chez le bou- 
langer, chez le boucher, etc. — Ha soua 
osque, faire sa provision : L'aiTOumigue 
hase souii osque, coum oum ditz, E s'amas- 
sabe de que blhe. hourc. La fourmi faisait 
sa provision, comme on dit, et s'amassait 
de auoi vivre. — Dans l'idiome du Rouer- 
gue «ouosco, osco », cran, petite entaille, 
hoche. VAYSS . , Dict . 

OSSALEES, Osscdés, Ossalois, de la 
vallée d'Ossau : L'Ossaleesn'ha de grous- 
siè que la pel/ie.n. B. L'Ossalois n'a de 
grossier que le vêtement. Allusion aux 
manières polies et surtout à l'esprit délié 
du pasteur d'Ossau. Si soun droumïlhouH, 
La lèt/t qu'en ey cause; Coque caute,y hurre 
fresc,La hitedeus Ossalees.F. r. S'ils sont 
dormeurs, le lait en est cause ; galette 
chaude et beurre frais, (voilà) la vie des 
Ossalois. Ils sont dormeurs, mais que l'on 
se garde bien « de réveiller le chat qui 
dort.» — Quand la cour tenait séance au 
château de Pau, en la sale de Pau, il ap- 
partenait aux Ossalois d'être au haut bout 
de la salle, Ossales an i)ropi cause en lo 
sohïraa cap de la. sale. F. B. On prétend 
que ce privilège signifiait que le terrain où 
le château avait été bâti était ancienne- 
ment la propriété des Ossalois. — Yoy. Pau. 

OSSAU, Ussau, Orsau, Ossau, la 
vallée d'Ossau, la principale des trois 
grandes vallées du Béarn : Las bags d'Os- 
sau, d'Aspe.de Barefoos. h. a. Les vallées 
d'Ossau, d'Aspe, de Barétons. La geiit 
d'Ossau, la gent (les gens) d'Ossau : Tas 
pleytz nade gent bau Coum erad'' Ossau. 
1). lî. Pour les plaids (procès), aucune gent 
ne vaut comme celle d'Ossau. « S'il croit 
les intérêts de la vallée menacés, lOssa- 
lois les défend avec une aveugle opiniâ- 
treté. » c''^ d'anqosse , Notices sur la 
vallée d'Ossau. Aussi dit-on : Peu plasé 
de plcyteja Que-s beiieré loul so qui ha. 
V. LAB. Pour le plaisir de i)laidcr, (l'Os- 
salois) vendrait tout ce qu'il a. Il ne le 
cède en rien au Normand, et, comme lui, 
il est familiarisé avec les termes de la 
chicane ; il parle do pétitoire, de posses- 
soire, de décliuatoiro, d'action récursoire, 
etc., aussi bien qu'un vieil huissier. » — 
Loi'sque, de la ])lainc où ils ont passé 
l'hiver, les pasteurs i)artent avec leurs 
troui)eaux pour retourner dans leurs mon- 
tagnes, ilsrépètent ce refrain d'une vieille 
chanson : Ossau, )nas aniouretes ! Ossau, 
jou m'enybau! Ossau, mes chères amours ! 
Ossau, je m'en y vais ! — En 1270, un 
clerc ([ui ne savait comment traduire en 



OUB 



111 



latin le nom de la vallée, Orsal, le dé- 
composa en ursï saltus, le bois, le pas de 
l'ours; de là les armes d'Ossau: d'azur au 
fouteau de sinople, terrassé de même, sé- 
j)arant un ours de sable et un taureau de 
gueules combattants, de deux fleurs de 
lis d'or, avec le cri Ussau e Bearn, vive la 
vaca ! Ossau et Béarn, vive la vache ! — 
As[ia ! et Orsau ! Aspe! et Ossau ! cri de 
guerre; xiies. p. meyee, Romania, ii. 

OSSE, os. Dans Ps.,fém.: Deliura-m, 
car mas ossas s'en troublen grandamen[f\ . 
Délivre-moi, (Seigneur,) carmes os sont 
fort épouvantés. — Voy. Os. 

OST; voy. Hast. 

Ostade, Ostede, « ostade », espèce 
d'étamiue : Ung jupon de miey-ostede, hielh 
e usât. ARCH. Un jupon de denii-ostade, 
vieux et usé. La demi-ostade était la même 
étoffe que l'ostade, mais plus légère. — 
VILLON, « ostade»; rabklais, « demy-os- 
tade. » 

Ostadge ; voy. Ilostadge. 

Ostalant,//ostaZoM<,quiestder«host.» 
Voy. Ost, Host. Dans F. b., édit. M azuré 
et Hatoulet, hostalant; dans F. o., même 
article, ostalant. Mal traduit jiar « habi- 
tant » ; LuciiAiBE, Recueil de textes et 
Glossaire, etc. 

Ostalant (de ostoM,maison), habitant. 
Bay. 

Ostalat ; même signification que Hos- 
talat. 

Ostau, Uostau: voy. Houstau. 

Ostede; voy. Ostade. 

Ostender, bstendir, montrer, expo- 
ser, expliquer : Fon expausatz, ostendutz, 
las greuyes. arch. Les griefs furent expo- 
sés, expliqués. Exhibi, ostendi. IB. Il 
exhiba, montra. 

Osfensilhe, ustensile, meuble : Totz 
hosteusilhes (osteusilhes), coin son coffres,) 
scahehs, taules, arcii. Tous meubles, (tels 
que sont coffres, oscabelles, tables. 

OT-E-OT (Aspe), tête-à-tête. 

OU, pour habou, il eut, de llabé, avoir. 

OU, anciennement o, ou : Bous ou you 
Vous ou moi. Lopay o lo Jilh. Le porc ou 
le fils. 

OU (Orthez), pronom complément, !<•. 
lui (à lui, à elle). .\u plur. , ous, les, m.isi-.. 
leur.. (à eux, à elles). — Voy. Eu, 1. 

OU, plur. oils; même signification (pie 
le préi'('<l(Mit. 

OUBEDI, Ouhedi, Obedir; voy. Au- 
bcdi. 

OUBEDIENCE. Oiibrdicnrc. Obé- 
dience ; vov. Aubedicnce. 

OUBERTURE, Oubertiire. Uherturr, 
ouverture. 



112 



OUB 



OVBIOwoy. Obcr. 

OUBLIDA^ Oblidar, oublier : Non 
tn'ouhlideh. Xe iiroubliez pas. Tu es are 
ohlhlat. rs. Tu es maintenant oublié. 

OUBLIGA, Obligar, obliger.— Ohli- 
gua coos e hees. akt. 11 engagea corps et 
biens, il s'obligea ])ar corps et biens. — , 
réf. : Prometo e s'ohliga que... eg prenera 
lier inoJher GualJiardine. M. b. Il promit 
et s'obligea qu'il prendra (il se lia par la 
promesse de prendre) pourfemraeGaillar- 
dine. — Beijz obligatz. bay. Biens engagés, 
biens sur lesquels un créancier a des droits. 
Obligar lo heg per deute o pier segurtat. ]B. 
Engager le bien pour dette ou caution. 

ÔUBLIGANCE, obligation, engage- 
ment que l'on contracte, acte par lequel 
on s'oblige à payer... — Voy. Obligance. 

OUBLIGAT, masc. : même signifi- 
cation que le jnécédent : Bié doumaa pier 
passa l'oubligat. N. PAST. Viens demain 
pour passer l'acte. 

OUBLIT, Obliit, oubli: Lo praube 
en sa j^ratibetat En obliit no sera boutât. 
PS. Le pauvre en sa pauvreté ne sera pas 
mis en oubli. 

OUBOUR: mémesignif. que Auhour. 

OUBRA, Oubra, Obrar, ouvrer, tra- 
vailler, façonner: Cargue d'estanh oubrat. 
V. R. Une charge d'étain façonné (d'objets 
d'étain). Un pietit casau bien oiibrat. i. s. 
Un petit jardin bien travaillé. Obrar de 
pienii, fabriquer des peignes : Companhoos 
qui obraben depiienti. bar. Des compagnons 
(des ouvriers) qui fabriquaient des peignes. 
Arnaut obre cummaeste defuste au castet. 
ENQ. Arnaud travaille comme maître char- 
pentier au château (d'Orthez). — Obrar e 
j)laniar, construire et planter : Las obras 
de obrar e de planfar . F. b. Les travaux 
de construction et de plantation. ' 

OUBRADÉ ; même signification que 
Obradé. Ohredcr. 

OUBRADOU, Obrador, ouvrier, ar- 
tisan. — , ouvroir, atelier, boutique. 

OUBRATYE, Oubradge, Ohradge, ou- 
vrage ; travail : Prometo averfeyt l'obradge 
a lafeste de Pasques. art.- Il pi-omit d'a- 
voir fait l'ouvrage à la fête de Pâques. 

OUBRÈ, ouvrier: Dus rags, lu .souUaf, 
Pautoubrè. NAV. Deux frères, l'un soldat, 
l'autre ouvrier. — Uoubrè suprèmequi nha 
lexat arré sens ourdi dens la soue créature. 
IM. L'artisan suprême qui n'a rien laissé 
sans ordre dans sa création. 

OUBRÈ, Obrer, ouvrier, ouvrable : 
Die oubrè, joui' ou\rier. Quada (cada) 
jorn obrer de ï\<^ lxix dies obrers que ha 
en Van. art. Chaque jour ouvrier des 269 
jours ouvrables qu'il y a dans l'année. 

OUBRERIE:voy. Obrerie. 



OUL 

OUBRI, Oilbri, Obrir, ouvrir : Lou 
cm que-ns bien oubri. noel. Il vient nous 
ouvrir le ciel. Bièrge, que p'oubrirèg moun 
coo. V. BAT. Vierge, je vous ouvrirai mon 
cœur. Lou cèu s'oiibreix. noel Le ciel 
s'ouvre. You bou-nprègui,, amigue. oubritz. 
HOURC. Je vous en prie, amie, ouvrez Oa- 
bert, ubert, ouvert: Porte ouberte, porte 
ouverte; mnas libertés, mains ouvertes. 
— Xoy.Aubri. Oiirbi. 

OUGUPA, 0«'c;i//>a, Ocupar, occuper: 

Occupât de malaudie no ère podut 

vler. ARCH. Retenu par maladie, il n'avait 
[Hi venir. — Los crededors fen occupar e 
arastar. IB. Les ci'éanciers font appréhen- 
der et arrêter (les débiteurs). — "Voy. Au- 
cupa, Ocupa. 

OUCUPADOU, Oiïcupadou. Ocupa- 
dor, occupant. Voy. Aucupadou, Ocujm- 
dou. 

OUDIOUS, Odios, odieux : A Inr sic 
per odios. arch. Qu'il leur soit (qu'ils le 
tiennent) pour odieux. 

OUFFENSA, Oiifensa, Offender , 
offenser. Voy. Auifensa. 

OUFFENSE, Ôiiffense, Offense ; même 
signification que Auff'ense. 

OUFFERTE. Ôiiferte; voy. Aufferte. 

OUFFERTOU, Oiiffertou ; même si- 
irnification que Auffertou. 
^ OUFFICIÈ, Àufticiè, Officier, offi- 
cier : Qu'hahè serhit lou rey bingt ans coum 
oufficiè. p. il avait servi le roi vingt ans 
comme officier. — Totz nos officiers e sos- 
nies vos j)restin hohedience {obédience), n . 
Que tous nos officiers et vassaux vous prê- 
tent obéissance 

OUFFRI, Oitffri, Offerir, offrir. Voy. 
Auffri ; Auheri. 

OUGAN ; voy. Hoiigan. 

O'DI, oui; se dit par imitation du fran- 
çais. 

OULE, Ole, pot, marmite. 

OÙLiHADE; même signification que 
Aidhade. 

OULHAUrBay.), filet pour lâchasse. 

OULHE, Oiilhe; même signification 
que Aulhr, Aolhe, Oelhe. 

OÛLHÈ-, voy. Aulhè. 

OULIA, huiler, imbiber d'huile : Sa- 
!■ (de plaa ouliadcj Sd.\ade bien huilée (où 
l'on a mis de l'huile suffisamment). 

OIJLIAT, potage que l'on fait avec de 
l'ail et de l'oignon. Son nom lui vient de ce 
que primitivement on y mettait de l'huile 
au lieu de graisse. — Les ivrognes, le 
lendemain d'une « ribote », se font servir 
lin oïdiaf : on l'appelle ouliat hriagau (de 
briac, ivre). 

OULIBE, Olibe, olive : Contes de co- 



OUM 



OUN 



113 



ralhfeytz coiim olihes. arch. Chapelet de 
grains de corail faits comme olives. Ou- 
lihete, dim. 

OULIBÈ, Oliber, olivier: Vostres 
vinlies e olivers. ii. s. Vos vignes et (vos) 
oliviers. ( « Oliver, champ d'oliviers » ; 
erreur dans le Glossuire des Récits cVHis- 
loire Sainle. ) 

OULIBETES, olivettes, danse pro- 
vençale pendant ou api'ès la récolte de< 
olives. Voy. mistiiai., Dict. « Ouliveto. » 
On emploie ce mot en béarnais dans la 
locution Jm dansa las oulihetes, faire dan- 
ser les olivettes, au sens de l'expression 
fr. « donner une danse à quelqu'un », le 
battre. 

OULIBETES, voy. OuUhe. —, terme 
populaiic, les testicules. 

OU LIÉ, Olier. fabricant, vendeur 
d'huile. — Voy. (Jlier, 1 . 

OULIÈRES, fém. plur., huilier, us- 
tensile contenant les burettes où Ton met 
rhuilo et le vinaigi'e. 

OULIOUS, huileux. 

OUM, Om, orme : Lous payruns deu 
hi/(ifi/e DehuL l'onm coiuuunau. lam. Les 
grands-pères (les anciens) du village sous 
l'orme communal. Sus la place de l'orn. 
F. Eyl. Sur la place de l'ormo. — Voy. 
Ouriiièu, Aunie. 

OUM; voy. Oiin, 1 . 

OUMBRADGE, ()uinhmtye, om- 
bra.uo. 

OUMBRATJA, Oumhratya, ombra- 
ger : Pruu loumi teiiq)s a, hen-aye Diu ! 
qu'uqueres liantes mountïncs oumhratjen 
nouste bal. I!(;iî. 11 y a bien longtemps, 
béni soit Dieu ! que ces hautes montagnes 
ombi-agent noti'c vallée (d'Ossau). 
t OUMBRE. Ouiitpre, Ombre, ombre. 

Oumbrete. ()um]>relc, dim. A l'ouml/rele, 
sous le frais ombrage. Flous e oumpretes. 
LAM. Fleurs et doux ombrages. — Avec le 
verbe ha, faire, ha ouuihre, au fig., « por- 
ter ombrage», inquiète^': Bè-t'en,qne-m hès 
oumhrc. Va-t-en, tu me fais ombre, « ôte-toi 
démon soleil )).Au fig., tum'importimes, tu 
m'incommodes, tu m'ennuies. — , abri, jjro- 
tection : L'ombra de to» ala savta. rs. 
L'ombre de ton aile sainte. Ombra clara, 
pioteclion éclatante , manifeste : Siius 
Idiis bayletz ton ombra sia clara. ib. Que 
sui' les serviteurs ta piotection soit ma- 
nifeste. — Lou jiarsaa de bis Oumbrcs. 
V. iiAT. (( Le i-oyaumo des morts. » 

OUMBREJÀ, Oumiirryti, ombrager. 
\ oy. Ouinjireja. 

OUMBRÉRE: vnv. (himprcre. 

OUMBRÉYRE. Ombreire, om- 
brage :Z,o.s rcdals boalcrs drSala...jtcrlu 



entretenemcnt de l'ombreire deus bestiars en 
temps d'esiiu. COUT. s. Les défensde Soûle 
« pour l'entretenement de l'umbrage des 
bestails en temps d'esté. » J. diî bêla. 

OUMBRIU ; voy. Oumpriu. 

OUMBROUS, ombreux, qui donne de 
l'ombre, qui est couvert d'ombre : Heiis 
la, cajjère oumbrouse. V. BAT. Dans la 
chapelle ombreuse. 

OUMELIC ; voy. ^reUc. 

OUMETE(dini. de oum, orme), féui., 
ormeau. — No\. Aumute. 

OUMETE, "^Ometer, omettre: Per 
manière de brebitat ey ometut... ARcn. Pour 
manière de brièveté (pour abréger), j'ai 
omis. . . 

OUMPRE; même signification que 
Oambre . 

OUMPREJA. Oampreya, ombragei'. 
— , réf., se tenir à l'ombre, au frais sous 
l'ombre. — Débat ed ed s'ompreia. PS II 
s'abrite sous lui (il prend son bon plaisir 
en lui). 

OUMPRÈRE, oniljre, beaucoup d'om- 
bre, ombrage: Nou bey pas las ptyres deu, 
camii. . . Tout que-m hc grau oumjjrère. 
PR. B. Je ne vois pas les pierres du che- 
min... Tout me lait grande ombre. Lus 
oumprèrcs, las oumbrères, les lieux om- 
bragés. 

OUMPRIU, Oumbrii, qui esta l'om- 
bre, qu.i n'est pas exposé au soleil. — 
Senti l'uumpriu, sentir l'ombre, le ren- 
fermé. 

OUN, Oum, Om, on : Oun nou pot ha 
tout a soun lésé. On ne peut tout faii'e à son 
loisir. Oum ditz lou vtau mcy facilement 
que lou bee. m. On dit le mal plus faci- 
lement que le bien. L'oum, l'on : Si au 
temps de l'esprabe l'oum se soustié dab. pa- 
ticncie. iB. Si au temps de l'épreuve l'on 
se soutient avec patience. Oni ac dit. n. 
On le dit. — Voy. Ilom. 

OUN, On, Ont, où: Ans coustalatzde 
Gan, oun caidc la ciijale. nav. Sur les co- 
teaux de Gan, où chante la cigale. Lo pral 
on l'honii mort es sepclit Aiicn. Le pi'(' 
où l'homme tué a été enseveli. Arnaulun, 
vos ont nos miat~. H. A. Arnauton, où 
nous menez-vous"? /low» ^Aspe, Haretous : 
Aoun soun adare aquetz douctousf iM. Où 
sont maintenant ces docteurs.— Voy. 0/\ '2. 

OUN, [lour hahoun, ils eurent, de llahc, 
avoir. 

O U N G E , Once, i>oids : l'nr ,ni.<r. 
(oiicci de SI (le. H. i lie once de soie. — 
Voy. ( hice . 

OUNCLE, Oncle, oncle : Ounclrs r. 

m huUt:. t Mirb'S et IH'VOUX. 

OUNGOÈRE ; môme signification que 
Encoè, Encocre. 



114 



OUR 



O UN COU, Oncon, Oncoo, oncle: 
Plaa qui nou i^'hayi counerjut, Ouncou, 
bous s'iatz lou iilaa hhnrjul ! x.w. Bien que 
je ne vous aie pas connu, oncle, soyez le 
l)ienvenii ! Que hienè d'hereta d'u ouncoun 
d'Amérique, orthez. Il venait d"héritci' 
d'un oncle d'Amérique. Un oncoo, frai/ de 
son pny. ENQ. Un oncle, frère de son 
père. Onco, dans le même texte. Oncon e 
nehod. h. o. Oncle et neveu. — Ouncou, 
aïeul: Abraham, nouste ouncou . N . past. 
Abraham, notre aïeul. 

OUNCOUN : voy. le précédent. 

OUNCTIOU" Onctiou, onction. — 
U Extrtme-Onctiou . cat. L'Extrôme-Onc- 
tion. — Oindre se dit Unta. 

OUNDRA. Ondrar ; voy . Hondrar . 

OUND RABLE, Oudrable ; voy. 
Iloiidrahle . 

OUNDRADAMErTT ; même signi- 
caton (pie JIondra(himent. 

OUNDRE, ornement, parure, bijoux. 
— Voy. Eoundre. 

OUNZAU, Onzaî, onzième : L'onzal 
de Juin, 1580. p. R. Le onzième jour, de 
juin. On dit aujourd'hui plus fréquemment 
oun-^ième. 

OUNZE, Onze, onze. 

OUNZIÈME; voy. Ounzau. 

OUPINIOU, Oûpiniou ; voy. Opinion, 
Aupiniou. 

OUPRESSIOU, Oupressiov, Opres- 
sioo, oppression. 

OUPRIMA, Oûprima, opprimer. — 
Voy. Opqjriiiiir . 

ÔUPTA, Optar, opter. — , désirer. 
Ouptat, optât, participe passé employé 
comme substantif: Bénir a son optât, bar. 
Venir à son désir (à ses fins). 

OUPTIOU, Option, option, choix. 
— , désir. 

. OURADGE , Ouradge , ovage : Nou 
hin James deu cèu cade tua gran ouradge. 
F. Égl. On ne vit jamais du ciel tomber si 
grand orage. On dit aussi ourafye, oii- 
ratije, auradge, auratye. — Lat. « aura- 
ticum. » 

OURAD JOUS, Oûradjous, orageux . 
Ouratyous, oâratyous ; Auradjous, aura- 
tyoïis . 

OURATOU, orateur : Tant de cridas- 
sès, pretendutz ouratous. nav. Tant de 
criaiileurs, prétendus orateurs. 

OURBI, Orbir, ouvrir : Deya per las 
maysous que sorhen las frinestes . A. M. 
Déjà aux maisons s'ouvrent les fenêtres. 
Ourbi la bousse epara Vesquie. lett.orth. 
Ouvrir la bourse et tendre l'échiné (payer 
l'impôt et tout subir). Orb soun toubaque- 
rot, y qu'en suce ne prese. ^^AV. II ouvre 



OUR 

sa petite tabatière, et il aspire une prise 
(de tabac). En ourbint la perpere. lam. 
En ouvrant la paupière. — Voy. Ouhri, 
Aubri. 

OURDENARI; voy. Ourdinari. 

OURDENARIMENTZ; voy. Ourdl- 
narineni::. 

OURDI, Ordi, masc, ordre, com- 
mandement : Qu'habetz dat ourdi... v. 
BAT. Vous avez donné ordre (vous avez 
commandé). Ordese dît aussi: Aubedi aus 
ordes. Obéir aux ordres. — , arrangement, 
disposition des choses : N'ha lexat arré 
sens ourdi dens la soue créature. iM.(Dieu) 
n'a rien laissé sans ordre dans sa création. 
— Lous très ourdis, les trois ordres des 
Etats, la noblesse, le clergé, le tiers état. 
Quoand deu Bearn, a Pau, cade an, lous 
deputatz Deus très ourdis tienèn autes-cops 
lous Estatz. P. Quand du Béarn, à Pau, 
chaque année, les députés des trois ordres 
tenaient autrefois les Etats. — , fém., or- 
dre religieux : Las maysous de las ordis 
ni deus hospitaus . F. B. Les maisons des 
ordres religieux et des hôpitaux. — Ourdi, 
genre, espèce : Gran sacerdot tu es de 
l'ordi quera Melchisedech . PS . Tu es 
grand prêtre ( grand sacrificateur) à la 
façon de Melchissedech. 

OURDI, Ordir, ourdir. 

OURDIA, commencer. — Lat. « or- 
diri. » 

OURDIAT, qui a de l'ordre : Ilemme 
ourdiade. Femme qui met et tient tout 
en ordre dans la maison, dans le ménage. 

OURDIDÉ , Ourdiner , ourdissoir : 
Un ourdiner nb sa broucade.ARCB .Un our- 
dissoir avec ses broches. 

OURDIMI, la chaîne, les fils d'une 
étoffe entre lesquels passe la trame. 

OUDINARI , Ordinari, ordinaire. 
Ourdenari se dit aussi. — L'ourdinari, 
l'ordinaire, ce qu'on a coutume de servir 
pour le repas. — Ha drin de part a l'our- 
dinari, dans NAV., faire un peu de part à 
l'ordinaire, donner un peu de ce que l'on 
a, de ce dont on jouit. 

OURDINARIMENTZ , Ordina- 
rimentz, ordinairement. Ourdenarimentz 
est aussi usité. 

OURDINATIOU, Ordinatioo, or- 
dination, action de conférer les ordres de 
l'Eglise. — , ordonnance, arrêté. — Voy. 
Ordinatioo . 

Ourdiner ; même signification que 
Ourdidé. 

OURDISSADGE, Ourdissatye, our- 
dissage. 

OURDOUNA, ordonner, commander. 
— , arranger, disposer. — Voy. Ordena. 



OUR 

OURDOUNADOU, Ordenador, or 

doniiateur, qui ordonne, qui dispose. — , 
arbitre, celui qui prononce définitivement 
dans un différend. 

OURDOUNANGE, Ourdounence, or- 
donnance. — Voy. (Jrclonance . 

OURDOUNKÈ, Ordognè, ordonnateur: 
Picot j' ère partit; qxCère lummat d'auffici, 
Dah Elie, ordognè la régla lou serhici . n.w. 
Picot était parti; il était nommé d'office, 
avec Elle, ordonnateur pour régler le ser- 
vice. 

OURE (Bay.), où: Houni clare.... 
(Jure bas te mirulha. ariel. Une claire 
fontaine où tu vas te mirer. — Voy. or. 2. 

OÙRELHAA, OÙRELHE; voy. 
AureUidii, Aurcllic. 

OURESOU, oraison, prière -.Loii^â- 
tcv que. non s aperam l'ouresou doiimhûcale. 
('AT. Le Pater que nous appelons Toraison 
dominicale . — Voy . Auresou. 

OURGINAU : vov. Ourirjinau. 

OURGULH. Orgulh, orgueil : Entra 
en la Tetiqile ah grau superbia e orgidh. 
H. s. Il entra dans le Temple avec grande 
superbe et orgueil. — , violence : Siliom 
faze mail ne orgulh ne force ans carviccrs. 
Cil. d'orth. Si l'on faisait du mal aux 
bouchers; sil'onusait contie eux de force, 
de violence. Forces é orgidhs. iîay. Vio- 
lences et voies de fait. Fèyt d'orgulh, acte 
de violence, voie de fait : Ilorn aperefeyt 
d'orgulh, qui fe plague o trey arma be- 
dade en la car r ère deu senhor. F.B. On ap- 
pelle <( fait d'orgueil », quand on fait plaie 
on que l'on tire arme défendue dans la 
rue du seigneur. J'*^f?/< de sanc e d'orgulh. 
Bar. Acte de violence qui a fait couler le 
sang. 

OURGULHOUS, Orgulhoos, or- 
gueilleux, arrogant : Se demostra trop or- 
gulhooif.F. n. 11 se montra très-arrogant. 

OURIGINAU, Originau, Original, 
originel : Lou perçai originau. cat. Le 
l)éché originel. — , original : Los clsterns 
originals deus... statulz deus Estatz.\ncn. 
Les cahiers originaux des statuts dos 
Etats. — Ourginau ; se dit en parlant d'un 
indïvidn : ylr/ueste homi, quin ourginau! 
Cet liomme, quel original. 

OURIOU, Oiirioii; même signification 
que /[urioii. 

OURLA, ourler. Ourlât, ourlé. — , 
joint, nni comme par une couture, en 
parlant de personnes qui sont toujours 
ensemble : Couni Birgiuie a Paul ourladc. 
N.LAB. Comme Virginie cousue à Paul. 
— <( Elle ne s'est point condamnée à être 
Cdusiie avec la reine. » skviuné. 

OURMÈU, ormeau : La qui-m dcbès 



OUS 



115 



amia débat l'ourmèu. lam. Celle que tu de- 
vais m'amener sous l'ormeau. — Ourmèu 
est le mot fr. « ormeau » que l'on a <( béar- 
nisé. » Voy. Oum, om, du lat. « ulmus. ■> 
OURNA. Ornar, orner, parer. 
OURNAMENT. Ornament, orne- 
ment: Qu'èy bist parti ta. la ribère l'ourna- 
ment de nouste bedat. nav. J'ai vu partir 
pour la plaine l'ornement de notre village 
— Voy. Bedat. 

OURS, Om.s, Oos, Os,ours: Quepujam 
tout dret Decap a Brousset, Pays d'ours y 
sarris. F. LAB. Nous montons tout droit 
vers Brousset, pays (montagne où sont) 
des ours et des isards. Lous ous, Jou crey, 
soun mey dons Que ma joe.ne bergère, w . 
Les ours, je crois, sont plus doux que ma 
jeune bergère. Dab dus centz cabales anabc 
cassa Vous. G. BAT. (Gaston-Phœbus) allait 
avec deux cents cavaliers chasser l'ours. 
L'oos e lo leon. H. s. L'ours et le lion. — 
Oussat, ourson. — Tua. r ous, tuer l'ouis ; 
voy. Loup. — Senti l'ours, sentir l'ours : 
sentii- mauvais. — En fi\, II fleure « bien 
plus fort, mais non pas mieux que roses. » 
RÉGNIER, Sat. — Sargue bermelhe brodade 
ah la casse de l'os. Anru., Inventaire des 
meubles et joyaux d'Elconore de Navarre. 
Serge rouge où était brodée la chasse de 
l'ours. 

'OURSE, Dusse, ourse. — Tua r eusse, 
tuer l'ourse. — Voy. Loup. 

OURSE, qui est de l'ours, qui ap[)ar- 
tientà Tours. — , grossier, rude. Sobriquet 
des habitants d'Asson: Ourses d'Assou. 
D. B. Allusion à leur rudesse. L'ours fré- 
quente les hautes montagnes de cette 
commune. — Voy. Ousnatè^ 

OURTA (de alwurta), avorter. 

OURTIGA , i»iquer avec une ortie , 
avec dos orties.—, réf., se piquer aux or- 
ties. 

OURTIGAA, lieu où il va des orties. 

OURTIGUE, ortie. — 'Ue quelqu'un 
qui est d'humeur i)cu facile, on dit: Dou!< 
coum u jmnh d'ourtigues. Doux comme 
une poignée d'orties. — Vov. Ourtigut 

OURTIGUÈRE. fém.,'lieu où'il y a 
dos oities. — , ui'tioaire. 

OURTIGUT, « urticé », qui est, qui 
pique comme l'ortie. — U ourtigut. un in- 
dividu peu commode : « Qui s'y frotte, s'y 
[licpie. » — Vov. Ourtiguc. 

OURTOU, avorton. Voy. Ourta. 

OUS ; voy. Ou (Orthoz), pronom. 

OUS, i.luriel de Oii. 

OUS (Ossau) ; môme signification ouo 

Ours. ' 

OUSSAT: vov. Ours. 

OUSSATÈ, cLasseur d'ours. Sobriquet 



116 



OUT 



0X0 



des habitants d'Assousto: Oussatès d'As- 
souste. 11. B. — Ours se dit ours et ous: de 
là les deux adjpctifs ourse et oussatè, en- 
tre lesquels il _v a une différence de signi- 
fication bien marquée : ourses, gens gros- 
sierscomme Tours, les gens d'Asson; ous- 
satès, chasseurs d'ours, les gens d'Assouste. 

OUSSE; voy. Ourse. 

OUSSE, pour Jiahousse, qu'il eût, de 
Huhé, avoir. Dusses, que tu eusses. 

OUSSERILHE, fém. sing., terme de 
mépris, des os, débris dos. 

OUSSI, pour hahoHssi, que j'eusse. 

— Voy. (Jusse, 2. 

OUST, Oost, août: A la prumere 
Senta-Marie d'oost. ARCH. A la première 
(prochaine fête de) Sainte-Marie d'août. 

— Voy. Aoust, Agoust. 

OUSTA, Ostar, ôter: Ostatz tôt asso. 
H. s. Otez tout ceci. — Ostar depeccat. 
IB. Détourner du péché. — Un maynat qui 
de la leyt Per sa may medixe es ostat. PS. 
Un enfant qui par sa mère même est re- 
tiré du lait (est sevré). — Feri un serbent... 
e hosta-u (osta-u) l'aurelha dreta. H. s. Il 
frappa un serviteur et lui enleva l'oreille, 
droite. 

OXJSTATJ, Ostau ; même signification 
que Iloustau . 

OUSTRE, outre: Passar oustre. F. 
P^gl. Passer outre. — Voy. Outre. 

OUTRADGE; voy. Ôutratye. 

OUTRANCE, Otransa, outrance: A 
toute otransa. rs. A outrance. — Deliura-s... 
de Votransu. IB. Tu délivres (l'affligé) de 
l'excessive violence (du méchant). 

OUTRATJA, Outratya, Otradyar, 



outrager : Lo menassa de otradyar per vie 
de feyt. bar. 11 menaça de l'outrager par 
voie de tait (il menaça de le frapper). 

OUTRATJOUS, Otradjoos ; voy. 
Outratyous . 

OUTRATYE, Oufrac^^re/Otradje, ou- 
trage. 

OUTRATYOUS, Outratjous, outra- 
geux. — Dans PS, l'otradjoos, subst., le 
violent. 

OUTRE, Oltre, Otre, outre, au delà: 
Lo hesconte no jiot dar ni alienar de son 
jjatrirnoni sedent otre de sa hite. F. B. Le 
vicomte (le souverain de Béarn) ne peut 
donner ni aliéner (rien) de son patrimoine 
immobilier au delà de sa vie. Maridat oltre 
lo gratde sons parens . couï. s. Marié ou- 
tre le gré (contre le gré) de ses parents. 
— Voy. Oustre . 

OUTREGUTAT, Otrecutat, outre- 
cuidant : L'otrecutat qui braga. PS. L'ou- 
recuidant qui fait le fier. 

OUY, au lieu de liabouy,ye\is, de Habé, 
avoir. 

OUYA, sinon, si ce n'est : Qui-j) pon- 
dère nuise, ouya boste enemic ? Qui vous 
pourrait nuire, sinon votre ennemi. Tout 
qu'ey bunitat, ouya ayma Diu e serbi-u soûl 
IM. Tout est vanité, si ce n'est aimer Dieu 
et le servir seul. 

OUY AMI, Oujami; voy. Aujaini. 

OÙYOU ; voy. Auyou. 

OÙYOURADE ; même signification 
que Auyuurade. 

OXOLE, Ocliole, dans quelques textes, 
ARCii., au lieu de Exole. Voy. ce mot. 



P sonne fort à la fin des mots : Cap, 
tête ; cop, coup ; plap, tache ; sèrp, serpent. 

Dans le corps de certains mots, p, forte 
labiale, s'assimile à t, forte dentale, qui le 
suit : Dissatte, pour dissapte, samedi; re- 
catta, pour recapta, recueillir, mettre en 
lieu sûr ; .mettante, pour septante, septante ; 
setteme, pour septeme, septembre. 

On ne trouve qu'un petit nombre d'exem- 
ples de la substitution du t au p final: Cot, 
pour cop, coup, fois ; cat, pour cap, tête. 
— Cette substitution est plus fréquente 
dans l'idiome d'Agen. — Voy. jasmin. 

2? est muet après m dans les mots camp, 
champ, temps, temps; prononcez cam , 



tems ; il ne se fait pas entendre non plus 
dans sept. Il s'est changé en m dans sem- 
mane, semaine^ et en y dans caytiu, misé- 
rable. 

Anciennement, ^j muet se trouvait entre 
m et n dans un assez grand nombre de 
mots ; on écrivait : Dumpnudge, dommage; 
femjme, îevaxwe; feste solenipne, fête solen- 
nelle, et l'on prononçait comme aujour- 
d'hui: Damnadge, hemne. 

Les deux consonnes ps sont muettes à 
la fin de toustemps, toujours; on dit tous- 
tem. Mais loungtemps, longtemps, se pro- 
nonce lountems. — Cf. Gram. béarn., 2" 
éd., p. 58-80. 



PAA 



PAC 



117 



P, vous, complément direct et indirect: 
You-p proumeti, la hère, dep'ayma tendre- 
ment. DESP. Je vous promets^ la belle, de 
vous aimer tendrement. — Voy. Bous. 

PAA, Pan, pain : Paa blanc, pain 
blanc ;^aa grïs (pain gris), pain bis. Paa 
sens Ihebadure. H. S. Pain sans levain, 
Paa esgarp (Oloron; voy. Escarp). Pain 
bien levé, bien fait. Prest'mheres qui fen 
pan a hener. bay. Les boulangères qui font 
du pain à vendre. — Anciennement, paa, 
pain, o\x paa e hii, pain et vin, signifiaient 
possession, dépendance, sujétion : Lo hes- 
tiar a mon pj'^fi- F. B. (Le bétail à mon 
pain) le bétail que je possède, mon bétail. 
Tothomi qui sonpaamedix minge. IB. Tout 
homme qui mange son pain (qui s'appar- 
tient, qui n'est sous la sujétion de per- 
sonne). Si yo ey domenyadure, a mi se deu 
homclamar de macompanhe e démon paa. 
IB. Si j'ai domenjadure (domaine noble), 
on doit se plaindre à moi de mes gens et 
de mon pain (et de mes serviteurs). Que 
no sie paa ni vii, ni companh dequeg que-u 
treyra. IB. (Témoin est valable pourvu) 
qu'il ne soit ni pain, ni vin (qu'il ne soit 
des serviteurs), ni des gens de celui qui 
le présentera. Filh ofilhe fore de pan e de 
vin. BAY. Fils ou fille hors de pain et de 
vin de... (fils ou fille émancipés, hors de 
tutelle). — Minya lou paa deu rey . PB. B. 
Manger le pain du roi. Etre en prison. 
(( Les geôliers auront leur recours par-de- 
vantlacouren laTournelle, pour être rem- 
boursés sur les deniers du fisc du pain du 
roi qu'ils fournissent aux condamnés », 
deu paa deu rey qui four nechen aus crimi- 
nels condamnatz . P. R. — Minya lou paa 
de la nonce. Manger le pain de la noce. Se 
dit proverbialement pour signifier « être 
dans la lune de miel.» — Paa benedit ou 
henadit, pain bénit. A la distribution du 
l)ain bénit, on dit (Oloron): Paa benadit 
jou bau minja, Nou pas per m'en arregoula, 
Mesper moun ame me sauba. Je vais man- 
ger du pain bénit, non pour m'en rassa- 
sier, mais pour sauver mon âme.— Enigme 
dont lou paa benedit, le pain bénit, est le 
mot: Qui ha tout dimenge ta misse haute 
E nou ha James a brèspes ? Qui va chaque 
dimanche à la grand'messe et ne va ja- 
mais à vêpres ? 

PAA, Far, Parèlh, couple, paire : Un 
paa de goanteletz. r. Une paire de gante- 
lets. Dus pars de capoos. bar. Deux paires 
de chapons. Detz parelhs de boeus. k. Dix 
paires de bœufs. 

PAA, pair : En paa, en nombre pair. 
Paa, despaa, pair, impair. — Au /xm, au 
pair. — , eu comparaison de. 

TOME 11 



PAA, pan, partie d'un mur: Démolir 
la murralhe tôt per intègre paa per paa . 
ARcn. Démolir la muraille tout entièrement 
pan par pan. 

PAACOQUE,boulanger,etnon« pain- 
gâteau »j comme on l'a prétendu dans le 
Bulletin de la Société des se, lett. et arts de 
Pau, 1874. — RATNOUARD « pancagola », 
cuiseur de pain. 

Paacoser; même signification que le 
précédent : Une pacossere de Lascar, arch. 
Une boulangère de Lescar. 

PAA-PAUSAT (pain-posé, rassis) ; 
par cette dénomination, on désigne l'in- 
dividu qu'on appelle en fr. « sainte-nitou- 
che. » Pan-pausat (Bay.) 

Paas ; voy. Pas, 1. 

PAA-SEGNÈ, pain bénit. 

Paater ; voy. Panater. 

PABE, paonne, femelle du paon et du 
coq de bruyère. — Voy. Pau, 2. 

PABEROIJ ; même signif. que Papa- 
rou, 2 . 

PABÉS, Paues, pavois, bouclier : Lo 
panes E lo fort glavi p)odat es. PS . Le bou- 
clier est rompu et le fort glaive (aussi) . 

Pabeser, armé d'un bouclier. — , fabri- 
cant de boucliers. Dans dén. ^;afeser. 

PABILHOU, Pabilhoo, pavillon.— 
Quoau es lo qui habilara en ton pavilhoo...? 
PS. ( Eternel 1 ) qui est-ce qui séjournera 
dans ton tabernacle? 

PABOU, paon.— Voyez PaoM. Pau, 2. 

PAC, payement partiel, à-compte à 
payer à un terme fixé : Cent livres paga- 
dors en dus pacs, lo prunier la Candelou, 
l'autre la Pentacoste. sér. Cent livres paya- 
bles en deux parts, la première à la Chan- 
deleur, l'autre à la Pentecôte. 

PACAA, « payant », rustre, grossier. 
Pacanas, aug. — Sobriquet des gens de la 
commune de Momas : Pacaasde Momas. 

PACADGE, Pacatye, pacage. P. R. 

Pache ; voy. Paxe. 

PACHE; même sienification que Pcjce. 

PACHERA, PACHERAA; voy. 
Pa.rera. Pa.reraa . 

PACHERADGE, Pacheratye; voy . 
Paxeradge. 

PACHERADOU ; même signification 
que PdXi'radou. 

PACHÈRE, Paxère, barrage, digue : 
Nasses e pacliircs sus loujhihy deu Gare. 
P. R. Barrages et digues sur le cours du 
Gave. — , rigole : Las pachères deu me prat 
N'hnn coulât autant d'ayguete. pksp. Les 
rigoles de mon pré n'ont pas coulé autant 
d'eau. 

PACHERENC; voy. Paxerenc. 

PACHÈT. PACHOU; même signi- 
fication ({ue Paxit. Paxdu . 8 



118 



PAG 



PACHIU ; voy. Piicheu. 
PACHOC, lourd, qui se remue avec 
peine : Lous carpaufz triputz e pachocxs... 
Saufaben sus las heiis. lett. orth. Les 
crapauds, ventrus et lourds, sautaient sur 
les fougères. 

Pacote, paquet, ballot. — Port. « pa- 
cote. )> 

Pacoteres, marchandises en paquet, 
en ballot. 

PADENA; vov. Padera. 
PADENE; même signification que 
Padtre. 

PADERA, Padena, faire frire, cuire 
dans la poêle. 

PADERADE « poêlée », le contenu 
d'une poêle. 

PADÈRE, poêle : L^oeu pascau qu'ey 
a la jjadère, N. lab. L'œuf pascal (Fonie- 
lette de Pâques) est à la poêle. — 11 est 
d'usage, le jour de Pâques, de manger une 
omelette a la pus, au saucisson. — Gour- 
mand coum padère, que-s jninjai'é las cor- 
nes de Mahoumet (Oloron). Gourmand 
comme la poêle, il mangerait les cornes 
du diable. Padère^ seul, est employé pour 
signifier gourmand. Celui que l'on appelle 
padère de Carnahal, poêle de Carnaval, 
est très-gourmand. — Qu'han escarrat la 
padère. Ils ont écuré la poêle. Se dit pro- 
verbialement, on ne sait pourquoi, d'un 
mariage qui se fait un jour de pluie. — 
Enigme dont la padère, la poêle, est le 
mot : Coude de paloume, Roudet de moulii, 
Que-t dau tout Bayoune, Si t'y escadz tau 
mata ?PTi. B. Queue de palombe, petite 
roue de moulin, je te donne tout Bayonne, 
si tu tombes juste (si tu trouves ce que 
c'est ) d'ici à demain matin ? 

PADEROU, poêlon. — .enfant gour- 
mand. 

PADOENCE, Padoensa, droit de 
pacage. Padoesse. arcii. m. 

PÀDOENCÈ, Padoenser, qui a droit 
de pacage. 

PADOENT, pacage : La padoent ape- 
rat loJunquee. DiCT. Le pacage appelé le 
« Junqué. » C'est aujourd'hui la grande 
place de la commune de Jurançon. 
Padoesse; voy. Padoence. 
Padoir {pado-ir), paître, faire paître. 
On disait aussi apadoir. 

Paduir; même signification que le pré- 
cédent. 

PAGA, Pagar, payer: Pagahe ben 
prauhamentz los obrès. bar. Il payait bien 
pauvrement les ouvriers. On dit des gens 
de la commune de Bellocq: Bonne cautiou 
de Belloc, Ere nou pague, you tapoc. 
Bonne caution de Bellocq. elle ne paye 



PAG 

pas, moi non plus. — Payât, apaisé, satis- 
fait: Pagatz o irafz. ar^h. Apaisés ou ir- 
rités. Pi'osine no thienltl se pagode ne con- 
tente de Bernât, son marit. M. B. Prosine 
ne se tenant (pour) satisfaite ni contente de 
Bernard, son mari. Quant ag audi Saul, 
fo trop paguat. H. s. Quand Saûl entendit 
(apprit) cela, il fut très-satisfait. — Prega 
e p>aga qu'ey trop. PR. H. Prier et payer, 
c'est trop. En vieux fr. « Asses achate 
qui demande. » — Pour signifier « vous 
vous faites bien payer votre travail », on 
dit proverbialement : Si hètz miragles, que 
p'en pagatz. Si vous faites des miracles, 
vous vous en payez (vous vous les faites 
payer). — Dans les montagnes de Barèges 
(H . -Pyr. ): Coum noustra Damete de Heas, 
Si hètz miragles que p'en pagatz. Comme 
notre petite Dame de Héas, si vous faites 
des miracles, vous vous les faites payer. 
— « La chapelle de Héas, consacrée à la 
Vierge, est le but d'un pèlerinage célèbre 
dans les Pyrénées, du 15 août au 8 sep- 
tembre. On y porte une multitude de pré- 
sents... du lin, de la laine, des bagues, 
des croix, de l'argent, de l'or. Le proverbe, 
chose singulièi'e chez un peuple très- 
croyant, semble traiter ces offrandes avec 
irrévérence. » c. 

PAGAA, païen : Herodes ère pagaa e 
basalh de l'emperador. H. s. Herode était 
païen et vassal de l'empereur. 

PAGADOIJ, Pagador, payeur: Bou. 
pagadou. bon payeur. — Voy. Crubadou. 
PAGADOU," Pagador, Pagader. 
payable, qu'il faut payer : Qui a deute a 
Pasque jmgadou, Troube loucoaresme court 
PROV. Qui a dette payable à Pâques, trouve 
ie carême court. En pêne de xxv marcx 
d'argent paguedors .. . sens nulhe mercer. 
M. B. Sous peine (d'avoir à compter) vingt- 
cinq marcs d'argent payables sans (avoir 
à attendre^ aucune grâce. Dues leysmoyors 
per luy pagaderes. IB. Deux amendes ma- 
jeures payables par lui (qu'il sera tenu de 
payer). 

PAGALE (Bay.), dérangement •,en pa- 
gaie, de travers: Yoenesse qui pourtatz loti 
bounet en pagaie. LAG. Jeunesse qui por- 
tez le bonnet de travers. 

PAGAMENT, Paguemeni, payement. 
PAGE, Paye, page, un des côtés d'un 
feuillet de papier. 

PAGE, page, jeune homme servant au- 
près d'un roi, d'un prince, d'un seigneur. 
— ^ oy. Paye, 2. 

Paged, Payeg, ressort judiciaire com- 
prenant les localités d'Araux et d'Arauju- 
son : Lo paged d'Araus. R. 
PAGERA, Payera, Pagerar, mesu- 



PAL 



PAL 



119 



rer: Quant lo pageraben. H. s. Quand on 
le mesurait (quand on mesurait le bois, la 
pièce de bois, pour l'employer à la con- 
struction). 

PAGÈRE,Pajrère, mesure de longueur: 
Quant arjo talhatz sons fustz, pensabe que 
fossen... de pagere. h. s. Quand il eut 
taillé ses bois (ses pièces de bois), il pen- 
sait qu'ils étaient de mesure (convenable). 
— Bomi de ma payer e. F. B. Un homme 
de ma mesure (de ma taille;. — Payère 
saube. F. Past. (mesure sauve), juste me- 
sure. — D.-G. « pagella. » 

PAGÈRE (Baretous), fém., instrument 
aratoire ; le rayonneur. — Voy. Marcadé, 

PAGES, paysan. N. past. 

Pagor ; voy. Pou. 

PAGUE, paye, payement : La gent 
d'espade Qulianpaguehère chic.y\y. Les 
gens d'épée ont très-peu de solde. — 
Uaryent tout en u cop, la hemne apagues. 
puov. L'argent tout à la fois, la femme 
par des à-compte. Se dit des « mariages 
d'argent » où la cupidité a plus de part 
que l'affection. La dot reçue, on en jouit 
n'ayant pour la femme que peu d'égards. 

PAGUEMENT ; même signification 
que Pagament. 

PAGUÈRE (vers l'Armagnac), pièce 
de terre exposée au nord. 

Pair; voy. Pay. 

Paixadge ; même signification que 
Pelmidge. 

Paixs ; voy. Ph'.rs. 

PALiADAS, masc. plur., lampas, ma- 
ladie du palais des jeunes chevaux, des 
porcs ; excroissances aux gencives. 

PALADE, jielletée. 

PALADÉ, Palat, palais, partie supé- 
rieure du dedans de la bouche. Voy. Deii- 
iec. — RAYN., « paladel. » 

PALAGRIP (Baretous) ; c'est le «Tas- 
trum » des Romains. Par sa forme et par 
ses usages, il tient à la fois de la fourche, 
du râteau et de la houe. Il ressemble à la 
fourche et au râteau, en ce que la tète a 
trois pointes écartées les unes des autres 
et disposées connue celles du râteau sur 
une ligne perpendiculaire au manche, au 
lieu d'en être, comme les pointes de la 
fourche ordinaire, un prolongement; mais 
la manière dont on remploie fréquemment 
ressemble à celle dont on se sert de la houe: 
on lo lève de terre à chaque coup, puis on 
le rabat avec force en le faisant pénétrer 
dans le terrain que l'on veut défoncer, dans 
le fumier que l'on veut enlever. — Voy. 
ANTH. Ricil., D'ict. des antiq. romaine», 
etc.; trad. de M. Chéruel, au mot « Ras- 
ter. » — Dans RAYN., « Palagrilh, pcllcgril, 



sorte d'instrument » ; c'est peu dire. Fau- 
RiEL a été moins avisé; il a donné à pa- 
lagrilh la signification de poêle, Ae poêlon. 
Que l'on relise dans la Ch. Crois, alb., 
édit. p. MEYER, t, r, p. 236 et 251, les 
deux vers où palagrilh a été employé, et 
l'on verra qu'il n'est point possible que ce 
mot ait le sens indiqué par Fauriel. Le 
palagrilh était ce qu'est notre jMlagrip. 

PÀLAHÈR, voy. Pale-hèr. 

PALAHERRA, remuer, creuser la 
terre avec l'outil Palahèr. 

PALAN GIJE , Palanque, pièce de 
bois servant de passerelle. — Dans certai- 
nes localités, la pièce de bois à la partie 
supérieure de la barrière d'un champ. — 
Cat. « palenca. » 

PALANGUETE, dim. du précédent, 
petite passerelle. 

PALAT; voy. Paladé. 

Palatori, prétoire : Intra Pilât aupa- 
latory. H. s. Pilate entra dans le prétoire. 
D.-c. « parlatorium, 2, locus ubi judices 
litigantes audiunt. » 

PALAURE ; voy. Paraule. 

PALAYS, palais : Per las grans biles 
Que hederèy de bèytz palays. F. l.vb. (J'irai) 
par les grandes villes, je verrai de beaux 
palais. Qu'ey lou rey de la terre, Lou cèu 
qu'ey soun pialays. noel. Il est le roi de 
la terre, le ciel est son palais. 

PALE, pelle : Pales, fossers ebedoys. 
R. Polies, boyaux et haut-volants. 

PALE-COUPE, Pale-cope, pelle de 
bois, creuse, [lour vanner le grain, pour 
jeter do l'eau. 

PALEES, Paies, Palois, de la ville de 
Pau; Coum lous d'Ossau se disin Ossalees, 
Tau medix lous de Pau se noumenten Pa- 
lees. V. LF.sPY. Comme les (gens) d'Ossau 
se disent Ossalois, de même ceux de Pau 
se nomment Palois. — Voy. Pau, l. 

PaleiFer ; voy. le suivant. 

PALE-HÈR, masc, bêche, houe. Ou 
dit aussi jjja/rt/;cr. Dans un texte, arch., 
pal <' fer. 

PALEJA; voy. Paleya. 

PALENC. pieu ; série de pieux formant 
palissade : Pau deu palenc deu Ixirralh de 
la rila. F. II. Un pieu de la palissade de la 
forincluro do la ville. 

PALENCAT, Palriir/ai, masc, palis- 
sade: Agiis bastit augun palencat . ARCll. 
Qu'il eut bâti (fait) quehjue palissade. 

PALENGOU, masc, perche qui main- 
tioul le fourrage sur les chars. — Voy. 
Ahalut. 

PALES ; voy. Paires. 

PALETE, spatule de cuisine ; xmii 
culhrrs e une palelr. arch. Quaraute-truis 
cuillers et une spatule. 



120 



PAL 



PAL 



PALETE, omoplate de porc. 

PALEYA, Paleja, remuer à la pelle, 
remuer le grain avec une pelle. — Esp. 
« apalear. » — , tracer sur le sol une ligne 
avec la pelle, en l'enfonçant légèrement à 
coups successifs. 

PALHA, couvrir de paille. — , garnir 
de paille. Pallia las cadières. Empailler 
les chaises. 

PALHASSE, paillasse : La palhasse 
oun s'adroum. NAV. La paillasse où ( le 
pauvre) s'endort. Palhasse, masc. (vers 
la Chalosse). 

PALHASSE, couvreur de toits de 
chaume. — , empailleur de chaises. 

PALHAT, tas de paille, litière : Pal- 
hat dou boarau . SEi. Litière de la beuve- 
rie. — Coucher sur la dure; sus la terre 
pelade, sentz negun palhat, bar., sur la 
terre pelée, sans aucun tas de paille. — 
U palhat de nèu. Une couche de neige. — 
A palhatz. En grande quantité, à tas. — 
— De l'avare qui entasse, on dit qu'il fait 
tas, que ht palhat. 

PAL.HE, paille : Très hros de fee e 
très bros de palhe. ARCH. Trois chars de 
foin et trois chars de paille. — Qui de 
■palhe ague cobert, goarde que lo foec no 
s'y day (haye) de près. Qui de paille a 
couvert (sa maison), prenne garde qu'il 
n'y ait le feu tout près . — Cf. Revue de 
Gascogne, tom.xxv, p. 535. — Croutz de 
palhe! Croix de paille ! — Voy. Croutz. — 
Bail chic la palhe, Quoand lou blat n'ey 
hore. PROV. Peu vaut la paille, quand le 
blé en est hors. En fr. « Pauvre homme 
n'a point d'amis»; — Vis (vil) est tenu 
partout qui rien n'a. » L. R. de lincy, 
Prov. 

PALiHÈ, masc, meule de paille : A 
mieyjenè, riiiey palhè . . , pr.b.A la mi jan- 
vier, la meule de paille réduite de moitié... 
Si à cette époque le paysan n'a employé 
que la moitié de la meule de paille, il en 
aura suffisamment pour l'étable jusqu'à 
la récolte prochaine — Voy. Burguè. 

PALHÈ; c'est au jeu des 2Mlhetes{voy. 
ce mot) le petit bâton où l'on a fixé à, l'un 
des bouts une épingle recourbée en forme 
de crochet. 

PALHET, \:>a.\\\et.Palhetou, dim. Pal- 
hetou de Mounenh. L'excellent vin de 
Monein . — , châtain clair : Entratz bloun- 
detes, Entratz brunetes, Bienetz palhetes. 
NAV. Entrez blondettes, entrez brunettes, 
venez jeunes filles aux cheveux châtain 
clair. 

PALHETE (Vic-Bilh); même signifi- 
cation que Palhole. 

Palheter, u fabricant de vêtements 
sacerdotaux, p. Raymond. 



PALHETES, « paillettes. » —, petits 
morceaux de bois de senglumi (voy. ce 
mot) dont les enfants se servent pour un 
jeu : JJa a las palhetes (faire aux pail- 
lettes); en fr. «jouer auxjonchets », parce 
qu'à l'origine on jouait à ce jeu avec des 
brins de jonc. Ce jeu consiste à retirer, 
à l'aide d'un crochet, palhè, 2, le plus 
qu'on peut des petis bâtons de bois confu- 
sément placés les uns sur les autres; on 
ne doit faire remuer que celui que l'on 
cherche à dégager. — De là le sens de 
difficulté, d'obstacle, donné au mot ^a- 
ZAetes, dans les expressions hica -y palhetes, 
trouba-y p>alhet€s,y mettre, y trouver des 
pailletés : N'arribaratz pas ad aco, que 
IMj hicarèy p)alhetes. Vous n'arriverez pas 
à ( vous ne parviendrez pas à faire) cela, 
je vous y mettrai obstacle. — Cf. Esp. 
« palitos », jonchets, petits bâtons avec 
lesquels on joue. 

PALHOLE, menue paille sauvage ; on 
en fait dos matelas, des paillasses. 

PALHOU ; même signification que 
Palhè, 2. 

PALHOU, brin de paille, résidu de 
paille. 

PALHUT, pailleux : Hèr palhut, fer 
pailleux. 

PALIHERRA ; même signification 
que Palaherra . 

PALISSAT. paHs, série de petits 
pieux formant clôture. 

PALLE, Pank, pâle. Pallot, palluchot, 
pâlot. Palla^i, aug. 

PALLEYA, Palleja, pâlir; voy .Pan- 
leya, Panleja. 

Pal-Long; voy. Pount-Loung. 

PALLOU. Panlou, pâleur. 

PALME, fém., laurier à grandes 
feuilles. 

Palme, « palme », mesure de longueur: 
Cinq canes, dues palmes, de drap près ob 
deus cassedors. r. Cinq cannes, deux pal- 
mes, de drap pris pour (le vêtement) des 
chasseurs (de Gaston-Phœbus). 

PALMOU. poumon. 

PALOT, masc, petite pelle, ou ba- 
guette de fer pour tisonner. 

PALOUMBE, palombe (poétique), 
colombe :Puloumbe deu Liban, Au cèu t'en 
es anade.G.KU. Colombe du Liban, tu t'en 
es allée au ciel. 

PALOUME, Palome, palombe : Pa- 
loume bousquère. Palombe séjournant dans 
les ho'is. Carque de palome s . P. R. ( Droit 
d'entrée pour une) charge de palombes. 
— Paloumete, dim., colombe : Digatz-me, 
paloum êtes, qui y-cy a Cautères? Dites- 
moi, colombes, qui est à Cauterets ? mat 
zuRE, Hist. du Béarn, p . 479. 



PAM 

PALOUMÉRE, fém. sing.; c'est un 
lieu élevé et particulièrement disposé, où 
a été établi un attirail spécial pour pren- 
dre des palombes, palotimea. On dit aussi 
espcmdèrles (Montant), jyandèlen, BAR.; en 
traduisant espancJèrles par « pantières », 
nous n'avons inditpjc qu'une partie de ce 
([uil y a dans une pa/oumére. — « Dix 
hommes, neuf trépieds, quatre maiion- 
nettes, Des cordages sans fin, grand nom- 
bre de raquettes, Un fantôme effrayant. 
dix cages, sept filets. Voilà mon attirail 
pour prendre des bisets. » La chasse aux 
'palombes, pai' messire Henry d'andichon, 
curé-archiiirètre de Lembeye (xvme s.). 

PALOUMÉRE, grande quantité de 
jialombes ; les jjalombes : An de glandère, 
An dejialoiniière. pr.b. L'année où la glan- 
dée est abondante, il vient beaucoup de 
palombes. Le passage de ces oiseaux par 
nos contrées a lieu en automne ; on leur 
fait lâchasse de la Saint-Michel à la Saint- 
Martin: A Sent-M'iquèu, L'apèu, à la Saint- 
Michel (29 septembre), l'appeau ; A Sent- 
Luc, lou truc, à Saint-Luc ( 12 oct. ), le 
coup;^ Sent-Grat, lou yranpatac, àSaint- 
Grat (19 oct.), le grand coup; A Sent- 
Marterou, la Jlou, à la Toussaint, la fleur 
(les meilleures); A Seiit-Martii , la fit, à 
Saint-Martin (11 nov.), la fin. PR. B. 

PALOUMETE ; voy. Paloume. 

PALOUMETE, fém., espèce de cham- 
pignon, agaru; palomet. A. manescau. 

PALOUMETE (Aspe), petite son- 
nette de cuivre suspendue au cou des bêtes 
à corne. 

PALPA ; même signif , que Paupa. 

Palu, Pdluu, marais: No i ave nuit ber- 
ger, ans ère tôt palu. L. 0. ( Aux environs 
de Rayonne, du côté de Muhale), il n'y 
avait aucun verger, mais tout était marais. 
La grave apierade la Paluu. dict. L'eau 
bourbeuse appelée le marais. 

PALUC, Paluquet; même signification 
que Pâlot. 

PALUDETE (Ossau), fém., petit ma- 
rais, terrain l)i)ueux. 

PALUQUET ; voy . Paluc. 

Paluu; même signif. que Palu, 

PAM, Paum , empan . Mesurât au pam. 
Mesuré à l'empan. Are vi cootz de lonc e 
\in pauiu nies. ii. s. Il avait six coudées 
de long (Goliath était haut de six coudées) 
plus un empan. — Dans un « papier ter- 
rier » de la commune de Séméac, 1772, on 
trouve que le pani était de 8 pouces, 6 li- 
gnes. — Avec le verbe lui, faire, ha au pam, 
jouera Tempan. Deux joueurs jettent, l'un 
après l'autre, contre un mur, chacun, une 
pièce lie monnaie ; celui-là gagne, qui a su 



PAN 



121 



faire tomber la sienne de façon qu'il puisse, 
la main étendue, toucher les deux pièces 
du pouce et du petit doigt. 

PAMEYA. Pameja, mesurer à l'em- 
pan, la main étendue, du pouce au petit 
doigt. On dit aussi Pauma. 

PAMPAROLE, Pamparule (Ossau), 
fém , petit pa]iillon. — Voy. Parpalhole. 

PAMPARRE, femme" chargée d'a- 
tours voyants. 

PAMPE (Bay.), poupée. 

PAMPERRUQUE « danse de carac- 
tère qui s'exécutait avec pompe dans les 
rues de Bayonne, au son du tambourin, et 
principalement la nuit à la clarté des tor- 
ches. — lia dansa la pamperruque. Faire 
danser la « pamperruque »à quelqu'un; lui 
donner une danse, le bien secouer, le bien 
battre : D'un saut qu'où cad dessus la nu- 
que E quou hey broyemeut dansa la j/ain- 
perruqiie. LAG. D'un saut, il lui tombe sur 
la nuque et lui fit joliment danser la « pam- 
perruque » 

Pan, panneau: Las bartaberes elos pantz 
(pans) de dues caixes. auch. m. Les pen- 
tures et les panneaux de deux coffres. 

Pan, pêne, panneton: Lo pan delà clau. 
ARcn. Le pêne, le morceau de fer, dans 
une serrure, que la clef fait aller et venir 
et qui entre dans la gâche pour fermer la 
porte ; le panneton, partie de la clef qui 
entre dans la serrure. 

PANA, Panar, voler, dérober : Que 
l'hasp>amd? — U sac de bkit. pr. b. Que lui 
as-tu volé? — Un sac de blé. — Xidh hom 
no pan'i oeus d'austor. F. b. Que nul homme 
no vole des œufs d'autour. — Pana l'halet 
(voler l'haleine), n'oser pas souffler. — Tu 
m'as panât la cara. PS. Tu m'as caché ta 
îace. — Pana-s (se voler une chose), la dis- 
simuler, faii'e qu'elle soit moins apparente: 
Que-s panabe la coude tant que poudè. (Le 
renard caché dans un moulin se '•olait) dis- 
simulait sa queue tant qu'il jiouvait. /l'erue 
des Basx.-Pyr., dcc. 1884, p. r)69. — La pèe 
se-m pana. PS. Le pied se dérobe à moi 
(mon pied glisse). Lat. <> Motus est pes 
meus. » — De douluu... lo coo .<e-m pane. 
F. Egl. De douleur le cœur me manque (je 
suis en angoisse, je défaille). — Au panât, 
à la dérobée, avec di.^simulation. 

PANAN, masc. sing., terme bas, par- 
ties sexuelles de la femme. Pannnou, dim. 
Pananas, aug. — U pamni, un niais, un 
lâche . 

Panatarie. panoterie. n. 

Panatèr, Paater, panctier : Johan de 
lions, paaier de rey. AUCH. Jean de Hoos, 
panctier du roi. 

Panatère, boulangère : Para... ixina- 



122 



PAP 



teras. H. s. Il fera (de vos filles) des bou- 
langères. 

PANATORI, vol, larcin, — Le lieu 
que l'on appelle m panator'i est une véri- 
table « forêt de Bondy. » 

PANDÈLES ; voy, Paloiimère, 1 . — 
Los colonts qui se prenaran a Jas ])andeles 
d(u senhor de Sencte-Coloma. arch. Les 
pigeons qui se prendront aux « pantières » 
du seigneur de Sainte-Colomme. 

PANDOT, Pantot, petit pan, basque 
d'habit; dans cav., bout de chemise qui 
pend. 

PANET, PANEYT (Orthez), petit 
linge d'enfant au maillot, lange : Yanou- 
let, U panet. noel. Jeannot (porte pour 
l'enfant Jésus) un petit linge. 
PANLE (Orthez); voy. Palle. 
PANLEYA (Orthez), Panleja ; voy, 
Palleya. 

PANLOU; voy. Pallou. 
PAN-PAUSAT ; même signification 
que Pua-2)ausat. 

PANQUÈRE; voy. Paquese. 
PANSARD, pansu. Pansardot, dim. 
Pansardas, aug. — Voy, Sent-Pansard. 

PANSE, panse: Pendards a tnple 
panse. NAV, Pendards à triple panse. Eni- 
pleia de bous boussiis sa pance. F. Egl. 
Remplir sa panse de bons morceaux. 
L'ave dût que eg lo dare deu cooteg per la 
panse, arch. 11 lui avait dit qu'il lui don- 
nerait du couteau parla panse. 

PANSOT, masc. , Pansote, fém . , petite 
panse. — U pansât, un petit pansu. 
PANTACH, râle, râlement. 
PANTACHA, râler , « pantoiser », 
panteler. — Mon coo... pantacka. PS. Mon 
cœur est agité. 

PANTOT ; voy. Pandot 
PANTOU ; l'individu que l'on nomme 
ainsi est tout ensemble bêta et pandour. 
Paor ; voy. Poil. 

PAOU, syncope de Pahou, paon : Fïèr 
de soun antique noublesse, Que hè l'arrode 
lou paou. NAV. Fier de son antique no- 
blesse, le paon fait la roue. 

PAPAGAY, perroquet. — Esp. « pa- 
pagayo.» — , homme bonasse, paisible. — 
« On appelait papegai un oiseau de bois 
que, dans certaines villes de France, les 
habitants s'exerçaient à abattre avec la 
flèche ou le fusil. « chérdel, Dict. hist. 
des Inst., etc. 

Papalhoo, monnaie : Deu v papalhoos 
de boo aur e de boopces ; 1345. arch. Il 
doit cinq « papaillons » de bon or et de 
bon poids. — Cf. d,-c. « paperini; monetœ 
romanrc species, » 

PAPAROU, mot d'enfant, petit père. 



PAQ 

PAPAROU, Paberou, mouron ; alcine 
média. 

Papat, masc, papauté : Différend de 
l'emperi ab lo papat. bay. Différence de 
l'empire avec la papauté (en quoi le pou- 
voir temporel diffère du pouvoir spirituel). 

— Esp. « papado j>, papauté, dignité de 
pape. 

Papaut, papiste : Que nous autis, pa- 
pauts, n'abem nade tinture, Ni noustes ca- 
peraas, de la sancte escripture. F. Egl. 
(Les huguenots prétendent) que nous au- 
tres, papistes, ni nos curés, nous n'avons 
aucune teinture des Saintes Ecritures. 

PAPE, Paper, papier. Paperot, petit 
papier, mauvais petit papier. Paperas, 
gros papier, gros mauvais papier. Pei^■<^oe- 
Ihet de pape blanc, Que hès dounc tu sus 
ma taulete ? peyr. Petit feuillet de papier 
blanc, que fais-tu donc sur ma petite ta- 
ble ? Las armes de Moss. en grans escus- 
sons de paper. H. A. De grands écussons 
de papier aux armes de Mgr (Archambaud). 
Cum es escriut... en aquest papier . r. Comme 
il est écrit sur ce papier. — Paraide nou 
bau pape. PR. B. Parole ne vaut papier. 
En lat. « Verba volant, scripta manent. » 

— Ouny-ha pape, Temoenh arrè. Où il y 
a papier (des titres), témoin arrière. On 
dit aussi : Oun y-ha pape, Temoenh arré. 
Où il y a papier (des titres), témoin rien 
(est inutile). — Esp. « Donde papeles ha- 
blan, se callan barbas » ; ce qui se trouve 
mot à mot dans pb . H. Oun y-ha papes, 
barbes que-s caren. 

PAPEROLE, grande feuille de papier 
à images. — , écrit imprimé, feuille vo- 
lante, circulaire, profession de foi, dont 
on fait peu de cas: Uepaperole enladede 
hèu. LETT. ORTH. Un éciit enflé (rempli) 
de fiel. — Paperoîes, paperasses: Prou- 
cururs, aboucatz, dab de granes raubioles, 
Que y-anaben apèe, carcatz de paperoîes. 
p. Procureurs, avocats, avec leurs gran- 
des robes, y allaient à pied (au Parlement), 
chargés de paperasses, 

Papoadge, succession d'aïeul : Biens 
de pap)oadge. coût, s. Biens de succession 
d'aïeul, 

Papoau, qui vient de l'a'ieul : Losbiens 
papoaus. . . aquetz qui provienen deu pay- 
grand ou may -grande. COVT. s. Les biens 
« papoagers » (sontj ceux qui viennent du 
grand-père ou de la grand mèie. — Voy. 
Abitii. 

Papoo, 

PAPOU, Papoun (Bay,), grand-père. 
Dans KNQ., papoo. 

PAQUESE, Panquère, belette: Fine 
coum la paquese. pey. Fme (rusée) comme 
la belette. 



PAR 



PAR 



123 



Par ; voy. Paa, 2 . 

Par, 3^ pers. du sing. du prés, del'in- 
dic, de Pare, paraître. 

PARA, Parar, apprêter, disposer.—, 
parer, orner, embellir. — Para lapèyre, 
parementer la pierre pour remployer aux 
coQstruction.s : Pèyre parade de punte de 
marteg . art. Pierre parementée avec la 
poiute du marteau. — Moungetes parades 
(Vic-Bilh). Haricots tachetés, bigarrés. — 
Pour signifier « parer un coup », l'éviter, 
on dit hira-s u truc, détourner de soi un 
coup. Para lous irucxs, c'est recevoir les 
cou[)s, se laisser battre. Ourh'i la housse e 
paral'esquie. lktt. orth. Ouvrir la bourse 
et tendre l'échiné (Payer l'impôt et tout 
subir). — Voy. dansRAYN.Zex. , iv,p. 423: 
« parar », présenter, tendre. — Para la 
plouye tout loti die. Rester tout le jour sous 
la pluie. — Para ; voy. Apara. 

PARADE, parade, vanité, ostentation: 
Iloeye la banitouse coumplasencie e la pa- 
rade. IM. Fuir (éviter) la vaine comj)lai- 
sance et l'ostentation. En menhs-prctz es 
en la ciutat Lor parade e prosperitat . PS. 
La prospérité dont ils font parade est en 
mépris dans la cité. 

PARADGE, parure: Quinhe vestidure 
de jKiradgp. F. r. t^uel vêtement de parure. 
PARÀLET ; voy. Parau. 
PARANGLETE, espèce de mésange: 
Qui sera lou ntessad'jè ? La paranr/lete ou 
l'esparbè ? CH. p. Qui sera le messager ? 
La mésange ou l'épervier ? — Pour va- 
riante, voy. Calendrete. 

PARAPLOUYE, parapluie. 
PARASSOL. parasol. 
PARASSOULAYRE, fabricant, mar- 
chand de parasols, de parapluies. 

PARAT, occasion, cas, chance : Qu'ha- 
buy (habouy) lou parai de bede ^x«.s.5a 
causes estrany es. lett. orth. J'eus lachance 
de voir passer des choses étranges. En 
quin parât se Irouhahem amasse, lam. En 
quel cas (dans quelle situation) nous nous 
trouvions ensemble. — Voy. j\fau-parat. 
PARAT, appivté, disposé : Minaut, 
lotis crocxs par atz Enta la casse deusarratz. 
N. LAB. Minon (le chat), les crocs faits 
pour la chasse des rats. — , [laré, orné. 

PARAIT, pétrin. Paralet, dim.— (Ba- 
retous), usLensile de bois eu forme de pe- 
tit pétrin; on y met du linge que l'on porte 
au lavnir. 

PARAULE, Palaurc, [jarolo: Uepa- 
raule injuriouse. cat. Une parole inju- 
lieuse. Jean de Diserote, ministre de la 
palaiire de D'iu m Veylisr. de Oloron. ART. 
Jean de Diserote, ministre do la parole 
de Dieu en l'église d'Oloron. Tothomi qui 



es de bertat aut la mia palaura. H. s. Tout 
homme qui est de la vérité écoute ma pa- 
role. — Paraules pègues a bouixètz. pr. b. 
Paroles sottes à boisseaux. Que de gens 
parlent de tout et ne savent rien ! Paraule 
nou baup)apè. Parole ne vaut papier. Voy. 
Pape. — Paraules d'anyoulou, Crpes deu 
diable, pr. h. Paroles de petit ange, on- 
gles du diable. En fr. xvi* s., « Paroles 
d'angelot, Ongles de diablot. » G. meu- 
lUEK. — Paraulete, paraulhie, paraulote, 
dim. Beroyes paraul'mes, niechant~ digfous. 
Jolies petites paroles, mauvais petits 
doigts. Se dit proverbialement des gens 
qui parlent bien, mais agissent mal. — 
Esp. (i Palabras hermosas, cosas las no. » 

PARAULIS, masc. sing., la parole, 
les paroles. — , récit: Audltz moun parau- 
Us. p. Ecoutez mon récit. Muse deu parau- 
lis. LAM. Muse des récits. — Se prend le 
plus souvent en mauvaise part., verbiage. 

PARC, masc, parc, bergerie. — . cour, 
basse-cour d'une ferme, d'une maison de 
campagne. Parquet, dim. — Lou parquet 
de Mayol'is. C'était, dans l'un des quar- 
tiers surburbains de Pau, une espèce de 
« cour des miracles », sur un terrain ap- 
partenant au sieur Mayolis. 

Parciau, copartageant, associé : No 
porti armes contre son parciau. arch. o. 
Qu'il ne porte point armes contre son as- 
socié. 

PARD, bigarré, hà.v\o\é : .Quoant de 
courardes. de ribans, Sustout de blus, de 
berdz,(le blans! ... Qu'ey drinparde la may- 
nade ! xav. Que de cocardes, de rubans, 
surtout de bleus, de verts, de blancs ! La 
fillolte est un peu bariolée. 

PARDES, taches de rousseur. 

PARDILHOU, Pardilho, espèce de 
drap: Draps pardilhous . p. R. X'einple- 
gue atitre lane que fine en pardilhos e l>u- 
reus. ARcn. Il n'emploie d'autre laine que 
de la fine pour les « pardillons » et bu- 
reaux. — Esp. <( pardillo », drap très-fort 
dont s'habillent les gens de la campagne. 

Pardo ; même signification que le pré- 
cédent. 

PARDOU, PARDOUNA; voy P(r- 
dou, Perdouna. 

PARE, PARECHE ; voy. Parer. 
Par exe. 

PARÈLH, paire, couple; voy. Pan, 
2. — , adj. ; morne signification que Pa- 
rié. 

PARELH AN (Hay.), camarade: Pir 
lou soHi) sriiihlnUr rstti boan parclhan. Laiî. 
Pour son soinl)lal)lc être bon camarade. 

PAREMENT, ce qui pare, ce qui orne, 
atour. — , avec le verbe ha, faire : lia lou 



124 



PAR 



parement de la pèyre. Parementer la pierre. 
PARENTADGE, « parentage. » — 

Dans PS., race. 

PARENTALHE, parenté (les parents 
et alliés), sens péjoratif. — Bastardalhe, 
nacle jmrentalhe. prov. Bâtards, aucune 
parenté. 

PARENTAT, parenté, consanguinité. 

PARENTAU, apparent, manifeste : 
Si lo layroci no es parentau, lo layroo se 
esdisera. F. B. Si le vol n'est pas manifeste, 
le voleur se justifiera. 

Parentest, famille: Darrer parentest 
de Benyamin. H. s. (Saûl dit: Je suis de) 
la dernière famille de (la tribu de) Benja- 
jamin. JUomide mon parentesc ; 1314. arch. 
Un homme de ma famille. — Mal traduit 
dans F. B., « parrainage » ; édit. Mazure et 
Hatoulet. — ratn. « parentesc », parenté. 
— Cat. « parentesch », famille. 

Parentale (anc. fr. << parentèle », les 
parents), parenté : Graa de parentèle. arch. 
Degré de parenté. — , race, lignée : Per las 
Jiemnes qu'ha drin goastnt la parentèle. 
PUT. Par les femmes (par des mésallian- 
ces), il a un peu altéré (la noblesse de) 
la race. 

Parer, Pare, paraître : Diu houlou ha 
pare son courroux. F. Egl. Dieu voulut 
faire paraître son courroux. Dahan[f] tous 
oelhs no parera, ps. (L'orgueilleux) ne pa- 
raîtra point devant tes yeux. La estelapar 
F. B. L'étoile paraît. — , apparoir: Cum 
2mr en la carte, enq. Comme il appert de 
la charte. — Voy. Apparer. 

PARET, paroi, muraille, mur de tor- 
chis : Etz parets de Taute (Asté, H.- 
Pyr.), les murailles de Taute. « Restes d"un 
petit donjon de construction cyclopéenne, 
au-dessus des ruines du château de la maî- 
tresse d'Henri IV, Corisande d'Andoins. » 
Guide Joanne. 

PAREXE, Pareche, paraître. Qitepa- 
reiXjil ]iar&ït ; parescou, il parut. Aqueres 
mountines Que s'ahaxaran. . E mas amoure- 
tesque imrexeran. ch. p. (attribuée à Gast.- 
Phœbus). Ces montagnes s'abaisseront, 
et mes amourettes paraîtront. 

PARGAM, Pargami, Pergami. par- 
chemin : Lege liens lous pargams.F .Past. 
Lire dans les parchemins. Peigts de piar- 
gam rasonnables en grandour- P. R. (Les 
notaires doivent écrire leurs actes sur des) 
peaux de parchemin de grandeur raison- 
nable. Leire scriute en pergami. enq. Let- 
tre écrite sur parchemin. 

PARGAMINIÈ, Pergaminiè, parche- 
minier . 

Parge, ?, ornement, ? : Unesinte (cinte) 
d'argent, lo parge de satin figurât de fiu 



PAR 

.d'argent; 1592. arch. Une ceinture d'ar- 
gent, l'ornement de satin figuré de fil d'ar- 
gent (une ceinture d'argent ornée de satin 
brodé de fil d'argent). — Esp . « parergon », 
ornement ajouté. 

P ARGUIE, Parquie, cour, basse-cour: 
Lous hasaas lusentz qui-s 2MSseyen sus las 
noustes jMrguies. lett. orth. Les coqs lui- 
sants qui se promènent dans nos basses- 
cours. — Nouplau pas a la bie Autant qu'a 
la parguie. pr. b. Il ne pleut pas sur le 
chemin autant que dans la basse-cour. Pro- 
verbe usité en parlant de toute jeune fille 
qui, peu satisfaite de son chez soi, a hâte 
de se marier, comptant qu'elle sera plus 
heureuse dans la maison de son mari. On 
en fait aussi une application plus générale, 
au sens du proverbe des H.-Pyr.: « Nou 
nèhe e nou plo Ta qui ana ho. Il ne neige 
ni pleut pour qui veut aller (pour qui a 
résolu de partir). 

PARI, Parir, enfanter: La regine... 
ahe parit un heu prince, aperat Henric, 
arch. La reine avait enfanté un beau 
prince, appelé Henri. 3Ia may me pariba. 
PS. Ma mère m'enfantait. Verges conce- 
heraeparira filh. H. s. Une vierge con- 
cevra et enfantera un fils. — On dit prover- 
bialement dans la vallée d'Aspe : Hemne 
jMrite De u an n'e goarite. Femme qui a en- 
fanté d'un an n'est pas guérie, — , mettre 
bas : Parir los anhèts. CODT. s. Mettre bas 
les agneaux. 

PARIA, parier. 

Pariadge, Partage, paréage, pariage, 
terme de jurisprudence féodale. — , con- 
vention, accord, association : An feit com- 
pagnie e partage... dépêcher... lous uns sus 
lous autres franquemens. arch. b. Ils ont 
fait société et accord de faire paître les 
uns sur les autres en franchise (accord 
entre des gens de localités voisines, pour 
que leurs troupeaux puissent paître libre- 
ment sur les terrains des uns et des au- 
tres). — Lous parïatges que Diu he dah 
Moyse. F. Egl. Les conventions que Dieu 
fit avec Moïse. 

PARIA-S, s'associer: Paria-s ah los 
flaunhacs. PS. Faire société avec les flat- 
teurs. 

PARIAT, participe passé àe paria, 
parier. — , accord: Per nou sèy quin pa- 
riât eus hin abiene. lac. Pour je ne sais 
quel accord on les vit s'entendre. 

Pariatye;même signification que Pa- 
riadge . 

Parie, union, accord : Arer hone parie 
e ainistance. arch. o. Avoir bonne union 
et amitié (être bien d'accord et amis). 

PARIE, compagne, femelle: Prene 



PAR 

;9arie, prendre compagne, prendre femelle. 
Voy. Parioune. — Sens prene i^arie. d'as- 
TRos, I, p. 272. Sans union charnelle. 

PARIÉ, pareil. — Qu'ey tout parie. 
C'est tout un. — , adv., pareillement. 

Parier, copropriétaire. Prene, recelé en 
parier, arch. m. Prendre, recevoir comme 
copropriétaire ( prendre, recevoir en pa- 
ria ge). 

PARIERAMENTZ, pareillement. 

PARIOU, le ]>nreil , la parf;ille ; le 
mâle ou la femelle d'un couple ; lotis 2>ci- 
rious, les deux qui font la paire, le couple. 

PARIOUNE, femelle d'un couple: 
Tendre couloum, quoand grates ta parioune. 
LAM. Tendre pigeon, quand tu caresses 
ta femelle. — Voy- Parie, 2. 

PARLA, Parlar, parler : ]\rey aysit 
qu'ey de cara-s... que de nou pas parla trop. 
iM. Il est plus aisé de se taire que de ne 
pas trop parler. — , prononcer, dire : Pre- 
paus sapiens ma bouqua parlera. PS. Ma 
bouche prononcera des discours pleins de 
sagesse. So quijo parti. H. s. Ce que je 
dis: So qui audira, parlara. IB. Ce qu'il 
entendra, il le dira. — Parla beroy {\\^v\ev 
joli), avoir une aimable conversation. ParZa 
lèd (parler laid), tenir de laids propos. — 
Parla ue gouyate, fréquenter une fille, la 
courtiser. Parla u gouyat, avoir avec un 
garçon de fréquentes conversations. De 
jeune homme et jeune fille qui se fréquen- 
tent, conversent par amourette ou « pour 
le bon motif », on dit que-s i^arlen », « ils 
se parlent. » 

PARLA A, Parlar, masc, parole, 
propos : Segon sons jmrlaas e gestz . bar. 
D'après ses paroles et ses actes. Los pru- 
niers parlars . ic. Les premières paroles. 
Dixon a mi tais o sémillant:: parlaas. art. 
On me dit telles ou semblables paroles. 

PARLADGE ; voy. Parlafye. 

PARLADURE, manière de parler. 

PARLAMENT, parlement. — , entre- 
tien, discours : Los huniis d' A spe agon par- 
lament ab Alosscn Gaston, vesconipte de 
Bearn. F. B. Les hommes d'Aspe eurent 
entretien avec Mgr Gaston, vicomte de 
P.éarn. Ern ana continuai Son parlamen, 
E toca los piDis qui son En differen. en. pr. 
Elle alla continuant (elle continua) son 
discours, et toucha les points qui sont en 
différend. 

PARLASSEYA, ne faire que parler, 
pai'ler à tort et à travers. 

PARLATORI. parloir. L. o. 

PARLATYE, Parladgc, parler, lan- 
gage. — ILi loK parlatye, faii'c la délibé- 
ration, délibérer: Louspayrnns deubilatye, 
Débat l'oum coumunuu, IJabènhcyt lou par- 



PAR 



125 



latye... LAM. Les anciens du village, sous 
l'orme communal, avaient délibéré... — , 
parlage, verbiage. 

PÂRLÈRE, parlerie, babil, abon- 
dance de paroles inutiles. 

PARLOUTEYA, bavarder : Quoand 
jjassam lou temps a parlouteya. IM. Quand 
nous passons le temps à bavarder. 

PARLOUTEYA YRE, bavard. 

PARLOUTIS, bavardage: (Si hicatzde 
coustat Unis parloutis e las souriides inu- 
tiles.. IM. Si vous mettez décote (si vous 
vous retirez) des conversations et des pro- 
menades inutiles. 

Paroent, masc, contusion : vi soos^er 
paroent, xviii soos per plague leyau. F. B. 
(Amende de) six sous pour contusion, dix- 
huit sous pour plaie majeure. 

Paroentar, contusionner : Plagat o 
parocntat. arch. Blessé ou contusionné. 

PARPALHEYA, papillonner -.Parpa- 
Iho parpulheye, sus la. rose aleteye. L.\c. 
Pa[]illon papillonne, sur la rose agite ses 
ailes. 

PARPALHOLE, fém., petitpapillon. 
— , insigne de décoration à la bouton- 
nière, le ruban de la Légion d'honneur. 

PARPALHOU, Parpalhoii, papillon: 
Sus u rousè qu'èy bist lou parpalhou En 
boulejant caressa code flou. V. lab. Sur un 
rosier j"ai vu lepapillon, en voltigeant, ca- 
resser chaque fleur. Autour d'ère me ha- 
lanci, En liant btt drin loupurpallioii.TiAV. 
Autour d'elle je me balance, en faisant un 
peu le pajiillon. 

PARPALHOUN (Bay.); même sign. 
que le précédent. 

Parparance, préemption, l.o. — Voy. 
Perparaiice. 

PARRABAST, patatras. 

PARRABASTADE, grande quantité 
de choses tfimlH''es ^ patatras. » 

PARRAGUETE; rnèuie signification 
que Exf/arrnpete , Garrapete. 

PARRAT, mâle de la mésange bleue. 
— , passereau : Qu'ha parratz au cap. 
PR.B. 11 a des passereaux dans la tête. 
Un individu distrait, un peu fou, celui 
dont les id(>os se brouillent, comme se 
mêlent souvent des volées de moineaux 
qui iiiaillent. En fr. populaire, << Il a une 
hirondelle dans le soliveau. » A. nKi.VAr, 
Lang. rerte. — Parratz de Lmts. n. u. 
Moineaux de Lons. Les hal)itants de Les- 
car appelaient ainsi leurs voisins du vil- 
lage de Lons qui venaient trop souvent 
les visiter aux heures où l'on se met à 
tal)le. « Le moineau qui entre chez vous 
et en sort (piand il lui convient, a un dé- 
faut très-grave, celui d'uni; ponctualité 



126 



PAR 



excessive pour les heures des repas. » 
TODSSENEL, Monde des oiseaux. 

PARRATÉ, chasseur , mangeur de 
moineaux; se dit particulièrement des 
oiseaux de proie, tels que l'épervier, le 
milan. 

PARRAULE, grosse femme ; en fr. 
il un paquet. » 

PARRE, mésange bleue : Lotts piu- 
phis de la parre.SEl. Les « piu-piu » de la 
mésange. — Voy. Culi. 

PARRET. nùisc, PARRETE, fém., 
(Ossau), fauvette. 

Parrochial, Parrochiau; voy. Par- 
roquiau. 

Parronadge, ?, dans un texte, arch.; 
peut-être pour Pai/ronadge; vov.ce mot. 

PARROPI, PÀRROPIE, paroisse. 

PARROPIAN, paroissien, habitant 
d'une paroisse : Los parropians de cascune 
imrropie deu pays.... de Sole se poden 
assemhlar per tractar de lors besognes 
comunes. coDT.s. Les paroissiens de cha- 
que paroisse du pays de Soûle se peu- 
vent assembler pour traiter de leurs af- 
faires communes. 

PARROPI AU, paroissial. 

Parroquiau, paioissien. — , parois- 
sial : La giisia parrochiala de Sant-Lau- 
rens de Poniac.Am. L'église paroissiale 
de Saint-Laurent de Pontacq. L'ostau deu 
caperaa jmrrocJi km . dén. La maison du 
curé de la paroisse. 

Parroquie, paroisse : La parroquie 
de S eut- Ja g m e.mcT. Laparoissede Saint- 
Jacques. 

PARS A A, Parsan, quartier, certaine 
portion de terre, de pays : Prenen en lo 
terradou algun parsan... per boalar. 
ARCH.B. Ils prennent dans le terrain un 
quartier pour le pacage des bœufs. — , 
district : Sera informat per lo procuraire 
deu parsan.^. b. Il sera informé par le 
procureur du district. — Vers 1548, 
Henri ii, roi de Navarre, avait divisé le 
Béarn en six « parsans.» Ils avaient pour 
chefs-lieux : Morlaas, Nay, Oloron, Or- 
thez, Pau, Sauveterre. — Louparsaa de 
las Oumbres. v.bat. « Le royaume des 
morts. » 

Parsarie: voy. Parserie. 

Parser, Parsoer, associé, coproprié- 
taire. — , possédé à moitié profits : Ung 
moUn qui es parser deu senhor ab l'abat de 
Sent-Johan. ARCH . Un moulin qui est (pos- 
sédé) à moitié profits par le seigneur et 
labbé de Saint-Jean. 

Parserie, Parsarie, copropriété : Se 
son abianqutz (abiencutz) enter lor de feyt 
de parsarie de l'abadie de Lay. — arch. 



PAR 

Ils se sont mis d'accord entre eux sur la 
copropriété de l'abbaye de Lay. — , chep- 
tel ; Ha en parserie ung boeii. IB. 11 a un 
bœuf à cheptel. 

Parsie, cheptel : Cum Monicot thiengos 
la pars ie de niotoos. F. B. Comme Monicot 
tenait à cheptel les moutons. Bestiar de 
parsie IB. Bétail (tenu) à cheptel, 

Parsoer ; même signif. que Parser. 

PART, enfantement. — , action démet- 
tre bas : Au 2)artque-s sauraquiey prenh. 
PR. H. En fr., XV* s. « A l'aigneler verra- 
t-on lesquelles sont prains. » Lat. « Ad 
partus oviumnoscuntur pondéra ventrum.» 

PART, part, portion d'une chose. Pa?-< 
au sac, part a la inanche. PR. B. Part au 
sac, part à la manche. Un escamotage. Se 
dit de celui qui fraude, à son profit, en fai- 
sant pour autrui les parts d'une chose. — , 
côté, endroit: Sa bietzen aqueste part, ve- 
nez de ce côté, en cet endroit. — Henri IV 
écrivait en 1588 : « Il passera la part où 
sera M. deTurenne.» — Perpart, departz, 
de las partz, de la part de : Lo d\xo...per 
part de. bar. Il lui die de la part du (sei- 
gneur de Coarraze). Departz lo senhor. 
IB. De la part du seigneur. De tas pariz 
m'a dit. PS. 11 m'a dit de ta part. — De 
part dessus, de la part de dessus, d'en haut: 
Tu no agores poder suus mi, si no-t fos 
dut de part dessus. H. s. Tu n'aurais point 
de pouvoir sur moi, s'il ne t'était donné 
d'en haut. 

PART, prép., outre, sans: Part aqiiero. 
F. B. Outre cela. Aubergar en hostau jjart 
voler de qui es. iB. Loger dans une maison 
sans le vouloir de qui elle est (sans le con- 
sentement du maître). 

PARTADGE, Partatye, partage. 

PARTATJA, Partatya, partager. 

PARTI, Partir, partager: Ayatz un 
cooteg, e que lo partesquatz per iiiiey. H. s. 
(Salomon dit aux deux mères) : Ayez un 
glaive, et partagez par moitié (l'enfant) . 
Partiram lo, cum lo senhor ha manat. IB. 
Nous le partagerons (dit l'une), comme 
le roi l'a ordonné. 

PARTI, Partir, partir, s'en aller : 
You bau parti Per lou rey serbi ; Maudite 
sie la guerre ! desp. Je vais partir pour 
servir le roi ; maudite soit la guerre ! Debe 
partir de Pau .. vertz lo loc de Coarrase. 
bar. Il devait partir de Pau (pour aller) 
vers le lieu de Coarraze. — S'en iiarti, se 
partir, s'en aller, se retirer. Se parti deu 
servici. bar. 11 quitta le service. 

PARTICIPA, Participar, partici- 
per: Lous qui ati participât au latrounici, 
CAT. Ceux qui ont participé au vol. — , 
avoir copulation charnelle : Eg âge parti- 



PAS 



PAS 



127 



cipat ab Aunoos, an procréât iing enfant. 
ARCH. Qu'il ait eu copulation charnelle 
avec Honorine, ils ont engendré un enfant. 
A luy, en maysoo no partisipara, ni en au- 
tre loc, carnaumens. M. B. Avec elle, dans 
une maison ni autre lieu, il n'aura copu- 
lation charnelle. 

Particula, Particular, particulier : 
Sie mamlat ans procuraïres gênerai... e 
particulars. s. b. Qu'il soit mandé au pro- 
cureur général et aux procureurs particu- 
liers. Z'es^jri^. . . delour particula . F. Egl- 
L'esprit de leur particulier (l'esprit qui leur 
est i)articulier, qui leur est propre). 

PARTIDE, partie: Guoaclanha la 
mayov part'ide deu mont. H. s. (César) 
conquit la plus grande partie du monde. 
— En parlant d'une assemblée délibérante, 
major part'ide, la majorité, menor partkle, 
la minorité : Délibération de tote la cort o 
de la major par tide. COUT. s. Par délibé- 
ration de toute la cour ou de la ma_iorité. 
La votz de la menor p)artide no es efficace. 
iB. La voix (le suffrage) de la minorité 
n'a pas d'effet. — Dans PS., ha part'ide a 
(faire partie à), être contre quelqu'un. Ma 
partide, mas part'ides, IB., mon adversaire, 
mes ennemis. 

Partienses . apjiartenances , dépen- 
dances : Lo loc de Soberbielle ab sas par- 
thiences. m. b. La maison de Supervielle 
avec ses dépendances. — "Voy. Apartiences. 

PARTILHE, partage des biens de 
succession, légitime: Lo primer filh o Ji- 
Ihe,... si se vol demorar a part, pot, si bon 
lo semble, demandar partilhe. COUT. s. 
Le premier (-né), fils ou fille, s'il veut de- 
meurer à part, peut, si bon lui semble, 
demander partage (sa légitime). — , par- 
tage : L'un dab l'aute poudee nou hou dat 
en partilhe. v.Egl. L'un avec l'autre pou- 
voir ne fut pas donné en partage (séparé- 
ment) ; les deux pouvoirs furent donnés 
ensemble. 

PARTIMENT, départ : De lor part'i- 
7nen[t] halicii gay . PS. On eut joie (on se 
réjouit) de leur (iépart (d'Egypte). 

Parturir, être en couche, en travail 
d'enfant. — , mettre bas : Lo bestiar haura 
parturii. ce UT. s. (Le lieu où) les bêtes 
auront mis bas. 

PAS, Paas, pas: Au bilofje d'Estos, 
a quoate pus d'aci. nav. Au village d'Es- 
to.s, à quatre pas d'ici. — A henut \upnas 
de terre de lut, ataus cum hoini los podera 
far. AUCU. Il a vendu quati'c pas de terre 
de large, tels qu'un homme les pourra 
faii'c. — , passage : Domanam centfodiers 
[ler adobar los pas. r. Nous demandons 
cent terrassiers pour mettre en bon état 



les passages. — Lo pas de la mort. sal. 
Le passage de (la vie à) la mort , le tré- 
pas. 

PAS; voy. Nou. 

PASCAU, PASCOAU, pascal. — 
Voeu pascau. n. lab. L'œuf pascal. — 
"Voy. Pasques. — Dissatte pascoau. bay. 
Le samedi de la Semaine-Sainte. 

Pascoe, Pâque: Fare la Pascoe que 
m'inyare ab mos dis'iples. H. s. (Jésus dit): 
Je ferai la Pâque que je mangerai avec 
mes disciples. 

PASCOETES ; voy. Pasquetes. 
Pazer, Patzer (de j^utz, paix), avec 
qui l'on est en paix, ami : Aubergatz en 
terra depasers. F. b. Logés en pays de gens 
amis. 

Pasiment, pavement, carrelage, dal- 
lage: Lo jMsiment deu soii de tôt lo castet. 
art. Le pavement du sol de tout le château. 
Pasimentar, paver, carreler, daller : 
Pasimentarlosoil de la cosine de jjeyre plate . 
art. Paver le sol de la cuisine de pierre 
plate. 

PASQUES, Pascoas, Pâques : Cade 
heste-ennaii, A Pasques. Pentacouste, a 
Toutz-Santz, a Nadau. F. Egl. Chaque fête 
solennelle, à Pâques, à la Pentecôte, à la 
Toussaint, à Noël. La festa de Pascoas. 
art. La fête de Pâques. Pagar a Pascoe 
fur'ule. ARCii. Payer à Pâques fleuries. — 
Qui a deute a Pasques pagadou, Trobe lou 
coaresme court, pkov. Qui a dette paya- 
ble à Pâques, trouve le carême court. — 
Carnabal dab la hemne, Pasques dab lou 
curé. PR. II. En fr. « Il faut faire carême- 
prenant avec sa femme, et Pâques avec son 
curé. » LAMESANGÈRE. — La moulete de 
Pasques. L'omelette de Pâques. Il est 
d'usage que, dans toutes les maisons, le 
jour de Pâques, on mange une omelette 
où l'on a mis des franches de saucisson. 
— Voy. Oeu. — Pasques }nar.sesques, Era 
hami pesques ; Se nou la prsques, L'ades- 
ques ; En cimitèri force toumbes fresques . 
PR0V.(Lavedan, H.-Pyr.). Pâquesen mars, 
tu pêches la faim ; si tu ne la pêches, ta 
la nourris ; au cimetière beaucoup de tom- 
bes fraichfs. — "Vov. Pesca. 

PASQUETES, 'Pa.îroc/e.ç, dim. de 
Pasquf a, Pascoe, dimanche de Quasimodo. 
PASSA, Passar. passer: Tau bede 
passa.., linttrdlumatzbostfslampwuR. Nav. 
Pour le voir passer, vite allumez vos lam- 
pions. — f'nepodrranpas,<inde. coi'X. s. 
Une pouliche (par un) an passée (de plus 
d'un an). En perdure de paifsatz sieys mile 
scutz. ARcii. M. En perte de six mille écus 
passés (de plus de six mille écus). — Cn 
moiululh qui es pa.'^sat lo camii gran... d^ 



128 



PAS 



Lescar a Beyrie , dict. Un monticule qui 
est passé le grand chemin (après le grand 
chemin) de Lescar à Beyrie. — Passa lou 
milhoc. chausser le maïs, entourer de terre 
le pied de la plante pour favoriser l'accrois- 
sement. — Passa las leys. Ps. Transgresser 
les lois. — Passa hami (passer faim), n'a- 
voir pas de quoi manger. — lo passi Gran 
pêne e gran turinent. PS. Je souffre de 
grande peine et de grand tourment. Pas- 
sar piei/or que mort. h. s. Souffrir pis que 
mort. Passarla pena. F. b. Subir la peine. 
PASSADE, action de passer. — Avec 
le verbe donar donner, dans un texte, 
ARCH. M., donar passade, laisser passer, 
ne pas s'opposer à, consentir à. — , duite, 
fil que la navette conduit d'une lisière jus- 
qu'à l'autre dans l'ourdissage d'une étoffe. 
— , reprise, raccommodage fait à une 
étoffe. — A passades, de courte durée, par 
intermittence. A passadotes, dim . 

PASSADE, masc, rupture d'une haie 
par où l'on passe. 

PASSADE, adj., par où l'on peut, par 
où l'on doit passer. — , passable. 

PASSADGE, Passatye, passage : Lo 
passadrje de Begloc. DicT. Le passage 
(sur le Gave de Pau) près de Belloc. — 
Passatye de l'Escripture. F. Ecjl. Un pas- 
sage de l'Ecriture. — . reprise, raccom- 
modage fait à une étoffe. 

PASSADGE, Passatye, passager, — , 
passeur: Lou passadgè dou Gahe.he pas- 
seur du Gave ; celui qui fait passer le Gave 
sur un bateau . 

Passadoo, trait, javelot: Ed ht viras 
e passadoos Contre los persecutadoos. ps. 
Il fait des viretons et des javelots contre 
les persécuteurs. — Dans Rabelais, « pa- 
sadouz.» — D.-c. « passador, passadour. » 
— Esp. « passador. » 

Passaroo : vov. Passerou . 
PASSATYE," PASSATYE ; même 
signification que Passadge, Passadgè. 

PASSE-BIES f passe-voies), panic 
dactyle, chiendent. Voy. Agram; Trauque- 
camii. 

PASSE- CAA (passe-chien), étroite 
ouverture dans une haie. 

PASSE-CARRÈRE (passe-rue ) : 
« L'uae des manières favorites dont les 
Ossalois répètent leurs couplets est le 
passe-carrère, chant alterné en marchant. 
Les jeunes gens et les jeunes filles, en re- 
tournant vers leurs villages, après une 
journée de travail ou de fête, se séparent 
en deux bandes, les premiers se tenant 
par le cou et les autres par la taille, et 
chantent tour à tour les différentes phra- 
ses d'un couplet. » Gazette d'Eaux-Çhan- 



PAS 

des, 30 avril 1882. — Haut ! Passe-Car- 
rère ! Haut ! pr. b. Haut (allons)! Passe- 
rue ! Haut (allons) ! A ce cri, garçons et 
ieunes filles commencent l'amusement que 
M. le comte Casimir d'Angosse a décrit 
ainsi : « Deux bandes déjeunes gens, de 
l'un et l'autre sexe, marchent en groupes 
séparés dans les rues des villages, s'arrê- 
tent et chantent alternativement des chan- 
sons. Quand la première bande a terminé 
son couplet, elle avance plus loin à une 
certaine distance pour recommencer, et 
elle est remplacée au point qu'elle avait 
occupé par un segond groupe, qui s'arrête 
pour y chanter à son tour. » Notices sur 
la val'l. d'Ossau. — Comme ce jeu se pro- 
longe, le soir, l'expression proverbiale : 
Qu'ha trop hèyt passe-carrère, elle a trop 
fait passe-rue, n'est pas un renseignement 
qui prévienne enfaveur d'une jeune fille. . 
« P]lle aimait trop le bal... « 

PASSE-COT (passe-cou), déglutition. 

PASSE J A , PASSE JADE ; voy. 
Passeya. Pa.^seyade. 

PASSEJADIS ; même signification 
que Passeyadis. 

PASSELIS, déversoir, pertuis d'une 
chaussée de moulin. 

PASSELIS, coupe-tête, jeu d'enfants -. 
ils sautent tour à tour, de distance en dis- 
tance, les uns par-dessus les autres. En 
sautant, chacun crie un mot: Au passèlis ! 

— Au tournèUs! — Au hou roumatye gras ! 

— Lou qui nou-n ha que s'en passe ! — Je 
mange ma soupette ! — Dans mon escu- 
delette ! — Je pose mon assiette. — Je la 
reprends ! Tarahi ! 

PASSE-PÈE (passe-pied), sorte de 
danse: Dansa lou passe-pèe, lou manuguet. 
DESP. Danser le passe-pied, le menuet. 

PASSE-PORTE : voy . Clau, l . 

PASSÈRE, femelle du moineau :Z«'es- 
berit passerou .. saute, segout sonn aïe e 
sa coudete, E tracasse deya pass'ere dens 
l'herbete. mey. Le pétulant moineau saute, 
secoue son aile, sa queue, et tracasse déjà 
sa femelle dans l'herbe naissante. 

PASSERIE, action continuelle de pas- 
ser et repasser. — , liberté de transporter 
les marchandises, de faire passer les bes- 
tiaux par certains passages des monta- 
gnes. Quand il n'y avait point passerie, 
libre passage, on mettait la barre; voy. 
ce mot. — Cf. CHÉRUEL, Dict.deslnst.,etc. 

PASSERIE, fém., aphthe ; muguet, 
aphthe des enfants. — Dans les village.», 
on croit qu'un enfant guérit de ce mal, 
lorsqu'on l'introduitneuf fois consécutives 
dans une volière, en disant chaque fois : 
Passe, passe, passerie, Peu hourat de la 



PAS 

garie. H . B. Passe, passe, muguet, par le 
trou de la poule. 

PASSERITZ (Bay.), « passade », jeu 
entre nageurs. 

PASSEROAL.HE,fém.sing., grande 
quantité de moineaux. La passer oalhe, les 
moineaux. 

PASSEROÈ, amateur, chasseur de 
moineaux. 

PASSEROL.es ; on dit a passeroles 
au même sens que a passades ; voy. Pas- 
sade. 

PASSE-ROSE (Vic-Bilh), coqueli- 
cot. 

PASSEROU, Passaroo, passereau, 
moineau : Toun besVi lou passerou, Lou 
mandicayre, lou layrou.N. lab. Ton voisin 
le moineau, le mendiant importun, le lar- 
ron. L'esberit passerou Au rebat du bru- 
choc escauhat p>er lou sou. MEY. Le pétulant 
moineau à l'abri d"un buisson réchauffé 
par le soleil. Au passaroo soy semblable, 
qui soo suus la teyt s'esta... PS. Au pas- 
sereau je suis semblable, qui seul se tient 
sur le toit... Passerounet, dim. 

PASSEROUNA, faire comme le moi- 
neau. 

PASSEROUS, masc, plaques mu- 
queuses aux commissures labiales. 

PASSE-SABARGOT ( passe-petite 
savate). Dans les veillées où villageois et 
villageoises sont réunis pour dépouiller le 
maïs, — \ oy .Esperouquère, — le travail 
achevé, on joue à divers jeux. Celui du 
passe-sabarcot estle va-et-vientde main en 
main d'une petite savate avec laquelle on 
frappe : Au ixisse-sabarcol, oun Yan e 
Madelène han tant recebut irucvs.T?. Au 
passe-petite savate, où Jean et Madeleine 
ont reçu tant de coups. 

PASSE-SÈGUES (passe-haies), es- 
pèce de fauvette. 

PASSETE, vrille de tonnelier. 

PASSE Y, masc, promenade : En s'' en 
tvuriiatU doua noustespasscys. lktt.oRTH. 
En nous retirant de nos promenades. 

PASSE YA, Passeja, promener. — , 
réf. : Quaiitz de cops habem bist de f/raiis 
jirinres se jiasseya "per la>i proubinces ! gar. 
Que de fois nous avons vu de grands 
princes se promener par les provinces ! — 
En parlant des courses de Tours dans la 
montagne, on dit en Ossau : Dominique 
quc-s passcje . ¥ . hXB Dominique se pro- 
mène. — Cat. i< passoja. » 

PASSEYADE, Passejade , prome- 
nade. 

PASSEYADIS , Passejadis , masc. , 
action de promener deçà, delà, sans but. 

PASSEYAMENT; voy. Entraînent. 



PAS 



129 



PAST, pâture : Bous biious a Varpast, 
B'ey harious lou past.îs av. Bons pourceaux 
à l'engrais , la pâture ( que l'on vous 
donne) est bien farineuse. 

PASTANAGRE ( Bav. ) , carotte , 
plante potagère. — Voy. Bastanègue. 

PASTE, pâte. Pastete, Pastote, dim. 
Pas tasse, aug . 

PASTE-BOURIDE (pâte bouillie), 
pâte fermentée de farine de millet. 

PASTEG; voy. Pastèt. 

PASTENADE, panais cultivé; pasti- 
naca sativa. 

PASTENC, Pasteng, pâturage, pâ- 
ture, fourrage : Pastenc per neurir lors 
bestiars. arch. m. La pâture pour nourrir 
leurs hestmnx. Borde jjlene de jMstenc. IB. 
Grange pleine de fourrage. — , subsis- 
tance d'un individu, n.vv. 

PASTENCA, Pastengar, pâturer, 
pacager : Paduir, jjastengar. arch. b. 
I Paître, pâturer. Apastencar, dans Liv. 
ROUGE d'ossau : Cascunebestie... quebienca 
per apastencar en las terres. Chaque béte 
j qui viendra pâturer sur les terres ( du 
seigneur). Troupètz qui tremetin pastengar 
en las lanes de Bourdeu, Chalosse, Arma- 
gnac, p. R. Les troupeaux que l'on envoie 
pacager dans les « plaines» de Bordeaux, 
de la Chalosse et de l'Armagnac. 

Pastèr, maître d'une maison, d'une 
ievve piastère ; voy. ce mot. « IjGs, paster s 
payent au Roy ou autre seigneur, pour 
I les fruicts de leurs terres, certaine quan- 
tité de febves, froment, millet, avoine ; 
pour le fruict de leur bestail, pourceaux, 
juments et brebis, des poulins et agneaux 
voire et des brebis avec leurs agneaux, 
ou argeant, etc. » .i. de rela. — Dans 
COUT, s., édit. de 1692, Pau, Jérôme Du- 
poux, p. 86-7, on \ii pastor ; c'est une er- 
reur: J. de Bêla, dans ses Commentaires 
sur ce passage,n'emploieque le motpaster. 

Pastère ; se disait d'une maison, d'une 
terre tenue par redevance rotuiière : Las 
maisons et hertadges que honi apere, que 
son ruraus ou pasteres. cour. s. Les mai- 
sons et terres qu'on appelle et qui sont 
rurales ou tenues par redevance roturière. 
— « Rurales ou pasteres sont les maisons 
que j'ay remarqué estre roturières, c'est à 
dire tenues en villeuage, à cause des vils 
et bas ouvrages qu'avoient ceux qui, les 
prenants, les soubsmirent au payement 
ordinaire et extraordinaire de plusieurs et 
divers droits et devoirs que ne payent les 
maistres des autres maisons do ce pays 
(de Soûle), corne sont pomade, péage, 
avoine, brebis, agneaux, poulins et autres 
choses plus à plein spécifiquement décla- 



130 



PAS 



rées dans le livre terrier du Roy. Et sont 
telles maisons dictes à bon droit « pastè- 
res », à cause des moyens de pastu ou 
pastura qu'elles sont à ceux qui se repais- 
sent, ou qui font chose a?quipollente, des 
dicts payements de droits qu'ils en pre- 
nent (et c'est aussi de là que vient le mot 
« paster »). Item est mesme chose d'estre, 
pour une maison, rurale ou pastère, corne 
l'alternative « ou » le tesmogne par lapa- 
rification qu'elle en faict. Et n'est à trou- 
ver estrange qu'entre les persones les vns 
ayants de beaux privilèges et aymants la 
liberté, les autres l'endurent autrement, 
cum gentes aliœ aliis servitutl aptiores sïnt. 
Et sont aussy ces maisons rurales ou pas- 
tères ce qu'en certaines provinces de 
France on nome cottières. » J. de bêla. 

— Voy. L.-c. DE s. PALAYE, « cottier », 
homme qui tient un héritage roturier. Tè- 
nement roturier. — On ne saurait admettre 
l'étymologie de paater, pastère, indiquée 
ci-dessus d'après J . de Bêla. — Cf. esp. 
« pechero >i, roturier; « pechar »^ payer 
tribut, un impôt; en parlant d'un vassal, 
d'une personne qui n'est pas noble ; « pe- 
cheria », condition, état de celui qui n'était 
pas noble. 

PASTÈRS, crêpe, sorte de petite ga- 
lette cuite à la poêle. 

PASTERÈS; voy. le suivant. 

PASTÉT . Pasteg , PASTÈTCH , 
(Aspe, Baretous), espèce de galette de fa- 
rine de ma'ïs que l'on fait cuire sur les 
charbons. —, pain, certaines svibstances 
mises en masse : Quoate pastegs de ssere 
{cere). R. Quatre pains de cire.—, pâtée. 

— Pasterès, mangeurs de pastèt, galette ; 
sobriquet des gens d'Escot. 

PASTE-TOIJRRADE, pâte (de fa- 
rine de ma'ïs) torréfiée. 

PASTIÈRE, fém., pétrin. 

PASTIS, pâté : Per lo disnur deu co- 
manday d'Aubertïi quoate pastis desaurno. 
ARCH . Pour le dîner du commandeur d' Au- 
bertin quatre pâtés de saumon. Vous fe- 
rey img tau pastis que vous no saheratz 
rompre la croste. IB. Je vous ferai un tel 
pâté que vous n'en saurez rompre la croûte. 
(Jean II, d'Armagnac, au prince de Galles, 
à Bordeaux, vers 1363). « Je vous baille- 
rai ce que vous ne mangerez pas. oddin, 
Curiosités françaises. — , en parlant d'un 
homme, d'une femme, un gros joufflu, une 
femme très-grosse, une personne gênante. 

PASTISSÈ, pâtissier. — -, qui tripote, 
qui gâche. 

PASTISSEYA , Pastisseja, manier 
d'une façon malpropre. — , gâcher un tra- 
vail. 



PAS 

PASTISSEYA YRE , Pastissejayre. 
aug. de Pastissè, gâcheur. 

Pastoriu; voy. Pastour'is. 

PASTOU^ Pastor, pasteur : Nou y-ha 
nat pastou Taa malhurous coum you! 
DESP. 11 n'y a aucun pasteur aussi malheu- 
reux que moi ! Qu'èm prauhes, lous pas- 
tous, Y tounutz autaa raz que lous noustes 
moutous. NAV. Nous sommes pauvres, 
(nous), les pasteurs, et tondus aussi ras 
que nos moutons. Los pastors e gardes de 
bestiars. COUT. s. Les pasteurs et gardes 
des bestiaux. Pastour, dans p. r. — , évê- 
que, curé, chargés du soin des âmes : Lous 
■pastous, lous senhous, lous maèstes. cat . 
(Il faut honorer) les pasteurs,les seigneurs, 
les maîtres. Ung bon pastor e curador de 
animas. ARCH. Un bon pasteur qui a bien 
soin des âmes. — Pastou, nom de chien 
de berger. 

PASTOURALE ; on donne le nom de 
« pastorale » à toute pièce de théâtre 
jouée dans les villages par les paysans, 
qu'elle retrace ou non la \'ie, les mœurs 
champêtres. 

PASTOURE, bergère : Deus atrèytz. 
d'ue yoene pastour e Moun praube coo s'ey 
embescat. desp. Aux attraits d'une jeune 
bergère mon pauvre cœur s'est englué. — , 
grosse fille aux joues rouges de fraîcheur. 
— Le chien du berger s'appelant Pastou, 
on donne à la chienne le nom de Pastoure. 

PASTOUREJA; voy. Pustoureya. 

PASTOURET, pastoureau; Pastou- 
rete, pastourelle. Pastouroulet, pastour ou - 
lèu, 2Mstouroulete, dim. 

PASTOUREYA, Pastoureja, Pasto- 
reyar, garder, soigner le bétail : Débet: 
pastoureya Las troupes deus moutous. N. 
PAST. Vous devez garder les troupes des 
moutons. Prometo aqueres baques gardar, 
neurïr e pastoreyar de noeytz e de jorns. 
ARCH. Il promit de garder, nourrir et soi- 
gner ces vaches, de nuit et de jour. — Dm 
que-s iKistoureye lous sous. prov. Dieu se 
soigne les siens (a soin des siens). « Dieu 
laissa-t-il jamais ses enfants au besoin?» 
RACINE. Escote, aulhèe qui pastoreias Is- 
raël. PS. Ecoute, pasteur qui pais Israël. 

PASTOURIS, Pastoriu, de pasteur, 
métier, soin de pasteur: Quoale arramatz 
d'aolhes que ave en sa garde e pastoriu. 
ARCH. Quatre troupeaux de brebis qu'il 
avait en sa garde et à son soin (qu'il avait 
à garder et à soigner comme pasteur). — 
Lou pastour'is, les bétes confiées à la garde 
du pasteur; les bêtes domestiques : Ba- 
dut sus drin depalhe mieytan deu pastou- 
ris. NOËL. (L'enfant) né sur un peu de 
paille au milieu des bêtes. 



PAT 



PAT 



131 



PASTOUS, pâteux. 

PASTURA, Pasturar, pâturer; voy. 
le suivant. — Les oiseaux vont pasfura, 
chercher leur nourriture. 

PASTURADGE, Pasturatye, jiâtu- 
rage : Far pasturar hestiara ans pasturad- 
ges. COUT. s. Faire pâturer les bestiaux 
dans les pâturages. 

.PASTURE, pâture : Anatz, mouious, 

a Vahenture Lou cm pe de ni'ielhe pias- 

turef DRSP. Allez, moutons, à l'aventure... 
Que le ciel vous donne meilleure pâture ! 

PATAC, coup : Ablada de patacxs. Ac- 
cabler de coups. lia au patac ou ans pa- 
tacxs (faire aux coups), se battre, se don- 
ner des coups. — U patuc d'arr'ide. Un 
grand éclat de rire. — En u patac, en un 
coup, en une fois, tout ensemble. — Dans 
TABELAiP, (I patact )' , coup de poing. 

PATACA, frapper, donner des coups ; 
voy. le fréq. Futuqupya. 

PATACASSAYRE ; voy. le suivant. 

PATACASSÉ. « frappeur » d'habitu- 
de : Patacansès de CaMeraa; sobriquet d'a- 
près lequel les gens delà commune de Cas- 
tera auraient été des querelleurs, allant 
d'habitude dans le voisinage susciter des 
bagarres pour se battre. Putacassayre, 
aug. — Voy. Patacayre. 

PATACASSEYA, Patacanseja ; voy 
Pataqueya . 

PATACAYRE, qui a la main promp- 
te, même sans être dans le cas de légitime 
défense. Sobriquet des gensd'Uzos: Pa- 
tacayren d'U-:ns . D. B. 

PATACH, grossier, lourdaud. — , se 
dit des bêtes puantes : Moua de Patach. N. 
LAB. Monsieur de « patach» (le blaireau). 
La hei^tiote patache . ID. La punaise, 

PATADE , empreinte de patte. — , 
coup de patte. 

PAT ANE, chaussure grossière : Ussa- 
batous me den dah très seinèles granes ',jou 
qui n'hahi jamey pourtat de tous patanes. 
F. Past. On me donna des souliers à trois 
grandes semelles ; je n'avais jamais porté 
de telles chaussures grossières. 

PATANTÈNE, prétantaine. 

PATAQUÉ, qui frajipe, qui donne des 
coups. — Vdv. Patacayre. 

PATAQUEYA, Pataqurja, donner 
force coups. Pataijtteya-s, se battre, se 
donner des coups. Patacasseya, Patacas- 
seya-R, aug. 

PATCHOC, lambin et maladroit tout 
ensemhli' ; vdv. Pafrhouqttè, Patyoc. 

PATCHOUCA, chipoter, faire len- 
tement et mal ce <pic l'on a à faire. Pal- 
chouqucya, aug. 

PATCHOU-MATCHOU, masc. sing., 
choses mêlées, embrouillées; micmac. 



PATCHOUQUÈ. chipotier. 

PATCHOUQUEYA, Patchouqueja ; 
voy. Patchouca. 

PATCHOUQIJIS, action de chipoter, 
travail fait en chipotant. 

PATE, patte. Paiete, patine, patate, 
dira. Patasse, aug. — Ana a pâtes, aller à 
pattes. « Marcher à quatre pattes », mar- 
cher sur les pieds et sur les mains. — 
Qu'ha pâtes al'oelh. Il ou elle a des pattes 
à l'œil. Cette locution ne se rapporte pas 
seulement à la « patte d'oie », aux rides 
qu'ont à l'angle extérieur de chaque œil 
les personnes qui commencent à vieillir; 
elle signifie aussi : c'est un sorcier, une 
sorcière . — "Voy . Oelh . 

PATENT, patent.—, public : Meteren 
endretz patentz e uhertz mesures de peyre 
per tous granadges. p. R. (Dans les mar- 
chés, on doit) mettre en des endroits pu- 
blics et ouverts des mesures de pierre pour 
les grains. 

PATÈR, oraison dominicale : Moussu 
curé, ganhe-pet\t,A caAe patèr hou u ardit; 
E si nou hèn trïn-trin au plat; Certes patèr 
que nou ditz cap. AUROST. Monsieur curé, 
gagne-petit, à chaqne /3a<er veut un liard 
(de l'ai-gent); mais, si (les espèces son- 
nantes) ne font trin-trin au plat, certes, il 
ne dit aucun ^;afer. — Lous patersdepe- 
lerïi. Les ^;ato- de pèlerin. Locution pro- 
verbiale qui signifie les jurons. 

PATERNAU, paternel : Bées pater- 
naus, biens paternels, héritage paternel. 

— Voy. Papoau. 

PATERNES, fesses: Ed eadou de pa- 
ternes. Y.Egl. U tomba sur ses fesses (à la 
renverse, étendu de son long). — Dans 
l'idiome du Rouergue, on dit: « Te saqui 
un pic sus los potèrnos. » Je te donne un 
coup sur les fesses, vayss., Dirt. (Lospo- 
tèrnos », du g. fém . , comme en béarnais 
'patèrnts; noire a est o dans le Rouergue). 

— « Paterlos », fesses, l. n. s., Dirt. 
languedocien-fr . — Dans le Bulletin de la 
Société des se., lett. et arts de Pau, 188(1, 
on a prétendu que de paternes signifiait 

! « pattes eu l'air. » 

j PATI, masc, cour, espace découvert 
environné de murs ou de bâtiments : Au 
Diiey deu 2)at'i deu casteg. bar. .\u milieu 
de la cour du château. — , parvis : Ton la s 
plantas... liens la maysoo de D\u,Ucus son 

I liati foriran. l'S. Toutes plantes ( les ar- 

! bres plantés) dans la maison de Dieu fleu- 

I riront dans ses parvis. 

PATI, [làtir : Apreneti a pat'i adare 
quauquis petites pênes ta poude-n alal»tz 
esbita de niayes. IM. Apprenez à soufl'rir 
présentement de petites peines pour pou- 
voir en éviter alors de plus grandes. 



132 



PAT 



PATIENCE, Patiencie. patience. — 
Patience que-slexa hrullalainaysou. prov. 
Patience laissa brûler sa maison. « Celui 
qui laisse faire, laisse brûler sa maison. » 
Traduit du fribourgeois, Romania, vi, 
p. 103, Mais, en donnant au mot patience 
un autre sens, on ajoute en béarnais : 
Patience que se l'arrebasti. Patience la re- 
bâtit. Avec de la persévérance on fait 
beaucoup. 

PATIENTAMENT , patiemment : 
Supourta patientament. cat. Supporter pa- 
tiemment. 

PATIRAS, un souflVe-tout, un bo- 
nasse. 

PATOU-PATOU, pesamment, à pas 
comptés. 

PATRACOU, gros sou. — Lou qui 
ey hèt ta sta soo nou sera jainey patracou . 
PROV. Celui qui est fait pour être sou ne 
sera jamais gros sou. — Caratz-pe, amas- 
satz et patracou. Tsiisez-\ons, ramassez le 
gros sou. Expression proverbiale usitée à 
Oloron lorsqu'on veut mettre fin à un dé- 
bat, laisser à quelqu'un le dernier mot, 
lui donner gagné. En fr. «Je vous donne 
gaigné, mettez dans votre boui'se. »oudin, 
Curiosités fr. 

PATRAQUE, labiée des montagnes ; 
honaimiiii pyrenaïcum. 

PATRASSE, renoncule rampante. 

PATRICOLE, fém., assemblage de 
choses ou de personnes. — Au plur., pa- 
trïcoles, propos incohérents, commérages. 
— Qti'ey ve patricole; c'estua barbouilleur, 
il ne sait pas ce quil dit. — D'avoués et 
d'avocats réunis pour un festin, NaV. disait 
non sans malice : Qu'ère ue patricole D'a- 
inicxs, touiz anciens camarades d'escole. C'é- 
tait un assemblage d'amis, tous anciens 
camarades d'école. 

PATRIMONI, patrimoine : Patrimoni 
sedent. F. b. Patrimoine immobilier. 

PATRIMONIAU, patrimonial. 

Patrocinar, défendre en justice, être 
agent de plaideurs. — Voy. Cariai. — 
Lat. <> patrocinari», défendre, soutenir les 
intérêts. 

PATROCINI, défense en justice, exer- 
cice de la profession d'avocat, d'agent de 
\)la\denvs .tSalari de jMtrocini. s. J. Salaire 
d'acte, de service d'avocat, d'avoué. 

PATROU, Patroo, patron. — Patron 
creiiiat deu bourg de Luc. nav. Saint pa- 
tron du bourg de Lucq-de-Béarn. — Pa- 
troo de la prébende fundade en la glisie de 
Juransoo. arch. Le patron de la prébende 
fondée en l'église de Jurançon. — , maître, 
possesseur, p. R. — , modèle : Psalmecon- 
tenenlt] ung vray patroo depregari per los 



PAU 

jîdeus. SAL. Psaume contenant un vrai 
modèle de prière pour les fidèles. 

PATROULHÈ, qui fait la patrouille. 

— Dans des textes d'anciennes coutumes, 
H.-Pyr., messers e patroulhès étaient des 
agents chargés de veiller, dans les com- 
munes, à la garde des fruits et au bon 
ordre. — Voy. Messe. 

PATUT, pattu. —, lourdaud. — U 
patut, un pataud. Patudas, aug. 

PATYE (Bay.), qui marche de tra- 
vers . 

PATYOC(0rthez; Bay.); même signi- 
fication que Patclioc . 

PATZ, Pax, paix : Que houlem lou tri- 
balh, la patz, la liber tat. nav. Nous vou- 
lons le travail, la paix, la liberté. Patz 
abant ! Paix dorénavant! — Voy. Abantz. 
S'emploie au pluriel: Ha las patz, faire 
la paix, se réconcilier. Dans F. b., far 
las 2)atz. — Lat. pladte, « pacibus per- 
fectis. » 

Patzer ; voy. Paser. 

Patzerie, Paxerie, traité de paix. Par 
des accords appelés lies epaxeries, allian- 
ces et conventions de paix, des vallées 
limitrophes réglaient les droits respectifs 
de pâturage et s'engageaient à vivre en 
bonne paix et concorde. 

PAU, Pal, pieu -.Pauficat. F. b. Pieu 
fiché. — , épieu : Ab pau ni ab barra me 
bieys batalhar. h. s. Avec épieu et bâton, 
tu viens combattre contre moi.^ — , broche : 
bire-pau (Bay.), tourne-broche. Capous au 
pau, chapons à la broche. — , palissade : 
Obrar en la re2)aration deu pau deu castet. 
ENQ. Travailler à la réparation de la palis- 
sade du château. Volo e mana que sienfeitz 
bon barat. . . ab un pau.AKCn. (Gast.-Phœ- 
bus) voulut et ordonna que fussent faits (à 
Vielleségurejbon fossé avec une palissade. 

— Castellum de Pal, XIP siècle, dict. Châ- 
teau de Pau. — L'origine de la ville de Pau 
remonte au X*' s. A cette époque, les gens 
de la vallée d'Ossau « auraient concédé 
au vicomte de Béarn un terrain situé à 
l'extrémité occidentale de la ville ac- 
tuelle : trois pieux auraient été plantés aux 
limites du terrain concédé pour la con- 
struction d'un château. C'est à cette cir- 
constance que le château doit le nom de 
Pal, pieu. Quelques maisons vinrent se 
grouper autour de cette habitation prin- 
cière et donnèrent naissance à la ville », 
que l'on appela comme le château Pal, 
Pau. Elle obtint une charte de commune 
de Gaston X, comte de Foix, en 1464. Les 
armoiries accordées aux jurats de Pau 
par Gaston XI, 1482, étaient" d'argent à 
trois pals de gueules avec un paon rouant 



PAU 

de même perché sur celui du milieu. » 
Voici, au sujet de rorigine du nom de 

Pau, des explications qui sont beaucoup 
plus justes que celles qui précèdent : 

« C'est un fait consacré par Ihistoire que 
les habitants de la vallée dOssau sont 
les anciens propriétaires du terrain com- 
pris entre Pontacq, Morlaas, Arzacq , 

Orthez, Oloron et les Pyrénées . . . 

Le terrain dont le sol du château fait 
partie était, à l'époque gallo-romaine, 
couvert de tombes ; on en retrouve faci- 
lement la preuve en examinant les noms 
des terres mises peu à peu en culture. On 
trouve fréquemmentparmi eux les mots de 
puyoo (cf. lat. « podium », monticule), 
puyoulet, diminutif du précédent, turon, 
qui a quelquefois le même sens. Aux por- ' 
tes de la ville, sur le chemin de Trespoey, 
il existe encore de ces tombeaux qui s'ap- 
pellent, en langue vulgaire, des puyouletz. 
La lande du Pont-Long en renferme un 
grand nombre... Il est probable que, 
de toute ancienneté, le promontoire sur 
lequel est bâti le château a été un point 
fortifié, ... Ce château était entouré, couj- 
me tous ses pareils, dune palissade. . . . 
un^aw. Lorsque Gaston-Phœbus, vicomte 
de Béarn, recommandait à ses vassaux, 
les gens des communes, de se bien garder, 
il leur ordonnait d'établir autour des vil- 
lages un pau ; dans la langue du Nord, 
on aurait dit un plesnis. Tout le monde 
sait que la résidence favorite de Louis XI 
s'appelait le château de Plessis-lez-Tours. 
11 ne faut pas oublier que, si l'origine du 
nom de notre ville était tirée des trois 
pieux légendaires, on aurait dit paus au 
pluriel et non ^^aw. » p. baVMOnu. Ainsi, 
le nom de la ville de Pau dérive bien du 
mot qui, en latin, signifiait pieu, palus; 
mais il a eu anciennement dans notre idio- 
me, en même temps que le sens de opieu», 
la signification de « palissade. » Les 
exemples cités plus haut en sont la preu- 
ve incontestable. Dans les armoiries de 
1482, les trois pals significatifs de « limi- 
tes » sont de la légende ; la barrière de 
trois pals, significative de « i)alissade », 
est de l'histoire. — Qui ha liixiPail, A'Vta 
7naj hïst an tau. Qui a vu Pau, n'a jamais 
vu une telle ville. Tallemant des Kéaux 
a cité ce dicton pour montrer que les 
Béarnais (voy. Bearncs) ne sont pas moins 
vaniteux que les Kspagnols leurs voisins : 
« Quien no havisto àîSevilla, No ha visto 
à maravilla. » Qui n'a pas vu Séville, n'a 
pas vu merveille. Nous venons de dire 
que les anciennes armoiries de Pau étaient 
» d'argent à trois pals de gueules avec 
TOME II 



PAU 



133 



un paon rouant du même perché sur celui 
du milieu. En béarnais ^jaw, au sens de 
pieu, palissade, et le nom du « paon », se 
prononcent de la même manière : pa-ou. 
Les emblèmes héraldiques procèdent sou- 
vent de jeux de mots ; on les appelle alors 
« armes parlantes. » Telles sont celles 
de Pau. Mais, sans tenir compte que le 
c< paon » se trouvait là seulement comme 
une espèce d'homonyme, on n'aura vu en 
lui que l'emblème de la vanité ; et c'est 
vraisemblablement ce qui aura valu à 
notre ville l'ironique malice du dicton 
rapporté par Tallemant des Réaux. 

PAU, paon. Paie, paonne: Bragant 
coum upau. Faisant le fier comme un paon. 
— Pau sauhadge (paon sauvage), coq de 
bruyère. Una j)aha pres'a Goust. arch. 
Une femelle de coq de bruyère prise à 
Goust. 

Paubre, Paubrementz; voy. Prauhe, 
Prauhementz. 

Paubresse, Paubrèyre ; même sig- 
nification que Prauhesse, Pruuhèyre. 

Pauc, iém. jjauca, jMuque, petit: Tôt 
clam, (jran o pauc. F. B. Toute plainte 
(en justice), grande ou petite (de peu 
d'importance). Paucas o granas. IB. (Des 
chartes) petites ou grandes. Pauque lutz 
entre. H. a. Qu'une petite lumière entre 
(que peu de lumière pénètre dans la cham- 
bre). Pauques terres a. ENQ. Il a de pe- 
tites terres (peu de terres ou des terres 
de peu de valeur). — Pauc, peu. Pauquet, 
dim. Si 'pauc, tant pauc (si peu), précédés 
d'une négation, signifient non plus. — 
Voy. Tapoc. 

Paues, Paueser; même signification 
que Pahés, Paheser . 

PAULHA, produire des ampoules. 

Paum ; voy. Pam. 

PAUMA ; même signification que Pa- 
mcya. 

iPAUMADE, <( paumée », le contenu 
du creux de la main ; mesure (de l'extré- 
mité du petit doigt à celle du pouce). 

PAUME, paume, le dedans de la main. 
— , balle pour jouer à la paume. Juc de 
paaiiie. art. Jeu de paume. 

Paumis, dans un texte, art., rampe 
d'escaliei'. 

PAUP, toucher: Lou jxiup, le tou- 
cher. At piuijt, au toucher, au tact. 

PAUPA, Palpar, palper; tâtonner. — , 
voir, connaître clairement, toucher au 
doigt. — Formule des « libellés » de ju- 
gements: Tôt vist, jionderat, palpât, s. Ii. 
Tout vu, pesé, touché au doigt. 

PAUPAYRE, qui a Thabitude, le dé- 
faut do palper ; tàtouneur. 



134 



PAU 



PAUPE, action de palper. A paupes, 
à tâtons. 

Pauque, fém. de Pane ; voy. ce mot. 
— , siibst., petite quantité d'une chose. — 
Dans le Rouergue, « pauco », pauque, an- 
cienne mesure pour le vin ; chopine. 
VAYSS., Dict. 

PAUQUET; voy. Pauc. 
PAURUC ; voy. Pouruc. 
PAUS, cesse, répit. — , repos, soula- 
gement : Lexatz lou moiinde en paus. noel. 
Laissez le monde en repos. Que eau tre- 
bessa hoec e aygiie ahantz, d'hahé paus. Di. 
11 faut traverser le feu et l'eau avant 
d'avoir soulagement. — , remise, délai. 
Tôt thiansser deu aver piaus per très dies. 
F. B. Tout gage doit avoir (on a pour re- 
mettre tout gage) délai de trois jours. 

PAUSA, Pausar, poser ; poser une 
chose que l'on portait. — , mettre au jeu. 
— , exposer : La tua anima pausares per 
mi? H. S. Tu exposerais ta vie pour moi? 
— Pausat que... CODT. s. Supposé que... 
— , gîter, loger: Anan pausar a un temple. 
H. s. Ils allèrent gîter dans un temple. 
Pausan a une vende, ib. Ils logèrent chez 
une veuve. — , réf., s'établir, camper : 
Pausem nos assi defora. ib. Etablissons- 
nous (campons) ici dehors. — , se repo- 
ser : Aquiu que-s pausam y que dehisam 
deliens la cabane. F. lab. Là nous nous 
reposons et nous causons dans la cabane. 
Que-s pause eoum lou boeu a Voumpre 
deu nouguè. PR. B. II se repose comme le 
bœuf à l'ombre du noyer. Un homme qui 
travaille sans relâche. Le joug des bœufs 
est fait de noyer. — Voy. Pousa. 

PAUSADE, pause, suspension d'une 
action ; repos, cessation de travail : La 
campane que-u d'itz : mie, hè drin depau- 
sade. GAR. (Quand le laboureur est brûlé 
par le soleil au milieu de la journée), la 
cloche lui dit : ami, fais (prends) un peu 
de repos. Qu'èy hèyt ta la pausade u Iheyt 
de flous. F. LAB. J'ai fait pour l'heure du 
repos un lit de fleurs. — , halte, station de 
gens dans leur marche ; lieu où l'on s'ar- 
rête. — A la pausade, posément, sans se 
presser : Tira l'arc a la pausade. lam. Ti- 
rer l'arc posément. 

PAUSADE, lieu ou l'on peut déposer 
le fardeau que l'on porte. 

PAUSE, fém., ce que l'on met au jeu 
à chaque partie, l'enjeu. — , pause, sus- 
pension d'une action, temps d'arrêt : La9 
errons passaran coum passen las eselauses, 
L'ue au darrè de l'aute, après pauses y pau- 
ses. F. Egl. Les erreurs passeront comme 
passent les éclusées, l'une après l'autre, 
après pauses et pauses. — Pause, mo- 



PAX 

ment, temps fort court, temps plus ou 
moins long : Estangatz-pe ue pause, .'arrê- 
tez-vous un moment. Dura loungue imuse 
l'ouradge ? F. Egl. L'orage dura-t-il long- 
temps ? De hère pause (de belle pause), 
de longtemps. Quha hères p)auses. Il y a 
longtemps. — Pausete, pausine, j^ansote. 
dim. : Tout lou rnounde haiiré counquit En 
mensd^ue pausote. desp. Il aurait conquis 
le monde en moins d'un petit moment 
(en un rien de temps). 

PAUSE-L'Y-TOUT-DOUS (pose 
le-lui tout doucement) : U pause-l'y-tout- 
dous, un hypocrite; « sainte-nitouche « ; 
le Tartufe de Molière : « Que fait là votre 
main ? — Je tàte votre habit, l'étoffe en 
est moelleuse. » 

Pauseyar, mettre en posture : La 
fasse (fase)pcuseyar a sons servidors. bar. 
Il la faisait mettre en posture pour ses 
serviteurs, (il voulait que cette femme se 
laissât posséder par ses serviteurs). 

PAX ; voy. Palz. 

PAXE, Pache, « paisson », glandée. 
Dans un texte, arch., Bagnères (H.-Pyr.), 
hoscs e pex, bois et « paisson » ; pex mal 
traduit par pacages, dans le Bulletin de la 
Société Ramond, 4« trim. 1882. — Voy, 
Peixs, Paixs. 

Paxeirar; voy. Paxera. 

Paxenca, ?, ancienne monnaie de la 
valeur de dix liards : Dues paxencas de 
eada detz arditz-AUcn. Deux pièces de dix 
liards chacune. 

Paxer, à la <i paisson », mené à la 
« paisson », à la glandée : Porcs paxers. 
ARCH. Porcs à la glandée. — Dans coût. 
s., porc casaler, porc nourri à la maison, 
porc domestique. 

PAXERA, Pochera, Paxerer, écha- 
lasser : Ligar epaxerar la. hinhe. arch. 
Lier et échalasser la vigne. On trouve 
Siussï paxeyra, paxeirar. — D. - c. « pais- 
sellare. » 

PAXERAA, Pacheraa, raasc, écha- 
lassière. 

PAXER ADGE, Paeheradge, échalas- 
sement, action d'échalasser la vigne. 

PAXERADOU, Pacheradou, ouvrier 
qui échalasse. — D.-c. « paissellator. » 

PAXÈRE ; même signification que 
Pachère . 

PAXERENC, Pacherenc, de « pais- 
seau », d'échalas. — Bii p)o.xerenc (Por- 
tet), vin de vigne haute. 

Paxerie ; voy. Patzerie. 

PAXÉT, Pachèt pieu, « paisseau. » 
échalas ; Poyra far jmchet en la harta 
ARCH. 11 pourra faire des échalas dans le 
bois taillis. — Lat. « paxillus . » 



PAY 



PEA 



135 



PAXOU, Pachou, PAXOO, pieu, pi- 
quet : Tennis epachous. Bornes et piquets. 
Dus paxoosque lo bayle ejuratzficon. arch. 
Deux piquets que fichèrent le baile et les 
jurats. 

PAY, Payre, Pair, père : Moun pay, 
Diu que p'ajude e que-h de loungue Lite ! 
N. PAST. Mon père, que Dieu vous aide et 
vous donne longue vie ! En Gasto lorp>air ; 
1289. ARCH. En Gaston leur père — , pa- 
triarche : Nostre Senhor fe aus santz pays 
Abraham, Ysach e Jacob. H. s. (La pro- 
messe que) Notre Seigneur fit aux saints 
patriarches Abraham, Isaac et Jacob. 
— Pay-de-poupe, père nourricier, mari de 
la may-de-poupe ( mère de mamelle), la 
nourrice. — Payre-Sunt, Saint-Père : Ti'a- 
meter au Payre-Sant. arch. Envoyer (une 
ambassade) au Saint-Père. 

P A Y - B O U , Pay-bon (père-bon) , 
grand-père: Qui n ha histpay-bou, Nou n'ha 
hist deu bon {de hou). PR. n. Qui n'a pas 
vu grand-père, n'en a pas vu de bon (n'a vu 
aucun homme bon). Qui succedis a so7is 
pay e may, pay-bon ou may-hone. couT. s. 
Qui succède à ses père et mère, grand- 
père ou grand'mère. 

PAYCOT (dim. de p)aa, pain), petit 
pain. Payeoulet, paycoulot, superdim. 

PA Y-DE-POUPE; voy. Pay. 

PAYE; voy. Page, 1. 

PAYE, page:.7o/iera (joen)garso epaye. 
BAR. Jeune garçon et page (du seigneur 
de Coarraze). Dans le même icy^te, page. 

Payeg; même signif. que Paged. 

PAYERA; PAYÈRE ; voy. Pagera, 
Pag ère. 

PAY-GRAN, Payran, grand-père. 
Plur. pays-gruiis ; dans p. r. pay-grans . — 
Louspayrans, les a.nc\ens:Louspayrans deu 
bilatye Débat l'oum comunau. lam. Les 
anciens du village (assemblés) sous l'or- 
meau communal. — Isaac, nouste puy- 
gran. N. past. Isaac, un de nos aïeux — , 
\Mi{v\a.rche : Aquetz pays-grans... Abra- 
ham, Isaac, Jacob. sKRM. Ces patriarches, 
Abraham, Isaac, Jacob. 

PAYRA; voy. Payrance. 

PAYRAN ; même signif. que Pay- 
yritn. 

PAYRANCE, P«?/m, privation; désir, 
besoin que faitéprouver la privation d'une 
chose. Payrance, fém.; payra, masc. : 
ISo qui hè mau qu'ey lou payru. l'nov. Ce 
qui fait mal, c'est la privation (privation 
est souffrance). 

PAYRA-S, se priver, se passer, sab- 
stenir: Qu'atsabèm, mes nou s'en habempou- 
d it payra. serm. Nous le savions (nous 
savions que c'était un péché), mais nous 
n'avons pu nous en abstenir. 



PAYRASTE, Payrastre, beau-père. 
— Dans la Chanson de Roland, lxxxi , 

« mis parrastre », mon beau-père. 

Payre; voy. Pay. 

Payre-Sant; voy. Pay. 

PAYRII, Payrin (Peyrehorade), par- 
rain. Lou puyrii, le parrain; la mayrie, la. 
marraine. Bertoumiu, lou piayrin, balha ue 
cinte de sede et un berret. Barthélémy, le 
parrain, donna (à son filleul) une ceinture 
de soie et un béret. Revue des Bass.- 
Pyr., février 1885. 

Payros,Payroos, parents (le père et 
la mère) : Pecca aquest, o sos payros ? 
H. s. Celui-ci a-t-il péché, ou ses parents 
(ont-ils péché) ? — , pères, aïeux : Fo so- 
terrat a Jérusalem ab soos 2^<^y^'oos. ib. 
11 fut enterré à Jérusalem avec (dans la 
sépulture de) ses pères. — Ch. Cr. alb., 
édit. p. MEYER, « payro », plur. suj. de 
('paire. » rayn. « pairon », chef de famille. 

PAYS (que l'on prononce aujourd'hui 
pèys), pays : Lou pays de Bearn. Le pays 
de Béarn. Lou pays de las cuntes ; c'est 
ainsi que les habitants des Landes dési- 
gnent le pays de Béarn, le pays des chan- 
sons. F. R. Saubagiiou, pèys (Saubanhou, 
pays) de loups, pey. Sauvagnon, pays de 
loups. Lou ixiys deus auhiscous. D. B. Le 
pays des méliques. — Voy. Aubiscou. 

PAYSAA, paysan. Paysanet, paysa- 
not, dim. Paysanas, aug. Paysaa de Sau- 
bole. D. B. Se dit d'un individu sans intel- 
ligence. Saubole serait la « Béotie » du 
Béarn. — Lous paysaas de Pau. ib. Les 
paysans de Pau. C'étaient les habitants 
du quartier suburbain qui commençoit à 
l'entrée de la rue actuelle « des Cultiva- 
teur.?. » Là, durent s'établir, au xvr siè- 
cle, les laboureurs que Marguerite de Va- 
lois avait fait venir du Berry et de la 
Saintonge. aimé-martin. Education des 
mères de famille. L'un des propriétaires 
de ce quartier porte encore aujourd'hui 
le nom de Senfounyès, Saintongeais, dont 
on a fait Saint-Ongez. 

PAYSANALHE, fém. sing., tas de 
paysans; les pav.sans, en mauvaise part. 

PAYSAN EJ A, Paysaneya, faire le 
paysan. 

Payssér, fém. payssère, dkn., boulan- 
ger, boulangère. 

PE, vous, complémentdirect et indirect: 
Diu j)e goardc de mau! Dieu vous garde 
de mal ! Coum pe hèn atau drin part a 
iourdinari. nav. Comme ils vous fout ainsi 
un peu de part à l'ordinaire. — Voy. 
Bous . 

PEADE ; voy. Pedade. 

PEADGE, péage, droit de passage, 



136 



PEC 



PEC 



droit d'entrée : Nou faran payar aucun 
peadge. . .deus viures, fromadges, laas, 
peigs de bestiars qui lous pastours passai e 
repassen, tant arian estïbar a las monta- 
nhes que descendent dequeres. p. R. (Dans 
les vallées d'Ossau, d'Aspe et de Baré- 
tons), on ne fera payer aucun péage pour 
les vivres, fromages, laines, peaux de bê- 
tes, que les pasteurs passent et repassent, 
tant en allant « estiver » sur les monta- 
gnes qu'en descendant d'icelles. Gentlus 
homis no dehen pagar péage per ruson de 
las provisions, ny los prelatz ny autres gens 
de glïsia per lor bee o per lors provisions . 
F. H. Gentilshommes ne doiventpayerpéage 
pour leurs provisions, ni prélats ni gens 
d'église pour leur bien ou pour leurs pro- 
visions. 

PEADGÈ, Peadger, péager, qui 
perçoit le péage, fermier du péage. 

PEADGIU, lieu où l'on paye le péage, 
le droit de passage, le droit d'entrée. 

Péage, f. h., au lieu de Peadge ; voy. 
ce mot. 

Peagir, a été mis, par erreur, dans F. 
H., texte imprimé, p. 92; la peagir, au lieu 
de la peadgiu, qui se trouve dans le ms. 
ARCH . — C'est ce qui a trompé honnorat ; 
dans son Dict., il a fait àe peagir un verbe 
signifiant payer le droit de passage, le 
droit d'entrée pour une marchandise. Nous 
n'avons trouvé ce verbe nulle part. — rayn. 
« peatjar », au sens de « lever un péage, 
.... rançonner. » 

PEBE,Pebre, poivre: Çwe y-lia bonnes 
heninetes Qui-s beninlous cauletz ta croum- 
pa sau e pebe; Las heninetes labetz Qu'han 
arditz ta bebe. D. B. (A Meillon, à Aressy), 
il y a de bonnes petites femmes qui ven- 
dent les choux pour acheter sel et poivre; 
les petites femmes alors ont de l'argent 
pourboire. Carguede pebre, gingibre, ca- 
nèle. P. R. Charge de poivre, gingembre, 
cannelle. 

PEBERA, poivrer : Eoste peberade. 
p. Rôtie poivrée. — Voy. Roste. 

PEBERADE, poivrade. 

PEBERÈ, masc, poivrière, ustensile 
où l'on met le poivre. 

PEBERINE (Vic-Bilh), fém., thym 
des jardins. 

PEBERINE, personne qui est peu 
traitable. 

PEBERINES, fém., piments rouges 
que l'on emploie au lieu de poivre. 

Pec, dommage : Si abe degun j)ec, 
damnadge. arch. S'il y avait quelque dom- 
mage. — Dans le Dict. languedocien - fr. 
de L. D. s., «peca », dommage. 

PÉC, sot, niais, imbécile, idiot. Pe- 



guin,pegoi, d'im. Pegas, j'egassas, ang. Lou 
pèc orb u gran bèc ta canta. HOURC. Le 
sot (le corbeau de la Fable) ouvre un 
grand bec pour chanter. — Maridatye de 
Srnt-Ynusèp, La pègue dab lou pèc. prov. 
Mariage de la Saint -Joseph, la sotte avec 
le sot. « On marie ordinairement à la Saint- 
Joseph les filles qui ont eu la faiblesse de 
céder aux douces séductions de l'amour ; 
de là naît naturellement un préjugé dé- 
favorable contre toutes les femmes, même 
les plus vertueuses, qui se marient à une 
époque si redoutable pour leur réputa- 
tion. » Note, t. II, p. 398, Papillotes, jas- 
min; Agen, 1842. — Marie la pègue, qui 
preste lou tistèt e beronhe ta terre. Marie 
l'idiote qui prête le panier et vendange 
fmet le raisin) par terre. On le disait d'une 
femme de Vielleségure qu'on appelait la fol- 
le, la hole de Bièlesegure. L'expression est 
depuis longtemps proverbiale, à l'adresse 
des gens qui, par trop de débonnaireté, et 
sans qu'on leur en tienne aucun compte, ont 
mis au service d'autrui ce qui leur était 
à eux-mêmes fort nécessaire. — Pècxs de 
Poey. D. B. Sots de Poey. On raconte que 
les habitants de cette commune, ayant, un 
jour, prêté assistance à leurs voisins pour 
des travaux urgents, furent conviés à un 
repas. Ils mangèrent tant d'abord, qu'il 
leur fut impossible de j)rendre leur part 
des derniers mets qui étaient les meilleurs: 
de là le sobriquet. Il est aujourd'hui com- 
plètement faux : on ne manque pas de s'en 
apercevoir, lorsqu'on invite les gens de 
Poey. — Cf. fr. e pécore », personne sotte, 
stupide. — Dans^MOLiÈRE, n ces deux pec- 
ques provinciales. » — Lat. «pecus, pe- 
coris . » 

PECA, Peccar, pécher : Quha gran- 
dementz pecat. II a grandement péché. — , 
ayant pour complément direct le substan- 
tif qui en dérive : David pecca trop plus 
greu peccatque Saul. H. s. David a péché 
un beaucoup plus grave péché que Saûl. 
Pèqui,]e pèche. Pecqui (lat. « peccavi »), 
dans H. s., j'ai péché, je péchai. — Peca-s, 
se tromper, faire erreur: Mantus'ey pecat 
en boulent admira. . . MRY. Plus d'un s'est 
trompé en voulant admirer. . . Affii que en 
legent. . . tuno t'y pecques . saL. Afin qu'en 
lisant tu ne t'y trompes point. — Lou 
curé que-s peque a la misse, e lou régent 
a la mustre. prov. Le curé se trompe à 
la messe, et le régent (l'instituteur) à la 
leçon. — En fr. : « Il n'y a pas de bon 
cheval qui ne bronche . » 

PECADE, fém., dans PS., peccada, 
péché, faute. 

Pecadoo ; voy. le suivant. 



PED 

PECADOU, Peccador, pécheur : Da 
perdou nus pecadous. Accorder le pardon 
aux pécheurs. Salhar Los peccadors h. s. 
Sauver les pécheurs. — Qui-ni goardara 
deus pecadoos. PS. Qui me gardera des 
ouvriers diniquité. 

PECAT, Peccat, péché: Nostes peccatz 
e malicies. h. s. Nos péchés et iniquités. — 
Pecat de subercèu. serm. (Péché de ciel 
de lit), l'œuvre de la chair. — Lèd coum 
Ion, pecat deu dihees. PROV. Laid comme 
le péché du vendredi. Au sens de : c'est 
ce qu'il y a de plus affreux. — Pecat 
d'homi! Diable d'homme ! — « Une femme 
de Biarritz. . . était si désolée en racon- 
tant qu'elle avait assisté au sabbat, qu'elle 
se jetait la tête contre la table : Qu'il est 
heureux, disait-elle, celui qui n'a jamais 
désiré voir le sabbat ni lou jjeccat (en gas- 
con le Diable). » pierre de lancre, cité 
dans le t. II de l'ouvrage de M. Bizouard, 
des Rapports de l'homnif avec le Démon. — 
Nègre coum lou pecat. Noir comme le Dia- 
ble. — Cat. « mes nègre qu'un pecat », 
plus noir qu'un diable. 

PÈCE, PECETE ; même signification 
que Pèsse, Pessete. 

PECH ; voy. Peix. 

PECHADGrE ; même signification que 
Peixadr/e, Pexadge . 

PÈCHE; PECHEDÉ.PECHENSS: 
voy. Pèxe , Pexedè . Pexense. 

PECHIC, PECHIGA; même signif. 
que Pcxic, Périra. 

PECHICADE: voy. Pexicade. 

PECHIQUEYA : voy. Pexiqueya. 

PECHOÈ, PECHOU ; môme signif. 
que Pei.r.oi' ; Peixnii . 

PECHOUNÈ ; voy. Peixounè. 

PECQUE : voy. Peque. 

Peculhé, gardeur de bétail, de menu 
bétail : Los juratz d'Acous aureii restât de 
rhausir impeculhè. ARcn. Les jurats d'.\c- 
cous auraient arrêté de choisir un gardeur 
do bétail. — Port. « pegurêiro », berger 
d'un petit troupeau, jeune pâtre. 

PECUNE, Pecunie. pécnne, quan- 
tité d'argent, somme : Tlabetz pei-une? 
Avez-vous de l'argent? Es content de la 
pecunie qui hom la preste, v. B. 11 est 
content de la somme qu'on lui prête. Pe- 
cunie dotal, m. La somme dotale, l'argent 
do la dot. 

PECUNIAU, Pecunial, pécuniaire: 
Pencs corjmraux c prciiniaus. v. B. Peines 
corporelles et pécuniaii'cs. Pênes corpo- 
rals p pecunials. Auni. o. 
j. PEDADE, Pende, empreinte de pied, 
ace de pas : }[)le phnth seguihen tas pc- 
dades. F. lab. Mille plaisirs suivaient les 



PED 



137 



traces de tes pas. Dans PS., peada. — 
ray.n, « pezada. » 

Pedan, pédané, inférieur, d'ordre su- 
balterne; il y avait des cours pedanes, des 
tribunaux d'ordre inférieur ; le notaire pe- 
dan était celui qui exerçait près d'un de 
ces petits tribunaux. — Dans rabelais, 
« juge pedanee. » — On lit dans besche- 
relle, Dict. : « Cette épithète s'appliquait 
à certains juges d'un ordre tout à fait 
inférieur, qui n'avaient ni tribunal, ni pré- 
toire, et qui rendaient la justice debout, 
dans les villages. » D''autres ont dit qu'ils 
étaient « ainsi appelés de ce que leur for- 
tune ne leur permettait pas de se faire 
porter dans une chaise curule, ou bien de 
ce que leur siège était beaucoup plus bas 
que celui des autres juges. » — Lat. « pe- 
daneus. » 

PEDAS, masc. pièce, morceau d'é- 
toffe pour rapiécer et rapetasser. Pedasset, 
pedassot, pedassou, dim. Pedassas, aug. 
Bestit de pedassous. pr. b. Vêtu de tout 
petits morceaux rapiécés. Bau metj u lèd 
pedas qu'u hèt hourat. PROv. Une laide 
pièce vaut mieux qu'un beau trou. — rayn. 
n'a que « pedas », au sens de « cheville, 
remplissage. » 

PEDASSA, rapiécer, rapetasser du 
linge, de vieilles hardes : Qui t'ha ense- 
nhade apedassa? — Hère maynatyes e chic 
de paa. pr. h. (Mère de famille), qui t'a 
ajipris à rapiécer ? — Beaucoup d'enfants 
et peu de pain. Apedassa ; même signifi- 
cation : L'apedassa Que hè dura. ib. Le ra- 
piécer (le rapiécetage) fait durer. — rayn. 
« peda.'Jsar », avec la signification seule 
de « remplir de chevilles, faire du rem- 
plis.<;agc. » 

PEDASSADGE, Pedassatye, rapié- 
cetage. 

PEDERADE, empreinte de pied, 
trace de pas. 

PEDÈRE, fcm., piétain, maladie aux 
pieds des bêtes à corne et de l'espèce 
ovine. 

PEDITZ,fém.. sabot, ongles des mam- 
mifères : Lns j)cditz deu porc . Le cochon 
en a deux grands et deux petits. Le che- 
val n'en a qu'un à chaque pied; les rumi- 
nants en ont deux à chaque membre, avec 
deux petits onglons surnuméraires : lioeus 
e vetetz qui an corne c peditz. ps. Bœufs 
et veaux qui ont corne et ongles. — , s'em- 
ploie quelquefois comme synonyme de pèe, 
jiate, ])ied, patte. On dit provorl)ialement, 
pour signifier malpropre, salc:/)^//ra/ro!/Hi 
ne pedilz d'auque (L'zos). Délicat comme 
une patte doic. 

PEDITZÈRE, maladie aux pieds des 



138 



PEE 



PEE 



bêtes. Fourchet, maladie particulière au 
mouton. 

PEDOULH, Pedolh, Pesoulh. (Vic- 
Bilh), pou: Los moscalhoos e los pedlhos. 
PS. Les moucherons et les pous. — Nou-t 
hederas pas Ion pedoidh darrè VaureJhe. 
PROV. Tu ne te verras pas le pou der- 
rière loreille. « En vain veut-on chose 
impossible. » bovilli, xvi" s. — Nous 
g rate pas au cap per u i^^doulh. Il ne se 
gratte pas à la tête pour un pou. Se dit 
lorsqu'on entend quelqu'un parler avec 
exagération de ce qu'il possède. — Hica-s 
pedoidhs darrèu cap. Se mettre des poux 
derrière la tête. Se créer des inquiétudes ; 
« se mettre une mauvaise affaire sur les 
bras. » — Que sera toustemps u pedouJh 
arrebestit. pr. b. 11 sera toujours un pou 
revêtu. Une personne de basse condition 
qui, devenue riche, fait de l'embarras. 

PEDOULH, pancréas du porc. 

PEDOULHOUS, Pesoulhous (Vic- 
Bilh), pouilleux. 

PÈE, Pei, pied. Pederin.pederot, peyot 
(Bay.), pederou, dim. Pederas, aug. La 
hestïote... que lo pèe esglache. n. lab. 
La toute petite bête que le pied écrase. 
Cade de pèes. Tomber sur ses pieds. Los 
qui anaven de pee. H. A. Ceux qui allaient 
à pied. Lo[s] 2^6is e les cames, l. o. Les 
pieds et les jambes. — Hemne de 
Sente-Marie que bien a pée,que s'en tourne 
mountade. D. b. Femme deSte-Marie vient 
à pied et s'en retourne montée. (Ce dic- 
ton cavalier est une indignité contre les 
femmes d'Oloron-Sainte-Marie). — Nou 
pond) droumi . . . qu-estouy de pèes detire. 
p. Je ne pouvais dormir, je fus sur pied 
tout de suite. Se aye a Ihehar de pèes aquey 
qui volera parlar. arch. Qu'il ait à se 
lever en pied celui qui (dans l'assemblée) 
voudra parler. Dues dones . . . de pees dar- 
rer Madone, h. a. Deux dames (se tien- 
dront) debout derrière Madame (la com- 
tesse de Foix). — A pèe-junt, depèe-junt, à 
pieds-joints, d'un saut : Que-m saubey de 
pèe-junt. . . NAV. Je me sauvai d'un saut. 
Parti ans quoate pèes . c. B. (Partir des 
quatre pieds), se mettre à courir avec la 
plus grande vitesse. — A bèt-a-pèe. F. 
Past. (A bel-à-pied), de bon pied. — 
De cap a pèe, de pied en cap. — Pèes 
de batia, les pieds de baptiser (du bap- 
tême), pieds nus. — Segut au pèe d'u 
hau. DESP. Assis au pied d'un hêtre. — 
Entra au pèe deu teyt. art. Jusqu'au pied 
du toit . — Pèe(Vic-Bilh), marc au pres- 
soir. — Esp. i< piè » . — Tienepèe (tenir 
pied), ne pas dépasser, à certains jeux, 
la ligne tracée où l'on doit se tenir. — 



Yan-Petit que danse, Dab loupée que dune 
se, Dab loupée, dab lou digt, Atau dans- 
Yan-Petit ! Jean-Petit danse, avec le pied 
il danse, avec le pied, avec le doigt, ainsi 
danse Jean-Petit ! « C'est plutôt un jeu 
qu'une danse. On forme une ronde au 
milieu de laquelle se tient un chanteur 
armé d'une baguette de coudrier longue 
et flexible. La première reprise se danse 
comme un branle ; mais à la seconde, 
celui qui est au milieu dit seul : Dab lou 
pèe, dab lou digt. et, sur ces mots, les 
danseurs sont obligés de frapper la terre 
en mesure avec la partie du corps qui est dé- 
signée, etde se relever lestementpourexé- 
cuter une pirouette sur les dernières notes 
de l'air : Atau danse Yan-Petit! On conçoit 
que, lorsqu'il plaît à un malicieux chan- 
teur de désigner l'épaule, par exemple, au 
lieu du pied ou de la main, il faut une sin- 
gulière prestesse pour arrivera temps à la 
pirouette finale. Le retardataire est vive- 
ment stimulé à coups de gaule. Tel est 
le jeu, ainsi personne ne songe à se fâcher; 
d'ailleurs, la revanche ne se fera pas at- 
tendre. » FRÉD. RiVARÈs, Ch. et airs pop. 
du Béarn. 

PÉE-CHANQUET, ou Pèe-changuet, 
cloche-pied. — Voy. Changuet-Changuet 

PÈE-D'AUQUE (pied-d'oie); se dit 
d'un pied-bot. 

PÈE-DE-GAT (pied-de-chat), renon- 
cule rampante ; renunculus repens. — , bou- 
ton d'or ; renunculus acris. 

PÈE-DE-LOUP (pied-de-loup); même 
signification que le précédent (environs 
de Nay, à Igon particulièrement). 

PÈE-DESGAUS, nu-pieds : Ana pèe- 
descaus, aller nu-pieds. Pèesdescaus, pieds 
nus : Pees descaiis, cabiroil, que-u lexahen 
ana. vign. On le laissait aller pieds nus. 
nu-tête. Avec le verbe ha-s. se faire, lia-s 
pèe-descaus, se mettre nu-pieds. — • Ou dit: 
Nou y-ey pas lou pèe-descaus. Que nou-y 
sie lapèe-descausse. pr. b. Il n'y a pas un 
va-nu-pieds qu'il n'y ait une va-nu-pieds. 
— Dans la basse Bretagne : « Il n'est 
savate qui ne trouve sa pareille, à moins 
qu'on ne l'ait brûlée. » l. f. sauvé, 
Prov. — « Il n'y a si méchant pot qui ne 
! trouve son couvercle. » l. r. de lincy, 
Prov. 

PÈE-DESCAUSSE (la va-nu-pieds), 
la déchaussée; nom que les paysans don- 
nent au lièvre. » pey. — Voy. Lèhe,îém. 
Dans le Languedoc, « les paysans n'ap- 
pellent le loup, par superstition, que 
par le nom de pè-descau. » Dict. lan- 
guedocien fr. par L. D. s. 

PÈE-DEU-CÈU (pied-du-ciel), l'ho- 
rizon. 



PEG 

PÉE-LHÈBE, piège, traquenard: Eds 
vianpreparat lor peUieba (/tèe-lhèbej. PS. 
Ils m'ont préparé leur traquenard (ils 
m'ont tendu leur piège). 

PÈE-PIC, qui a les pieds tournés en 
dedans . 

PEES, poids: Lou marc sera deu pees 
de oeyt onces, p. R. Le marc sera du poids 
de hnit onces. Louspees e mesures deu pays 
seraneschagoatzaus pees e mesures de 3Ior- 
laas. IB. Les poids et mesures du pays 
seront étalonnés (comme conformes) aux 
poids et mesures de Morlaas. Dreyturèe 
pees.F.B. Poidsjuste, légal. — .balances: 
En vostes pees no pesatz Suus terra que 
mau e otradges. PS. Dans vos balances, 
vous ne pesez sur terre que malice et vio- 
lences. 

PÈE-TERROUS, Pèterrous (pieds- 
terreux ), nom donné aux laboureurs : 
Aquetz paysaas, pèterrous aimratz. N. PAS'i'. 
Ces paysans, appelés pieds-terreux. — 
Provençal, « pwd-terrous » ; dans le jour- 
nal lou Brusc, 12 déc. 1880: « Bartou- 
mièu pèd-terrous, brave rus ticaire. » 

Peg; voy. Pèt. 

PEGA ; même signification que Em- 
pe(ja. 

PEGAA, Pegar, masc, cruche: A 
hesonli xx pegaas, c piches rjros de terre, 
une cargue de goheletz de beyre. H. a. Ou 
a besoin de vingt cruches, de cent gros 
« pichets » de terre, d'une charge de go- 
belets de verre. Fo Irobat farte de mtlli 
e pegar ah augoe. hên. Il (y) fut trouvé do 
la farine de millet et une cruche avec de 
l'eau. — , mesure de capacité (quatre li- 
tres) : Sedze pegaas de pomade. arch. 
Seize cruches de cidre. — (Ossau), vase 
où le berger met le lait. — Cf. d.-c. « pe- 
gar, pegarins. » 

PEGARRE, jarre: Une pegarre de 
terreper tenir oU. arch. Une jarre de terre 
pour contenir de l'huile. — Cf. Iat.« baga- 
rio », espèce de cruche. 

PEGAU (de 2)èc, sot), de sot, de niais, 
— Voy. Arr'ide.-peqau. 

PEGNIC. PEGNICA; aième signi- 
fication que Penh'ic, Penh ira. 

PEGOLE, pécore, personne sotte, stu- 
pide. 

PEGOULHÈRE. sottise, action ou 
propos do sot, de niais, 

PEGOUS, gluant, qui tient comme la 
pegue, la poix. — 1/ pegous; un individu 
ennuyeux ; on dit en fr. qu'il est « col- 
lant. » a. delvau, Lang. verte. 

PEGUE, dans P. n. pegunte, poix. — 
Tiene-s coum la pegue. vn. n. Se tenir 
comme delà poix. Etre unis ; mais, le plus 



PEI 



139 



souvent, au sens défavorable de « s'en- 
tendre comme larrons en foire. » Quha 
pegue aus digtz. IB. Il a de la poix aux 
doigts. Il est enclin au vol. — En fr., « il 
a les mains crochues. » — « Le poisse », 
un voleur ; « poisser des philippes», déro- 
ber des pièces de cinq francs, a. delvau, 
Lang. verte. — Pegue, bran, matière fé- 
cale : Pudibe a la pegue. F. Pa.s'^. 11 puait 
le bran. 

PEGUÈ, masc, sottise, défaut d'es- 
prit et de jugement. — , adj., synonyme de 
Pegau ; voy. ce mot. 

PEGUÈ JA; voy. Pegueya. 

PEGUESSE (de^^èc, sot), sottise, niai- 
serie, imbécillité. Peguessine, peguessote, 
dim. — , sornette, discours frivole. 

PEGUESSIOLE, petite sottise. —, 
sot propos, propos inconsidéré: Aus hoos 
nou digatz peguessioles. LAC. Aux fous ne 
dites point des propos inconsidérés. 

PEGUET (de pegue, poix), emplâtre 
de poix: Purgues, jidèps... e peguetz. F. 
Past. Purgatifs, juleps et emplâtres. — 
Lous peguetz, les cordonniers. — Lou pe- 
guef. Le bran collé à la chemise. F. Past. 
— Voy. Pegue. 

PEGUEYA, Pegueja (de ^;èo, sot), 
manquer de sérieux, s'occuper de riens. — 
plaisanter, dire des sornettes. 

PEGUILHÈ, PEGULHÈ, défaut de 
celui qui pegueye; voy. le précédent. — A 
cadu lou sou peguïlhè. N. lab. A chacun 
sa marotte. — U pegulhè, un « nicaise. » 

PEGUNTE ; voy. Pegue. 

PEHAT (Pùdehourat, près de Louvie- 
Juson, Ossau), loir, 

Pei ; voy. Pèe. 

Peig ; voy. Pèt. 

Peinherable, saisissable. bay. Voy. 
Penheradé. 

Peinhs, Peins; même signification 
que Penhs. 

Peis, esprit, intelligence ( « pectus », 
lat., est employé au même sens) -.Fran- 
cese... emferme de cors esandc peisse{sane 
de peis). L. o. Françoise, malade de corps 
et saine d'esprit. 

Peis, Peissoneir ; voy. Pci.r, Pei- 
xouiir. 

PEIX, Pech, poisson : Prener en grande 
quantitat lous peix, infec(an[j'\ las aigucs. 
P. R. Prendre des poissons en grande 
quantité, en empoisonnant les eaux, f'n 
enfant ha v jmas d'orgii c dus peyrs. h. .s. 
(U y a ici) un enfant qui a cinq pains 
d'orge et deux poissons. Peis dr hertaudz. 
UAY. Poisson de (que l'on jtrond avec los^i 
verveux. — Ni jiigne, ni ausèt. pr. b. Ni 
pie ("0, ni oiseau, Pigue doit être ici une 



140 



PEL 



altération de j)eix, poisson: Ni peïx, ni 
ausèt ; ni poisson, ni oiseau ; comme on 
dit en fr. « Ni chair, ni poisson. » 

PEIXADGE ; voy. Pexadge. 

PÈIXE voy. Pèxe. 

PEIXOÈ, Pechoè, marchand de pois- 
son. 

PEIXOU, PecJiou; Pechoo, petit 
poisson. 

PEIXOUNÈ, Pechounè, Peissonier; 
même signification que Peixoè. 

Peixs, Paixs, » paisson », glandée : 
Meter a la candele la j)eii/s {peixs) dru 
bosc. ARCH. Mettre aux enchères la «pais- 
son » du bois. Bener, arrendar la paixs c 
fuste. IB. Vendre, affermer la « paisson » 
et le bois (à couper). — Voy. Paxe. 

Pejurar, empirer: No pode guar'ir,.. . 
2)ejurabe totz dies. H. s. (La fille de Jaïre) 
ne pouvait guérir ; elle empirait (son mal 
empirait) tous les jours. 

PELA, peler: Caj) pelât, tête pelée ; 
u cap-pelat, un chauve. — , plumer. — , écor- 
cer. — , tuer. — Deu poble lou beepelaben. 
F. Egl. Ils enlevaient le bien du peuple 
(ils dépouillaient le peuple de son bien). 
— Terre pelade, terrain pelé, sans végé- 
tation. Dans BAR., SMS la terre pelade, (cou- 
ché) sur la dure. — U pelât, un pelé, un 
râpé, celui qui est dans le dénûment. 

PELADE ; voy. Pelât, 1. 

PELADE ; se dit particulièrement du 
porc assez gras pour être tué. 

PELADÔU, PELAYRE (Vic-Bilh), 
écorcheur, celui qui tue le porc. 

PELADURE (pelure), se dit de peau, 
d'écorce, de poils enlevés. — , perte des 
cheveux : Dab goumes ni peguetz goari las 
2)eladures. F. Past. (Vous ne savez) avec 
des gommes ni des emplâtres guérir la 
perte des cheveux (faire revenir les che- 
veux). 

PELAGUIT (plume-canard), terme 
de mépris : Pelaguitz, feniantz y broucha- 
lous. CAV. Vauriens, fainéants et frelons. 

PELAM, masc, plamée, chaux dont 
on se sert dans les tanneries pour enlever 
le poil des cuirs. — , fosse de tannerie : 
Sent Crespii cadut hem u pelam. mrrcure 
d'orthez. Saint-Crépin tombé dans une 
fosse de tannerie. 

PELAM, PELAME, (Mont.), pelage, 
couleur du poil de certains animaux. — 
It. « pelame », couleur du poil. 

PELAME, fém. ; même signification 
que le suivant. 

PELASOU. pelade, maladie qui fait 
tomber les cheveux et le poil : SI de tau 
pelasou bous lou-ni sabètz goari. F. Past. 
(Mon fils a perdu ses cheveux; je vous 



PEL 

payerais bien cher), si de telle pelade vous 
me le saviez guérir. 

PELAT, masc, PELADE, fém., ac- 
tion de tirer les cheveux : Da u pelât, da 
ue pelade au maynatye (donner un tire- 
cheveux), tirer les cheveux à l'enfant. 
Ha aus pelatz (faire au tire-cheveux), se 
prendre aux cheveux. — Da-s ue pelade, se 
donner des coups, une frottée. — Voy. 
Pexic. 

PELAT ; voy. Pela. 

PELATÈ, marchand de peaux de bête. 

PELAYN, masc, fosse de tanneile ; 
voy. Pelam, 1. — Un ruisseau qui passe 
à Orthez dans un quartier où sont établis 
des tanneurs s'appelait (1536) lo riu deus 
Pelains . dict. , au mot Grec. 

PELAYRE; voy. Peladou, — , terme 
de mépris comme Pelagmt; voy. ce mot. 
Sobriquet des gens deMoumour : Pelayres 
de Moumour .X) . B. 

PELE-CAAS (pèle-chiens); dénomi- 
nation railleuse à l'adresse des mégis- 
siers d'Arudy et de Bruges : Pele-caas 
d'Anidy; Pele-caas de Brudges. D. B. 

PELEGE ; même signification que Pe- 
ley, Peleye. 

Pelegrii; voy. Pelerii. 

PELE-HIGÛE (pèle-figue), oiseau, 
bec-figue. 

PELE JADIS voy. Peleyadis. 

PELEJADOU ; même signification 
que Peleyadou . 

PELEJA-S; voy. Peleya-s. 

PELE-PORC ; avec le verbe ha, 
faire, ha lou pele-porc (faire le pèle-porc), 
tuer le cochon ; ce qui signifie tout en- 
semble tuer l'animal et faire chère lie à 
cette occasion : Que hasèn pele-jyorc per 
toute la carrer e. nav. On avait tué les 
cochons et l'on faisait ripaille par tout lo 
chemin (tout le long de la route). 

PELÉRE, fém.; même signif. que le 
précédent. 

PELÈRE, fém., état de ce qui est 
pelé, râpé ; exiguité, insuffisance de 
moyens, de ressources. 

PELERII. Pelegrii, pèlerin : Nouste- 
Daine de Sarance,Escoutatz plaa lou pelerii. 
D.B. Notre-Dame de Sarrauce, écoutez bien 
le pèlerin. «Sarrance est un lieu de pèleri- 
nages en l'honneur de la Vierge Marie, situé 
dans les quartiers inférieurs de la vallée 
d'Aspe.» L'abbé menjoulet. Ilostaus... de- 
j}utatz a aubergar los pelegriis . F. B. Mai- 
sons destinées à loger les pèlerins. 

PELETE (dim. de pèt, peau), peau 
mince: Carquede peletes d'Aragonblanques 
ou nègres, p. r. Charge de peaux minces 
d'Aragon blanches ou noires. — Voy. le 
suivant. 



PEL 



PEN 



141 



PELETERIE (pelleterie), peaux pour 
fourrures : Peleterie d'Aragon, blanques ou 
nègres. P. R. Peaux pour fourrures, d'Ara- 
gon, blanches ou noires, 

PELE-TROUIX ( pèle-trognon), un 
misérable. Expression employée en 1385; 
DÉx. — « Trou », trognon est dans Ra- 
belais, « Un gros trou de chou », v, 17. 

PELE Y, masc; PELEYE, fém . , Pe- 
lege, dispute, rixe : Sens jelou ni peleyes. 
NAv. Sans jalousie ni disputes. Enemis- 
tances, discordances o peleges. f.b. Inimi- 
tiés, discordes ou disputes. En la ciutatde 
Roma gran bregue e pelege. h. s. (H y eut) 
dans la ville de Rome grand trouble et 
dispute. — Port. « peleja. » 

PELEYADIS, Peiejadis, masc, dis- 
pute. 

PELEYADOU, Pelejadou, querelleur, 
qui aime à être dans des rixes. 

PELEYA-S, Peleja-s, se disputer ; 
échanger des injures, des coups. — Port, 
«pelejar», combattre, se battre. 

PELH, masc. ; PELHE fém., \èie- 
ment : Pelh pedassat. s AL. Vêtement ra- 
piécé. Pelhe nabe, vêtement neuf. Pelhe 
de dors. arch. (Vêtement de dos), habille- 
ment, ce qui sert à couvrir le corps. Pelhe 
de Iheyt. Effet de literie. Pelhe de taule. 
ARCH. Linge de table. — ■ Ha pelhe-perrec. 
— Voy. Perrec. 

PELHAT, qui a des hardes, qui est 
bien nippé. 

PELHE; voy. Pelh. 

PELHE-CADUT ( vêtement-tombé ), 
un misérable, celui dont les vêtements 
tombent en lambeaux, déguenillé. 

PELHOT. dim. de pfi//<, petit, léger 
vêtement; vêtement en mauvais état. — 
voy. Crassut. 

PELHOU, dim. de /jc/A, jupon. 

PELHOUSTRE, dans h\' Egl., terme 
injurieux, pleutre, ?. 

PELISSES (Ossau), branches mortes 
des hêtres : Ifèix de pelisses. Fagot de 
branches mortes. 

PELLE (Orthez). perle : Maynades 
lusentes roum pelles, v. capbielh. Jeunes 
filles luisantes comme (ayant l'éclat) des 
perles. 

PELOQUE; voy. Peroque. 

PELOU, épluchure : Las pelons que 
lous porcxs m'injahcn . par. (Rielle). Les 
épluchurcs que les porcs mangeaient. 
PELOUSAR (Orthez), coquin, Jean- 

F Pelousars ilous met/ capulatz. Co- 

quins des plus \ï\\\i\)é?.. Rcv.de s Bass.-Pt/r. 

PELUC, poil, poil follet, duvet; flocon; 
biin, très-petite partie, la moindre quan- 
tité de certaines choses. — , s'emploie 



comme négation 
vin, point. 



De bit, peluc. XAv. De 



PELUCA, éplucher. On dit aussi jEJs- 

peluixi: vov. ce mot. 

PELUCHET, PELUCHOT, dim. 
de peluc, poil follet, duvet. — Nou-t lèxes 
toîica lou peluchot ! Ne te laisse pas tou- 
cher le petit poil ! Cave, puella ! 

PELIJDE, la pelude; voy. Pelut. 

PELUSE, poussière duveteuse qui se 
détache des fils maniés, travaillés. — Voy. 
le suivant. 

PELUSET, couvert de peluse ; on dé- 
signe ainsi par moquerie, par mépris, les 
tisserands et généralement le pauvre 
monde, de petites gens. — Pelusetz de 
Moncaubet. D. B. Sobriquet qui témoigne 
du peu de cas que l'on faisait des gens 
du village de Moncaubet. C'est ainsi qu'il 
faut l'entendre, et non comme nous avons 
essayé de l'expliquer dans les Dictons du 
pays de Bêarn. 

PELUT, pelu, velu. — Coers pelutz. 
r. R. Cuirs non tannés. — Lou qui tire 
un peu au diable, No-û se trobe pas 
après taa pelut. PROV. Celui qui tire un 
l)oil au diable ne (se) le trouve pas en- 
suite si velu. Chose commencée est plus 
tôt achevée. Notre proverbe se dit par- 
ticulièrement lorsque la chose est dif- 
ficile, pénible. — La p>elude (la poilue), le 
lièvre: lias gahat la pelude f As-tu pris 
le lièvre ? 

PENALH, rameau, branche qu'on sus- 
pend au-d('s.sus do la porte d'un cabaret. 

PENALH (Orthez, Bay.), gueux, dé- 
gucnilh'. Pi'nalhdt. dim. Penalhas, aug. 

PENAU, PENAUT, dessous de toit. 
— pignon. 

Pendalhes, Pendilhcs (de pendi-s, se 
re}icntir; repontii', regret d'avoir vendu 
ou d'avoir acheté), fém. plur., dédit payé 
pour un marché non tenu après qu'il a 

été conclu : Dertran pagasse a vi. 

.soos deMorhias per j)endalhes. arch. Que 

! Bertrand payât à six sous deMorlaas 

[ pour dédit. On trouve aussi Pendiment, 

Priid'ilioii. 
! PENDARD, et non Pandard, comme 
dans naV., pcndard. Pendardot. dim. 
Pendardas, aw<r. — Sobriquet des habi- 
tants de Bassillon : Pendardotz de Bassi- 
Ihou. Des gens vifs et malins, ]ieut-étro 
un peu fiiurbes, des .i friponnenux. » 

Pendencie. instance, poursuite on jus- 
titt; : Fos superscdit a la. pendenrie de In 
jdcjilesir rertente en la rort dru .•ienrsrhnl- 
Ani'it. Qu'il fût siu-si.s à l'instance du pro- 
cès en l'ours dev.int le sénéclial. 

PENDENT (pendant); laus pendent:, 
les pendante d'oreille. 



142 



PEN 



Pender ; voy. Pêne, pendre. 

PENDERÈ (Ossau), « pendoir », 
corde, crochet, appareil pour suspendre 
les choses. 

PENDÈRESjfém. plur. ; même signi- 
fication que pendentz. — Voy. Pendent. 

PENDERILHA, pendiller. — Voy. 
Gnkou-Gnacou. 

PENDERILiHE, lambeau, loque qui 
pend , tout ce qui pendille. Penderilhetej 
dim. — Las pender ilhe s, parties sexuelles 
de l'homme, serm. 

PENDERILHOU, Pendrilhou, lobe 
de Toreille. Qu'ha Vanrelhe sens pendri- 
Ihou. 11 a l'oreille sans lobe. Expression 
populaire du plus grand mépris, qui signi- 
fiait : c'est un Cagot. On sait que l'oreille 
sans lobe était une des prétendues mar- 
ques distinctives des malheureux appar- 
tenant à la « race maudite. » 

PENDIA ; voy. Pentia. 

Pendilhes ; même signification que 
Pendalhes. 

PENDIMENT, repentir. — Pendi- 
ment de bente. F. B. Repentir de vente 
(regret d'avoir vendu). — Voy. Pendalhes. 

PENDI-S, Pendir-se, se repentir : 
Si iwu-p penâitz de bostes granes peques. 
N.PAST. (Malheur!) si vous ne vous repentez 
de vos grands péchés. Jtidas pendis-s fort 
\perque] l'abelenud. H. s. Judas se repen- 
tit fort de l'avoir vendu (d'avoir vendu 
Jésus). — Voy Peyti-s. 

Penditioo ] même signification que 
Pendalhes , Pendiment. 

PENDOULEYA, pendiller. — Voy. 
Penderilha. 

PENDRIL.HA (Orthez , Bay.) ; même 
signif. que Penderilha. 

Pendrilhèyre (Orthez, Bay.) ; toute 
chose qui pendille. 

PENDRILHOU; voy. Penderiîhou. 

PENE, peine , avec toutes les accep- 
tions du mot français. — Passa pêne, 
être dans la peine, souffrir, être dans la 
douleur. — En pêne de, sous peine de : 
En pena de xxv marcx d'argent, s. b. 
Sous peine de 25 marcs d'argent (sous 
peine d'avoir à payer. . .) 

Pêne, panne, sorte de fourrure: ii 
mantegs bermelhs ab pênes, l aute sees pêne. 
ARCH. Deux manteaux rouges avec pan- 
nes, un autre sans panne. — rayn., « pe- 
na, penna. » 

PENE, fém., rocher à pic, montagne: 
Las pênes d' Ossau. sup. Les montagnes 
d'Ossau. Hilhoutetz de laspenes blues . nav. 
Enfants des montagnes bleues. Quoand 
louGabe en bramant dïtzadiu a laspenes. 
v. UAT. Quand le Gave en grondant dit 



PEN 

adieu aux montagnes. — , bloc de rocher: 
A caas y agosse augus lurs e tombasse 
augunes pênes quy fermassen los camis . 
ARCH. En cas qu'il y eût quelque avalan- 
che et qu'il tombât quelques blocs de ro- 
chers qui fermassent le chemin. Penote, 
dim. « Près de la chapelle de Bétharram 
se trouvent deux roches que l'on appelait 
autrefois Za.?7Jenofes. » L'abbé menjoulet, 
Chron. de Bétharram . — Voy. Empenat. 
— Pe?ie d'Escot, rocher d'Escot. On lit dans 
MARC.^, Hist. de Béarn, p . 53 : « César 
prit le soin de faire couper à force de main 
un rocher haut élevé, qui estoit sur l'en- 
trée de l'embouchure de la vallée (d'Aspe), 
du costé d'Oloron ; où l'on reconnoist en- 
core les traces du nom de Iule César dans 
l'inscription qui est grauée en lettres di- 
gitales sur la cime du rocher, nommé Pe?ia 
d'Escot. » 

PENE, terme d'architecture, pignon : 
Ha prometut far une capera. .. ab unepene 
per durer {darrer'). art. 11 a promis de 
faire (de construire) une chapelle avec un 
pignon derrière. Far la pêne entra au som 
deu teyt ah unefrinesta crotzade. IB. Faire 
le pignon jusqu'au haut du toit avec une 
fenêtre croisée. — Dans rayn., Lex., iv, p. 
409, « pena, bass.lat.^jin/in^ pignon, fort.» 
Exemple cité : « Fo bien establida la pena 
e lo cloquier, » Gridllaume de Tudela. 
Fut bien établi le fort et le clocher. Pour 
F.iURiEL, « pena », dans ce passage, est 
<( la façade », et pour p. meyer, plutôt 
roche, colline. » — Voy. Chr. Or. alb., 
édit. p. MEYER, p. 430, 251. 

PENE, Pener, Pender, pendre: 
Sus la hourque penut. F. Past . Pendu 
au gibet. Condarnpnade a estar pendude- 
s. B. (Une sorcière) condamnée à être 
pendue. — , être suspendu : Fruutz pen- 
dentz. p. R. Les fruits qui pendent (aux 
arbres). — , pencher, m^Wnev. Las g ouyates 
penent lou cap. . . N. lab. Les jeunes filles 
penchant la tête... — , réf., se pendre, se 
donner la mort par strangulation : Judas 
se pena. h. s. Judas se pendit. ,= se sus- 
pendre. — Voy. Penja. 

PENENT, masc, Y^ente : Soil pene7if, 
Lou sarri garïmbeye. lac. Sur la pente (de 
la montagne) l'isard gambade. 

PENENT, pendant, qui pend: Triste, 
alebat, l'aie penente. h. (Le coq vaincu), 
triste, blessé, l'aile pendante. En penent; 
même signification : Le gaute en penent 
L.VG. La joue pendante. 

Penh; voy. Penhs. 

Penhatori; voy. Pinhatori. 

PENHERA, Penherar, saisir, faire 
une saisie de gage: Lo senhor l'ave penhe- 



PEN 



PEN 



143 



rat un parelh deboeus. akch. Le seigneur 
lui avait saisi une paire de bœufs. Si ung 
homi penhere Vaver de ung per autre. F. b. 
Si un homme saisit le bien de quelqu'un 
pour (celui d'un) autre. 

PENHERADÉ, saisissable, qui peut 
être, qui doit être saisi. 

PENHERADOU, le saisissant. Pe- 
nherador, F. B. Peinheredor, BAY. 

PENHERAT, celui à qui l'on a fait 
une saisie. 

PENHÈRE, saisie de gage : Penheres 
movables. F. b. Saisies (de biens) meubles. 
Penhere vive o morte. IB. (Saisie vive ou 
morte), saisie de bétail ou d'effet mobi- 
lier. 

PENHIC, Pegnic, maso . , piqûre : La 
moiisque e soun pegnic. n. lab. La mou- 
che et sa piqûre. L'aute au mayram balhe 
pegnicxs. id. L'autre (insecte) au bétail 
donne (fait) des piqûres. — , action de pin- 
cer, de serrer la superficie de la peau avec 
deux doigts. — , pinçon, marque qui reste 
sur la peau quand on a été pincé. — Voy. 
Pexlc. 

PENHICA, Pegulca, piquer. — , pin- 
cer. Penhiqueya, pegniqueja, fréq . — Voy . 
Pexica. 

PENHICADE, Pegnicade, fém. ; voy. 
Penhic, pinçon. 

PENHICADOU, Pegnicadou, qui 
pince, qui a la mauvaise habitude de jun- 
cer. Penldcayre, se prend en plus mau- 
vaise part. 

Penhs, Peins, Peyns, gage, chose 
mise en gage comme garantie d'une dette. 
— Voy. Empenha. 

PENITENCI, Penitencie, pénitence : 
fLtyatz donne repentenci... hètz grane pe- 
iiitcnci. N. PAST. Ayez donc repcntancc, 
faites grande pénitence. Lou sacrament de 
la penitencie. VAT. Le sacrement de la péni- 
tence. 

PENJA (vers l'Armagnac), pendre, 
suspendre. — , être suspendu. — , pencher. 
Voy. Pêne, pendre. 

Penoncéu, panonceau : Los Penonceus 
.senhatz dessus armes nietos e pansas sus 
los termis e lim'itz. arch. m. Qu'il mît et 
posât sur les termes et limites des panon- 
ceaux marqués aux armes (du seigneur). 

PENOU, Penoo, pennon : Baneres, 
penoos, cscutz e cotes d'armes, h. a. Han- 
nièrcs, pennons, écus et cottes d'arme. 

PENSA, Pensar, penser. — , réf., 
s'imaginer: Lo rey e las autesgentzde la 
terre pensaben se . . . H. s. Le roi et les au- 
tres gens du pays s'imaginaient. . . 

PENSA, Pensar, panser. — , traiter : 
Coni debcn pensa los presonces. F. ii. Com- 



ment on doit traiter les prisonniers. Dis- 
nan los caperaas e Frays au casteg, hou 
fon ben e honoraplementz pmssats [honora- 
blemeniz pensatz). h. a. Les prêtres et les 
Frères dînèrent au château, où ils furent 
bien et honorablement traités. 

PENSADE, pensée. 

PENSADOU (voy. Pensedou), pen- 
seur. — Penmyre, rêveur, homme peu ex- 
pansif. 

PENSAMENT, masc, pensée: Per 
estaubia moun bii, me biengoa pensament 
De mete au barricothère aygue. F. Past. 
Pour ménager mon vin, il me vint la pen- 
sée de mettre dans le baril beaucoup d'eau. 
Qui mâchant pensament aus autespodin da. 
F. Egl. (11 faut se garder de prononcer 
des mots) qui peuvent donner à autrui de 
mauvaises ])eusées. 

PENSAMENT, pansement. — , trai- 
tement, manière d'accueillir, de traiter 
les gens. 

PENSAT, aphérèse de empensat, pen- 
sif : Este pensade de que ère aquere salu- 
tation. H. s. (La vierge Marie) fut pensive 
de ce qu'était (pensait en elle-même à ce 
que pouvait être) cette salutation (la sa- 
lutation angélique.) 

PENSA YRE ; voy. Pensadou. 

Pense, intelligence, esprit: Malau de 
cos e saa de pense, arch. Malade de corps 
et sain d'esprit. 

PENSEDOU (Orthez , Bay.), au lieu 
àa 2>cnmdou, penseur: Counechui per un 
gran pensedou. l.^g. Connu pour un grand 
penseur. Dans Dict. mistral, pensadou a 
été, là, substitué k pensedou. 

PENSIU, pensif: Pensius deu que-ha- 
ram. LAM. Pensifs du (pensant au) que fe- 
rons-nous. 

Pentecostaument ; voy. lo suivant. 

PENTECOUSTE.Pentacoste. Pen- 
tecôte. Pentacouste se dit aussi : Pasques, 
Penlacouste, Tou.'i-Sancts, Xadau. f. Egl. 
Pâques, Pentecôte, la Toussaint, Nool. 
— Cla coum Pasques ePentecouste.v . Clair 
comme Pâques et Pentecôte (i|ui n'ont 
lieu qu'une fois dans l'année). Se dit de 
ce qui est peu fourni, d'im tissu par exem- 
ple. En fr. « Il n'y a pas quatre fils. » 
Cousiotes de Pentcrouste. Petites cousines 
de Pentecôte ; voy. Cousii. — Pentechos- 
tunment, au temps de la Pentecôte: Pen- 
techostaument , vin dies dabunto viii dies 
après, r,. o. A la Pentecôte, huit jours avant 
ou huit jours après. C'était, suivant la 
coutume de Dax, l'époque où il fallait re- 
tirer lo.'^ gage* pour prêts. 

Pentence, ropctitance. 

PENTIA, Pentiar ; même significa- 
tion que Picnta . 



144 



PER 



PER 



PENTIADURE, action de peigner. 
— Pentiadures, peignures. 

PENTIAYRE, peigneur, celui, celle 
qui peigne le lin, la laine, etc. 

PENTIÈ, Pentier, peignier, fabri- 
cant, marchand de peignes. 

PENTIOUS, masc. plur., rebut de 
laine peignée. 

PÈPI, qui parle et agit sottement. 
Pep'iot, dira. Pépias, aug. 

PEPIADGE, Pepiatye; voy. Pijnadge, 
Pipiatye. 

PÈPIGA, frapper du pied, trépigner, 
piaffer, c. 

PEPIÛE, pépie des oiseaux. — Vov. 
Pépite, 2. 

PEPIOLE, PIPIOLE (Vic-Bilh), 
fém., variété de champignon, de couleur 
grisâtre, à longue tige : il paraît aux pre- 
miers froids. 

PEPITE, fém,, pépin. 

PEPITE, pépie des oiseaux. — , pi- 
tuite : Goarexïn lou cranc, la pépite, la 
tous. F. Past. Ils guérissent la sciatique, 
la pituite, la toux. 

P E Q U E, Pecque, faute, péché : Pou- 
soères mauhaseques , vialhur! Si nou-p pen- 
ditz de bostes granes peques. N. PAST. Sor- 
cières malfaisantes, malheur (à vous) ! si 
vous ne vous repentez de vos grands pé- 
chés. No-m casfif/iies de mas p)6cqu(is. Ps. 
Ne me châtie point pour mes fautes. 

PER, par : Soun pourtatz... au Sahut 
per lou diable. N. past. (Les sorciers) sont 
portés au Sabbat par le diable. — Caduper 
vTwjrf^Virtimou.NAV. Chacun par rang d'hou 
neur. — , à travers : Per lous camps. A tra 
vers champs. —, pour, afin de : Per p'at 
dise en dus moutz. Pour vous le dire en deux 
mots. — , pour, quant à : Per moussuou dé- 
putât. Au scruta que passabe a l'ibnanimitat. 
Pour (quant à) monsieur le député, il pas- 
sait au scrutin à l'unanimité. — Per la bise. 
NAV. Pendant l'hiver. Per berenhes. A l'é- 
poque des vendanges, pendant les vendan- 
ges. Au même sens, suivi d'un infinitif : 
Per sega (pendant scier le blé), pendant la 
moisson, à l'époque de la moisson. — , à, 
marquant le terme, l'époque fixe : Devers 
ausenhor... ue garie per Nadau, unequar- 
taa de sivade per Sente-Marie d'aost. enq. 
Redevances au Seigneur : une poule à 
Noël, une mesure d'avoine à Notre-Dame 
d'août. — Per amou de, pour l'amour de, 
à cause de, pour : d'où Permou ; voy. ce 
mot. Lo da vite per Diu. enq. (11 lui donne 
vie), il le nourrit pour (l'amour de) Dieu. 
Lo tien per Diu. IB. Il le tient pour (l'a- 
rnour de) Dieu ; il le garde par charité. — 
Au lieu de per aci, par ici, per aco, pour 



cela, per esta, pour être, on dit (du côté de 
Bayonne et vers les Landes) Praci,praco, 
presta. — La contraction de la préposition 
per avec l'article lou, lous, anc. lo, los, pro- 
duit peu, peus, pou, pous (Orthez, Bay.). 
poil, poils : — Peu camii, par le chemin ; 
peus houratz, kirsivers les tvons', pou mèste. 
par le maître ; jwiis gouyatz, par les gar- 
çons ; poil goarda, pour le garder ; poils 
tiene, pour les tenir, 

PERA, par la; peras, par les: Pera 
n'eu, par la neige; ^eras aî/g^wes, à travers 
les eaux. — Voy. Et, ère, le, la. 

P ER AMOÙ DE ; voy, Permou. 

PERAS, par les, suivi d'un nom du 
genre fém . — Voy . Pera. 

PERASSE, malechance, F. Past. — 
Au plur., perasses, choses pires : Hèii de 
mesperasses.'Si. PAST. (Les médecins) font 
des choses bien pires. 

PERAUTUC, sobriquet des habitants 
du village de Marcerin : Perautucxs de 
Marcerii, imbéciles de Marcerin. C'est le 
titre d'un conte où l'on dit que ces gens, 
ayantpris une loutre, l'auraient, à sa prière, 
remise dans l'eau pour la reprendre plus 
tard. Ils ne savaient pas qu' « un Tiens 
vaut mieux que deux Tu l'auras. » 

PERBALiE, prévaloir. — , réf., se pré- 
valoir: De trop perhale-s Oun bié a de ma- 
ies. pPvOv. De trop se prévaloir on vient à 
mal. 

PERBESE, PERBESI (Vic-Bilh), 
pourvoir, 

PERBESIOU (Vic-Bilh), provision ; 
voy. Proubisiou. 

Perbost, prévôt : De les partz doit per- 
bost de Baione manam. bay. De la part 
du prévôt de Bayonne, mandons. 

Perbostat, prévôté : Le perbostat de 
Baione. bay. La prévôté de Bayonne. 

PERBOUC , crépi, mortier dont on 
enduit un mur. 

PERBOUCA,Perbocar, crépir: Tote 
la obre sie perbocade de boo morter gras 
que sie blanc, arch. p. Que toute la con- 
struction soit crépie de bon mortier gra-s, 
blanc. 

PERBOUCAMENT.Perbocament. 
crépissage. — Voy, Ealusiment. 

PERBOURI, tremper dans l'eau bouil- 
lante. 

PERCASSA, Percassar, pourchas- 
ser, poursuivre: Deus qui mon mau per- 
cassan. ps . (Délivre-moij de ceux qui pour- 
suivent mon mal (qui me poursuivent pom- 
me faire du mal). Percassa tort a. . . ir. 
Chercher à faire du tort à... — , recher- 
cher : Lojegttoasser .. perchasse sas eguocs. 
ARCH, Le gardien de juments recherche 
ses juments. 



PRK 



PER 



145 



PERCEBE, Perceber. percevoir.re- 
cevoir, recueillir. — , concevoir l'idée des 
objets^ en éprouver la sensation. 

Percebence, perception. — , inspira- 
tion, suggestion, conseil : Per la divinau 
percebence. F. o. Par l'inspiration divine. 

PERCHA, Pei'char, mesurer des ter- 
rains à la perche, arpenter : Perchar las 
terres deu loc de Clarac. bar. .\rpenter 
les terres du lieu de Clarac. On trouve 
aussi Perjar. — , mesurer: Plague perjade 
COUT. s. Plaie mesurée. 

PERCHADOU, arpenteur: Percha- 
dour dans p. r . Perchadours preneran per 
lour salari pier chascun jour un franc. . 
Les arpenteurs prendront pour leur salaire 
de chaque jour un franc... (Ils devaient 
être nourris par ceux qui les employaient). 

Perchassar ; voy. Percassa. 

PERCHE, Perge, perche. — Ha a 
la 2}e7'che. F. Past. (Faire à la perche), 
jouer au « jette-perche. » Ce jeu consiste 
à lancer une perche de dessus l'épaule, où 
on la tient des deux mains par un ùcs 
bouts; il faut qu'elle tourne en l'air et 
tombe à terre sur l'autre bout. — , ancienne 
mesure agraire : Perchar lus terres a la 
perche de Saut. bar. Arpenter les terres à 
la perche de Sault-de-Navailles — Ha la 
perche, IB, , mesurer à la jjerche, arpenter. 
Obres de la perge. knq. Travaux d'arpen- 
tage. 

PERCHEC ; voy. Prexec. 

PERCHÈG"DE; voy. Pessegue. 

PERCHENE, gros.se corde de la per- 
che ; le câble aux deux bouts d'une perche 
étendue au-dessus du fourrage entassé sur 
un char pour être transporté. Percheni;, 
masc. — Voy. Peryenè. 

PERCHIC, Perchée ; même significa- 
tion que Prexec. 

PERCHOUS, masc. lattes dont se 
servent les tisserands pour l'envergeurc . 

Percurayre, procureur: Requerihe... 
com public pjcrcurayre. F. Egl. 11 requérait 
comme procureur général. Percurayres 
particulars. P. u. Procureurs particuliers 
(de district). 

PERDE , Pergue ; Perder, perdre . 
Perdouy, je perdis ; pergnmi se dit aussi. 
Pei'dut, pergut, perdu. Las saumes qui du- 
bant-geer pergust. n. S. Les ànesses que 
tu as perdues avant-hier. — Pergut per lo 
dilubi. IB. (Le genre humain) perdu par 
le déluge. — De temps jjcrdul {de tQm\->s 
perdu), de temps immémorial ; on dit aussi 
de niemori perdude. 

PERDE, Perte, perte. 

PERDEDIS (Montant), que l'on pré- 
tend perdu. 



PERDIC ; voy. Perditz. 

PERDIGA, être de couleur grise, ta- 
chetée, comme la perdrix : Quoand lou 
cèuperdigue. Si noup)lau, non trigue. PROv. 
Quand le ciel est gris, tacheté, s'il ne 
pleut, il ne tarde (guère de pleuvoir). 

PERDIGALH, perdreau. Perdigalhet, 
perdigcdhot, jjerdigalhou, dira. On dit aussi 
Perdigat. 

PERDIGALHÈRES , fém. pluriel, 
lieux où se plaisent, où se retirent les per- 
dreaux . 

PERDIGAT; voy. Perdigalh. 

PERDIGA YRE, preneur de perdrix. 
— \oy .Perdiguè. 

Perdigot, engin pour prendre des per- 
drix: Prener abjialatz ni perdigotz. P. R. 
Prendre (des perdrix) avec filets et (au- 
tres) engins. 

PERDIGO'U.Perdigoo, menu plomb. 
Molle de fer per fa.. . perdigoos. arch. Un 
moule de fer pour faire du menu plomb. — 
Esp. « perdigon. » 

PERDIGUÈ , Perdigayre , chasseur 
aux perdrix, preneur de perdreaux. — Gas- 
ton-Phœbus ■dxsi.itwn perdiguer. enq. Ane. 
fr. « perdrier, perdriseur. » — « Faucon- 
niers, perdriseurs, oiseleurs et autres offi- 
ciers de chasse et volerie. » favin, Ofji' 
ciersde la coiirde France. — Voy. CHÉRUti., 
Dict. hist. des iiisf.. etc. 

PERDITIOU. Perdition, perdition. 
— , perte : J£n cas de perdition de auguiie 
some. ART. En cas de perte de quelque 
sonime. — En perdition de sa jtersona . 
BAiî . Au péril de sa vie. 

PERDITZ. Perdic, Perdix, perdrix : 
Casse de Icbe e de perditz. enq. Chasse do 
lièvre et de perdiix . Perditz bernielha . F. i;. 
Perdrix rouge. Prener perdix ab fa.s-. 
P. R. Prendre des perdrix avec des lacets. 

PER DIU ! Perdiu ! sorte de juron : 
s'emploie ]iour donner de la force à une af- 
firmation. En îr. «pardieu, pardi.» M. Aug. 
Scheler, dans son Dict. iFétym . fr., tire 
ce mot de l'italien <' per Dio. » C'est une 
erreur; il était anciennement « d'une des 
lisières de la France », comme aurait dit 
H. Estienne. Per Diu ! ditz une femna a 
Nostre Donc, boncfust nascude enter las ali- 
tes molhers, que tant henediit filh exi de tmi 
bentre. H. s. Par Dieu ! dit une femme à 
Notre-Dame, vous naquîtes heureuse entre 
toutes les femmes, vous dont est si béni 
le fils sorti de vos entrailles. On croit ne 
pas mettre le nom de Dieu dans cette in- 
terjection, en disant ;w7MiH .' 

PERDIX; voy. Perditz. 

PERDOA ; voy. Perdouna. 

Perdonance, pardon, rémission: Ly 



146 



PER 



PER 



l'eu âge perdonance de totz lus imrentz deu 
mort; 1287. ARCH. o. Que l'accusé (celui 
qui est accusé d'homicide) ait pardon de 
tous les parents du mort. 

PERDOU, Perdoo, pardon : Perdou 
perdou, si ma muselé De bous v'ey digne, 
(jran Bizentz ! nav. Pardon, pardon, si ma 
musette n'est pas digne de vous, grand 
Paint Vincent ! A faillit. . . demande jm^'- 
doo. M. B. (Cette femme) a failli; elle de- 
mande pardon. 

PERDOUNA, Perdoa, Perdonar , 
Perdoar, pardonner: Tout peccat pot esta 
en loumoun per donnât. N. past. Tout pé- 
ché peut être en ce monde pardonné. Lo 
senhor l'a. ..perdonade de lafautequefeite 
ave. ENQ. Le seigneur l'a pardonnée pour 
la faute qu'elle avait faite. 

Perdurable, perpétuel. 

Perdurablementz, perpétuellement. 

Perdurabletat, perpétuité : Per totz 
ternies en perdurabletat. arch. o. Pour tou- 
jours à perpétuité. 

PERDURE, perte : Las perdures, 
dampnatyes. ARCH. M. Les pertes et dom- 
mages. — Enperdure de passatz sieys mile 
scutz. iB. En perte de six mille écus pas- 
sés (en perte de plus de six mille écus). 

PERE, poire: Tistèt de pomes, pères, 
oeus.v.v.. Panier de pommes, poires, œufs. 
Propi coum l'eslou de la père. prov. Pro- 
pre (frais, net, délicat) comme le velouté 
de la poire . — Qui boii pères haura perous. 
Qui veut des poires aura des trognons. Se 
dit de l'ambitieux déçu. — "voy. Pérou. 

PÈRE, père : Maridatz-me, moun père, 
Ajaizpietatdejou. F. lab. Mariez-moi, 
mon père, ayez pitié de moi. — Mot fran- 
çais « béarnisé », particulièrement usité 
au sens religieux: U Père, un Père, un 
moine. 

PERE, Perer, poirier. 

PEREC, PERECA; même significa- 
tion que Peruc, Peruca. 

PERECADE; voy. Perucade. 

PERELOQUE, peau dégoûtante des 
viandes. — , lambeau d'étoffe usée, loque. 

PEREMOU; voy. Permou. 

PEREQUEYA, Perequeja, fréq. de 
Pereca . 

PERESSE, paresse: Peresse, hos soupe? 
— Oui,pay. — Bè-n cerca l'escudèle. — 
Nou-n bouy pas. pr. b. Paresse, veux-tu 
de la soupe ? Oui, père. — Va chercher 
l'écuelle. — Je n'en veux pas. — En pro- 
vençal : « Pereso, vos de soupo ? — — 
Fai-n'en. — N'en vole gcs. » Armana 
prouv., 1874, p. 107, d'après de Sauvages, 
Dict. languedoclen-fr. — ■ « Toujours fai- 
néant trouve prétexte. » sauvé, Prov. de 



la Bass.- Bretagne. — Dans l'Inde, on dit: 
« Si je puis trouver des mangous au pied 
du plantain, pourquoi irais-je en chercher 
sous le mangoustan ? » — « Le paresseux 
cache sa main dans le sein, et il ne dai- 
gne même pas la ramener à sa bouche. )> 
Proverbes de Salomon,Xix, 24. 

PERESSEYA, Peresseja, être pares- 
seux, faire le paresseux. 

PERESSOUS, paresseux. Peressouset, 
peressousot, dim. Peressousas, aug. 

PERESSOUSAMENTZ , Peressou- 
senient, paresseusement. 

Perficir, terminer : Perficir los procès 
comensatz. s. B. Terminer les procès com- 
mencés. 

Perfigir, fixer : Lo termï qui lo fo 
perfigit BAR. Le terme qui lui fut fixé (pour 
payer). 

PERFII, dans la locution a la per- 
fii, à la fin, enfin, finalement : Lheban se 
a la perfiï dusfaus testïmonïs. H. S. Enfin 
deux faux témoins se levèrent. — Ane. fr . 
« en la parfin. » Récits d'un ménestrel de 
Reims au xiii" siècle. 

PERFILADK,Perfilader, outil pour 
faire labordured'unepiècedebois. — Voy. 
le suivant. 

PERFILET , masc. , bordure d'une 
pièce de bois. — , rabot avec lequel se fait 
cette bordure. — Voy. le précédent. 

PERGAMI ; voy. Pargam. 

PERGAMINIÈ ; même signifie, que 
Pargaminiè. 

PERGE; voy. Perche. 

PERGOUY, je perdis ; voy. Perde, 
Pergue, 2. 

PERGUE ; même signification que 
Perche . 

PERGUE, perdre. Pergouy, anc. jiergu, 
je perdis; p)6i'gui, que je perde; 2)ergut, 
perdu. — Vov. Perde, 1. 

PERGUIU, PERGUT ; voy. Perdiu, 
Pergue, 2. 

PERHOG, masc, peine, difficulté, 
obstacle, traverse : Per quoantde perhocxs 
ahant nou passera ! vign. Avant (de ré- 
gner) par combien de traverses ne pas- 
sera-t-il pas ! (Combien d'obstacles n'au- 
ra-t-il pas à franchir!) 

PERI, Périr : Périra malhurous. (Le 
méchant) périra malheureux. — Son nom 
périra. PS. Son nom périra. — , anéantir : 
Las as-tu dab lor nom peridas ? IB. Les 
as-tu (nos cités) avec leur nom anéanties ? 

Pericer; voy. Périsse. 

PERICLiE ; même signification que 
Perigle. 

PERICOU; voy. Peruc. 

PERI DÉ (Mont.), précipice, abîme 
profond. 



PER 



PER 



141 



PERIGLA, tonner. Periglahe, il ton- 
nait. Lou gran Diu hè periglaa. PS. Le 
grand Bienfait tonner. — Qui escoute peri- 
gla, heyralèu pèyrebate. PROv. Qui entend 
tonner, verra bientôt grêler. 

PERIGLADE, fém., orage : Ue horte 
periglade Qui crèhe sus loti ser. SAC. Un 
orage violent qui crève (éclate) sur le soir. 
— Las periglades, le> coups de tonnerre. 
Un a dit au fig. : N'habetz pas hahut poil a 
las pjerigJades. SEKM. Vous n'avez pas eu 
peur des éclats de ma voix de tonnerre. 

PERIGLADE, plante à fleur jaune 
que l'on fait bénir à la St-Jean avec quel- 
ques autres, auxquelles on attribue super- 
stitieusement des vertus particulières : on 
croit que la. pei'iglade, ']G{.ée au feu, écarte 
la foudre 

PERIGLE, Peride, tonnerre : Hens 
lou cm comensa de hrouni lou perigle. F. 
Egl. Dans le ciel commença de gronder 
le tonnerre. Perigles, dans ps., coups de 
tonnerr-e. — Perigle d'homi 1 Homme éton- 
nant, diable d'homme ! Pet de perigle ! 
Pet de tonnerre ! exclamation qui marque 
l'étonnement ; juron. C'est le « tron de 
l'èr» provençal. Perinne, Periste, sont des 
formes altérées àepterigle. — Mau pet de 
perigle t'escrase ! (Val d'Azun, H.-Pyr.). 
c. Mauvais coup de tonnerre t'écrase ! 

PERIGLÈRE, fém., grondement de 
tonnerre. Ce periglère, une succession de 
coups de tonnerre. Eslamhrecs e periglère. 
F. Egl. Eclairs et coups de tonnerre. 

PERILH, péril. 

PERILHEYA, Perilheja, être en pé- 
ril: péricliter en parlant des choses. 

PERILHOUS. Perilhoos, périlleux. 

PERILHOUSAMENTZ, PerilhoK- 
sement. périllcusement. 

PERINNE ; voy. Perigle. 

PERISSE, peau à poil. — , tignasse, 
chevelure épaisse, mal peignée. — , ja- 
quette de peau à l'usage des paysans, des 
bergers. — , pelisse, robe ou jaquette 
fourrée. 

PERISSE, P erisser, Pericer, mégis- 
sier : L'ostau de JJerdoo, perisser. dén. 
Le maison de Berdou, mégissier (à Bru- 
ges). 

PERISTE; voy. Perigle. 

PERJA, Perija, Perjar ; même signi- 
fication que Percha. 

PERJURAMENT, action de se par- 
jurer. 

PERJURA-S, se parjurer. 

PERJURI, parjure, faux serment, vio- 
lation de serment. — , celui qui violo sou 
serment : No sic perjuri, vi usurer, ni ex- 
coniinyut. F.B. (Que le témoin) ne soit 
parjure, ni usurier, ni excommunié. 



PERLAQUE (Escures), flaque, pe- 
tite mare d'eau. 

PERLE, perle. Perlete, perline, per- 
lote. dim. 

Perlegidor, qui sait parfaitement lire, 
maître de lecture : Prometo ... de lo reder 
perlegidor e scrihaa per lo termi de dus 
antz. sÉR. (Le maître d'école) promit de 
rendre (à ses parents leur garçon) sachant 
parfaitement lire et écrire (capable d'être 
maître de lecture et d'écriture). — Voy. 
Aiyrentis . 

PERLETEYA, Perleteja ;\o\. le sui- 
vant. 

PERLE YA, Perleja, perler, former des 
perles ; tomber en perles, briller comme 
des perles. Perleteya, Perleteja, se dit de 
petites perles . 

PERLINE ; voy. Perle. —, praline. 

PERLIT (vers la Chalosse), perdrix. 

PERLOUNGA, Perlongar, prolon- 
ger : Lospleytz se 2}''^'l(')iguen ung o dus 
très ans. F. B. Les procès se prolongent 
un ou deux ou trois ans. — Voy. Perloun- 
queya. 

Perlounganaent; dans F. b., perlon- 
cament, prolongation, délai, retard. 

PERLOUNGUEYA, Perloungueja, 
traîner en longueur, tarder, différer. 

PER-MA ! au lieu de per mafee ! par 
ma foi! Per-ma! aqui, aqui, que sounlas 
grans doulous. N. past. Par ma foi! là, 
là, sont les grandes douleurs. — Per ma 
fee .' par ma foi ! engageant beaucoup trop 
certains Béarnais, ils disent ^^er-ma .' ce 
qu'ils défigurent davantage en disantper- 
luayletf — Languedocien, « per mûi, per 
môio », dans Dict. de L. D. s., où l'on 
trouve cette étymologie plus ingénieuse 
qu'exacte: « Juron qui vient originaire- 
ment du latin jier lUaiani, par Maïa, 
mère de Mercure. » 

PERMAYLET ! voy. le précédent. 

PERMÈ : voy. Prumè. 

PERMENA ; même signification que 
Preineiia . 

PERMENADE ; vov. Premenade. 

PERMERAMENTZ ; même signifi- 
cation que Prunicramentz. 

PERMÈRES; voy. Prumères. 

PERMETE, Permeter, permettre. 
Pcrmcs, ji/'nnetut.\iovin\?. . 

PERMOU, Permoo (au lieu de pir 
(iinou, anc. jurannir) avec la préposition 
de, de, pennou de, pour amour de, à cause 
de, pour : Pcrmou de bous, à cause de 
vous, pour vous. Per amor de so, vos 
mandain. . . v . b. Pour ce. nous vous 
mandons. . . Peremou. pourmou, pramou, 
premou, proumou, se disent aussi : Pre- 



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PER 



PER 



mou d'aco non eau pas désespéra, im. A 
cause de cela il ne faut point désespérer. 
PerrnoQ de ta iustici. Ps. A cause de ta 
justice. — Perinou et les diverses formes 
de ce mot avec que, parce que, pour que : 
Prumou que n'at houy pas. Parce que je 
ne le veux pas. Ey mielhe u homi premou 
qu'ey mey estimât pergn-aut homi f iJi. 
Un homme est-il meilleur parce qu'il est 
plus estimé par un autre homme? Que-s 
semblaran toutz dus, Peremou que toustemps 
l'estère es semble au hust. vigx. Ils se 
ressembleront tous deux, parce que tou- 
jours le copeau ressemble au bois (d'où 
il est tiré). — Voy. Hu.^t. — Peramorque 
mynyassen a Daniel . H. s. (On jeta Daniel 
dans la fosse aux lions), pour qu'ils le dé- 
vorassent. 

Permute, fém., échange, troc. F h. 

PERNABATE, se débattre, s'agiter 
violemment quand on est tombé à la ren- 
verse: Dehens lou bosc quecadou. Y long- 
temps pcrmibatou. F. lab. Dans le bois 
(l'ours) tomba, et longtemps il s''agita vio- 
lemment. — Voy. Esjjeriiabate-s . 

PERNE, jambe. —, quartier, portion 
d'un tout. Pèrne d'alh, gousse d'ail. Pèrne 
d'esquilhot, quartier de noix, cerneau. 
Pèrne de lard. Flèche de lard. Pèrne de 
carn salade. ARCH. M. Longe de viande 
salée. — Pèrnes, épaules: D'u pic louhe 
sauta lou cap de sus las pèrnes. F. Egl. 
(Judith frappant Holopherne), d'un coup 
lui fit sauter la tête de dessus les épau- 
les. — Pèrnes en sus, jambes en l'air. — 
Pèrne, laize : Oeyt Unsoiis de lin, sieys 
de cada très pèrnes et lous dus de coda 
tZMes.-VRCH. Huit draps de lit de lin, six de 
trois laizes chacun, et les deux de deux 
(laizes) chacun. — Cf. esp. « pierna. » 

PERNICIOUS, Pernicioos, perni- 
cieux, nuisible: Per trops e divers fortz- 
feytz € pernicioos ère estai complangut. 
\RCH. On s'était plaint de nombreux et 
divers faits coupables et nuisibles. 

PERNICIOUSAMENTZ, Perniciou- 
sement, pernicieusement. 

Pero : voy. Empero . 

PEROAÂ (Aspe), terrain en friche. 
— Vov. Esperoa, 1 . 

PEROQUE,PeZo5ue (Vic-Bilh), spathe 
de mais, feuilles dont l'épi de mais est 
enveloppé. — Voy. Esperouca, Esperou- 
quère. — Un amas deperoque fine et sè^he 
enfermée dans de la toile qu'on étend sous 
les matelas d'un lit est une palhasse de 
peroque. — Pèt de peroque, peau rata- 
tinée. — U bielh gahus, amourous tourrat, 
lou cap espelat e l'aie de peroque. lett. 
ORTH. Un vieux hibou, amoureux transi, 
la tête pelée et l'aile ratatinée. 



PEROU, trognon de poire, de pomme : 
Faute depoume,riue-s eau arrouganha lou 
perou. PROV. Faute de pomme, il faut ronger 
le trognon. — « Faute de grives, on mange 
des merles ». — L'appétit et la faim ne 
trouvent jamais mauvais pain. » — Vov. 
Père. 

PEROU (Montant), nœud coulant de 
la sedade ; voy. ce mot. — Dans l'idiome 
de Saint-Gaudens (Hte-Gar.), « perô », 
piège pour prendre des oiseaux. — Voy. 
Emperoula. 

PEROULHE (Bay.), poire delà plus 
petite espèce, petite poire sauvage. — 
Voy. Perulhe. 

PERPARA ; se dit au lieu de prépa- 
ra, préparer. 

Perparance, Preparance, terme de 
Coutume, préférence que l'on était obligé 
d'accorder ou que l'on était endroit d'exi- 
ger pour la donation ou pour l'acquisi- 
tion de certains biens. Avec les verbes 
far, faire, auer, avoir : Far perparance, 
auer perparance. bay. Etudes hist. sur la 
j ville de Bayonne, 11, p. 637; balasqde et 
I DOLAURENS . Lo gentiu qui et preparanqu 
I en la cause venduda. F. h. Le noble qui, 
! usant du droit qu'il a d'être préféré à 
tout autre acheteur, a fait offre de prix 
pour l'acquisition de la chose mise en ven- 
te. De là (même texte) cette expression: 
Lapessa preparade, la pièce (de terre) re- 
tenue, dont le noble, lo gentiu, s'était ré- 
servé l'acquisition moyennant le prix pour 
lequel elle devait être vendue. Si y a some 
presentade, lo darrer encaridor deu por- 
tar lo deposit de sa preparance. couT. s. 
S'il y a somme présentée, le dernier en- 
chérisseur doit porter le dépôt de (doit 
consigner) son offre de prix. — Dans Ch. 
Cr. alb., éd. p. meyer, « perparansa », 
don fait en retour. 

Perparar, perparat, participe passé; 
voy., au précédent, la pessa jjreparade. 

PERPAU, pied-de-chèvre. — , levier 
en fer. — , poteau auquel est attachée une 
barrière. 

PERPAUS, Prepaîis, propos: Autant 
de perpaus, autant d'affrounturies. LETT. 
ORTH. Autant de propos, autant de trompe- 
ries (mensonges). — , entretien : Mielhe 
harem, jou crey, prene drin de repaus ; En 
Vhore torneram reprene lo perpaus. F. Egl. 
Nous ferions mieux, je crois, de prendr e 
un peu de repos ; tantôt nous reprendrons 
l'entretien. — Nous em enprepaus de mètre 
nostre draperie de Nay enter las maas deus 
marchaas. gram. Nous sommes en propos 
de mettre notre draperie de Nay entre les 
mains des vna.Ych.a.nà?,. Lettre d'Antoine de 
Bourbon et de Jeanne dAlbret . 



PER 

PERPAUSA, proposer. — Perpausa 
u exemple, dans F. i?*//., citer comme exem- 
ple. 

PERPÈ, contre-mur, contre-fort. — , 
faux ourlet. 

PERPELE ; voy. le suivant. 

PERPERE, Perpele, paupière: Eu 
ourbint laper père . lam. En ouvrant la pau- 
pière. Nègre e loungue perpere. nav. Noire 
et longue paupière. Las perperes mulhades . 
V. BAT. Les paupières mouillées ,'de pleurs). 
— Ha lusi la perpere. pey. Faire briller, 
l'œil. 

PERPEREYA, Perpereja, mouvoir la 
paupière: La pastourete Qui m'iia tant hèyt 
perpereya. lam. La pastourelle qui m'a tant 
mis les paupières en mouvement. 

PERPEREYADE Perperejude, fém., 
mouvement de paupière. 

Perpet, masc, paupière : De nions dus 
oelhs retiehas los perpetz. p.s. De mes deux 
yeux tu retenais les paupières (tu empê- 
chais mes yeux de dormir). 

PERPETRA, Perpetrar, perpétrer, 
commettre (uue faute, un (uime). 

PERPETRADOU, Perpetrador, 
celui qui perpètre, commet des crimes. 
Perpetredor, dans BAE. : Perpetredor de 
criiiis, auteur de crimes. 

PERPETUAU, Perpétuai, peipé- 
tuel. 

PERPIC, souci, inquiétude accompa- 
gnée de désir, 

PERPIT, désir (dont le cœur palpite). 
— Avec le verbe lui, faire: Hapei-pïta .,., 
frustrer l'attente de quelqu'un. lia perpitz 
de, narguer en privant d'une chose désirée: 
Pe her an perpitz de lurs fahous. pkiîkin. 
(Vieilles filles, les Amours) vous nargue- 
ront en vous privant de leurs faveurs, 

PERPITA, palpiter. —, (palpiter de 
désir), désirer. — Tout perpite en gauyou 
de bade. n. lab. (Aux rayons du toleil) 
tout s'agite de joie de naître (de pousser, 
de croître) . Perp'deya, fi'éq . 

PERPITE ; mèuie signification que 
PejÀte, 2. j 

PERPITE YA, Pcrpileja; voy. Per- 
pita . I 

PERPITOJE, dans F. Past., irrita- 
tion de la gorge. 

Perportar, ra|iporter, dire, déclarer: 
l'i'r/iortaii queaben pagat lo foegadge. dén. 
llsiléclarèrcntqu'ils avaient payélefouage 
Prrportar-se, se comporter : Juren que ben 
c fii/aumentz se perporteran en lor ofjici. 
Aitcii. Ils jurent (pi'ils se comporteront 
bien et loyalement dans leurs fonctions. 

PÈRQUE ! imprécation comme peste! 
on fi'ançais : Maie pèrque ! Malepcste! — , 
TOME II 



PER 



149 



prend la marque du pluriel : Pèrques de 
haroulères ! pet. Peste de (filles) folles ! 
PERQUiiJ, pourquoi. 
PERRAC; voy Perrec. 
PERRACAYRE, PERRAQUÈ ; 
voy. Perrequè. 

PERREC, Perrac, lambeau d'étoffe 
usée, déchirée, chiffon, loque. Perrec ! cri 
des chiffonniers : ils prolongent de toute 
leur haleine le son de la dernière syllabe. 
— U perrec, u pjerrac, un vêtement, un 
linge, tout usé, tout en lambeaux : May 
p'ha souhent bestitz de nau dab u, perrac. 
a. m. Mère vous a souvent vêtus de neuf 
avec un vêtement usé ; (d'un vieil habit 
tout déchiré, la mère vous a fait souvent 
un vêtement tout neuf). — Ha peîhe-per- 
rec (faire vêtement-chiffon), vieillir, être 
impotent, n'être plus bon à rien. — Len- 
gue de perrec (langue de chiffon), mauvaise 
langue. 

PERRECAYRE ; voy. Perrequè. 

PÈRREM (pied ferme) ; pèrrem ou de 
pièrrein, de pied ferme. 

PÈRREMA, prendre posture, un pied 
ferme en arrière, de façon à être solide- 
ment campé, tenir de pied ferme. — Lous 
j)èes contre d'etz que te-m lien pèrrema. v. 
Past. Ils me firent tenir ferme (debout), 
les pieds l'un contre l'autre. — , se mettre 
en posture pour danser: Messius, ancm ta 
2)èrrema. PEY. (Le ménétrier disait aux 
danseurs) : Messieurs, allons nous mettre 
en posture. 

PERREQUÈ, Perraquè, chiffonnier. 
Perrecayre, perracayre, même signif. 

PERREQUÈRE, Perraquère, fém. 
sing., tas de chiffons, amas de loques ; les 
chiffons, les loques. On dit aussi ^WTeçuc- 
rie, pcrraquerie. 

PERROU , terme de chasseur, coq 
d'une compagnie de perdrix. 

PERRUCA, coiffer d'une perruque. 

PERRUCAT, que l'on a coiffe d'une 
perru(jue, qui porte perruque. — Dans Vil- 
lon, « periucatz », gens à perruque, les 
gens de la Hasoche. 

PERRUQUE, perruque Perruquete, 
perrucotc, dun. Pcrrucasse, aug. — Deu 
teuijis qui lous cuas pourtaben perruques e 
las suumes cournetes. prov. Du temps que 
les chiens portaient des perrutpies et les 
ànesses des cornettes. Au même seas que 
« du temps que les botes parlaient. » 

Pars, bleu: Une gone de pers celcstrr 
(céleste), auch. Une robe do coultMir bleu 
de ciel. Pers iscur. \i'.. Hlcu fonce. 

PERSECUTADOU, Persecutadoo. 
[leisécutcur : Pd lié riras e passnilous Con- 
tre los persecutadoos. l'S. Il fait des virc- 

10 



150 



PER 



tons et des javelots contre les persécu- 
teurs. 

PERSEGUE ; même signification que 
Pessegue . 

PERSEGUI, Perseguir, poursuivre. 
— Ton dret 2}erseguex. FS . (Poursuis ton 
droit), défends ta cause. 

PERSOUNADGE , Personadge , 
personnage. Anciennement, personnage 
n'avait souvent que le sens de personne, 
individu : Audir totzpersonages qui saberan 
augune cause contre totz personages accu- 
satz de... posoerage. s. B. Ouïr toutes per- 
sonnes qui sauront quelque chose contre 
les individus accusés de sorcellerie. 

PERSOUNAUMENTZ , Personau- 
mentz, personnellement. 

PERSOUNE, Pressoune, Persone, 
personne. 

PERSOUNÈ ; voy. Presounè. 

PERSUTA, poursuivre, agir contre, 
— , insister: Chensrime ni rasou, tout Ja- 
mes persutabe Que la comissiou que housse 
executade. F. Egl. Sans rime ni raison, 
toujours il insistait pour que la commis- 
sion fût exécutée. 

PERSUTE, poursuite : Da jjersute a, 
donner la chasse à, agir contre . 

PERTANHE-S, Pertagne-s, au sens 
du lat. « jjertinere », concerner, regarder, 
coucher, intéresser, appartenir : La suc- 
cession se pertanh a ung sonfroy. arch. 
La succession appartient à son frère seul. 
— , se tenir (par des liens de famille). 

Pertener, appartenir, impersonnel: 
No-s pertee de far obra. H. s. 11 ne nous 
appartient pas de faire œuvre (il ne nous 
est pas permis de travailler). — Voj. Pcr- 
thier. 

Perthiences ; voy. Apartiences. 

Perthier, Pertier ; même significa- 
tion que Aparthier, Apartier, Apartiene. 

Pertorb, Pertorber, masc, perturba- 
tion. — , terme de jurisp., trouble: Toi. 
pertorb e molestatlon extremar. arch. Oter 
(faire cesser) tout trouble et molestation . 
No los y afeyt iinpediment ni p>fi'torber. 
iB. Il ne leur y a fait empêchement ni trou- 
ble. — Voy. Destorb. 

Pertorbar, Perturbar, causer de la 
perturbation. — , troubler, empêcher, in- 
quiéter quelqu'un dans la possession, dans 
la jouissance d'un bien : Noagossenapen- 
herar... ni pertorbar. arch.. Qu'ils n'eus- 
sent à faire saisie ni troubler. No los fier- 
turbi ni molesti. IB. Qu'il ne les trouble ni 
moleste. —Voy. Destourba . 

Pertorber ; même signification que 
Pertorb. 

Pertreyer, dessiner un objet, faire un 



PER 

plan : Los maestes fusters an prometut 
far la agulhe de la glisie de Nay ayxi e 
per la maneyre que la an balhade pertreyte 
enpaper. art. Les maîtres charpentiers ont 
promis défaire la flèche de l'église de Nay, 
ainsi qu'ils l'ont donnée dessinée sur pa- 
pier (parfaitement conforme au plan qu'ils 
en ont donné). 

PERTRÈYT (dessin au trait), plan : 
Massonar quoate chimineyes ab mantegs de 
peyre talhade, segont lo deviis e pertreyt 
feyt en paper. art. Maçonner quatre che- 
minées avec manteaux de pierre de taille, 
d'après le devis et le dessin fait sur pa- 
pier. — , portrait. 

Pertreyt, attirail de guerre, bagage: 
grande quantité de choses diverses ; ma- 
tériaux : Tirar lo pertreyt qui ère amonsa- 
lat au desus lo pont, loqual empachabe lo 
cors de l'aygue. arch. Enlever les maté- 
liaiix qui étaient amoncelés en amont du 
pont, lesquels empêchaient le cours de 
l'eau. — Cf. esp. « pertrecho »; Ch. Cr. 
alb., édit. P. meyer, i, p. 431 « pertrait », 
au plur., transports, objets transportés ; 
matériaux apportés pour combler les fos- 
sés d'une ville assiégée.... » — D.-c. « per- 
tractus. » 

Pertreyt, terme d'architecture, tirant, 
pièce de bois ou de fer pour empêcher l'é- 
carternent d'une charpente, de deux murs, 
etc.: Obrar quoate paums de pertreyt per 
Ugar la cornère. arch. Faire quatre em- 
pans de tirant pour lier l'encoignure (pour 
empêcher l'écartement de l'encoignure). 

PERTUM, tourment ; avec les verbes 
da, donner, ha, faire, da pertum, ha p>er- 
tum, F. Egl., tourmenter. Dans le texte où 
pertum se trouve, il est question de Calvin, 
qui redoutait que Maurin, lieutenant-cri- 
minel, ne lui fit infliger le même châtiment 
qu'aux autres hérétiques, corn auts here- 
ticqs liesse da l ou pertum. — Dans Mistral, 
Dict., « pertum, perturbation, trouble. » 
Même inexactitude dans le Bulletin de la 
Société des se, lettres et arts., de Pau; 1880. 

PERTURBA, causer de la perturba- 
tion. — Voy. Pertorbar. 

PERTURBADOU, Perturbatou, per- 
turbateur. 

PERT"DSAA, individu entreprenant, 
décidé, peu scrupuleux ; un flibustier, un 
gaillard dangereux. — Au bétsoum del'Es- 
tibère, Bibè certan pertusaa. F. lab. Au 
sommet del'Estibère (montagne d'Ossau), 
vivait certain gaillard. Ce pertusaa, ce fli- 
bustier, était un ours qui avait longtemps 
exercé sa patte, loungtemps habè tr>- 
balhat sa pâte. L'emploi qui a été fait là 
du mot pertusaa ne saurait faire admettre 



PES 

comme exact ce qu'a dit mistkal, Dict. : \ 
« Peitusa, habitant d'un tiou. l'ours, en 
Béaiu. » 

PERUC, bec de petit oiseau. — Peruc, 
Perec, masc, becquée, ce que l'oiseau en- 
lève en picotant; brin de chose à manger. 
Pericou, dira. 

PERUCA, Pereca, becqueter, picoter: 
U mèllou perucant lou f ru ut. hETT. okth. 
Un merle picotant le fruit ( au haut d'un 
cerisierj. — La personne qui ijeruque ou 
pereque, prend brin par brin, miette par 
miette. Peruca u arrasim. Choisir dans une 
grappe de raisin grain par grain. Peru- 
queya, Perequeya, fréq. 

PERUCADE, Perecade, action de 
becqueter, de picoter. 

PERUCADOU, qui becqueté, qui pi- 
cote. On dit aussi Perecadou. 

PERUC AYRE, Perecayre; voy . le pré- 
cédent. 

PERULHE, Peroulhe, petite poire 
sauvage. — Perulhe, prunelle, petite prune 
sauvage. — Gare a d'antes perulhes! Gare à 
d'autres prunelles! Se dit proverbialement 
pour signifier gare d'autres coups, d'autres 
périls! — « Un jour, Sully, accourant pour 
prévenir Henri IV des manœuvres de l'en- 
nemi, le trouve en train de secouer un beau 
prunier de damas blanc : — Pardieu, sire, 
lui cria-t-il, nous venons de voir passer des 
gens qui semblent avoir dessein de vous 
préparer une collection de h\en autres i^ru- 
nes que celles-ci et un peu plus dures à di- 
gérer. » A. DELVAD, Lan;/, verte. 

PERULHÉ, Perulher, prunellier. 

PERUQUEYA, Peruqueja ; ùéq. de 
Peruca. 

PERYA; voy. Perja. 

PERYE ; même signification que Per- 
che, Pert/e . 

PERYENÈ (Lagor, Orthez), perche à 
l'aide de laquelle on retient le foin chargé 
sur les charrettes. — (Navarrenx). câble 
ou chaîne qui sert de frein à la perche des 
chars de foin. — Voy. PercJtene, Perchenè. 

PES, par les, suivi d'un nom du genre 
masc. — Voy. Et, ère, le, la. 

PESA, Pesar, peser. — , affliger, con- 
trarier : Fen aixi a irum per.ar lor. H. s. Ils 
firent ainsi contre leur gvé. 

PESADE, pesée. 

PESADOU, Pesador, pescur. Faus 
pesadors e menuradom. ari ii. Faux peseurs 
et mesureurs. 

PESAYRE; même signification que le 
pi-éi'cdent; en mauvaise part. 

PESCA, Pescar, ]iêchcr : Setrani^- 
porta a son molii.., ontfc barrar l'ayr/ueper 
peacar. bar. Il alla ù sou moulin, où il fit 



PES 



151 



arrêter l'eau pour pêcher. Nulhs horn no 
pesque becart ah foxe. F. B. Que nul homme 
ne pêche saumon (beccard) avec « coque 
du levant. » Pesca a maa tasque. Pêcher à 
la main sous la motte de terre (ou la sou- 
che). — Qui arré nou risque, Arré nou pis- 
que. PR. B. Qui rien ne risque, rien ne pê- 
che (rien ne gagne). Ce prov. n'est autre 
que le provençal :« Qui noun s'arrisco noun 
pren pèis. » Armana 2}rouv . , 1867, p. 82. 
Notre pisque viendrait depisca, piscar, lat. 
« piscari », pêcher. — En fr .: « Il faut per- 
dre un véron pour pescher un saumon. » 
H. Eh^TlENNE.K Qui ne se risque jamais ne 
sera riche. » L. R. de lincy. — « Celui qui 
s'aventure est capable de prendre l'ours, 
et celui qui ne s'aventure ne saurait pren- 
dre même une lende. » Traduit d'oiHE- 
NART, Prov. basque.^. — «Necesse estfacere 
sumptum qui qujorit lucrum. » plaute, 
Asin. — Quoand Pasques marsecesque, Lou 
cemitèri que pesque. prov. Quand Pâques 
se trouve en mars, le cimetière pêche. An- 
née de grande mortalité. — \oj. Pasques. 

PESCADE ; on appelle ainsi une per- 
sonne qui a eu des scrofules; elle en porte 
au cou la marque, comme le poisson celle 
de l'hameçon avec lequel il a été péché, 
2)escat. 

PESCADOU, Pescador, l^escayre, 
pécheur. : U pountife n'ey pas mey daine 
Que lou pescadou a la ligne, n. lab. Un 
pontife n'est pas plus digne qu'un pêcheur 
à la ligne. — Nou y-ha bent pescoyre ni 
cassayre. prov. Il n'y a vent pêcheur ni 
chasseur. En temps de vent, on ne prend 
ni poisson, ni gibier. Cassayre, pescayre, 
Bebedou, yougadou, nouhèn bonne inaysou. 
Chasseur, pêcheur, buveur, joueur, ne font 
lionne maison. — Voy. Cassayre. 

PESCAMENT, p'^êche, droit de pèche: 
Pescamcntz, cassamentz. arch. Droit de 
pêche, de chasse. 

PESCANÉ, (Orthez), qualificatif du 
rat d eau : L'arrat pescanè. 

PESCARIE, pêcherie. 

PESCAYRE ; voy. Pescadou. 

PESCIJT, participe passé du verbe 

Pl'.re. 

Pesé, balance : Dues pesés abs lors cor- 
des, ari'ii. Deux balances avec leurs cor- 
des. Tliienqucn dreyturee peese pesés, Hu- 
res... F, B. Que Ton tienne poids, balances 
et livres, justes (Le motyjcs^s n'a pas été 
traduit dans F. B., édit. Mazure et Ha- 
toulct.) 

PESOULH, PESOULHOUS: vuy. 
PedvuUi, Pfdoulhous . 

PESQUE, pêche, action de pêcher : 
Pesque ab los jïdatz es defendude despuixs 



152 



PES 



PET 



lou prunier d'octobre entro lo prumer deje- 
ner , temps auquoal Ivus pe'ixsfrayen. P.R. 
La pêche avec des filets est défendue de- 
puis le premier (jour) d'octobre jusqu'au 
pi emier de janvier, où les poissons fraient. 

PESQUE, Pesquère (Orthez), fém., 
pécher (arbre) : L'eshlou. . . hlanque au 
poumè, rose a la pesque. n.lab. La fleur, 
blanche au pommier, rose au pêcher. . 
Beroy coum u hrouyt affrutat de pesquère . 
sEi. Joli comme une pousse de pêcher 
chargée de fruit. 

PESQUÈ; même signification que le 
précédent. 

PESQUÈ, Pesquer, vivier. 

PESQUÈ, pêcheur ; usité dans Gui- 
Iheiu-pesquè (Guillaume-pêcheur), héron. 

PESQUÈRE, partie de rivière affer- 
mée pour la pêche. 

PESQUÈRE ; voy. Pesque, 2. 

PESQUIT, masc; Pesquite. fém., pe- 
tit poisson. Lous pesquitz, las pesquites, 
les ablettes. 

PESQUITE, pêcheur de petits pois- 
sons. Sabriquet des gens d'Aressy: Pes- 
qu'ttts d'Aressy. D. B. 

PESQUITOT, PesgwitoM, dim.de Pes- 
qu'it 

PÈSSE, Pèce, pièce, avec toutes les ac- 
ceptions du mot français : En pèsses e 
tros, en pièces et morceaux. Fe los totz 
pessas. H. s. 11 les fit (Saiil coupa les 
bœufs) en morceaux. — Pèsse houradade 
(pièce trouée), terme de boucherie, cimier 
de veau. — Pèsse plate (pièce plate), 
« tranche », morceau de cuisse de bœuf. 
— Pèsse, certain nombre de peaux de bêtes: 
Pèsse de louyres ou gatz saubadges. p.k. 
(Droits d'entrée pour une charge) de peaux 
de loutres ou de chats sauvages, 

PÈSSE, terme de tisserand, chaîne, 
fils entre lesquels passe la trame. 

PESSEGUE, Perchègue (Bay.), pêche 
(fruit). 

PESSE JA ; voy. Pesseya. 

PESSETE, Pecete (piécette), pièce de 
monnaie d'argent, de (cinquante centimes 
un franc, deux francs). — Bal'in mey ga- 
labiis espes que pecetes clares . prov. Gros 
sons épais (en grand nombre) valent mieux 
que de petites pièces d'argent clair-semées. 
S'emploie dans les circonstances où l'on 
dit en fr. « la quantité l'emporte sur la 
qualité. » — Tiene pessetes, tenir, avoir 
de l'argent : Santat a qui tié j}ecetes, Pe- 
cetes a qui lié santat ! NAV. Santé à qui a 
de l'argent, ai'gent à qui a de la santé. 

PESSETEYA, recevoir, gagner, amas- 
ser de l'argent, petite pièce par petite 
pièce. 



PESSEYA, Pesseja (de pèsse, pièce, 
morceau), couper: Pesseyar arbe a la caus, 
F. B. Couper un arbre au tronc. La feire 
ont pesseyat aura. IB. La hache avec la- 
quelle il aura coupé (le bois). 

PESSIC , PESSIGA ; voy. Pexic, Pe- 
xira. 

PESSOTE (dim. de pèsse, pièce), pe- 
tit morceau qu'on ajuste, petite pièce à 
un liabit. — Pessote de terre, lopin de terre 

— Datz-rne ue pessote. Donnez-moi une 
toute petite pièce de monnaie. — Pessoutete, 
pessoutote, superdim. 

PESSO U, PfssoM, pêne, bout d'une 
pièce de toile ; bouts de fil de la chaîne 
attachés à l'ensuble, lorsque la toile est 
ôtée du métier. 

PET, article composé, par le; voy. Et. 
ère, le la. 

PET, pet : Pet de c. . ! Que-u bouletz 
guha, en ètz bous segu ? prov. Pet de c. ! 
Vous voulez l'attraper, en êtes vous sûr? 
On dirait en fr. avec plus d'honnêteté : 
Vaine promesse ! Elle ne sera pas tenue. — 
Pet de pericle ! Voy. Perigle. — U 2)et de 
crabe au miey deu bosc. prov. Un pet de 
chèvre au milieu du bois. Une chose mé- 
prisable, qui « ne vaut pas le pet d'un 
âne mort. » BESCHERELLii; , Dict. — Quoand 
seré tout de poudre, Nou heré pas u gran 
pet. PROV. Quand il serait tout de poudre, 
il ne ferait pas (en éclatant) une grande 
détonation. Se dit d'un petit homme qui 
fait l'important. 

PÈT, PÈYT (Orthez), Peg, Peig, 
peau : Pèt de crabe, peau de chèvre. Péyt 
de crabot, peau de chevreau. Peigs de bes- 
tiar. p. R. Peaux de bêtes. — U boeu pèyt- 
abastat. sei. Un bœuf gras (« à pleine 
peau »). — Ha-s'en ue pèt, (s'en faire une 
peau), manger à crever. —Habe-n uepèt, 
(en avoir une peau), être plein de vin. — 
Ra courre ne pèt, faire courir une peau. 
C'est quêter dans les villages pour avoir 
tué un loup, ou un renard, ou une fouine, 
<lont on porte la peau au bout d'un bâton. 

— Voy. Loubatè. — Pèt de couhet ! Peau 
du diable ! Qu'ey de la pèt de Mahoumet. Il 
est de la peau du diable. — Voy. Couhet ; 
Malioumet. — Aco hè la pèt a la broyé. PR. 
B . Cela fait la peau (le gratin) à la pâte . 

— Voy. Broge. 

PETA, péter. Petasseya, fréq : Tout 

asou qui pete que-s f...de la carque. pkov. 

Tout âne qui pète se f.. . de la charge. Le 

mot de Mazarin est plus décent: « Ils 

chantent, ils payeront. — Hapetaloufuet. 

! Faire claquer le fouet. — Quoand pete 

I Martii, Tremblatz tau bii. prov. Quand 

I retentit le tonnerre de mars, tremblez pour 



PET 

le vin. « Quand il tonne en mars, le bon- 
homme dit : hélas ! Quand il tonne en 
avril, le bonhomme se réjouit. » l. r. de 

LINCY. 

PETAGNE, Petanhe, engeance. — 
Voy. Petef/ue, Pefrar/ne. 

PETARRAGNÈ, Petarranhe; voy. 
Petragne. 

PETARRAT, masc, pétarade. 

PETARRÈ, tertre pierreux. 

PETARRILHE , éminence de terre 
pierreuse. Las petarrilhes deMontaner. — 
Voy. Montanerés. 

PETARROC ; même signification que 
les deux précédents. 

PETASSE, péteur. — On prétend qu'il 
y avait dans la commune de Lasseube un 
individu qui pouvait, à volonté, d sacrifier 
au dieu Crepitus. )> On l'appelait lou pe- 
lasse de Lasseube. D. b. 

PETASSE YA, Petasseja ; fré q . de 
Peta. 

PETAYRE ; même signification qnc 
Pelasse. 

PÈT-BIRA (peau-tourner), boulever- 
ser: Lou hcnlt].. . tout pèt-birahe. F. Egl. 
Le vent bouleversait tout. — , culbuter. 
faire pirouetter : Qu'où pèt-bire en l'embiant 
dibes baies au frount. lag. 11 le fait pi- 
rouetter en lui envoyant deux balles au 
front. — , fatiguer, harceler, tourmenter. 
— Pèt-bira-s (se tourner la peau), se don- 
ner de la peine, faire de grands efforts : 
Que m'y souy pèl-b'irat, (je m'y suis tourné 
la peau), j'y ai << sué sang et eau. » Fe- 
niant, nou-t pèl-biraras jainey ! Fainéant, 
(tu ne te tourneras jamais la peau), « tu 
ne te fouleras jamais la rate. » 

PÈT-BOURI, échauder; enlever le 
poil avec l'eau bouillante. 

PETCHANÈ (Ossau): même signi- 
fication qne Peladou, Pe/ayre. 

PETCHOU(Pêdehourat, près de Lou- 
vie-Juson), tout petit chevreau. 

PETEGUE, engeance. Pelegue de 
couhet. Engeance du diable. — Voy. Pe- 
tayne. 

'PETE-MILHS fp.Hc-millet). Sobri- 
quet des hal)itants de Serres et d".\nos : 
Pete-milhs de Serres e d'Anos. n. u. Des 
gens sans énergie, des peui'eux 

PÈTERROUS; voy. Pèe-terrous. 

PETIT, petit: A petites oUlhes, petitz 
smlelz. PU. B. (Le pasteur appelle les bre- 
bis en sifflant) ; pour de petites brebis, de 
petits sifflements; au sens de pas de 
grands efforts pour peu de chose. — « A 
petit chien, petit lien.» Ynn-Petit hase bou 
tous, Nou-n hase yoayres. Mes qu'èren 
bous. PEOV. Jean-Petit faisait des boutons ; 



PEU 



15.3 



iln'en faisait pas beaucoup, mais ils étaient 
bons. « Qualité vaut mieux que quantité. » 
Petitin, petitot, ptetitou, dim. : Petitïne, bos 
ayma lou Petitou .* CH. P. Petiote, veux- 
tu aimer le Petiot ? — Petit temps, peu de 
temps : Petit temps sere ab vos autes. H. s. 
Je serai avec vous peu de temps. Un pe- 
tit, un peu : Un petit abant mieyjorn. S.B. 
Un peu avant midi. Bè suau im petit, h. s. 
Va doucement un peu. Per petit, dans 
peu : Si Diu no m'ossa ayda preslat, Per 
petit l'om m'ossa boutât Hens la hosse. 
PS. Si Dieu ne m'eût prêté aide, dans peu 
l'on m'aurait mis dans la fosse. A petitz 
dédies. H. s. A peu de jours, peu de jours 
après . 

PETITIOU. Pétition, pétition. —, 
demande en justice : Responder ad atal in- 
juste e ponderose pétition, arch. Répondre 
à telle injuste et préjudiciable demande. 

PÈT-MUDA, changer de peau, faire 
|iGau neuve: A Sent-Christau, pèt-mude 
loit malau. D. B. A Saint-Christau, on fait 
peau neuve. Les eaux de cette localité 
sont très-efficaces pour la guérison des 
affections cutanées. 

PETOU, mas., mèche de fouet. 

PETOUYÈ, Petuyè,ivsiQ[\\et, petit 
oiseau de la famille des becs-fins. 

PETRAGNE, Petranhe. Petarragne, 
race, engeance, racaille : Gens de méchante 
petragne. F. Egl. Gens de mauvaise race. 
Diu soûl sab d'oun nous bié aquere petar- 
ranhe. SAC. Dieu seul sait d'où nous vient 
cette engeance. — Bade non pot tau petra- 
gne de flou Qu'un cop en medix loc. F. Egl. 
Une fleur de si mauvaise espèce ne peut 
naître qu'une fois en un même lieu. — F. 
écrivait petraigne, comme jadis en fr. 
« campaigue » au lieu de « campagne. » 

PETRILHA, i)étiller, étinceler, bril- 
ler : Estel es jaunes, rouyes, blues, Couvi en 
petrilhe sus las dîtes Aies dou bagabouud 
charmant. N. lab. Des étoiles (des étin- 
celles) jaunes, rouges, bleues, comme il 
en brille sur les deux ailes du charmant 
vagabond. 

PETUYÈ; voy. Pctouyè. 

PEU. au plur. ])eus, article composé, 
par le, [>ar les, pour le, pour les. 

PEU, poil, cheveu; lou peu, les che- 
veux, la chevelure. Prlet, pelin, pelol, 
dim. Pelas, aug. — Peu de crabe, poil de 
chèvre. Peu deu cap, poil de la tête, che- 
veu. Las bronches au peu rotts. PK.Y. Les 
soicières aux cheveux roux. Lou peu lis 
coum l'ausèt. nav. Les cheveux lisses 
tonune (les [)lumcs de) l'oiseau. Tans de 
peus io no-m srey Com offemal io t'ey. P8. 
Je ne me sais pas autant de cheveux que 



154 



PET 



(de fois) je t'ai offensé, (mes iniquités sur- 
passent en nombre les cheveux de ma 
tête) . — Loupeu a la casseroulete. hes che- 
veux taillés ras en rond de casserole. — 
Couplet que chantent les enfants : Char- 
les d'Auture, Qui t'ha coupât lou peu ? 
Quhas la chebelure Coum ue coude de boeu. 
Charles d'Auture, qui t'a taillé les che- 
veux ? Tu as la chevelure comme une 
queue de bœuf. — Bèt cap de peu (belle 
tête de cheveux), belle ohevelnve: Bètcap 
de peu de maynade. Belle chevelure de 
jeune fille. — En peus, en cheveux, qui est 
en cheveux, qui est coiffé en cheveux. — 
Cf. LITTRÉ, D'ict. — Da u tour depeu (don- 
ner un tour de cheveux), secouer vi- 
vement quelqu'un que Ton a pris par les 
cheveux ; u tour de peu sarrat (un tour de 
cheveux serré) ; en fr. « un bon coup de 
peigne », — « une bonne frottée. » On lit 
dans les Lettres du Maréchal bosquet, 
t. m, p. 220 : « Il m'avait recommandé de 
donner aux Russes u tour de peu sarrat.» 
— Peu anherii (poil d'agneau), se dit de 
l'individu qui a les cheveux frisés. — Peu 
de milhoc (poil de maïs), les styles filifor- 
mes qui. réunis à l'extrémité de l'épi de 
maïs, pendent comme une barbe, de cou- 
leur blonde tournant au roux. — Lous de 
Maslac sown de hou peu. D. B. Les (gens) 
de Maslacq sont de bon poil. En fr., l'ex- 
pression « un gaillard qui a du poil » dé- 
signe un homme qui ne craint rien. — Au 
peu ! Au j)eu ! d. b. Aux cheveux ! Aux 
cheveux ! Par ces mots, des boute-feux 
poussent des gens qui se querellent « à se 
donner un coup de peigne. » — A Mor- 
laas, certains jours de marché, des jeunes 
nés filles de la campagne viennent vendre, 
pour quelque argent, leurs belles et lon- 
gues chevelures à des « artistes » qui 
crient : Au peu ! Au peu ! On raconte 
qu'un plaisant de Pau demanda un jour à 
une villageoise de vingt ans: Ounhas lous 
peusf Où as-tu les cheveux. L'effrontée 
répondit avec malice, sans le moindre re- 
gret : Lhèu sus lou cap de hoste daune, 
peut-être sur la tête de votre dame. — 
Pareil commerce se fait à Saint-Hilaire- 
du-Harcouet (Manche) et dans quelques 
localités de la Bretagne, du Maine, de 
l'Anjou et de la Vendée. A. canel. Eis- 
toire de la barbe et des cheveux en Norman- 
die. Jadis, à Rome, les élégantes, pour se 
faire de magnifiques coiffures, achetaient, 
près du temple d'Hercule Musagète, de 
beaux cheveux du blond le plus ardent, 
qui étaient venus des marchés de la Ger- 
manie. — Peu, couleur du poil, en parlant 
des animaux: Rociipeu grisoo. R. Cheval 



PEX 

poil grison. — , espèce : Un crest de peu de 
crabe, arch. b. Un petit de l'espèce ca- 
prine. )> Besliars de toutz peus pastenga- 
beii. IB. Des bêtes de toute espèce pâtu- 
raient (là) . — En parlant des personnes, 
au sens péjoratif: Gens de tout peu. F. 
Egl. Gens de toute sorte, gens de tout 
calibre. — D'un homme d'humeur inégale, 
on dit proverbialement : Qu'ha de tout- 
peus. 11 a des poils de toute sorte. — Nat 
peu,, nullement, pas du tout: N^at enteiiè 
pas nat peu dequet estrem. IB. Il ne l'en- 
tendait nullement de ce côté (« de cette 
oreille », de cette façon). Juste peu, pres- 
que pas du tout : Chens mescla-y juste peu 
de bou graa. ib. Sans y mêler presque pas 
du tout de bon grain. — On dit de l'avare: 
Que haré upeu en quoate cahirous, E que-s 
cauharé dab las estères. PROV. 11 ferait 
quatre chevrons d'un cheveu, et il se chauf- 
ferait avec les copeaux. En fr., « il tondrait 
un œuf. » 

PEU-MUDA, changer de poil, muer. 

Peusant, pesant : Plus p)eusantz son 
los autres engenhs. r. Les autres engins 
sont plus pesants. 

Peuser, peaussier ? : Frances Gendron 
penser, hahitaut a Tarbe. ARCH. François 
Gendron, peaussier ?, habitant à Tarbes. 

Peutre, métal, mélange d'étain et de 
plomb : Très gradeloos de peutre. arch . 
Trois grands plats de métal. — Esn. 
« peltre. » 

PEXADÉ, Pechadé, pacage, lieu où 
les bestiaux pâturent. On ait a,ViS?>i pexede , 
pechedé. 

'P'E'KA'DG'E , Pechadf/e, pâturage. 

PÈXE, Pèche, Pexier, Pache (Bay.;. 
paître, faire paître :Pexetz,pexetz,anh,ero>(s, 
Ptxetz, mas oulhetes. DESP. Paissez, pais- 
sez, agnelets ; paissez, mes « brebiettes.» 
Los herbadgees deu senhor major no poden 
far pexe hestïas en los terradors nobera- 
mentz affiusatz . F. H. Les pasteurs du 
seigneur souverain ne peuvent faire paî- 
tre le bétail sur les terrains récemment 
affiévés. Tout ço qui pex Per bosqs. per 
camps... PS. Tout ce qui paît par les 
bois, par les champs...—, nourrir: Du- 
ran[t] la hami... Ed venga lo pexe eneii- 
rii. IB. Durant la famine, qu'il vienne l'en- 
tretenir et nourrir. L'homi pesant deu paa 
deus anges, ib. L'homme nourri du pain 
des anges. — Que lasp>eix courtes, pr. b. 
11 les paît (il paît les herbes) courtes. S'ap- 
plique à toutindividu dont les affaires vont 
mal, qui est dans la gêne. — Pexe-s, se 
repaître, se nourrir: De lursfrutz los ver- 
7nis se pescoran. PS. Les vers se repurent 
de leurs fruits. 



PEY 

PEXEDÉ, Pechedé, pâturage. 

PEXENGE, Pêcheuse, dépaissance, 
pâturage : Ha apoutya lou pastourot dab 
lou moyram enta la pechense. lett. orth. 
Faire partir le pastoureau avec le bétail 
pour le pâturage. — , nourriture: D'et que 
tirirna pexense. nav. (C'est) de lui que je 
tire ma nourriture, (c'est lui qui me fait 
vivre). 

PEXIC, Pechic, Pessic, action de pin- 
cer, de serrer la superficie de la peau avec 
deux doigts. — , pinçou, marque qui reste 
sur la peau quand on a été pincé. — Tira 
pexic ou pelade, pr. b. Tirer profit d'une 
chose d'une manière ou d'autre. En fr. 
<■( Tirer d'une chose pied ou aile ; en tirer 
aile ou plume. » — Dans le Dict., à la 
suite des œuvres de Goudelin : « Be n'aure 
pic opelado... J'emporterai cuisseou aile.» 
— a J'aurai chair ou peau. » sauvé, Prov. 
de la Basse-Bref. — Les mots pexic oupe- 
lade sont employés dans plusieurs expres- 
sions proverbiales du Béarn : Tourna-s'en 
sens pexic ou pelade, s'en retourner intact. 
Ha pexic ou pelade, faire à quelqu'un mal 
ou autre, (lui prendre de sa peau ou de 
ses cheveux) ; on dit aussi pelât ou pechic. 
PEY. — Pexic est le « pezucs » du IDoiuUz 
proensalz. gup:ssahd, p. 57: « Strictura 
facta cum daobus digitis. » Pelade signi- 
fie littéralement une « pincée » de che- 
veux. — Pexïc-nau! se dit en pinçant quel- 
qu'un vêtu de neuf; c'est le complimenter 
d'une façon « piquante. » — Avec le verbe 
ha, faire, lia au pexic au cm, jouer à colin- 
maillard. 

P E X I G A, Pechica, Pessifja, pincer : 
Quoand droni/ntz, la noeyt, pe hienin pe- 
oica. N. PA?iT. Quand vous dormez, la nuit 
(les sorcières) viennent vous pincer. 

PEXIC ADE,Pec/«cafZe, action de pin- 
cer. — , pinçon. 

PEXICADOU, Pechicadou, qui pince 
trop souvent. 

PEXIGAYRE, Pechicayre; voy. le 
précédent. 

PEYE (Bay.;, pire. 

Peyor, Pieyor, pire, pis. Dans s. B. 
pluus peyor, bien pire. Voy. Maye, que 
l'on employait aussi avec /dus. — Passar 
fùeyor que mort. H. s. Souflfrir pis que 
mort. 

PEYOT : voy. Pèe. 

PÈYRABATE ; voy. Pèyrebate. 

PEYRADE, fém., amas de pierres; 
chemin empierré, chaussée: La peyrade, 
lo cami rielh qui viey de Idroo per anar 
a Morlaas. dict. La chaussée, le vieux 
chemin qui vient d'Idron pour aller à Mor- 
laas. 



PEY 



155 



PEYRADE, fém., abattis de grêle : 
Quoan ahon cessât lo hen[t\ e laspeirades. 
F. Egl. Lorsque eurent cessé le vent et 
la grêle. 

PEYRADGE ; voy. Peyratye. 

PE YR A S, terrain pierreux : Jeta-s 
dens u grahas, credent pausa sounpce sus 
u ferme peyras. mey. (Il s'en va) se jeter 
dans un lieu fangeux, croyant poser son 
pied sur un ferme terrain pierreux. 

PE YRASSE YA, Peyrasse/a, jeter des 
pierres : Lou qui gause Peyrasseya lou, 
moustii qui s'adrouiu. sent. (Tant pis 
pour) celui qui ose jeter des pierres au 
mâtin qui s'endort. 

PEYRASSILH. Peyressilh, persil. 

PEYRASSILHANÈ, Peyressilhane, 
ciguë. 

PE YRASS'UT; même signification que 
le suivant. 

PEYRAT, empierré: Vie peirade. 
DICT. Chemin empierré. Voy. Peyrade, 1. 

— , Subst. ; même signif. que Peyras. 
PEYRATYE, Peyradye, empierre- 
ment. — , quantité de pierres fines : Heri 
lusi coin un peyratye Lou mey fin e lusent 
corsatye. ariel. Je ferais briller comme 
des perles mon fin et luisant corsage. 

PEYRAU; la pêne peyrau, dict., 
montagne, commune de Louvie-Juzon ; 
(marbrière) . 

PÉYRE, pierre. Peyrine, peyrete, pey- 
rote, dim.Peyrasse, aug. Jelan très pèyres. 
Ils jetèrent trois pierres. Tremeto une 
peyre ah lafone. n. s. (David) lança une 
pierre avec la fronde. La tersapeyra. iB.La 
troisième pierre . Pèyre talltade ou de talh 
pierre de taille. Pèyre parade, pierre pa- 
rementée. Lo pontde i^yre d'Ortes. m. b. 
Le pont de pierre d'Orthcz. Peyre de da- 
Ihe. P. R. Pierre de faux (pour aiguiser la 
faux). — En fr. « dalle, pierre dure qui 
sert à aiguiser les faux. » littré, Dict., 
ajoute : « Etym. peut-être r?«*/, faux. » 
Notre locution ^?fyrc de dalhe ([nerre de 
faux) rend impossible le doute exprimé 
par Littré. — Pèyre marme. art. Voy. 
Marnie, marbre.Zrt pèyre de Gan. d. B . La 
pierre de Gan ; voy. Peyrè. Elle fournit 
d'excellents matériaux de construction. — 
Maeste de peyre. art. (Maître de pierre , 
maître maçon. — Pèyre, pierre, perle : 
Coin las dentz de la maynade S'y a pèyres 
ni diamant:. AniEL. Comme les dents do 
la jeune fille, il n'y a i)erlos ni dianiants 

— Las pèyres de Sent- Yan. Les pierres 
de la Saint-Jean. En le hrasc himm très 
pèyres : Le prenièrc countre lou sort, L'aule 
countre le male-mort, Le trrsau countre les 
sourcièyrcs.u SAbLKS, Rev. des Basa -Pyr., 



156 



PEY 



juilletl884. Dans le brasier (du feu de 
joie) mettons trois pierres: l'une contre le 
sort, l'autre contre la male-mort, la troi- 
sième contre les sorcières. — Dans le can- 
ton de Guéret (Creuse), on danse autour 
du feu de joie de la Saint-Jean, en jetant 
aussi des pierres dans le brasier. Mais 
là, c'est dans l'intention de faire venir 
les raves grosses comme ces pierres. D'où 
l'expression « piler les raves » (pila las 
rabas), pour signifier danser. Rev. des l. 
rom., juin 1884, p. 271. — Qui Peyreda- 
nha Ihebara, Cent escutz y trouhara. D.B. 
Qui Peyredagna lèvera, cent écus trou- 
vera dessous. La promesse du dicton n'a 
encouragé personne à tenter de soulever 
une énorme pierre qui servait jadis de li- 
mite à la lande du Pont-Long. C'est un bloc 
de rocher (poudingue) qui se trouve à 
Viellenave (cant. d'ArthezJ depuis le 
bouleversement de la période glaciaire. 
L'imagination populaire explique autre- 
ment la présence de cette pierre en ce 
lieu : le diable la transportait pour la 
construction du pont d'Orthez ; il la laissa 
choir, et une puissance plus forte que la 
sienne l'empêcha de la mouvoir de nou- 
veau. — Pèyre mabedisse n'amasse pas 
mousse . Pierre souvent remuée , de la 
mousse n'est velée (couverte), g.meurier, 
xvie siècle. — Au sujet de ce proverbe, il 
n'est pas sans intérêt de reproduire ici 
l'extrait suivant du Temps, 26 nov. 1882: 
« Un membre éminent de l'Université, M. 
Michel Bréal, nous fait l'honneur de nous 
adresser la lettre suivante : « En lisant 
votre Vie à la campagne, je suis resté 
chagrin de vous voir employer comme tout 
le monde, c'est-à-dire à contre-sens, le 
proverbe : Pierre qui roule n'amasse pas 
de mousse ! Comme agriculteur, je n'au- 
rais pas attendu cela de vous. Le but que 
poursuivent les pierres serait donc d'amas- 
ser de la mousse? Je crois plutôt que, 
pour les gens simples qui ont inventé 
nos proverbes, la mousse c'était l'en- 
nemi ; la pierre qui roule échappe à la 
mousse, reste luisante et polie. L'homme 
qui change souvent de métier, de société 
et de séjour, garde l'esprit alerte et bril- 
lant. Tel est, sauf meilleur avis, le sens 
que je trouve dans ce dicton. » — La leçon 
nous tombait de si haut, le raisonnement 
sur lequel elle s'appuyait nous semblait 
tellement juste, qu'elle nous a rempli de 
chagrin à notre tour et aussi de confu- 
sion. Nous nous sommes endormi avec la 
mauvaise humeur d'un homme qui sent sa 
conscience chargée d'un nouvel « impair.» 
Cependant, il faut bien le lui confesser, 



PEY 

notre contrition et notre honte n'ont pas 
tenu contre les réflexions nocturnes, et 
nous nous sommes éveillé, décidé à te- 
nii-, avec le vidrjum pecus, pour l'inter- 
prétation condamnée du proverbe : Pierre 
qui roule n'amasse pas de mousse ; nous 
allons essayer de lui exposer pourquoi. 
Nous pourrions nous faire un argument 
du verbe amasser, puisqu'on n'amasse gé- 
néralement que ce qui est précieux, ou 
du moins que l'on se propose de conser- 
ver ; mais nous n'ignorons pas qu'il a été 
employé pour ramasser . La Fontaine a 
dit dans sa fable l'Huître et les Plai- 
deurs : «L'un se baissoit déjà pour amas- 
ser la proie ». Nous ne prétendrons donc 
pas que la mousse puisse être considérée 
comme un trésor, même pour un simple 
caillou; mais doit-on davantage voir en 
elle « un ennemi » ? Nous ne le croyons 
pas. Elle est l'inéluctable livrée de lâge 
mûr dans cette fraction du monde mino- 
rai, du roc superbe qui élève ses dente- 
lures au niveau des nuages, comme de 
l'humble gravier caché entre deux touffes 
de gazon : la mousse, c'est la barbe de 
la pierre. Si charmantes que soient les 
joues fraîches et satinées de l'enfant, 
elles n'en aboutiront pas moins au héris- 
sement. 11 y a même parmi nous des avan- 
tageux pour trouver que cette ornemen - 
tation poilue ne leur sied pas mah A dire 
vrai, les rochers nous semblent autre- 
ment autorisés à s'enorgueillir de leur 
parure veloutée de mousse et de lichen : 
ils doivent se croire d'autant moins dé- 
considérés par cet envahissement, que 
les seuls de leur ordre qui en soient 
absolument exempts et restent « luisants 
et polis », ce sont les galets incessam- 
ment roulés de flots en flots, si tourmen- 
tés, que ce fut probablement leur sort 
qui donna lieu à cet autre proverbe : — 
» Malheureux comme les pierres.» — Nous 
comptons surtout sur des raisons d'ordre 
purement moral pour convaincre notre 
bienveillant critique. Il nous semble très- 
improbable que les gens simples qui ont 
inventé les proverbes se soient décidés à 
préconiser les changements de métier, de 
séjour, de société, comme un moyen de 
garder l'esprit alerte et brillant, et cela 
parce que ce moyen était en contradiction 
flagrante avec le trait le plus nettement 
caractérisé du tempérament national d'à - 
lors, l'humeur casanière. Au temps où 
La Bruyère traçait de nos paysans le 
pathétique croquis que vous savez, ils 
puisaient dans leur horreur de l'émi- 
gration la force de soutenir leur mi- 



PEY 

sère. Malgré la bienfaisante révolution 
qui les a mis en possession du sol, tous 
ne sont pas heureux aujourd'hui. Cepen- 
dant vous ne les voyez jamais se mêler 
aux courants qui entraînent tant d'Alle- 
mands, d'Irlandais, d'Italiens, loin de la 
patrie. Offrez au plus pauvre, au plus dé- 
nué d'entre eux, quelques hectares à co- 
loniser en Algérie, une terre française, il 
hésitera. Le paysan français se déplace 
parfois, mais c'est tout; encore a-t-il fallu 
le tout puissant stimulant de la locomo- 
tion facile et à bon marché et l'appât des 
salaires élevés que lui offre l'industrie, 
pour l'éloigner du village, vers lequel son 
âme inquiète revient toujours tant que 
dure son exil. 11 semble que l'ombre du 
clocher natal se prolonge et le suive 
partout où il se décide à camper ; au mi- 
lieu des multitudes dans lesquelles il s'est 
l)erdu, il est un titre qui conquiert spon- 
tanément ses sympathies, j'oserai dire sa 
tendresse au profit du camarade qui l'in- 
voque, ce titre c'est celui de « pays » ; et 
nous ne visons pas seulement les nourri- 
ces, les bonnes d'enfants et les pauvres mi- 
litaires. — Un proverbe est la formule 
parfois originale ou pittoresque de quelque 
vérité banale consacrée par les idées cou- 
rantes, (lertainement la moralité que le 
savant professeur assigne à celui-là est in- 
finiment plus rationnelle, plus saine, plus 
conforme à l'esprit moderne, que le sens 
qui lui a été prêté par le gros du public; 
mais, le dernier n'en traduisant pas moins 
un sentiment populaire fortement accusé, 
à l'époque où il fut mis en circulation, la 
religion du lieu natal, une instinctive ré- 
pugnance à s'en éloigner, il nous paraît 
probable qu'il fut celui qui inspira le dic- 
ton. — L'adorable petit poëme qui a pour 
titre les Deux Pir/eona n'est-il pas la pa- 
l'aphrase et la mise en action de ce dic- 
ton : « Pierre qui roule n'amasse pas de 
mousse » ? g. dk chervillk. — Pèi/re, 
montagne : voy Sent-Martii. 

PÈYRE. grêle: J)epc>/rr e rugle au- 
cigo. PS. (11 tua leur bétail) par la grêle 
et la foudre. Relainbres, pegreet ploya, h. 
s. Eclairs,grêle et pluie. 

PÈYRE, mesure de capacité en ])ier- 
rc : Une conque de froment de la mesure 
de la pei/re deu mostier de Luc. arcii. 
Une conque de froment de la mesure de 
la pierre de l'abbayo do Luc([-do-Héarn. 

— Dans le Rouergue, « peyro », halle 
au blé. VAYSs., Dict. C'était là qu'était la 
mesure de pierre pour la vente du grain. 

— D.-c. « petra, perça, mensura fru- 
mentaria. » 



PEY 



15' 



PEYRÈ, carrier, tailleur de pierres : 
Lous peyrès d'Arros. D. B. Les tailleurs 
de pierres d'Arros. Peyrès de Bosdarros. 
IB. Carriers, tailleurs de pierres de Bos- 
darros. Ces expressions s'expliquent par 
les nombreuses carrières qui sont exploi- 
tées depuis longtemps sur le territoire de 
la commune de Bosdarros et qui fournis- 
sent des matériaux de construction connus 
dans la région de Pau sous le nom àepèyre 
de Gan, pierre de Gan. Les principales ex- 
ploitations de Bosdarros sont situées ù 
deux kil. environ au sud-sud-ouest du vil- 
lage, sur le versant occidental d'un coteau 
qui domine à l'est la rivière du Néez et la 
route de Pau à hlaux-Bonnes. De grandes 
carrières, où il y a des malériaux tout à 
fait semblables, se trouvent plus à l'est, 
dans la petite vallée du Gest, à quelque 
distance au nord de la route de Nay à 
Rébénac et très-prés de la limite de Bos- 
darros et d'Arros. Ces carrières sont ou- 
vertes dans une bande de terrain de craie 
(craie supérieure), dirigée de l'està l'ouest 
etqui se développe sur près de six kil. 
de longueur dans le territoire de Bosdar- 
ros, au sud du village, les cari'ières pré- 
cédemment indiquées occupant les em- 
placements extrêmes dans les terrains de 
cette commune. — A l'ouest de Bosdarros. 
cette bande crayeuse se poursuit au sud de 
Gan et se dirige en ligne droite sur Las- 
seube, où elle forme l'éminence connue 
sous le nom de Coste-hlanque (voy. ce 
mot) ; elle continue sur Estialescq et dans 
la petite vallée de l'.Auronce. Sur tout ce 
parcours, de nombreuses carrières sont 
ouvertes, et la qualification donnée aux 
habitants de Bosdairos, peyrès de Bosdar- 
ros, \)onvvâ\té£!:a\ement s' Si\)\)\i(iuevkgvnnd 
nombre d'autres localités ; mais, dans 
cette zone, Bosdarros est véritablement 
le point central de l'exploitation de ces 
carrières, ce qui peut exjjliquer la déno- 
mination fournie par le dicton. — (Nous 
devons les renseignements (jui précèdent 
à l'obligeanco de M. Genreau, ingénieur 
des iiiiiK's. ) 

PÉYREJA: voy. Pèyreya. 

Peyrer, maçon: G -Arnaut de Sacase 
es peynr a Montaner. R. G. -Arnaud de 
Sacase est maçon à Montaner. Dans le 
même texte, ce même G. -Arnaud do Sacase 
est ainsi désigné : A Montaner inassoer. 
maçou à Montaner. Massoer et peyrer oui 
donc une signification complètement iden- 
tique. 

PÈYREBATE. Pèyrahale. fra|>perde 
la grêle: Vriigo Icrs vigiia^ jwyrahate. rs. 
11 vint frapper de la grêle leurs vignes. 



158 



PEY 



— griler: Qui escoute perigla, beyra lèu 
jïiyreb te. Prov. Qai entend tonner, verra 
vigrèler. 

PÈYREDANHA; voy. Pèyre, 1. 
PÉYRE-GERBUDE ; voy. Herbut. 
PÈYRE-LAUDÈRE,nom d'un « va- 
cant », terre vague (communes de la Bas- 
tide-VilIefranche et de Came): L'herm de 
Peyre-laudere. dict. — Cf D.-c. « lausa, 
lapidis species. . . » 

PÈYRE-MOURTE (pierre morte), 
molasse, composée de grains de quartz et 
d'une petite proportion de calcaire, d'ar- 
gile et de mica. 

PÈYRERE, carrière d'où l'on tire la 
; lierre: La peyre de la p>eyrere de Caste- 
tarhe. ART. La pierre (extraite) delà car- 
rière de Castetarbe. 

PÈYRERIE, maçonnage : Lo ensen- \ 
har de son offici de peyrerie. ARCH. Lui 
apprendre son métier de maçon. Le maî- 
tre maçon était le laaeste de peyre ou le 
pcyrer. 

PÉYRETE (dim. de pèyre, pierre), 
petite pierre : Qui yetepèyretes, Yete amou- 
retes. pr. b. Qui lance de petites pierres, 
lance des amourettes (fait l'amour). Se dit | 
au sujet des agaceries que se font les j 
amants. — c Malo me Galatfea petit. » 
VIRGILE. — « Tantôt ils s'entrejetoient des 
pommes. » Longus, Daphnis et Chloé. — 
Cat. « Qui tira pedretas,Tira amoretas. » 
— Pèyretes avec le verbe ha, faire ; ha a 
las pèyretes, jouer aux petites pierres : 
c'est le jeu où de petites pierres tiennent 
lieu d'osselets ; jouer aux osselets. 

PÈYRE YA, Pèyreja, jeter des pier- 
res, au sens du proverbe : Qui pèyreye, 
Amoureye.Voy. le précédent. On dit aussi 
pèyrouteya, pèyrouteja, jeter des petites 
pierres : Qui j)èyrouteye, Amoureye. 

PÈ YRIE : il y a dans la commune 
d'Asson une montagne que l'on appelle la 
Peyrie. dict. Montagne et carrière de 
marbre. 

PEYRIGORD (Périgord) ; NAv. trai- 
tait de peyrirjords les électeurs gloutons, 
lous electous hartanès, ceux qui ne peu- 
vent jamais être assez gorgés des faveurs 
que font obtenir les députés qu'ils ont 
élus. 

PÈYRIIS, masc. plur.; Ha aus pèy- 
riis ; voy. ha a las pèyretes, au mot Pèy- 
rete. 

PÈYRINE (dira, de pèyre, pierre), 
perle, pierre précieuse. | 

PE YROT, Pierrot : Peyrot, bos couse? 
Pierrot, veux-tu coudre ? Locution em- 
ployée fort diversement. iVoM sa}) pas dise 
« Peyrot, bos couse ? Il ne sait pas dire : 



PIA 

Pierrot.veux-tu coudre? Il ne sait rien dire. 
Noum'hanpas dit » Peyrot, bos couse? » 
On ne m'a pas dit: Pierrot veux-tu 
coudre? signifie, selon les circonstan- 
ces, on ne m'a rien dit; j'ai été mal 
accueilli ; on ne m'a rien offert. — U 
Peyrot, un niais, « un pas grand chose.» 
Toustemps y-ey Peyrot ta Moundine. prov. 
Toujours il y a Pierrot pour Mondine. — 
« Il n'y a pas si méchant pot qui ne trouve 
son couvercle.» l.-r. de lincy. — « Cou- 
vercle digne du chauldron. » Rabelais. 
PEYROT-LÈRI ; voy. Lèri. 
PEYROU, oiseau gros-bec, de pas- 
sage en même temps que les alouettes. 
PEYROÙ. panier, corbeille. 
P È Y R O U S, Peyroos, pierreux : 
Coste pèyrouse, côte pierreuse. — , empierré: 
Hostau scituat en la carrer epeyrose. arch. 
Maison située sur le chemin empierré. — 
Coste pèyrouse, côte pierreuse, s'emploie 
au fig. pour signifier difficulté, obstacle: 
Habé coste pèyrouse dab... Avoir maille à 
partir avec... 

PÈYROUTEYA, Pèyrouteja (depry- 
rote, dim. de pèyre, pierre); voy. Pèyreya. 
PÊYRUT; même signification que 
Pèyrous. Se dit particulièrement de ce qui 
est de la nature de la pierre. 
PÈYS ; voy. Pays, pays. 
PÈYT; même signif. que Pèt. 
PÉYT-ABASTÂT(Orthez), « à pleine 
peau. » — Voy. Pèt. 

PEYTADES, traces de pieds. 
PEYTCHOU, masc, poitrine. — bayn. 
« peich. » 

PEYTI-S, se repentir: Lous mes pe- 
catz que-m despladzen...; m'en peytexi e 
m'en peytirèy tant qui bibiey. IM. Mes pé- 
chés me déplaisent ; je m'en repens et 
m'en repentirai tant que je vivrai. — Voy. 
Pendi-s. 

PEZADURE, empreinte de pied : Vin 
aqueres pezadures. H. s. Ils virent ces em- 
preintes de pieds (ces traces de pas sur 
la cendre). 

PIBA (Bay.), monter, grimper. 
PIALA Piela, Pialar, Pielar, piler, 
broyer, écraser; Piala pebe, piler du poi- 
vre. Agatz un ardit o dus de pebe e lo pie- 
latz. ARCH. Ayez un liard ou deux de poi- 
vre et pilez-le. Pialar la poma. ib. Broyer 
la pomme. — Voy. Poume. 

'PIA'LAA,Pielaa,'Pia.lSir,Pielar,\n\ïer, 
pile de pont, colonne : Lo pialar debaig 
lo 2>ont deu Guabe. ART, La pile sous le 
pont du Gave. Pielars de peyre de talh.iw. 
Des piliers de pierre de taille. Pielaas, 
dans le même texte. Etz pialars de Biele. 
D. B. Les colonnes de Bielle. Il y a dans 



PIA 

l'église de cette commune quatre colonnes 
remarquables par la qualité du marbre et 
par leur antiquité. On croit avec raison 
qu'elles avaient appartenu d'abord à une 
construction romaine élevée en ce lieu, qui 
fut une villa, comme l'indiquent son nom 
de Bielle et les mosaïques qu'on y a dé- 
couvertes en 1842. (cii. LKcœUR, Mosaï- 
ques de Bielle.) On raconte aussi que ces 
colonnes avaient été l'objet de la convoi- 
tise d'Henri iv. Il les aurait demandées 
aux jurats d'Ossau, pour les faire trans- 
porter à Paris, où elles devaient être em- 
ployées à la décoration d'un monument. 
Les Ossalois ne sont point donneurs; c'est 
peut-être leur unique défaut; mais ils ont 
l'art béarnais d'être courtois dans leurs 
refus. Ils répondirent au l'oi : Vostres son 
nostes coos, mey per sa qui es cTaquetz pia- 
lars, son de Dm; dab et que p-at heyatz. 
Nos coeurs sont à vous ; mais pour ce qui 
est de ces colonnes, elles appartiennent à 
Dieu; avec lui voyez cela (arrangez-vous 
avec lui). L'église où se trouvent ces co- 
lonnes est du xvi'= siècle. Entre l'épo- 
que romaine, d'où elles datent, et celle 
qui a vu s'élever l'église actuelle, elles ont 
fait partie d'un édifice religieux où l'on 
venait en pèlerinage pour vénérer, des re- 
liques sacrées, la mémoire de quebpie 
saint. C'est ce qu'attestent de nombreuses 
inscriptions qu'elles portent et qui remon- 
tent aux ix» et x« siècles. Voy. Mémoire 
sur les inscrip. r/e.s- colonnes de l'église deBiel- 
le, par Paul Raymond, t. xxxv desMémoi- 
res de la Soc. nation, des Antiquaires de 
France. 

PIALADE, Pielade. action de piler, 
de broyer; quantité pilée, broyée, écrasée 
en une fois dans un mortiei-, dans un 
pressoii'. 

PIALADOTJ. Pirladou, pileur. 

PIALAT, Pielaf, masc, pile, tas, 
amas de choses placées les unes sur les 
autres. Pialot,pielot. pialou, pielou, dim. 
Pialoutet, pielouitt, pi(doutin, pieloutin, 
pialoutou, pieloutou. supcrdim. Hahetz 
histpratz A petitz pieloutetz terrais? n. 
LAB. Avez-vous vu des prés couverts de 
tout petits tas de terre (des prés couverts 
de taupinées) ? 

PIAL.HE (Mont), nom de brebis; elle 
est de toison nuiie ou grise, avec des an- 
neaux blancs aux janibos. c. 

PIALOT, PIALOU, petit tas; voy. 
Pialat. 

PIALO"D, PIALO, pilon: Ung mortcr 
ahsonpialo de metau. aRCH. Un mortier 
avec son pilon de métal. 

PIANCHE, fém., mauvais vin; on dit 



PIC 



159 



aussi jpmnc^e de bit. — Pianche de fruiit. 
Mauvais fruits. 

PIANCHE, Pitance, choses à manger; 
pitance: Sies acimatiè, j'hauram bonne 
pnanche. N. past. Sois ici matinal (de bon 
matin), nous aurons bonne mangeaille. 
Fen pitansse aus Frays, e losfo douât une 
conque de paa, un pipot de vil, un carter 
de boeu e dus motoos. H. A. On fit (on dis- 
tribua) la pitance aux Frères (-Prêcheurs 
d'Orthez), et il leur fut donné une conque 
de pain, un baril de vin, un quartier de 
bœuf et deux moutons. 

PIARROT ("Vic-Bilh), un insouciant, 
un fainéant. 

PIATAT; voy. Ptetof. . 

PIAULA (Bay.); même signification 
que P'iula. 

Piaytadoos : voy. Pïetadous. 

PIBOÉSE, femme leste en propos et 
en actions, une grivoise. 

PIBOET, (( piot », vin : N'èy pas en- 
coère espudit lou boufrico ni lou bou pi- 
boet. LETT. ORTH. Je n'ai pas encore en 
dégoût le bon fricot ni le bon vin. — « Pi- 
vois ou Pive,vin, dans l'argot des voleurs, 
qui l'appellent ainsi peut-être parce qu'il 
est rouge comme une pivoine, ou parce 
qu'il est poirré comme l'eau-de-vie qu'ils 
boivent dans leurs cabarets infects. Eu 
tout cas, avant de leur appartenir, ce 
mot a appartenu au peuple, qui le ré- 
clamera un de ces jours. » A. delvau. 
Lang. verte. 'i'iotve piboet n'est pas de l'ar- 
gotdes voleurs; s'il l'eût connu. M. Delvan 
n'aurait rappelé ni \ci jvvoiue, ni le piment. 
— Languedocien, «pibouès», terme d'ar- 
got, du plot, ou du vin. Dict. l. d. s. 

PIC, pointe de montagne, montagne 
très-élevée, isolée. Lou j^ic d'Ossau. La 
plus haute montagne d'Ossau, nommée le 
« Pic de Midi. » — Pour désigner un 
individu de haute stature et de formes 
athlétiques, on dit proverbialement : lou 
pic d'Ossau. D. B. — Au picdeiicoustalat. 
au point le plus élevé, au sommet du co- 
teau. 

PIC, pic, lùoche, instrument de fer pour 
extraire, pour casser des pierres, pour dé- 
molir, pour creuser la terre: Picz etmartetz. 
I. G. Pics et marteaux (de mineur). Piczasse- 
ratz {pirxs acerati) prr darigar peyre. R. 
Pics acérés pour arracher les pierres. — 
Lou pic d'Arbu.'i, I^ qu'en aprigue dus. V. 
lî. Le coup de pioche d'.\rbus, un en cou- 
vre deux. S'apjdique aux mauvais ou- 
vriers des cham[is ; cela veut dire qu'ils ne 
font que le tiers du travail nécessaire et 
convenu. Laissant entre chaque coup de 
pioche un espace sur lequel ils auraient 



160 



PIC 



PIC 



dû en donner deux, ils éteudent la terre 
remuée sur la partie intacte et dissimulent 
ainsi la malfaçon. Le travail est encore 
plus mal fait, lorsqu'on dit : Lou pic d'Ar- 
thez, U qu'en aprigue très. IB. Le coup de 
pioche d'Arthez, un en couvre trois. — , 
piqûre, coup de pointe, coup de bec, en 
taille, coupure : Lo balhan dus grans picxs 
en sas maas. bar. Ils lui donnèrent deux 
grands coups de pointe aux mains. Du^i 
liasaas qu'èren fort amicxs ; Ue poule ar- 
r'iha. . . . , que hen ans picxs. H. Deux coqs 
étaient fort amis ; une poule arriva. , . ., 
ils firent aux coups de bec. Pic destrau 
(pic de destrau) entaille de hache. — A 
rade pic l'estère. pr. b. A chaque entaille 
le copeau. On n'y va pas de main morte ; 
chaque coup produit son effet. Se dit aussi 
du railleur méchant, de colui qu'on appelle 
« un emporte-pièce. » — Avec le verbe 
da-s, se donner: Das u pïc a la lengue.Se 
mordre la langue. — Nliabé pic ni pelade . 
n'avoir piqûre, entaille, ni cheveux arra- 
chés; n'avoir aucun mal, rien pas même une 
égratignure. A Saubalade, Qu'kan tous- 
temps pic epielade. d.b. On avait « bec et 
ongles » à Sauvelade, et l'on en usait trop 
souvent.Ceux qui allaient dans ce village, 
n'en revenaient pas intacts; ils y laissaient 
toujours quelque peu de leur peau et de 
leurs cheveux. — Betèt tau pic. Veau pour 
la boucherie. 

PIC, battement de cloche: Au pic de 
mijour (vers Peyrehorade ). Au coup de 
midi, à midi précis. — Voy. Arrepic, 
Repic. 

PIC, pic, oiseau ; voy. Picaraiih. 

PIC, âcreté. Sahe au pic, avoir une sa- 
veur acre. On dit en français du vin 
([ui affecte le goût d'une manière dé- 
sagréable « qu'il commence à piquer. » 
— Au fig., sahe au pïc se dit de ce qui 
cause une peine vive, un amer regret. 
Que p'en s'abera au pic. H vous en cuira. 

PIC, apocope de Picalhou ; voy. ce 
mot. 

PIC, pie, blanc et noir : ^ i?ocn ^w'c . R. 
Cheval pie. 

PICA, Picar, piquer ; blesser avec une 
arme aiguë ou tranchante. Jlale esp'me 
te pique! PR. B. Imprécation : Mauvaise 
épine te pique ! Lo pican en sas cames 
e bras. bar. Ils le blessèrent aux jambes 
et aux bras. — , couper du bois : Picar 
una legna grossa. PS. Couper une grosse 
bûche. Picar atrocement . . . per far secar 
catfso, tausin,fage. coût. s. Couper (entail- 
ler) par méchanceté pour faire sécher 
chéne^ taussin, hêtre. — Pica lou pèe, tail- 
ler le marc de raisin pour le presser. — 



Pica las carns, dépecer les viandes pour 
la vente: No podos. . . picar ni bener de 
las carns. ARCH. Qu'il ne pût tenir bou- 
cherie. 

PICADÉ, tranchoir, hachoir, billot, 
plateau de bois, dans les boucheries et les 
cuisines, pour trancher, hacher les vian- 
des. 

PICADOU, Picador, qui coupe le 
bois: Los picadors qui fasen los paus. 
ARCH. Les ouvriers qui faisaient les pieux 

PICAHOiJ! La veille de Noël, à Orthez, 
les enfants vont par les rues, criant : Pi- 
cahoil! Hoû! Hoû! d. b. Ils s'arrêtent 
particulièrement devant les maisons où 
ils savent qu'il y a des nouveau-nés. 
Comme aux petits coureurs d'Oloron (voy. 
Ahum.'Ahum!), on jette à ceux d'Orthez 
des pommes, des châtaignes et des noix. 
Vers la Chalosse, les enfants crient : Pi- 
hoil! Hou! Hoii! Pique palhe, pique-heyn! 
Las iroles que hèn beijnf « Pique-paille ! 
Pique-foin ! Les châtaignes rôties font du 
bien ! — Ha incahoii de. . . faire échange 
de, se donner mutuellement des choses, 
« en veux-tu ? en voilà » : Que hèn au pi- 
cahoU de las toucades de maa. lett orth. 
Ils se touchent la main (ils se donnent 
des poignées de main), « en veux-tu ? en 
voilà. » 

PICALiHE, monnaie; voy. le suivant. 

PICALHOU, billon, monnaie: N'èy 
pas u picalhou, on pas upic. Je n'ai pas le 
sou. — Quhapïcalhous. Il a de l'argent. 

— <( Picaillons, pièces de monnaie, dans 
l'argot des faubouriens. «a. delvau, Z/aw(7 . 
vertfi . 

PICAPOUT; voy. Piquepout. 

PICARANH, pivert : Magre coum u 
picaranh. PROV. Maigre comme un pivert. 

PICARDAA, variété de cépage, rai- 
sin blanc. 

PICARRE , pic, pointe de montagne, 
pointe de haut coteau. Picarrete, dim. 

PICAT (Orthez), taillis où l'on fait une 
coupe. 

PICATE (Biarritz), fém., poisson de 
passage (septembre), sorte de «louvine», 
marqué de points noirs. 

PIC-COURNALHÈ (Ossau), pivert. 

— En fr. « pigrolier», nom vulgaire du 
pivert. 

PIC-DE-NÈU, grimpereau des ro- 
chers; se trouve dans nos montagnes dès 
le mois de septembre. « Pic de la nèu, pic 
de la neige, trichodrome Echelette. » 
c*'^ R. DE bouille, Guide Jam. 

PIC-ESCOURCÈ, Pique-cour ce, pi- 
vert, c. 

PIC HA, PICHADE: voy, Pixa, 
Pixade. 



PIE 

PICHADÉ; voy. Pixadé. 
Picharrè; même signification que Pi- 
chswc 

FICHAT, PICHAYRE; voy. P'ixat, 

Pixayre . 

FICHÉ, Ficher, cpicher, pichet», vase 
pour le vin ; il ctait de terre ou de métal : 
A besonh xx peijuas, cent fiches gros de 
terre, une carque de gobeletz de heyre. H. A. Il 
y a besoin (il faut) vingt cruches, cent gros 
f( pichets » de terre, une charge de gobe- 
lets de verre. Un jticher d'estanh. akch . 
Un « pichet -> d'étain. — Dans un texte j 
de 164 1 , 2Jicher de gre'ix, une jarre (pleine) 
de graisse. — Aujourd'hui on appelle bou- 
telhe de pichè la bouteille qui contient 
deux litres de vin. U pichè de bit, deux li- 
tres de vin. — Voy. Pityè. 

FICHE-BERNAT: voy. Pixe-Bernat 
FICHE-COURDETES; même signi- 
fication que Pixe-courdetes. 

FICHÉRRE (vers 1" Armagnac), bou- 
teille de la contenance de deux litres. — 
Voy. Pityèrre. 

FICHERRE, Ficharrè, fabricnut, 
vendeur de « pichcis > dkn. 

FICHOURLA, PICHOURLÉ; voy. 
Pixourla, Pixourlè. 
FICHS; voy. Pixs. 
FICOT, mâsc, perche à croc de bois 
ou de fer dont on se sert pour arracher de 
la paille àupalhè (voy. ce mot). On l'np- 
pelle aussi picou. 

FICOLE, d'où Piole; voy. ce mot. 
FICOTE; même signification que Pi- 
gote. 

PICOTZ; quatre morceaux de bois 
réunis deux à deux par des traverses. 
FICOU; vov. PUot. 
FICOURA, picorer.—, piller : Moun- 
tanhardz qui descendèn j>\coura lax pbuief. 
liOR. Des montagnards qui descendaient, 
(qui allaient) piller les plaines. 
FIE, pomme de pin. 
Fie, de charité: Jlospitause autres locs 
p\es e religioux. s. J. Les hôpitaux et au- 
tres maisons de chanté et religieuses. 

PIÈ, pin: U betpiè reaounr . . . Quound 
dequauque gran beiit aoun hoelhatye ey ba- 
tut. CAZAUX. Un beau pin résonne... 
quand de quelque grand vent son feuillage 
est battu. — Voy. PU. 

FIEL. A, PIELAA; voy . Piahi , 
Pielan . 

FIELADE , FIELADOU , même si- 
gnification que Piabitlr, PiaUidou. 
FIEL AT ; voy. Pialat. 
FIÈLE, pile, amas de choses placées 
les unes sur les autres. ..-1 pivles, en tas — . 
en très-grand nombre : Lou mounde à piè- 



PIO 



161 



les que's piasseyaben. . . lktt. orth. Les 
gens en très-grand nombre se promenaient. 

— Pielote, dim. — Voy. Pialot. 
FIENT A, Pentia, Fentiar, peigner. 

Pentiar lana. arch. Peigner de la laine. 
Dues Hures de Vn jjentiat. arch. m. Deux 
livres de lin peigné. On dit aussi pendia . 

— Couplet de noce : Sourtitz, sourtitz, lous 
aJiumatz ! Assi que soun lous plaa pen- 
tiatz! F. R. Sortez, sortez, les enfumés! Ici 
sont (voici venir) les bien peignés ! 

FIENTI, Pinti, peigne. Obrar de pien- 
ti, fabriquer des peignes : Abe compan- 
hoos qui obraben de pienti. bar. U avait 
des compagnons (des ouvriers) qui fabri- 
quaient des ^teignes.Un pinti de fer. ARCH. 
Un peigne de fer. — , rayon de miel: La 
meu doox Qui deus pientis goteia. PS. Le 
doux miel qui distille des rayons. 

FIETADOU, Pieytculou, fém. pieta- 
doure, i)ieytadoure, compatissant: Qu'es 
riche, mes nou pieytadoure. N. lab. Tu es 
riche, mais non compatissante. 

FIETADOUS. Fieytadoos, porté à 
la pitié, miséricordieux, compatissant: 
Sies aumens pietadouse Peru de lantd'ay- 
madous. NAV. Sois au moins compatissante 
pour l'un de tantqui t'aiment. — Obres pie- 
tedoses. bay. Des œuvres pies. — Locs 
piaytadoos. arch. Des lieux hospitaliers 
(des maisons hospitalières). — Pietadous 
de Sent-Abit. D. B. Les gens de la com- 
mune de Saint-.\bit. Ils sont les visiteurs 
habituels de la chapelle de Pietat ; voy. 
ce mot. — Marthe la pietadouse, qui gaspe 
lou mcuaus malaus, pr. h. Marthe la com- 
patissante, qui rafle le miel aux malades. 
La pitié qui n'est (ju'à demi chaiitable. 

FIETADOUSAMENT, Pieytadou- 
sament. avec pitié, avec compassion. 

FIETAT, Pieytat, Piatat, pitié: Qu'en 
èy pieytat, que soun petit::. N. lab. Ils sont 
petits, j'en ai pitié. Per pietat. . . loquita 
e relaxa, enq. Par pitié il l'acquitta et re- 
laxa. Aias (ayas) en ta .soMrf/(«H.«a tas 
î pietatz. p. .s. Souviens-toi de tes com- 
I passions. Qui pietat ha, Pietat trouba- 
! ?•«. l'ROV. Qui a pitié, trouvera pitié. — 
Que nou-n ha. a Pietat, Que lou qui .s-V» 
I yha pourtat. n. B. A Pietat, on n'a que 
ce que l'on y a porté. Pietat, Pitié, est 
j une chapelle sur les hauteurs de P.ir- 
dies dédiée à Notre-Dame. On s'y rend on 
I dévotion, particulièrement le dimanche de 
la Trinité. Le dicton signifie que, dans 
les premiers temps du pèlerinage, sur le 
' plateau élevé où est << IMetat », loin de 
! toute habitation, l'on ne trouvait de provi- 
sions (pie celles (pi'on y apportait. 
PIETEDOUS ; voy. Piekidous. 



162 



PIG 



PIG 



Pieyor ; voy. Peyor. 

PIEYTADOU, Pïeytaâoos; voy . Pïc- 
tadou, Pietadous. 

PIEYTAT ;raême signif. que Pietat. 

PIEYTZ (Montaut), Pieys, poitrine : 
Plague leyau au hente bag lo pieys. ARCH. 
Plaie majeure au ventre au bas de la poi- 
trine. Quant vin los m'iragles, tornan s'en 

lors pieys. H. s. Quand ils virent 

ces miracles, ils s'en retournèrent, (frap- 
pant) leurs poitrines. — rayn. « peich. » 

PIEYTURAU; même signification 
que Piturau, Piterau. 

PIFRE, fifre: Pïphres e hautsboys. 
F. Egl. Fifres et hautbois. Pi/Vei, maso. , 
pifrete, iém., dim. 

PIGALH, masc, PIGALHE, fém. , 
moucheture. 

PIGALHA, moucheter, marqueter. — 
Lotis pigalhntz. pey. Les chiens de chasse. 

PIGALHE: voy. Pigalh. 

PIGALHOUS, "tacheté, vergeté. 

PIGALIÈ ; terme usité pour désigner 
un vaurien. 

PIGASSÈ, qui chasse les pies ; sobri- 
quet des gens du village de Bournos : 
Pigassèsde Bournos. d.b. Les pics infes- 
tent leurs champs. 

PIGAT, petit de la pie. — ,un mauvais 
sujet. Au fém. pigate, fille ou femme mé- 
prisable. 

PIGATE ; voy. le précédent. 

PIGATE, petite meule de foin dans 
les prés. — Voy. Apigata. 

PIGNADAA, bois de pins, lieu planté 
de pins : Buglose. . . enter louspignadaas. 
V. BAT. Buglose (diocèse d'Aire; au milieu 
de bois de pins. 

PIGNE, pignon, amande de la pomme 
de pin. 

PIGOT, bouton de variole. — , variole 
de la pire espèce. 

PIGOTE, Picote, variole. — On lit 
dans MARCA, Hist. de Béarn, p. 282, que 
Guilhem de Salies ri058) « mourut de la 
lèpre, appelée communément piccoie, dit 
l'original. » — Pigote bourde (voy. Bore, 
Bourde), varicelle. — Pigote, clavelée. 

PIGOU; dans nos montagnes, les ber- 
gers ont pour la garde des troupeaux des 
chiens de haute taille, blancs, tachetés 
de noir ou de fauve, qui sont presque tous 
appelés Pigou (de pigue, pie). Fidèl Pi- 
gou. tu qui has audit So qui tant de cops 
Tn'habè dit. DESP. Fidèle « Pigou », toi qui 
as entendu ce que (mon berger) tant de 
fois m'avait dit. — Qui bié anùgalha-s 
et Pigou, Qu'eyu layrou. gram. Qui vient 
so faire ami (caresser) le « Pigou » est 
uu larron. Dans ce proverbe de la mon- 



tagne, il s'agit du ravisseur qui vise la 
bergère plutôt par la brebis. — A tu, Pi- 
gou ! D.B A toi «Pigou! » A ce cri répété 
par le pasteur, le chien s'élance, intrépide, 
terrible, contre le loup et contre l'ours. 

— De même, dans la langue des disci- 
ples français de Saint-Hubert, on excite 
les chiens courants à la chasse du loup 
en criant : « Harlou, mes bauds ! — Le 
livre d"un prince béarnais, la Citasse de 
Gaston-Phœbus, nous a transmis les cris 
cynégétiques du xiv« siècle : — « Sa sa ! 
Tahou, tahou ! — Hou, hou ! Fy, fy ! A 
la hard, a la hard ! — Houhou ! Fihou ! » 

— M. Cénac-Moncaut, Littérature p>opu- 
laire de la Gascogne .... et du Béarn, a 
publié un « chant » qu'il a prétendu être 
« le type du rondeau ou saut béarnais, » 
H n'en est ici question que parce que mis- 
tral, Dict., indiquant ce « chant » comme 
une chanson populaire en Béarn, en a cité 
ces vers : U gentilhetpastou S'en ba ta la 
mountagne Dab sounjidèl Pigou. Un gen- 
til pasteur s'en va sur la montagne avec 
son fidèle « Pigou. » (M. Cénac-Moncaut 
a fait de Pigou, le chien du berger, un 
« pigeon ! >>) Cette chanson n'a jamais 
existé en Béarn ; l'auteur du livre intitulé 
Littér .pop. de la Gascogne, etc., avait eu la 
naïveté de croire qu'elle avait été « trou- 
vée dans les Archives de Morlaas. » L'er- 
reur de M. Cénac-Moncaut fut signalée en 
1868 : Chansons de X. Navarrot, publiées 
parV. Lespy ; iVo/e, p. 266-71. 

PIGOUTOUS, marqué de la petite 
vérole. 

PIGUE, pie : Goulude e friponne de 
pigue, Tout lou mounde que t'ahurgueix. y. 
LAB. Goulue et friponne de pie, tout le 
monde te poursuit, te chasse. — Las joi- 
gnes non s'y estanguen pas. PROV. Les pies 
ne s'y arrêtent pas. Des terres si pauvres 
que le vivre y manquerait même aux pies. 

— <(0ù il n'y a rien, personne n'y demeure.» 
PROV. fribourgeois, dans Romania, vi, 
p. 83 et 110. — D"un terrain malsain, les 
Arabes disent en proverbe (p. de castel- 
LANE, Souv. de la vie milit. en Afrique) : 
« Les corneilles elles-mêmes n'y peuvent 
vivre. » — Ni pigue, ni ausèt. — Voy. 
Pei.r. poisson. 

PIGUE-MARTE, espèce de pie-griè- 
che, écorcheur. 

PIGUET-BRAQUET: dénomination 
peu flatteuse, usitée à Oloron, pour dési- 
gner les Espagnols. Piguet serait-il une 
variante àe pigat ; voy. ce mot. Peut-être 
y a-t-il dans Braquet quelque chose au 
sens du mot fr. « braque », appliqué à un 
homme qui court de côté et d'autre comme 
un chien de chasse. 



PIM 

PIGUETE, nom de chienne (femello 
de] Pigou, chien de berger) : Pïguete, a 
l'erttertant, que layre.GAS. « Piguette », en 
attendant, aboie. 

PIGUETE- DE - MAR {Ptcjuete-de- 
iiia\, fém., vanneau. 

PlHOUR, épieu. 

PII, pin : Que-m couchi de coustume sus 
l'abet ou lou p'ti. F. lab. Je me couche 
d'ordinaire sur le sapin ou le pin. — Voy. 
Piè. 

PILAGÀLIÈ; s'emploie au même 
sens que Pir/aliè. 

PILHADOU, Pilhador, pillard. Pi- 
Ihedor, dans bar. 

PILHARIE, pillerie. 

PILHATORI, masc, pillerie : Suf- 
fertar los 2>ilfi((toris, raubatoris, murtre». 
ARCH.M. Subir les piileries, rapines, meui- 
tros. — , se dit d'un lieu où Ton pille. — 
Vov. Panatori. 

PILHE-L'ARDIT (pille-le-liard), vo- 
leur, détrou.sseur: Coum Icus pilhe-l'ardlt 
Qui tiren tout d'abord lur espade. cav. 
Comme les détrousseurs qui tirent tout 
d"abord leur épée... — A pilhe-l'ardit, 
dans un lieu où l'on détrousse. 

PILHOURT (Ossau), dégoûtant. 

PILLE, pile, revers de monnaie: Croutz 
oit pilles. (Croix ou pile), pile ou face. — 
N' ha pas la pille. 11 n"a pas le sou. Hahé 
pilles. Avoir de l'argent. — Bira de pilles, 
lenverser. Cude de jiille ou de pilles, tom- 
ber à la renverse : De pille a l'eudurré 
tem he cade estenut. v. Past. A la renverse 
il te me fit tomber (il me fit tomber) tout 
étendu. 

PILLE ; avec les verbes da, donner, 
recebe, recevoir : Da ue 2'^^, recebe ue 
pille^ « donner, recevoir une pile », bat- 
tre, être battu. 

PILLORET, pilori : Bebedoos, teber- 

nès demourarun vingt e quoate livres 

ans seps, o pilloret. f. ii. Buveurs, caba- 
retiers, ( pour contravention ), resteront 
vingt-quatre iieures aux l'ers ou au pilori. 

PIMBOU, thym commun, celui que 
l'on cultive dans los jardins. 

PIMENT, PIMENTOU, piment : 
Pimentons roufies, piments ronges. 

PIMPANÉLE, piiuprenelle. 

PIMPE(Hay.}, morue sèche. 

PIMPIM, se dit d'une personne qui 
fait la précieuse ; une « mine pincée » ; 
mijaurée, une pimbêche. — A Montjjcllicr, 
« una pimpia. >• 

PIM-PIM ; onomatopée pour }iam- 
para; menacer un petit enfant du pim-piin, 
c'est le menacer de petites claques, du 
fouet. 



PIN 



163 



I PIMPIM-CHARABAY ; mots pro- 
I nonces en jouant à « pigeon-voie. » — 
j Esp.,« pimpim », jeu d'enfants semblable 
I au pince-mmette. 

i PINATCLE, pinacle : Apitade sou pi- 
; iiatcle dou liri. x. LAB. Juchée sur la pointe 
! du lis. 

PINCÈU, pinceau. 

P I N C H A, piquer , poindre ; vov . 
Punxa . 

PINCHADE, piqûre : Tant-jns si cri- 
dam biahore\ Per lapinchadedu Z//-oc. LAM. 
Tant pis si nous crions au secours ! pour 
la piqûre d'une épine. 

PINCHOU, bout piquant, piquant du 
houx et d'autres plantes. 

PINCHUT , pointu, aigu : Lengite 
maie, dague pinchude. PROV. Mauvaise lan- 
gue, dague aiguë. 

Pinctar ; voy. Pintra. 

Pinctre, Pinctura ; voy. Pintre, 
Pinture. 

PINDE (Moncin), terre renversée par 
le soc. 

PINDORLES (Mont.), pendentifs de 
glace. 

PINENC, pineau ; variété de cépage 
rouge ; excellent l'aisin à petits grains. 

PINGANADE ( Vic-Bilh), fressure 
d'agneau. 

PINGOT, cruchon, pot à vin: Aneni ..., 
toute l'escoade que salude lou pingot! LAM. 
Allons, que toute l'escouade (cjue toute 
la réunion des buveurs ) salue le pot à 
vin ! 

PINGOURLA, barioler, diaprer : 
Fresque e beroyc coum lasjious qui 2}>'i- 
gorlen aqueste 2»'ude. perr. Fraîche et 
jolie comme les fleurs qui diaprent cette 
[irairie. Quoaiul lou priutem2)s en raube 
l'ingourlade... s. gas. Quand le prin- 
temps en robe diaprée. . . 

PINGURLE (Garlin). plante ; anthc- 
ricurii planifoiuiin. 

PINHADAA ; même signification que 
Pignudaa . 

Pinhatori, Penhatori, gage, chose en- 
gagée, donnée en garantie : Seran tengulv 
de restituir...2Jer rason deu 2nnhatoria lor 
balhat. ARCH. Ils seront tenus de resti- 
tuer... à cause du gage à eux remis. 

PINHE; vov. Piqne. 

PINHERA'(Salio.s); vov. Pcnhcru 

PINNA, PITNA(OÏ-thez;, sauter, 
bondir, gambader : Sautant, pinnant, leste 
coum u lehraut. pey. Sautant, bondissant, 
leste comme un levraut. Pinnabc sus la 
prade. DESP. (Ma brebis) gambadait sur 
la [Mairie. — Lou qui non 2)ot non 2)innc. 
vu. B. Que celui qui ne peut (sauter) ne 



164 



nx 



PIN 



saute point. Il ne faut rien entreprendre 

au-dessus de ses forces. — « Versate diu 
quid ferre récusent, Quid valeant humeri.» 
HORACE. « Où la guêpe a passé, le mou- 
cheron demeure. » la fontaine. 

PINNET, PITNET (Orthez), saut, 
bond, gambade. Lotis pinnetz chu sarri. 
Les sauts de l'isard. Quoand lou Gahe, en 
bramant, ditz adiu a las pênes, Y s'ahance 
a pinnetz, a trubès boys e pratz. v. bat. 
Quand le Gave, en mugissant, dit adieu 
aux rochers, et s'avance par bonds, à 
travers bois et prés. 

PINNETA, PITNETA (Orthez). 
sauter, bondir, gambader : Lous gouyutz 
que pitneten de tort e de trubès. lett. 
ORTH. Les garçons (dans les bals) sautent 
à tort et à travers (deçà, delà). 

PINNETEYA, fréq. du précédent. 
Pitneteya fOrthez). 

PIN-PAN-BA (Bay.), jeu d'enfants ; 
une troupe (les gendarmes) en pouj'suit 
une autre (les voleurs). 

PIN S A A, PINSAN (vers la Cha- 
losse), pinson: Lou cardinat e lou pinsaa. 
Le chardonneret et le pinson. Lou mari- 
dadgedeu p'insaa. Le mariage du pinson; 
voy. Mariecliourre . — Les enfants chan- 
tent à la fin de leurs jeux : Qui s'en hoil 
tourna, came de pinsaa? X ou pas you, came 
de herdou. Qui veut se retirer, jambe de 
pinson ? Pas moi, jambe de verdier. — 
A Sent-Math\u,Lou pinsan ditz adiu; Lou 
couteliu Hè piu-piu. A la Saint-Mathieu, 
le pinson dit adieu; le cochevis ce fait piu- 
piu. » — Ha couni lou pinsan. Parti hoey, 
tourna dounian. prov. Faire comme le pin- 
son, partir aujourd'hui, revenir demain. 

PINSANÉU; se dit du chardonneret 
qui n"a pas le chant qui lui est propre, qui 
imite celui du pinson, pinsan, pinsaa. Les 
oiseleurs tiennent en médiocre estime lou 
cardinat pinsanèu . — Appliqué à l'homme. 
pinsanèu signifie que ce qu'il dit n'est pas 
de lui. 

PINTA ; voy. Finira. 

PI NT A, vider des pintes « pinter », 
biiire avec excès. Couplet de buveur : 
Pinta dinqua Nadtiu, e lou qui pousque 
Dinqu'a Pentacouste; Si lou bii ey bou, Din- 
qua Marterou, E, si ey bou lou bH, Dinqu'a 
Sent-Martii. pr. b. Pinter jusqu'à Noël, 
et (pour) celui qui peut, jusqu'à la Pen- 
tecôte; si le vin est bon, jusqu'à la Tous- 
saint, et, si bon est le vin, jusqu'à la Saint- 
Martin . 

PINTADOU (de pinta « pinter »), bu- 
veur, ivrogne. 

PINTADOU, Pintador, Pintedoo, 
(de pinta, peindre), peintre : Guilhem de 



Laporte . pintador d'Ortes,.... yra acabar 
la pinture que y deu far. art. Guillaume 
de Laporte, peintre d'Oi-thez, ira achever 
les peintures qu'il doit y faire (qu'il a à 
faire au prieuré de Sarrance). 

PINTADURE, peinture: Pintadure e 
dauradure. art. Peinture et dorure. 

PINTASSÈ, qui vide beaucoup de pin- 
tes, grand ivrogne. Sobriquet des gens 
de Géronce : Pintassès de Gerounce. 

PINTASSEYA, Pintasseja, fréq. de 
pinta, « pinter. » 

PINTAT, qui a trop bu : Qu'ère drin 
pintat. Il était en train (de bonne humeur), 
un peu égayé par le vin. — Pintat coum 
u abesque. prov. Qui a bu comme un évê- 
que. — L'auteur du Lutrin a dit du « pré- 
lat )) : D'un vin pur et vermeil, il fait 
remplir sa coupe, 11 l'avale d'un trait...» 

PINTAYRE ; même signification que 
Pintassè. 

PINTE, pinte, mesure de capacité, en- 
viron un litre ; son contenu : Ue pinte de 
lèyt. Une pinte de lait. Ce pinte deurouye. 
SERM. Une pinte du rouge (de vin rouge). 

Pintedoo; voy. Pintadou, 2. 

PINTE RE, action de boire beaucoup 
devin, ribote. Enter pintère, en vidant 
force pintes. — « Interpocula. » 

PINTI, PINTIA(Bay.); voy. Pienti. 
Pienta. 

PINTOU, Pintoo, masc, « pinton », 
demi-pinte, environ un demi-litre, chopine. 
U pintou de lèyt. Un « pinton » de lait. 
Nat pintou jounou boidi paga. F. Pas. Je 
nevoulais payer (au sergent) ancune cho- 
pine. Ung pintoo de bii. arch. Un «pinton» 
de vin. Da entau jnntou, donner pour la 
chopine ; donner un « pourboire. » Que 
m'endaratz. . . entau pintou. F. Pas. Vous 
me donnerez un pourboire. — Voy, Ar- 
goeyte-pïntous. — Gaha la betère per lous 
pnntous. PR. B. Saisir la génisse par ses 
petites mamelles. Avoir bonne chance dans 
une affaire. 

PINTOUNE YA, vider au cabaret plus 
d'un «pinton », ribotér. 

PINTOUNIÈ, qui vide des «pintons», 
riboteur. 

PINTOURLEYA, \o\ . Pintoumeya . 

PINTRA, Pintrar, Pintar, pein- 
dre : Lous inoutous de rouy pintratz. desp. 
Les moutons peints de rouge. Lou qui pin- 
tre las mounyetes. id. Celui qui peint les 
haricots, racine a dit : « 11 donne aux 
fleurs leur aimable peinture. » Prometo 
pintrar las ymages de or, assur (asur) fiis 
e autres colors fines. ARCH. Il promit de 
peindre les statues d'or et d'azur fins, et 
d'autres couleurs fines. Nostre-Dame e 



PIP 

sanct Johan pintatz de hon or efines colors. 
iii. Notre-Dame et saint Jean peints de 
boa or et de fines couleurs. Plnctar, dans 
un autre texte, ib. — Nou y-ha poucU coum 
deu qui pintre las viounyetes . PR. B. Il n'y 
a pouvoir comme de celui qui peint les 
haricots, (il n'est pouvoir que de Dieu). 
« Laissons toujours faire celui qui met la 
queue aux cerises. » ïrad. du patois du 
canton de Fribourg, dans Romuiiia, VI, 
p. 96. 

PINTRAYRE, peintre; mauvais 
peintre. 

PINTRE, Pinctre, peintre : Arnaud 
de Moles, maestre pintre de Sent-Seher . 
ART. Arnaud de Moles, maître peintre de 
Saint-Sever. Charles de Bruselles, pinctre, 
habitant de Orthes. IB. Charles de Bruxel- 
les, peintre, habitant à Orthez. 

PINTURE, Pinctura, peinture : La 
pinture deu retaule de la gllsie de Mons. 
sanct Martii d'Asson. art. La peinture 
du rétable de l'église de Mgr Saint-Mar- 
tin d'Asson. Pinctura de finas colors. IB. 
Peinture de fines couleurs. 

PIOC (Montant), engoulevent, le cra- 
paud-volant. 

PIOC (Bay.), poussin. Pioque, pou- 
lette. 

PIOC, insecte de la fougère : Loupioc, 
... hcns las heus si-h batz estuija, A las ca- 
mes que-b ba puya. N. l.vb. L'insecte, si 
vous allez vous cacher dans les fougères, 
aux jambes va vous monter. 

Pioche, pinchina,? : Bestitdc drap de 
laa o (/e /3ioc7(e. ARCH.Vêtude(h"ap de laine 
ou de pinchina, ? — Cf. esp. « picote », pin- 
china, espèce de bure faite dépoli de chè- 
vre. 

PIOCO'D, terme d'argot, pou. — Esp. 
« pi()j(,. .. 

PIOCOUS; s'em[)loie avec le verbe 7(a6é 
avoir, comme picalhou ; voj. ce mot. 

PIOLE (sync. de picole), hache, co- 
gnée : Rumpon las portes ab malhsdefer 
e ab pioles. M. 0. Ils rompii'cnt les portes 
avec des maillets de fer et avec des 
li.aches . 

PIOQUE: voy, Pioc,2. 

PIPA, aspirer du vin à l'aide <l"iin tu- 
yau de jiaille par la boude d'une bai'ri- 
quo. — , fumer la pipe. 

PIPADE, gorgée de vin aspirée à 
l'aide d'une paille ; voy. le précédent. — , 
aspiration de fumée de tabac par le tuyau 
de pipe. — , contenu d'une pipe de tabac. 

PIPAUT, malpropre.— U pipaut, un 
saligaud. un ordurier. Pipautet. pipautot, 
dim. Pipauldx, aug. — Voy. Eiupipauti. 

Fil* AXITil, Pipauti s, masc, saleté. — 
ordure; actions, paroles déshounêtcs. 

TOM. II 



PIR 



165 



PIPAVTEYA.Pipauteja, salir.—, gâ- 
cher. — , se conduire en pipaut. 

PIPAUTIS; voy. Pipautè. 

PIPAYRE, qui aspire du vin à l'aide 
d'un tuyau de paille; voy. Pipa. — , fu- 
meur, qui fume la pipe. 

PIPE, pipe, vaisseau vinaire de 600 
litres (Vic-Bilh). Anciennement, F. h., la 
« pipe » ordinaire était de 180 « lots » ; 
celle du pays de Montaner et du "Vic-Bilh 
devait être de 208 « lots. » — Voy. Lot. 

Pipèr, tonnelier, dén. 

PIPÈR, piment; piment rouge. 

PIPERADE, salade de piments. 

PIPIADGE, Pipiatye. Pepiafje, rado- 
tage, imbécillité: Hemnearroupide d'adge 
n'ère pas, coum credèn . . . en pipiadçie. F . 
Past. Femme accroupie (courbée) par 
l'âge n'était pas, comme on croyait, en 
imbécillité. -Ere en pipiadge, fore de toute 
rason getat. arch. 11 était tombé dans 
l'imbécillité, hors de toute raison. — Trou- 
ble, désordre, confusion: Quoand la brous- 
side dou cèu 1 Tique lou bos en pepiatje. N. 
LAB. Quand le déchaînement du ciel met 
le bois en trouble. 

PIPICHOÉRE; voy. Pipixoère. 

PIPIL ; même signification que Pupil. 

PIPIOLE; voy. l'epiole. 

PIPIU, terme enfantin, petit oiseau: 
Loupipiu ne sabè que canta. lag. Le petit 
oiseau ne savait que chanter. 

PIPIXOÈRE, Pipichoère, une ni- 
chée d'enfants, p. — Dans le Languedoc, 
«piscoalhe», marmaille. Le Mirai Jfoundi. 

PIPOT, baril : Los fo donat un ])ip>ot 
de vil. H. A. 11 leur fut donné un baril de 
vin. Pipotrt, dim. ARCII. 

PIQUE, montagne escarpée: Si s'ha- 
bè goardat l'esclop, Quoand baxabe d\ie 
pique. F. LAB. S'il avait gardé ses sabots, 
quand il descendait d'une montagne es- 
carpée. 

PIQUE, hache. —, serpe. 

PIQUE-BROUT ; même significatioa 
que Pniidi'-liroiit. 

PIQUE-COURCÈ ; voy. Pic-escnurcè. 

PIQUEHOÙ! vov. Picahoii! 

PIQUE-PLÉIX (Orthez), conpe-haio 
— , serpe. 

PIQUEPOUT, Picapout. espèce de 
raisin Ijlanc ; viu fait de ce raisin ; il 
est de qualité inférieure. — Naz de pique- 
pont ; vov. Na::. 

PIQUETE, serpette. 

PIQUE-TALOS: voy. Tahis. 

PIRE , cheville de bois : Pire en la 
lnlii J'orada. aht. Cheville dans la latte 
trouée. La lata c la pira feytc per los 7nars- 
tes au bosc. iB. Les lattes et les chevilles 



11 



166 



PIT 



faites au bois par les maîtres (charpen- 
tiers). — , terme bas, la verge, <c miem- 
bro çrenital. » 

PIRE, PIRI, pire. —, adv., pis. 

PIRLE (Baj'.) ; même signification que 
Pille, 1. 

PIROU, niais, qui manque de cou- 
rage. Piroîilet,piroulin, piroulot, dim. Fi- 
roulas, aug. — Languedocien, « pirol », 
fat. écervelé. Dict. de l. d. s. 

PIS ; voj. Pixs. 

PiSGA ^vov. Pesca. 

PISCANTINE, vin détestable, mau- 
vaise piquette. — Ane. fr. « piscantine, 
boisson faite avec des cormes, » mistral. 

DU:t. 

PISSOT, membre viril (d'enfant). — 
Port. « pissa .» — Verge de certains ani- 
maux, du chien, du porc. 

PISSOUTEYA, Pissonteja, pissoter. 
— , lambiner, tergiverser. 

Pistole ; dans un texte, au lieu d'Epis- 
tôle. — Voy. ce mot. 

Pistole, ancienne monnaie d'or d'Es- 
pagne ; aujourd'hui encore monnaie de 
compte en Béarn (10 fr.) : Bingt pistoles, 
trente pistoles, vingt pistoles, trente pisto- 
les (200 fr., 300 fr.). 

Pistole, fém., pistolet: Los boys de 
las pistoles. arch. Les bois des pistolets. 

Pistolet, masc, dim. de Pistole, 1 : La 
somme (le cent francxs este balha(le,con- 
tade.... en dues pistoles et ung pistolet 
d'or e la restant en autre monede; 1576. 
ART. La somme de cent fr. fut remise, 
comptée en deux upistoles»et une «petite 
pistole')d'or et le restant en autre monnaie. 
Cf. MISTRAL, Dict., if escutpistoulet», mon- 
naie usitée en Provence au xvii® siècle. 

PISTOULET, pistolet. 

PISTOULETADE, décharge de 
pistolets, coups depistolet, en signe de ré- 
jouissance, aux noces de village. 

PISTOULETAYRE , qui tire des 
coups de pistolet. 

PISTOULETEYA, Pistouleteja, tirer 
des coups de pistolet. 

PITANCE ; voy. Pianche. 

PITANGUE, pointe de coteau. — Une 
maison sur un des points élevés des co- 
teaux de Monein porte le nom de Pitan- 
(jue. 

PÎTANQUEYA, Pitanqueja (Mont), 
grimper sur les rochers. — Voy. Pite, 1 , 2. 

PITARRA-S, se gorger de boisson. 
— Apitarra-s, dans d'astros : B in fort 
boun Deuquoau cadiin d'etz s'apitarre. Vin 
fort bon, dont chacun d'eux se gorge. — 
Basque, « pitharra », cidre. — Esp., pro- 
vinces basques, « pitarra », piquette. 



PIU 

PITART (sync. de pitarrat, participe 
de pitarra-s), gorgé de boisson : Hart y 
pitnrf, repu de mangeaille et gorgé de 
ho\^s,o\i.Pcndardz a triple panse, Pcndardz 
hartz y ptitartz ! Que bouletz dounc, (jusardz, 
Englouti nouste France ! isav. Pendards à 
triple panse, pendards repus de nourri- 
ture et gorgés de boisson, vous voulez 
donc, gueiisards, engloutir notre France ! 

PITADOUS (Bay.), PITAT (Bay.) ; 
voy. Pietadous, Pietat. 

PITE, pointe élevée de montagne ; pi- 
ton. 

PITE (Mont.), chèvre. PHete, pitote, 
chevrette. Pitou, chevreau. 

PITÈ, piton, pointe de clocher. 

PITÈ, but, terme de jeux d'enfants; 
l'endroit où l'on doit se placer pour jouei 
à certains jeux de course, l'endroit qu'il 
faut atteindre pour ne pas être pris. — 
Esta a pitè, être en lieu sûr, avoir une 
bonne situation. 

PITERALA, Piturala, garnir de 
poutres, disposer les poutres, 

PITERALET, Pituralet, masc, pou- 
trelle. 

PITERAU, Piturau, Pitrau, masc, 
poutre. — Pitrau e cadene. cout. s. (Pou- 
tre et chaîne), biens immeubles, maison, 
champs; voy. Cadene. — On dit prover- 
bialement d'un homme que la vieillesse 
rompt: Qu'ha la quère ans pituraus. Il 
a la vermoulure aux poutres (à la char- 
pente osseuse). 

PITETE ; vov. Pite. 

PITNA, PITNET; xoj. Pinna, 
PinneJ. 

PITNETA; même signification que 
Pianeta . ' 

PITOCH, putois?— Loupitoch. lag. 
Le chat sauvaire. — Vov. Gat-pito&h. 

PITOTE, PITOU { voy. Pite, 2. 

PITRAU; m.ême signification que 
Piterau. 

PITURAU, PITURALET; voy. 
î Piterau, Piteralet. 

PITYÈ (Orthez, Salies) ; même signi- 
fication que Pichè. 

PITYÈRRE (Mont), jarre à vin. — 
Voy. Piclièrre. 

PIU, cri d'oiseau, action de piauler : 
Bé-t'en débat Taprigue Dinque l'ausèt liasse 
piu. PEY. Va-t'en sous la couverture (va 
te coucher) jusqu'à ce que l'oiseau chante 
(fasse entendre piu.) — Voy. Piu-piu. 

PIULA, Piaula (Bay.), piauler. Fiu- 
leya, jyiulcja.ùèq. Piule,piule, ma y dcsou- 
lade, Que t'han raubat tous au.^ilhous. NAv. 
Piaule, piaule, mère désolée, on t'a ravi 
tes (c oiseletz. » A qui piulerèy ma can- 



PIX 



PLA 



167 



sou? ID. A qui piaulerai-je (chanterai-je) 
ma chanson ? — A Orriule, la hami que 
jnule; A Orioun, que droum. D. B. A Or- 
i-iule, la faim piaule ; A Orion, elle dort. 
De ces deux villages très-rapprochés , 
l'un est pauvre et l'autre est riche. Orion 
ne dort pas toujours ; sa charité chré- 
tienne est souvent éveillée sur Orriule . 
— Soubent hau mey plula que siula. PR. B. 
Souvent il vaut mieux piauler que siffler. 
Aller cà petit train vaut mieux que faire 
grand tapage. — Voy. Siula. 

PIULADOU, qui piaule. P««Za^re, qui 
piaule sans cesse. 

'PlWL'Èi^lù.Pïuletcre, fém. sing., piau- 
lements continus. 

PIULET, Piulou, petit piaulement. 

PIULETA, faire de petits piaulements. 

PIULETÈRE ; voy. P'mlère. 

PIULETEYA, Piulouteja, fréq. de 
Piulela. 

PIULEYA, Pkileja; voy. Piula. 

PIULIS, i>iaulement continu. 

PIULiOTE ; (\?iïiîi Revue de Gasconne, 
XXV, p. 530 : Piulotas de burre. (Rede- 
vance de) boules de beurre — Voy. Plèle ; 
pielote, dim. 

PIULOU; vov. Piulet. 

P I U L O U TE Y A, Piulouteja ; voy. 
Piulelf'iia. 

PIU-PIU ; plus fréquemment employé 
que Plu, cri d'oiseau, piaulement : Lous 
piu-pius de la parre. sei. I>es « piu-pius » 
de la mésange. — Lou coutourliu que-u 
cante piu-jnu. prov. Le cochevis lui 
chante Piu-plu. Un désir qui demande 
satisfaction ; et, particulièrement, au sens 
du prov. de la basse Bretagne, << la pie 
lui pince l'oreille », c'est-à-dire elle a en- 
vie descmarier. — Cawtar/n'w /expression 
des Troubadours : Li auzelhet chanlon piu. 
Les oiselets chantent piu. — Voy. ray- 
NOUARD, Lex. IV, p. 546. 

PIXA, Picha. pisser. — D'une fon- 
taine à petit jet, on dit: La linunt pi.ce 
dous, la fontaine coule doucement. — Ga- 
lère dp, fust laquoal pi.ce en la ]iart danrr. 
AKcn. Gouttière de bois qui jette l'eau 
derrière (la maison.) — A mesura piclunita. 
F. N. A mesure par-dessus bord. — Voy. 
Arrep'wa. — Ou dit proverbialement: 
Qaoand las (jaries pixeran, (piand les pou- 
les pisseront, pour signifier : « aux calen- 
des gi'ecques. » 

PIXADE, Pichade, action de pisser. 
— , jet d'un tuyau de fontaine, d'une gout- 
tière. — , ce qui déborde d'un vase, d'une 
mesure. 

PIXADÉ. Pichadr, urètre. 

PIXADERE, Pickidere, pissotière. 



PIXAT, Pichat, masc, urine répan- 
due. — Que plan, a inxatz. Il pleut à 
verse. — Hoey etz houhatz, Doumaa etz 
pixatz. PROV. Aujourd'hui les souffles (de 
vent), demain les averses. 

PIXATORI, Pichatori, pissoir, 

PIXAYRE, Pichayre, pisseur. 

PIXE-BERNAT,P;V;ie-£ern«<(pisse- 
Bernard); même signification queEsquisse- 
braguele. 

PIXE-COURDETES, Piche-courde- 
tes, pisse-petites-cordes (goutte à goutte); 
qualificatif injurieux à l'adresse des gens 
mesquins, chiches. — Voy. Cague-hèrmis . 

PIXOURL.A, Pichourla, couler dou- 
cement, découler d'une fissure ; se dit 
aussi d'une fontaine qui n'a qu'un tout 
petit filet d'eau. 

PIXOURLÈ ; même signification que 
Pixe-courdefes. 

PIXOUS, Pichoiis, « pisseux »; qui 
est mouillé de pissat, qui sent le pissat. 

PIXS, Pichs, masc . , urine . — Pixs de 
sang. Pissement de sang. — GaJia lou pixs 
au hente. Prendre (quelqu'un) l'urine au 
ventre. Prendre quelqu'un « au saut du 
lit. )> Gaha lous electous lou pixs au hente. 
LETT. ORTH. Prendre les électeurs (s'a- 
dresser à eux) à l'improviste. — Au-des- 
sus de Cauterets, une cascade, celle de 
Lutour, s'appelle Pis de Lutour. c. Dans 
le pays basque (commune de Larrau), 
pista, cascade, dict. — En basque, la vessie 
se dit « pichastria, » 

PLAA, plain, uni, plat, sans inégalité: 
C'aniii plaa. PS. Chemin uni. — , subst., 
lieu en plaine : Lo plaa de Pardies. dict. 
La plaine de Pardies (Monein). Los plaas 
de Gerico. h. s. La plaine de Jéricho. — , 
plateau sur la haute montagne. 

PLiAA, adv., bien, parfaitement: Pour- 
taiz-pe plaa. Portez-vous bien. — , ren- 
force l'affirmation o, oui: o plaa, oui bien. 
— lia de plaa, faire facilement. — Lat. 
« de piano. » Somniariment e de plaa. 0. n. 
Se disait des « matières sommaires », des 
affaires qui devaient être jugées prompte- 
ment et avec aussi |)eu de formalités que 
possible. — Plaa qui, bien (pic : Plaa qui 

non ji'hai/l counegut hous shilz Um pUia 

bieugul. NAV. Bien qucjcnc vous aie i>oiut 
connu, vous, (mon oncle), soyez le bien- 
venu. 

PLAA-HASENT, bienfaisant: La 
palz pliia-lias( ule. C. n. La paix bienfai- 
sante. 

PL.AA-HÈYT, bienfait: on écrit aussi 
plahl gt. 

PLiAA-STA {plan esta), bieu-6tre : 
Tu, qui l(.uitayniés la France, Qui tant luis 



168 



PLA 



hèyt 'per souii plaa-sta. v. bat. Toi, qui 
aimas tant la France, qui as tant fait pour 
son bien-être. 

PLiABE,P/rt«f(Vic-Bilh),PLABER^ pleu- 
voir: Si plau,nou-y bau. S'il pleut, je n'y 
vais pas (je ne pars point). Plabè, il pleu- 
vait ; plahou, il plut ; plahera, plaura, il 
\AeviW2i.; plahousse, plagousse, qu'il plût; 
plabut,2ilagut, \Àu.Abe plaut. h. s. Il avait 
plu. Lo ceu plaboo. PS. Le ciel plut (les 
cieux répandirent leurs eaux) . — Si nou-y 
plan, que-y arronse. prov. S'il n'y pleut 
(voy. Arrousa), il y tombe de la rosée. 
Eacouta si plau, écouter s'il pleut. S'em- 
ploie proverbialement au même sens qu'en 
fr. '< attendre sous l'orme. » 

PLABUSQUEYA, Plabusqueja, 
bruiner. — . pleuvoir par intervalles. 
PLABIJT; voy. Plabe. 
PLACE, place. Placete, Plussote, dira. 
— En place de, au lieu de : Tu-t pladz 
a-m turiiienta. En place de m'ayma. des"p. 
Tu te plais à me tourmentei", au lieu de 
m'aimer. — Place devait signifier aussi, 
comme dans le Rouergne, métairie. — 
Voy. Plassote. 

PLACH : voy. PUix. 
P L A D Z E ; même signification que 
Plase . 

P L A E T E S ; même significatiou que 
Playnetes ; voy. Playnotes. 

PLAGA, Plagar (faire \i\B.\e,pjlague), 
frapper, blesser. — Lo plagar (le frapper, 
le blesser), coups et blessures. Estar au 
plariur. F. B. Etre complice d'un meurtre. 
PLAGADOU, Phujadoo, Plagador, 
celui qui a fr.ippé, blessé : Lo plagador 
clenegue haber feyt maUcioseuient la pla- 
gue. COUT. s. Celui qui a blessé nie avoir 
fait méchamment la blessure. Plagat e 
plagadoo. F. H. Le blessé et celui qui a 
blessé. 

PLAGAT, frappé, blessé. — , subst., 
loplaqat; vov. le précédent. 

PLAGN.^PLAGNADÉ; voy. Planh, 
Planhadé. 

PLAGNE, dans PS., au lieu àe plane, 
plaine. 

PLAGNE, PLAGNET; même signi- 
fication que Planhe, Planhet. 
PLAGNOUS ; voy. Planhous. 
PLAGUE, plaie, blessure : Plagiie 
simple, plague leyau. F. B. Plaie simple, 
plaie majeure. Celle-ci était appelée leyau, 
parce qu'elle était, comme dit la codt. s., 
p)lague de ley major, plaie (pour laquelle 
celui qui l'avait faite payait) l'amende ma- 
jeure. Tote }^lague pregone de la payera de 
une once es leyau. F. B. Toute plaie pro- 
fonde de la mesure d'une once est majeure. 



PLA 

Pliiga lejau e.s dita si ha una onsa de long o 
de pregon. f. h. On appelle plaie majeure 
celle qui a une once de long ou de profond. 
Voy. Omhcc. Dans la couT. s., la plaie ma- 
jeure est figurée par des traits : La gran- 
i dor de la marque de i^lague leyau es de- 
! queste pagere qui assi es perjade . La gran- 
deur de la marque de plaie majeure est de 
cette mesure qui est ici mesurée. Suivent 
deux filets longs de quatre centimètres, 
et qui sont, de haut en bas, à un demi- 
centimètre l'un de l'autre. Par plague sim- 
ple, plaie simple, il faut entendre une con- 
tusion, une meurtrissure, paroent, gameyt, 
F. B., macadura, F. H.; voy. ces mots. — 
Au fig., dans s. gas., plague leyau, plaie 
profonde; une plaie du cœur. 
PLAGUT: vov. Plabe, Plase. 
PLAHÈYT; voy. Plaa-hèyt. 
Plaidesie, Playdesie; même significa- 
tion que Pley teste. 

Plaing; même signification que Planh. 
Plaire. Playre, plaire ; voy. Plase. 
PLANCHA, planchéier. 
PL ANC HA T, plancher : Trauquen 
pilanchat e murralhes. N. lab. (Les souris) 
trouent plancher et murailles. 

PLANE, plaine : Coumes e planes. Col- 
! Unes et plaines. Ung pung de blat samiat 
j SMM.s plana. PS. Une poignée de blé semé 
I dans la plaine. — Voy. Plagne. 
1 Plane, page, un des côtés d'un feuillet 
de papier : Un rolle... contenent sieis arti- 
cles en dues planes. ARCH. Un rôle contenant 
six articles sur deux pages. Vint (bingt) e 
sieis linhas en cascuna plana. F. H. (Les no- 
taires n'écriront que) vingt-six lignes sur 
chaque page. — Esp., Port., « plana », 
page d'un livre, d'un manuscrit. 

PLANÉ, Planer, en plaine, plat, uni : 
Bapeu camii plané e segu . IM. Va par le 
chemin uni et sûr. — , uni, sans ornement : 
Dus arcalheytz, Vun menuzat e l'autre ptla- 
ner. arch. Deux châlits, l'un menuisé et 
l'autre tout uni. 

PLANÉ, terrain en plaine : Lou gran 
p>lanè carcat de berd hoelhadge. A. M. La 
; grande plaine chargée de vert feuillage, 
j — , plateau, terrain élevé qui s'étend en 
; plaine : Bius-Ar ligues, plané segut près de 
\ lEsjxinhe. F. lab. Bius-Artigues, plateau 
{ assis près de l'Espagne. PZane/, dim. Prxe 
j l'herbe deus p)lanetz. Paître l'herbe des pe- 
tits plateaux. — rayx. a « planet »,adj., 
plain, uni, simplet, 
j Planer ; dans un texte, arch., 'planer 
I poder, plein pouvoir; voy. Plenèr. 
! PLANERAMENTZ, sans difficulté ; 
j entièrement, parfaitement. — Segond que 
I en las cartes... plus planeramentz es con- 



PLA 

tenrjut. F. B. Selon que dans les chartes il 
est plus explicitement contenu. 

PLANET ; voy. Plané, 2. 

PLANEYA, Planeja, être en plaine ; 
se dit des endroits où s'aplanit un sol mon- 
tueux. 

PLANH,PZ«(/î(, masc, plainte:PZam.7s 
{planfjs)elumentatïoos. PS. Plaintes et la- 
mentations. Flanhet, plagnet, dim.; petit 
cri plaintif. (Le traducteur Ae^ Psaumes 
écrivait indifïëremment plaing et plan;/ ; la 
prononciation était la mênie,cclle d'au- 

PLANHADÉ, Plagn adé, qui est à 
plaindre. Des femmes disent : Si-ns bedèm 
plagnaderes. lam. Si nous nous voyions (si 
nous nous trouvions) à plaindre. 

PLANHE, Plcujne, Planher, plain- 
dre. Plan]iut,2)lagnut, lilangïit, plaint. — 
réf. , se plaindre : Me pJagni, dehat'i e t:ir- 
mentî. PS. Je me plains, me débats et me 
tourmente. 

PLANHET, Plagnet; voy. Planh. 

PLAN .lOUS, Plagnous, "-pl^intit'. 

PLANTA, Plantàr, planter: Terres 
trejjtes e a Ireger. phiafades e a i^luntar . 
ARCH. Terres défrichées et à défricher, 
plantées et à jilanter, — Planta-piquet, 
faire le pied de grue, attendre. — Dans 
le Rouergue, « planta picou, résister à 
quelqu'un. vaYSS., D'ict. — En fr. «plan- 
ter piquet », s'établir, s'installer quelque 
pai't. 

PLANTAGNES, Plantanhes, herbes 
l)otagôres (jciuies plants): Za.s plantagnes 
dou casau . N. lab. Les jeunes plants du 
jardin. 

PLANTE, lieu planté d'arbres. Il y 
a, à Pau, sur des terrains où étaient jadis 
les jardins et la châtaigneraie du château 
d'Henri IV, deux promenades nommées la 
Basse-Panto et la Haute-Plante, la Ba.re- 
Pante, la Haute-Plante. — Cf. n.-c. «jjlan- 
tea. » 

PLANTE-BROC, masc , haie d'au- 
bépine : Jiarra loii. prat de plante-broc . 
Clore le pré d'une haie vive. 

Planter, ])Iant. une planta/ion : 
Jfoini lie Pau dise fjue Ossales l'aven feyte 
toh de hlatz n de planters. i.iv. koU'JK 
d'ossah. Un homme de Pau «lisait que les 
Ossalois lui avaient fait dégât dans les 
blés ou dans ses plantations. — !>.-(;., 
« planterium », vitis recens plantata. — 
Planter signifiait sans doute, comme «plan- 
tel» (Ksp.), pé[)inière de jeunes arbres; — 
v(>rger, lieu planté d'ai'hres fruitiers. 

PLANTOU, masc, plante poLagère 
provenant de semis ; on re[)iqiie les plan- 
tous . 



PLA 



169 



PLANTOUS, masc. plur., berle des 
potagers; siuni sisaruni; le chervi.j. ber- 

GEREï . 

PLAP, masc, tache, souillure: Plap 
de hii. Tache de vin. — , marque naturelle 
sur le poil des bêtes, sur le plumage des 
oiseaux. — Ilahé de toutz plaps coiim la 
pigue, avoir de toutes taches (être tacheté) 
comme la pie, se dit proverbialement de 
tout ce qui n'est pas un, qui est divers. 
Nouste rey nahou. . .de toutz plaps coum la 
jtigue. F. E'jl. Notre roi eut donc de toutes 
taches comme la pie. (Antoine de Bour- 
bon tour à tour catholique et huguenot.) 

PLAPA, tacher, souiller. — , tacheter, 
marqueter. 

PLAPETAT, manpieté, vergeté. 

PLAPITOA, tacheter, marqueter. 

PLASE, Pladze ; -Plsiser, Plazer, 
plaire. Si-p jiladz ou j)lutz. S'il vous jjlaît. 
Nou-m plasè. Il me plaisait pas, Quoand 
pe plasera ou pladzera. Quand il vous 
[)laira Nou mliahè plagut. II ne m'avait 
pas plu. 

PLASE, Plaser, PZaser, plaisir: Qm-h 
neuritz de l'arsenic deu plasé. serm.Vous 
vousnoui'rissez de I'ar.senicdu plaisir. Par 
a son plaser. D b. Faire à son plaisir. — 
A plasé{à. plaisir), doucement, lentement. 
C'est peut-être une altération de ab lasê, 
à loisir. A plasé, pedoulh, la noeijt qu'ey 
loringue. PR. H. (ab lasé, 2iedoulh, etc.) A 
loisir, pou, la nuit est longue. Se dit aux 
gens trop pressés de jouir, quand rien ne 
les force à se presser. 

PLASENT, plaisant, agréable, qui 
fait [ilaisir. (pie l'on aime avoir. 

PLASENTÈ, qui aime à être agréable, 
ol)ligeant, serviablo. 

Plassa. « jjlaid » ; dans f. h., édit. 
Mazure et Hatoulet, p. 4: Plassa, alias 
placUuni es curt simple. Le «plaid» [plassa) 
iwitvcment placituni est cour simple. 

PLASSA A, Plasseraa (Montaut), 
masc, i-laiiii'ro. 

PLASSADGE, Plissah/e, placage, 
droit do placage dans les niairhés: Ln 
plassiidgefos del senhor.KRCn. Que le droit 
de placage fût du seigneur. — D.-c, 
« jdassagium. » 

PLASSADGE, Plassatip\ qui perçoit 
lo droit de pla(;aL;(>, fermier de ce droit. 

PLASSERAA ; même signification 
(pie Plassaa. 

PLASSOTE, <lim. de ;j/(fcr. place.— , 
petite iiH'iairic : Unii plassota. .. jier la- 
quoaa pagalia xil diers morlaas de fiu. 
lîAR. Une petite métairie pdur iaijuello il 
payait dou/.o deniers do Morlaas de cens. 
Mal traduit par « lopin de terre » dans 
lîAR. ; Glossaire. 



170 



PLE 



PLE 



PLAT. adj.,plat: Pèyre plate, pierre 

plaie. — Lou jylat de. . . La partie plate 

d'une chose. — Cadedeplat, tomber à plat. 

PLAT, subst., plat, vaisselle. Platet, 

plat'in, pldtol, platou, dim. Platas, aug. 

PLATÈU, plateau, espèce de plat: 
Unplatèu daurat. arch. Unplateau doré. 
PLATINE, platine, ustensile de mé- 
nage pour sécher et repasser le linge : 
Platine de couyre per aprestar los linges. 
ARCH. Une platine de cuivre pour apprê- 
ter le linge. 

PLATISSADE, sing. fémin. ; coups 
donnés avec la partie plate d'une arme : 
Quoand etz houn las deda-m la platissade. 
F. Past. Quand ils furent las de me don- 
ner des coups de plat (de crosse de fusil.) 
PLATISSAT, plat d'une arme: A 
cops de platissatz e cops de halebarde. F. 
Past. A coups de plat d'armes, à coups 
de hallebarde. 

PLATOU, dim. de Plat, 2. —, petit 
rond de linge, de taffetas, de peau, sur 
lequel on a étendu un onguent; petit em- 
plâtre vésicant. — , petite plaque ronde 
ou carrée de fer-blanc, de cuivre, de tôle, 
avec laquelle on rapièce un ustensile de 
cuisine. 

PLATUCHE, plie, poisson plat. — , 
femme dont la poitrine est plate. 
PLAUDI, Ajilaudï, applaudir. 
PLAUDIMENT, Aplaudiment, ap- 
plaudissement. 
PLAUE , PLAUT: voy. Plahe. 
'Pla.-ydeya,, Playdeja, s'accorder, trai- 
ter Un die complaideiabe... per sos dreitz. 
ARCH. Un jour que (le seigneur) traitait de 
ses droits (avec ses soumis). — , plaider. 
PLAYNETES, PLAYNOTES (de 
Plaa, 2), assez bien. 

PLEA, Pkf/na, PUya, (Orthez), rem- 
plir. — Voy. Emplea. 

PLEG, pli. — , double feuille de papier, 
de parchemin : Très dotzenes de plecs de 
j)argami. ARCH. Trois douzaines de plis de 
parchemin. — , pli cacheté: Lo testament 
consegulr no poyre^ si lo ijlec no ère uhert. 
IB. Il ne pourrait «exécuter «le testament, 
si le pli cacheté n'était pas ouvert. S'en 
ana au jjlec, s'en aller au pli, hica-s au 
plec, se mettre au pli ; aller se coucher, 
se coucher. — Plec, bougie longue et 
mince, symétriquement pliée en paquet 
rectangulaire, que les femmes ont à l'é- 
glise dans certaines cérémonies religieu- 
ses. 
PLÈCH, PLECHA; v.Plèix.Pleixa. 
PLEE, PLEY (Orthez), Plenh, Plegn 
(Ordiezj, Plen, plein. Plee, masc, se 
prononce j?>% l'accent sur ïe au fém. jpZee, 



indique qu'il faut prononcer plé-e (le der- 
nier e comme un o doux) . U toitnet plee. 
Un tonneau plein. Ue tiste plée. Une cor- 
beille pleine. Conques de froment p)lenhes . 
ARCH. Des conques pleines de froment. 
U tistèyt pley de higues. Un panier plein 
de figues. La cautèyrepileye de grèix. La 
chaudière pleine de graisse. Lo hoeytcum, 
lo plen. ART. Le vide comme le plein. — 
Tout plee, tout plein, beaucoup, une grande 
quantité, un grand nombre: Datz-men tout 
plee. Donnez-m'en beaucoup. — Henri IV 
à Catherine, 1595 : « Ils m'ont envoyé de- 
mander tout plein de leurs capitaines. — 
— Dans JoiNViLLE : « Les Turs. . .amenè- 
rent tout plein de vileins a pié.» 
Pleer; voy. Plener. 
PLEGA, Plegar, plier, ployer. — 
Plegoiiteya, plier et replier. — Plegatz la 
came, pliez la jambe; locution d'un usage 
très-fréquent (Salies) pour signifier : as- 
seyez-vous.. — Plega-s (se plier), se dit 
des personnes dont le dos se courbe, qui 
se voûtent. — Plega (Vic-Bilh), cueillir, 
récolter: Plega las castanhes. Récolter les 
châtaignes. 

PLiSGADIS, pliable: Taule pleg ad isse. 
ARCH. Table pliante. 

Plege, caution, fidéjusseur; dansMARCA, 
Hist. de Béarn, p. 447, acte de 1117. La 
plege pot far constrenher per justice lo de- 
hitor. COUT. s. La caution peut faire con- 
traindi'e par justice le débiteur. 

Plegerie(voy. le précédent), fém., en- 
gagement comme cB.\\\Aon: La plege qui per 
laidegerie es convocat, a dilay de oeytene. 
COUT. s. La caution qui pour l'engage- 
ment comme caution est citée a délai de 
huitaine. 

PLEGNA; voy. Plea. 
PLEGOUTEYA, Plegouteja; voy. 
Plega. 

PLEGUE, levée, main que l'on fait 
aux jeux de cartes. — , gain, profit : De- 
cap a nous nou liera pas granpdegue. NAV. 
Avec nous il ne fera pas grand profit (il 
n'a pas grand'chose à gagner). — Ha sa 
plegue. Faire son affaire, réussir. — Qu'lia 
lièytsa plegue. Il a fait son magot. — Lou 
red ha hèyt sa j^legue. A. M. (Le froid a 
plié bagage), l'hiver a cessé. 

Pleidesie, Pleydesie; voy Pleytesie. 
PLÉIX, PLÈX, Plèch, Plach(Baj.), 
haie : Darri; lou plèix d'aqueste camp. Der- 
rière la haie de ce champ. Lou pluch de 
broc... fourit. ARiEh. La haie fleurie d'au- 
bépine. — Cf. Lat. « plexus », entrelace- 
ment. — RAYN. « playssa », haie. 
PLEIXA, Plecha, clore de haie. 
Plen ; voy. Plee. 



PLE 



PLO 



171 



PLENARI, plein, absolu: Abplenari 
puissance. . .per comiiarir en lor nom e vetz. 
I oDT. S. Avec plein pouvoir pour com- 
paraître en leur nom et place. 

Plenér, Pleér, plein, plénière : Dona 
tôt plener poder . kucn. 11 donna tout plein 
'ponwoiv; ph'er poder, dans un autre texte, 
IB. En plenere cort en lo custeg de Pau. 
F. B. En cour plénière au château de Pau. 
Quant cort pleera manara. F. o. Quand il 
mandera cour plénière. 

PLENH; voy. Plee. 

PL.ENTÎU(motfr.« béarnisé )>), plain- 
tif : Eclio j^hntiu. N av. Echo plaintif. Ma 
cante plentihe. iD. Ma chanson plaintive. 

PLÈT-I; mot de réponse respectueuse 
lorsqu'on est appelé ; c'est la locution fr. 
« j)lait-il. » 

Pleuidor, garant. 

Pleuir, garantir: Autreiat e pleult per 
douant prodoinis. L.o. Consenti et ga- 
ranti par-devant prud'hommes. 

PLÊX ; voy. Plèix. 

PLEYA; même signification que Plea. 

PLiEYT, « plaid ». procès : Tas plèi/fz 
nnde genl hau Coum era d'Ossau. d. b. 
Pour les procès, auciiuc gent ne vaut au- 
tant que celle d'Ossau. — (( S'il croit les 
intérêts de la communauté menacés. l'Os- 
salois les défend avec une aveugle opi- 
niâtreté. « c'° d'angosse. Notices sur la 
vallée d'Ossnu. — Voy. Pleyteya. — M'iar 
atau pleyt. f.b. Mener tel procès. 

PLEYTEGISTE, plaideur (en mau- 
vaise part) : llcdx'' de soun quart d'hore 
usât en pleyie;/iste. .\av. 11 avait usé en 
jdaideùr de son quart d'heure. « Le plai- 
deur a vingt-quatre heures pour maudire 
ses juges. » 

Pleytesie, plaidoirie. — , querelle, ré- 
clamati'iii, procès: En quivlie pleytesie o 
cort ternporau ayen pleyteyat. v. iî. I"]n 
quehpie procès ou cour temporelle qu'on 
ait iilaidé. Ilainogut phisors plcytesies. 
bah. 11 a soulevé phisieui's procès. 

PLEYTEYA, Plcyfeja, plaider: Peu 
plasé de pleyteja que-s heneré tout so qui 
lut. F. lab. (Le |)asteur d'Ossau), pour le 
plaisir de plaider, vendrait tout ce qu'il a 
— Voy. Pleyt. — , chicaner, contester : 
Non poudetz dise u mont que moussu nou p 
pl'yteje. nav. Vous ne pouvez dire un 
mot que (col monsieur ne vous conteste. 

PLEYTEYAT, Pleytejaf, plaidoyer : 
Feran los advocats lors. . . pleiteyats en i 
hiifjuge vtdgar e deu présent pays. s. j. 
Los avocats feront leurs plaidoyers en 
langage vulgaire et du présent pays. — 
Ou ne plaida en français qu'après que 
Louis XIII eut établi le « parlement de 



Navarre » à la place du « Conseil souve- 
rain de Béarn », 1620. Ce prince or- 
donna que la justice y fût demandée et 
rendue en français, v. lespy, Un Avocat 
béarnais (1G25-I628) ; Pau, impr. Vero- 
nese. 

PLEYTEYADOU, Pleyteiadoo , 
plaideur, processif. — Pleyteyadous de 
Montaner. d.b. Plaideurs (gens processifs) 
de Montaner. — Pleyteia ah mons 
pleyteiadoos . ps. Plaide contre ceux qui 
plaident contre moi. 

PLEYTEYAYRE, Pleytejayre. se 
prend en jdus mauvaise part que pdeyteya- 
dou, pour signifier que l'on aime à intenter, 
à prolongei- des procès. — Uespituv. gui- 
nhe lou pleytejayre. PROV. L'hôpital « gui- 
gne » le plaideur. 

PLOU, Ploo, pleur : U piastou mal- 
hurous, Segiit au pèe dhi haut, Negat en 
plous. DESP. Un pasteur malheur eux, assis 
au pied d'un hêtre, noyé de pleurs. Ploo 
cosen\j']. PS. Pleur cuisant (larmes amè- 
res). 

PLOUMA, être d'aplomb. 

PLOUMASOU, moellon : Cintade a 
l'enlourn de superbes may sous, Que-m sem- 
blahe u désert de lose y ploumasous. nav. 
(La grande place) ceinte de superbes 
maisons me semblait un désert d'ardoise 
et de moellons. 

PLOtJMB, plomb. De ploumb, d'a- 
plomb. 

PLOUMBERIE, Plombaria, le 
plomb à employer dans certaines con- 
structions : Forniran tote la fuste, clau, 
ferradurc, plombaria. ART. Ils fourniront 
tout le bois, les clous, la ferrure, le 
plomb. 

PLOIJRA, Plorar, pleurer: Ayde-m 
au pdoura. desp. .'. ide-moi à le pleurer 
(à pleuier mon berger qui n'est plus.) — 
Tant y-ha que mouncoo pleure! ID. Il y 
a si longtemps que mon cœur pleure ! — 
Filhas de Jérusalem , no ploretz per mi, 
per vos medixes ploratz. . . u. s. Filles de 
Jérusalem, ne pleurez point j)our moi, 
pleurez pour vous-mêmes... — Lou canta, 
lou ploura (le chanter, le ideurcr), se di- 
sent pour signifier les chants, les pleurs. 

PLOURADOU, fém. pluurudourc, 
plcurcui', plciireuso. Jjus plouradoures, les 
pleureuses dans les cérémonies funèbres. 
— Voy. Deytoradores et Deytorar. — Sent 
Plouradnii, i^-Mut Pleureur. — Voy. Ilourat. 

PLOURASSÉ, plcurnichc'ur ; fém. 
plournsscre. — , pleurard. 

PLOURASSEYA. Plourasseja. pleur- 
nicher. — , ne l'.iiiv ipii' pleurer. 

PLOURE - MIQUES, dénomination 



172 



PLU 



par laquelle on désigne celui ou celle qui 
pleure sans cesse et sans raison. — Voy. 
Gahilat. — La signification première de 
ploure-miques devait être celle du fr. 
« pleure-pain », avare qui se plaint la 
nourriture. — Voy. Mique. — Dans le Dict., 
à la suite des œuvres de goudëlin, 
« plouro-micos del castel », pleurard, 
pleureur. 

PLOURICOUS, larmoyant: En au- 
d'mt souns heJus ! e souns j^loiiricous critz. 
LAG. En entendant ses hélas ! et ses cris 
larmoyants. — U plouricous^ un individu 
qui a toujours la larme à l'œil. 

PLOUYADE, Ploujade, ondée. Las 
2)îouyarks, les pluies. 

PLOUYASSÈ, pluvieux, abondant en 
pluie, qui amène la pluie. 

PLOUYASSEYA, Plomjasseja, pleu- 
voir beaucoup, pleuvoir fréquemment. 

PLOUYE, Plouje; Ployé, Ploje, 
pluie : La gran plouye e lou rjran ouradge 
de pay-hou Noè. BOR. La grande pluie et 
le grand orage du patriarche Noé. Re- 
Jamhres, peyre e ploya. H. s. Eclairs, grêle 
et pluie. Com ploja suiis l'hei'ha dalhada. 
PS, (Il descendra) comme la pluie sur 
l'herbe fauchée (sur le regain.) — Bent- 
pilouy, vent qui amène la pluie. — Voy. 
Bent-plouye au mot Bent. — Dans le can- 
ton de Lembeye où la pluie vient du côté 
de Morlaas, on dit: Bent de Morlaas, bent 
de plouye. Vent de Morlaas, vent de pluie. 
— Ha coum lous de Morlaas, Lexa caye 
la plouye. Pnov. Faire comme les (gens) 
de Morlaas, laisser tomber la pluie. Pren- 
dre patience, subir ce qu'on ne peut évi- 
ter. — Prière pour faire cesser la pluie 
(Vic-Bilh): Plouye,esta-tau cèu, Que m'en 
hau enta Bourdèu.De Bourdèu enta Lescar , 
May de Diu, hètz-la cessa! Pluie, reste 
au (haut du) ciel, je m'en vais à Bordeaux, 
de Boi-deaux à Lescar; mère de Dieu, 
faites-la cesser ! — Pluye se dit à Ba- 
yonne: D'aqiiet bent ne sour tira pas pluye. 
puov. De ce vent il ne sortira pas de pluie. 
Des menaces non suivies d'effet. — Nou 
y-ha pas jAouye que puyi. prov. Il n'y a 
pas de pluie qui monte. « Les fleuves ne 
remontent pas vers leur source. » 

PLOUYOUS, Ployoos, pluvieux: 
En iemjys jdoyoos se scaut (s'escad) que 
no piodenatenher a la cort. arch. En temps 
pluvieux, il arrive qu'on ne peut atteindre 
(se rendre à) la cour. 

PliOUYUMI, masc.,la pluie, le temps 
<!(:' pluio, l'humidité de la pluie. 

PLUBIAU ; voy. Cape-pluviale. 

PLUMA, plumer. — , se couvrir de 
])lumes. — Plumât coum u mèrlou. pr. b. 



POB 

Plumé comme un merle. Quelqu'un qui a 
tout perdu, que l'on a dépouillé. — Voy. 
Mèrlou. 

PLUMAT, emplumé. — , déplumé. 

PLUMACH, plumeau, plumasseau. 
— , plumet; \oj. Èmplumacha. 

PLUMA G HOU, Plumichou, duvet, 
menue plume des oiseaux. — Plumachou 
de nèu. Flocon de neige. De là l'expres- 
sion Ossau que plume las auques, Ossau 
plume les oies, lorsque tombe à flocons 
la neige venant des montagnes d'Ossau. 

PLUME, plume. Plumete, plumote, 
dim. Plu/nasse, aug. 

PLUMICHOU ; voy. Plumachou. 

PLUSIURS ; voy. le suivant. 

Plusors, plusieurs : Ha mogut plusors 
pleytesies. bar. Il a soulevé plusieurs pro- 
cès. On « béarnise » aujourd'hui le mot 
fr. « plusieurs », en disant ^jZztsiwrs. 

PLUYE (Bay.) ; même signification 
que Plouye. 

PO, Poo, porreau : Lous p)os (Dognen), 
les porreaux. Y ave caus e poos au casau. 
DÉN. 11 y avait au jardin choux et porreaux. 
Enigme dont le porreau, loup)o, est le mot : 
Que berd, n'epas lauzèrt ; Que blanc, ne 
pas pape; Qu'ha barbes ne pas homi? (Or- 
thez). Il est vert, il n'est pas lézard ; il est 
blanc, il n'est pas papier ; il a de la barbe, 
il n'est pas homme ? — Voy. Porrou. 

Po ; voy. Poude. 

Pobla ; voy. Poble 1 , 

Poblador, Poblado ; Poblader, Po- 
bladé, qui doit peupler, habiter : No pode 
aber poblados, F. o. : no pode aver po- 
blades, F. B. (édit. Mazure et Hatoulet). 
Il ne pouvait avoir des gens qui peuple- 
raient. — L'article d'où les mots qui précè- 
dent sont tirés, porte que Centulle, seigneur 
souverain de Béarn et de Bigorre (fin du 
xie siècle), voulant repeupler Oloron, re- 
connut qu'« il ne pouvait y avoir des habi- 
tants », s'il ne leur donnait et octroyait de 
meilleurs fors et de plus grandes fran- 
chises qu'à nuls autres de la seigneurie. 

Poblant , Poblar ; voy . Poublant, 
Pouhla. 

Poblatio, Poblation, fém., peuple- 
ment : Totz aquels qui a aquesta jmblatto 
vieren. F. o. Tous ceux qui viendraient à 
ce peuplement ( qui viendraient peupler 
Oloron). Dans F. b., édit. Mazure et Ha- 
toulet, j)oblation. 

Poblaumentz, publiquement: Si au- 
cun era prees p)ohlaumeiitz en augun lai- 
roici. F. B. Si quelqu'un était pris publi- 
quement en (commettant) quelque vol. 

Poble, Pobla, construction, grange, 
maison : Bernai deu Cantoo, per poblar 



POD 

la boria tant de lioaiau mm de borda, bona 
cantitat de fuste se abe amassât per far la- 
dite pobla. BAR. Bernard du Canton vou- 
lant bâtir sur la métairie une maison et 
une grange, avait amassé une grande quan- 
tiléilebois pour faire ladite construction. 
S'afeit unepoble en tnre questave. 11 s"est 
fait une construction (maison ou grange) 
en terre serve. — La poble aperade de 
Jasses. DICT. L'habitation appelée de Jasses. 
On désignait ainsi, en 1439.1e château de 
La Bastidc-Villefranche.— , hameau : Po- 
ble aperat Aroquefort en lo loc de Pmjou. 
iiî. Hameau appelé Roquefort du lieu de 
Puyoo. 

POBLE, peuiile : Que non îexetz pas 
ha peu caperaa, peu noble. Las leys ta si 
rned'ixs countre lou prauie poble. NAV. (Nous 
voulons) que vous ne laissiez pas faire par 
le prêtre, par le noble, les lois pour eux- 
mêmes contre le pauvre peu])le. Fer mu- 
danssa de costumes sol lo poble arancurar. 
Aîuvii. Pour changement de coutumes, le 
peuple a l'habitude de se plaindre — , 
foule : Gran poble de femnes anabe dar- 
rer Jhesu-Xrist, ploran[t] per efj.n. s._ Une 
grande foule de femmes suivait Jésus- 
Christ, pleurant pour lui. 
Pobleiau, public ; voy. Cartalarï. 
Pobliar, publier: Fopobliad hiuporge. 
L. o. Ce fut publié au porche. 

Pobre, poussière, poudre. — , poudre 
à canon : Las pobres ans canoos. R. — En 
1376, c'était un mélange de salpêtre, de 
soufre vif, de camphi-e, d'arsenic rouge et 
d'argent vif, salpêtre, sofre biu, camfore, 
arrenic aroy, argent viu. — Voy. Proube, 
Poudre. 

POC, peu; voy. Tapuc. — Toutfem'ix 
poc a poc. F. LAB. Tout finit peu à peu. 

POCHE, Pot)/e (Orthez), poche.— 
Quha dues poumes. Vue a la bouque, l'aute 
a la potye. PR. B. Il a deux pommes, 
l'une à la bouche, l'autre à la poche. Celui 
qui mange ce qu'il a sans en faire part à 
personne. — En fr., « manger son pain 
dans sa poche » signifie manger seul ce 
qu'on a. ITict. de l'Acadéinie, édit. do 1H.'^5. 
h. R. Dic LiNCY, Prov. — Ha crédit de la 
iiiaa a la poche. PROV. Faire crédit de la 
main à la poche. « Vendre au comptant. » 
Podabinhe, serpe à tailler la vigne ; 
ihius un texte, ARCil. 
Podanaa ; voy. Cif/ala podanaa. 
Podence, puissance, pouvoir : Po- 
denrejUcal. ARCll. Pouvoir fiscal. 
Poder ; voy. Poudc, Poudè. 
Podge ; voy. Poudrp;. 
Podrer, poudrier, (pii fabriipie la pou- 
dre. ART. 



PON 



173 



POEGN ; voy. Punt, 2. 
POE Y, Poy, Pouy, masc, hauteur, 
mont, monticule, colline : Debara Moysen 
deu poey de Sinay. h. s. Moïse descendit 
du mont Sinaï. Puyet, Puyet, dim. — Lat. 
« podium. » 

POEYRI, Pouyri; Poyrir, pourrir : 
Fruut jioeyrit, fruit pourri. Lo fera poyrir 
e morir en preson. bar. 11 le fera pourrir et 
mourir en prison. Tatz courbas Ere aulhe 
poeyride nou pud pas. prov. Pour les cor- 
beaux, la brebis pourrie ne pue pas; voy. 
Courbas. — Ue arque de huste qui nous 
poudousse pouyri. IM. Une arche de boisqui 
ne pût se pourrir (de bois incorruptible). 

POEYRIMI, Pouyrimi, masc, ce qui 
est pourri, la pourriture. On dit aussi poev/- 
runi.i, pouyrumi. 

POEYRITUT, Pouyritut, Poyritut, 
pourriture : Au pregoun de la imuyritut 
Tu que cerques ta neurïtut. N.LAB. Au pro- 
fond de la pourriture tu cherches ta nour- 
riture. 

POEYRUMI ; voy. Poeyrimi. 
POEYTROUN (Bay.) ; même signifi- 
cation que Pouytrou. 

Pogaa, Pogar, pouce : D'espes un hoo 
pogaa. R. Un bon pouce d'épaisseur. Avec 
le substantif </ir//, doigt, digt pogaa, le 
pouce : Estrenhement de corda en sons ditz 
pogaas. bar. Serrement de corde aux pou- 
ces. Dans F. B., dit poyar. — Port « pol- 
gar, pollegar. » 
Pogge ; même signif. que Poudge. 
Poixant ; voy. Poxant. 
POLE (Osse), fém., au lieu de clia- 
polp, qui se dit dans les autres localités 
d'Aspe ; même signification que Soubac. 
Poleyoo, « pouliot d ?, rouet de poulie: 
Une balestre ab los poleyoos. ARCU. Une 
arbalète avec les « pouliots ». — Voy, 
Pouleye. — En fr., terme de marine, 
K pouiiot », rouet de poulie. 

Polin ; même signif. que Pourii. 
Polinet. masc, armure, sorte de guê- 
tre couvrant le cou-do-|)ied : Grèves e po- 
lïnctz. Jambières et guêtres couvrant le 
cou-do-i)i(!d. — Cf. Port. « poiaina. » 

Polpre ; peut-être le même que <* pol- 
pra », dans u.-c « ligui elaborati sjie- 
cies »: x saumudes de polpre fort. k. Dix 
chai'ges de bois fort ? 
Polpre ; voy. Pourpre. 
Poin, verger, pommeraie ; Hahemus 
unamjornatain dcjus los poms. c. s. Nous 
avons un arpent de terre au bas des pora- 
mcr.iirs. — Voy. Jounuide. 
Pong ; voy. Punt, 2. 
Pontelh (dim. do pont, pont), poncean; 
dans I,. o., ponteils, pouccaux. 



174 



POR 



POR 



Pontificau, pontifical. — , subst., 
grand-prêtre : Aixi respons au pontificau? 
H. s. Est-ce ainsi que tu réponds au grand- 
protre? 

Poob ; voy. Poup. 

Poogar, tronquer ; {pogaa, pouce, qui 
a une phalange de moins que les autres 
doigts): Cana... ahracade o rogude o poo- 
gade. v. b. Canne (anc. mesure de lon- 
gueur) accourcie, ou rognée ou tronquée. 

POQUE (Bay.), fossette que les en- 
fants font en terre pour jouer à qui y fera 
entrer le plus de billes, de noix, etc. 

POQUET, dans un texte duxv^ siècle, 
ARCH. ; nom de bœuf. 

PORC, porc. Pourquet, pourquin, pour- 
cot, dim. Pourcas, aug. Arramat de porcz. 
F. B. Troupeau de porcs. Porc casaler. 
COUT. s. Porc domestique; celui qui est 
tenu dans l'enclos, que Ton n'envoie pas 
dans les bois. Porc de mars, porc deTnéen) 
mars : Porc de martz, si-n a, j)er Nadau. 
ENQ. (Redevance d'un) porc de mars, s'il 
en a, à la Noël. — Pèe de p)orc (pied de 
porc), déception ; avec le verbe ha, faire, 
ha upèe de porc, décevoir ; avec le verbe 
hahé, avoir, hahé u pèe de porc, être déçu. 
— Besïis deii porc (vers la Chalosse), 
voisins du porc. Ce sont les plus proches 
voisins, ceux que l'on invite au pele-porc; 
voy. ce mot. — Hart couru u porc de 
moulii. PRov. Repu comme un porc de 
moulin (où sont en abondance grains et 
farine). Au gratusa lou porc que-s couche. 
PRov. Au gratter (quand on le gratte) le 
porc se couche. — En fr. « gratter l'é- 
paule à quelqu'un )>, cherchera se le ren- 
dre favorable. — Per Sent-Andreu, Lou 
qui haye porc que-u de seu peu. prov. A la 
Saint-André, quiconque ait porc, qu'il lui 
donne sur le poil ; (le pele-porc — voy. ce 
mot — a lieu d'ordinaire après la Saint- 
André, 30 nov.) 

PORC(Aspe), adj., sale: Umouiporc, 
uu mot sale. Las maas porques, les mains 
sales. 

Porca, truie : Pague porc o porca x 
soos. ARCH. 0. On paye (pour) porc ou truie 
dix sous. 

Porcau, loge à porcs: Losfenestar 
quinze jorns, coin si fossen porcxs, dedens 
u)ie porquau {porcau). arch. m. Ils les fi- 
rent rester quinzejours, comme s'ils eus- 
sent des porcs, dans une loge à porcs. 

PORCHE, Porge, porche ; portique: 
En hifi crampes e ])orches que aye p)roo 
taulese bancxs. H. A. Dans les chambres et 
sous les porches, qu'il y ait en quantité 
suffisante tables et bancs. Fo pohUad 
hiu porge. L. o. Ce fut publié au porche. 



Exl Pliât defore au porche, h. s. Pilate 
sortit sous le portique. 

PORQUE : voy. Porc, 2. 

PORQUEMENTZ (Aspe), Pourca- 
ment, salement. 

Porrogar ; voy. Prourouga. 

PORROU, porreau : Que yhaporrous 
eporrous au nouste casau. pr.h. 11 y a por- 
reaux et porreaux dans notre jardin. — , 
excroissance verruqueuse. — Voy. Pos. 

PORT, <( port », partie de haute mon- 
tagne où Ton mène paître les troupeaux: 
Port d'Aneu, Port de Pomhiee, les pâtu- 
rages au haut des montagnes d'Aneu, de 
Pombie. Les pasteurs ont là des cabanes, 
des cuyalaas ; voy. ces mots. Bendïtion 
de las herbas deus portz. Liv. rouge d'os- 
SAU. Vente des herbes des «ports.» Moti- 
tar los hestiars au port de la montanhe. 
COUT. s. (Faire) monter les bestiaux aux 
«ports» de la montagne. — Voy. Coyalar. 
Les « ports » sont « es montagnes sou- 
veraines », dit j. DE BELA. — Port, pas- 
sage sur la haute montagne. La vallée 
d'Aspe coramimique avec l'Espagne par 
Somport ; Summus Pyrenœus, dans l'Itin. 
d'Antonin. Une borne milliaire a été trou- 
vée en 1860 près de Somport, ancienne 
station de la voie romaine conduisant de 
Saragosse en Aquitaine. DiCT. 

PORT, portée, distance, étendue : De 
ma vita tout lo port. ps. Toute l'étendue 
de ma vie (la mesure de mes jours). 

PORTE, porte : A la gran porte La 
f/ran estorte. prov. A la grande porte, la 
grande « entorse. » Dans le Rouergue : 
'.< Pel los grôndos pouôrtos Pâssou lous 
grons bens ...» Par les grandes portes 
entrent les grands vents, c'est-à-dire les 
grandes adversités sont pour les grands et 
les riches, vatss., Dict. — « De forte cus- 
ture. Forte decirure » (de forte couture, 
forte déchirure). L. R. de lincy. Prov. — 
Mendier se dit ana j^er las portes (aller 
par les portes), demandas' en j^er las jwr- 
<es(s'endem:mderparles portes.) — Porte 
droit d'entrée pour les marchandises : Un 
impost aperat la porte en lo lac de (jamp 
franc, arch. Un impôt appelé la «porte», 
au lieu de Canfranc (Espagne). — Voy. 
Barre , Passerie. 

PORTE-AUBARDE(porte-bât), âne, 
âne bâté. 

PORTE-LANT (porte-brancard) ; le 
lant est une espèce de brancard, de ci- 
vière, pour transporter les morts au cime- 
tière . 

PORTE-LiHEYT (porte-lit); on ap- 
pelle lou iwrte-lheyty lei^orte-lït, l'ensem- 
ble des couplets que l'on chante, lorsque 



POS 

le lit d'une fiancée est transporté de sa 
maison dans celle du fiancé. — Voy. Poé- 
sies pop. de la Gascogne, par J.-F. bladé, 
t. I, p. 239; Paris, Maisonneuve et Cie, 
édit. 

PORTE-PAA (porte-pain) ; dénomi- 
nation par laquelle on désigne Saint-Jean, 
dont la fête est célébrée le 24 juin, le mois 
de la moisson. 

PORTE-T-EN-Y (porte-toi-en-y). 
Par les mots a porte-t-en-y, on désigne un 
lieu, une maison, où l'on ne trouve à man- 
ger que ce que l'on y apporte ; maison de 
pauvre, maison d'avare; lieu misérable. 

Porteyar,? ; voy. le suivant. 

Porteyasoo, fém., usage d'un port. 
Les communes propriétaires vendaient 
les droits d'usage des « ports » sur les 
hautes montagnes. 11 y a dans liv. kouge 
d'ossau (voy. Port, ci-dessus) un contrat 
de vente des herbes des « ports ^), hendi- 
tion de las herhas deus j)ortz, où il est dit 
que la vente est faite pour quinze ans : 
Asso per Vespasi e temps abieder de quinze 
antz e quinze jmrteyasoos. Ceci pour l'es- 
pace et temps avenir de quinze ans et quinze 
usages des « ports. » En faisant suivie 
les mots quinze antz de ceux-ci, quinze 
porteyasoos, on voulait dire que l'usage 
des « ports », jwrteyasoo, n'était, pour 
chacune des quinze années, qu'en certaine 
saison. Chacun des usagers des <ï ports » 
y faisait paîti'e ses troupeaux et disposait 
à sou profit du bois, des eaux, de tout ce 
qui était nécessaire pour le service des 
(( cabanes » : Cascuu s'a pescut e apro- 
feytat. . . de lenJies, d'ayrjues e de totes cau- 
ses qui son necessaris a la serbilut de ca- 
banes. — Voy. Cabane. — Il est à croire 
qu'il y a eu un verbe porteyar, signifiant 
avoir l'usage d'un « port », être usager 
d'un « port )),et que le subst. i)orteyasoo 
a été formé de ce verbe, comme femusoa 
(Ossau) àe feniar . — Voy. Femasou. 

POS, avec diyt, doigt; diyt pos, pouce. 
— Voy. Pogaa. 

POS, masc; POSE, fém., mise au jeu, 
ce que l'on «pose » au jeu. Ilica aujws, 
mettre au jeu. 

Pos, puis, ensuite, i-. o. De jws, de- 
puis. IB. 

POSE ; voy. Pos, 2. 

POSE (Aspo); Pnusete, dim,; même 
signilication (pio Panse, Pausote. 

POSQUE, qu'il puisse; on dit aussi 
piisijiii'. — Voy. Ponde. 

Possedir ; vov. Ponsseda. 

POSSOU (Osse), cloaque, dépôt d'im- 
mondices. — Cf. it. <( pozzonei'o. » 

Post, jambage, poteau, montant, La 



TOT 



175 



troye machine de guerre, avait des postz 
d'abet, r. des montants de sapin. — Libe 
ab post. p. R. Livre avec planchette (li- 
vre relié). — Dans mistral, Dict., «post», 
planche, au mot « Débita. >i 

POSTE, planche ;;;oMS/e^, masc, mor- 
ceau de planche. — Voy. le précédent. 

Postpausar, mettre après; mettre de 
côté : Postpausant totz autres afferes. b.'VR. 
Mettant de côté toutes autres affaires. 
(toute affaire cessante). 

Postular, exercer la profession d'a- 
vocat: Augun no deu esta recebut a postu- 
lar que no sia graduât e examinât jjer lo 
Conselli. . . F. n. Nul ne doit être admis à 
exercer la profession d'avocat, s'il n'est 
gradué et s'il n'a été examiné par le Con- 
seil . . . 

Postulation, fém., exercice de la pro- 
fession d'avocat: Advocat... pot esta privât 
sa postulation. F. H. Un avocat peut être 
privé de l'exercice de sa profession. 

POT, masc, lèvre. Poutet, pout'm, 
poutot, poutou, dim. Poutas, aug. Toutes 
dessus lous potz qu'habèn l'arr'isouht. v. 
Toutes sur les lèvres avaient le char- 
mant sourire. L'un a Vautre, de boque a 
boque, de pot a 2>ot, se baysan. M. B. L'un 
l'autre, de bouche à bouche, de lèvre à 
lèvre, ils se baisèrent. Lous tous pouthis 
halhatzcoum ue meurane. sEi.Tes lèvres en- 
tr'ouvertes comme une grenade. — Ha 
lou imt, faire la moue, avoir un air dédai- 
gneux. — Pot\ baiser. ^a ])otz, faire 
(donner) des baisers . Fou la-)ii minyubi 
de poutoKS.DESV. Je me la mangeais de 
baisers. — Le mot pot (dim. poutou) si- 
gnifiant tout ensemble lèvre et baiser, il 
y a dans l'exemple suivantun jeu de mots 
qui ne peut se traduire en français : Ann- 
giie, datz-me dus poutous. — Dus potz, 
moussu ! b'habetz lous bostes; Goardaiz- 
lous-pe, cown, jou lous mes. nav. Amie, 
donnez-moi deux baisers. — Deux lèvres. 
Monsieur! vous avez bien les vôtres; gar- 
dez-les, comme moi les miennes. — //« 
crouxïupot,îdi\ve craquer un baiser : Que-u 
ne he crouchi dus soilm'iey de labouqnctc. r. 
Il lui en fit craquer deux sur le milieu de 
la bouche. — On a prétendu que ;)o/, lèvre, 
venait du grec -ôroçparle latin « jiotus», 
boisson. — RAYN, Lcx. iv, p. 617, a cité 
cet exemple : « Potz se ditz, quar potai'e, 
d'onvie aquel nom, rnldire brure .» Lèvres 
sont dites, parce (jue potarc, d'où vient ce 
mot, signifie lioire. Voyez plutôt : celti- 
que, poc, bouche, qui se trouve au même 
sens, dans le gallois /wrcy» ; bas-breton, 
pocq : irlandais, pog; basque, au sens de 
huX^cv, potegu'in, faire un baiser. Cf. uo.n- 



176 



POU 



NORAT, Dict. ; LARR\ME^m,Dicc.triUn[/ue; 
V. LESPY, Revue d'Aquitaine (1859), pa- 
ges 239-41. 

POT. il peut; vov. Ponde. 

POTGHE (Aspe,Bay.), poche; voy. 
Poche. 

Potenci, puissance : Lapotencidivinal. 
ART. La puissance divine. On dit aujour- 
d'hui jjoutenci . 

Potent, puissant: Gentz riches epotentz. 
F. H. Gens riches et puissants. — Tout- 
2Hjten[t']. PS. Le Tout-Puissant. 

Potentament, puissamment. Dans PS., 
avec toute-puissance. 

POT-ESGHUC ( lèvre-sèche ) ; voyez 
Jlus-sec. 

Potestat, puissance, autorité. 

Potestat, noble de premier ordre dans 
le pays de Soûle : Au pays de Soie son 
detz Potestatz. COUT. s. Au pays de Soûle 
sont dix nobles de premier ordre. Poden 
estar mandafz los Potestatz e las autres 
gentiushomis . m. Peuvent être mandés les 
premiers des nobles et les autres gentils- 
hommes . 

Potestaterie, seigneurie, domaines du 
potestat : « Charrite est le nom d'une ^jo- 
testaterie du pays de Soûle, élevée en mar- 
quisat par lettres patentes de 1743. » La 
Société béarnaise au xviri™'' siècle. 

POT-PRIM (lèvre-mince). —, mine 
pincée. — , une personne susceptible. 

POTYE ; vov. Poche. 

POTYOLO (Bay.); même signification 
que Poutjjou. 2. 

POU, plur. pous (Orthez, Bay.), con- 
traction àeper lou per lous, parle, par les. 

POU (Bay); même signif. que Poil, 2. 

POU, plur. poûs, contraction de per lou 
per lous, par le, par les. 

POU,Paor, Pagor, peur: La poil me, 
pren Quoand enten'i tua riran tapatye. noel. 
La peur me prend quand j'entends nn si 
grand tapage. La carn es malaute per pjaor 
de la mort. H. s. La chair est infirme par 
peur de la mort. Jo ey par/or rpie aqmst 
homi hulhe far alfjune diablerie, bar. J'ai 
peur que cet homme veuille faire quelque 
piablerie. Paho, dans le même texte. 

POUB. Poob: \oy. Poup. 

POUBLA, Poblar. peupler : Que 
aquestaeiutat... fossa poblada. r. o. Que 
cette ville (Oloron) fût peuplée. — , fonder, 
bâtir: Tremetodus cabalers que poblassen 
boue ciulat en Espanhe. H. s. Il envova 
deux chevaliers pour fonder une bonne 
(une grande) ville en Espagne. Il ptoblera 
ostau dens lo termi de un an. enQ. Il y bâ- 
tira une maison dans le terme d'un an. — 
Poblar u bosc, garnir un bois de plants : 



POU 

Permetut es a cascun de aucide las crabas, 
si las troba .. en boscqs qui l'omjmble. 
F. H. 11 est permis à chacun de tuer les 
chèvres, s'il les trouve dans les bois que 
l'on garnit (que l'on a garnis) de plants. 
— , (avec ou sans le pronom réfléchi) ha- 
biter, s'établir : Sepoden poblar a Videren 
franquimentz. enq. Ils peuvent s'établir à 
Rideren en toute franchise. Sept homis de 
Campfranc viencon 2)rumeramentz poblar. 
F. 0. Sept hommes de Camfranc vinrent 
premièrement s'établir (à Oloron). La 
fidance que deu esser deu bayliu on lo qui-s 
deffen es poblat.-p.'e. La caution doit être 
de la « baylie » où celui qui se défend 
est établi, oblat Pau For de... Etabli 
sous le régime du For de.. Es poblat au 
For de Morlaas, on lo Bayle lo deu rnanar 
entra au tertz die. f.b. (Un individu ap- 
pelé en justice pour le jour même de l'as- 
signation dit qu') il est établi sous le For 
de Morlaas, d'après lequel le Baile le doit 
mander trois iours auuaravant. 

POUBLANT , Poblant, habitant : 
Als sons amatz efizels, als poblantz de la 
bastide de Beqloc; 1280. arch. A ses ai- 
més et fidèles, aux habitants de la « bas- 
tide » de Belloc. — Dans les communes, 
il y avait souvent à distinguer les pou- 
blantz, poblantz., des besiis, « voisins. » 
Les ^joi/iZflft?^ étaient ceux qui, étant ve- 
nus habiter, s'établir dans une localité, 
ne faisaient point partie de la commu- 
nauté, la besiau: vov ce mot. 

POUBLE; voy. 'Poble, 1. 

POUCHIU ; même signification que 
Pucheu. 

POUCHOU (dim. àepout, coq), poulet. 

POUDA, Podar, couper, tailler: 
Poudalas arrames, couper les branches. 
Bilzpoudades, vignes taillées. — Voy. Cot- 
pouda. — Se poda une coste. bar. U se 
rompit une côte. Dens podadas. ps. Dents 
brisées. 

P O U D A D É, Podader; voy. le sui- 
vant. 

POUDADERE, Podadere, serpe 
Podader, masc, arch. m. 

POUDAMENT, Podament, action 
de couper, de tailler ; émondage. — Ja- 
dis , émonder les haies, c'était prendre 
possession d'un bien : Preni pocession en 
la terre per jyodament deus brocxs deus 
pleixs. ARCH. Je prends possession de la 
terre (du bien) par émondage de l'aubé- 
pine des haies. 

POUDAT ( Osse ), extravagant, qui 
parle à tort et à travers. 

POUDATURE, coupure, fracture. 

POUDB , Poder , verbe , pouvoir : 



POU 



POU 



177 



Pouix (pourh),pow]z, podi, anc. pusc, je 
puis; podes on pas, tu peux;j^w<, il peut ; 
paiidem. poudetz, nous pouvons, vous pou- 
vez; /joc^hi, ^oc^i'n, ils peuvent. Foudouy, 
jioudous, je pus, tu pus. Poudi (i fort), 
jiondrbi [i faible), je pouvais. Pouderèy, 
/l'iadcr'i, je pourrai, je pourrais ; on dit 
:i\\ssi jwui/rèi/. pouyrl, anc. poyrey, poyrï. 
Au subj., que pousqiiey , que pousques, que 
je puisse, que tu puisses; que pouscam, 
(/ne pouscatz, que nous puissions, que vous 
puissiez; (àcesubj., s, est souvent articu- 
lée (70; on dit aussi que pusquey, que je 
puisse; quepusque, c[\x\\ puisse. N' ha pas 
jioudut^u n"a pas pu. Hahetz pouscut? Avez- 
vous pu ? Tu no poires conoiche que iameïs io 
iKjusse postât estar home. Disc. cl. Tu ne 
pourrais connaître que jamais j'eusse pu 
'•tre homme. — Quinopot, quepusque. pr.b. 
Qui ne peut, qu'il puisse. Formule odieuse 
d'un jugement rendu par le seigneur de Mi- 
rcpeix. (XI II'' s.). La tradition la rappelle 
^;ins oublier la flétrissure dont le seigneur 
fut justement frappé pour sa dureté si 
cruelle: Judya lo senhor de Mirapex que 
si augun dea dar durs eno los pot piagar, 
que pusque ; e dispausat de judye. qui ère 
deus XII deBearn. F. B. Jugea le seigneur 
de Mirepeix que si quelqu'un doit donner 
deniers et qu'il ne puisse les payer, qu'il 
puisse ; et il fut déposé de ses fonctions 
de juge, (lui) qui était un des douze (ba- 
rons) du Héarn. On trouve po au lieu de 
IMt, peut, dans un prov. cité par Talle- 
niant des Réaux : Qui a hist Morlaas, Po 
hen dire helas ! Qui a vu Morlaas, peut 
bien dire hélas! On sait cequeTallemant 
des Réaux a dit de la vanité des Béar- 
nais; voy. Bearnes, p. 92. D'après lui, ils 
auraient voulu rappeler par le dicton ci- 
dessus que Morlaas, ancienne capitale du 
Béai'n, avait été une très-belle ville. En ce 
sens, le dicton est faux. Mais, pris on lui- 
même, en dehors de toute intention ou- 
trecuidante prêtée à ceux qui l'auraient 
fait, il expiime aujourd'hui la plus triste 
vérité: « Morlaas (chef-lieu de canton) n'est 
plus qu'une vieille ville enfumée, aux rues 
déseites et silencieuses, à la façade noire 
et lépreuse. ))F. soutkas. 

POUDÉ, Podee, Poder, subst., pou- 
voir: Sou n poudé ey infinit. CAT. Son pou- 
voir est infini. No peryossen lo poder qui 
abni.u.H. Qu'ils ne perdissent point le 
pouvoir qu'ils avaient. — , forces : Se 
aju-'. m gran poder de Philisles. m. Les 
Philistins s'assemblèrent en grandes for- 
ces. — Ch. Cr. a/b., édit. i'. mkyer , « po 
dcrs », poavoir, forces. — Podee poderoos. 
PS. Pouvoir tout-puissant. 



POUDE-BROUT (coupe-bourgeon), 
bouvreuil. — Le « coupe-bourgeon », en 
fr., est un petit iasecte qui fait parmi les 
jeunes pousses autant de dégâts que le 
bouvreuil 

POUDE-CAMES ( rompt-jambes ) : 
Courre au poude-earaes. Courir à se rompre 
les jambes; « courir à toutes jambes. » 

POUDE-COT (rompt-cou); au poude- 
cot (au casse-cou), avec la plus grande 
précipitation : Au poude-cotjou que m'es- 
lancl. NAv. Je m'élance en me précipitant. 
— Voy. Cot-pouda. 

POTJDE-PÈE,Poda-pèe (casse-pied); 
on l'appelle aussi esi-ripèt ; voy. ce mot. 
« Les jeunes tiges du cornouiller sanguin 
[hust-du, bois dur), arbrisseau très-com- 
mun dans les haies, effilées et flexibles 
avec élasticité, servent aux enfants et aux 
oiseleurs pour faire les pièges qu'ils nom- 
ment ^jozwZe-^èe.s. » J. BERGERET. Poda-peCS 
perVauserce pausatz. ps. Des casse-pieds 
posés par l'oiseleur. 

POUDEROUS, Poderoos, puissant : 
Lo Diu fort e p)oderoos. PS. Le Dieu fort 
etpuissant.Zo mot noble e poderoos senhor, 
Mossen Gaston. F. b. Le très-noble et puis- 
sant seigneur, Mgr Gaston. — La bontat 
deu Tout-Poderoos.FS. La bonté du Tout 
Puissant. 

POUDGE, Ponfye, Podge, hauteur, 
colline. — La jwudge, ou lou candi de la 
poudge, le chemin de la « poudge » ; « nom 
générique des chemins qui suivent les 
hauteurs. » dict. La podge de Salies. . . 
paye enta Laneplaa. arch. Le chemin de 
Salies (qui) monte vers Lanneplaa. — Pog- 
ge, dans es. 

POIJDRE, Podre, poudre: Flas- 
quefz enta bouta la poudre deus mousquetz. 
F.Past. Des flasques pour y mettre la pou- 
dre des mousquets. — Quoand seré tout 
poudre, nou heré pas u gran pet. prov. 
Quand il serait tout poudre, il ne ferait 
pas (en éclatant) un grand bruit. Se dit 
par moquerie d'un bout d'homme qui fait 
ses embarras. — Poudres amaderes. s. n. 
— Yoy.Atnadé. Poudre pour les maléfices 
(poudre de poison), podres de poso7i. IB. 
Aux Etats de Rénrn, séance du 29 octo- 
bre 1583, .fuus l'artiide de las posoeres, sur 
l'article des sorcières, M. de Sus est d'a- 
vis que, si son trobahes suysides de podres 
de poson. . ., moricn sens figure de procès, 
si elles sont trouvées « nanties » de pou- 
dres de poison, elles .soient mises à mort 
sans forme de procès. — Voy. Pohre. 

POUDRE, Poutre (Aspe); Podre, 
pouliche : Jietenir une podre an passade, e, 
si podre no y a, une cugue. coUT. s. Rctc- 



178 



POU 



nir (saisir) une pouliclie d'un an passé, 
et, s'il n'y a pas de pouliche, une jument. 
— Esp. « podra. » — Ane. français, « pol- 
tre » ; au xvi'' siècle, « poutre » ; du lat. 
« pulletrum », poulain. — Voy. A. bra- 
CHET, Dict. étijm. 

POUDRÉ ; même significtion que Po- 
drer. 

POUFIASSE, femme méprisable ; 
femme de mauvaise vie. 

POUGAA : voy. Poqaa. 

POUGUET : voy. Pouquef, 2. 

POUGUEYA, Pouffueja, tâter avec 
le pouce ; se dit de l'action de presser 
doucement le fruit pour reconnaître s'il 
est mûr. 

POULARD. gros poulet. — , un niais, 
ou celui qui se montre ridicule en voulant 
se donner une grâce qu'il ne saurait avoir. 

POULE; voy. Poure. 

POULE - MÎLHÈRS , canepetière , 
outarde naine.— Voy. Milherine. 

POULET ; voy. Pouret. 

POULEYE, Polege, poulie ; rouet : 
Une haleste ah sa cinte e polege. arch. Une 
arbalète avec son arc et son rouet. — Voy. 
Poleyoo. 

POULH (Bay.), dindon: Lous fa- 
doiilhs . . . hinglat- de glori coum poulhs. 
ARIEL. Les fats enflés de vanité comme 
dindons. 

POULI, cùclier, couvrir la femelle, en 
parlant des volailles'. 

POULIN, Polin ; voy. Poiirii. 

POULIT, poli. — , gentil, charmant. 
Poulidet, poididot, dim. Hètz-pelous nklz. 
poididetz auserous. F. lab. Faites vos nids. 
charmants petits oiseaux. 

POULOY, dindon ; pouloye, dinde. — 
(Ossau), coq de bruyère.—, aufig.,même 
signification que Poulard. 

POUMADE, Pomade, cidre: Coum 
sihahènset,que demandenpoumade. n.past. 
Comme s'ils avaient soif, ils demandent 
(du) cidre. Mo vie ma pomada. F.o. Mon 
vin et mon cidre; dans f.b., édit. Mazure 
et Hatoulet, moos vus e mas poniades. 

POUMADERE, Pomadere, fém. 
sing., les pommes : La pomadere qui es 
de présent au trolli. arch. Les pommes 
qui sont présentement au pressoir. Temps 
de pomadere. COUT. s. La saison des pom- 
mes. 

POMAREDE, pommeraie. 

POUMATAA, Pomataa, verger. 

POUME , Poname, Pome, pomme. 
Poumefe, poumote dim. Paumasse, aug. 
Dab la sèrp dehisant, guinhahe la pou- 
mete. bor. (Eve), devisant avec le serpenl, 
guignait la jolie pomme. Thlede pommes. 



POU 

pères. r.R. Corbeille de pommes, de poires. 
Pourne garbese. Pomme mûre à l'époque 
(des gerbes), de la moisson. Sa propri 
poma posque pialar en lo trolh de l'ostau. 
ARCH. Qu'il puisse broyer ses pommes 
(faire son cidre) au pressoir de la mai- 
son. — La j^oume ey madurete, que la eau 
amassa; Atau ey lajilhete, Quoand ey a 
marida. CH. p. La pomme est déjà mûre, 
il faut la cueillir ; telle est la jeune fille, 
quand elle est à marier. « Les filles et les 
pommes est une même chose. » l.r. de 
LINCY, Prov. 

POUMÈ, Pomer, pommier: Blanque 
au poumè, rose a la pesque, N. lab. (La 
fleur) blanche au pommier, rose au pêcher. 
Mlnja deu fruct d'aquet poumè. N. PAST. 
(Adam) mangea du fruit de ce pommier. 
Pomersplantar. L. 0. Planter des pom- 
miers. Poumeret, dim. Lous poumeretz 
soun coubertz de hoelhudge. F. lab. Les jo- 
lis pommiers sont couverts de feuillage. 
— Cat. « Un pomeret... Que de pometas 
n'es carregat ». mila y fontanals, Bo- 
mancerillo, etc., p. 391. Barcelona, A. Ver- 
daguer, 1882. 

POUMÈ, ustensile pour faire cuire les 
pommes. 

POUMÈLE, pommelle, outil dont se 
servent les corroyeurs pour faire venir le 
grain aux cuirs: Quoand Vu gahahe la p)ou- 
mde, L'aute gahahe lou coutet. nav. 
Quand l'un prenait la pommelle, l'autre 
prenait le couteau. 

POUMERAA(Asson,Rébénac); même 
signification que Poumataa. 

"POUMERAT, Pomerat, pommelé, 
tacheté : Eocii pomerat. R. Cheval pom- 
melé. Boste chibau poumolat. CH. P. Bull, 
de la Société des se., lett. et arts de Pau; 
1843. Votre cheval pommelé. 

POUMOLAT ; voy. le précédent. 

POUMPARRAT, retentissement 
produit par un coup, par une chute, par 
une explosion. 

POUMPE, Pompe, pompe, magni- 
ficence. — , munificence : Nousda lous bées 
y sas gracis dah pompe. F. Egl. Il nous 
donne les biens et ses grâces avec muni- 
ficence. 

POUM! POUM! onomatopée, pan! 
pan ! Poum! poum! La barrique qu'ey 
boeyte, E lous arditzoun soun? Pan ! pan ! 
la barrique est vide, et l'argent où est-il? 
Ce n'est pas tout de boire, il faut payer. 

POUMPOUS, Pompous, pompeux, 
magnifique: U taherné famous. De noble 
ïmpunementz pren lou titre poumpous. 
POY. Un cabaretier fameux prend im- 
punément le titre pompeux de noble. . 



POU 

Haunourat deu esta d'un servici poumpous. 
F. Egl. Il doit être honoré d'un service 
pompeux (laouoré avec magnificence.) — , 
puissant, qui a de l'embonpoint : Bague 
poumpouse, vache puissante. — , pimpant : 
Mavgalklet, poumpouse e bère, Que s'aple- 
gahe deu marcat. H. Marguerite, pim- 
pante et belle, se retirait du marché. — , 
paré : Pompouse com la capère de Gomer. 
D. B. Parée comme la chapelle de Gomer. 
Se dit d'unejeunepaysanne en toilette écla- 
tante ; allusion à quelque circonstance où 
la petite église de Gomer avait été ornée 
avec plus de faux-brillant que de bon goût. 
— Baque poumpouse, hetet cagarous. PR.B. 
Vache puissante, veau « foireux. » Belle 
nourrice, triste nourrisson, — Voy. Betèt, 
Cagarous. 

POUNA, mettre au jeu; ponter. — , 
« foncer » : Pouna d'inès, fournir des 
fonds, de l'argent. — Voy. Dinè. 

POUNANI, toton, espèce de dé avec 
lequel jouent les enfants en le faisant tour- 
ner sur une petite cheville qui le traverse 
et lui sert de pivot. 

POUNCHA , POUNCHADE ; voy. 
Pounxa, Pounxade. 

POUNCHOA; vov. Pounxoa. 

POUNCHOU, POUNCHUT; mê- 
me signification que Puunxuu, Pouaxut. 

POUNDADGE, Poundatye ; voy. 
Pountadge . 

POUNDERA, Ponderar. pondérer. 
— , peser, examiner attentivement : Pon- 
dérai' las actes e excès cometutz. akch. m. 
Examiner les actes et excès commis. F/s< 
e pondérât. s.B. (La cour, tout; vu et pesé, 
(juge...). 

POUNDEROUS, Ponderoos, qui a 
du j)oids, lourd, — , grief, préjudiciable : 
Rcsponder ad atal injuste e ponderose pé- 
tition. Ar;CH. Répondre à telle injuste et 
préjudiciable demande. 

POUNDIQUE, passerelle.— Une des 
rues d'Oloron, que longeaient do chaque 
côté deux petits courants d'eau, s"ap[)elait 
la Poundique ; il y avait une passerelle 
devant la porte d'entrée de chaque mai- 
son. 

POUNDIQUET (petit pont), passe- 
relle: Lcu puHsl lou i)0U7idiquet Qui danse 
e trcmoule. nav. Vite je passe (sur) la pas- 
serelle qui danse et tremble. 

POUNHICA, Povgnka, poindre, pi- 
qiioi'. — ^'L lat. (( pungere. » 

POUIJHOC, Pougiioc, ravaudage mal 
fait, où les points de couture, les uns sur 
les autres, ressortcnt d'une façon gros- 
sière. — , femme petite, de grosse et mau- 
vaise tournui'c. Oc pounhoc est presque 



POU 



179 



difforme; le dim. pounhoucot (voy. ce mot) 
est gracieux dans sa petitesse. 

POUNHOUCA, Pougnouca, coudre 
grossièrement.— Voy. le précédent. Pou- 
nhouqueya, fréq. 

POUNHOUCAYRE , Pougnoucayre, 
qui coud grossièrement. On dit aussi ^om- 
nhouqueyayre. 

POUNHOUCOT, Pougnoucot; le chan- 
sonnier d'Oloron, navarrot, qui a employé 
dans ses couplets ce lUminutif de 2>ounhoc, 
le définitif ainsi en note : « Sous cette dé- 
nomination, on désigne ordinairement les 
grâces en miniature, les beautés en rac- 
courci. » hes 2)oimhoucotz, ces petites per- 
sonnes rondelettes, s'appellent en fr. des 
« boulottes. » 

POUNHOUQUEYA, Pougnouqueya; 
vov. Pounhouca . 

"POUNHOUQUEYAYRE, Pougnou- 
queyayre ; vov. Pounlioucayre. 

POUNHOUQUIS. Pougnouquis, ce 
qui est cousu, ravaudé, en ptounhoc ; voy. 
ce mot. 

POUNNA, pondre : Troumpem-se me- 
dix de pouretes..., Ensemps, a mieyes, Bee 
las pouderam ha pounna. nav. Trompons- 
nous même de poulettes, ensemble, à moi- 
tié, nous pourrons bien les faire pondre. 

POUNSOUNHE (Aspe), Pounsougne, 
fém., poison, venin; pourriture. — , se dit 
au fîg. de gens déiiravés, de choses per- 
nicieuses. — Esp. (. ponzofia. » 

POUNSOUNHOUS , Pounsougnous , 
venimeux , pourri. — , dépravé, pernicieux. 
On dit aussi pounsounhut, p)ounsougnut. 

POUNT, Pont, pont : Bielh coum lou 
pount d'Orthez. D. B. Vieux comme le pont 
d'Orthez. Cette locution proverbiale a i-ap- 
port à l'ancien pont, contemporain proba- 
blement de la ville dont l'existence est 
constatée dès le x° siècle. — Un dicton 
analogue a cours en Normandie : « "Vieux 
comme le pont de Rouen. » h. K. de lincy, 
Proi-. — Notre pont était très-fréqueni- 
mont, depuis le xvi" siècle surtout, un su- 
jet d'entretien chez les Béarnais: Qu'en 
parlerum deu pount d'Orthez! Nous en 
parlerons du pont d'Orthez ! S't-n parlabeni 
drin deu pount d'Orthez ! Si nous en par- 
lions un peu du pont d'Orthez ! Ces ex- 
pressions sont encore fort communes dans 
tout le pays. — Voy. Frinesle, Pèyre. — 
Jadis, on jurait, peut-on dire, j)ar le pont 
d'Orthez : Pcr-Arnuutonjura sober los sans 
evangelis et soher la crotz, tocat[z] de sa maa 
de.rtre, de sautar deu pont de peyre d'Orfes 
en Gave. îr. h. (Le 10 octobre 1337, 
Picrrc-Arnauton de Faurie, de Mondrans, 
promit à Gassion, seigneur de Clavcrie, 



180 



POU 



de Loubieng, que, de sa vie, il ne jouerait 
à aucun jeu ; il s'engagea, s'il manquait 
à sa promesse, à payer 200 sous de Mor- 
laas, et s'il ne les jjayait pas), il jura sur 
les saints Evangiles et la croix, touchés de 
sa main droite, de sauter du pont d'Or- 
thez dans le Gave. — Nostre-Done deu cap 
deu pont. Notre-Dame du bout du pont. — 
Voy. Cap. — Qu'aniram, si cau,derau pount 
d'Ôli. D. B. Nous irons, s'il le faut, au 
delà du pont d'Oly. Se dit communément 
dans la vallée d'Aspe, pour signifier, quand 
il s'élève des contestations, que l'on ira 
plaider, même en appel, à Pau. — Le pont 
d"01y est celui sur lequel on traverse le 
Neez, à Jurançon, à 3kil. de Pau, lorsque 
l'on vient de la vallée. — Pondoly était 
autrefois un fief situé dans le quartier de 
Jurançon que traverse le Neez. On disait 
alors « le pont de Pondoly. » desfirmixs, 
ingénieur, Arch. des Bass.-Pyr., 1737. 
« Pont d'Oly » est aujourd'hui consacré 
par l'usage ; mais il ne saurait provenir, 
comme on l'a prétendu, de ce que les eaux 
du Neez, encaissées et lentes en cet en- 
droit, « ont la couleur de l'huile, oli. » — 
Pont, pas, seuil, escalier: Sus lo x>ont de 
la inirade de la glisia. art. Sur l'escalier 
(sur les inarclies) à l'entrée de l'église. 

POUNTADGE,PoîJ7ite/!/e, Pontadge, 
droit de passage sur un pont : Qui passe 
a goa no deu paga piontadge. F. h. Qui passe 
au gué ne doit payer péage. Qui passe a 
goa nou pague pas poundadye. PR. H. 

POUNTAGUÈS, Pontagués, Pon- 
taquois, de Pontacq : Pountaguès , iin- 
turès. D. B. Pontaquois (gens de Pontacq), 
teinturiers. 11 y avait dans cette localité de 
nombreuses teintureries; le « bleu de Pon- 
tacq » n'était pas, dit-on, de la meilleure 
qualité. Lo cami Pontagués. dict. Le che- 
min de Pontacq. 

POUNT-D'OLI, Pondoly (pont de) ; 
vuy. Pount. 

POUNTÉ, Ponter, péager, qui per- 
çoit le péage d'un pont: Lo ponter qui a 
présent es de Pauseefforse extorquir.AKcn. 
Le péager qui présentement est (celui) de 
Pau s'efforce d'extorquer. . . 

POUNTERIQUET: voy. Pounfet. 

POUNTERIQUEYA, faire de tout 
petits ponts. 

POUNT ET, dlm. de Pount, pont; 
pountcriquet. superdim. 

POUNT-LHEBADIS, pont-levis : 
Laryor deu 2)ont-lhehadis . art. Largeur 
du pont-levis (de Navarrenx). 

POUNT-LOUNG, Pont-Long, 
Pont-long. Les landes aux environs de 
Pau. La vallée d'Ossau en était ancieuue- 



POU 

ment propriétaire. — Voy. Pau. — Elles 
couvraient autrefois tout l'espace compris 
entre le Luy-de-Béarn, TOusseet le Gave 
béarnais. Pelles ont aujourd'hui une éten- 
due de 26 kil. en longueur (largeur 
moyenne de 3) sur une partie du territoire 
des cantons de Morlaas, Pau et Lescar. 
Cf. DICT. — En despieyt deus de Pau, Lou 
Pount-Loung sera d'Ossau. D. B. En dépit 
des (gens) de Pau, le Pont-Long sera 
d'Ossau. La possession de ces landes 
fut, pendant près de six cents ans, con- 
testée à la vallée. Les pasteurs d'Ossau 
employèrent d'abord la violence pour la 
défense de leurs droits : Las gcntz de la 
terre d'Ossau, en temps passât, . . . exides 
d'Ossau ah armes e host feyt, e senhe\_s'\ 
desplegatz eu Pont-Long et en auguns au- 
tres locs de la terre de Bearn, e aqui co- 
metut trops e diverts excès, cum son morts, 
plaquas arsies. . . F.B. Les gens de la terre 
d'Ossau, au temps passé, (sont) sortis en 
armes et corps d'armée, enseignes dé- 
ployées, sur le Pont-Long et autres lieux 
de la terre de Béarn, (où ils ont) commis 
divers excès, tels que meurtres, plaies, 
incendies, — Puis vinrent des procès, 
jAeytz, qui se sont perpétués, dit M. le 
comteG''d'Angosse, jusqu'au jour où, par 
un arrêt solennel du H août 1837, la 
Cour royale de Pau régla définitivement 
les droits de la vallée et des communes 
usagères. — Triste coum lou Pount-Long. 
D. B. Triste comme le Pont-Long. Se dit 
de tout chemin, de tout endroit, d'aspect 
misérable, désert, comme ces « terres in- 
cultes, dont la triste uniformité n'est 
interrompue que par quelques chênes 
épars çà et là. » palassou. Sur cette éten- 
due de fougères et d'ajoncs coulent des 
ruisseaux provenant (( des marais qui s'y 
trouvent de distance en distance.» J. ber- 
GERET. — On s"est efforcé d'expliquer 
Tétymologie àe Pount-Loung. On lit dans 
PALASSOU : « Ceux qui se plaisent à recher- 
cher l'origine des mots penseront peut- 
être que cette dénomination vient de pon- 
tus, qui signifie mer; c'est ainsi qu'on dit 
Pont-Euxin, et qu'Ovide a dit en parlant 
du déluge « omnia pontus erant. » — M. 
le comte C d'angosse, dans ses Notices 
sur la Vallée dOssau, est tout aussi sa- 
1 vaut, sans être plus exact, croyons-nous: 
« L'aspect des lieux, dit-il, et la nature 
marécageuse du terrain, indiquent suffi- 
samment que cette plaine, à une époque 
reculée, dut être entièrement couverte 
d'eau. Aussi adoptenons-nous volontiers 
cette explication (l'explication de Palas- 
sou: j;o?i^e<s^ mer), sila question ne semblait 



POU 

déjà résolue et sous la plus grave auto- 
rité; c'est au premier livre des Annales de 
Tacite. Après avoir rendu les derniers 
honneurs aux mânes de Varus et de ses 
légions, Germanicus ramenait ses troupes 
vers lEms; Arminius, à la tête des Ché- 
rusques. le suivait de près dans cette re- 
traite. Cœcina, l'un des lieutenants de 
Germanicus, conduisait son corps d'armée 
séparément, et, quoiqu'il prît une route 
qui lui était connue, on lui recommanda 
de faire la plus grande diligence pour re- 
j)asser les ponts longs. . . monitus pontes 
loïKjos quamniaiurrime superare ;angustus 
is trames vastas inter paluâes (chaussée 
fort étroite à travers de vastes marais). 
La description que l'histoire fait de ces 
lieux, qui faillirent être funestes aux Ro- 
mains, s'applique parfaitement à notre 
Tont-Long: Cœtera limosa, tenac'ia, gravi 
cœ>w aut rivis incerta erant; circum silvœ 
paulatini adclives. (De vastes marais dont 
le sol fangeux n'est qu'un limon gluant 
entrecoupé de ruisseaux ; à l'entour sont 
des forêts en amphithéâtre). D'après cela, 
l'origine romaine de la dénomination de 
Pont-Long ne pouvant, à notre avis, être 
contestée, on peut supposer, si l'on veut, 
pour la justifier, qu'une similitude de 
localités rappelant de ])rofonds et d'an- 
ciens souvenirs aux soldats légionnaires, 
ils donnèrent aux plaines marécageuses 
de Benearnum le même nom qu'à ces 
marais de la Germanie, ou plutôt que la 
voie militaire qui les traversait offrait 
sur ces terrains submergés une construc- 
tion de même nature, amjustus trames. » 
— On ne saurait admettre ces étjmologios 
de « Pont-Long » indiquées par Palassou 
et par le comte d'Angosse. 11 semble 
étrange que, « mer » se disant, dans ce 
pays, comme dans tout le domaine ro- 
man, mar (maa), on ait pris le mot poé- 
tique « pontus » (du grec ttôvtoç) pour 
le donner à une étendue de terrain qui, 
dans les temps les plus reculés, aurait 
été entièrement couverte d'eau. « Pontes 
longi » est une expression de Tacite ; il 
l'a employée pour designer, non des ma- 
rais, mais imo levée (en bois) à travers 
des marais. On peut bien prétendre que, 
pour être appliquée à nos landes, cette 
expression fut détournée de sa significa- 
tion première. Comment l'aurait-on fait, 
si elle n'était i)as née? Elle est de Tacite, 
et les légionnaires romains dont jtarlc 
M. le comte d'Angosseétaient venus dans 
nos contrées antérieurement à l'époque 
où Tacite écrivit les Annales. Nous avons 
(lit plus haut que dans l'étcuduo du Pont- 
TOME II 



POU 



181 



Long coulent des ruisseaux provenant 
« des marais qui s'y trouvent de distance 
en distance. » Nos landes ne sont donc, 
peut-on dire, qu'un « long marais. » Au 
lieu de recourir au « pontus » d'Ovide, 
aux « pontes longi» de Tacite, pour avoir 
l'explication étymologique du mot Pont 
dans Pont-Long, il semblera peut-être qu'il 
y auraitplutôt àexaminersi ce mot ne pro- 
viendrait pas d'une altération des radicaux 
pal,iKint, qui sont dans le latin « palus », 
dans l'espagnol et le portugais «pantano», 
marais. Ce radical est bien apparent dans 
les dénominations Pau-long etPalloncq, 
par lesquelles on désignait aussi notre 
Pont-Long. Aujourd'hui même, — nous 
l'affirmons pour l'avoir entendu plus d'une 
fois, — les vieux pasteurs d'Ossau ap- 
pellent ces landes Pal-Loung. — D'après 
PAUL RAYMOND (Diction)iaire topograplii- 
que du dép. des Basse- Pyr., p. 138), 
Pau-Long serait « une mauvaise ruse 
de procédure inventée par le procureur 
du domaine de Béarn, et destinée à faire 
croire aux juges des contestations entre 
le souverain de Béarn et la vallée d'Os- 
sau, propriétaire de ces landes, que le 
nom s'écrivait aussi bien Pau-Long que 
Pont-Long . » Il ajoute que « la même 
observation s'applique à Palloncq, car 
la lettre de Henri iv (où se trouve ce 
mot) fait mention du procès pendant en- 
tre lui et les habitants de la vallée d'Os- 
sau. » Ce sont là des assertions qui no 
peuvent tenir, lorsqu'on sait que la déno- 
mination Pal-Loung est encore aujour- 
d'hui usitée, non pas autour de Pau, mais 
en Ossau même. 

POUNTOT, Pountet (dim. de pount), 
petit pont. — Voy. Pontelh, 

POUNXA, Pouncha, poindre, piquer. 
Pun.ra se dit aussi: Troj> jmnxe l'agulhade 
PU. B.Trop point l'aiguillade. En fr. «c'est 
trop poignant. — Esp. a ])unch.ar. » 

POUNXADE, Pounchade ; même si- 
gnification que Punxade. 

POUNXOA, Pounchoa, Ponchoar, 
poinçonner:Lfl.s mounedes seransenhalades 
e ponchoades de une letre, de 1^. arcii. Les 
monnaies seront marquées et poinçonnées 
d'une lettre, de B. 

POUNXOADE. Pounchoade, fém., 
coup de poinçon ; action de poinçonner. — , 
même .«^ignif. (pie Pnini.nidr. 

POUNXOU, Ponchoo. poinçon : Se- 
rtin frgtz imnrhoos pcr lo talhador . .\RCH. 
Seront faits dos poinçons jxtur le tailleur 
(des monnaies). Ung jionclico de os. IB. 
Un poinçon d'os. — Etz pounxous d'Izeste. 
D. B. Los poinçons d'Izeste. Ce dicton ne 

11 



182 



POU 



se rapporte pas aux « poinçons » dont se 
servent les nombreux tailleurs de pierre 
de cette commune ; il y aurait là plutôt 
une allusion aux langues vipérines de 
l'endroit ; les voisins disent : Qui passe 
2)cr Izeste sens esta criticat, Pot passa per 
l'ihèr sens esta hruslat. IB. Qui passe par 
Izcste sans être critiqué, peut passer par 
l'enfer sans être brûlé. — La locution 
270UHXOUS d'Izeste pourrait bien provenir, 
daus le principe, de ce que « l'écu du sei- 
gneur du village (1694) était fascé de 
quatre pièces et chargé de six lances, dont 
trois le fer en chef et trois en pointe al- 
ternées, etc. ARCU. 

PO'UNXUT, Pounclmt, pointu, aigu. 

POUP, Pom//, Poop, masc, balle ou 
bi'ile, petite paille ou capsule qui enve- 
loppe le grain dans l'épi : Que-m hoeys... 
Couiii dah lou hent loupoup. MES. Tu me 
fuis comme avec le vent la balle. A'w.n 
repaus ta [a] 2Mitc souven[t] . Que lo pooh a 
dabant lo vent. PS. Qu'ils aient repos aussi 
peu souvent que la balle en a devant le vent. 

POUPA, Popar, téter : Lou maynat- 
dhi poupahe. L'enfançon tétait. U hetèt 
qui poiqje. Un veau qui tette. Los petits 
qui jjopen . covr . s . Les petits qui tettent. 
— L'ahelhe poupahe lou chue de la flou- 
rete. c. B. L'abeille suçait le suc de la 
fleur. — Gaston-Phœbus a introduit le 
\evhe pouper dans le français de son livre, 
Déduits de la Chasse : « Les ours masles 
demuerent dedcns les cavernes... sanz 
mcngier et sanz boire, fors qu'ils poupent 
leurs mains. . .» 

POUPADOU, Popador, qui tette, 
qui est à la mamelle: Un infant popador . 
AUCH. Un enfant à la mamelle. — On dit 
d'un enfant toujours avide de téter, qu'il 
estjioupadou. — Voy. Poup/assè. 

POUPARDIÈRE, qui a de grosses 
jioupes, « tétassière, femme dont la gorge 
n'a aucutt rapport avec celle de la Vénus 
deMilo. » A, DELVAU , Lang. verte. 

POUPASSÈ, toujours avide de téter. 
— , un individu trop entreprenant auprès 
des femmes. — Voy. Arraguè. 

PO'DPAYRE ; même signification que 
lo précédent. 

POUPE, Pope, mamelle : La j)ouppe 
(pouj^ie) qui-vi neuriba. PS. La mamelle 
qui me nouvrissSiït. Las jwjms qui noaley- 
ian. H. S. Les mamelles qui n'ont pas 
allaité. — Poupe de la came, gras de la 
jambe, le mollet. — May-de-poupe (mère- 
do-mamelle), nourrice, la femme qui al- 
laite l'enfant d'une autre. — Las poujies, 
les seins, la gorge de la femme. Poupous, 
masc; poupetcs, poupines, diim. Poupasses, 



POU 

aug. Poupetes, poumetes. Petits seins, pe- 
tites pommes. — La houni de lus poupe- 
tes. La fontaine des tétons : Dei^puixs 
aquere hèyfe, La hount qui tout hedou, La 
hount oun de Vestrèyte,Btt aute noumpren- 
gou ; Entre las pastouretes L/aquet gau- 
yous canton. Ere se mentahou La hount de 
las pjoupietes. H. Chans. inéd. Depuis ce 
fait, la fontaine qui vit tout, la fontaine 
où (l'amant) donna la surprise, prit un 
autre joli nom ; parmi les pastourelles de 
ce charmant canton, elle s'appela la fon- 
taine des tétons. — La légende de cette 
fontaine était venue de Nérac dans notre 
Béarn ; c'est aussi de là que nous en avons 
appris tout récemment l'histoire. On lit 
dans le livre intitulé /« Guirlande des Mar- 
guerites (Nérac, Ludovic Durey, 1876) : 
« La légende assure que le roi de Navarre, 
Henri d'Albret, l'époux de Marguerite de 
Valois, le père de Jeanne d'Albret, le 
grand-père d'Henri IV, fut surpris un jour 
auprès de cette fontaine en tête-à-tête 
avec sa maîtresse, Marianne Alespée. Cer- 
tes, le peuple a souvent de ces dénomina- 
tions caractéristiques qui éternisent un 
souvenir scandaleux ; mais une autre tra- 
dition, plus respectueuse de la dignité 
royale, attribue ce nom à des mascarons 
de pierre figurant des seins de femme, que 
traversaient les tuyaux de la fontaine. 
Des vieillards assurent avoir encore vu 
les restes de ces motifs de décoration, qui, 
d'ailleurs, étaient bien dans le goût du 
temps. La Hount de las 7)oi;|jetes, avec 
son attique, ses encadrements et ses ni- 
ches, est un échantillon assez complet de 
l'art de la Renaissance. Son architecte, 
dont les archives de Pau nous ont con- 
servé le nom, s'appelait Boulart... La 
fontaine de Lagrange-Monrepos, le châ- 
teau donné par Henri d'Albret à Marianne 
Alespée, rappelle le modèle de la Hount 
de las poupetes. » 

POUPEBII (tette-vin), un amateur de 
« la dive bouteille. » — En piovença!, 
a teto fiolo », ivrogne. MISTRAL, Dlct. 

POIJPILi ( Igon ), plante : undàlicus 
cotylédon. 

POUPOTJ, dim. àe poupe. — , poupon, 
enfant à la mamelle. — A tout rnarit da 
familhete, U pay soûl a cade poupou. nav. 
Donne à tout mari petite famille, un seul 
père à chaque poupon. — On dit d'un in- 
dividu qui est plus laid qu'il ne le croit : 
Beroy poupou. Joli poupon. — , mot de 
tendresse maternelle : Lou me poupou. 
Mon « enfançon » chéri. — , prénom -.Lou 
Poupou de Lacoudure de Hlorluas qu'ey lou 
mey lèd, Dah sa triste figure E lous oelhs a 



POU 

l'endarrè. CH. P. Le Poupon de Lacoudure 
de Morlaas est le plus laid, avec sa triste 
figure et les yeux en arrière (bigles). 

POUPULARI, Fojmlari, populaire. 
— Menut pojmlari. ps.(Menu populaire), 
le bas peuple. 

POUPUT (de x>ovpe, mamelle), qui a 
forme de mamelle ; a.niém . , poupude,^ ma- 
mclne, qui a de grosses mamelles. 

POUQUESSE (Aspe), exiguité ; petite 
quantité. 

POUQUET, fém. pouquete, petit, pe- 
tite ; usité seulement dans la vallée 
d'Aspe. (C'est pour cela, dit-on, que les 
Aspois seraient appelés par leurs voisins 
pouquetz, j)ouquetes . Dans le langage d'O- 
loron et d'Ossau, fit coum u pouquet si- 
gnifie fin comme un Aspois ; ue pouquete, 
une fille ou femme d'Aspe, gentillette ou 
finaude) . Pouquetet, pouquethi, pouquetot, 
dim. — De pouquet îna. Depuis l'en- 
fance. 

POUQUET, subst.masc, petite chose, 
peu de chose. A pouquetz (à petits mor- 
ceaux), peu à peu. — , adv., peu : Pensent 
pnuquet, e hebiani- pkia. F. lab. Pensons 
peu (n'ayons point de souci) et buvons 
bien. A piouguet {imuquet). viGN. A loi- 
sii'. 

POUQUETEMENTZ (Aspe), petite- 
ment. 

POURALHE, Poralhe, volaille : 
Acassa la pouralhe deucasau. Chasser la 
volaille du jardin. — Balhe p)aa, tire bii, 
sua, hayarih la jmuralhe. N. past. Donne 
du [)ain, tire du vin, sus, ayons la volaille 
(sur la table). En tal jorn no s'i despence 
trop poralhe. n. A. En tel jour (le jour du 
repas après une cérémonie funèbre), il ne 
s'y dépense pas (on ne sert pas) beau- 
coup de volaille. 11 s'agit ici du repas qui 
eut lieu au château d'Orthez après un 
seivice funèbre en l'honneur d'Archam- 
baud, comte de Foix, souverain de Béarn ; 
on servit vingt-cinq ou trente bœufs, cent 
moutons, deux cents poules, cinquante 
chevreaux : xxv o xxx hoeus, C motoos, CC 
(jariesj i, crahotz. 

POURALHE, poulailler, abri pour les 
poules, voli(';re. — , poulailler, marchand 
de volailles. Riche marchand ou prauhe 
2>our(dhè. pr. b. Riche marchand ou pau- 
vre i)oulailler. Mot de l'ambitieux jouant 
son va-tout. <( Roi ou rien. » — Tourd pou- 
r allié ; voy. Tourd. 

POURALHÈRE, poulailler, volière : 
Loua hdsaas niantes de toutes las j^oura- 
liiàrs. LKTT. ORTii. Les coqs maîtres de 
toutes les volières. 

POURCADE, ft>m. siug., troupeau 
do porcs, les porcs. 



POU 



183 



POURCALHE ; même signification 
que le précédent. — , cochonnaille. 

POURCAMENT ; voy . Porquementz. 

POURCARIE, Pourquerie; même si- 
gnification que pourcade, i)ourccdhe — , 
cochonnerie. — Non dïtz,nou hè que pour- 
queries. Il ne dit, ne fait que saletés. — 
Oloron et Sainte-Marie, réunies aujour- 
d'hui en une seule ville, étaient avant 
1858 deux communes distinctes. Les gens 
d'Oloron, se targuant d'une supériorité 
qu'ils croyaient avoir sur leurs voisins, 
prétendaient que chez eux tout était bon, 
et qu'à Sainte-Marie il n'y avait que sa- 
leté : Olourou tout so de hou, Sente-Marie 
toute lapourcarie. 

POURCAS, aug. de porc. — U pour- 
cas, un ordurier ; un individu obscène, qui 
se vautre. 

POURCASSÈ, qui a des habitudes de 
saleté , qui vit dans la crapule. 

POURCASSEYA, agir, vivre cnpour- 
cassè ; voy. ce mot. 

POURCAT, petit cochon. Pourcate, 
petite truie. 

POURCATE, marchand de cochons. 
— , marchand de porc frais. — Pourcatès 
de Maucor e de Sent- James, d. B. L'élève 
des bêtes de la race porcine est l'indus- 
trie de la plupart des habitants des com- 
munes de Maucor et de Saint-Jammes. 

POURCAU ; même signification que 
Porcau. 

POURCAYRE (dans la partie du 
Béarn limitrophe de l'arrondissement de 
Dax, Landes). La forêt de Tetiu (arron- 
dissement de Dax) est peuplée de porcs 
qui vivent là à l'état sauvage. Des gens 
des communes environnantes y vont faire 
la chasse aux petits cochons, qu'ils enlè- 
vent le plus souvent quelques jours après 
qu'ils sont nés. On appelle pourcayres les 
chasseurs et les vendeurs de ces cochons 
de lait, dont il se fait, à certains marchés 
de Dax, un commerce considérable. 

POURCERA, cochonner ; se dit de la 
truie, mettre bas. — Ay ! aj/ ! pourcera 
n'cji pas hcrri. PU. n. — Voy. Bcrri . 

POURCÈRE, Porcere (fém. de pour- 
cet, porceg, pourceau), petite truie. Pource- 
rete, pourcerinc, pourccrotc, dim. 

POURCERÈRE, Porcerere ; se dit 
de la truie (pii a des petits. Lue troyc que 
no sie prcnhe ne porcerere. COUT. S. Une 
truie qui ne soit pas pleine ni suitée. 

POURCÈT. Porceg, pourceau ; pour- 
cètch (Aspe) . Pourceret, jiourcerin. puurcc- 
rot, pourcerou, dim. Goeyta lous jiourcctz. 
Garder les pourceaux, t/nc Iroye ah por- 
cegt. Auwc. Whc Uuic avec des pourceaux. 



184 



POU 



POURCÈTCH ; vov. le précédent. 

POURCHET (la Bastide-Clairence), 
pourceau. — Voy. lvcuaire, Étud. sur les 
idiomes pyrénéens, p. 271. 

POURE, Poule, poule. Pourete,poulete, 
poulette. 

POURÈ, Porer, juchoir : Lous hasaas 
dessus lous pourès. lett orth. Les coqs 
sur les juchoirs. Porer e garies. hén. Ju- 
choir et poules. — En 1831 , dans une chan- 
son intitulée Au hasanhet deu drapèu, Au 
petit coq du drapeau (le Coq gaulois), Na- 
varrot disait : Au2')ourè tien-te hort, lou me 
mie ! Diu sah quin la te goarde hère Lou 
gat-2nioch de Mettcrnich! Sur le juchoir 
tiens-toi fort, mon ami ! Dieu sait com- 
ment te la garde belle le chat sauvage de 
IMetternich 1 — , poulailler . — Beroy p)ourè, 
joli juchoir. Avec le verbe liahé, avoir : 
Hahé u heroy pourè, être bien casé^ au sens 
de l'expression de La Fontaine, dans la 
fable des Deux Pigeons, avoir u bon gîte... 
et le reste. » 

POURE T, Poidet, poussin, poulet: 
Pouret de jenè, poulet de janvier, né en 
janvier. Il est excellent à manger quel- 
ques mois après ; on le vend cher : Pouret 
de jenè, Cude plume u dlnè. PROV. Poulet 
de janvier, chaque plume un denier. — 
Voy. Gaspè. 

POURGA. Porgar (nettoyer; lat. 
« purgare » ), cribler, passer au crible : 
Poiirga cihade, passer au crible l'avoine. 

— Pourga castanhcs, éplucher des châtai- 
gnes, en ôter l'enveloppe piquante. — , ar- 
racher ou couper les mauvaises herbes, 
sarcler. — , décortiquer ; ^owrg'Mera, dans 
F. N. Porgar per far secar casso, tausin, 
fage (fag). coût. s. Décortiquer pour faire 

sécher chêne, taussin, hêtre. — Aco n'ey 
paspour[ia castanhes. PROV. Cela n'est pas 
éplucher des châtaignes. — Voy. Casta- 
nhr. — Cat. « porgar. » 

POURGADE, action de cribler, d'é- 
lilucher, d'arracher les mauvaises hei'bes. 

— Cf. esp. {Arag.) « porgadero», crible. 
POURGADE, ce qui est à cribler, à 

éjjlucher, à sarcler. 

POURGADOU,fém. pourgadoure, 
celui, celle qui crible, qui épluche des 
fruits, qui arrache ou coupe les mauvai- 
ses herbes. 

POURGAT, fém. pourgade, j^articipe 
passé Aepourga. — , se dit des personnes 
en parlant de la pureté du teint. — La 
maynade qu'ey de las 2}ourgades (Ah\)c). La 
jeune fille est de celles qui ont le teint le 
plus pur; elle est des i)lus agréables. 

POURGA YRE, masc. et fém.; même 
signification que Pourgadou . 



POU 

POURGET (Aspe), porche d'église. 
— Voy. Porche . 

POURGUE (Aspe), écorce d'arbre. 

POURGUERA; voy. Pourga. 

POURGUÈRE, fém., tas de mau- 
vaises herbes que l'on fait brûler. 

POURGUES,criblures, résidu du grain 
criblé. — , épluchures des fruits. — , mau- 
vaises herbes coupées, arrachées. 

POURGUIL.HES; voy. Pourgues. 

POURIA, pouliner ; se dit de la ca- 
vale, mettre bas. 

POURIA, démonter; se dit d'une mon- 
ture qui jette bas le cavalier. 

POURIADE, ruade. 

POURIC, Poric, poussin: Hahist de 
souns povrlcxs la coadeperdude. gar. (La 
poule) a vu de ses poussins la couvée 
perdue. Cayole de poricx. arch. Cage de 
poussins. Pouricot, pouricoii, pjouriqvct, 
dim. Pourique,iévî\.\ p>ouriquete, àïm.Tau 
coum lous j^ouriquetz e sèi/uhi la garie. 
NAV. De même que les « poussinets » sui- 
vent la poule. — Pouriquete, pouricou, sa- 
bietz dahyou, Si-b hètz cnla,l'esparbèque-h 
minyara. PR. B. (( Poussinette, poussinet», 
venez avec moi; si vous vous faites de 
côté (si vous vous éloignez), l'épervicr 
vous mangera. — Voici en quoi consiste 
le jeu où ces paroles sont prononcées : 
Des enfants sont rangés à la file, se te- 
nant l'un l'autre; ils se détachent tout à 
coup et courent après celui qui a été dé- 
signé pour les appeler; ils se groupent 
autour de lui, comme autour de la poule 
les poussins que menace l'épervier. Ce jeu 
s'appelle au pouricou, au « poussinet. » 

POURICALHE, les poussins, les vo- 
lailles. La ménagère qui voit son jardin 
ravagé par sa volaille, s'écrie : Clouque, 
b'at pagaras ! inoun Diu, de las semalJies! 
Ckè! chè! sourtiz dequiu, diable de p)ouri- 
caUies. N. PAST. Poule, tu le payeras bien! 
mon Dieu, (qu'aurai-je) de mes semailles! 
Chè! chè! sortez de là, diables de pous- 
sins 

POURICOU; voy. Pouric. 
POURIE, pouliche. Poijride. juniriotc. 
dim. — Voy. Pourii. 

POURIÉRE, Poriere, jument qui a 
un poulain : Une eguoa de c/uoate «//.s jirenh 
poriere. arch. Une jument de quatre 
ans pleine ou avec un poulain. 

POURII, Pourin,Polin, Porii, pou- 
lain : Hanilhant coum u baient pourii. 
NAV. Hennissant comme un vaillant pou- 
lain. Crestar toutz lous pourins ([ul a Vadge 
de dèlz e oeyt mees nou seran au delà de 
cinq parus. P. R. (Il est ordonné de) châ- 
trer tous les poulains qui à l'âge de dix- 



POU 

huit mois ne seront pas au delà (n'au- 
ront pas plus) de cinq empans. Que sen 
inisque tirai' aucuns hdz polins. ARCH, Qu'il 
s'en puisse tirer (que Ton puisse avoir de 
ces juments) quelques beaux poulains. 
Pourïet, pourïoi, dim.; pouriete, pouriote, 
pouliche. — Pouriotz de Beou. D. B. Les 
petits chevaux de Béon.Le sens du dic- 
ton est peu favorable et s'applique aussi, 
abusivement, aux hommes de ce village. 
— Le patois de l'arrondissement d'Argen- 
tan (Orne) a les mots « houri, hourin », 
pour signifier petit cheval de peu de va- 
k'ur. On dit là, communément : « Les 
hourins du Pin. Il est possible que cette 
locution proveibiale ait eu cours avant 
l'établissement du haras dans cette com- 
mune. Le territoire du Pin est entouré 
presque de toutes parts par la forêt: il 
est vraisemblable qu'il y avait là, jadis, 
beaucoup de ces petits chevaux de char- 
bonnier, qui sont le type de ce qu'on dé- 
signe dans le pays sous le nom de hou- 
rin.» — Cette explication donnée par 
M. Canel {Blason pop. de la Normandie) 
au sujet des petits chevaux du Pin peut 
être aussi ap|)liquée, en tenant compte 
de la différence des races, à ce que nous 
appelons Xq's, pouriotz de Béon; je ne crois 
pas cfuc ces 2^oitriotz aient été les rejetons 
dégénérés de nos excellents chevaux na- 
varrais. Le Béarn possédait une race che- 
valine, quifutjadis très-avantageusement 
connue sous le nom de navarraiso ou na- 
varrine; on l'appelait béarnaise au xvie siè- 
cle. A la bataille do Centras, Henri IV 
eut le regret de perdre un certain noml)re 
de« ses chevaux béarnais. » Inv.desArrh. 
des Bass.-Pyr. On a dit avec raison que 
ces chevaux avaient un ensemble de qua- 
lités qui produisait la force, la souplesse 
et l'agilité. Ceux de la vallée d'Ossau 
étaient i)articulièi'ement remarqués et ap- 
préciés. « ¥a\ 15S1, Henri IV, maintenant 
les Ossalois dans leiu' propriété du Pont- 
Long, stipula rhommagc, à chaque chan- 
gement de règne, d'un cheval d'Ossau et 
d'un fer de lance; c'était reconnaître en 
moine temps la bonté du cheval de cette 
vallée et la vaillance de se« haliitants. » 
IMCSl'AU'NOUE et DK LIVUON, Album pi/ré- 
iiren. La dégénérescence de cette excel- 
lente race chevaline date de la fin du 
siècle dernier. On assure qu'il ne serait 
pas impossible de doter le pays de che- 
vaux qui auraient encore les mêmes qua- 
lités. Ce serait là une « nouveauté)) d'é- 
levage qui lui vaudrait mieux que celles 
dunt ou a cherché à l'engouer dans ces 
derniers temps. 



POU 



185 



POURII, Porii, poulain, assemblage 
de pièces de hois,fust, sur lesquelles on 
fait glisser les barriques : Ung porii de 

fust. ARCH. 

POURIQUÈRE; même signification 
que Pouricalhe. 

POURIQUETE, Pouriquine (dim. de 
pourique; voy. Pouric), petite poulette. — 
Ilahé la pioxiriquete, avoir la petite pou- 
lette, s'emploie proverbialement au même 
sens que hahé la (jat'me (voy. Gâte), ou 
pour signifier être extrêmement heureux 
en toutes choses ; ce qui s'exprime en fr. 
par le proverbe : «< Etre le fils de la poule 
blanclie. » 

POURPRE , Polpre, pourpre : La 
sercle (cercle) daurat, color de polpre, apari 
entorn lo sorelh. h. s. Le cercle doré, cou- 
leur de pourpre, apparut autour du soleil. 
— , le pourpre, maladie qui se manifeste 
par de petites rougeurs sur la peau. 

POURQUÉ, Porquer, porcher: Au- 
tant haleré esta porc que pourquè. Autant 
vaudrait être porc que porcher. Se dit pro- 
verbialement pour signifier qu'il n'y aurait 
rien à gagner à certains changements. Los 
autes socs porquers. H. s. Les autres (se- 
ront) ses porchers. Pourquè, adj. de porc. 
— , sale. 

POURQUERIE; voy. Pourcarie. 

POURQUET, porc frais. 

POURQUEYA, Pourqucja, salir. —, 
cochonner, faire un ouvrage grossièrement, 
salement. 

POURQUII, Porquii, porcin: Cincq 
caps de hestinr porqui. ARCH. Cinq têtes 
de bétail porcin. 

POURRET, porreau : Las cehcjf, lous 
pmirretz ejiourretes. n. past. Les oignons, 
les porreaux et les ciboules. 

POURRETE, plant de porreau, jeune 
tige que l'on iilante. — , ciboule; voy. le 
précédent. La ciboule s'appelle ijourrete, 
parce (pi'elle participe du porreau, pour- 
ret. — i< Les cibouilles. . . particijient 'de 
l'oignon et du jiourreau, tenans de l'un 
la figure et de l'autre la saveur. » o. lus 

SERRES. 

POURRETE ; voy. Dic-Dac. 

POURROT. dindon. 

POURROÙ (Aspc), petit pain do maïs 
ou de millet cuit au four. Pourroulet, pour- 
rounet, dim. — Voy. Piirre. 

POURRUTE, Porrute, totnlerelle : 

I Pous sendcsdou bos csbarrit, Qu'mccrqueri 

n'idz de. pour r ut c. N. LA». Egaré par les 

soutiers du bois, comme je chercherais 

nids i\i\ tourterelles. Porrute^ dans l'S. 

POURSUGUE, sorte de grange sur 
la montagne, toujours ouverte pour servir 



186 



POU 



d'abri aux animaux qui, à cause des mou- 
ches, ne peuvent rester au soleil. 

POURTA, Portar, porter, apporter. 
Porti, je porte; lyourtabe, il portait, {pu 
devient o quand la syllabe qui suit a un 
son peu sensible ; voy. Grainm. héarn., 
2« édit., p. 22).— Moiltous, aulhes, anhètz, 
bous autz pourtutz de laa, Deus autz es lou 
proufieyt, e boste lou pourta. s. PAST. Mou- 
tons, brebis, agneaux, vous autres portez 
de la laine, aux autres est le profit, et vo- 
tre le porter (et à vous la charge). Dans 
VIRGILE, « Sic vos non vobis vellera fer- 
tis oves. » — Pourta-s, se porter, être en 
bonne ou mauvaise santé : Quin se porten 
a boste f Comment se porte-t-on chez vous ? 
Pourtatz-pe plaa. Portez-vous bien. — , se 
comporter, se conduire : Valens nos por- 
tarani. PS. Nous nous comporterons en 
(hommes) vaillants.^ l'homi gran proffieyt 
revee De-s portaa en homi de bee. IB. A 
l'homme il revient grand profit de se con- 
duire en homme de bien. 

POURTADE, portée.— (Ossau), mon- 
te: Mia a la pourtade. Mener à la monte, 
(mener une jument pour être saillie). 

POURTADE (Mont.) ; même signifi- 
cation que Bancau, 2. 

POURTADE, qui peut ou doit être 
porté . 

POURTADERE , espèce de civière 
à bras pour porter du fumier. On dit in- 
différemment la poutadere, las pourtade- 
res. — Voy. Carcan, 2. 

POURTADOU, Portador, porteur. 
Pourtedou (Orthez , Bay.). On dit aussi 
pourtur, du fr. « porteur » : Lou pourtur 
de countrente. nav. Le porteur de con- 
trainte. Ab aquet portador que nos fasatz 
resposta. argh. Par le présent porteur 
faites-nous réponse. Lo portador los Uu- 
rara. F. B. Le porteur leur remettra (les 
lettres closes). 

POURTALÈ, seuil, avant-porte: Ue 
boutlguefe Dah soun double pour talé. nav. 
Une petite boutique avec son double seuil 
( où l'on entre en montant deux mar- 
ches). Seu pourtalè lou lusèrp que-s p)as- 
seye. pey. Sur le seuil le lézard se pro- 
mène. Lou pourtalè n'iia pas hoey llialet 
caute. SEi. Le seuil n'a pas aujourd'hui 
l'haleine chaude (il fait froid dehors). 

POURTALET, dim. àQpourtau, por- 
tail. — , petite porte basse. 

POURTALET, Portalet, nom d'un 
fort construit sur la montagne (vallée 
d'Aspe, frontière d'Espagne). 

POURTAU, Portau, portail.—, porte 
de ville. — Pourtalct, pourtalot, dim. Pour- 
talas, aug. — , arc de triomphe : Quoate 



POU 

portaus . . . 2^cr far las inirades deu fey e 
reginc. art. Quatre arcs-de-triomphe pour 
l'entrée que devaient faire le roi et la l'eine. 
— L'ostau de las macipes deu portau. dén. 
La maison des filles du portail. (Un mau- 
vais lieu, à l'entrée de Monein, 1385). 

POURTA YRE, porteur, en mauvaise 
part. 

POURTÈ, Portée, Porter, portier, 
concierge. On dit aujourd'hui i^ourtib, du 
fr. « portier. » — Porter signifiait ancien- 
nement capitaine commis à la garde d'un 
château. — , homme de garde à la i)orte 
d'une ville. 

POURTEDOU; voy. Pourtadou. 

POURTETZ, masc"! plur.; on dit aus 
pourtetz, au sens de « porter en chaise, 
lorsque deux personnes entrelacent leurs 
mains pour en porter une troisième sur 
leurs mains ainsi entrelacées. « littré , 
D'ict. — Avec le verbe ha, faire ; ha aus 
pourtetz, }e\\ d'enfants. 

POURTRÈT, Pourtrèyt, portrait : 
De Jeliote anem bisita lou pourtrèyt. nav. 
Allons voir le portrait de Jéliote. — Ce 
portrait était dans une maison du village 
d'Estos, où s'était retiré le chanteur béar- 
nais qui eut, au siècle dei'nier, un si grand 
renom, à Paris, pour le charme incompa- 
rable de sa voix. 

POURTUR ; voy. Pourtadou. 

POURUC, Pauruc, peureux : You nou 
souy pas poiiruc, De l'esparbè nou cranhi 
pas lou truc. SU?. Je ne suis pas peureux, 
de l'épervier (de la mort) je ne crains pas 
le coup. — Poûruquet, poûruquin, dimin. 
Poiirucas, poilrugas, aug. 

POÙRUGUÈ, Pauruguè, masc, dis- 
positiou à la peur. 

POUS, Poos, masc, poussée, impul- 
sion: Datz u pous, donnez une poussée, 
faites mouvoir. — Da u bou pous, donner 
une bonne poussée, faire avancer, faire 
réussir, « donner un bon coup d'épaule .» 
— , coup d'une chose poussée contre une 
autre : Dejfonsan dues pipes de bit ab poos 
de barra, bar. Ils défoncèrent deux pipes 
de vin à coups de barre. — De ^lous (de 
poussée), tout de suite, au plus vite, sans 
s'arrêter, tout d'une traite : Enta tu, La- 
gor, que inaiilegui de pous. SEI. Vers toi, 
Lagor, je me retire au plus vite. Dans F. 
Egl., hoege a gran pous de galop, fuir au 
grand galop, à toutes jambes. 

POÙSADE, dans Nav., hôtellerie. 
C'est le mot espagnol « posada. » 

POUSATE (Aspe) ; même significa- 
tion que Pausate, — , halte. 

POUSOÈ , Posoer , empoisonneur : 
Que debetz cranhe lous pousoès bantadous. 



POU 

viGN. Vous devez craindre les flatteurs 
empoisonneurs. — , sorcier ; ^owsoc/'e, 2w- 
soere. sorcière: Lous j)oiisoès soun mer- 
catz autour de las eschères. N. past. Les 
sorciers sont marqués (ont des marques 
du démon) sous les aisselles. Puusoères 
mauhaseques. IB. Sorcières malfaisantes. 
Far lo procès aus pousoers e pousoeres. 
s. B. Faire le procès aux sorciers et sor- 
sorcières. Monauto posoer. ib. Menauton 
sorcier. Far las procédures a las posoeras. 
IB. Faire les procédures (exercer des 
poursuites) contre les sorcières. 

POUSOERA, Posoerar, empoison- 
ner. — , ensorceler, jeter un sort sur; agir 
par sortilèges. 

POUSOERADGE, Posoerage, sorcel- 
lerie : Personaf/es accusats de l'art de 2^0- 
soerage. s.b. Personnes accusées de pra- 
tiques de sorcellerie. 

POUSOERIE, Posoer te, Posoarie, 
sorcellerie (l'art de préjiarer des « poi- 
sons », et tout ensemble la prétendue fa- 
culté d'exercer une «fatale » influence sur 
les choses et le destin des hommes.) La 
posoerie, dans nos textes, est presque tou- 
jours désignée sous les noms àa posoerie 
e faytdherle ; voy . ce mot. Crims de pozoe- 
ria. S.B. Crimes de sorcellerie. La mula 
artde posoarie. iB. Les coupables pratiques 
de sorcellerie. 

POUSOERIS, ce qui est relatif au 
poison, — , ensorcellement : Bosies pousoe- 
ris. N.PAST. Vos ensorcellements. — Loïc 
posoeris, nom collectif, les sorciers, les 
sorcières. 

POUSOU, Poson, Posoo, poison : 
Pousou mourtau ; nogre poiit'ou. N. PAST. 
Poison mortel ; noir poison. — Sus ta 
frciica bouqueté Qu'èy hehut lou pousou. 
F. LAB. Sur ta fraîche petite bouche j'ai bu 
le poison. — Podres de poson. s. B. Pou- 
dres de poison, poudres pour les maléfi- 
ces. — , venin : Posoo auUni\^t^ que nada 
serp.. . rs. (Ils ont) autant de venin qu'au- 
cun serpent. 

POUSSA, Possar, pousser. 

POUSSA-BRAC (pousser-court), ha- 
leter, être cs.s()ul'll(!. 

POUSSADE, Possade, pou.s.sée. 
Poussadctc, poussiidiilc, diui. L'estnis mc- 
deciiqui-oû dabela poussade. sur. Le ma- 
ladroit médecin qui lui donnait (qui don- 
nait au malade) la poussée. — Lo Jiabè 
donat au'/unes possadcs estant a l'assem- 
bldde deus Estatz. (Dans une lettre de l'é- 
mission de Rei'uard d'Kspalunguo, 151'i.) 
Il lui avait donné (piebjnos poussées (il 
l'avait bouscule), étant à l'assemblée des 
litats. 



POU 



187 



POUSSE-CALHAU (pousse-caillou), 
jeu de furcc et d'adresse, jeu par lequel 
on s'exerce, dans nos campagnes, à qui 
jettera le plus loin une grosse pierre. 

POUSSE-CU; voy. C^-roM^/es.— Usité 
jadis comme sobriquet des Palois,2ww.s-se- 
cus de Pau, des aigrefins, ceux que l'on 
appelait aussi grate-pnpès ; vov. ce mot. 

POUSSEDA, Possedir, " posséder : 
Cause poussedade, chose possédée. Caw.se 
possedide de vingt-un jorns. COUT. s. Chose 
possédée durant vingt et un jours. Las 
crompasse e las j^ocedisse. F. o. Qu'il les 
achetât (les terres) et les possédât. 

POUSSEDIDOU, Possedidor, pos- 
sesseur : Senhor thïedor, pocedklor. arch. 
Le seigneur détenteur, possesseur. 

POUSSESSIOU, Possession, la 
possession: Possession de detz ans défend 
lo possesso en sa possession. F. h. Posses- 
sion de dix ans. . . défond le possesseur 
dans sa possession. 

POUSSESSORI, Possessori, pos- 
sessoire. 

POUSSESSOU, Possessor, posses- 
seur. Possesso ; voy. Poussessiou. 

POIJSTEME, Posteme, fém., apos- 
tème , pus : Pousteme de la plague. Pus 
de la plaie. Aposteme, dans Ps. 

POUSTEMEYA, Poustemeja, apostu- 
mer ; su[)purcr, rendre du pus. 

POUSTEMOUS, Postemoos, puru- 
lent, (pii supjiui'C. 

POUSTEMUT, qui a des abcès, ul- 
céreux, couvert d'ulcères. 

POUSTERLE. Posterle, poterne. 

POUSTET ; voy. Poste. 

POUT, Poutch, i)oulet, coq : L'esparbè 
per hens lous bos Dous poutchs au loup Icxe 
lous os. N. LAB. Lépervier laisse au loup, 
([)ar-ci, par-là), dans les bois, les os dos 
poulets. D'upout s'cnten lou cant maytiè. 
L.\C. D'un coq s'entend lo chant matinal. 
— On dit proverbialement (Vic-Bilh): JM) 
très g ar les e lou pout Que-m f. . .de tout. 
Avec trois poules et le coq je me f . . . de 
tout. Que j'aie quel([ue chose qui vaille, je 
saurai me tirer d'afl'aire. 

POUTADGE, Poutati/e, potage : Lou 
paa, la cani e lou poutadge. N. r.\ST. Li; 
pain, la viande et lo potage. En/ascnltl 
jircner en poutadge. s.b. Kn faisant pren- 
dre (certaines poudres) dans le potage. 
— Mescla trop dlicrbes au j)oiit<idgc, mê- 
ler trop d'herbes au potage, dans F. Fgl., 
pour signifier s'occuper de trop de choses 
h la fois. 

POUTADGE, Poutatyr, potager. —, 
f|ui niine le potage, <|ui mange beaucoup 
de potage. — Poutadgcs de Bidos. v.u. 



188 



POU 



Sobriquet des habitants de Bidos. On ex- 
plique ce sobriquet par un conte bien sin- 
gulier. Le village, tout près d'Oloron, est 
sur les bords du Gave d'Aspe. On pré- 
tend qu'il avait été interdit, on ne sait 
pourquoi, aux gens de Bidos, d'aller ache- 
ter de la viande aux bouchers d'Oloron. 
Quelques-uns furent dénoncés comme 
ayant fait de la contrebande. — Où sont 
les viandes que vous avez achetées, leur 
dirent les agents charges de la perquisi- 
tion ? — Les voici dans le potage, répon- 
dirent les délinquants, et, tout aussitôt, 
ayant retiré les viandes de la cachette où 
ils les avaient mises, ils les jetèrent dans 
le Gave. Les perquisiteurs se gardèrent 
bien d'aller les prendre dans ce bouillon. 

POUTCHET, POUTCHIC (Bay.), 
gousset, petite poche. 

POUTCHOU (Montory), crapaud. 

POUTENCI ; voy. Potenci. 

POUTÈRE (de pot.lèvve), échaubou- 
lure aux lèvres ; herpès lahialis. 

POUTERIQUÈ (de poutet, dim. de 
p)ot, baiser), qui baisotte. 

POUTERIQUE YA , Poîiteriqueja , 
baisotter ; voy. le précédent. 

POUTI ; usité avec repouti ; voy. ce 
mot. 

POUTICAYRE, dans F. Pas«.;voy. 
ApouUcayre. 

POUTINGA, médicamenter, droguer. 
— réf., se droguer. 

POUTINGÙE, Potingue, potion : 
Blreclretau malau Jia-u bebe la poufin- 
(juc. F. Past. Il tourne (va) droit au ma- 
lade lui faire boire la potion. Despende 
en médecine e autres potinges. arch. Dé- 
])cuser en médecines et autres potions. 
Las poid'ingues, les médicaments, les dro- 
gues médicinales. 

POUTIQUEYA, Poutiqueja, baisot- 
ter : Enter-de-viiey de las countredanses, 
e per l'escurade, qu'enteni p'outiqueya.'L^TT , 
oRTH. Dans l'intervalle des contredanses 
et dans l'obscurité, j'entends baisotter. 

POUTOA (de poutou ; voy. pot, bai- 
ser), baiser, donner des baisers. — V 
viayne pouloat pou sourelh. sei. Un do- 
maine « baisé » par le soleil. 

POUTOU, POUTYOU (Orthez), pe- 
tit baiser, tendre baiser. — Voy. Pot. 

POUTOULEYA, Poutouleja ; voy. le 
suivant. 

POUTOUNEYA, Poiitouneja ; même 
signification que Poutiqueya. 

POUTOUNEYAYRE, Poutou- 
nejayre ; voy. Pouteriquè. 

POUTRE ; même signification que 
Poudre, 2. 



PRA 

POUTYE ; voy. Poudge. 
POUTYE (Arthez), poule ; voy. Pouf, 
coq. 

POUTYIG (Bay., Orthez), baiser: U 
dous ]ioufi/ic. un doux baiser. 

POUTYIG A (Bay., Orthez), baiser, 
donner des baisers. 

POUTYIQUEYA, fréq. du précé- 
dent, baisotter. 

POUTYOU ; voy. Poutou. 

POUTYOU (Castetis), maladroit, lour- 
daud. — Voy. Potyolo. 

POUY ; même signif , que Poey . — 
(( J^ouy mayou, le plus grand des tumidi 
de la région autour de Lourdes .» l. J., 
Mémorial des Pyr., 29janv. 1880. 

POUYRE (pourriture), pus. 

POUYRI , POUYRIMI. — Voyez 
Poey ri , Poeyrimi. 

POUYRITUT, POUYRUMI. — 
Même signif. que Poeyritut, Poeyrimi. 

POUYTROU, poltron : Lous mey 
pouy trous que parlahen de hoeye. lett. 
ORïH. Les plus poltrons parlaient de fuir. 
Pouy trounet, pouy irounot, dim. Pouytrou- 
nas, aug. — Voy Poeytroun. 

Poxant, Poixant, puissant : Autre 
diu sia tant poxant cum aquest ? H . s . 
(Crois-tu) qu'un autre dieu soit aussi puis- 
sant que celui-ci ? Très poixant senhor 
MossenJior Gaston, arch. Très-puissant 
seigneur. Monseigneur Gaston . 

Poyar ; voy. Puya. 

POYE, ? , cavité dans les montagnes, 
sorte de puits très-profond. Courrier 
d'Eaux- Bonnes, 10 juillet 1884. Il y en a 
plusieurs dans les environs du pic du 
Caperan. « Ce sont des puits naturels. . . 
à des profondeurs sans nom, sombres et 
inaccessibles retraites des choquarts. » 
c^^E. DE BOUILLE, Guide Jum. 

PRABA, croître, prendre de la force, 
venir bien : L'oumpre [dou higuè) qu'ent- 
pechahe de praha lou cese e la habe grosse. 
LETT. OETH. L'ombre du figuier empêchait 
pois et fèves de venir bien. Lou boeu que 
jirahe. Le bœuf profite ; il prend de l'em- 
bonpoint. 

Prabar, prouver : Quant l'actor no 
2>raba, lo reu deu venir absolvedor. s. B. 
Quand le poursuivant ne prouve pas (ne 
fait pas la preuve) l'accusé doit venir à 
être absous (doit être absous) . L'ag aure 
pravat ah aqueg o abaquegs qui histag au- 
ren. M. B. 11 le lui aurait prouvé avec 
celui ou avec ceux qui auraient vu cela. 
— Voy. Prouba. 

PRABAT, convaincu, reconnu cou- 
pable ; se joint à une appellation inju- 
rieuse pour la renforcer Broigs, broches 



PRA 

prahatz. S. B. (Jean de Casaux, sa femme 
et sa fille), sorcier, sorcières reconnus 
(sorcier, sorcières fieifés) . Femne pravade 
haralhose o maudisetit. bay. Femme con- 
vaincue ( d'être ) querelleuse ou médi- 
sante. 

PRABE, croissance, bonne et belle 
venue ; embonpoint. — Voy. Praha. 

Prabe, preuve ; par ext. , témoin : Las 
pemones qui son de mon hostau ... no podin 
esser treytz prahas pier mi . i, . K . Les per- 
^:onnes qui sont de ma maison ne peuvent 
être produites (présentées comme) témoins 
pour moi. — Voy. Probe . 

Prable ; voy. Preable. 

PRACI, PRACO, contraction de 23er 
aci, per uco. — Voy. Per. 

PRADAA, masc. siuguL, prairie ; 
étendue de prairies. 

PRADARIES , Pradairlas ; voy. 
Pruderies . 

PRADE, prairie : Quoand hey laprade 
ijUÏ herdeye. N. lab. Quand je vois la prai- 
lie qui verdoyé. Pradete, dim. Ent'oun 
bas pastourete ? Hè-t drin en sa ; En 
aqueste pradete Nat louj) non y-ha. mes. 
Où vas-tu, pastourelle ? Fais-toi (viens) 
uu peu de ce côté ; dans cette jolie prai- 
rie, il n'y a point de loup . 

PRÀDÈ, de pré, qui naît dans les 
])rés : Auyamiot ^jrrtfZè, petit insecte des 
lués ; flous pradères, fleurs des prés. — , 
(jui se trouve dans les prés : Yeyas pra- 
diras (Mont.), juments dans les prés. 

PRA DÉ RE ; môme signif. que/'va(/e. 

PRADERIES, Pradaries ; Pradai- 
rlas, praiiies : Praderies de Benou(Os- 
sau). l'rairies de Benou; les vastes prai- 
ries au-dessus du village de Bilhères. 
Floo de pradaries . PS. Fleur des prairies. 
— Qu'ey en sas praderies . Il est dans ses 
prairies. Se dit proverbialement pour si- 
gnifier que quelqu'un est dans l'aisance, 
([u'il aies commodités de la vie. 

PRADÈU, « j)réau » : En la pradèu 
dcu castey. aucii. Dans le « préau » du 
l'iiàteau. 

PRADISSÈ ; même signif. que Prar/è. 

PRADOUL.H (Lagor), pré : Iragade 
jious huiiis d'u prddoidh pini/onrht t. SKI. 
1 1 /abeille) eniviéc des parfums d'un pré 
«'■in.'iiilo de Heurs. 

PRAMO (Hay.), PRAMOU ; voy. 
Per III 011. 

PRAT, pié : Noustcs camps y pratz. 
NAV. Nos champs et (nos) prés. Pratz qui 
porlen fcn. v. n. Les prés qui jjroduisent 
du foin. Pr<tdrt,pradin,prad<it, iWm.Pra- 
rfas, aug., grand et vilain pré. — Quoand 
houleyain amasse scu pradot. soriiiE. 



PRA 



189 



Quand nous folâtrons ensemble sur le 
pré. 

PRATICAR, Praticar, pratiquer. 
— , se mettre en communication, nouer des 
intelligences: Monss. de Miusscns.... a pra- 
tiquât augunes boues gens d'enter hows. arch . 
M. de Miossens a noué des intelligences 
avec quelques bonnes gens d'entre nous. 
(Il s'agissait de l'éprendre la ville de Sau- 
veterre-de-Béarn, occupée par les soldats 
de Charles-Quint. 

Praticiaa, Pratician , praticien, 
homme de loi : AgutconseUi e deliveratïon 
ab ijentz p-«;issm«s.ARCH.Ayant eu conseil 
et délibération avec des gens praticiens 
(avec des hommes de loi ). Bon costumer 
e pratician. BAY. Bon « coutumier » et pra- 
ticien (versé dans la connaissance ilu dioit 
coutumier, des lois). 

P R AURA MENT Z; voy. P7-aM&e- 
nientz. 

PRAUBE, Paubre, pauvre : Qu'èm 
2>raubcs lous pastous, Y tounutz autaa raz 
que lous noustes moutons. NAV. Nous som- 
mes pauvres les pasteurs, et tondus aussi 
ras que nos moutons. Son pay qui os homi 
praube. bar. Son père qui est homme pau- 
vre. Es brasser paubre e no a res que duni 
a JIoss. ENQ. 11 est ])auvre jouinalier et 
n'a rien qu'il donne à Mgr. A m cnsteg min- 
gan cent paubres.H.A. Au château mangè- 
rent cent \)a.\ivres.Praubet.2^i'auMn,prau- 
bot, praubou, dim. Praubas, praubilhaa, 
aug. — ITere {ère) no a de que biure, sino 
de sa praube sudor . BAR. Elle n'a de quoi 
vivre, sinon de sa pauvre sueui- (elle n'a 
pour vivre que le misérable produit de sou 
pénible travail). — Praube de, suivi d'un 
nom ou d'un pronom, forme une locution 
cxclamative qui exprime la souffrance, la 
plainte, la commisération : Praube de you! 
(l'auvi'C de moi), que je suis malheureux! 
Praube de inay ! Pauvre mère ! couunc <dle 
est à plaindi'C ! Praube de bous! (l'auvrc 
de vous), que je vous plains ! — Praubes 
tant qui lou boun Diu boulhe, .Mes lu barère 
nete ! pr. h. Pauvres tant que le l)on Pieu 
voudra, mais la vaisselle nette ! Pauvre, 
mais honnête. « Quelque pauvreté qu'il 
ait, il tient sa vaisselle nette. » L.-u. l'K 
LiNCY , Proii. — On s'excuse de ne pou- 
voir donner que peu, en disant : Lnu lirar- 
ncs ey praube; Siiuey habè, Mey rb darc. 
D. B. Le Béarnais est p.uivre; s'il avait 
davantage, il vous donnerait davantage. 
On prétend que ce dicton date du règne 
d'Henri IV. Un jour que dcsiiasteurs d'Os- 
sau avaient eu l'honneur d'être admis au- 
[jW's du bon roi, ils s'excusèrent ainsi de 
n'avoir à lui offrir que deux fromages a du 



190 



PRE 



pays. )) On ajoute qu'Henri IV, qui n'était 
jamais en reste avec ses compatriotes, leur 
répondit : Hère m'agrade hostre doo, mesjou 
nèy a-p tourna arré de mielhe que mon 
fjrat ; prenetz-lo, e hètz-ne part ans de case. 
Bien m'agrée votre présent, mais je n'ai 
à vous donner en retour que ma reconnais- 
sance; acceptez-la, et faites-en part (don- 
nez-en une part) à ceux du pays. 

PRAUBÈ, masc, misère, extrême in- 
digence : ZoM^)7'ai<6è .se rnarroud. SEI. La 
misère me ronge. — Au riche lou riche, Au 
jyrauhe lou p)i'o-uhè. Au riche la richesse, 
au pauvre la misère. Variante : Au hart la 
hartère, Au praube la misère. PB. B. Au 
repu lamangeaille, au pauvre la misère. 
— Voy. Hartère. 

PRAUBEMENTZ, Prauhameniz, 
Paubrementz, pauvrement. — Pagabe 
ben prauhamentz loz ohres. bar. Il payait 
bien pauvrement (bien mal) les ouvriers. 
— Anabe per las portes praubementz. arch. 
Il allait par les portes pauvrement (il men- 
diait de porte en porte) . 

PRAUBÉRE; voy. Praubèijre. 

PRAUBESSE,Paubresse, pau- 
vresse. 

PRAUBESSE, Paubresse, pau- 
vreté : Sino que Moss. volos prener de sa 
paubresse xfrancx. ENQ. (11 dit qu'il n'a rien 
à donner), à moins que Mgr ne voulût ac- 
cepter de sa pauvreté dix francs. 

PRAUBETAT, pauvreté : Inquié- 
tudes, praubetat, malaudies. IM. Inquiétu- 
des, pauvreté, maladies. Las quoate ordïs 
de praubetat. .\rch. Les quatre ordres de 
pauvreté (les ordres mendiants). 

PRAUBÉYRE,Paubrèyre,pau- 
vreté, misère : Sa prauhèyre, soun huinili- 
tat. CAT. Sa pauvreté, son humilité. La 
jmubreyre deu loc. arch. La misère du lieu. 
Dans PS., prauhère. 

Preable, Priable, Prable, dans la lo- 
cution fra^)?-eai/e, arch. au préalable. Au 
prable. ART. Los bins, au priable que augun 
baxet no sera abroquat (abrocat), seran gus- 
tatz per dus gustadors. arch. Avant qu'au- 
cune pièce de vin soit mise en perce, les 
vins seront dégustés par deux dégusta- 
teurs . 

PREBALE, prévaloir. — réf., se pré- 
valoir . 

PREBEDI, pourvoir : You c[ue pre- 
hedirèy a so qui-t maiviue. IM. Je pour- 
voirai à ce qui te manque. 
PREBEDIMENT, masc, prévoyance. 

PREBENDAT. prébende : Qu'ey ab'e 
prebendat, que hèfort boune chère, p. C'est 
un abbé prébende, il fait fort bonne chère. 

PREBENDE, prébende. 



PRE 

PREBENDÉ3, Prebender, prében- 
dire : Prebender d' Encamps .Tik?-. Le pré- 
bendier d'Incamps. 

PREBENGUT; voy. le suivant. 

PREBIENE, Prebie, prévenir : Anatz 
lou 2^rfbié on p?'e5/e«e. Allez le prévenir. 
Prebiengut ou prebengut, prévenu. — Lou 
prebengut. p. R. Le prévenu, celui que 
l'on présume coupable. 

PREBILÉGI, privilège ; voy. Pribi- 
l'cdge . 

PREBOST, prévôt, magistrat muni- 
cipal ; voy. Perbost. — , officier préposé à 
la surveillance. R. 11 y en avait deux dans 
l'armée de Gaston-Phœbus rassemblée à 
Morlaas. 

PREBOSTAT, prévôté, fonction de 
prévôt. — , territoire où s'exerçait la juri- 
diction du prévôt : La prcbostat de Sent- 
Sever. r. La prévôté de Saint-Sever. — 
Voy. Perbostat. 

PREB YTÉRI , vov . Presbytèri. 

PREGANDA , PREGANDÈ ; voy 
Preganda, Prcgandè. 

PRECARI, précaire. — En nom de 
precarïj à titre précaire : Reconego thenir 
a coUoqui e en nom de precari une binhe. 
ARCH. 11 reconnut tenir à louage et à titre 
précaire une vigne. 

PRECHA, prêcher : Lou capitèni que 
precliabe.... (Voy. Cajntèni.) nav. Le ca- 
pitaine prêchait. Baxatz-pe, garies, lou 
renard que ba prêcha. Baissez-Vous ( des- 
cendez), poules, le renard va prêcher. 
— Voy . Renard. 

PRECHADERE, chaire : Puya ala 
prechadere. Monter en chaire. 

PRECHADOU, Prechedou (Orthez , 
Bay.), prêcheur. 

PREGIOUS, Precioos, précieux : 
Onguen[t] precioos. ps. Parfum précieux. 

Preconisation, publication, promul- 
gation. Les j)reconisations, F. b., se fai- 
saient ab botz de trompe, (avec voix) à 
son de trompe. 

Preda, butin : Qui avéra perdut la 
preda. arch. o. Qui aura perdu le butin. 
PREDEGESSOU, Predecessor, 
prédécesseur. Dans P. R., no astres prede- 
cessours, nos prédécesseurs. 

Predère, en parlant d'une femme de 
mauvaise vie (voy. Jegon), femme que tous 
peuvent prendre, qui se livre à tous. 

Predial, de domaine, de propriété ru- 
rale : Taies prediales. couT. s. Dégâts des 
domaines, des propriétés rurales. 

PREDIC, sermon : Nou proufieytatz 
goayre plaa deus predicxs . F. Past. Yons 
ne profitez guère bien des sermons. — , 
prêche, sermon prononcé dans un temple 



PRE 

protestant: Ana aupredic,2i\\QVSi\x prêche. 
Ha predicqs. F. Egl. Faire des prêches. 
— , oraison funèbre : La misse acabade, 
dixo lo predic, Moss. l'avesque d'Oloron. 
II. A. ( Au service funèbre en l'hon- 
neur d'Archambaud, comte de Foix, sou- 
verain de Béarn) la messe achevée, Mgr. 
l'évêque d'Oloron prononça l'oraison fu- 
nèbre. 

PREDICA, Predicar, prêcher. — 
N oy . Prediqueya. — Dans ps.^predica, pro- 
clamer: PrefZic«?ry tas divinas laudoos . Je 
proclamerai tes louajiges divines. 

PREDICADERE, chaire où l'on prê- 
che. L'auffici terminât, l'abesque d' Olouroit, 
Paya, la mitre au cap, sus la lyredicadere. 
o. BAT. L'office termmé, l'évêque d'Olo- 
ron, mitre sur tête, monta en chaiie. 

PREDICADOU, Predicador, pré 
dicateur, prêcheur: Frays Predicador s. H. 
A. (Le couvent des) Frères- Prêcheurs. 
Predicatou se dit aussi (Aspe, Oloron): 
A la gent que hase sermous. . Mielhe que 
nat piredicatou. NAV. 11 faisait aux gens 
des sermons mieux qu'aucun prédicateur. 

PREDICANT, prédicant, prédicateur 
de la religion protestante. — , sermonneur. 

PREDICATOU ; voy. Predicadou. 

PREDIGAYRE, sermonneur, celui, 
celle qui fait des remontrances ennuyeuses, 
hors do propos. 

PREDIGOLiÉ, fém., pauvre sermon , 
mauvais prêche. — , ennuyeuses remon- 
trances. 

PREDICTIOU, prédiction. 

PREDIQUEDOU(0rtlicz, Bay.), pré- 
dicateur. 

PREDIQUEYA, Prediqueja (fréq. 
de îJi'ed'ica) , trop prêcher, prêcher mal. — , 
sermonner. 

PREDIQUEYA YRE Prrdiqupjayre; 
même signification (pie Predicayre, en 
plus mauvaise part. 

PREDISE, prédire. 

Prees, ancien participe passé du verbe 
Prene. 

Preese; voy. Prese. 

PREFACI, préface. — , préambule, 
cxorde : Deffcndut aus advocats d'estar 
jrrdUxes. . . tant en pre/acis que narrations 
dcus feyts. s. J. Il est défendu aux avo- 
cats d'être prolixes, tant dans lesexordes 
que dans le narré des faits. 

PREFERA, Pl'eferir, i)référer: Lo 
masrle. . . es preferil a la jiÙie. COUT. s. 
L'héritier mâle est pi'éféré à la fille. 

Prefigir, fixer, déterminer: Sens pre- 
Jif/ir fermi, lial/uir a (joardar son bestiar. 
COUT. s. Donner son bétail à garder, sans 
fixer un terme. 



PRE 



191 



Preg, prière; dans un texte (Orthez) 
de 1246. p. MEYER, Recueil d'anc. textes. 

PREGA, Pregar, prier: You bou-n 
precjui, aruigue, oubritz. HOURC. Je vous 
en prie, amie, ouvrez (la porte). Ana. . . 
preguar Diu. H. s. 11 alla prier Dieu. 
Saul l'ag prega. ib. Saiil lui demanda cela 
par grâce. — Prega e paga qu'ey trop. 
PR. H. Prier et payer est trop. Ane. fr. 
«Assez achate quidemaunde. » l. r. di;; 
LINCY, Prov. 

PREGADOU, Pregador, qui prie, 
qui intercède; dans un teste, akch., pre- 
guedor. 

PREGANDA, Precanda, se dit de gué- 
risseurs, hommes ou vieilles femmes, qui 
font métier d'opérer sur les malades par 
des prières et certaines in'Rtiqnes.Preganda 
u malau ; prier pour un malade, tout en 
exerçant sur lui des pratiques, particu- 
lièrement celle-ci : Le malade étant cou- 
ché sur le dos, le guérisseur passe neuf 
fois sur lui, pose fort légèrement chaque 
fois le pied sur le ventre, en lépétant : 
Digatz « nuty de Diu avè » T<i7it de betz 
que Ihèbi lou pèe, e que s'en ane lou ma- 
laudè ! Dites «mère de Dieu ave » autant 
de fois que je lève le {lied, et que la ma- 
ladie s'en aille. Dans la vallée d'.Vspe, 
2Jercanda au lieu de pi-eganda. Souffre- 1- 
on de migraines, de névralgies, la bonne 
femme qui ^jercaHf/e dit des prières tout 
en faisant des })asscs sur lapartiemalado 
avec des aceroles, feuilles de Vaceroulè, 
sorte de violier qui se trouve dans les 
jardins. 

PREGANDÈ, Prccandè,mvt.se. sing., 
action de preganda Q)rièreset pratiques). 
Dans la vallée d'Aspe, percaii, 2)erca udè . 
— On appelle aussi pregandè, le « gué- 
risseur » qui pregandè ; fém., pregandère. 

Preg3iri,Pregarie,Pregaria,\mèic:Las 
pregaries, lous dejunis. cat. Les prières, 
les jeûnes. Pregaria deu matii. ib. l'rière 
du matin. — Pregari courte puye au ccu. 
Courte prière monte au ciel ; on tranche 
de « l'esprit fort» en ajoutant: Quinou-n 
hè bete, y-ey mey lèu. Qui n'en fait pas du 
tout, il est plus tôt. — Obcdir las prcgaris. 
BAY. Céd(>r aux prières. 

PREGATORI, prie-Dieu. —, ora- 
toire. 

PREGN ; vov. Prrnh. 

PREGNEDÀT, PREGNTAT; voy. 
Prruhfdiil , Prnditat. 

PREGNESSE ; même signification 
que Prtnhfxsc. 

PREGOUN, Prcgon, fém. prcgounc, 
profond, iirofonde : U barat prcgoun, un 
fossé profond. La mar prcgounc. NAV. La 



192 



PRE 



mer profonde. — Au j)regoîin, au fond: 
Au ijregoun de la pouyriiut, Tu que cer- 
ques ta neuritut. N. lab. Au fond de la 
pourriture, tu cherches ta nourriture. — 
Qiien ha de pregou». pr. b. Il en a de pro- 
fond. Il est riche. ^ En fr. pop., « il aie 
sac», ou« il eu a dans la profonde (la po- 
che).» — Un personnage de la Pastorale 
de Fondeville, s'excusant de ne pouvoir 
que baragouiner en français, dit que son 
langage n'est pas celui des Frances pre- 
gounes (Frances profondes), des provin- 
ces du fond de la France . — Prer/oiin, 
adv.: Houtya pregoun. Bêcher profon- 
dément. Pregoii enterrât. PS. Enterré pro- 
fondément (dans une fosse profonde). 

PREGOUNAMENT , Pregonament, 
})rofondément : Tas viras son hicadas De- 
hens mi pregonamen\_t^. PS. Tes flèches 
sont fichées en moi profondément. 

PREGOUND, Pî-^.'/oïif/, fém. p-e- 
goimde,pre'/oude; vov. Pregoun. 

PREGOUNDAMENT , Pregonda- 
nierit ; voy. Prcgounament. 

PREGOUNDEYA, approfondir, creu- 
ser profondément, plus avant. — Voy, 
Ajjrpgoiimli. 

PREGOUNDOU, Pregondou, profon- 
deur. 

PREGOUNEYA; même signification 
q : 1 e Pref/0 u n de y a . 

Preguedor ; voy. Pregadou. 

PREING ; voy. 'Prenh. 

Preinse ; même signification que 
Pretnse. 

Prejudicar ; voy. Prejudicîa. 

PREJUDICI, pVéjudice: No los fara 
prejudici. F. B. (11 jure qu") il ne leur fera 
(aucun) préjudice. 

PREJUDICIA, Prejudiciar, pré- 
judieier. On tvonse prejudicar dans F. B. 

PREJUDICIAL, préjudiciable. —, 
où l'on peut causer du préjudice : Los locs 
prejudickds deus passadges. couT. s. Les 
lieux où l'on peut causer du })réjudice au 
public en le gênant dans l'exercice du 
droit de libre passage. 

Prélation, préférence, au sens de ^^er- 
parance; voy. ce mot. 

PREME, Premer, presser. — A la 
clau preme,k presser la clef; voy.Cïau, 2. 

— Preme, exprimer, tirer le suc. — , dans 
PS., opprimer. 

PREMEDERES {Ovt}iez),Premeteres 
(Aspe): même signification que Espreme- 
deres, 2. 

P R E M E N A (Ray) . ), promener . — 
Voy. Prriiicita , Proumena. 

PREMENADE (Bay.), promenade. 

— Voy. Permenade, Proumenade. 



PRE 

PREMENCE (Aspe), action de pres- 
ser, pression. 

PREMETERES ; voy. Premederes. 

Premicial, de jjrémices : Fructz pre- 
micials. F. N. Les fruits de prémices. 

Premicie, Premisie, prémices, pre- 
miers produits de la terre, du bétail : Lous 
mestes de las desrnes e premisies... poude- 
ran.., en anan\t] per las maisons, constrei- 
gner lous mestes e dames aprestarjurament 
sus la quantitdt deus fruts qui auran Ihe- 
vat;... per enprener lo dret de desme ; 1028. 
p. R. Les maîtres des dîmes et prémices 
(les décimateurs) pourront, en allant dans 
les maisons, contraindre les maîtres et mai- 
tresses (de maison) à prêter serment sur 
la quantité des fruits qu'ils ont recueillis, 
pour en prélever la dîme . 

PREMOU ; voy. Permou. 

Premse, fémin., cachet, petit sceau 
gravé, son empreinte: Ey sagerat los pre- 
senfz de ma premse (jyremse) per so que no 
avi ah mi mon saget. ARCU. J'ai scellé les 
présentes de mon cachet, parce que je n'a- 
vais pas avec moi mon sceau. — Voy. Sceaux 
des Arch. des Bass.-Pyr., p. r.vymond. 
Autre premse o saget que lo de la cort deu 
senescaut. arch. (Il avait mis au dos d'un 
mandement) autre cachet ou sceau que ce- 
lui de la cour du sénéchal. 

Premse, oppression : Premsa e desho- 
nor d'Israël. H. s. Oppression et déshon- 
neur d'Israël. — Voy. Aprerne. 

PREMUDE, pression, étreinte. Pre- 
mudete, premudote, dim. 

PREMUT, pressé, serré, étreint. — 
U j)remut, un individu d'un caractère peu 
expansif. — , bouché, dépourvu d'intelli- 
gence. — , de petite taille ramassée. Pre- 
mudet, premudot. dim. 

PREMUTE (Aspe); même significa- 
tion que Premude. 

Prender ; voy. Prene. 

P R E N D I Ù, qui germe vite, pousse 
vite, hâtif : Lou rnilhoc prendiu, le mais qui 
a bien pris, qui pousse bien. Arrasim pren- 
diu, raisin hâtif. 

PRENE, Prener, Prender, prendre. 
Preni ( i faible ), je prends ; preni (i fort), 
on jyrenèbi {i faible), je prenais ; prenouy, 
je pris. Près, anc. prees, pris. On dit aussi 
à Yinûmtiï prengue, prendre: d'où les for- 
mes 2J>'engouy on prencouy , ]e \ms,\prengut 
ou prencut, pris. — Prene mau (prendre 
mal), se donner un effort, — , avorter. — 
Prener justici. F. B. Subir justice (la peine 
capitale). — Prenco passion Jhcsu-Xrist. 
H. s. Jésus-Christ souffrit la passion.— Qui 
tau fara, tau p)renera. F. B. Qui ainsi fera, 
ainsi recevra. Celui qui a fait une faute 



PRE 

doit en porter la peine. Le faussaire était 
condamné à passer d'un bout de la ville 
à l'autre, portant le faux « cloué » sur le 
front, et le crieur public répétait : Qui tau 
fara, tau prenera. — Voy. F, B., édit. Ma- 
zure et Hatoulet, p. 45. 

PRENEDÉ, Preneder, qui peut être, 
qui doit être pris. — , prenable, en parlant 
d'une forteresse : N'ei/ pas aquet castètpre- 
ncdé. V. Bat. Ce château-fort n'est pas pre- 
nable.— , acceptable : Prenedere.. es. f.b. 
(Ma demande) est acceptable. 

PRENEDOU, preneur. 

PRENEMENT, action de prendre. — 
Prenement de coos e de bées. art. Prise de 
corps et saisie de biens. 

PRENGUE (Vic-Bilh), prendre ; voy. 
Prene. 

PRENH, Pregn, Preing (lat. « prse- 
gnans »), qui est près de produire, qui se 
i^'onfle pour produire. Quant la vï prenli. 
II. s. (eloseph voulut s'éloigner de Marie), 
quand il la vit enceinte. Baque prenli o 
hctriere. M. b. Vache pleine ou suivie de 
son veau. — .gonflé, plein, rempli: Z)'a?/- 
f/ue caute que souy prenh . nav. Je suis plein 
d'eau chaude. D'austes ■preings (j)renhs) 
de caumas. F. Egl. D'autres (nuages) gros 
de fluide électrique. — Voy. Emprenlia, 
Kmprenhadf . 

PRENHEDAT, PRENHTAT, 
Prerjuedal, Prcgntat, grossesse, état d'une 
l)éte [)leinc 

PRENHESSE, Pregnesse ; même si- 
gnification que le pi-éc(''(lent. 

PREPARA, Preparar, préparer. 
— , ofl'rir, proposer: l^repari fidance. F. B. 
J'offre caution. — , oifiir payement : Si 
aqueg de qui h clam es feyt j>cr d'iers... 
ausejurar... que paga aus cJamantz o jire- 
para, no es tldencut de dur ley. IB. Si celui 
contre qui la demande en justice est faite 
pour deniers ose jurer qu'il a payé ou of- 
fert de payer aux demandeurs, il n'est pas 
tenu de payer l'amcinde. 

Preparance, fém., offre de prix. — , 
droit de retrait sur une vente. — Voy. 
Perparaiice. 

PREPARAT, a|)iirét: Ifa qranpre])u- 
ral . fair(; d(> grands préparatifs. 

PREPAUS, propos . — A tout prepaus, 
à tout propos : /'J bos a Unit prepaus que 
cerque plague e hrounlie ? nav. Veux-tu 
(pi'à tdut pi'opos il chcrclie plaie et bosse? 
— Voy. J'rrjiaus, 

PREPAUSA, Prepausar, proposer. 
— , exposeï', ex(ili(pi(M', lair(^ coiinaîti'e : 
Dhron, iiarran e prepaunaji... ARCil. Ils di- 
rent, rapportèrent et cxpo.sèrent. — "Voy. 
Propuusa. 



PRE 



193 



PREPAUSITIOU ; même significa- 
tion que Proupousitiou. 

Prepotent, très-puissant : Mot iiohle 
e prepotent senhor. s.B. Très-noble et très- 
puissant seigneur. 

PRESA, Presar, priser, estimer: Po- 
ciis. .. presatzL floriis. R. Chevaux estimés 
cinquante florins. — A caze presa, mes au 
marcat bene. pr. h. En fr. xv* siècle : « A 
l'hôtel priser, au marché vendre. » L. \t. 
DE LINCY. Même proverbe en catalan : 
« Compra n-a casa, o vende n-a feira. » 
Romania, vi, p. 50 . La poesia ptop., etc. , 
MILA Y FONTANALS. — Presa-s, dans PS., 
s'estimer heureux d'une chose, s'en ré- 
jouir. 

PRESA, priser, prendre du tabac par 
le nez. 

PRESADOU , Presador, priseur, 
estimateur : Los presadurs de la bayxere. 
ARcn. Les estimateurs delà vaisselle (des 
vaisseaux vinaires). 

PRESADOU, [)riseur,qui prend du ta- 
bac. 

PRESA-S; voy. Presa, 1. 

PRESA-S, s'appliquer, ti'availler avec 
une attention soutenue, avec le plus grand 
soin: A la fourma nature s'eyp)resade.'L\'M. 
La nature s'est appliquée à la former. 

PRESAT, affecté de manières et de 
langage. TJe jiresade. une « précieuse. » 

PRESBYTÈRI, Prebytèri, presby- 
tère : L'aprcs-soupu deu presbytèri. N.vv, 
(Chanson sur) l'après-souper du presby- 
tère. Jan dou prehytèri. N. LAB. Jean du 
presbytère (le curé). 

PRESE, Preese, prise. — On dit à mi 
chasscui' : Ifahetz licyt jnrse ? A\ez-\'ous 
fait prise (avez-vous fait bonne chasse?). 
— , capture : A cauaede la preese se iiergn 
gran quauiitat de ]jetitz hetetz... ARCll. u. 
A cause de la capture (des vaches), il se 
perdit une grande quantité de petits veaux. 
— Ue prese de sau. Une pincée de sel. — 
llabê tousteiiips la prese au naz. Avoir tou- 
jours la prise au nez. Ne faire que priser 
(prendi'c beaucoup de tabac par le nez). 

PRESENCI, Presencie, présence. Dans 
PS . , />resf}i^a , presencia . 

PRESENT, présent, don : lia u ;»r- 
sent, faire un présent, offi'ir quelque chose 
en présent. — Astissalhe, Pique la palhr : 
Deu pedoulh que hcii talxilhe. Deu bragu' n 
que h en présent. D. n. Méprisable |>o|)ul;i- 
tion d'y\stis, elle se nouri'it de paille, fait 
l)onne chère do poux et fait présent de 
dartres. — Dans les IL-I'yrénées, les gens 
d'Asto adressent à peu près la mémo in- 
jure à la iiopulatiou de l.i vallée d'Aure : 
Auresalhe, Pii/tia-j/alha, Dab u liniac que 



194 



PRE 



hèn gasalha, Dah ua moiisca que hèn pré- 
sent. Oh ! la lèda rassa de yent. d"" de- 
JEANNE, Cf. Romania.t. xii. Gensd'Aure, 
avares (se uourissant de paille); avec une 
limace ils font cheptel, avec une mouche 
ils font un présent. Oh! la laide race de 
gens ! 

PRESENT, adj., présent; ancienne- 
ment des deux genres, comme en latin ; 
cf. Gram. iéora., 2e édit. , p. 2\2. Las 
presentz, les présentes : Ey sagerat las 
presentz. ARcn. J'ai scellé les présentes (de 
mon cachet). — , avec de, de, deu, du : de 
présent, deu présent, présentement ; on di- 
sait, aussi a deu présent, — Lat. « ad pra3- 
scns. » 

PRESENTADÉ, qui peut être, qui 
doit être présenté , présentable ; qui doit 
se présenter. 

Présenter, dans es., qui doit se pré- 
senter, 

PRESENTEYA, Presenteja, combler 
lie présents. 

PRESEP, PRESEPI (Aspe), éta- 
ble, crèche. — L'enfant... en lo presepi. 
II. s. L'enfant (Jésus) dans la crèche. — 
Lat. « prresepium. » — Esp. « pesebre. » 

PRESIU, de grand prix, précieux, di- 
gue d'être prisé : Lo Senhoo es gran e pre- 
siu. PS. Le Seigneur est grand et fort 
louable. 

PRESOÈ, par syncope de presounè ; 
voy. ce mot. 

PRESOU, Preson, Presoo, prison: 
Dus mees depresou. nav. (Condamnation 
à) deux mois de prison. Las presons caste- 
Urnes de la 2)resent vile. s. B. Les prisons 
(lu château de la présente ville. Trego de 
prezoo a Johacliim. H. s. Il tira de prison 
Joachim. — La prezoo deus leoos. ib. La 
fosse aux lions. — La prezoo de l'inferm. 
IB. L'abîme de l'enfer. 

PRESOUMI, être fier : se dit particu- 
lièrement des personnes qui font montre 
lie parure, d'atours. — Esp. «presumido», 
fat, présomptueux. 

PRESOUNÈ, Presonée, Presoner, 
l)risonnier : Lo gémit deus 2J}'esonèes. PS. 
Le gémissement du prisonnier. — Voy. 
Presoè. On dit aussi persounè . 

PRESQUE, pêche, fruit : La presque 
de Pau. J. EERGEEET. La pêche de Pau ; 
jicrsica palensis, Tournef . Cezes epresques 
de Monenh. d.b. Petits-pois et pêches de 
Monein. — Voy. Cese. 

PRESQUE, Presquer, pêcher, ar- 
bre. 

PRESSA, Pressar, presser. — 
L'Iiomi pressât de sons pecats. PS. A. 
L'homme sous le poids de ses péchés, 
tourmenté par ses péchés. 



PRE 

PRESSE, pierre plate et ronde, palet 
pour jouer, 

PRÉST, subst., prêt, action de prê- 
ter, chose prêtée. 

PRÈST, prêt, disposé, préparé -.Preste 
de lyroar per testimonis. ENQ.EUe est prête 
à prouver par témoins. Esprest de far . . . 
EAY. 11 est prêt à faire. . . 

PREST A, Prestar , prêter: Qui 
j)rtste nou crube. Qui prête ne recouvre. 
Un ne recouvre pas toujours aisément ce 
que l'on a prêté. Malhebahe prt[a], hii, 
aur, argent. . . ond trohahe que lo-n bolos- 
SPM prestar. bar. 11 empruntait pain, vin, 
or, argent, où il trouvait qu'on voulût lui 
en prêter. — Prestar son opinion. couT. s. 
Donner son opinion. 

PRESTADÊ, Prestedê; se dit des 
choses que l'on peut prêter, qui se prêtent. 
Prestadis, prestedis ; même signification. 

PRESTADOU, Prestador, prêteur: 
L'arrouiuigue chicprestadoure. La fourmi 
peu prêteuse. Prestedou, presiedoure (Or- 
thez). 

PRESTAMENTZ, Prestement, pres- 
tement : Presfamentz lo anasse sercar (cer- 
car). B.\R. Qu'il allât prestement le cher- 
cher. Que prestement vengosse ait casteg . 
IB. Qu'il vint prestement au château. 

PREST AYRE, prêteur, prêteuse, qui 
aime à prêter. 

PRESTE, prêtre : Bernât d'Audaux, 
preste, misse-cantaa de Sente- Marie. M. B. 
Bernard d'Audaux, prêtre, chantre de 
Sainte-Marie. 

PRESTEDÊ ; vov. Prestadé. 

PRESTEDÏS , PRESTEDOU; voy. 
Prcstadè , Prestadou. 

PRESTI, pétrir. Presteixi, 2}restechi, 
je pétris : Paste plaa prestide. Pâte bien 
pétrie — Presti début louspèes. (Pétrir 
sous les pieds), piétiner sur quelqu'un, 
sur quelque chose, fouler aux pieds, — 
Presti maynatyes (pétrir des enfants), — 
Voy. Mèyt. 

PRESTIDE, action de pétrir, — , 
masse de pâte que l'on pétrit. 

PRESTIDE, pétrin. 

PRESTIDE, qu'il faut pétrir, propre 
à être pétri : Paste prestidere, pâte que 
l'on doit pétrir, qui va être pétrie. 

PRESTIDOU, pétrisseur ; fém. près- 
tidoure. 

Prestinèire ; voy. le suivant. 

Prestinhèr, fém. prestinhère, boulan- 
ger, boulangère: Prestinheres qui fen pan 
a bener. bay. Les boulangères qui font du 
pain à vendre. Prestinèire qui au cap dou 
pont esta. L. o. La boulangère qui se tient 
au bout du pont. 



PRI 

PRESUMA, Presumir, présumer : 
/ù de presumir. . . F. B. Il est à présu- 
mer. — , croire avoir le droit de: No cujos- 
sen a entrar au molii ^je?' moler, cum pre- 
sumivene atteinptavenfar.yi. B. (Que les 
Cagots) n'entrassent pas au moulin pour 
moudre, comme ils croyaient avoir le droit 
et tentaient de le faire. 

PRETENDE, Pretene, Pretender, 
Pretener, prétendre: Ne<iun no piisque pre- 
tener ignorance. F. B. Que nul ne puisse 
|)rétendre ignorance. 

PRÈTZ, prix: Prenèn pretz deusjtid- 
yamentz qui fasen. H. s. Ils prenaient prix 
des (les fils de Samuel vendaient les) ju- 
gements qu'ils rendaient, — Onguens de 
pretz. va. Parfums précieux. — Lo pretz 
deu damjmadge. F. c. La valeur du dom- 
mage. 

PRÉTZ-HEYTÈ, qui exécute un tra- 
vail à jirix fait. 

PREXEC, Prechec, rnasc, pavie, 
])êche dont la chair adhère au noyau 
Perchée, pj^rchic, se disent aussi. — En fr. 
« gros presèque rouge, gros mirlicoton. » 
— Lous prexecxs de Bearn. d. b. Les pa- 
vies de Béarn. — HenrilV écrivait (6 mars 
151)6) : « Je vous prie m'envoyer une dou- 
zaine de petits arbres mylycotons et aul- 
ti-es àe paries du Béarn» ; — (31 août 
1()00) : « Envoyez-moi des bons melons, 
des muscats, des figues et des persegues. » 
Lett. Miss. — S'arroud pères e perchicxs. 
N. LAB. II ronge poires et pavies. — ' Os 
de prexec, os (noyau) de pavie ; il est très- 
dur ; de là, pour marquer la dureté de 
cœur, l'expression lou coo d'os de prexec, 
lo cœur de noyau de pavie : Bous autz, 
gouyatz, qu^habetz lou coo de metau ; e 
bous autes, gonyates, que lliabetz d'os de 
prexec. serm. Vous autres, jeunes gar- 
çons, vous avez le cœur de métal, et vous 
autres, jeunes filles, vous l'avez de noyau 
do pavie. 

PREXEGUÈ, Precheguè, pêcher qui 
liroduit des pavies. 

Priable ; voy. Preable. 

PRIBA, Pribar, priver. — (Ossau), 
mettre un terrain en défens. 

PRIBADEMENT, privément.— , en 
siniiiio particuliei-, sans charge publique ; 
en réunion privée : Los j)rohoniis . . . priua- 
dernent s'ensurran. . . ■ per ordcnar enter 
edz les costumes, bay. Les |)ru(rhommes 
s'enfermèrent en réunion privée pour ré- 
gler entre eux les coutumes. 

PRIBAT, masc, latrines : Lou pri- 
hat, le cabinet d'aisances. 

PRIBAT, familier, ami : Ssoos (soos) 
prihatz e scgretaris. II. s. Ses familiers et 
secrétaires . 



PRI 



195 



PRIBE (Bay.) ; même signification 

que Prue. 

PRIBILÈDGE, Pribilètye, privilège. 
Preuilegi ( preUlegi) . BAY. 

PRIGLADOU (de perigle , itrigle, 
tonnerre), celui qui tonne, le maître du ton- 
nerre : Ouu ey lou prigladou qui hè, si 
perpereye, Terre-tremb. sei. Où est le maî- 
tre du tonnerre qui fait, s'il remue la pau- 
pière, tremblement de terre (qui fait d'un 
mouvement de sa paupière trembler la 
terre). — « Annuit, ettotum nutu treme- 
fecit Olvmpum. » virgile. 

PRIGLADE (Orthez). — Voy. Peri- 
glade. 

PRIGLE , PRIGLÈRE (Orthez) ; 
même signification que Perigle , Peri- 
glère . 

PRIGUE, PRIGUÈ ; même signif. 
que Aprigue, Apriguè. 

PRIM, fém. prime, le premier-né, la 
première-née des héritiers ou d'une classe 
d'héritiers : Prim de l'ostau, ovijn-im here- 
ter de l'ostau. enq. Le premier-né héritier 
de la maison, du domaine paternel. PWme 
de l'ostau ou heretere de case. ib. La pre- 
mière-née héritière de la maison, du do- 
maine paternel. — Louprim de touts 2>rin- 
ces de sang. f. Egl. Le premier de tous 
les princes du sang (héritier présomptif 
de la couronne). 

PRIM, mince, fin, ténu : LU prim. \ An 
fin. Corde prime. K. Corde mince. — Voy. 
Mus-2)rim. 

PRIMABÈRE ; même signification 
que Priniebèrr. 

PRIM-COURDA ; voy. Courda. 

PRIME ; voy. Littre. 

PRIME, prime, la première des heures 
canoniales : Si era de inutii, o prima, o 
terce, o miey die. F. B. Si c'était le matin, 
ou primo, ou tierce, ou midi. 

PRIME, fém., printemps : Maridatye 
rentbiata la prime. LAJi. Mariage renvoyé 
au printemps. — A la prime tout rebourei.r,. 
PROv. Au i)rintemps tout rebout (se re- 
nouvelle, renaît). 

PRIME BÉRE, Primabère, fém., prin- 
temps : Las fjldus) de la priviebèrc. F. Egl. 
Les fieurs du iirintcmps. llibern e prinui- 
vera, Tulnsaslmtz. ps. (L'été, l'automne), 
l'hiver cl le printemps, tu les as faits. 

Prime facie ( de ), dans un texte, 
.VRCH., de piime abord. 

PRIMESSE, Pcrmessc, droit de l'hé- 
ritier, de l'héritière. — Voy. Prim, 1 . — Dret 
de primesse, retrait lignager. uayn. a tra- 
duit par « primauté.'» — En Bretagne, 
« premesse » était le droit << en vertu du- 
quel les proches parents pouvaient rc- 



196 



PRI 



PEO 



prendre les héritages nobles qui avaient 
été aliénés. » chéruel, D'ict. des lnst.,etc, 
PRIMEYA (de^J^'î^re, mince), amin- 
cir. — , devenir mince, devenir maigre. 
— , paraître mince. 

Primier ; voy. Prumb. 
Priinogenit, premier-né : Lo primo- 
fjenit ou primogenite qui per la coustume 
succedis a sons p)C-y ^ may. coût. s. Le 
premier-né ou la première-née, qui, d'a- 
près la coutume, succède à ses père et 
mère. 

PRI MOU (de ^î-J7«, mince, fin), té- 
nuité, gj'acilité : Primou d'esprit, peti- 
tesse d'esprit. 

Prim-torn, retrait lignager; voy. Pri- 
messe. 

Prim-torner, héritier ayant droit au 
retrait lignager. 

PRINCE, Princep, prince : Place au 
Prince qui passe! NAV. Place au Prince 
qui passe! — , chef: Princep deu me po- 
ble. H. s. Chef de mon peuple. — , maître: 
Diu te bol que sies princep sober la soe he- 
retat. m. Dieu te veut (pour) que tu sois 
maître sur son héritage. — Los princeps, 
les principaux : Josaphat... aucigo totz socs 
fruys e trops de autes princeps de la terra. 
IB. Josaphat fit périr tous ses frères et 
beaucoup des principaux du royaume. 
PRINCE JA ; voy. Princeya. 
PRINCESSE, princesse : Madame la 
princesse Cat]iari)ie, sor unique deu rey 
Henric lo Grand, p. r. Madame la prin- 
cesse Catherine, sœur unique du roi Henri 
le Grand. — , adj., de première qualité. 
— Voy. Carboade. 

PRINCEYA, Princeja, faire le prince, 
trancher du petit-maître, du grand sei- 
gneur. — , en parlant d'une femme, faire 
la princesse, affecter de grands airs. 

PRINCIPAU, principal ; on dit aussi 
principal, fém. principale. — Dans les ac- 
tes notariés, les mots lous principaus e 
fidances signifient les contractants et leurs 
cautions. 

PRINCIPAUMENTZ, Principale- 
mentz, principalement. 

PRINCIPIAT; se dit des hommes et 
des choses ; qui a des principes, qui est 
fondé sur un principe : Ilomi plaa ptrin- 
cipiat. Homme qui a de bons principes. 
Hort d'ue ley mau principiade. lam. Fort 
d'une loi fondée sur un mauvais principe. 
PRINTAA, printanier, qui est du 
jirintemps, qui naît au printemps. — Lous 
dïes prinlaas (les jours printaniers ), la 
jeunesse. 

PRINTEMPS, printemps: Quoand 
lou printemps, en raube innyourladc, lia 



hèyt passa ïescousou deus fjrans redz. s . 
GAS. Quand le printemps, à la robe dia- 
prée, a fait passer la cuisson des grands 
froids (a chassé le froid cuisant). 

PRIOU, Prior, prieur, supérieur d'un 
monastère : Prior craustau de Luc. AECii . 
(Frère G. de Poey, moine et) prieur du 
cloître de Lncq-de-Béarn. 

PRIOURAT, Priorat, prieuré : 
Priourat de Sent- Vincens. DICT . Le prieuré 
de Saint- Vincent ( de Louvie-Juson). Lo 
priorat de Sente-Marie de Serres. IB. Le 
prieuré de Serres-Sainte Marie ( canton 
d'Arthez) . 

PRISA; se dit par imitation dufr., 
au lieu de Presa; voy. ce mot. 

PRISA, priser, prendre du tabac par 
le nez; voy. Presa. 

PRISADOU, i)ouv 2)resadou, priseur, 
estimateur. 

PRISADOU, pour iwesadou, priseur, 
qui prend du tabac. 

PRISAYRE, priseur, qui a toujours 
la prise de tabac au nez. 
PRISSE; voy. Périsse. 
Proa , Proance ; même signification 
que Probe, Probance. 
Proar, voy. Prouba. 
Probance, Proance, preuve juridique: 
Informations, jurament, o autre probança. 
F. H. Informations, serment, ou autie 
preuvejuridique .jP/"o«r ab sujisientz p)roun- 
ces. M. B. Prouver avec preuves suffisan- 
tes. — Esp. « probanza. » 

PROBE, Prabe, preuve : Aqueres 
probes e esdiitz sien fey tes a Morlaas . k\{C\\. 
0. Que ces preuves etjustifications soient 
faites à Morlaas. Seis segrament e seis nu- 
lh[e]2irave. arch. Sans serment et sans au- 
cune preuve. Sees segramentni autre proa 
ARCH. 0. Sans serment ni autre preuve. 
La prova (proba) es deu brasser. F. B. La 
preuve appartient à l'ouvrier ( dans les 
contestations entre le maître et l'ouvrier 
au sujet du salaire). 

Probos, de bonne qualité : Vins non 
probos. ARCH. Des vins qui ne sont pas de 
bonne qualité; le texte ajoute qu'ils sont 
poeiris, fustatz, corrompus, <( boisés », 
sentant le bois. — Cf. lat. « probus.» 
PROGEDIR; voy. Prouceda. 
Prochaa, proche : Lo pluus 2>'>'ochaa 
i parent. F. H. Le plus proche parent. — 
Las gens pluus prochanas. PS. Les plus 
proches voisins. 

Proclam, masc. (proclamation), publi- 
cation. 

Procurador ; voy. Proucuradou. 
Procuratorl, acte de procuration, acte 
par lequel une personne donne à une au- 
tre le pouvoir d'agir en son nom. 



PRO 

Procurayre, procureur : Procurayres 
generaus deiis rey e regine. bak. Les pro- 
cureurs généraux des roi et reine (Jean 
et Catherine, souverains de Navarre et 
Béarn). Sera informat jwr h procuraire deu 
parsan. s. B. 11 sera informé par le pro- 
cureur du district. 

Prodom, Prodhom, Prohome, pru- 
d'homme : Hom los lauda un prodhom ca- 
valer. F. b. On leur vanta un prud'homme 
chevalier. Xosnosem ahiencuz ah losjuraz 
e ah los prohomes d'Ortess. CH orth . Nous 
nous sommes entendus ( nous avons fait 
conventions) avec les jurats et avec les 
prud hommes d'Orthez. Ah cosselh deus 
juratzo prohomis. arch. Avec conseil des 
jurats ou prud'hommes. — Respouiwu.... 
dah un ton de prodom. F. Egl. 11 répondit 
sur un ton de prud'homme (avec gravité). 
Prodomie, Prodhomie, prud'homie, sa- 
gesse. ARCH. M. 

PROCÈS (Bay.), procès : Lo procès 
qu'es yutyat. lag. Le procès est jugé. — 
Voy. Proucès. 

Proesse, prouesse. — , industrie : De 
tote cause qui se aya goadanhat per sa 
proessa pot far a sa guise. F. B. De toute 
chose qu'il a gagnée par son industrie, il 
peut faire (disposer) à sa volonté. 

Proferimeut, prononcé, décision pro- 
noncée par \eingc: Prof eriment de senten- 
cie. ARCii. Le prononcé de la sentence. 

Proferir, prononcer une décision, une 
sentence : La senlencie proferide per lo 
senescal. arch. o. La sentence prononcée 
par le sénéchal. 

Profetisador, dans h. s., capable de 
prophétiser. 

Profeytar ; même signif. que Ajiro- 
fieytar. 

Profanditat ; voy. Proufoundou. 
Proge ; voy . Proye 
Prohibir; voy. Prouhiba. 
Prohome. Prohoml; même significa- 
tion que Prodom. 

Proisman, i)roche, — Linadge prois- 
man, parenté eu ligne directe: Son linadge 
proisman... defrair, ho de fil, ho de filhe, 
ho de cozin germnn. L. 0. Sa parenté en 
ligne directe (ses proches, c'est-à-dire) 
liùre, fils, fille ou cousin germain. 

Prolation, fém., prononcé: Tresjorns 
après la prolation de la sentencie. Ancil. 
Trois jours après le prononcé de la sen- 
tence. 

Promissions promesse : Pacte e pro- 
mission ']mfe.?!kvi. Pacte et promesse qu'il 
fit. 

PROMOU ; voy. Perinoit . 
Prop. Prob, près, proche, auprès : Prop 
TOME II 



PRO 



197 



deu pont deu Gahe. arch. Près du pont du 
Gave. Prob la soa terra. F. b. Proche sa 
terre. Aquetz qui erenprop sent Per .H. s. 
Ceux qui étaient auprès de saint Pierre. 

PROPAUSA ; voy. Proupansa. 

PROPAUSITIOÛ; voy. Proupousi- 
tiou. 

PROPI, propre, net (opposé à sale). 

— Bestit de propi, vêtu des habits des 
jours de fête. — Avec le verbe ha-s, se 
faire, ha-s p>ropi, mett:e ses beaux habits, 
se parer. 

PROPI, Propjri, propre, qui appartient 
à : Quoate pipes de bii qui eren propis de 
Menauton. bar. Quatre « pipes » de vin 
qui étaient propres (qui appartenaient) à 
Menautou. Las causas goadanhadas per lo 
fdh ab los bées deu pay, luy vivent, son 
propis deu pay . F. h. Les choses gagnées 
par le fils avec les biens du père, lui vi- 
vant, appartiennent au père . — De sa pro- 
pie auctoritat. bar. De sa propre autorité. 

— De sas proprïis maas. IB De ses pro- 
pres mains. — Propi, subst., propriété, 
bien propre : Ha pocedit ung terrador cum 
a son propii. IB. Il a possédé un terrain 
comme son bien propre. Pagar deu son 
propii. iB. Payer du sien propre. 

Propiciatiu, dans PS.; même signifi- 
cation que Proupici. 

PROPIMENTZ, proprement, avec 
propreté — , précisément. — , convenable- 
ment. — , particulièrement. — Voy, Pro- 
primens. 

Propinc, fémin. propinca, propinque, 
rapproché, voisin: (?/e?/ses. . . plus pro- 
pinques. COUT. s. Les églises (paroissiales) 
les plus rapprochées. — Yostre molher... 
plus propinca successora. arch. Votre 
femme phis proche « successeur. » 
PROPRI ; voy. Projn, 2. 
Propriari, proprlélaire : Dama j)^o- 
2)riari. bar. Dame propriétaire. Propriari 
de la haronic. IB. Propriétaire de la ba- 
ronnie. 

PROPRIAU, qui appartient en pro- 
pre, qui est la propriété de : Las binhes, 
terres propriaus de l'abadic. arch. Les vi- 
gnes, les terres qui sont la propriété de 
rabl)aye. 

PROPRIMENS, dans PS. particuliè- 
rement. — Voy. Propimentz. 

Prosapie, descendance, famille : Per- 
sane. . . di' linee c prosapie noble antiquis- 
simc. ARCH. Personne de lignée et famille 
noble très-ancienne. — Esp. «prosapia.» 
Proseguidor, poursuivant, qui exerce 
dos poursuites eu justice, proseguidor de 
la pli y II sic. ARCH. 
Proseguir, poursuivre en justice. — 
13 



198 



PRO 



Sentencie ixroseguide en la cort mayor. 
ARCH. Sentence poursuivie (que l'on cher- 
chait à obtenir) en cour souveraine. — 
Per impotencie a prosseguir la appellation. 
IB. Par impossibilité de poursuivre l'appel 
(du jugement). 

PROSMAR, prochain: Au jorn de 
cap-dan prosmar. M . B . Au premier de 
l'an prochain. En très antz prosmars. IB. 
Dans (les) trois ans prochains. 

PROSMAR, Proximar, prochaine- 
ment, dernièrement: Dediiaus proxïmojr 
Vient en xnijortis. R. De jeudi prochaine- 
ment venant en huit jours. Lo coaresme 
2jrosinar passât agut ix antz. bar. Le ca- 
rême dernièrement passé (il y) eut neuf 
ans. 

Prosom,dansH. s.; même signification 
que Prodom. 

Prospérât, rendu prospère : Per tu 
sera p>rosperada . . . la ^ett[^] de bee. PS. 
Par toi sera rendue prospère (par toi, 
Seigneur, sera bénie) la gent de bien. 

Prostar, Prostrar, faire tomber. 
Prostar a terre, terrasser : Lo bato . . . 
tahnent que lo fe prostar a terre, bar. Il 
le battit tellement qu'il le fit tomber (qu'il 
le terrassa). — Prosfat a terre. iB. Eten- 
du par terre. — Prostrat, prosterné : Za 
femna. . . prostrade dabant Jliesu-Xrisi. 
H. S. La femme prosternée devant Jésus- 
Christ. 

Protellar, dans un texte, arch. pro- 
longer le temps, retarder, a.journer, re- 
mettre. — Lat. « protelare. » Digeste. 

Protellation, retard, ajournement, re- 
mise. ARCH. 

Proterbitat, impudence: Ah gran 
effron.t\tat e proterbitat. arch. Avec 
grande effronterie et impudence. — Lat 
« protervitatem. » 

PROU, Proo, avantage, utilité, pro- 
fit: Au prou e au bel de le glisie. L. o. 
A l'avantage et pour le bien de l'église 
(de Bayonne). Far son prou de. bay. 
Faire sou profit de. — De hou prou, tout 
son soûl : Lou hasaa s'arridè de hou p)rou 
De bedc deuhergam la j^oii. hourc. Le coq 
riait tout son soûl de voir la peur du 
drôle (du renard). — Esp. « pro. » 

PROU, Proo, assez: La bile d'Au- 
lourou Bee trouhera toustemps j)rou de 
fegnantz (feniantz) sensjoit. NAV. La ville 
d'Oloron trouvera toujours (pour être 
conseillers municipaux) assez de fainéants 
sans moi. Zo.s grilhoos no estrenhen proo . 
BAR. Les grillons n'étreignaient pas assez. 
— Lou prou qu'ey prou. PROV. (Le assez 
est assez) ; rien de trop. — Lat. «ne quid 
nimis. » — En fribourgeois : « Can ly e 



PRO 

bon ly e prâ. » — « Quand l'o bin, l'o 
prou. » PKRRON. « Quand c'est assez, 
c'est assez. » Romania, vi, p. 83 et 108. 

PROUBA, Probar, Proar, prou- 
ver : Si non pjrobe, s'il ne prouve point; 
si prouhahe, s'il Y>vo\xw3\i. Jo aureapmvar 
(^prohar)abvedentz. F. B. J'aurai à prouver 
avec voyants (des témoins qui auront vu). 
Preste de proar per testïmonis. enq. Prête 
à prouver par témoins. Pro&ar dans f.b., 
édit. MazureetHatoulet : No pusc pravar 
[prabar) ni ab mon honii ni ab ma corn- 
jjanhe. Je ne puis prouver ni avec mon 
homme ni avec mes gens. 

PROUBANHA, Prouhagna, Proba- 
nhar, provigner. — Voy. Aprouhanha. 

PROUBANH ADOtr. Proubagnadou, 
anc. prohanliador, celui qui provigne: Pro- 
meton meter cascun an xii prohanhadors . 
ARCH. Ils promirent de mettre (d'employer) 
chaque année douze ouvriers pour provi- 
gner. 

PROUBANHE, Prouhagne, Proba- 
nhe, fém., provin : Que talhi tard e court, 
que hèy force proubagnes. viGN. Je taille 
(la vigne) tard et court, je fais force pro- 
vins. 

Proubatiou, Probation, confirma- 
tion, action de confirmer une chose, d'en 
assurer plus fortement la vérité. F. H. — , 
preuve: Prohations e documents per lo se- 
nhor produsitz. F.B. Preuves et documents 
produits par le seigneur. 

PROTJBE, Proobe, poussière: Harri! 
harri, chibulou ! Segouteix la prouhe! PR, 
b. En avant ! en avant, petit cheval ! Se- 
coue la poussière. Sacs de jjroohe de tan. 
R. Sacs de poussière de tan. — Voy. Po- 
hre, poudre. — Nega la prouhe liens lou 
coyt. LETT. ORTH. Noyer la poussière dans 
le cou (la gorge). Boire après le travail. 

PROUBÈDI, Probedir, pourvoir : 
De tout prouhedit, pourvu de tout. Lou 
Senlior y proucedira. F. H. Le Seigneur y 
pour\oira. Qu'eus provedis de bever e de 
minjar. art. Qu'il les pourvût de boire et 
de manger (qu'il pourvût à leur subsis- 
tance). — Provedit que. COUT. s. Pourvu 
que. 

PROUBEDIDOU, Probedidoo, 
pourvoyeur: Los provedidoos deu senhor. F. 
H. Les pourvoyeurs (de la maison) du sei- 
gneur. (11 leur était interdit de prendre 
pour eux-mêmes quoi que ce soit, sous 
peine d'être punis comme voleurs, cum a 
layroos). Procedidours deu seignour nou 
exigeran rees deus marchands deusquoals 
crompen lou vin per lou usadge deu sei- 
gnour. p. R. Les pourvoyeurs du seigneur 
n'exigeront rien des marchands auxquels 



PRO 

ils achètent du vin pour l'usage du sei- 
gneur. 
PROUBEDIDOU , Probedidor : 

Greuye. . . provedidor. ARCH. Grief contre 
lequel on peut, on doit se pourvoir. 

PROUBÉRBI, Proberbi, proverbe. 
— , parabole : Are hedem que parles ma- 
nifestamentz e que nulh proverbi no-ns dïtz. 
H. s. (Les disciples dirent à Jésus) : Main- 
tenant nous voyons que tu parles ouverte- 
ment et que tu ne nous dis point de para- 
boles. 

PROUBET, petit tourbillon de pous- 
sière. — Au plur., lous proubetz, pous- 
sières remuées aux lieux où les oiseaux se 
sont secoués. 

PROUBINCI, Probencie, province: 
Quant augiine probencie... ère rebelle. H. s. 
Quand quelque province était rebelle. 

PROUBISIOU, Probision, provi- 
sion: Ha la proubisiou,ïai\'e la provision, 
s'approvisionner. La provision de la mai- 
son [mayson). F. H. La provision pour 
la maison (du seigneur). Gentlus exemptz 
de peadge a Salies de la sau qui crompen 
2)er lour probision. P. R. Nobles exempts 
de péage à Salies pour le sel qu'ils achè- 
tent pour leur provision. — Las provisions, 
BAR., les mesures, les précautions. 

PROUBOUS ; même signification que 
le suivant. 

PROUBUT, poussiéreux, poudreux : 
Aies proubudes d'ausèytz noeytous. lett. 
ORTH. .'\iles poudreuses d'oiseaux noctur- 
nes. Proubouses aletes. F. LAB. Petites ai- 
les poudi'cuses. 

PROUGEDA, Procedir. procéder : 
Procedir a xnmition de tais crims. s. B. 
Procéder à la j)unition de tels crimes. 

PROUCÈS, Procèz, procès : Lou 
proucès ey la quère deu bee. PROV. Le pro- 
cès est la vermoulure (la ruine) du bien. 
Dus proucès a Pau (voy. HenDie), deux 
procès à Pau. Souhait de malheur. Los 
petitz procèz (voy. A/irès-disna), les petits 
procès, les petites affaires. — Procèz apel- 
latori. COUT. s. Procès en appel. — Sens 
figure de procès, s. B. Sans forme de pro- 
cès. — Voy. Procès. 

PROUCREA, Procrear, procréer : 
Los infantz qui Diu los donara a procrear. 
AKCH. Les enfants que Dieu leur donnera 
à [)rocréer. 

PROUCURA, Procurar, procurer. 
— J£strnngèes l/iebat:. se son Contre mi e 
ma mort jn-ocuran. Ps. Des (étrangers se 
sont élevés contre moi et cherchent ma 
mort (cherchent <à me faire mourir). 

PROUCURADOU, Procurador , 
procureur, celui qui a pouvoir d'agir pour 



PRO 



199 



autrui: Los beziis d'Aas... han... consti- 
tuitz j^er lors sindicx e procuradors . . . s. B. 
Les « voisins » d'Aas ont constitué pour 
leurs syndics et procureurs. 

PROUCURATIOU, procuration; voy. 
le suivant. 

PROUCURE, procuration : U cour- 
bas.. . que-s hica a debisa; que digou qu'habè 
la 2Jroucure de toutz lous autes courbas don 
pays. LETT. ORTH. Un corbenu se mit à 
deviser (prit la parole) ; il dit qu'il avait 
la procuration de tous les autres corbeaux 
du pays. 

PROUCURUR, procureur, avoué : 
Proucururs, aboucatz, dabde granesrau- 
bioles. P. Des procureurs, des avocats, 
avec de grandes robes. 

PROUDUISE, Produsir, produire. 
— , montrer, exhiber : Esmene... mustra 
e produsi une letre scriute en pargarni. enq. 
Esmène montra et produisit (un titre) une 
lettre écrite sur parchemin. 

PROUFIA(Aspe), insister d'une ma- 
nière importune, s'obstiner. — Esp. « por- 
fiar.)) 

PROUFIANCE, PROUFIE, insis- 
tance, obstination. 

PROUFIEYT,Profieyt, profit: Tout 
aco r/u'ey dilhèumaye proufieyt. IM. Tout 
cela est peut-être plus grand profit. 

PROUFIEYTA, Profieytar, Pro- 
feytar, profiter. — Vov. Aprofio/ff/r. 

PROUFIEYTABLE , Profeyta- 
ble, profitable: Fosse plus 2^>'flfeifab/c a 
la Inele e anos. en. ORTU. 11 serait [dus 
profitable pour la ville et poumons. 

PROUFIOUS, opiniâtre, entêté. — 
Voy. Prou fia. 

PROUFOUNDOU, Profondor, pro- 
fondeur : Laprefondor deup)utz. ART. La 
profondeur du puits. Profunditut, ib. 

PROUHASENT, avenant, qui a bon 
air. V. — Vov. Gayltasent. 

PROUHIBA, Prohibir, prohiber. 
PROUMENA , promener. Permena 
(Bay.). 

PROUMENADE, promenade. Per- 
menade (H.iy.). 

PROUMESSE , Promesse , i)ro- 
raesse : Moun bètberyè qu'ère arribat Per 
tiene sa proumesse. hesp. Mon beau ber- 
ger était arrivé pour tenir sa promesse. 
Las ])ro}ncssas de Diu. PS. a. Les pro- 
messes de Dieu. 

PROUMETE.Prometer, promettre 
Prounietou, anc. promcto, il promit, i^roii- 
metut, pronies, promis. Ai.ri que abe pro- 
mes, BAR. Ainsi qu'il avait promis. — 
Proumctc mcy de lard que de mcsture. PROV. 
Promettre plus de lard que dea méture.» 



200 



PRO 



PRU 



En fr. « plus de beurre que de pain. » 
Qui proumet que s'endeute. pr.h. Qui pro- 
met s'endette. « Choses promises sont 
choses dues.» le gai. 

PROUMOU; voy. Permou. 

PROUNOUNCIAMENT, Pronun- 
ciament, action de prononcer une sen- 
tence; prononcé d'unjugement. 

PROUNOUNCIÀT , Pronunciat , 
prononcé d'une sentence; sentence, arrêt: 
Enmendar e ametigar {amatigar) lo pro- 
nunsiaf. arch. Amender et tempérer (la 
rigueur de) la sentence. 

PROUNOUNSA, Pronunciar, pro- 
noncer. — , décider, juger : A donat poder 
de dïzer (diser) e de pronunciar. arch. Il 
a donné pouvoir de décider et déjuger. 

PROUPIAU, ce dont on seî<x\l propi , 
bien vêtu; habits des jours de fête. 

PROUPIAU, ce qui appartient en 
propre; voy. Fropi,2. 

PROUPIGI, Projjicl, propice: Puch- 
que-m bouletz esta proujnci. '^OEh. Puisque 
vous voulez m'être propice. 

PROUPIETARI, Proprietari, pro- 
priétaire : Duune proprietari de Vosiau. 
ARCH. Maîtresse propriétaire de la mai- 
son. 

PROUPIETAT , Propietat , pro- 
priété. On dit aussi Proprietat^ Prouprie- 
tat. 

PROUPOUSA, Propausa, proposer. 
Lo propausant, s. J., le proposant, celui 
qui met une chose en avant pour qu'on 
l'examine. 

PROUPOUSITIOU , Propausitiou, 
proposition. 

PROUROUGA, Prorogar, Porro- 
gar, i)Voi'ogev : Los disedors ay en poder de 
porrogar lo ter mi. arch. Que les arbitres 
aient le pouvoir de proroger le terme. 

PROUS, Proutz (Aspe), apprivoisé : 
Arré de taa sauhatye. Qui nou hadousse 
prous. LAM. (11 n'y avait) rien de si sau- 
vage qui ne devînt apprivoisé. — , doux, 
facile, complaisant : Qnin temps, moun 
Diii, quinètz prouses \.. Quhauratz houn- 
hur si )wup'arribe mau. PEY. Quel temps, 
mon Dieu, comme vous êtes faciles, (jeu- 
nes filles)! Vous aurez du bonheur s'il ne 
vous arrive pas de mal. — Hèrhe prouse, 
herbe tendre ; herbete prouse, f.lA'B., doux 
gazon. 

PROUSE, Proutzè (Aspe), « apprivoi- 
sement. » — , disposition à être peu farou- 
che, à se laisser gagner, séduire. 

PROUSE Y ; voy. le précédent. Lous 
prouseys, les douces prévenances, les ca- 
resses pour rendre facile, complaisant. 
— , aises que l'on se donne, où l'on se 
complaît. 



PROUSEYA, Prouseja, apprivoiser, 
flatter, caresser pour rendre facile, com- 
plaisant. — , réf., se donner des aises, s'y 
complaire : Emhejous de l'estat deu riche 
qui-s proiiseye. nav. (Le pauvre) envieux 
de l'état du riche qui se donne des aises. 

— Hens lous baratz la graidhe que-s prou- 
seye. pey. Dans les fossés, la grenouille 
prend ses aises (ses ébats). — Dab Vanyou 
se prouseyen lous pastous. gar. Avec l'ange 
sont aises les pasteurs. 

PHOUSPERA, Prosperar, prospérer. 

— Voy. Prospérât. 
PRbuSPERITAT, Prosperitat, 

prospérité, nav. 

PROUTECTIOU, protection: Uc 
junte de p)routectiou bqu mey qu'uquoartuu 
de dret. prov. Une jointée de protection 
vaut mieux qu'un quartaut de droit. — 
Dans ce cas, il n'y a d'honnêteté ni chez 
celui qui protège, ni chez celui qui est 
protégé . 

PROUTECTOU, Proutetgidou, pro- 
tecteur. 

PROUTETYA, Proutetja, protéger : 
Ta ponde proutetja toute la granfamïlhe. 
NAV. Pour pouvoir(pour que la loi puisse) 
protéger toute la grande famille (la na- 
tion) . 

PROUTZ, PROUTZÈ; voy. Prous, 
Prouse . 

PROYE, Proge, proie : Deus. ... re- 
nards piroya sera. PS. Il sera la proie des 
renards. Mons de 2}roia. ib. Les monta- 
gnes (où sont les bêtes) de proie. 

PRUDANHE, Prudagne, démangeai- 
son. Prusaranhe (Vic-Bilh). — Prudanhe 
(Bay.), engelure. 

PRUDE, Pruse (Vic-Bilh), démanger. 
On dit aussi ^n«c?i. — Lat. «prurire. » — 
Autalèu couru pe prud. . . gratère au dia- 
ble ! serm. Aussitôt que ça vous dé- 
mange. . . prurit au diable ! — Que-uprud 
l'aurelhe. L'oreille lui démange ; « il a la 
puce à l'oreille. » — Grata-s sens que-y 
prudie. Se gratter sans qu'il y ait déman- 
geaison ; dans F. Past.. prugue au lieu 
de prudie. — Lou moulet que-u prud. pr. b. 
Le mollet lui démange. Se dit d'un indi- 
vidu qui éprouve le besoin de marcher, 
de quitter le lieu où il se trouve. — En 
fr. «les pieds lui frétillent. » DansRAYN., 
Lex. IV, p. 662 : « L'arteil lurpruson. » 
Les orteils leur démangent.^ Montestruc, 
la hami que prud. D. B. A Montestrucq, 
la faim démange. On était souvent fort 
« dépourvu » dans ce village. 

PRUDÈRE, Prusère (Vic-Bilh); 
même signification que Prudanhe. — La 
prudèf'e, la gale. — Voy. Cibadaa. 



PUA 



PUD 



201 



PRUDI ; voy. Prude. 
PRUDOU,' Prusou, démangeaison 
vive, prurit. — Las prudous. lam. Les pei- 
nes vives, cuisantes. 

PRUE, PRIEE (Bay.), prune: Ta 
qui n'ha prues, Ions aranhous soun hous. 
PR. B. Pour celui qui n"a point de prunes, 
les prunelles sont bonnes. — Voy. Ara- 
nJiou, 1 . 

PRUÈ, prunier. 

PRUGUE, troisième pers. dusing,, 
prés, subjonctif de Prude. 

PRUMÈ, Prumer, premier. Permè, 
purmè, se disent aussi. Primier , dans 
COUT. s. — , adv., d'abord. Tout prumè, de 
prumè, tout d'abord, avant tout. — La 
estelle los aparesco cum de prumer. u. s. 
L'étoile leur apparut (encore) comme la 
première fois. — Torna s'en so qui ère de 
prumer. IB. (L'étoile) retourna en ce 
qu'elle était primitivement. — Per de 
^rw/wè, préalablement : Prestatper de pru- 
mè jurament. F. H. Serment préalablement 
prêté. — Hèste de j)ru?nè-die, dans F. Egl., 
fête de premier jour. (Les Juifs célé- 
braient le premier jour de chaque mois). 

PRUMERAMÉNTZ, Pm/ieramerefe, 
P uriner ail lentz, premièrement. 

Prumères ; en prumer es, d'abord, pre- 
mièrement. On dit aussi en permères, en 
purmères. — Ta las purmères (pour les 
premières), formule de politesse, que l'on 
emploie en se quittant. — En fr. « au re- 
voir. » 

PRUMERETES ; en prunieretes, un 
peu avant. 

Prumerie ; en la prumerie, d'abord, 
en premier lieu : Hom da en la prumerie 
lo mielhor h'ii. h. s . On donne (on sert) en 
premier lieu le meilleur vin. En las pru- 
meras. F. o. — Cf. C/i. Cr. alb., édit. v. 
MF.YHR. « en primaria. » 

PRUSARANHE ; voy. Prudanhe. 

PRUSE ; voy. Prude. 

PRUZEROÙ (Garlin); même signifi- 
cation que Coulé. — Voy. Espruzeroadure. 

Psalme ; voy. Psaume. 

PSALMODIA, psalmodier. — lo-t 
jisalmodlfiref/. rs. Je te psalmodierai (je 
chanterai des psaumes à ta louange). 

Psaltorie, psaltérion : Tocarantpsal- 
tories. H. s. Ils toucheront des psaltérions 
Dans le ms . plastorles. 

PSAUME, Psalme, Salme, psaume : 
Ptidhiies (le /hiv'nl iiwlnlz en rima herneza. 
SAL. Psaumes de David mis en limes béar- 
naises. 

PUA (Aspc) ; même signification que 

PuifU. 

PUAT (Vic-Bilh), long bâton pointu 



dont on se sert pour remuer, soulever de 
la paille. 

PUAT, armé de pointes , garni de dents; 
voj^ Pue. 

PUAT, participe passé de Pua, qui se 
dit au lieu de Puya ; voy. ce mot. 

PUATE l'Aspe) ; même signification que 
Puyade. 

PUBLA, habiter: Aquiu publeben (pu- 
hlahen) Hous. c. b. Là habitaient des lions. 
— Vov. Pouhla. 

PUBLE, Puple; voy. Pohle, 2. 

PUBLICA, publier. — Mau puhlica, 
décrier, critiquer: Qui mau publique Deus 
autes las actions, lam. (Celui) qui critique 
les actions des autres. 

PUCH ; voy . Puixs. 

PUCHANSE , PUGHANT ; voy. Pu- 
xanse, Puxant. 

PUCHANTEMENT , Puxantement , 
puissamment. 

PUCHENS, PUCHENTES; même 
signification que Puixs. 

PUCHEU, Pachiu (Bay.) , Pouchiu 
(Orthez), empêchement, embarras. Ha pu- 
cJieu, faire obstacle, gêner, incommoder, 
contraindre les mouvements. On trouve 
dans des textes, arch., puxeu, paxiii. ac- 
compagnant le mot contrast, opposition : 
Puxeu, contrast, empêchement, o[iposition; 
Seis nulh contrast, paxiu, sans nulle ojjpo- 
sition, (nul) empêchement. 

PUCHQUE ; voy. Puixsque. 

PUDS , PUDI, puer : Las letrinesno pu- 
dien. aux. Que les latrines ne puentpoint. 

PUDEMIE, puanteur. 

PUDENT, puant, infect : Putzpnden't]. 
PS. Puits infect. Bernat-pudent, la punaise 
des bois ; voy. ce mot. Aleet (lialet) pu- 
dente. F. B. Haleine puante. — Toutz Unis 
excès de ma vita pudenta. PS . Tous les ex- 
cès de ma vie honteuse. — Coun carn pu- 
dciite, (connue viande corrompue), exces- 
sivement: Qu'en houleiz sahe mey que carn 
■pudente. (Vous en voulez savoir plus que 
viande corrompue). Se dit proverbiale- 
ment au sens de : Vous avez une exces- 
sive prétention de savoir faire les choses 
mieux que personne. 

PUDENTÈ, Pudentis, ce qui pue, amas 
de choses pu;iiites. 

PUDENTERIE, saleté. — , parole, 
imago olisi-riie. 

PUDENTIS ; voy . Pudrntè . — , excré- 
ment: lir-l'eii, triste atijamiot, pudentis de 
la terre. F. LAn. Va-t-en, chotive bestiole, 
excrcmont do la terre. 

PUDENTISSE, infection : Uno caa 
mort jtorldlic //rosse jiiitlcitli'<'<e. aucii. Un 
chien mort « portait » grande infection. 



202 



PUN 



PUN 



PUDÉRE, mauvaise odeur ; le punais 
a lainidère deu naz. 

PUDI; voy. Pude. 

Pudicitie, pudicité, pudeur, vertu (des 
femmes) : Per recompense de la défloration 
e 2}retz de la pudicitie... la some de cin- 
quoante escutz petitz e une baque j^renh o 
betriere. M. B. Pour compensation du « dé- 
florement » et prix de sa vertu, (Blanquine 
de Laborde devait recevoir) cinquante écus 
petits et une vache pleine ou avec son 
veau. 

PUDOU, puanteur, infection. 

PUDOU, pudeur, honte honnête, chas- 
teté. 

PUE, Puye. pointe de fourche, de râ- 
teau. — , dent de peigne. — , peigne de mé- 
tier à tisser: Ung théier ab dues pues. K'rcb^. 
Un métier à tisser avec deux peignes. 
Que las tisners tiencan lors jmes bien justes 
e complides. IB. Que les tisserands tien- 
nent leurs peignes (bien justes et complets) 
parfaitement garnis. — Homi qui sap quoan- 
tesp)uesha loapienti. Homme qui saitcom- 
bien de dents a le peigne. Un homme qui 
entend les affaires. 

PUGAS, dansj. bergeret, renouée 
persicaire; pohjgonuni persicnria. 

PUGN, PUGNADE; voy. Punh, 
Punhade. 

PUGNAT, PUGNAU ; même signi- 
fication que Punliat, Punhaii. 

PUGNERA, PUGNÉRE ; même si- 
gnif. que Punhera, Punhère, 

PUGNET ; voy. Punhet. 

PUGUÈRE, fém. sing., choses de peu 
de valeur, choses de rebut; gens dont on 
ne fait aucun cas, racaille. 

PUI; voy. Puj. 

PUISSENCE ; motfr.. « puissance »; 
vov. Puxanse . 

PUIXANSE. PUIXANT;voy. Pu- 
xanse, Puxant. 

PUIXS, Puch, puis. On dit aussi ^wi- 
xens, puchens, puixentes, puchentes. 

PUIXSQUE, Pudique, puisque. 

Puj, masc, hauteur, élévation de terrain: 
Au puj de le font Sent Léon. L. o. Sur la 
hauteur près de la fontaine Saint- Léon. 
Maisons deu pui de le font. IB. Les mai- 
sons sur la hauteur piès de la fontaine. 

PUJA, PUJADE ; même significa- 
tion que Puya, Puyade. 

PUJE, Puge, hausse, augmentation de 
valeur. — Voy. Baxe, bâche. 

PUJE, PÙGE, impératif, 2e pers. du 
sing.. du vorbe Puya, puja, monter. 

PUNA (Big.), embrasser, donner un 
baiser. Punateya, fréq. 

PUNADE (Big.), embrassade, action 
de donner u pumit, un baiser. 



PUN AT (Big.), Pline?, baiser : Dapu- 
natz, donner des baisers. 

PUNATEYA ; voy. Puna. 

PUNCELADGE ." Puncelatye, puce- 
lage, virginité, — Voy. Deflorement. 

PUNCÈLE, pucelle : Sien balhatz a 
punceles praubes detz scutz. arch. Soient 
données à jeunes filles pauvres dix écus 
(pour leur mariage). Gouyatz, punceles, 
àcinsps.goiafz, p>uncellas. Jeunes garçons 
et jeunes filles. Barreyar puncele. F. b. 
Violer une jeune fille. 

PUNCEU, puceau. 

PUNCHA , PUNCHADE , PUN 
CHAT; même signification que Punxa, 
Punxade, Punxat. ^ 

PUNCHOU; voy. Punxou. M 

Punct, Puncte; voy. Punt, Punte. " 

PUNET ; même signification que Pu- 
na t. 

PUNH. Pugn, Pung, poing : U cop)de 
punh. Un coup de poing. Qui fereixs deu 
punh.¥. B. Qui frappe du poing. — Perder 
lo punh dret. arch. (Le faussaire était con- 
damné à) perdre le poignet droit. — , poi- 
gnée, ce quelamain fermée peut contenir: 
Ung pung de blat samïat. PS. Une poignée 
de blé semé. 

PUNHADE, Pugnade, coup de poing: 
Per punhade, vi soos au senhor e vi aufe- 
rit. F. B. Pour coup de poing, (amende de) 
six sous au seigneur et six sous au battu. 
— , poignée, contenance de la mainfermée. 
— , poignée (d'épée, etc). 

Punhal, Pugnal; voy. Punhau. 

PUNHAT, Pugnat, masc, poignée: 
U punit at de maa, une poignée de main. — , 
ce que peut contenir la main fermée : A 
punhafz qu'habè sau. DESP. (La brebis) avait 
du sel à poignées. 

PUNHAU, Pugnau, Punhal, Pugnal, 
poignard: Espadae pugnau. PS. Epée et 
poignard. Ung punhauah sa gayne. arch. 
Un poignard avec sa gaîne. Cop de lance, 
de dard, de dague ou j^t'nalh (punhal) . 
COUT. s. Coup de lance, de dard, de dague 
ou poignard. — , couperet de cuisine. 

PUNHERA, Pugnera, prendre la mou- 
ture ; se dit du meunier qui prend son sa- 
laire, la punhère; voy. ce mot. 

PUNHÈRE , Pugnère (poignée de 
grain), mouture, salaire du meunier: Lo mo- 
liner no deuprenerque une punhère de cas- 
cune conque de gran. couT. s. Le meunier 
ne doit prendre pour mouture qu'une poi- 
gnée de chaque conque de grain. — De la 
jmnhère biu Martii. pk. b. De la mouture 
vit Martin (le meunier). En fr., d'après 
saint Paul, « le prêtre vit de l'autel. » — 
Pour signifier qu'il n'en coûte rien, qu'on 



PUN 



PUN 



203 



n'a rien à payer, on dit : Que s'y moul sens 
punhère. On y moud sans (prendre de) mou- 
ture. — La imnhère deu moulïè d'Ousse. D. 
B. La mouture du meunier d'Ousse. Se dit 
proverbialement au sens de violence faite 
à une femme. En 1642, le meunier du vil- 
lage d'Ousse avait été condamné par le 
parlement de Navarre pour s"être livré 
dans son moulin à ce genre de brutale ^Jtt- 
nhère. — , mesure de capacité pour la mou- 
ture : Eschegoar las punhères. p. R. Eta- 
lonner les mesures (dont se servaient les 
meuniers pour prendre la mouture) . 

PUNHET, Pugnet, poignet, (carpe, 
point d'union de la main et de lavant- 
bras). — Bire-punhet (tourne-poignet), 
jeu de force. Ha au hire-piinhet, faire au 
tourne-poignet. Deux individus, un bras 
accoudé sur une table, se prennent chacun 
la main, paume contre paume, les pouces 
Tun sur l'autre, et les quatre doigts ser- 
rés pressant fortement le revers. Lors- 
qu'ils sont ainsi « empoignés », celui-là 
gagne qui, par son effort, a fait fléchir le 
poignet de l'autre. 

PUNT, Punct, point : Couse a lounrj 
punt.ConAYQ à longs points. — Louspuncts 
de lafee. F. Egl. Les points de foi. — A 
puntde mort. BAR. A point de mort. — 
Eds crexeran. . . e seran en hoopun[t] . ps. 
Ils croîtront et seront en bon point (en 
vigueur). — Suus lo pun[t] deu dia. ib. 
Au point du jour. — De punt enjnmt. De 
point en point. 

PUNT, Punct, Pong, précédé de 
nou, ne, no, ne point : Nou sub punt, il ne 
sait point. N'oblida punct. PS. N'oublie 
point. No a pong d'en/ans- ENQ. Il n'a 
point d'enfants. Poegn, usité actuellement, 
provient d'une mauvaise ])rononciation du 
fr. «point. » Poerjn de tranquîlitat . m. 
Point de tranquillité. 

PUNTA, pointer. — , marquer d'un 
bon ou mauvais point. — , commencer à 
pousser en parlant des plantes. — , être 
en saillie, en pointe: Osquijiunie, os qui 
fait saillie. — , s'élever, en parlant des 
montagnes : Lous rocxs qui punten din- 
qu'au cèu. A. M. Les rocs qui s'élèvent 
jusqu'au ciel. 

PUNTADE, fém., point d'aiguille. 
— , action de pointer, de marquer d'un 
bon ou mauvais |)oin( . 

PUNTADOU, qui mai'que d'un lion 
ou mauvais |)oint. — , pointeur. 

PUNTAGUT, piùntu : L'arrestèt pun- 
tagut N. PAsT. Le râteau pointu. 

PUNTAPÉE, coup donné avec la 
point(> du pied. — Ksp. k puntapié. » 

PUNTE, Puncte, \io\\ïic.Puntele,pun- 



tlne.puntote, dim. Puntasse,âug.Ab punie 
dedart fereixs. F.B.Il frappe (blesse) avec 
la pointe d'un dard . — La jnmfe de l'herbe, 
la pointe de l'herbe ; (voy. Eèrbe). Se 
dit de l'herbe qui commence à poindre. — 
La, punie deu die, la pointe du jour. La 
punie de la iweyt, le crépuscule du soir, 
Despuxs la puncta deujorn entro a la 
puncta de la noeyt. arch. Depuis la 
pointe du jour jusqu'au crépuscule du 
soir. 

PUNTÈ, masc, aiguillée, longueur 
de fil, etc., qu'il faut pour (faire des points), 
pour travailler à l'aiguille. 

PIJNTEJA ; voy. Punteya. 

PUNTERADE," fém.; même signif. 
que Punie. — , suite de points de couture. 
Cousiur ère fade, Loungue punierade. PROV. 
Couturière fade, longs points. Couturière 
coquette travaille mal. 

PUNTETE (dim. de punie, pointe). 
Au plur., punteies, pointe des pieds. Avec 
le verbe ha, faire, ha punteies, se dresser 
sur l'orteil. — Ha puntetes a, se dit au 
même sens qu'en fiançais « faire la courte 
échelle à quelqu'un » pour l'aider à mon- 
ter, pour lui faciliter les moyens d'arriver 
au but où il tond. Cf. pr. b., p. 48. 

PUNTEYA, Punteja, poindre, com- 
mencer à paraître, commencer à pousser: 
Quoand lou die puntcye. a. m. Quand le 
jour commence à paraître. L'herbe punte- 
jabe. L'herl)e commençait à pousser. — 
Voy. Puntilha, 1. 

PUNTEYA, Punie/a, coudre ; se dit 
particulièrement de points mal faits, ou 
de quelques points faits à la hâte. 

PUNTETZ, masc. plur., pointe des 
pieds: BintJrga sus lous jmntefz... SEI. 
Voltiijer sui' la pointe des jneds. . . 

PUNTILHA, poindre ; voy. Pun- 
ieyn . 

PUNTILHA, pointiller.— , se dit des 
gouttol(>ttes, de «petits points de rosée», 
qui scintillent : Fres arrous jntntilhen 
coum de flics perles, akiei,. (Des goutte- 
lettes de) fi'aîche rosée scintillent comme 
de fines perles. — Un liri blanc tout ptm- 
iilhai d'arrousade. in. Un lis l)lanc tout 
pointillé (le rosée (tout scintillant de gout- 
! toleitos (11- rusée). 

PUNTUT. pointu. 

PUNXA, Pinicha: voy. Poun.ra. 

PUNXADE. Pum'hade. action <le 
I poindre, jiiqùre : Puiurade d'espade. FM - 
qùred'cipée. coupdc ]>ointe d"ci»ée. — Lou 
tSent-E^/)rit m'hadat irespun.radis au coo. 
SKRM. (Le Saint-Esprit m'a donné trois 
piciùi'cs au cœur), le Saint-Esprit m'ai- 
guillonne. — Cat. « Ab uu' espasa... 



204 



PUR 



punxadas me dava. » mila y fontanals, 
Romancer illo, etc., p. 112. Barcelona, A. 
Verdaguer, 1882. 

PUNXAT, Punchat, masc, piqûre : 
U punxat d'esplingue, une piqûre d'épin- 
gle. 

PUNXOU, P«?2C^om; voy. Pounxou. 

PUPIL, Pipil, pupille: Lo pay e lu 
may son deceditz, delaïssatz lors enfantz 
pupils, sens los provedir de tutors. covt. s. 
Le père et la mère sont morts, leurs en- 
fants laissés pupilles, sans les pourvoir 
de tuteurs. Quant Denot e Quatalhie, pï- 
pilSj seran de hetat {etai). arch. Quand 
Denot et Catherine, pupilles, seront d'âge 
(seront majeurs). 

Pupillaretat, dans c. ii., état de pu- 
pille. 

PUPLE, peuple. — Voy. Poble, 2. 

PURETAT ; voy. Purïtat. 

PURGA, Purgar, purger. — , réf., 
se purger. — , se iustifier: Purgar-se de Vo- 
micidi. F. b. Se justifier du meurtre. — 
Oelhspurgatz. H. s. Des yeux purs de tout 
péché. 

PURGADÉ, qui peut être purgé, qu'il 
faut purger. 

PURGADOU, purgatif, qui a la fa- 
culté de purger,- — , subst., qui ordonne 
ou prépare des purgatifs. — « Monsieur 
Purgon. » 

PURGATORI, adj. et subst., purga- 
tif. — Juraineidde purgaiori. arch. Ser- 
ment de justification. 

PURGATORI, purgatoire. — Voy. 
Espurgatori . 

PURGUE , purgation : Poutïngues e 
purgues ; dans F. Egl . , potinges et purges, 
potions et purgations. — , purge, levée des 
hypothfiques qui grèvent un immeuble. 

PURÏTAT, Puretat, pureté.— , inno- 
cence : En puritat mas maas lavadas. PS. 
(C'est en vain que j'ai) lavé mes mains 
dans l'innocence. 

PURMiî ; voy. Prumè. 

PURMERAMENTZ; voy. Prumera- 
mentz. 

PURMÈRES ; même signification que 
Prumères. 

PURNACHADE, amas de punaises 
abattues, écrasées. — Vov. Espurnacha. 

PURNACHALHE, quantité de pu- 
naises, les punaises. 

PURNACHE, Pusnache, punaise : 
La pusnasche cousie dou bernat-jntdenf. n. 
lab. La punaise (des maisons) cousine de 
la punaise des bois. 

PURNACHÈRE , claie d'osier que 
l'on met derrière le chevet pour prendre 
les punaises. 



PUT 

PURNACHOUS, plein de punaises. 

PURNE, étincelle, flammèche. Pur- 
nete, dim. Que las pûmes deu foec deus 
ostaus crematz no tomhassen suus las bor- 
des, arch. Que les flammèches de l'incen- 
die des maisons ne tombassent pas sur 
les granges. — Ue petite pm-ne deu hoec 
céleste. IM. Une petite étincelle du feu cé- 
leste. caritat! qui n'habousse tant-per- 
tant ue purnete de beritable. . . ib. cha- 
rité ! qui en aurait seulement une petite 
étincelle de vraie... 

PUR RE (Aspe, Oloron), sorte de 
miche, ritique, petit pain de maïs ou de 
millet cuit dans l'eau. — Voy. Pourroû. — 
Hapurre. PR. b. Faire miche à (quelqu'un). 
Manquer à ce qu'on lui doit, n'avoir pas 
pour lui les égards qui lui sont dus. — 
Purre, terme de mépris appliqué à une 
personne laide, inerte. 

PUS, fém., boyau culier, le rectum, — 
Cousinère de l'andoulhe, parente de laims, 
se dit proverbialement d'une cuisinière mal- 
propre. En fr . , « graillon » ou Marie-Grail- 
lon. » 

PUS, fém,, sorte de saucisson: Mou- 
lete dab in's, omelette au saucisson, l'o- 
melette du jour de Pâques, 

PUS, \mce.Quey counfi (coumpti) coum 
sus upunh de pus. pr. b. J'y compte comme 
sur une poignée de puces. Ce n'est pas 
moins difficile à tenir qu'une poignée de 
fumée. — Escoupi-s aus digtz ta gaka pus. 
IB. Se mouiller les doigts avec la salive 
pour prendre des puces. Ne rien négliger 
pour arriver à ses fins. — Coutn la pus, 
deu roc. ib. Vers 1400, un gentilhomme 
du bailliage de Navarreux, répondant au 
baile qui lui ordonnait de se rendre en ar- 
mes à Morlaas, lui dit qu'il se souciait de 
son ordre coum la pus, deu roc, comme la 
puce, du rocher. — Herra pus, ferrer des 
puces, essayer l'impossible. — Dans Ra- 
belais, « ferrer les cigales », perdre son 
temps. 

PUS A : voy. Putxa. 

PUSNACHE ; voy. Purnache. 

PUSNACHALHE , PUSNA- 
CHÈRE ; même signif, que Purnacha- 
llie, PuriKichère. 

PUSOT (Orthez, versles Landes), seau. 

PUSSADE, piqûre de puce. 

PUSSAT, puceron. 

PUTANÉ, qui court les gueuses. Pu- 
taneras, aug. Putanerot, un gars vicieux, 
débauché. 

PUTANEYA, en parlant des femmes, 
<< vendre l'amour, ou le donner trop faci- 
lement » ; en pailant des hommes, « pu- 
tiner, courir les gueuses. » 



PUT 



PUT 



205 



PUTARRALiHE, fém., ramassis de 
p , de gueuses, de femmes et d'hom- 
mes débauchés. 

PUTARRIS, masc, « putinerie », li- 
bertinage. — , se dit aussi au même sens 
que le précédfnt. 

PUTASSÈ, PUTASSEYA ; même 
signif. que Putanè, Putaneya. 

PUTE, p , Fiitete, putote, dini. Pu- 
tasse, aug. Si t'apère brouxe, aptre-la pute. 
PROV. Sicile t'appelle sorcière, appelle-la 

p — Cf. lat. « par pari refertur . » — 

La croyance aux abominables pratiques 
du sabbat a laissé dans le voisinage d'I- 
gon une brutale accusation contre les fem- 
mes de cette localité : A Igoun, Putes e 
hrouxes toutes y soun. d. b. A Igon, toutes 

sont p et sorcières. — D'oun es? — 

D'Orthez. — Pute qu'es. — Nou, que souy 
(le Morlaas. — Qu'en seras, d.b. D'où es- 
tu? — D'Orthez.— Tu es p — Non, 

je suis deMorlaaP, — Tu le seras. Le pro- 
verbe suivant avait cours dans l'Eure-et- 
Loir, arr. de Châteaudun : « A Bonneval 

en bonne vallée, Autant de p que de 

cheminées. » l. r. de lincy, Prov. On lit 
à ce sujet, dans VEncyclojjédle des pro- 
verbes : « Je donne ce proverbe sans y 
croire, et suitout pour avertir les gens 
raisonnables qu'il ne faut pas accepter 
les calomnies de ce genre, fussent-elles 
consaci'écs par le temps. » On ne saurait 
mieux dire pour ce qui concei'ne, en Béarn, 
les localités d'Igon, d'Orthez et de Mor- 
laas. — Parti sentourete, tourna putete. 
PR. B. Partir « pclerine », retourner petite 
p — Voy. Sentourè. 

PUTZ, puits : Pref/ound coum lou putz 
de Pau. I). B. Profond comme le puits de 
Pau. Se disait proverbialement pour in- 
diquer une excessive ]>rofondeur. Ce puits, 
aujourd'hui fermé, qui est un j)eu à droite 
de l'entrée du château, descend plus bas, 
dit-on, que le niveau du lit du Gave. En 
1381, Gaston-Phœbus ordonnait de creu- 
ser, à son château de Mazères (pays de 
Foix), un puits coin lo pufz de Pau, comme 
celui de Pau. — Que lo put- puden[t] No 
barre no suus mi sa bouque horrible. PS Que 
le puits infect ne ferme point sur moi sa 
gueule horrible. — Que^s sourtiré deu putz 
de Sarrauie. 11 soitiiait ilu puits de Sar- 
raute. C'est un » commun dire » à Garlin 
et dans tout le voisinage jtour signifier 
qu'on se tirerait d'un grand embarras. 
L'origine de cette expression ne remonte 
])as à ])lus de cinquante ans : Un ouvrier 
travaillait à Gailin, au fond du puits de la 
maison de Sarraute ; un éboulement étant 
survenu, on eut beaucoup de peine à sau- 
ver cet liomme . 



PUTZ A, Pusa, puiser: Las oundes 
putzades a la nabère hount. v. bat. Les 
eaux puisées à la nouvelle fontaine. — 
Pusa dens l'ihèr de plus nègres pousou s . 
F. Erjl. Puiser dans l'enfer de plus noirs 
poisons. 

PUTZATÈ . PUTZAYRE, qui creuse 
des ]'uits, « puisatier. » 

PUTZÈ; même signification que le 
précédent. 

PUXANSE, Puixanse, Puchanse, puis- 
sance, pouvoir : Un Diu plee de puchansa. 
PS. Un Dieu plein de puissance: Aberan 
puxanse de elegir. s. b. Ils auront pouvoir 
d'élire. 

P UX ANT, Puixant, Puchant, puis- 
sant : Ta forsa jjuchanta. PS. Ta force 
puissante. Puxant prince Monssenhor en 
Gaston, s. B. Le puissant prince Mgr en 
Gaston < comte de Foix et de Bigorre, et 
souverain de Béarn '^. 

PUXANTEMENT ; même significa- 
tion que Puchantement. 

PUXEU; voy. Pucheu. 
! PUYA, Puja, Puyar, monter: Qu'habi 
I btngt ans. quound puyey la movntanhe. 
I PEY. J'avais vingt ans quand je montai à 
I la montagne. Puya en lo mont de Sinay . 
H. s. (Moïse) monta sur le mont Sinaï. 
Negun no puje ab tu. ib. Que personne ne 
monte avec toi, — . porter en haut une 
personne, une chose : Puya hee, monter du 
foin. Puyaben l'i. H. s. On l'y montait(on 
faisait monter le triomphateur sur le char). 
— , rappeler (faire monter à l'esprit) : Vos 
jmyara, et, totes las causes quijn he dites. 
IB. 11 vous rappellera, lui, toutes les choses 
que je vous ai dites. Dans Kvang. saint 
Jean, xiv, 26: « Suggei'et vobis omnia, 
etc. » — , s'élever: Puya la jlama... IB. 
La flamme s'éleva (de trente-neuf cou- 
dées). La podge de Salies poye enta La- 
neplaa. ARrii Le chemin de Salies (qui) 
va en montant vers Lanneplaa. — , mon- 
ter, hausser de prix. — Voy. Pua. 

PUYADE, Pujade, action de montei'. 
— , nijutcf, endroit jiar où l'on monte à 
imc montagne, à un cotiviu. — Noy. Punie 

PUYÀNT, PUYAT, subst : Lou 
puyantde iiiniintanhe,\<^'\>o(\\\o. où le bétail 
monte à i.i innutn'jçQe. Ènlcrticndralo bes- 
tiar despuixs lo jtui/dtde niontanhe entra au 
jorn de Marteror. akcii. Il entretiendra le 
bétail dopui.s « l'ascension » à la monta- 
gne )us(|u"au joiM- de La Toussaint. 

PÙYE ; voy. Pue. 

PUYE, subst.; même signification que 
Pujr. 1 . 

PUYE, Pugc; voy. Puje, 2. 

PUYOO, cmincnce, monticule << tumu- 



206 



PU Y 



lus. » PuyouleUpuyolet, dira. Dans la lande 
du Pont-Long, tout près de Pau. il y a lou 
gran e lou petit jyuyoo. — Cf. Revue ar- 



PUY 

chéologique, « Turauli •' 
Pau; p. R.vYMoxD. 



des environs de 



Q 



QUA 

Q se trouve à la suite de c à la fin de 
quelques noms de localités, Arzacq, Bel- 
locq, Pontacq, sans qu'il modifie en rien 
la prononciation de ces mots telle qu'elle 
est indiquée par l'orthographe ancienne : 
Arzac, Belloc, Pontac. Le nom de la com- 
mune àe Rébéiiac (Arreve/iac en 1346) était 
Rebenacq en 1445. Nous avons actuelle- 
ment ac et acq dans les noms de lieux 
suivants : C/arac, canton de Nay, CZa?'acç, 
canton de Thèze ; Merocq, c. Arzacq, 
Meyrac, c. Arudy ; Sevignac, c. Arudy,5e- 
vignacq, c. Thèze. — Licq, c. Tardetz, était 
Lie eu 1386. — Lucq, dans Lucq-de-Béarn, 
c. Oloron, n'est autre que Luc, maintenu 
dans Luc-Armau, c. Lembeye. 
i Le groupe qu devante, e, i, se prononce 
comme en français dans les mots « quand, 
que, qui. » 

Dans les verbes en ca, tels que abraca, 
raccourcir, pesca, pêcher, secn, sécher, etc., 
c devient qu devant e,i: — Ahraquem, 
raccourcissons, abraqui,je raccourcis. 

Le c final des adjectifs blanc, blanc, sec, 
sec, chic, petit, houharoc, véreux, etc.. est 
qu au fém.; blanque, seque, chique, bou- 
haroque, etc. 

Qu, devant e, i, tient lieu du c des pri- 
mitifs latins : 2fousque, mousquit, mouche, 
moucheron (lat. « musca » ) : abescjue, 
évéque (lat. « episcopus »). Le c étymo- 
logique subsiste devant a : Mouscalh, 
chasse-mouches ; abescat, évêché. 

Le groupe quo, devant a, se prononce 
cou: Q«oa?jf/, quand, 2«oa/e, quatre ; pron. 
couand.couate. 

QUADRUBLA . QUADRUBLE ; 
voy. Quoadrubla, Quoadruble. 

QUAL : voy. Quau. 

QUALITÀT. qualité. — Habent re- 
garda la qualitat deus biens. couT. s. 
Ayant égard à (tenant compte de) la qua- 
lité des biens — , noblesse : De richesses 
me passi, D'haunous, de qualitat. desp. 
Je me passe de richesses, d'honneurs, (de 
titres) de noblesse. 

Quais qui : vov. Quauque, 2. 

QUAND, QUOÀND, quand : Malaye ! 



QUA 



quoandte bi. Trop charmante brunete, Coe- 
Jhe de ta maneteLaJlou deuroumani. desp. 
Malheur ! quand je te vis, trop charmante 
brunette, cueillir de ta menotte la fleur 
du romarin! Quand luy entra enlamayson. 
ART. Quand il entra dans la maison. Quand 
Centol, lo coms, era senhor deBearn. f.b. 
Quand Centulle, le comte, était seigneur de 
Béarn. Z)e quoand, depuis que : De quoand 
lou mau m'habou . . . N. lab. Depuis que le 
mal m'eut (m'a pris). — De quoand en 
quoand, de temps en temps: Ue oucupatiou 
de quoand en quoand necessari. im. Une oc- 
cupation de temps en temps nécessaire. 
Despuch sedze cens ans, atau, de quoan en 
quoan, An passât las errous. F. Egl. De- 
puis seize cents ans, ainsi, de temps en 
temps, ont passé les erreurs. — Quand-e- 
quand, aussitôt : Tu ouvriras mons p)otz. . . 
E quant-e -quant. . . Predicarey tasdivinas 
landoos. ps. Tu ouvriras mes lèvres, et 
aussitôt je proclamerai tes louanges di- 
vines. — , en même temps : Dues carre- 
tes. . . pusquen passar quant-e-quant, l'une 
en anant, l'autre en tornant. cour. s. Que 
deux charrettes puissent passer (par ce 
chemin) en même temps, l'une en allant, 
l'autre en revenant. — Voy. Tantican. — 
Quoan que sia. PS. (Quand que soit), en 
toute occasion, toujours. 

QUANT, QUOÀNT, adj., en quel 
nombre, en quelle quantité : Quoantz pas, 
combien de pas ; quoantes lègues, combien 
de lieues. Sie sabut quoantz ostaus laus ha 
en Bearn. dén. Soit su (que l'on sache) 
combien de maisons abandonnées il y a 
en Béarn. Quantes de bètz. PS. Combien 
de fois. La cort no es certe quantes hetz 
talan. F. b. La cour n'est pas certaine du 
nombre de fois que l'on a dévasté. 

QUANT, QUOANT, adv. , combien : 
Quant ne bouletz? Combien en voulez-vous? 
(Quel prix voulez-vous de votre marchan- 
dise?) Sie sabut las gentz de Bearn quoant 
pagan. dén. Qu'il soit su (que l'on sache) 
combien payent les gens de Béarn. 

QUANT, après tant, que : Contreste 
en tant quant pot. M B, (La femme) fait 



QUA 

opposition autant qu'elle peut. Tant quant 
au senhor pîazera. F. B. Autant qu'il plaira 
au seigneur. — Ata7it e quant, tant et 
plus : N'ey treyt atante quant, ib. J'en 
ai enlevé tant et plus. 

QUANT répété, quant... quant, alter- 
nativement, tantôt... tantôt : Quant mes, 
quant menrjz. enq. Tantôt plus, tantôt 
moins. 

QUANT suivi de que, quelque... que : 
Cascune domane per quant que sic petite. 
F. B. Chaque demande, quelque petite 
qu'elle soit. 

QUANTITAT, quantité : Se pergo 
gran quantïtatdepet'ttz betefz,per so que no 
podon haver la pope. arch. m. (Les va- 
ches ayant été capturées, ) il se perdit 
(on perdit) une grande quantité de petits 
veaux, parce qu'ils ne purent téter (avoir 
la mamelle). 

QUAR ; vov. Car, .3. 

QUARANTE, CRANTE, quarante : 
Demonra quarante d'ies sus la terre, cat . 
11 demeura quarante jours sur la terre. 
Que y-ha d'aco crante ans. vkx.W y a qua- 
rante ans de cela. Quoarante. arch. m, 

QUARANTENE, quarantaine.— Le 
carême : Carnahal, si habès sabut. Tout 
soulet seres bieugut ; Mes que-ns mies la 
quarantene, Aco qu'ey so qui-ns da j^^ne. 
en. P. Carnaval, si tu avais su (si tu avais 
eu du bon sens), tu serais venu tout seul; 
mais tu nous amènes la quarantaine (le 
carême), voilà ce qui nous fait de la peine. 

F. RIVARÈS. 

QUART, Quoart, quart, quatrième 
partie d'un tout : U quart de Hure. Un 
quart de livre. Nou y-habè part ni quart. 
N'y avoir part ni quai't. S'emploie pour 
signifier n'avoir en l'ien participé à une 
chose, n'avoir rien à prendre dans un 
partage. 

Quart, Quoart, quatrii''me : Agn vi 
en/ans...; lo quart a xii ans. E^Q. 11 a 
eu six enfants.., ; le quatrième a douze 
ans. Fo acabade la quonrte état. h. s. 
Le quatrième âge fut achevé (,1a quatrième 
époque finit). — V^oy. Quarte. 

Quartaa, Quartane ; voy. Quoartaa, 
Quoartauc. 

Quartau ; môme signification (pic 
Qunartau. 

Quarte, dans l. o,, la quatrième por- 
tion dos fiiiits perçue outre la dîme et la 
« sur-ilînie », An-edezme. 

Quai'tère ; voy. Quoartère. 

QUARTEROÙ, Quoarteroo, quart 
do quintal : Piigar très coiirtarons (quoar- 
teroos) de quintau d'nl'i. M. B. Payer trois 
quarts de quintal d'huile. Pesen las cordes 



QUA 



207 



primes uncoarterooe ni libres.. R. Que les 
cordes minces pèsent un quart de quintal 
et quatre livres. — , mesure agraire, quart 
de jouinal : Duesjornades de terre e ung 
quoartaroo. AKCii. Deux journaux et quart 
de terre. — , terme (loyer): No a pagat lo lo- 
guer ... per quarterons oaumieyano au cap 
de l'an.BW. Il n'a pointpayé le loyer par 
termes ou à moitié année ou au bout de l'an 

QUARTIÉ, Quoarter, Carter, quar- 
tier, quatrième partie d'une chose. — L\ 
quartiè d'anhet. Un quartier d'agneau. Un 
carter de boeu. H. A. Un quartier de bœuf. 
De tôt porc o troya sanglar om pague lo 
coarter (quoarter) dabant. F. B. De tout 
sanglier, mâle ou femelle (porc ou truie), 
on paye le quartier de devant. — Le chas- 
seur qui avait tué un sanglier devait donner 
au seigneur le quartier de devant. — Los 
ungs disen que fos penut, los autres que fos- 
se mes en quoate quarties. arch. m. Les 
uns disaient que (le prisonnier) devait être 
pendu, les autres (étaient d'avis) qu'il fût 
mis en quatre quartiers (qu'il fût écar- 
telé). 

Quarton, Quartoo, ancienne monnaie 
de minime valeur : xviii morlaas mens U7i 
quartoo. enq. (Il paye de redevance) dix- 
huit morlaas moins un « quarton. » Dans 
L. o., quarton. 

Quasso (rasso) ; \o\. Cassou. 

QUATOURZAU. Quatorzal, qua- 
torzième : Lo quatorzal... de feurer . p. r. 
Le quatorzième jour de février. On dit au- 
jourd'hui plus fréq. quatourzième. 

QUATOURZE. Quatorze, quatorze: 
I^pn'tiip de quatourze. pii. B. Langue de qua- 
torze. — \ov. Lingue. 

QUATOURZIÈME : vov. Qudourzau. 

QUATRIÉMEMENTZ; voy. Quoar- 
triiientz. 

QUAU. Quai : voy. Quoau. 

QUAUCOUM (vers l'Armagnac), quel- 
que chose : Per te ganha quaucoumjou 
que-t bouy da mestiè. N. hast. Pour que 
(tu puisses) te gagner quelque chose, je 
veux te donner un métier. Quaucoumet, 
dini. 

QUAUQUE. QUOAUQUE, quelque: 
Qiiaui/'arrè. QucI.pK^ cliuse. Quoauquehe- 
s'il. Qup|(|Ui' yo'xs'ni. Lous j)raubrtz qui de- 
bin quauquf soiime. N. past. Les pauvres 
petites gens qui doivent (piehpie somme. 
Lo senhor e los haroosse nictin en quoauque 
toc secret. V. B. Los seigneurs et les barons 
se retirent en quelque lieu secret.— ^ Quau- 
qu'ue, quelqu'une ((piehjue malice, (pielquo 
tour): Que cambicn.. . mey 8otd)Ciit que la 
lue; Quoand oum n't y pense 2>as, qu'eu hèn 
quauqu'ue. PEY. (Les femmes) changent 



208 



QUE 



plus souvent que la lune; quand on n'y 
pense pas, elles font quelque malice. 

Quauque, quiconque, bat. Quais qui, 
IB.: même signification. 

QUE, pronom conjonctif, employé 
comme sujet, qui: Troharatz unhom'ù que 
jiorte une citre plene d'aygua. H. s. Vous 
trouverez un homme qui porte une cruche 
pleine d'eau. Liies que parlahen de totes 
lors generatioos. IB. Des livres qui par- 
laient de toutes leurs générations. — , com- 
plément, que : Deus cèdres dretz que lo Li- 
ban aporta. PS. Des cèdres droits (des hauts 
cèdres) que porte le Liban. No a res que 
doni a Moss. enq. Il n"a pas chose qu'il 
donne (il n'a rien à donner) à Mgr. Lo ca- 
sau lie {que) ten Berijon Arnaut. c. s. Le 
domaine que tient Borgon Arnaud. — , ce : 
Qui ditzaco ? Qu'ey l'arrehoum dilhèu. pey. 
Qui dit cela ? C'est l'écho peut-être. — , ce 
que: No podo entender que bolen diser. 
BAR. 11 ne put comprendre ce qu'ils vou- 
laient dire. — Que, précédé d'une préposi- 
tion, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles: 
Un loc en que los sembla... H. s. Un lieu 
dans lequel il leur sembla (qu'ils pou- 
vaient fonder une ville). Hydries depeyre 
enquecahe... IB. Des vases de {)ierre dans 
lesquels était contenue. .. L'osfau en que 
demore lo maeste d'escale, dén. La maison 
dans laquelle demeure le maître d'écolf'. 
Las rigors de cpue usabe. BAR. Les rigueurs 
desquelles (dont) il usait. Las causas en 
que lo cors se delectabe sens rason. Disc. cl. 
Les choses dans lesquelles le corps se dé- 
lectait sans raison. — Deque,àe(\\\o'v. Cum 
no agosse de que se enterte7ii.BAK. Comme 
il n'avait pas de°quoi s'entretenir. — Voy. 
Drqué. 

Q'DE, pronom interrogatif, que, quoi : 
Qu'ey aco? Qu'est cela? Que disin? Que 
dit-on ? De que parlen ? De quoi parlent' 
ils ■.' 

Que, adjectif interrogatif, quel, quelle, 
quels, quelles: Que honiis etz vos autres ? 
H. s. Quels hommes êtes-vous, vous au- 
tres ? Que noelas de la ostf IB. Quelles 
nouvelles de l'armée '? 

QIJE, conjonction : Nat renièdi miellie 
que la patiencie. IM. Aucun remède meil- 
leur que la patience. Manda que sien 
obedientz aus comissaris cum a luy. art. 
11 manda qu'ils fussent obéissants aux 
commissaires comme à lui. 

Q'DE... QUE, soit... soit: xii ^us- 
megs e iiii libres de fiu, que d'estope, que 
de lii. R. Douze pelotons et quatre livres 
de fil, soit d'étoupe, soit de lin. Bii que 
blanc que bermelh. arch. Du vin, soit 
blanc, soit rouge. 



QUE 

Que (entre un participe passé et le 
verbe auxiliaire), lorsque : Parlât que 
agon ensemiJS.BKU. Lorsqu'ils eurent parlé 
ensemble. Finide que sera la agulhe, y 
meteran la crotz. art. Lorsque l'aiguille 
(la flèche du clocher) sera achevée, ils y 
mettront la croix. 

QUE. particule explétive qui précède 
le verbe à toutes les personnes des temps 
de l'indicatif et du conditionnel : Tout 
coutèf nnu quetalhe, Si nou talhe, quelu- 
seix. PROV. Tout couteau neuf taille ; s'il 
ne taille, il luit. Pastouroulete, Aqueste 
herbete Sa-bi ha j^èxe a tous moutons. — 
Etz qu'en hanaci ; goarde-la-t entaus tous. 
MES. Pastourelle, ça-viens faire paître 
cette herbette à tes moutons . — Ils en ont 
ici ; garde-la p